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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 08:51

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  L’Etat n’est qu’un comité qui gère les affaires de la bourgeoisie, cette phrase est, encore une fois, d’une actualité brûlante. Quelques exemples suffisent à le montrer.

 

 

En effet, la bourgeoisie n’a jamais été aussi gâtée que sous le règne de Sarkozy: diminution de l’impôt de solidarité sur la fortune, allègement des droits de succession et plafonnement du bouclier fiscal (voir le paquet fiscal). Reconnaissante, la bourgeoisie récompense ses fidèles représentants c’est-à-dire les députés et les sénateurs en les excluant du projet de réforme des régimes spéciaux de retraite. Il faut dire que le travail de ces messieurs est plus pénible que celui des cheminots, des agents de la RATP, des électriciens etc.

Pour protéger cette classe et lui permettre de s’enrichir en toute impunité, Sarkozy, qui est déterminé à « mettre un terme à la pénalisation à outrance » installe (par le biais de sa ministre de la justice Rachida Dati) un groupe de travail chargé de dépénaliser le droit des affaires. Curieusement l’annonce a été faite au moment même où l’affaire EADS éclate au grand jour. Toute la direction du groupe est impliquée dans ce scandale. Noël Fourgeard (co-président d’EADS) et ses enfants ont réalisé une plus-value de 6,7 millions d’euros en vendant leurs titres à temps.

Ce même Fourgeard a quitté le groupe, après avoir supprimé 10 0000 postes (power 8) et brisé la vie de milliers de familles, avec une indemnité de 8.5 millions d’euros. Lagardère, président du groupe, ami intime de Sarkozy et propriétaire de plusieurs médias influents s’est débarrassé de 7.5% du capital d’EADS avec l’aval de l’Etat. Leurs intérêts (ceux de Lagardère et de l’Etat) sont tellement liés dans le groupe qu’ils sont gérés par une société commune, la Sogeade.

Une partie des titres Lagardère (2.25%) a été cédée à la Caisse de Dépôt et de Consignation (CDC) qui est un organisme public et considéré même comme le « bras financier » de l’Etat. Il faut préciser que le groupe vit essentiellement des commandes que leur fait…l’Etat. On voit mal comment, dans ces conditions, ces « délinquants financiers » seront condamnés par la justice comme elle l’a fait avec les jeunes qui criaient dans la rue leur rage contre le Contrat Premier Emploi (l’Etat les a même exclus du décret de grâce du 14 juillet 2006).

La complicité du pouvoir économique et politique est une réalité de plus en plus évidente. L’Etat n’est, en dernière instance, qu’un organisme au service de la classe dominante comme l’avaient écrit Marx et Engels en 1848.

 

7 octobre 2007

 

Mohamed Belaali




 

 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 07:31

 

 

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Les scandales financiers et les affaires de corruption qui mettent en cause la plupart des membres du gouvernement contrastent tristement avec la politique de rigueur et d'austérité sans précédent que ce même gouvernement impose aux classes populaires. Au moment où l’on exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, les représentants de la bourgeoisie, eux, se permettent de se servir abondamment dans les caisses de l’État et jouissent d'innombrables privilèges . La liste des ministres impliqués dans des affaires est longue :des 9 500 euros mensuels de Christine Boutin pour une obscure mission sur la mondialisation, aux 12 000 euros des cigares de Christian Blanc en passant par les hôtels particuliers du ministre de l'industrie Christian Estrosi ou les 116 500 euros d'Alain Joyandet pour un aller/retour à la Martinique sans parler de son permis illégal pour agrandir sa maison près de Saint-Tropez. Et on va taire par pudeur l'affaire Karachi qui a coûté la vie à 14 personnes. Il ne s'agit là bien évidemment que de quelques exemples qui ne doivent pas cacher le caractère récurrent et structurel de la corruption de la classe dirigeante. Car les scandales financiers, corruption, privilèges et autres affaires, comme celle d'Eric Worth, sont intimement liés au fonctionnement même du système capitaliste qui les produit et reproduit de manière permanente.

 

« Le gouvernement moderne n'est qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière» (1). L'État n'est donc pas au service de tous, mais sert seulement les intérêts privés de quelques uns. La police, la justice, les préfets, les députés, les ministres etc. ne sont pas les représentants de toute la société. Le président de la République n'est pas le président de tous les français. Le président gère l'Etat contre l'intérêt général au profit de l'intérêt particulier, celui de la classe dominante. Et plus il sert les intérêts de la bourgeoisie, plus il s'éloigne de ceux des classes populaires.

La corruption, elle aussi, remplace l'intérêt public par l'intérêt privé. Elle efface les frontières entre les deniers publics et les revenus privés. Les hommes et les femmes politiques sans scrupulespeuvent ainsi se servir, avec un sentiment total d'impunité, dans les caisses de l'État comme s'il s'agissait de leur propre patrimoine! La corruption nie et méprise le principe de transparence et permet à une seule et même classe sociale, par le biais de l'État, d'accéder d'une manière occulte et illégale aux ressources publiques.

Le scandale Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France, illustre d'une manière éloquente cette proximité et cette confusion des intérêts de la grande bourgeoisie et du gouvernement. Celui-ci doit être au service de celle là. L'ex- ministre du budget, Eric Woerth, est soupçonné, via sa femme qui gère les dividendes de la milliardaire, de conflit d'intérêt. Mme Bettencourt avoue de son côté posséder des comptes à l'étranger et toute une île aux Seychelles non déclarés au fisc. Elle a promis, toutefois, de régulariser cette situation. L'épouse d'Eric Worth a été obligée de quitter son poste, mais le ministre aujourd'hui du travail, lui, n'a pas démissionné. Seuls Alain Joyandet et Christian Blanc ont été obligés de quitter leurs postes.

Eric Worth est soupçonné également d'entretenir les mêmes relations avec Robert Peugeot, l'héritier de la grande famille bourgeoise du même nom. Les deux hommes se connaissent et s'apprécient mutuellement. Eric Worth a même décoré Robert Peugeot de la Légion d'honneur comme il a remis les insignes de chevalier de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre le gestionnaire de la fortune de Bettencourt ! Qu'elle est jolie la république bourgeoise !

Sarkozy voyant que les affaires prennent de l'ampleur, annonce d'une manière solennelle qu'il allait réduire le train de vie de ses ministres (mais pas ses propres privilèges), reconnaissant implicitement par là l'existence de ces affaires !

Plusieurs personnalités du monde politique et économique très proches du pouvoir comme Valérie Pécresse, François Pérol l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée et intime des grands patrons français, le multimillionnaire Stéphane Richard ami de Sarkozy ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde et Directeur Général de France Télécom seraient, à un titre ou à un autre, impliqués dans des affaires. Précisons que Stéphane Richard qui a subi un redressement fiscal en 2007 est décoré lui aussi de la Légion d'honneur.

La collusion des intérêts du capital et ceux de l'État trouve ici son expression la plus éclatante : Le pouvoir politique met l'État et notamment son appareil judiciaire à la disposition du pouvoir économique qui, en échange, finance entre autres ses campagnes électorales. Eric Worth est le trésorier de l'UMP et le financier du système Sarkozy. C'est lui qui est chargé de récolter les fonds auprès des grosses fortunes au profit du président de la République. On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi Sarkozy tient absolument à soutenir «totalement et complétement» son ministre du travail et pourquoi il désire que Liliane Bettencourt reste en France :«Je ne veux pas qu'elle foute le camp en Suisse» disait-il.

Rappelons tout de même que c'est ce même ministre qui mène, au nom du gouvernement et donc de la bourgeoisie, la bataille de la destruction du système de retraite par répartition. Lui, le bourgeois, qui vit dans l'opulence, exige des salariés de travailler toujours plus pour une pension de misère!

Et c'est ce même gouvernement qui tolère que des milliers de familles bourgeoises «très patriotes», dont il possède la liste, planquent scandaleusement leur magot à l'étranger pour échapper au fisc.

