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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 20:13

 

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«Le plus grand pourvoyeur de violence du monde est mon propre pays»

Martin Luther King *

 

Combien d’enfants, de femmes et d’hommes innocents sont morts en Irak depuis l’invasion de ce pays par l’armée américaine et ses alliés ? Personne ne le sait avec précision. Mais ce qui est sûr, c’est que leur nombre se chiffre par centaines de milliers. Combien de blessés, d’estropiés, de veuves, d’orphelins, de réfugiés etc. ? On passe rapidement, cette fois, des centaines de milliers, à des millions. Bombes au napalm, au phosphore blanc, à fragmentation, chars, navires, avions, bombardiers, véhicules aériens sans équipage, missiles, bref des armes légales et illégales de toute sorte, coordonnées par une structure de commandement planétaire, ont été utilisées pour cette tuerie collective. Et quel est le crime de chacune de ces victimes ? Selon Bush, Blair, Aznar, Sarkozy, Obama etc. ce pays représente un véritable danger pour le monde. Car l’Irak possède, entre autres, les armes de destruction massive et demeure le foyer mondial du terrorisme. Il faut donc sécuriser ce pays et apporter à sa population démocratie, liberté et prospérité.

Aujourd’hui, près de sept ans après l’invasion américaine, l’Irak est dans une situation tragique. La population est réduite à vivre dans des conditions infra-humaines. Ce que subit aujourd’hui le peuple irakien donne la mesure de la cruauté dont le capitalisme et la bourgeoisie qui le porte sont capables.

L’électricité par exemple est devenue presque un luxe ; les irakiens n’en bénéficient que 4 à 6 heures seulement par jour. L’eau potable leur manque cruellement :« Ici, l’eau courante n’est pas disponible plus de deux heures par jour », dit une habitante de Bagdad sachant que les températures atteignent, l’été, facilement les 50 degrés Celsius (1). La population irakienne a soif alors que deux majestueux fleuves le Tigre et l’Euphrate, qui rendaient la vie possible depuis des millénaires et permettaient également avant l’invasion de fournir aux irakiens l’eau potable dont ils avaient besoin, coulent toujours. Mais cette eau « potable » est souvent mélangée avec des eaux usées « Le pourcentage d’eau sale, impropre à la consommation humaine risque de provoquer des maladies plus dangereuses que le choléra, et notamment certains types d’hépatites et de diarrhées potentiellement mortels » affirmait le ministre irakien de la santé(2). Selon les Nations Unies, plus de 300 cas de choléra ont été recensés officiellement (3). Les hôpitaux irakiens, qui manquent quasiment de tout, reçoivent chaque jour des patients notamment des enfants souffrant des maladies liées à l’eau impropre à la consommation. L’absence de médicaments et d’infrastructures médicales mettent ces malades en danger de mort.

Le manque d’eau se transforme ainsi en une arme silencieuse qui tue sans faire de bruit. Il ne s’agit là que de quelques aspects de cette tragédie subie au jour le jour par la population irakienne. Elle qui bénéficiait avant les sanctions économiques( 1990-2003) et la guerre dite du Golfe(1991), d’un niveau de vie relativement élevé et d’infrastructures éducatives, sanitaires, hydrauliques, routières etc. des plus développées de la région, est réduite à vivre aujourd’hui dans la misère la plus noire. Il faut rappeler que ces sanctions économiques imposées par les États-Unis et le Royaume- uni et autorisées par l’ONU sont les plus violentes et les plus longues de l’histoire des Nations Unies. Il s’agit en fait d’un châtiment collectif infligé à tout un peuple(4). Ces sanctions ont, entre autres crimes, tué environ un demi million d’enfants. Pour Madeleine Albright, secrétaire d’État de l’administration Clinton, la vie des enfants irakiens n’a aucune valeur, mais un prix : « Nous pensons que c’est le prix à payer »(5). Sauf que ce « prix » est payé, une fois encore, par le peuple irakien

Et comme si ces terribles souffrances ne suffisaient pas, W. Bush et son caniche T. Blair, deux criminels de guerre décidèrent d’envahir l’Irak.

