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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 15:55

Une étrange situation caractérise la scène politique française. Au moment où la lutte des classes entre opprimés et oppresseurs fait rage, les syndicats et partis politiques de gauche semblent dépassés et assistent en spectateur à ce conflit ouvert. Pour l'instant ces organisations semblent incapables d'encadrer et d'orienter ce soulèvement populaire qui manque cruellement d'une direction consciente et déterminée capable d’unir un mouvement sans unité, de le guider pour mener un combat politique de classe contre classe.

 

Le Mouvement des Gilets jaunes, qui est né et s'est développé en dehors de toute organisation politique ou syndicale, est d'abord une révolte contre la situation économique et sociale désastreuse dans laquelle se trouve une large frange de la population. C'est une révolte contre cette politique de paupérisation ultra-libérale menée tambour battant par les gouvernements successifs. C'est un rejet massif non seulement de ces politiques, mais aussi du Président de la République serviteur zélé de la classe dominante. Il est un produit authentique de la lutte des classes qui secoue la société française aujourd'hui.

 

Mais le Mouvement des Gilets jaunes constitue aussi une contestation, un refus de l'immobilisme qui caractérise la plupart des directions politiques et syndicales de gauche, excepté, il faut bien le souligner, la France Insoumise et l'Union syndicale Solidaires (1). Le reste des forces de gauche donne l'impression d'être domestiqué par le capitalisme qu'il a cessé de combattre. Son «anticapitalisme», lorsqu'il existe, reste pour le moins superficiel et inoffensif. Le silence des grandes centrales syndicales peut être interprété comme un soutien indirect au pouvoir en place alors même que celui-ci est fragilisé par le combat des Gilets jaunes. Elles sont davantage préoccupées par les élections professionnelles dans les entreprises et dans la fonction publique que par la révolte des Gilets jaunes. Leur institutionnalisation les éloigne ainsi progressivement des préoccupations sociales et politiques de ceux qui subissent au jour le jour les affres du chômage et de la précarité. Dans un communiqué signé le 6 décembre 2018 par tous les syndicats, excepté Solidaires, elles vont jusqu'à condamner la violence dans les revendications sans jamais dénoncer les violences policières exercées sur les Gilets jaunes «nos organisations dénoncent toutes formes de violence dans l’expression des revendications» et le communiqué d'ajouter «La CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU appellent le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations» (2).

 

La révolte des Gilets jaunes est en quelque sorte une remise en cause profonde des manières, des tactiques et des stratégies des partis politiques « spectateurs » pour affronter le pouvoir de la classe dirigeante. Dans ce sens on peut considérer le soulèvement des Gilets jaunes comme un appel urgent lancé aux partis et aux syndicats de gauche pour renouveler de fond en comble leur analyse de la situation politique, des structures du pouvoir, des rapports de force et de l'idéologie dominante intimement liée aux intérêts de la bourgeoisie. Car au fond, il ne s'agit pas seulement d'améliorer ou de gérer la brutalité et la barbarie de la société capitaliste, mais de l'abolir. Il ne s’agit pas seulement de mener un combat pour améliorer momentanément les conditions d’existence des travailleurs, des des salariés, bref de tous les exploités pour rendre la société capitaliste supportable, mais de lutter pour une nouvelle société. Car la tendance générale du capitalisme n’est pas d’améliorer les conditions de celles et ceux qui produisent la richesse, mais de les dégrader. 

L’histoire nous a toujours enseigné que la bourgeoisie ne renonce jamais à ses privilèges, qu’elle n’accorde jamais rien par générosité ou grandeur d’âme et qu’elle ne recule devant rien pour sauver ses intérêts. La guerre menée en ce moment contre les Gilet jaunes est un exemple on ne peut plus éloquent (3).

La bourgeoisie française brutalise, méprise et humilie ses propres citoyens tout en dénonçant en même temps les atteintes aux droits de l’homme ailleurs dans le monde ! Quel cynisme !

 

Si la force du Mouvement des Gilets jaunes, malgré ses défauts et ses contradictions, réside dans son existence et dans sa magnifique résistance (deux mois déjà) à la classe dirigeante, cela reste toutefois insuffisant pour permettre le bouleversement radical de la société capitaliste. Il ne peut le faire qu’en s’alliant avec la classe ouvrière, seule classe réellement révolutionnaire malgré le chômage de masse et la bureaucratie des directions des partis et syndicats qui se réclament d’elle.

 

La base des centrales syndicales et des partis politiques de gauche doit lutter contre ses propres directions pour lui imposer un plan de bataille unitaire avec les Gilets jaunes. C'est ce que font certaines Unions Départementales de la CGT qui appellent à manifester aux cotés des Gilets jaunes. C'est le cas de la CGT du Cher, de Paris, de la Charente-maritime, du Loiret, du Doubs, de Montbéliard  etc (4). « Nous ne voulons cependant en aucun cas récupérer le mouvement. Nous sommes simplement reconnaissants envers les gilets jaunes, qui sont parvenus à éveiller et mobiliser une partie de la population, et nous voulons construire un rapport de confiance» disait Jean-Philippe Gadier, de la FSU 31 qui exprime à son tour «la volonté d’une convergence entre syndicats et le mouvement des gilets jaunes» (5).

Les initiatives à la base se multiplient et le boycott du « grand débat national» se généralise. Il faut partout amplifier ces initiatives unitaires. Le combat contre la bourgeoisie doit être mené partout, dans la rue, sur les ronds-points, dans les usines et sur tous les lieux de travail. La situation politique n'a jamais été aussi propice pour mener une offensive unitaire d'envergure contre la classe des exploiteurs.

 

Les forces de gauche qui se réclament de la classe ouvrière ainsi que leurs militants doivent toujours avoir présent à l'esprit, comme disait Lénine, l'exemple du «tribun populaire sachant réagir contre toute manifestation d'arbitraire et d'oppression, où qu'elle se produise, quelle que soit la classe ou la couche sociale qui ait à en souffrir, sachant coordonner tous ces faits en un tableau d'ensemble de la violence policière et de l'exploitation capitaliste, sachant profiter de la moindre occasion pour exposer devant tous ses convictions socialistes et ses revendications démocratiques, pour expliquer à tous et à chacun la valeur universelle de la lutte émancipatrice du prolétariat». (6)

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://solidaires.org/Manifester-en-masse-pour-faire-ceder-le-gouvernement(1)

(2)https://www.force-ouvriere.fr/IMG/pdf/cp_-_force_ouvriere_-_declaration_des_os_6_decembre_2018_.pdf

(3)http://www.belaali.com/2018/12/la-guerre-contre-le-peuple.html

(4)http://www.ud18.cgt.fr/

(5)  https://actu.fr/occitanie/toulouse_31555/toulouse-syndicats-appellent-manifester-gilets-jaunes-samedi-lors-venue-macron_20781738.html

(6)V.Lénine, « Que faire». Editions sociales, éditions du progrès, page 135.

 

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 20:14

 

Bonne année à tous les gilets jaunes, femmes, hommes et enfants.

Poursuivons le combat contre les injustices, le mépris et les humiliations.

«Ils étaient grands parce que nous étions à genoux».

Maintenant que nous avons relevé la tête, ils nous paraissent moins grands, ils ont même peur et nous livrent une véritable guerre.