Les intérêts de l'État,donc d'une infime minorité, sont incompatibles avec ceux de l'immense majorité de la population.

Tous les gouvernements bourgeois, avec des différences de degré et non d'essence, sont corrompus. Mais sous le régime de Sarkozy, les affaires fleurissent et se banalisent plus facilement. C'est queSarkozy aime l’argent, le luxe, l'apparat, le cérémonial et n'hésite pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Sa fascination pour les riches n'a d'égale que son mépris pour les pauvres.

En avril 2007, Nicolas Sarkozy avait promis une «République irréprochable», une «démocratie moderne qui sera exemplaire au regard du monde». Aujourd'hui, sa république est corrompue, sa démocratie est totalement livrée au capital, aux parasites spéculateurs en tout genre qui la violent chaque jour. Et on va taire la réputation de la France sous le régime de Sarkozy dans le monde. Triste fin de règne !


On peut adopter les lois que l'on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l'une dans l'autre que l'on ne peut supprimer l'une sans éliminer l'autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n'est donc pas l'existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd'hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe.

In fine, le véritable scandale, c'est le capitalisme lui-même.


Mohamed Belaali


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(1) K. Marx et F. Engels «Manifeste du parti communiste». Éditions en langues étrangères. Pekin, page 35.




























 

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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 06:28

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«Le sport est une réponse à la crise, c’est parce qu’il y a des problèmes qu’il faut mobiliser le pays vers l’organisation de grands événements. Qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le sport, et à l’intérieur du sport qu’est-ce qu’il y a de plus fort que le football »?s'exclamait Nicolas Sarkozy. «Dans un stade c’est un moment de communion, il n’y a plus de classes sociales» déclarait Roselyne Bachelot (1). Le sport et plus particulièrement le football, voilà les remèdes miracles de la bourgeoisie et de ses serviteurs contre la crise du capitalisme. Ils permettent de surcroît d'abolir les classes et la lutte des classes ! Belle manière pour anesthésier la population et faire passer ainsi, sans trop de difficultés, des «réformes» douloureuses et réaliser des bénéfices fabuleux. Sauf que le football, tel qu'il est organisé aujourd'hui, est l'expression, le miroir d'une société capitaliste malade avec ses tares et sa brutalité : compétition à outrance, haine de l'autre, corruption, tricheries, racisme, chauvinisme, machisme, dopage, violence etc. etc.

 

En plus de la propagande quotidienne habituelle, faits divers, météo, burqa, sécurité, etc. l'annonce de l’Euro 2016 et la coupe du mondede football constituent une véritable aubaine pour les riches en ces temps de rigueur et d'austérité. Les luttes sociales deviennent difficiles à mener durant le Mondial. Ils savent que le foot fascine et tétanise les pauvres. Il leur procure, à l'instar d'une drogue dure, des moments de plaisir en oubliant un instant leur triste sort. Le foot les fait sortir massivement dans la rue crier la victoire de leur équipe : «on a gagné !...on a gagné !». Dans ce sens il leur sert d'exutoire aux multiples privations et frustrations.En les soulageant, le football les détourne en même temps de leurs vrais problèmes. «L'affaire Anelka» ne fait que prolonger, différemment, cette ambiance.

Les grands médias, jour et nuit, vont se charger de gaver le peuple d'images, de débats, d'interview et de commentaires liés au foot. Dans les foyers, les cafés, les restaurants, dans certains établissements scolaires, les stades, sur les places publiques... des écrans de télévision, petits et grands, transmettent en direct tous les matchs de la coupe du monde. Concerts, tournois, jeux, films, expositions et autres animations sont également prévus pour célébrer cet événement sportif qui se répète inlassablement tous les quatre ans. Tout est prêt pour que les pauvres «vibrent» ensemble et oublient les luttes sociales. Pendant ce temps là, les grandes multinationales, elles, gèrent et comptent tranquillement leurs milliards de dollars gagnés grâce à cette hystérie collective que représente la coupe du monde de football. Profitant, lui aussi, de cette anesthésie générale, le président de la République Nicolas Sarkozy annonce solennellement le 16 juin 2010 en pleine coupe du monde la destruction de ce qui reste encore du système de retraite par répartition.

«Panem et circenses», voilà ce que les empereurs de la Rome antique offraient au peuple afin qu'il ne songe plus à sa misère.

Mais aujourd'hui ni les jeux ni le pain ne sont gratuits et les joueurs ne sont plus des gladiateurs. Le sport, comme la plupart des activités, est une vulgaire marchandise qui se vend et s'achète. Le sport, dans le cadre du capitalisme, est d'abord un marché, et un marché fabuleux. La dernière coupe du monde organisée en Allemagne en 2006 a enregistré plus de 26 milliards de téléspectateurs en audience cumulée à travers le monde. La liste des sponsors est interminable. Le chiffre d'affaire (ensemble des ventes) de la Fédération internationale de football (FIFA), l'une des organisations les plus corrompues au monde(2), a progressé de 60 % entre 2006 et 2010 (3). Les fabricants et les vendeurs de téléviseurs se frottent les mains. Sur seulement deux mois (mai/juin), leurs ventes peuvent atteindre les 200 000 postes. Les équipementiers sportifs comme Adidas, Nike et Puma s'arrachent à coup de millions de dollars des contrats avec les équipes nationales pour qu'elles portent leurs couleurs. Ils espèrent ainsi doper leurs ventes, en berne en 2009, de ballons, chaussures et autres maillots de foot. Les chaînes de télévision achètent à prix d'or les droits de diffuser les matchsafin d' augmenter leur audience et vendre ainsi leurs spots publicitaires de trente secondes le plus cher possible.

Les corps des sportifs ne sont que des machines à sous. Les compétitions sont poussées à l'extrême afin que le spectacle soit rentable. Car seule la victoire, par tous les moyens, compte. Le dopage généralisé, dans ces conditions, devient indispensable. Le sport, paradoxalement, constitue ainsi la négation des qualités physiques des sportifs!

La bourgeoisie est donc gagnante sur les deux tableaux : endormir le peuple et faire des bénéfices.


Dans le cadre d'un capitalisme mondialisé, le sport en général et le football en particulier ne peuvent que servir la classe dominante qui les utilise comme un marché planétaire pour ses marchandises. Le football dans cette optique n'est, pour elle, qu'un instrument efficace pour faire des bénéfices. A cette fin, elle mobilise d'une manière hystérique tout son appareil idéologique et médiatique. La classe dirigeante exploite et exacerbe à l'extrême les passions et les comportements les plus grégaires et dressent les individus et les nations les uns contre les autres, les détournant ainsi des vrais responsables de leurs malheurs c'est à dire le capitalisme et la classe sociale qui le porte, la bourgeoisie.


Mohamed Belaali


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  1. http://www.france-info.com

  1. Voir, entre autres, «Carton rouge, les dessous troublants de la FIFA» d'Andrew Jennings, Presses De La Cité.

  2. Les Echos.fr





















 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 11:25

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«Les gens disent de moi: il est bon mais c'est un communiste. Maintenant, ils disent, c'est un communiste, mais il est bon» disait José Saramago qui vient de nous quitter à l'âge de 87 ans.

 

Né dans une famille pauvre en 1922 à Azinhaga dans la région de Ribatejo au Portugal, petit-fils de paysans analphabètes, apprenti serrurier et autodidacte, Saramago a reçu le prix Nobel de littérature en 1998.

Contestataire-né, il était de tous les combats. Il a participé activement à la révolution des œillets de 1974 qui a renversé la dictature salazariste. Il criait partout son indignation et son dégoût quant au sort fait aux opprimés de notre monde.

Saramago dérangeait y compris dans son propre pays. En 1992, le gouvernement portugais l’accuse de «porter atteinte au patrimoine religieux des Portugais» et censure son roman «l’Évangile selon Jésus-Christ». Saramago a quitté son pays pour s'exiler sur l'île de Lanzarote où il est décédé.

Défenseur acharné de la cause palestinienne, ses livres sont boycottés par Israël.

