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5 décembre 2018 3 05 /12 /décembre /2018 11:57

Lorsque le conflit prend de l'ampleur et s'aiguise, les classes dirigeantes tentent par tous les moyens d'étouffer la voix du peuple. Plus la bourgeoisie s’empêtre dans ses propres contradictions et s’enfonce dans la crise, plus la propagande devient intense, violente et cynique.

Et lorsque les médias bourgeois évoquent le peuple et parlent à sa place, c'est pour le stigmatiser, le mépriser et surtout pour mieux occulter ses souffrances, ses luttes et ses espoirs.

Face à cette domination médiatique, le peuple, pour se défendre, s'exprime comme il peut, là où il peut avec les moyens qui lui sont propres. Les citoyens s'emparent alors de cette parole qui leur a été confisquée et refusée par le pouvoir et ses médias. Il s'agit d'une parole qui échappe au contrôle, une parole libre et porteuse d'espoir : la parole du peuple contre la parole officielle et médiatique.

 

Avec leur imagination et leur intuition, les opprimés brandissent à la face des oppresseurs des formules linguistiques simples, frappantes et parfois poétiques. Ces phrases lapidaires et anonymes ont parfois une portée incitative puissante. Elles sont de surcroît facile à mémoriser :

 

«Macron démission»

«Macron, robin des rois»

«BFM Macron»

«WC-News»

«La rue on la traverse pas, on la prend»

«La rue est à nous»

«La rue était noire de jaune»

«Débranche ta télé et enfile ton gilet»

«Macron, tu fais faner les fleurs»

«ils éborgnent ceux qui ouvrent les yeux»

 

Les slogans constituent à la fois un moyen d'expression et un mode d'action à la portée de tous les citoyens. Écrits à la hâte sur des pancartes en carton, tagués sur les panneaux publicitaires et sur les murs ou tout simplement portés sur les gilets, les slogans attirent l'attention. En plus de leur simplicité, ils ont une grande force de propagation ce qui leur permet de se glisser dans les médias dominants échappant ainsi à la censure. Ces slogans expriment la colère d'un peuple méprisé et humilié par un pouvoir tout puissant et arrogant :

 

«Gilets jaunes, colère noire»

«On est plus chauds que les lacrymos»

«Le tabac tue, la Bac aussi !»

«Regarde ta Rolex c'est l'heure de la révolte»

«Un peuple debout ne rompt point»

«On va toujours trop loin pour ceux qui vont nulle part.»

«Ils veulent nous enterrer. Mais ils ne savent pas que nous sommes des graines»

«Macron nous pisse dessus...Les médias nous disent qu'il pleut»

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque Macron explique au peuple, qui ne comprend pas toujours la subtilité de sa politique, que la prospérité passe nécessairement par l'enrichissement des riches et que les pauvres et même les classes moyennes doivent encore et toujours fournir des efforts, les Gilets jaunes lui répondent :

 

«Petit monarque Macro dessert l’étau on étouffe»

«Macron, rends-nous notre pognon »

«J'accuse ce système qui engraisse les riches et affame les pauvres».

 

L' opulence qui jaillira un jour des fontaines des premiers de cordée, le peuple l'attend toujours :

 

«Manu c'est à partir de quand que ça ruisselle ?»

 

Quant à l'écologie, Macron prétend s'occuper de «la fin du monde et de la fin du mois» à travers le « Haut conseil pour le climat», le moratoire, d'interminables concertations et de commissions etc. :

 

«Manu tu pollues notre quotidien »

 

Pour l'instant la classe dominante ne recule devant rien pour défendre ses intérêts et pour écraser le Mouvement. Elle fait feu de tout bois. Président de la République, Gouvernement, députés, sénateurs, intellectuels, journalistes, experts en tout genre , CRS, tribunaux... sont mobilisés pour venir à bout de ce mouvement populaire. Mais les Gilets jaunes tiennent bon :

 

«On est là, on est là

ça vous plaît peut être pas, mais on est là

contre tout votre sale business

pour le partage des richesses

ça vous plaît peut être pas, mais on est là»

 

«Les Gilets jaunes triompheront»

 

 

Mohamed Belaali

 

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