Les citoyens du monde entier dans un immense élan de solidarité avec le peuple irakien et contre la guerre ont défilé par centaines de milliers dans les rues de New-York, du Caire, de Paris, Caracas, Londres, Istanbul, Berlin, Jakarta, Tokyo, Lagos, Madrid etc. etc. Les citoyens du monde d’un côté, les bourgeoisies américaine et anglaise, à travers leurs représentants politiques, de l’autre dans un face à face qui a vite tourné à l’avantage de Bush et de Blair. La paix fut vaincue une fois encore. La guerre l’a emporté sur la paix et les intérêts d’une minorité ont triomphé contre la volonté d’une immense majorité.

Le 20 mars 2003, l’armée américaine et ses supplétifs ont franchi les frontières irakiennes. Depuis cette date, la population irakienne vit un long et interminable calvaire. Les irakiens sont torturés et humiliés dans leur propre pays par une soldatesque ivre de violence. La terreur, organisée directement ou indirectement par l’armée américaine et la police locale, règne dans les villes irakiennes. Ces villes sont, par ailleurs, dévastées et défigurées par des murs de sécurité érigés un peu partout ; les rues sont quadrillées de barbelés et d’ engins militaires de toute sorte. Mercenaires, forces spéciales, escadrons de la mort s’acharnent contre une population constamment soupçonnée de soutenir la résistance. Fallujah, ville martyre, connaît « un accroissement sans précédent du nombre d’enfants et de fœtus morts avec des malformations congénitales monstrueuses » conséquence de l’utilisation massive par l’armée américaine des armes interdites par toutes les conventions internationales (6).

Mais cette violence ne s’exerce pas seulement directement sur les hommes, elle s’étend également à leur mémoire, à leur histoire et à leur patrimoine. Faut-il rappeler que l’Irak est le berceau de la civilisation humaine ? La Mésopotamie (entre deux fleuves en grec), qui correspond à l’Irak d’aujourd’hui, a vu naître sur son sol de brillantes et splendides civilisations. C’est sur cette terre que l’écriture et le calcul, entre autres, furent inventés. Mais la Mésopotamie c’est aussi Babylone et ses jardins suspendus (septième merveille du monde), Hammourabi et son code, Nabuchodonosor II et sa conception architecturale etc. etc. Bush savait-il quelque chose de tout cela ? Pourquoi avait-il laissé ses troupes piller et détruire l’histoire et le patrimoine du peuple irakien et de toute l’humanité ? Le musée et la bibliothèque de Bagdad ainsi que d’autres sites qui renferment des antiquités, des documents et des manuscrits sans prix ont été pillés et parfois incendiés sous les yeux des soldats américains. Des objets d’art par milliers notamment les deux lions en terre cuite de Babylone ont été détruits. Pourtant les conventions internationales, celle de Genève et de La Haye par exemple, interdisent le pillage et imposent à la puissance occupante de protéger le patrimoine culturel du pays occupé. Mais le droit c’est aussi le droit du plus fort.

Si aux yeux de l’administration américaine l’histoire et le patrimoine culturel de l’Irak ne méritent que mépris et indifférence, les puits de pétrole, eux, par contre étaient bien protégés et bien « sécurisés » pour utiliser le langage militaire et médiatique.

Les universités n’ont pas été non plus épargnées. La Mustansiriya, la grande université de Bagdad qui date du XIII siècle a été bombardée et les archives, manuscrits, livres rares etc. de sa bibliothèque ont été volés ou brûlés au grand jour et sous le regard de l’occupant.

Ce mépris affiché par l’administration américaine pour la vie des hommes, pour leur intelligence et leur patrimoine culturel rappelle quelque peu les réactions pleines de haine des phalangistes espagnols et le discours du courageux Miguel de Unamuno le 12 octobre 1936 à l’université de Salamanca dont il était recteur :« Cette université est le temple de l’intelligence. Et je suis son grand prêtre. C’est vous qui profanez son enceinte sacrée. Vous vaincrez parce que vous disposez de la force brutale ; vous ne convaincrez pas car il vous manque la raison » disait calmement le grand philosophe basque. « Vive la mort », « à bas l’intelligence » vociféraient les franquistes.

Il manquait peut-être à l’université de Bagdad un Unamuno irakien. Mais chaque époque et chaque pays produisent ses propres héros. L’Espagne de 1936 n’est pas l’Irak de 2003 et Franco n’est pas Bush. Pourtant le 14 décembre 2008 à Bagdad, un homme, Mountazer al-Zaïdi, s’est levé et a osé lancer ses chaussures sur Bush le président des États-Unis ! C’est un acte dérisoire face à l’ampleur de la tragédie irakienne. Mais ce geste a suffi pour enflammer les masses en Irak et à travers tout le monde arabe et bien au-delà. Partout à travers la planète, de temps à autre, les hommes et les femmes lancent leurs chaussures contre ceux qui, à leurs yeux, incarnent l’injustice. En Irak, il est devenu le symbole de la résistance à l’occupant.