Saramago laisse derrière lui une œuvre composée de pièces de théâtre, de poésie, et bien sûr de romans d'une grande originalité.

Dans «Le Dieux manchot» ( Albin Michel, 1987) par exemple, ce sont les opprimés qui sont les héros de l'histoire.

Plus qu'un écrivain, Saramago était un militant et une conscience morale.

 

Mohamed Belaali

 

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 10:29

 

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Nous vivons une étrange époque. Elle se présente comme un ensemble de contradictions des plus diverses et des plus criantes.

 

Ainsi, des socialistes qui se déclarent socio-libéraux, d’autres, libéraux et socialistes à la fois ; d’autres encore sont heureux de voir le contenu ultralibéral de leur rapport appliqué par le gouvernement ; des libéraux qui haïssent l’Etat mais qui l’implorent lorsque leurs intérêts sont menacés et se servent abondamment dans ses caisses ; un parlement qui ne représente que lui-même ou presque, mais qui décide pour tous conformément aux directives de l’exécutif ; un président qui puise sa force dans sa faiblesse et son impopularité ; une petite bourgeoisie étouffée par la grande, envoie ses salariés occuper les ports, bloquer les routes ; une minorité se soigne dans les hôpitaux les plus prestigieux de la république (Val-de-Grâce, Pitié Salpetrière etc.) entourés de meilleurs médecins et bénéficie des progrès de la science et de la médecine, alors qu’une majorité des citoyens a de moins en moins les moyens pour se soigner (franchises médicales, déremboursement des médicaments, menaces sur la prise en charge intégrale des maladies longue durée etc.) ; l’idéologie dominante s’impose de plus en plus à l’école au détriment de l’esprit critique remplacé par le gavage et le dressage ; la propagande et l’endoctrinement ont remplacé l’information dans les grands médias, le faux est devenu vrai et la différence entre ce qui est juste et ce qui est erroné reste difficile à établir.

L’importance de la baisse du pouvoir d’achat pour l’immense majorité de la population n’a d’égal que les augmentations prodigieuses des revenus de quelques uns, voire d’un seul, le président de la république. Pour lui, tout augmente : salaire (172 %), dotation du chef de l’Etat (29 % entre 2006 et 2007), dépenses de l’Elysée (8.4% en 2007, et 200 % prévue pour 2008) (1) etc. En même temps, on supprime par milliers les postes d’enseignants, de sapeurs-pompiers, d’infirmières, d’assistantes sociales, bref des emplois au service des citoyens notamment les plus démunis d’entre eux qui ne peuvent payer, dans le privé, les services équivalents : au moins 30 000 non-remplacements de fonctionnaires en 2009 (dont 13 500 dans l’Education Nationale), soit 7 000 de plus qu’en 2008 (2).

Mr Sarkozy aime l’argent (3), le luxe, et étale ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Il aime aussi les riches et méprise celles et ceux qui ne le sont pas. C’est une faiblesse ou plutôt un complexe de classe alors qu’il est présenté comme le président de tous les français. Le Fouquet’s, le yacht de son ami Bolloré, qui signe contrat après contrat avec l’Etat de la république (4), les vacances dans une station balnéaire pour milliardaires à New Hampshire (payées par deux riches familles), ou encore celles passées au bord du Nil à deux pas du temple pharaonique au Old Winter Palace sont autant de symboles et de signes de reconnaissance et d’allégeance à l’égard de cette classe qui a réussi à le porter au pouvoir avec les voix d’une partie importante du peuple. Et c’est là que réside la force des médias qui arrivent à faire rêver tout en anesthésiant une large frange de la population. Le rêve au lieu d’être force de changement, devient ici source de soumission aux puissants. On comprend mieux dans ces conditions le désir de Mr Sarkozy de vouloir nommer lui-même le président de France Télévisions. Les autres grands médias sont déjà entre les mains de ses amis (Bouygues, Bernard Arnault, Dassault, de Rothschild, Lagardère etc.).

Mais les symboles ne suffisent pas. Il faut des actes concrets. Et ce fut, entre autres, la loi publiée au journal officiel le 22 août 2007 intitulée paradoxalement loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat (TEPA). Or l’essentiel des mesures de ce « paquet fiscal » concerne non pas le travail mais le capital : diminution de l’impôt de solidarité sur la fortune, allègement des droits de succession, plafonnement du bouclier fiscal etc. Ces immenses cadeaux sont accordés aux grands patrons, aux banquiers et autres hommes d’affaires tout en expliquant aux citoyens que les caisses de l’Etat sont vides et que les déficits publics sont chroniques ! « La France est en déficit depuis trente-quatre ans. Il faut arrêter la fuite en avant. C’est une question d’efficacité et de morale » déclarait Mr Fillon (5).

Mr Sarkozy et Mr Hortefeux son ministre, pour afficher leur patriotisme et pour gagner les voix d’une partie de la population imbibée d’idées xénophobes, organisent contre les sans papiers, rafles, chasse à l’homme, interpellation au domicile, brutalité physique et verbale, humiliations en tout genre etc. Pendant ce temps là, le pouvoir tolère qu’une partie de la bourgeoisie planque scandaleusement son magot en Suisse, au Liechtenstein ou ailleurs pour échapper au fisc.

La destruction quasi quotidienne des avancées sociales petites et grandes ( Les retraites, les trente-cinq heures, le service minimum, mesures contre les chômeurs, augmentation sans contre partie du temps de travail des cadres, mesures en faveur des grandes surfaces et contre le petit commerce et l’artisanat etc.) montrent à quelle enseigne ce pouvoir désire anéantir tout ce qui a été arraché de haute lutte par des générations successives.

Cette période historique, toute peinte en noir, risque de durer longtemps tant les forces du progrès sont tétanisées et n’opposent pour ainsi dire aucune résistance d’envergure.


Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.liberation.fr/actualite/...

(2) Le Monde, édition du 9 juillet 2008

(3) Voir le travail de Renaud Dély et Didier Hassoux dans « Sarkozy et l’argent roi », Calmann-Lévy

(4) http://www.bakchich.info/article111...

(5) Déclaration du premier ministre sur RTL, mercredi 9 juillet, cité par Le Monde du 9 juillet 2008

 

 

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 09:26

 

 

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Des dizaines d'indiens péruviens ont été massacrés le 5 juin 2009 par le gouvernement d'Alan Garcia. Mais on ne saura peut-être jamais avec précision le nombre exact d'hommes et de femmes tombés lors de cette révolte. La discrétion des grands médias sur ces événements tragiques n'avait d'égale, à l'époque, que l'hystérique propagande contre l'Iran (1). Alan Garcia est un ami des Etats-Unis, de l'Union Européenne et de leurs multinationales. On ne dénonce pas ses amis surtout lorsqu'ils signent des traités et des décrets permettant à nos entreprises de réaliser de fabuleux profits en exploitant les richesses du Pérou. Et c'est justement contre cette spoliation de leur richesse que les indiens péruviens se sont soulevés et c'est pour cette raison également qu'on les a massacrés. Ces victimes s'ajouteront à la longue, très longue liste d'hommes et de femmes morts pour avoir courageusement résisté à l'exploitation et à l'injustice.

 

L'origine du drame plonge ses racines dans le Traité de Libre Commerce ( Free Trade Agreement) signé par le gouvernement péruvien en 2006 et ratifié par la Chambre des représentants des Etats-Unis le 8 novembre 2007. Pour mettre en application cet accord, Alan Garcia fait adopter par le congrès péruvien un ensemble de décrets dont deux sont particulièrement contestés notamment par l' Association Inter-ethnique de Développement de la Forêt Péruvienne ( AIDESEP) qui regroupe 1350 communautés locales et qui n'a évidement pas été consultée. Il s'agit du décret 1090 « Loi forestière et de la faune sylvestre» et le décret 1064 portant sur le régime juridique des terres à usage agricole. Malgré des appels répétés lancés par l'AIDESEP pour trouver une solution négociée, Alan Garcia a préféré passer en force.