Ce sont des oppresseurs et nous sommes les opprimés.

Mais nous sommes l'avenir et ils sont le passé.

 

Mohamed Belaali

 

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9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 17:34

Blindés, canons à eau, police montée, voltigeurs, CRS en surnombre et surarmés, arrestations arbitraires, préventives et humiliantes (1), des blessés et des gardés à vue par centaines, des visages défigurés, des bras arrachés, violation du droit de circuler et de manifester, les leaders du Mouvement persécutés, stations de métro fermées, lynchage médiatique etc. etc. (2) : voilà un aperçu très rapide des moyens déployés par la classe dirigeante lorsque le peuple ose relever la tête. Si le combat des Gilets jaunes perdure et devient une lutte politique de classe contre classe, la bourgeoisie n'hésitera pas à faire appel à l'armée. Toute son histoire n'est que haine et violence envers le peuple et plus particulièrement envers les travailleurs (1831, 1934, 1848, 1871, 1906 etc.etc.). Les morts de ces révoltes hantent toujours la bourgeoisie française. Et comme disait Jules Guesde «Notre bourgeoisie est la plus dure et la plus impitoyable de toutes les bourgeoisies» (3).

La classe au pouvoir n'a absolument rien à offrir aux plus démunis à part le mépris, les mensonges, les illusions, les promesses et surtout la répression féroce en cas de révolte et de résistance. Comment peut-on qualifier alors un régime qui méprise son peuple et humilie sa jeunesse ?

Macron et son gouvernement n'ont pas encore compris qu'il s'agit d'un large mouvement populaire avec toutes ses contradictions, ses faiblesses mais aussi avec toute sa grandeur. Il ne s'agit pas de manifestations habituelles pour satisfaire telles ou telles revendications corporatistes, mais d'une révolte et d'un soulèvement populaire contre les injustices économiques et sociales. Le Mouvement des Gilets jaunes, s' il met en exergue des revendications économiques, il est aussi et en même temps, à l'instar des peuples arabes du Maroc au Yémen en 2011, une révolte contre la « Hogra », ce mépris profond des classes dirigeantes.

 

La guerre ouverte et sans répit que mène aujourd'hui Macron, comme hier Sarkozy et Hollande, contre l'immense majorité de la population a au moins le mérite de démystifier l’État, la démocratie, la liberté de la presse, la séparation des pouvoirs, les droits de l’homme et bien d’autres concepts de l’idéologie bourgeoise dont la fonction principale est de masquer la violence des rapports sociaux de domination.

 

Dès que les opprimés contestent un tant soit peu l'ordre établi, la classe au pouvoir montre son vrai visage «ce visage hideux qu'elle dissimulait pendant les périodes « paisibles », son discours sur le droit de grève, de manifestation, de libre circulation etc. n'est qu’hypocrisie et mensonge. Macron et son gouvernement n’hésiteront pas à exercer la répression la plus féroce pour briser le Mouvement. Ils (les Gilets jaunes) prendront peut-être conscience que plus la lutte dure dans le temps et se transforme en combat politique, plus la classe au pouvoir devient brutale, arrogante et odieuse» (4). Ainsi une petite minorité mais possédant tous les pouvoirs, notamment l'appareil étatique et médiatique, impose par la force à la grande majorité de la population sa propre volonté.

 

La bourgeoisie qui crée les conditions matérielles et symboliques de la révolte et de la résistance, utilise en même temps la répression et la violence contre les révoltés et les résistants. La brutalité économique exercée par la classe dirigeante sur une grande partie de la population reste anonyme, muette, silencieuse et invisible. La misère et les souffrances du peuple sont niées et occultées. Jean Jaurès disait : «(...) tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité» (5).

 

L'ordre bourgeois doit, vaille que vaille, régner. Le pouvoir patronal doit rester sans partage. Malheur à ceux et celles qui crient à l'injustice, à l'exploitation, aux humiliations etc. A La moindre révolte, la démocratie bourgeoise devient ce qu'elle est réellement, une dictature, celle du capital. Et comme disait Marx : «  Pour qu'une classe soit par excellence la classe de l'émancipation, il faut inversement qu'une autre classe soit ouvertement la classe de l'asservissement» (6).

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.youtube.com/watch?v=mehkGLrpER8

(2)https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Un-dispositif-de-grande-envergure-pour-les-manifestations-du-8-decembre

(3) Cité par Tariq Ali dans Les dilemmes de Lénine, page 167.

(4)http://www.belaali.com/2018/11/gilets-jaunes-transformer-la-contestation-spontanee-en-lutte-consciente.html

(5)Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906

https://www.humanite.fr/air-france-jean-jaures-le-patronat-na-pas-besoin-lui-pour-exercer-une-action-violente-de-gestes

(6)https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm

 

 

 

 

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5 décembre 2018 3 05 /12 /décembre /2018 11:57

Lorsque le conflit prend de l'ampleur et s'aiguise, les classes dirigeantes tentent par tous les moyens d'étouffer la voix du peuple. Plus la bourgeoisie s’empêtre dans ses propres contradictions et s’enfonce dans la crise, plus la propagande devient intense, violente et cynique.

Et lorsque les médias bourgeois évoquent le peuple et parlent à sa place, c'est pour le stigmatiser, le mépriser et surtout pour mieux occulter ses souffrances, ses luttes et ses espoirs.

Face à cette domination médiatique, le peuple, pour se défendre, s'exprime comme il peut, là où il peut avec les moyens qui lui sont propres. Les citoyens s'emparent alors de cette parole qui leur a été confisquée et refusée par le pouvoir et ses médias. Il s'agit d'une parole qui échappe au contrôle, une parole libre et porteuse d'espoir : la parole du peuple contre la parole officielle et médiatique.

 

Avec leur imagination et leur intuition, les opprimés brandissent à la face des oppresseurs des formules linguistiques simples, frappantes et parfois poétiques. Ces phrases lapidaires et anonymes ont parfois une portée incitative puissante. Elles sont de surcroît facile à mémoriser :

 

«Macron démission»

«Macron, robin des rois»

«BFM Macron»

«WC-News»

«La rue on la traverse pas, on la prend»

«La rue est à nous»

«La rue était noire de jaune»

«Débranche ta télé et enfile ton gilet»

«Macron, tu fais faner les fleurs»

«ils éborgnent ceux qui ouvrent les yeux»

 

Les slogans constituent à la fois un moyen d'expression et un mode d'action à la portée de tous les citoyens. Écrits à la hâte sur des pancartes en carton, tagués sur les panneaux publicitaires et sur les murs ou tout simplement portés sur les gilets, les slogans attirent l'attention. En plus de leur simplicité, ils ont une grande force de propagation ce qui leur permet de se glisser dans les médias dominants échappant ainsi à la censure. Ces slogans expriment la colère d'un peuple méprisé et humilié par un pouvoir tout puissant et arrogant :

 

«Gilets jaunes, colère noire»

«On est plus chauds que les lacrymos»

«Le tabac tue, la Bac aussi !»

«Regarde ta Rolex c'est l'heure de la révolte»

«Un peuple debout ne rompt point»

«On va toujours trop loin pour ceux qui vont nulle part.»