La résistance irakienne, comme d’ailleurs la résistance afghane, qui est de mieux en mieux organisée et de plus en plus soutenue par la population, assène des coups significatifs à l’occupant. Pour la discréditer, la machine de propagande américaine et européenne que sont les grands médias traitent ces combattants de terroristes, d’islamistes, de poseurs de bombes, de bandits etc. Des accusations classiques de tout occupant envers toute résistance. Mais ces mêmes médias ne soufflent mot sur la tragédie que vit la population irakienne, ni sur une occupation basée sur un immense mensonge : les armes de destruction massive ! Bien au contraire, ils parlent de processus de normalisation, de gouvernement irakien légitime, d’élections libres et démocratiques etc.

La guerre de libération que mènent les combattants irakiens contre l’occupant est une résistance juste et légitime. Tous les citoyens du monde qui étaient des millions à crier leur hostilité à cette guerre impérialiste et, au-delà, tous les hommes et toutes les femmes qui aspirent à un monde débarrassé de cette barbarie destructrice de vies humaines pour, en dernière analyse, enrichir une minorité de privilégiés sans âme et sans coeur, doivent apporter leur soutien à la résistance irakienne.

 

Mohamed Belaali

 


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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 21:53

 

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Commentateurs, analystes, experts, hommes et femmes politiques vont se précipiter une nouvelle fois sur les plateaux de télévision et les salles de rédaction. Il s'agit des élections régionales des 14 et 21 mars 2010. Une élection de plus et une déception de plus! Le bavardage et le show médiatique des soirées spéciales sont destinés, au fond, à tromper et à duper la population. Car quelque soit le score des uns et des autres notamment celui du PS et de l'UMP, la réalité du pouvoir politique, elle, restera la même c'est à dire entre les mains de la classe économiquement dominante. Pour mieux légitimer la démocratie bourgeoise, on accordera quelques miettes à ceux que l'on appelle encore avec beaucoup de mépris les petits partis. S'il faut l'utiliser pour lutter contre la classe dirigeante, dénoncer son système et si possible améliorer la situation des classes dominées, elle ne permet nullement, loin s'en faut, le dépassement du capitalisme. L'horizon ultime de cette démocratie du capital, intimement liée à la propriété privée et à l'Argent, reste l'exploitation du travail salarié et la réalisation du profit. C'est une démocratie mutilée, aliénante, enfermée dans ses propres contradictions et ses propres limites.


 

La démocratie bourgeoise est « toujours confinée dans le cadre étroit de l'exploitation capitaliste et, de ce fait, elle reste toujours, quand au fond, une démocratie pour la minorité, uniquement pour les classes possédantes, uniquement pour les riches»(1). C'est une démocratie de et pour la classe minoritaire. Une étrange démocratie où l'immense majorité de la population doit se soumettre à l'infime minorité des riches! Et seuls les plus fortunés profitent, à travers les institutions bourgeoises, de l'essentiel des richesses. Ainsi le président de la République et le parlement, institutions fondamentales de l'État, tous les deux élus démocratiquement ont distribué aux classes aisées en 2008, 7.7 milliards d'euros (loi Tepa adoptée en 2007). De 2000 à 2008, l'État a accordé, sous forme d'allègements fiscaux et sociaux, une offrande de 30 milliards d'euros aux plus riches(2). Des milliards et des milliards d'euros des contribuables ont été déversés sur les banques et les industries automobiles pour les sauver d'éventuelles faillites. Il ne s'agit là que de quelques exemples parmi une infinité d'autres. En même temps, le gouvernement et le parlement s'acharnent contre les ouvriers et les employés c'est à dire la majorité de la population active, en promulguant lois et décrets leur imposant des «réformes» toujours plus douloureuses : moins de dépenses pour la Santé, pour l'Éducation, démantèlement des avancées sociales comme la réduction du temps de travail ou la retraite, plus de chômage, de précarité et de misère. Quelque soit la coloration politique du gouvernement et du parlement ce sont toujours les classes possédantes qui profitent de cette démocratie.