La forêt amazonienne(60 % du territoire) constitue un espace vital pour le peuple indigène. Son existence en dépend directement et totalement. La disparition de l'un entraînerait inévitablement la disparition de l'autre : « La forêt amazonienne fait partie de notre existence et de notre développement, nous y construisons notre Bien Vivre : c’est notre garde-manger, notre champ de production, notre bibliothèque, notre pharmacie, notre banque de semences et d’élevage, notre école...» (2).


Mais pour Alan Garcia et les multinationales comme Talisman Energy (Canada), Perenco (franco-britannique, dirigée par François Perrodo), PlusPetrol (argentine), Petrolifera (canadienne), Repsol (espagnole), Petrobras (brésilienne) etc.(3), l'Amazonie péruvienne est d'abord une source intarissable d'enrichissement. Les indigènes représentent pour eux, un obstacle vivant qui se dresse face à cette insatiable soif du profit. Il faut donc le briser. Sauf que ces indiens méprisés, exploités et opprimés depuis des siècles ont appris, entre-temps avec tous les autres opprimés, à s'organiser et à résister sur tout le continent latino-américain .


En Équateur, ils ont mené et mènent toujours un long et admirable combat juridique contre la multinationale pétrolière Chevron-Texaco qui avait délibérément déversé des millions de tonnes de déchets toxiques(Texaco toxico disent les habitants de l'Équateur) dans la forêt amazonienne et les fleuves de l’Équateur provoquant ainsi une immense catastrophe écologique et sociale. La multinationale américaine est, fait rare, jugée dans un petit pays du sud et probablement sera condamnée.


L'ancien syndicaliste et leader du Mouvement vers le socialisme ( Movimiento al Socialismo) Evo Morales, a été élu président de la Bolivie en 2005 et réélu à une large majorité en 2009. Nationalisation des richesses notamment pétrolières, Rente Vieillesse Universelle Dignité, constitution progressiste, sont quelques unes des réalisations de la nouvelle Bolivie redonnant ainsi au peuple espoir et dignité.


Le mouvement Zapatiste du Chiapas est devenu au fil des ans le symbole de la résistance et de la lutte contre la misère, l'oubli et surtout contre l'exploitation conçue et organisée depuis Washington et exécutée servilement par le pouvoir local. Ce n'est pas un hasard si l'apparition au grand jour du mouvement coïncide exactement avec la date d'application de l'Accord de Libre Échange Nord-Américain (ALENA) le premier janvier 1994 signé entre les Etats-Unis, le Canada et...le Mexique. Malheureusement ce pays est toujours sous domination américaine avec tout ce que cela signifie comme privilèges pour une minorité et souffrances pour l'immense majorité de la population. Mais la lutte de l'Armée Zapatiste de Libération Nationale ( AZLN) et de tout le mouvement social continue.


Aujourd'hui le Pérou, comme tous ces États d'Amérique latine sous tutelle américaine, est un pays ravagé par une corruption généralisée (4). Le pillage des deniers publics et les scandales financiers en tout genre sont les principales caractéristiques de cette fin de règne d'Alan Garcia.

Le taux de pauvreté est l'un des plus élevés du monde, alors que le pays regorge de richesses! Exploitation, répression, pauvreté et corruption sont les conséquences logiques de cette mainmise américaine sur les richesses du Pérou. Mais la bourgeoisie locale est tout aussi responsable de ce fiasco économique, social et politique. L'impérialisme américain n' a rien d'autre à offrir au peuple péruvien, comme aux autres peuples d'ailleurs, que misère, injustice et violence.


Pour se libérer justement du joug de cet impérialisme, d'autres pays d'Amérique latine comme Cuba, le Vénézuela, le Nicaragua, la Bolivie, l' Équateur...ont choisi une autre voie, celle du socialisme, pour sortir leurs peuples des siècles d'humiliation, d'exploitation et de misère.


En écrivant ces quelques lignes, une terrible nouvelle venue de ce Moyen-Orient tourmenté est tombée: Israël vient de commettre un nouveau crime. Il est difficile de conclure sans penser à ces hommes et à ces femmes admirables tombés sous les balles israéliennes en pleine méditerranée un 31 mai 2010. Ils ont sacrifié leur vie pour un peuple qui souffre depuis plus de soixante ans. Comme les indiens de l'Amazonie péruvienne, ils ont eu le courage de tenir tête à l'arbitraire; et c'est pour cela qu'on les a éliminés. Alan Garcia et Benyamin Netanyahou sont deux visages, hideux, d'une même réalité, celle du capitalisme. L'un et l'autre, dans des conditions et des contextes bien différents, servent les mêmes intérêts, ceux de l'impérialisme américain.


Mohamed Belaali



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(1) http://www.legrandsoir


(2) http://humeursdejeandornac

(3) Carte des compagnies pétrolières qui opère au Pérou : http://www.latinreporters

(4) Le Monde du 6 mai 2010 page 10.



























 

 

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 09:47

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Israël vient de terminer son travail, fièrement, ostensiblement. Il vient d’achever froidement le massacre le plus horrible de ce début du siècle. Les dirigeants de ce monde insensé ont assisté  sagement au  spectacle de l’horreur absolue. Mais nous, citoyens du monde entier, les tueries collectives, les visages déformés, le linge blanc tâché de sang dans lequel les enfants sont enveloppés, les crânes fracassés,  les chairs transpercées, les corps déchiquetés, les cadavres noirs et gonflés dispersés à travers des rues désertées, et à côté de leurs mères mortes, des enfants affamés et abandonnés, ce spectacle là  nous a révoltés. Il a violé notre conscience d’hommes et de femmes.

 

 

Nous sommes sortis par millions à travers toute la planète crier de toutes nos forces notre dégoût pour cette tragédie humaine. Mais notre cri n’a eu comme réponse  que le silence complice de nos dirigeants. Ils sont restés de marbre. Et le plus insupportable, c’est qu’ils veulent qu’on leur ressemble : devenir des êtres sans âme, calculateurs sordides,  opportunistes, cyniques, sans aucun sentiment humain, bref de véritables brutes.

 

 Jamais le contraste entre les peuples et leurs gouvernements n’a été aussi violent.

 Etrange démocratie qui reste parfaitement compatible avec les crimes contre l’humanité. En son nom, les pires atrocités sont commises. Et c’est la même démocratie, celle de la république de Weimar, qui a produit en son temps un monstre dont on continue aujourd’hui encore à dénoncer les crimes. On va taire par pudeur cette immense escroquerie appelée Droits de l’homme.

A travers leurs médias, nos dirigeants nous expliquent froidement, que ces massacres comme ceux par exemple des  écoles de l’ONU (48 morts) sont nécessaires pour éradiquer le terrorisme. C’est pour notre bien. C’est pour nous protéger de ces barbares qui déposent des bombes un peu partout et mettent le monde en danger. C’est pour cela qu’ils aident et encouragent Israël à utiliser, même si elles sont interdites par toutes les conventions internationales (entre autres par la Commission des Droits Humains de l’ONU), les armes les plus sophistiquées, les plus meurtrières et les plus horribles. Médecins et organisations indépendantes accusent Israël d’avoir fait usage à Gaza des armes à  Uranium Appauvri(1), des bombes à fragmentations, du phosphore blanc et des armes inconnues. Il faut rappeler  que l’utilisation de ces armes notamment à Uranium Appauvri est intimement liée à la notion de génocide. Elles sont considérées comme des armes d’extermination. Mais peu importe. La fin ici  justifie  vraiment les moyens. Comme par exemple le bombardement des hôpitaux  qui manquent de tout et où les blessés par milliers viennent plus pour y mourir que pour se faire soigner. Les ambulances ne sont pas épargnées. Vous comprenez la lutte contre le terrorisme et pour la sécurité d’Israël sont à ce prix. Vous verrez qu’après ces massacres et ces horreurs indispensables, le terrorisme sera vaincu, Israël et le monde vivront en paix.  Le temps viendra effacer de vos  mémoires ces centaines de morts, de mutilés, de défigurés  et les milliers de blessés. Tout rentrera dans l’ordre. Vous verrez.