«Ils veulent nous enterrer. Mais ils ne savent pas que nous sommes des graines»

«Macron nous pisse dessus...Les médias nous disent qu'il pleut»

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque Macron explique au peuple, qui ne comprend pas toujours la subtilité de sa politique, que la prospérité passe nécessairement par l'enrichissement des riches et que les pauvres et même les classes moyennes doivent encore et toujours fournir des efforts, les Gilets jaunes lui répondent :

 

«Petit monarque Macro dessert l’étau on étouffe»

«Macron, rends-nous notre pognon »

«J'accuse ce système qui engraisse les riches et affame les pauvres».

 

L' opulence qui jaillira un jour des fontaines des premiers de cordée, le peuple l'attend toujours :

 

«Manu c'est à partir de quand que ça ruisselle ?»

 

Quant à l'écologie, Macron prétend s'occuper de «la fin du monde et de la fin du mois» à travers le « Haut conseil pour le climat», le moratoire, d'interminables concertations et de commissions etc. :

 

«Manu tu pollues notre quotidien »

 

Pour l'instant la classe dominante ne recule devant rien pour défendre ses intérêts et pour écraser le Mouvement. Elle fait feu de tout bois. Président de la République, Gouvernement, députés, sénateurs, intellectuels, journalistes, experts en tout genre , CRS, tribunaux... sont mobilisés pour venir à bout de ce mouvement populaire. Mais les Gilets jaunes tiennent bon :

 

«On est là, on est là

ça vous plaît peut être pas, mais on est là

contre tout votre sale business

pour le partage des richesses

ça vous plaît peut être pas, mais on est là»

 

«Les Gilets jaunes triompheront»

 

 

Mohamed Belaali

 

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 15:58

Le mouvement qui se déroule sous nos yeux en ce moment communément appelé Gilets jaunes ne cesse de prendre de l'ampleur et montre clairement combien les citoyens, notamment les plus démunis d'entre-eux, souffrent de la politique de classe menée par Macron et son gouvernement. Cette contestation populaire est le fruit d'une politique injuste, humiliante et de souffrances accumulées et refoulées.

Le développement de ce mouvement dans toute la France voire même au-delà (1), exprime le ras le bol général d'une grande majorité de la population face à la classe au pouvoir. Le soutien massif dont il bénéficie atteste de la profondeur de ce Mouvement. Il fédère en son sein les mécontents de tout bord. C'est inévitable dans un mouvement aussi large. Comme disait Lénine parlant de l'action de masse «des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs (…), sans cette participation, la lutte de masse n'est pas possible» (2).

 

Mais malgré sa popularité, ce Mouvement constitue plus un cri de colère, de désespoir, un mouvement spontané qu'une lutte consciente, organisée, avec des revendications précises. Le Mouvement, tout du moins dans sa phase actuelle, ressemble davantage à une contestation spontanée qu'à un mouvement conscient et dirigé. Tous ceux et celles qui s'autorisent à parler au nom de ce Mouvement populaire ne font partie d'aucune organisation politique ou syndicale. Certains d'entre-eux affichent même du mépris, amplifié par les médias bourgeois, pour les syndicats et les partis politiques. D'autres manifestants se déclarent apolitiques et avouent manifester pour la première fois dans leur vie.

 

Pour l'instant le Mouvement ne met en exergue que des revendications économiques (taxe sur le carburant, pouvoir d'achat, vie chère...). Les revendications politiques sont quasiment absentes. Si les revendications économiques sont justes et légitimes et il faut se battre pour les réaliser, le Mouvement ne doit pas oublier qu'il lutte contre les effets et non contre les causes de ces effets. La lutte pour des revendications immédiates, qui reste indispensable, ne supprime pas pour autant les racines qui engendrent cette situation désastreuse dans laquelle se trouve une partie de plus en plus importante de la population. Les Gilet jaunes doivent se battre contre le pouvoir politique source de leurs malheurs. Ils ne doivent pas se limiter à des revendications économiques qui même satisfaites ne suppriment absolument pas les conditions dans lesquelles les injustices de classe se reproduisent. Car derrière cette dégradation générale que subissent les classes populaires, se cache la classe des oppresseurs dont Macron n'est qu'un serviteur zélé.

Si le conflit s'aiguise, les Gilets jaunes vont voir le véritable visage de la classe dominante, ce visage hideux qu'elle dissimulait pendant les périodes « paisibles ». Ils découvriront alors que son discours sur le droit de grève, de manifestation, de libre circulation etc. n'est qu’hypocrisie et mensonge. Macron et son gouvernement n’hésiteront pas à exercer la répression la plus féroce pour briser le Mouvement. Ils prendront peut-être conscience que plus la lutte dure dans le temps et se transforme en combat politique, plus la classe au pouvoir devient brutale, arrogante et odieuse.

 

Malgré cette spontanéité et les revendications immédiates qu'ils portent, les Gilets jaunes sentent déjà la nécessité de mener une action d'envergure, une résistance collective. Ils leur manque une organisation consciente et déterminée ; une organisation capable d'unir un mouvement sans unité, de le guider pour mener un combat politique de classe contre classe. Car livré à lui-même, le Mouvement ne peut dépasser le cadre étroit des revendications économiques. Malheureusement dans le contexte politique actuel, cette organisation n'existe pas. Il faut être réaliste et faire avec ce qui existe. Alors toutes les forces qui se réclament de la classe ouvrière, tous les progressistes, tous les citoyens appauvris, méprisés et humiliés, soyons donc tous avec le Mouvement des gilets jaunes contre ce Président arrogant et la classe qui est derrière lui.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.nouvelobs.com/societe/20181122.OBS5881/belgique-espagne-les-gilets-jaunes-suscitent-des-remous-dans-plusieurs-pays-frontaliers.html

 

(2)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/07/19160700k.htm

 

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 09:19

 

Macron est fatigué. Il a trop servi les riches. Il avait besoin de se reposer et de reprendre des forces. Le Président a fait le pont de la Toussaint «comme des millions de Français» nous disent les médias et le porte-parole du gouvernement (1). Après tout, Macron est un citoyen comme les autres, à ce petit détail près : pour se détendre, afin de mieux servir encore et toujours les puissants, il a choisi une demeure très luxueuse du XVIIème siècle classée Relais & Château. Le couple Macron n'était évidement pas seul à occuper cette bâtisse bourgeoise. Il y avait aussi sa petite suite (gardes du corps, chargés de presse...). L'année précédente, pour fêter ses quarante ans, Macron avait choisi le château de Chambord, symbole du despotisme et de la puissance royale. Il avait même rencontré les présidents des fédérations de chasse. Macron avait déclaré alors qu'il était favorable à la réouverture des « chasses présidentielles », celles de Francois1er (2). Il s'agit d' une pratique cruelle et d'une survivance monarchique.

On va taire par pudeur ce «pognon de dingue» payé par les contribuables pour satisfaire les caprices de Brigitte macron. Cette folie quasi dynastique des Macron n'a d'égale que le mépris ostentatoire qu'ils affichent pour les classes populaires. Car au moment où l’on exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, Macron n’hésite pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Il aime l’argent, le luxe, l’apparat, le cérémonial... Son arrogance, son sentiment de puissance et sa fascination pour les riches l'aveuglent au point qu'il ne voit les plus démunis, «les gens qui ne sont rien», que comme des êtres sans dignité, déshumanisés. Marx dans une lettre à Ruge, écrivait «La seule idée du despotisme, c'est le mépris de l'homme, l'homme vidé de son humanité, et cette idée a sur beaucoup d'autres l'avantage de correspondre en même temps à un état de fait» (3).