La liberté de la presse, pourtant inscrite dans la constitution, est un leurre et surtout une arme redoutable entre les mains de la bourgeoisie. Toutes les grandes chaînes de télévision, privées et publiques, tous les grands journaux, revues, AFP et autres instituts de sondages appartiennent à la classe dominante qui les instrumentalise pour servir ses propres intérêts présentés comme étant les intérêts de toutes les classes. Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA) et France Télévisions dont le président est nommé par Sarkozy, sont également sous le contrôle et au service de cette même classe sociale. Et c'est cet appareil médiatique sophistiqué qui, en général, présélectionne les candidats, façonne l'opinion des citoyens et manipule leur choix. Il joue un rôle déterminant dans la production et la reproduction des idées de la minorité dominante. Par contre les idées liées aux intérêts de la majorité de la population sont subtilement écartées, ignorées, méprisées et étouffées. Celles et ceux qui relèvent la tête et contestent l'ordre établi sont dénigrés, stigmatisés et réprimés. Leurs actes et leurs paroles non seulement sont invisibles dans les grands médias mais parfois leur lutte est criminalisée.

Les périodes électorales sont d'une médiocrité et d'une misère affligeantes. Celle-ci ne fait pas exception. Démagogie, vulgarité et racisme caractérisent les déclarations des représentants de la classe dominante. Des mots doivent résonner dans les cerveaux imbibés d'idées rétrogrades et xénophobes d'une partie de la population élevée dans la haine de l'Autre: «racaille», «national», «insécurité», «immigration», «musulmans», «voile», «burqa» etc. Mais aussi des expressions et des phrases toutes faites: «nettoyage au Karcher», «Le jour où il y aura autant de minarets que de cathédrales en France, ça ne sera plus la France», «Une tronche pas trop catholique», «Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos,», «délinquant multirécidiviste chevronné» etc. etc.

Par contre, rien ou presque rien sur le chômage, la précarité et la pauvreté des plus démunis. Silence également sur les entreprises qui, en même temps, réalisent des profits et licencient (Total, Philips, Sanofi Aventis, Air Liquide etc.) ! Rien non plus sur les milliards d'euros distribués sous forme de Parachutes dorés, de retraites-chapeau, de bonus, de stock-option et d' actions gratuites à des «collaborateurs», opérateurs et autres traders. Pas un mot sur ces parasites spéculateurs qui raflent, sans travailler, des milliards d'euros. Et pendant que les riches continuent à s'engraisser, leurs représentants gavent «démocratiquement», à travers les grands médias notamment, les citoyens de mots et de phrases dans le seul but de les duper et de les détourner des vrais problèmes. La futilité, le racisme et le cynisme des propos des représentants des riches contrastent tristement avec la misère matérielle dans laquelle vivent, dans un pays pourtant riche, des millions d' hommes, de femmes et d'enfants . Pitoyable démocratie!

Une fois les élections terminées, on prépare les prochaines. Les élections constituent en effet une aubaine pour la classe dirigeante. Elles lui permettent de faire passer ses propres intérêts au nom de toute la population. Ses représentants, qui occupent à tour de rôle des sinécures grassement rétribuées, aussitôt élus, renient leurs promesses et foulent aux pieds les intérêts de l'immense majorité des citoyens pour servir ceux d'une minorité de riches. C'est là leur fonction essentielle!


La démocratie bourgeoise, par rapport aux régimes qui l'ont précédée, représente un énorme progrès. Elle favorise et facilite les luttes sociales et constitue une étape précieuse sur le chemin de la libération de l'esclavage salarié. Mais elle ne permet nullement de résoudre la contradiction fondamentale entre le travail et le capital, entre l'exploiteur et l'exploité. Il ne s'agit que d'une étape et non d'une limite infranchissable. C'est une démocratie où l'immense majorité est soumise à une infime minorité. Elle reste prisonnière de ses propres chaînes, celles du capitalisme. Toute marche vers le socialisme doit briser ces chaînes pour se libérer de cette dictature du capital.


Mohamed Belaali



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(1) V. Lénine, l'État et la Révolution. Édition de Pékin 1976, page 108.


(2)http://www.alternatives-economiques.fr/il-n-y-a-pas-que-le-bouclier-fiscal-_fr_art_633_42332.html



 

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6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 11:22

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