 

Mais les crimes d’Israël datent depuis sa création en 1948 et même avant. L’histoire de cet Etat est chargée de massacres que l’on peut cacher, mais que personne ne peut nier : Sa’sa’, Qastal, Deir Yassin, al-Dawayma, Eilaboun, Lydda, Kufur Qasim, Sabra et Chatila, Jenine et aujourd’hui Gaza. A quand les prochaines tueries ? Ben Gourion ne disait-il pas qu’il fallait « attaquer sur tout le front et non seulement à l’intérieur de l’Etat d’Israël ou aux frontières de la Palestine, mais de rechercher l’ennemi et de l’écraser partout où il peut être »(2). Le massacre des palestiniens ne date donc pas d’aujourd’hui. Tous les grands dirigeants du sionisme politique (Weizmann, Ben Gourion, Jabotinsky etc.) malgré leurs divergences sur les moyens, avaient le même but final : faire de la Palestine l’Etat du « peuple juif ».

Le sionisme politique, depuis sa fondation au congrès de Bâle en 1897, porte en lui les germes de la négation des palestiniens. « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » dit le slogan sioniste.  Le Grand Israël est incompatible avec l’existence même de ce peuple : Il constitue l’obstacle vivant à la réalisation de ce grand rêve. Il faut donc l’exterminer ou tout du moins le chasser loin de sa terre, la Palestine. « Expulsez-les » disait déjà  Ben Gourion en 1948 en parlant de ces mêmes palestiniens.

La grande Bretagne et le sionisme politique ont enfanté un monstre. Aucun Etat au monde aujourd’hui ne semble pouvoir arrêter sa marche vers la barbarie..

 

Le nombre élevé de victimes dont une partie non négligeable de femmes et d’enfants, le nombre de blessés, de mutilés à vie, les armes utilisées, la destruction de maisons, d’immeubles et autres infrastructures nécessaires à la vie, le degré de brutalité atteint etc. le tout avec l’aide des Etats-Unis, de l’Union Européenne, et de tous les régimes arabes est très inquiétant pour l’avenir de la région. La facilité avec laquelle les dirigeants de ce monde, à deux ou trois exceptions près, acceptent de se soumettre totalement et aveuglément à l’Etat d’Israël constitue en soi un véritable danger pour le monde.

Aucun enseignement digne de ce nom n’a été tiré du passé. Aucune leçon n’a été retenue du présent.  A force de mépriser les leçons de l’histoire, on risque de reproduire d’autres tragédies peut-être plus sanglantes encore.

 K. Marx écrivait quelque part «  celui qui ignore l’histoire est condamné à la revivre ».

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7842

     http://www.amnesty.ch/fr

 

(2) Ben Gourion, Rebirth and destiney of Israël. Cité par Lotfallah Soliman dans Pour une histoire profane de la Palestine. La Découverte, p. 120.

 

 

 

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 21:21

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Matan Vilnaï, vice ministre de la défense israélien déclarait le 29 février 2008 « Plus les tirs de roquettes Qassam s'intensifieront, plus les roquettes augmenteront de portée, plus la shoah à laquelle ils s'exposeront sera importante »(1).

« A notre grand regret, il y a des victimes civiles, même si elles ne sont pas nombreuses. Nous ne voulons pas porter atteinte à des femmes, des enfants, des hommes, et nous n'empêchons pas une aide humanitaire" », déclarait avec cynisme Ehud Barak lundi 29 décembre 2008 (2), alors que les bombes israéliennes ont déjà fait 400 victimes, femmes hommes et enfants.

Ces déclarations ne doivent pas faire oublier les morts et les souffrances  qu’Israël inflige aux palestiniens depuis sa création.

 

Albert Einstein écrivait en 1948 en parlant de Menahem Begin et du massacre du village palestinien de Deir Yassin « Les déclarations publiques du parti de Begin ne montrent rien quant à leur caractère réel. Aujourd'hui ils parlent de liberté, de démocratie et d'anti-impérialisme, alors que jusqu'à récemment ils ont prêché ouvertement la doctrine de l'Etat Fasciste(…)Le 9 Avril, d'après le New-York Times, des bandes de terroristes ont attaqué ce village paisible, qui n'était pas un objectif militaire dans le combat, ont tué la plupart de ses habitants - 240 hommes, femmes et enfants - et ont maintenu quelques uns en vie pour les faire défiler comme captifs dans les rues de Jérusalem ». A. Einstein poursuit « C'est dans ses actions que le parti terroriste trahit son véritable caractère. De ses actions passées nous pouvons juger ce qu'il pourrait faire à l'avenir ». (3)

Effectivement en juin 1982, Menahem Begin, devenu premier ministre, et son ministre de la défense Ariel Sharon envahissent le Liban. Le jeudi16 septembre les milices phalangistes pénètrent, avec l’aide de l’armée israélienne, les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila. Les mots et les images auront certainement du mal à décrire ce qui s’est passé dans les deux camps durant les nuits de jeudi à vendredi et du vendredi à samedi.

 Pourtant, un homme, poète et écrivain, a su rendre compte avec une grande précision des détails de ce que les kataëbes chrétiennes protégées par Tsahal ont laissé derrière elles : «la femme palestinienne était probablement âgée car elle avait des cheveux gris. Elle était étendue sur le dos, déposée ou laissée là sur des moellons, des briques, des barres de fer tordues, sans confort. D'abord j'ai été étonné par une étrange torsade de corde et d'étoffe qui allait d'un poignet à l'autre, tenant ainsi les deux bras écartés horizontaux, comme crucifiés. Le visage noir et gonflé, tourné vers le ciel, montrait une bouche ouverte, noire de mouches, avec des dents qui me semblèrent très blanches, visage qui paraissait, sans qu'un muscle ne bougeât, soit grimacer soit sourire ou hurler d'un hurlement silencieux et ininterrompu. Ses bas étaient en laine noire, la robe à fleurs roses et grises, légèrement retroussée ou trop courte, je ne sais pas, laissait voir le haut des mollets noirs et gonflés, toujours avec de délicates teintes mauves auxquelles répondaient un mauve et un violet semblable aux joues. Étaient-ce des ecchymoses ou le naturel effet du pourrissement au soleil ? ». Voilà ce que Jean Genet écrivait dans « Quatre heures à Chatila. » (4)

Menahem Begin déclarait à la Knesset « A Chatila, à Sabra, des non-juifs ont massacré des non-juifs, en quoi cela nous concerne-t-il ? » (4)

M. Begin a raison. Israël n’est jamais concerné ni inquiété. C’est un Etat au-dessus de toutes les lois, conventions et autres résolutions. Ici seul le « droit » du plus fort s’applique.

 

Israël a trop de pouvoir pour commettre et faire passer  ses massacres  pour de la légitime défense. Il a le soutien des Etats-Unis, de l’Europe et de tous les régimes arabes. Cela fait beaucoup pour le peuple palestinien qui est toujours sans Etat ni véritable territoire. Ce pouvoir, dans lequel s’enfonce Israël, risque de se retourner contre lui et l’engloutir.

Aujourd’hui encore, l’Etat d’Israël s’enlise dans la même logique, celle du crime et démontre à nouveau son mépris absolu pour la vie humaine : « Des flots de sang qui arrivent de Gaza envahissent ma maison et s’immiscent dans mon nez, dans ma bouche, dans mes yeux...Je suffoque sous ce sang rouge et frais, celui des touts petits enfants de Gaza, celui de leurs parents » écrivait une israélienne(5). 280 morts dimanche 28 décembre 2008, 350 morts le 29, 384 morts le 30, 394 morts le 31, 400 morts le 1er janvier 2009. Combien de morts demain ? Et après demain ? Seule certitude, des morts viendront se rajouter à d’autres morts, sans parler des blessés dont le nombre se chiffre par milliers,  sous le regard et avec le soutien total des dirigeants américains, européens et arabes qui assistent avec placidité au spectacle de la moderne barbarie montée par leurs propres soins et exécutée par Israël.