Macron explique aux masses populaires, qui ne comprennent pas toujours, les subtilités et les vertus de sa politique. La prospérité, explique-t-il, passe nécessairement par l'enrichissement des riches. C'est très simple et de surcroît il n' y a aucune autre alternative. C'est une loi naturelle comme la fougère qui pousse dans les bois. Les pauvres et même les classes moyennes doivent encore et toujours fournir des efforts. Car les milliardaires sont insatiables. Ils se nourrissent, à l’instar des vampires, du sang du peuple. Plus ils en pompent, et mieux ils se portent !

Mais cette prospérité tant promise, les classes populaires l'attendent toujours. Et en attendant cette opulence qui viendrait un jour de la générosité des « premiers de cordée», les citoyens doivent subir les conséquences d'une dégradation sociale généralisée. Et l'avenir reste sombre. Macron et ceux qui l'ont hissé à la tête de l’État ne voient dans les masses populaires notamment les travailleurs qu'une masse infâme qui n’existe que pour produire sans trêve, quand ils en ont besoin, du profit.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)http://www.rfi.fr/france/20181030-france-emmanuel-macron-elysee-11-novembre-repos

(2)https://www.20minutes.fr/politique/2220187-20180214-pourquoi-emmanuel-macron-fait-cour-chasseurs

(3)1843. Annales, 1844. MEW, I, page 339, cité dans « K Marx, sociologie critique » M Rubel, page 87.

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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 16:10

 

Depuis son élection en mai 2017, Macron ne cesse de démanteler l'ensemble des services publics. Il s'agit de « la destruction d’une civilisation, associée à l’existence du service public, celle de l’égalité républicaine des droits, droits à l’éducation, à la santé, à la culture, à la recherche, à l’art, et, par-dessus tout, au travail» comme le disait Pierre Bourdieu (1). Macron et son gouvernement sont déterminés à casser le service public français (Éducation Nationale, Santé, Transport, la Poste etc.) fruit de hautes luttes menées par des générations successives depuis des siècles. Car cette notion basée sur l'intérêt général a une longue histoire. Déjà elle existait sous l'Ancien Régime sous le nom de «bien commun». La Révolution parlait de «l'utilité commune » comme le proclamait l'article premier de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 «Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l'utilité commune» (2). Mais le poids de l'histoire ne pèse pas lourd face à l'avidité de la bourgeoisie d'aujourd'hui dont Macron n'est qu'un simple serviteur.

 

Pour Macron, l'intérêt général doit s'effacer pour laisser place à l'intérêt privé, c'est-à-dire celui des riches. Le service public comme son nom l'indique est au service du public notamment des plus démunis. Les principes d'égalité, de continuité, d'adaptabilité etc. qui caractérisent le service public sont en contradiction flagrante avec l'intérêt privé qui ne vise, en dernière analyse, que l'enrichissement d'une partie minoritaire de la population.

 

Cet acharnement à vouloir démanteler le service public s'inscrit dans un cadre plus large, celui de l'Union européenne. Celle-ci ne parle plus du service public, mais du Service d’Intérêt Économique Général (SIEG) ou tout simplement du Service d'Intérêt Général (SIG) dont les principes sont essentiellement économiques et financiers : concurrence libre et non faussée, déficit public etc. Dans la conception communautaire l'intérêt général se réduit à la somme des intérêts individuels et le citoyen est réduit au simple consommateur (3).

 

S'appuyant sur l'appareil étatique et médiatique, Macron procède à un démembrement en règle de la fonction publique. Il y a « trop de fonctionnaires » (comme il y a trop d'immigrés), ce sont des « nantis » avec leurs privilèges, leurs vacances, leurs sécurité d'emplois... répètent inlassablement les médias aux ordres. Il faut donc supprimer le plus de postes possibles de fonctionnaires qui coûtent cher à l’État pour les remplacer par des contractuels (droit privé) c'est-à-dire par des agents précaires avec des salaires de misère. C'est exactement ce que prévoit la nouvelle « réforme » de l’État. Édouard Philippe, le premier ministre, compte ainsi supprimer 50 000 postes dans la fonction publique d’État d'ici 2022. Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des comptes publics parle quant à lui d'une « généralisation du recours aux contractuels dans la future réforme» (4). Le Gouvernement prévoit même de licencier les fonctionnaires qui perdent leur poste et seront alors pris en charge par l'assurance-chômage ! Il annonce également un plan de départs volontaires massifs pour les fonctionnaires, des rémunérations dites « au mérite », des «indicateurs de résultat et de qualité» etc. Le plan de départ devrait être accompagné de « reconversions », ou de départs «vers le secteur privé ».

 

Après la destruction du statut des cheminots, Macron s'attaque à celui de tous les fonctionnaires. Rappelons que ce statut comporte un certain nombre de garanties en matière d'emploi, de rémunération, de droit syndical, de sécurité sociale, de liberté d'opinion, de formation permanente...

C'est justement cet immense progrès social (5) que la bourgeoisie ne peut supporter. Il faut donc éliminer ces garanties et les remplacer par la précarité, exposant ainsi le salarié aux aléas du marché du travail et à l'insécurité sociale permanente. Quelle régression !

 

Cette terrible régression sociale, qui sera bientôt suivie par la casse du système des retraites, est présentée par la classe dominante, à travers ses médias notamment, comme une avancée, comme un progrès ! C'est normal dans une société fondée sur la lutte des classes. La mission de Macron et de son gouvernement est de servir encore et toujours les puissants. Pour les plus démunis, pour les travailleurs, ils n'ont absolument rien à offrir à part les mensonges, les promesses, les illusions et la répression en cas de résistance et de révolte.  Il est grand temps que les travailleurs et les progressistes de ce pays redressent la tête, démasquent et dénoncent partout où ils le peuvent les mensonges et la propagande de la classe dominante. Ils doivent se dresser, unis et déterminés, contre leurs ennemis de classes, la bourgeoisie et ses serviteurs zélés Macron et son gouvernement.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)Pierre Bourdieu « Contre-feux », Liber, Raisons d'agir p 30.

(2) https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/declaration-des-droits-de-l-homme-et-du-citoyen-de-1789

(3) voir sur ce point https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01615956/document

(4)https://www.capital.fr/economie-politique/philippe-presente-lundi-la-suite-de-la-reforme-transversale-de-letat-1313255

(5) voir l'article d'Anicet Le Pors, ancien ministre de la fonction publique et des réformes administratives, conseiller d’État honoraire https://www.monde-diplomatique.fr/2018/04/LE_PORS/58573

 

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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 17:42

La bourgeoisie française est l'une des plus féroces au monde. Jules Guesde disait en 1889 déjà que «Notre bourgeoisie est la plus dure et la plus impitoyable de toutes les bourgeoisies» (1). Aujourd'hui encore la répression qu'elle exerce sur la classe ouvrière et même sur tout mouvement progressiste est toujours aussi brutale. Cette situation, dangereuse pour les travailleurs et pour tous les exploités, est le fruit des circonstances et des rapports sociaux engendrés par la lutte des classes aujourd’hui en France. Macron profite de ces circonstances pour servir les intérêts de ceux qui l'ont hissé à la tête de l’État et pour réprimer tous les mouvements qui lui résistent.

C'est dans ce cadre général qu'il faut situer la vague de perquisitions dont ont été victimes Jean-Luc Mélenchon, plusieurs de ses collaborateurs ou ex-collaborateurs, la France insoumise (FI) et le Parti de Gauche le 16 octobre 2018.

 

Précisons que ces perquisitions sont l'émanation du ministère de la justice donc du  gouvernement d'Edouard Philippe et du président Macron. Ces ordres sont exécutés par le parquet qui, rappelons-le, dépend directement de ce ministère. Le judiciaire est ainsi soumis à l'exécutif ! Le principe sacré de la séparation des pouvoirs cher à Montesquieu est une chimère. Elle n'a de sens que par rapport aux seuls intérêts de la classe dirigeante.

La société française s’enfonce lentement dans un régime qui n’a de démocratique que la forme, qui paupérise des franges de populations de plus en plus larges, étouffe petit à petit le peu de libertés qui restent encore aux citoyens et réprime toute velléité de résistance.

Macron et son gouvernement qui sont aux abois aujourd'hui ne supportent aucune critique ni aucune opposition qui va dans le sens des intérêts de l’immense majorité de la population. La répression qui s'abat sur la France insoumise et son leader Jean-Luc Mélenchon est la même que celle qui s'exerce sur les syndicats et les organisations politiques qui s'opposent à sa politique de classe. Il ne s'agit donc nullement d'une opération de « justice » mais bel et bien d'un acte politique. Ce n'est pas un hasard si le pouvoir politique mène des attaques violentes contre la France Insoumise. Celle-ci reste la première force de gauche en France aujourd'hui. Jean-Luc Mélenchon et son mouvement ont obtenu au premier tour des élections présidentielles de 2017 plus de 7 millions de voix (7 060 885), soit près de 20 % des suffrages exprimés (2).

Cette dynamique créée par la France insoumise présente un certain danger pour la bourgeoisie qui ne supporte ni ne tolère la moindre opposition progressiste et décide à y mettre le holà. La répression qui s'abat sur ce mouvement est aussi un avertissement adressé à toutes les organisations qui cherchent à contrer cette politique exclusivement consacrée au service des plus riches. La casse du service public, du statut des cheminots, des fonctionnaires, les privatisations à répétition, le démantèlement du code du travail, du système de retraite... montrent à quel point ce régime autoritaire méprise les classes populaires, « les gens de rien » comme il aime à dire. Macron est décidément le président des riches.

Dans la France d'aujourd'hui, Mélenchon est devenu l'homme à abattre. Le pouvoir fascisant de Macron mobilise contre lui tout son appareil répressif et médiatique.Tous les médias au service de l'ordre établi participent lâchement au lynchage de la France insoumise et de son président. Dans les médias bourgeois, y compris ceux qui prétendent être de gauche, l'hystérie est à son paroxysme. L'hypocrisie, l'opportunisme et le cynisme ont rarement atteint une telle intensité. C'est normal dans une société fondée sur la lutte des classes.

Il faut une grande dose de naïveté pour croire aux valeurs véhiculées par l'idéologie bourgeoise comme l’État de droit, la séparation des pouvoirs, la liberté d'expression, l'égalité entre citoyens etc. etc. Dans la société capitaliste, la bourgeoisie c'est à dire la classe sociale qui vit du travail des autres, possède non seulement les moyens de production mais aussi tous les instruments de coercition qui lui permettent de garder le pouvoir et de soumettre à sa domination toutes les autres classes. Évidemment, la société bourgeoise nie être une société de classe et répand à travers ses médias notamment ses valeurs de justice pour tous, de liberté pour tous etc., pour tromper les masses opprimées et exploitées.

Mélenchon n'est pas un marxiste, loin s'en faut, et pourtant il subit aujourd'hui les foudres de cette bourgeoisie l'une des plus brutales comme disait Jules Guesde. Car en période de crise, cette classe montre son visage hideux et réprime la moindre contestation, la moindre résistance à sa sa politique (3).

On peut critiquer M. Mélenchon et son mouvement sur sa vision de la société, son programme et sur tout ce que l'on voudra, mais ce n'est vraiment pas le moment. Le rapport de force aujourd'hui est du côté du capital. Il faut non seulement dénoncer partout cette odieuse agression contre la France insoumise et son leader, mais aussi se battre, dans la phase actuelle, avec toutes les forces de gauche, en dehors de la social-démocratie, qui œuvrent un tant soit peu à l'émancipation des masses populaires.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)Cité par Tariq Ali dans Les dilemmes de Lénine, page 167

(2)https://www.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-elections/Election-presidentielle-2017/Election-presidentielle-2017-resultats-globaux-du-premier-tour

(3)http://www.belaali.com/2018/10/le-visage-hideux-de-la-bourgeoisie-en-temps-de-crise-acte-ii.html

 

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9 octobre 2018 2 09 /10 /octobre /2018 17:05

 

Donald Trump,Viktor Orban, Matteo Salvini, Heinz-Christian Strache... ne sont que les visages hideux de la bourgeoisie en temps de crise. Tant que le capitalisme n'a pas été détruit, il continuera à produire des monstres comme il l'a prouvé à travers son histoire. Car ce système se caractérise par sa grande capacité à surmonter ses contradictions. Mais de crise en crise, il devient un immense obstacle au développement de la production et menace l’existence même de la société bourgeoise. L’unité et la lutte de tous les prolétaires, de tous les exploités et de tous les opprimés restent vitales pour hâter la disparition d’un système ennemi de l’homme et de la nature.

 

Chaque crise économique engendre son propre pouvoir politique, un pouvoir capable de s'adapter, d'une manière ou d'une autre, à la nouvelle situation. La crise doit, coûte que coûte, être surmontée. Nationalisme, fascisme, nazisme, franquisme, extrême droite, néofascisme …, toutes ces formes politiques de la domination bourgeoise ne remplacent évidemment pas le capitalisme et ne cherchent nullement à le dépasser. Bien au contraire, elles cherchent à le sauver et à le renforcer. Leur mission essentielle est de maintenir, vaille que vaille, l'accumulation du capital et d'assurer la concentration des richesses entre les mêmes mains. Elles ne sont, en dernière analyse, que des régimes brutaux derrière lesquels se cachent les intérêts de la classe dominante.

 

La loi économique fondamentale du capitalisme reste la réalisation du profit. Tant que cette règle est respectée, la démocratie bourgeoise continue à fonctionner sans trop d'entraves. Les esclaves modernes que sont les travailleurs voient même leur sort s'améliorer. Mais dès que la crise du système s'installe, c'est à dire lorsque le taux de profit diminue, la bourgeoisie sort ses griffes et revient sur tout ce qui lui a été arraché de haute lutte par les travailleurs en particulier et les salariés en général : code du travail, indemnités chômage, retraite, aides sociales, services publics, réduction du temps de travail, nationalisations etc.etc.