Ehoud Barak, Tzipi Livni et  Ehoud Olmert sont les successeurs de  Menahem Begin et d’Ariel Sharon  avec toujours cette folle envie de tuer  le plus de palestiniens possibles qui représentent, pour eux, l’obstacle vivant au Grand Israël. Mais depuis 1948 la résistance palestinienne est toujours là comme la terre sur laquelle elle a grandi.

D’autres dirigeants israéliens viendront commettre à leur tour les massacres nécessaires  au nom de ce « grand  rêve ».  .

Israël poursuit donc et poursuivra méthodiquement et froidement son « sale boulot ». Ses crimes sont plus ou moins acceptés, plus ou moins justifiés, mais rarement dénoncés par les grands médias occidentaux. Les massacres d’Israël se font « dans les murmures ou dans le silence total »(6). On est loin des célébrations et cérémonies des attentats du 11 septembre 2001. Décidément les morts n’ont pas la même valeur. On peut légitimement alors s’interroger sur la sincérité des sentiments de compassion envers Israël, étalés par ces grands médias ; car leur « douleur » s’arrête là où commence celle des palestiniens.   

Les gouvernements successifs d’Israël, et ce depuis sa création, ont élevé les israéliens dans le mépris et la haine du palestinien.

Pourtant, les deux peuples ont vécu ensemble en paix des siècles durant. Leur amour pour cette terre de Palestine n’a d’équivalent que leur haine réciproque. Leurs proclamations d’indépendance montrent d’ailleurs, une étrange ressemblance : « Eretz- Israël est le lieu où naquit le peuple juif. C’est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C’est là qu’il réalisa son indépendance et créa une culture d’une portée à la fois nationale et universelle. » (Proclamation d’indépendance de l’Etat d’Israël, 15 mai 1948). La déclaration des palestiniens commence ainsi : « Terre des messages divins révélés à l’humanité, la Palestine est le pays natal du peuple arabe palestinien. C’est là qu’il a grandi qu’il s’est développé et s’est épanoui » (Déclaration d’indépendance de l’Etat palestinien, 15 novembre 1988).

  Le poète palestinien Mahmoud Darwish écrivait «  Nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix. ».


Mohamed Belaali

 

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(1) Le Monde du 01/03/2008

(2) http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/proche_moyenorient/20081227.OBS7368/affrontements_israelhamas__les_reactions.html

(3) http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-03-03%2010:56:36&log=lautrehistoire

(4) Jean Genet, « L’ennemi déclaré ». Textes et entretiens. Gallimard. Page 243.

(5) http://bellaciao.org/fr/spip.php?article76817

(6) J. Genet, op.cit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 18:56

 

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La France, dans le cadre d'un capitalisme en crise, tend lentement vers un régime que personne ne sait encore comment qualifier. Mais peu importe les adjectifs et les qualificatifs. Tous les signes d'un sombre avenir pour la majorité de la population sont, hélas, bien présents : précarité, chômage, misère, répression , suppression progressive des libertés publiques, propagande etc. Le citoyen est ainsi enserré par un pouvoir omnipotent qui, comme les tentacules d'une pieuvre géante, l'étouffe. Car la richesse doit rester, vaille que vaille, concentrée entre les mains d'une seule et même classe sociale minoritaire mais possédant tous les pouvoirs.

 

 

La France, pays riche, compte aujourd'hui des millions de travailleurs pauvres, de précaires, de chômeurs, de sans abris, de sans papiers, bref des millions d'hommes et de femmes broyés par la machine capitaliste . Ces laissés-pour-compte sont de plus en plus nombreux, et la politique d'austérité que le gouvernement prépare en ce moment même, ne fera qu'accroître encore un peu plus leur nombre. La destruction du système de retraite par répartition, basé sur la solidarité entre générations, va entrainer inévitablement l'augmentation du nombre de personnes cumulant vieillesse et pauvreté. Sombre avenir pour une partie de la population de plus en plus importante!

Mais cette misère n'a d'égal que la richesse accumulée par une petite minorité de très riches dont les revenus ont augmenté par exemple entre 2004 et 2007 de 40 % selon l'Insee (1). Malgré la crise, les profits des entreprises du CAC 40 (cotation assistée en continu) ont atteint 49 milliards d'euros en 2009. Grâce à un montage technique et financier sophistiqué, appelé dans leur jargon «optimisation fiscale», ces groupes paient nettement moins d'impôt que les entreprises plus modestes. Le manque à gagner pour l'État s'élève à 8 milliards d'euros (2).

Et comme cette richesse amassée grâce aux revenus du capital et non du travail ne leur suffit pas, l'État leur verse des millions d'euros chaque année au titre du fameux bouclier fiscal (585,5 millions d' euros rien que pour 2009) sans parler d'innombrables exonérations et autres privilèges fiscaux. Le recours massif à la fraude (3) et aux niches fiscales est une pratique courante et récurrente des nantis. Et on va taire tous les scandales immobiliers à répétition de certains membres du gouvernement (voir entre autres les affaires Gaymard et Estrosi). La richesse est ainsi produite directement par les uns et confisquée indirectement par les autres !

L'État, complice de ce pillage, organise en même temps, à travers ses organismes notamment ceux de la sécurité sociale, une véritable chasse aux «fraudeurs» des prestations sociales, c'est à dire aux travailleurs pauvres, aux précaires et aux chômeurs. Il a même créé à cet effet le Répertoire National Commun de la Protection Sociale (RNCPS). Il est à préciser que le nombre de ces «fraudeurs» et le montant total de la fraude sont dérisoires (4). L'État bienveillant avec les uns, est impitoyable avec les autres !

Pour masquer cette cruelle réalité et éviter toute résistance d'envergure, la bourgeoisie utilise l'État et tout son appareil idéologique et répressif. Les grands médias, tous entre les mains d'industriels, vont jouer un rôle déterminant dans le maintien et la reproduction de cette situation. Ils demeurent l'instrument le plus redoutable et le plus efficace pour anesthésier une population active déjà traumatisée et démobilisée par le chômage. Experts, spécialistes, artistes et autres intellectuels sont eux aussi enrôlés pour répandre la «vérité» de la classe dirigeante. Bref tous les moyens, petits et grands, sont mobilisés pour perpétuer les privilèges et les injustices de l'ordre établi. Plus le système s'empêtre dans ses propres contradictions et s'enfonce dans la crise, plus la propagande devient intense, futile et cynique. Le moindre fait divers, aussi insignifiant soit-il, devient affaire d'État. Le fait divers est érigé en fait politique majeur. Il est élevé au rang des préoccupations et priorités nationales. Président de la république, ministres, parlementaires, préfets et commissaires, chacun dans son domaine, réfléchit comment résoudre par exemple le problème de la femme verbalisée (22 euros) pour port de niqab au volant et de son mari soupçonné par le pouvoir d'avoir plusieurs épouses. Les journalistes, eux, vont se charger d'expliquer, à longueur de journée et de nuit, aux citoyens la gravité de l'affaire pour la nation. Le gouvernement va jusqu'à décréter l'urgence sur... le projet d'interdire totalement la burqa ! Il faut que la loi soit adoptée avant l'été car il y va de la dignité des femmes et de l'intérêt de toute la nation, rien que cela !

L'État français a été également mobilisé dans «l'affaire de la rumeur» concernant la vie privée du couple présidentiel. Là encore, la police, la justice, les services de contre-espionnage, les ministres anciens et nouveaux, les conseillers du président ont déployé un zèle singulier pour remonter aux sources ...de la rumeur ! Et la démesure de cette mobilisation a été étalée lamentablement dans les médias. D'autres faits divers viendront alimenter la chronique dans l'espoir de détourner l'attention de la population des décisions graves qui se trament contre elle comme par exemple la destruction de ce qui reste encore du système de retraite par répartition.