 

Pour imposer sa politique en temps de crise, la bourgeoisie a besoin non seulement de gouvernements autoritaires, mais aussi de tromper les masses populaires pour obtenir leur passivité et si possible leur complicité. La classe dirigeante utilisera tous les moyens dont elle dispose et notamment les médias pour détourner les travailleurs du véritable combat, celui de classe contre classe, du travail contre le capital, des opprimés contre les oppresseurs.

 

Des pays comme les États-Unis, l'Italie, l'Autriche, la Hongrie, la Pologne... sont aujourd'hui dirigés par des gouvernements ou des coalitions de gouvernements réactionnaires et anti-ouvriers. Ils cherchent à remplacer la lutte des classes par la collaboration de classes. En France, le Front National (aujourd'hui Rassemblement National) fait partie intégrante du paysage politique. Il a obtenu au deuxième tour des élections présidentielles de 2017 près de 34 % des suffrages exprimés et 22,36 % des inscrits (1). Ses idées sont banalisées et intériorisées grâce au matraquage des grands médias derrière lesquels se cache la classe dominante. La social-démocratie et tous les partis de droite ne font que calquer plus ou moins habilement le discours lepéniste. L'hydre Front National est présenté par les médias comme un parti normal, un parti, somme toute, comme tous les autres. Son nationalisme xénophobe et antisémite est édulcoré et banalisé : le musulman remplace le juif, «la race germanique» devient «français de souche», «La grande Allemagne», c'est «la grandeur de la France» et la République a pris la place du «Reich» (1). Les mots utilisés par le père comme «l'immigration massive et sauvage» ou «les chambres à gaz ne sont qu'un détail de l'histoire» sont adoucis. Marine, sa fille, parle plutôt de communautarisme, de laïcité, de terrorisme islamique etc. (2)

 

Emmanuel Macron au bout d'une année seulement de règne a réussi à instaurer un régime autoritaire en utilisant l’État et son appareil idéologique et répressif pour consolider et perpétuer les privilèges des plus riches. Son suprême mépris pour les classes populaires, « ceux qui ne sont rien, les fainéants, les illettrés ... »  n'est plus à démontrer (3).

Il ne supporte aucune critique ni aucune opposition qui va dans le sens des intérêts de l'immense majorité de la population. C'est lui qui disait aux retraités dont le pouvoir d'achat ne cesse de diminuer qu'ils n'avaient pas le droit de se plaindre (4).

Les syndicats ne sont jamais écoutés. Ils sont réprimés, méprisés et humiliés. Les corps intermédiaires et les contre-pouvoirs sont marginalisés. L'état d'urgence est inscrit dans la loi; il devient ipso facto permanent. « si ce projet de loi est adopté, et que l’extrême droite arrive un jour au pouvoir, la France sera dans une situation extrêmement difficile en matière de libertés» (5).

Le projet de loi a bel et bien été adopté sans grande résistance (6).

Cet état d'urgence permanent vise essentiellement à vider de leur contenu les droits fondamentaux chèrement acquis par les travailleurs comme le droit de grève et de manifestation.

Les brutalités policières continuent à se développer et à se perpétuer. Les victimes de ces violences sont trop nombreuses pour pouvoir dresser ici une quelconque liste. La police n’est qu’un instrument parmi tant d’autres que la bourgeoisie utilise pour asseoir sa domination de classe. L’ordre bourgeois, défendu par les forces de l’ordre, a constamment besoin de cette violence pour se maintenir.

Les relations de Macron et de ses prédécesseurs avec des barbouzes, des nervis et autres voyous de la police montrent combien le crime et la violence sont au cœur de la République bourgeoise (7). A quand les milices privées armées dans les rues de France ?

Les institutions bourgeoises, aux prérogatives déjà limitées, sont rabaissées au rang de simples instances aux ordres du Président. Macron, en tant que pouvoir exécutif devenu relativement indépendant, légifère par ordonnances et décrets, réduit le nombre de députés et limite le droit d'amendement. Sa domination sur le législatif est totale. «Le seul responsable, c'est moi et moi seul. Qu'ils viennent me chercher» disait Macron avec beaucoup d'arrogance dans « l'affaire Benalla » ! Effectivement personne n'est venu le chercher (8). Et qui peut le faire dans une République corrompue jusqu'à la moelle épinière et où le président a quasiment tous les pouvoirs ? Certainement pas les parlementaires, majoritaires, aux ordres du Président. Leurs commissions d'enquête et leurs motions de censure n'étaient qu'un baroud d'honneur et une comédie jouée par des mauvais acteurs.

 

Macron, Le Pen, malgré leurs différences au niveau des discours et des mots d'ordre, sont deux têtes du même monstre, le capitalisme. L'un gère aujourd'hui d'une manière autoritaire les affaires des riches, l'autre aspire, avec le développement et la persistance de la crise économique, à le remplacer pour servir les intérêts de la même classe. L'un comme l'autre sont imposés par la dictature du capital. Ils sont donc les ennemis de la classe ouvrière et du progrès.

 

Mais la classe dominante ne se contente pas seulement de hisser à la tête de l’État des gouvernements autoritaires et fascisants ; elle a besoin également d'instrumentaliser les masses populaires pour obtenir leur passivité voire leur complicité en fabriquant des ennemis qu'elle présente comme responsables de tous les malheurs. La bourgeoisie a besoin de cette « adhésion » des masses en période de crise pour assurer ses intérêts. Il faut donc construire cet ennemi à force de propagande et d'images pour cimenter une communauté traumatisée par les différents plans d'austérité et dégoûtée par le comportement d’une classe politique corrompue et totalement soumise aux intérêts d’une minorité de très riches. Il faut lui trouver des boucs émissaires capables de la détourner du combat politique de classe contre classe. L'invention des boucs émissaires permet également de décharger la colère populaire sur les victimes de la crise tout en évitant ses véritables responsables.

La bourgeoisie va alors montrer du doigt et désigner les réfugiés, les sans-papiers, les musulmans, les Noirs etc., dont elle n'a plus besoin de leur force de travail, comme responsables de toutes les conséquences de la crise. Ces cibles ainsi désignées, représentent pour une partie des classes populaires, élevée dans la haine de « l’Autre » par l’idéologie dominante, une concurrence insupportable sur le marché du travail. En période de crise, les travailleurs étrangers, ou supposés comme tels, sont présentés comme les responsables du chômage de masse qui ronge l’ensemble des salariés. Le chômage n’est jamais présenté comme le produit le plus authentique du capitalisme et de son système d’esclavage moderne qui lui est associé, le salariat, mais comme le refus des salariés de préférence étrangers de travailler aux conditions du marché. Belle manière pour masquer la responsabilité des patrons dans la situation dramatique des chômeurs !

 

Contre ces victimes, la bourgeoisie mobilise, entre autres, son arsenal juridique, ses médias et sa police.

 

Une quantité phénoménale de textes législatifs et réglementaires encadre aujourd'hui le droit des migrants. Tous les gouvernements s'acharnent à adopter le plus de textes répressifs possibles contre les étrangers instituant ainsi «l'insécurité juridique comme un instrument de la politique migratoire en organisant un droit d’exclusion» (9).

 

La violence médiatique contre ces boucs émissaires se traduit par un vocabulaire détestable voire bestial et des images chargées de stéréotypes attisant la haine entre les hommes pour mieux les diviser en jouant sur les préjugés nationaux, raciaux et religieux. L'instrumentalisation de l'image de l'«Autre », celle de l'étranger présenté comme un danger, comme un ennemi permet de renforcer le mythe de l'«identité nationale» et de souder ainsi les masses populaires derrière la bourgeoisie (10).

Les thèmes haineux d' «invasion », de « submersion », d'«islamisation de la société», du «grand remplacement» reviennent souvent dans le discours médiatique dressant ainsi l'opinion publique contre tout ce qui ressemble de près ou de loin aux migrants. Partout en Europe et aux États-Unis, les centres d’accueil des réfugiés sont attaqués et incendiés (11). Les migrants ou supposés comme tels sont insultés, humiliés, tabassés et parfois tués. En Italie, mais aussi un peu partout en Europe, la liste des agressions contre les migrants est trop longue (12).

Aux États-Unis, Donald Trump va jusqu'à dire des sans-papiers : «ce ne sont pas des hommes, ce sont des animaux» (13). Les enfants sont arrachés à leurs parents et placés dans des camps, c'est la politique de «la tolérance zéro» chère à l'administration américaine. Pour Tramp, les immigrés, avec ou sans papiers, et les musulmans constituent « les ennemis intérieurs » de l'Amérique et donc menacent la sécurité des États-unienne (14).

Les bateaux chargés d'exilés fuyant la misère, les persécutions et la guerre, conséquences d'un ordre économique en crise, sont indésirables dans la plupart des ports européens. L'Union européenne paie le régime marocain pour organiser, dans des conditions infra-humaines, le transfert massif de migrants subsahariens du nord vers le Sud pour les éloigner de la frontière espagnole (15). Le 25 septembre 2018, la marine marocaine a même ouvert le feu sur une embarcation de jeunes fuyant leur propre pays faisant un mort et quatre blessés graves (16).

Des murs, des barbelés et autres clôtures sont dressés contre les migrants aux Etats-Unis (un mur de 508 km en construction en plus des barrières de 655 km déjà en place) et dans plusieurs pays européens (France, Espagne, Autriche, Slovénie, Grèce, Bulgarie, Hongrie etc.) (17).

 

La bourgeoisie en crise criminalise également l'immigration et mobilise sa police pour traquer les migrants à Calais, à Paris ou encore dans la vallée de la Roya. En Hongrie, La chasse aux «clandestins» se fait à l'aide des «Chasseurs de frontière» qui sont «déployés le long de la clôture ultra-sécurisée, munie de caméras et de capteurs, qui sépare la Hongrie de la Serbie. Ils sont plus de 2 000 à s’être portés volontaires, animés par un fort sentiment nationaliste» (18).

L'Union Européenne s'est dotée d'une agence, Frontex, chargée de surveiller les frontières européennes extérieures : «Cette agence, dotée d’un arsenal quasi militaire, coordonne des opérations visant à renvoyer des ressortissants étrangers hors du territoire européen de l’UE» (19).

Signalons au passage que cette guerre livrée aux migrants est en même temps un business florissant

pour les entreprises privées spécialisées : «une kyrielle de sous-traitants privés qui ont tout intérêt à l’adoption des lois les plus sévères permettant les arrestations de masse, la détention de longue durée et les expulsions groupées» écrivait Claire Rodier membre du GISTI (20).

En fermant hermétiquement leurs frontières, les bourgeoisies européennes et américaines ont condamné à la mort des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants dans les eaux de la Méditerranée et le long de la frontière mexicaine. Ces milliers de morts invisibles que personne ne pleure constituent en même temps une négation absolue de la vie par ces pays arrogants et méprisants (21).

 

 

Aujourd'hui comme hier, la crise du capitalisme produit, toute proportion gardée, des régimes ouvertement autoritaires dont la mission véritable est de consolider l'économie capitaliste pour mieux servir les intérêts de la classe dominante, la bourgeoisie. L 'offensive de ces pouvoirs contre la classe ouvrière va se poursuivre et s'intensifier d'autant qu'aujourd'hui le rapport de force est du côté du capital. Les attaques contre les acquis des travailleurs, nationaux et immigrés, seront encore plus brutales et plus féroces. Car l'ennemi commun à tous ces régimes réactionnaires malgré leurs spécificités nationales reste la classe ouvrière. Les ouvriers, s'ils veulent affronter et vaincre ces gouvernements, n'ont d'autres choix que de commencer par surmonter leurs propres divisions et construire leur union avant d'envisager de s'allier avec d'autres couches de la société trompées par ces pouvoirs fascisants.

 

Mohamed Belaali

 

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(1) https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/Communiques/Resultats-globaux-du-second-tour-de-l-election-du-President-de-la-Republique-2017

(2)http://lmsi.net/Du-programme-electoral-du-parti

Voir également «Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste» de Cécile Alduy et Stéphane Wahnich.

(3)https://www.lci.fr/politique/video-faineants-gens-qui-ne-sont-rien-illettrees-quand-emmanuel-macron-est-accuse-de-faire-du-mepris-de-classe-2057406.html

(4)https://www.dailymotion.com/video/x6urgyh

(5)https://www.mediapart.fr/journal/france/050717/christine-lazerges-le-projet-de-loi-antiterroriste-est-une-grave-regression-de-l-etat-de-droit)

(6)https://www.gouvernement.fr/action/renforcer-la-securite-interieure-et-la-lutte-contre-le-terrorisme

(7) https://blogs.mediapart.fr/charles-tsimi/blog/210718/le-voyou-de-la-republique-benalla

(8)https://www.huffingtonpost.fr/2018/07/24/emmanuel-macron-sort-du-silence-sur-laffaire-alexandre-benalla-le-seul-responsable-cest-moi_a_23488750/?utm_hp_ref=fr-homepage

(9)http://www.reseau-terra.eu/article761.html

(10)https://journals.openedition.org/anatoli/471

(11)https://fr.sputniknews.com/international/201605141024996494-centres-accueil-incendie-allemagne/

(12)https://www.mediapart.fr/journal/international/090818/en-italie-la-liste-des-agressions-racistes-sallonge-jour-apres-jour

(13)http://www.rfi.fr/ameriques/20180517-etats-unis-trump-migrants-animaux-tolle-californie-sanctuaire

(14)https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/idees/enfants-separes-etats-unis-amerique-blanche-coute-que-coute-

(15)https://www.franceinter.fr/emissions/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-26-septembre-2018

(16)https://www.huffpostmaghreb.com/entry/amnesty-appelle-le-maroc-a-enqueter-sur-les-circonstances-de-la-mort-de-hayat_mg_5bb34869e4b0ba8bb210da2a

 

Voir également l'article de Washington Post :

https://www.washingtonpost.com/news/democracy-post/wp/2018/10/02/a-young-woman-embodied-moroccos-future-instead-she-was-shot-while-trying-to-emigrate/?noredirect=on&utm_term

(17)https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/en-images-des-murs-contre-les-migrants-partout-en-europe-y-compris-en-france_1730517.html

(18)http://www.rfi.fr/emission/20170512-hongrie-migrants-frontiere-chasseurs-traque-cloture

(19)http://www.frontexit.org/fr/docs/68-note-migreurop-frontex-fr-mars-2014/file

(20)https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/idees/traque-migrants-business-lucratif

(21)https://www.cairn.info/revue-rhizome-2017-2-page-16.htm

 

voir également : https://journals.openedition.org/conflits/12633

https://news.un.org/fr/story/2017/08/361952-le-nombre-de-migrants-decedes-en-franchissant-la-frontiere-entre-le-mexique-et

 

 

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19 septembre 2018 3 19 /09 /septembre /2018 11:17

 

 

Les pays capitalistes se déchaînent en ce moment contre le Venezuela et son peuple. Par contre, ils ne cessent de se prosterner devant l'un des pays les plus rétrogrades et les plus cruels au monde, l'Arabie Saoudite. Les États-Unis et l’Europe essentiellement, c’est-à -dire des pays impérialistes, mènent une intense et hystérique propagande contre le Venezuela, mais sont servilement soumis à la dynastie des Al Saoud. Les Etats-Unis et leurs supplétifs européens mènent une véritable guerre économique, financière et politique pour détruire le Venezuela comme ils ont déjà détruit l'Afghanistan, la Yougoslavie, l'Irak, la Libye et tentent encore aujourd'hui de détruire la Syrie.