Mais pour que les «réformes» passent, il faut contrôler, surveiller, ficher, réprimer, bref il faut terroriser les citoyens qui refusent de courber l'échine. Il devient, en effet, de plus en plus difficile aujourd'hui de ne pas rencontrer la police dans la rue. Elle est omniprésente voire omnipotente. Chaque manifestation est sévèrement et massivement encadrée par des policiers en tout genre. A côté des CRS en tenue de combat et armés de flash-ball, matraques et gaz lacrymogène, des policiers en civil se mélangent et défilent avec les manifestants. Les membres des brigades départementales de sécurité, souvent masqués, surveillent de loin le déroulement de la manifestation entassés dans leurs véhicules grillagés. La BAC (Brigade Anti-Criminalité), la matraque montrée de manière ostentatoire et provocante, encadre de très près les cortèges tout en filmant les manifestants. La brutalité accompagne souvent les interpellations arbitraires à la fin de la manifestation. La garde à vue dans les commissariats est vécue comme un cauchemar par la plupart de celles et ceux qui en ont fait l'expérience : «Quand les policiers m’ont “invitée” à m’asseoir sur un banc pour y être menottée, le mur contre lequel je devais m’adosser était maculé de sang encore frais. J’ai dû me déshabiller totalement pour la fouille. Puis j’ai été poussée dans une cellule souillée d’excréments. J’étais traitée comme un animal. La volonté d’humilier était évidente» témoignait l'avocate Caroline Wassermann (5). Plus d'un demi-millions de citoyens ont connu la garde à vue en 2008, 67 % de plus qu'en 2001! (6). Personne n'est à l'abri d'une telle humiliation. Car la garde à vue se généralise et se banalise. Elle est institutionnalisée. Il faut faire peur à la population et la dissuader de toute velléité de résistance. Tout acte d'opposition à la politique du pouvoir, aussi élémentaire soit-il, est brutalement réprimé. Même les lycéens n'échappent pas à cette répression policière. Ces jeunes à qui on a appris que la police était là pour les protéger dans le cadre de l'État de droit, se sont vus gazés, matraqués, brutalisés, jetés à terre et traînés au sol sans ménagement comme de dangereux criminels par cette même police. Ces adolescents ont été parfois arrêtés devant leur lycée, conduits au commissariat et gardés à vue sans pouvoir communiquer avec leurs parents. Après le commissariat, les procureurs prennent la relève au tribunal et profèrent des propos violents et traumatisants pour des gamins qui réclamaient juste un enseignement de qualité et ouvert à tous.

La répression les poursuit à l'intérieur même de l'école. Vidéo-surveillance, portiques de sécurité, policiers etc. vont transformer progressivement l'école en prison. 5 247 «correspondants sécurité-école» sont choisis parmi les policiers et les gendarmes. Mais Sarkozy veut aller plus loin :«Il y a quelques jours j'ai souhaité que dans les 53 établissements identifiés comme les plus difficiles de France, on aille plus loin en proposant l'installation d'un bureau pour le policier ou le gendarme référent au sein même du lycée et du collège»(7). A quand l'installation d'un véritable commissariat à l'intérieur des établissements scolaires? Quelle est jolie la démocratie bourgeoise qui méprise et brutalise sa jeunesse !

Et comme cela ne suffit pas, il faut mettre le pays sous surveillance et supprimer progressivement les libertés publiques chèrement acquises. Il faut installer des caméras partout, croiser les fichiers informatiques, prélever des empruntes digitales et génétiques y compris sur des enfants, en un mot il faut que le contrôle sur la population soit total. La France n'est pas encore le Royaume-Unis où 4,2 millions de caméras filment en permanence les faits et gestes des citoyens et où la police peut interpeller n'importe qui, n'importe quand sans la moindre justification, presque comme dans 1984 de George Orwell. Cependant, le gouvernement français a la ferme volonté de tripler le nombre des caméras (de 20 000 à 60 000) sur la voie publique, dans les établissements scolaires, dans les transports en commun, bref il faut que l'œil du pouvoir observe et contrôle tout le monde.

Mais surveillance et profit sont deux faces d'une même réalité. Car la vidéo-surveillance c'est aussi un marché fleurissant dont la croissance entre 2003 et 2012 varie selon l'équipement acheté entre 60 et 400 % (8). Pour engraisser davantage encore les entreprises du secteur, Michèle Alliot-Marie a signé un décret le 22 janvier 2009 facilitant l’accès à la vidéo-surveillance aux établissements publics et privés utilisant moins de 8 caméras. La surveillance généralisée a un bel avenir devant elle.

La classe dominante, non contente d'avoir précarisé et paupérisé les travailleurs, exige en plus qu'on les punisse, qu'on les cache. Les pauvres doivent rester invisibles. Car ils sont la preuve vivante de la faillite de son système économique. Les prisons regorgent de pauvres. A l'extérieur de la prison, leur force de travail est devenue inutile, superflue.

Violence, surpopulation, humiliation, souffrance, arbitraire de l'administration pénitentiaire, mesures d'isolement de longue durée, bref des conditions de détention d'un autre âge font de la prison un haut lieu de la déshumanisation des hommes. Il ne faut donc pas s'étonner que la France détienne le triste record du nombre de suicides dans les prisons. Comme le taux de chômage, celui de la détention et du suicide ne cessent d'augmenter. Malgré les condamnations successives des instances européennes, internationales et des associations des droits de l'homme, ces taux continueront, hélas, à augmenter. Car ils sont intimement liés à la politique pénale et carcérale de la classe dirigeante qui utilise le dogme de la «tolérance zéro» pour plaire à une frange de la population et pour évacuer les problèmes économiques (chômage de masse, politique d'austérité etc), et sociaux ( sécurité sociale, santé...). La sécurité demeure l'enjeu majeur des campagnes électorales.

Cette politique n'est, toutefois, que l'expression d'un système dont le profit reste l'unique objectif. Là encore, prison et profit vont de pair : la prison c' est aussi un marché non seulement au niveau des produits liés à la sécurité (bracelets électroniques, caméras...) mais aussi au niveau de la construction et de la gestion des prisons. Les constructions, les rénovations des prisons font le bonheur des entreprises comme Bouygues, Eiffage Construction, Vinci... sur le malheur des détenus. Les entreprises privées s'occupent également de la restauration, de la formation professionnelle, de l' accueil des familles etc. L'État est réduit à fournir le plus de détenus possible afin d' alimenter les bénéfices de ces entreprises privées. La prison est une affaire très rentable (9).

 

Les perspectives électorales sont elles aussi sombres. Elles se réduisent à un «choix» binaire : PS/UMP – UMP/PS ou pire encore UMP/FN. Lorsque l'on regarde de plus près non pas les discours mais les actes, on constate, malgré des nuances voire parfois des différences, que ces deux partis majoritaires (PS/UMP) servent en dernière analyse les intérêts de la classe dominante.


Mais l'histoire nous a appris que la lumière peut aussi jaillir de l'obscurité. Malgré cet asservissement général dû au capitalisme et les malheurs dont il accable les salariés, le système produit de lui-même les conditions de sa propre disparition. Ses crises à répétition montrent à quelle enseigne ce système est inefficace et dangereux pour l'homme et la nature. Aux travailleurs d'unir leur force et de la diriger contre le système lui-même et non contre ses effets. Toutefois cette lutte ne peut aboutir que si les producteurs directs de richesses sont conscients de leur exploitation commune. La prise de conscience et l'unité de tous les travailleurs sont donc une nécessité vitale et un préalable au dépassement du capitalisme.


Mohamed Belaali



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(1) Les revenus et le patrimoine des ménages, Insee http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&ref_id=REVPMEN10a


(2) http://www.latribune.fr/depeches/reuters/les-groupes-du-cac-40-paieraient-moins-d-impots-que-les-pme.html


(3) sur les fraudes comptables et financières commises par les entreprises voir http://www.oca-audit.com/offres/file_inline_src/211/211_P_4161_1.pdf


(4) http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3660


(5) Témoignage de l’avocate Caroline Wassermann publié dans L’Humanité du 20 novembre 2009. Cité par LDH Toulon http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3527


(6) http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3527


(7) http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2010/discours-sur-les-violences-scolaires.8748.html


(8) http://www.msi-etudes.fr


(9) http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article693









 

 

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 14:52

 

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Abdelkrim, cet homme qui a tant aimé les montagnes et les vallées du Rif et de tout le Maroc, lui qui s'est dressé courageusement contre le joug colonial, n'a toujours pas sa tombe dans son propre pays près d'un demi siècle après sa mort.

Aujourd'hui encore et malgré une farouche volonté du pouvoir politique pour occulter le passé, son souvenir reste gravé dans la mémoire populaire et enfoui dans le cœur du peuple marocain.

Cet homme, dont la simplicité et la modestie impressionnaient toutes celles et ceux qui l'ont connu, a pu tenir tête, dans une véritable guerre de libération, à l'Espagne et à la France. Ce précurseur et grand oublié de l'histoire, qui est-il ?

 

Abdelkrim avec quelques milliers de combattants divisés en groupes très mobiles et une maîtrise parfaite du terrain, a infligé une humiliante défaite au général espagnol Silvestre pourtant à la tête d'une armée autrement plus puissante. C'était en juillet 1921 à Anoual dans le Rif marocain. La résistance l'a emporté sur l'envahisseur. De ce point de vue, on peut dire qu'Abdelkrim était le précurseur de la guérilla moderne. Plus tard, Hô Chi Minh puis Mao le citeront en exemple.


Abdelkrim devient avec cette victoire le symbole de la lutte anticoloniale et donne en même temps l'espoir aux peuples qui luttent pour leur libération.


La défaite espagnole a permis au général Miguel Primo de Rivera de s'emparer du pouvoir par un coup d'État. C'était le 13 septembre 1923. Il faut préciser également que c'est durant la guerre du Rif que s'est illustré par sa cruauté un certain Francisco Franco ce qui lui a valu d'être promu général !


Mais Abdelkrim veut libérer tout le Maroc. Il concentre ses troupes sur la ville de Fès occupée par la France comme l'essentiel du territoire marocain. Le maréchal Lyautey, jugé hésitant face aux avancées du guérilléro du Rif par le gouvernement de Paul Painlevé, est remplacé par un autre maréchal, Philippe Pétain. C'était en juillet 1925.

Abdelkrim était là encore l'un des premiers à avoir combattu le fascisme européen que représentaient Miguel Primo de Rivera, Francisco Franco et Philippe Pétain sur le sol de ce Rif où il aurait tant aimé se reposer définitivement.


A cette époque Abdelkrim était seul à combattre ces hommes qui seront responsables plus tard de la guerre civile(Espagne) et de la collaboration avec les nazis( France) dans leur propre pays.


La république du Rif était une autre création de cet homme tant méprisé par les colonialistes, impérialistes et autres fascistes. Après la victoire d'Anoual, Abdelkrim proclama la république dans un pays où les rois se succédaient les uns après les autres et ce depuis des siècles. Abdelkrim fut le premier président du Maroc moderne !


Le triomphe d'Abdelkrim fut aussi éphémère que sa république. Malgré un vaste mouvement de solidarité de la classe ouvrière européenne notamment française, Abdelkrim était seul avec ses combattants; seul avec ses idées qui n'étaient pas vraiment dans l'air du temps : se battre contre le colonialisme, l'impérialisme, la domination, l'exploitation etc. etc. Il rêvait d'un Maroc, d'une Algérie, d'une Tunisie et de tout le Monde arabe totalement libérés et modernisés. Il faisait exploser dans cette région du monde des projets et des idées, pour l'époque, révolutionnaires.


Contre ce rêve, ces projets et ces idées, il avait face à lui deux États dont la France, une véritable puissance coloniale, trois généraux fascistes et non des moindres, le Makhzen et même les nationalistes bourgeois marocains.


Ses compagnons, des hommes rudes et austères habitués à la vie dure de cette région du Maroc coincée entre la méditerranée et des montagnes sauvages, étaient traités par Paul Painlevé de barbares et de bien d'autres adjectifs encore "..Ces barbares! Ces populations obscures...qui diffèrent de nous, par la couleur de la peau et qui, ayant "tout à apprendre de l´Europe" n´en menacent pas moins la civilisation européenne".

«Ces barbares», avec des rêves dans la tête et les armes à la main menaçaient donc «la civilisation européenne». Il faut les écraser.


Le maréchal Pétain et le dictateur Miguel Primo de Rivera ont scellé un accord en vertu duquel les deux armées, française et espagnole, doivent s'unir contre le rebelle rifain.

Abdelkrim, malgré le courage de ses combattants, ne pouvait affronter seul deux Etats en même temps. Il décida donc de se rendre à la France. C'était en mai 1926.

 

L'envahisseur l'a emporté sur la résistance! La force brutale des armes a écrasé les idées de libération, de modernité et de prospérité que portaient Abdelkrim et ses compagnons.

Abdelkrim fut déporté à La Réunion. C'était un départ sans retour!


Cet exil définitif, n'a pas empêché les deux armées coalisées de se venger des populations civiles. Des armes chimiques, interdites par les conventions internationales, ont été utilisées notamment le gaz moutarde(l'ypérite). Les douars, les villages,et les souks du Rif ont été aspergés de ce gaz toxique. Des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants sont morts dans des conditions atroces. Pourtant, la protection des civils était l'une des conditions de la reddition d'Abdekrim. Sa demande n'a pas été respectée. Mais comment aurait-elle pu l'être? Les vainqueurs imposent toujours leur volonté aux vaincus. Cela rappelle étrangement, mais dans des condition très différentes, le comportement de l'armée israélienne et des phalangistes libanaises lorsqu'elles se sont vengées sur les réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila après le départ d'Arafat de Beyrouth vers Tunis. C'était en septembre 1982.


On peut légitimement s'interroger sur ce culte, poussé parfois jusqu'au fétichisme, qu'a le colonisateur ou l'occupant pour la mort et la souffrance des populations civiles.


Abdelkrim et sa famille passeront de longues et pénibles années d'isolement et de réclusion sur l'île de La Réunion. C'est au cours de son transfert vers la France et durant l'escale de Port-Saïd qu'Abdelkrim a «réussi à s'évader» avec l'aide de quelques nationalistes marocains, algériens et tunisiens. C'était en mai 1947.

Il s'est installé au Caire où il a repris son combat anticolonial et fondé le"Comité de libération du Maghreb arabe".


Fidèle à ses principes de résistant et à la mémoire de ses combattants tombés les armes à la main, Abdelkrim refusait de remettre ses pieds sur le sol marocain tant que le dernier soldat étranger n'aurait pas quitté le Maghreb.


«Je suis venu trop tôt» disait-il juste avant sa mort (2). Trop tôt pour que les idéaux, pour lesquels il a sacrifié sa vie et sa liberté, triomphent. Cétait un précurseur, un avant-gardiste et un internationaliste qui exigeait, pour son époque, presque l'impossible.


Abdelkrim s'est éteint au Caire le 6 février 1963 loin de son Ajdir natal.


Le visiteur étranger sera frappé par l'état de pauvreté dans lequel vivent aujourd'hui les habitants du Rif. Le combat de leurs ancêtres était aussi contre cette misère et pour un Maroc prospère, mais ils étaient écrasés par des ennemis beaucoup plus puissants. En partie, la France et l'Espagne coloniales sont responsables de cette situation. Mais le même visiteur remarquera également que dans beaucoup de foyers notamment les plus modestes, le portrait d'Abdelkrim est toujours accroché au mur comme pour se rappeler que son combat est toujours actuel.


Mohamed Belaali




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  1. Germain Ayache, cité par Chems Eddine Chitour in « L´épopée de l´Emir Abdelkrim El Khattabi » http://www.alterinfo.net/L%C2%B4epopee-de-l%C2%B4Emir-Abdelkrim-El-Khattabi_a20679.html

  2. http://www.humanite.fr/2004-05-22_Medias_1919-1926-la-guerre-du-Rif





 

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