 

L'Arabie Saoudite mène depuis mars 2015 une guerre contre le Yémen qui a fait déjà des milliers de morts principalement des civils et détruit une partie importante de l’héritage culturel et architectural yéménite qui est en même temps patrimoine mondial de l’humanité. Non seulement les pays impérialistes observent un silence complice sur les massacres perpétrés contre les civils innocents, mais soutiennent directement ou indirectement cette agression armée. Les crimes contre le peuple yéménite se font à huis clos. L’Arabie Saoudite utilise au Yémen des armes fabriquées et vendues par les États-Unis qui sont extrêmement dangereuses pour les civils et interdites par des traités internationaux (1). Rappelons aussi que la France est l’un des pays qui vend le plus d’armes à l’Arabie Saoudite (2).

 

Parallèlement, les pays impérialistes, les Etats-Unis en tête, déploient une intense propagande pour dresser l'opinion publique mondiale contre le peuple vénézuélien et son gouvernement légitime. La démocratie, la régularité des élections, la liberté d'expression etc . ne sont que de grossiers prétextes. Précisons tout de même qu'en Arabie Saoudite les manifestations sont strictement interdites comme d’ailleurs les partis politiques, les syndicats et les associations. Aucune critique du roi ni aucune opposition à son gouvernement n'est tolérée dans cette monarchie absolutiste choyée et protégée par les bourgeoisies occidentales. Toute protestation et toute critique sont condamnées et considérées par le pouvoir comme contraire à L’Islam. Comment peut-on exiger des élections libres et démocratiques au Venezuela et soutenir en même temps l'une des dictatures les plus féroces au monde ?

 

On accuse également le Venezuela de violation massive des droits de l'homme. Quelle hypocrisie !

Tous les peuples opprimés savent que l'histoire des pays impérialistes est chargée de violence extrême, de cruauté et des massacres à travers l'esclavage, le colonialisme et le néocolonialisme. Poussées par la recherche effrénée du profit, les bourgeoisies occidentales ont soumis et tentent toujours de soumettre tous les peuples de la planète à leur seul et unique intérêt.

Les pays impérialistes ont soutenu les dictateurs les plus féroces : Artur da Costa e Silva au Brésil, Augusto Pinochet au Chili, Juan Carlos Onganà­a et Videla en Argentine, le régime somoziste au Nicaragua, Maximiliano Hernández Martà­nez au Salvador, le régime de Fulgencio Batista à Cuba, de Marcos Pérez Jiménez au Venezuela, de Banzer en Bolivie, Soeharto en l’Indonésie, Marcos aux Philippines, Musharraf au Pakistan,  Hosni Moubarak et Al sissi en Egypte, Gnassingbé Eyadéma au Togo, Idriss Déby au Tchad, Denis Sassou N’Guesso au Congo, Paul Biya au Cameroun sans oublier les fidèles serviteurs de l’impérialisme français Omar et Ali Bongo au Gabon etc. etc.

Toutes ces dictatures ont été installées avec l’aide des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne en se rendant complice des coups d’État ou en validant des élections truquées. Ils leur apportent un soutien économique, financier et militaire décisif sans lequel ces régimes ne peuvent survivre.

Concernant les droits de l'homme et surtout de la femme en Arabie Saoudite, il suffit de lire les rapports internationaux notamment ceux d'Amnesty International par exemple (3) pour comprendre à quel point ce royaume d'un autre âge méprise la dignité humaine. Des châtiments cruels et inhumains sont régulièrement prononcés par les tribunaux saoudiens. Le nombre d’hommes et de femmes décapités dans ce pays ami des États-Unis et de l’Europe ne cesse d’augmenter (4).

Pourtant les pays occidentaux déroulent toujours le tapis rouge aux dirigeants saoudiens et se taisent lâchement sur les exactions et les violations des droits humains commises dans ce pays. Que ne feraient-ils pas pour plaire à la dynastie des Al Saoud ? La démocratie, les droits de l'homme, la liberté d'expression et tutti quanti ne pèsent pas lourd face aux ventes d'armements qui procurent des milliards et des milliards de pétrodollars aux patrons de l'industrie canonnière.

 

Donc ce n’est ni la démocratie, ni la liberté d'expression, ni la régularité des élections, ni les droits de l’homme qui motivent aujourd’hui cette hystérique propagande contre le Venezuela mais bel et bien la nature de son régime politique. L'impérialisme ne tolère aucune pensée progressiste qui va à l'encontre de ses intérêts, ni aucun régime réfractaire à l'hégémonie et à l'exploitation de l'occident capitaliste. L'impérialisme a toujours usé de sa puissance de feu pour soumettre les nations sans défense à ses propres intérêts économiques et stratégiques. Son mépris de la volonté des peuples à disposer d'eux-mêmes est totale. Il ne peut supporter que les peuples prennent en charge leur propre destin. Les cas de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Côte d'Ivoire, de la Libye, de la Syrie et du Venezuela sont des exemples de cette négation absolue de ce Droit à l'autodétermination reconnu pourtant universellement et constitue même l'un des fondements de la charte des Nations Unies (5). Mais pour l'impérialisme, le droit c'est le droit du plus fort !

 

Ainsi va le monde absurde et barbare de la bourgeoisie. Elle soutient les régimes les plus rétrogrades et les plus cruels comme celui de l'Arabie et tente de détruire celui du Venezuela. La bourgeoisie est l’ennemie des peuples, de la paix et du progrès.

 

Le peuple du Venezuela, comme les autres peuples, est capable de régler lui-même ses propres problèmes. Il n'a surtout pas besoin des pays impérialistes dont toute l’histoire est chargée de conquêtes coloniales, de crimes et d’asservissement des peuples.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.hrw.org/fr/news/2016/05/06/yemen-recours-par-larabie-saoudite-des-armes-sous-munitions-de-fabrication

(2)https://www.mediapart.fr/journal/international/240416/ventes-darmes-lobsession-saoudienne-de-la-france

(3)https://www.amnesty.org/fr/countries/middle-east-and-north-africa/saudi-arabia/report-saudi-arabia/)

(4)http://www.deathpenaltyworldwide.org/country-search-post.cfm?country=Saudi%20Arabia

(5)« Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde»

http://www.un.org/fr/documents/charter/chap1.shtml

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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