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16 juillet 2019 2 16 /07 /juillet /2019 15:45

Pour qu'une classe puisse vivre dans le luxe, il faut qu'une autre classe vive dans le dénuement et l'asservissement. Pour que François de Rugy et son épouse puissent étaler leur faste aux frais des contribuables, notamment les plus modestes d'entre-eux, il faut en même temps crever les yeux et arracher les mains de celles et ceux qui refusent de subir cet ordre bourgeois pourri.

 

Macron, de Rugy et tous les membres du gouvernement ainsi que ceux qui les ont hissés brutalement à la tête de l'Etat ne voient dans les classes populaires qu’une masse infâme, des êtres sans dignité, déshumanisés, des esclaves.

 

Les pauvres doivent encore et toujours fournir des efforts. Les puissants sont insatiables. Ils se nourrissent, à l’instar des vampires, du sang du peuple. Plus ils en pompent, et mieux ils se portent ! Au moment où la classe dirigeante exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, cette classe n’hésite pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Elle aime l’argent, le luxe, l’apparat, le cérémonial... La folie dynastique de cette classe n’a d’égale que le mépris ostentatoire qu’elle affiche pour le peuple. Deux classes irréconciliables que tout sépare. Mais l'une représente le passé, l'autre l'avenir.

 

Mohamed Belaali

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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 16:44

 

«Être radical, c'est prendre les choses par la racine».  K. Marx (*).

 

 

 

Sur le plan idéologique, le capitalisme et la classe qui le porte produisent avec un certain succès un ensemble d'idées et de conceptions dans le but de tromper les masses populaires et d'anéantir toute idéologie de combat et d'émancipation notamment celle développée par Marx et Engels. Il s'agit pour la bourgeoisie non seulement de démoraliser la classe des travailleurs, mais surtout de la désarmer en la privant de ses instruments idéologiques qui lui permettent de résister et de lutter efficacement contre toute sorte d'exploitation et d'oppression. Pour la classe dirigeante, il faut absolument inculquer aux larges masses de la population que la révolution est un formidable anachronisme, que le socialisme a définitivement échoué et que le capitalisme reste l'horizon ultime de l'humanité. Ces idées ainsi que bien d'autres, indispensables pour perpétuer l'ordre établi, sont répandues essentiellement par les médias, les instituts de sondages, les intellectuels, les experts, les industries culturelles etc. Face à ces attaques, il est nécessaire pour toutes celles et ceux qui se battent contre le capitalisme, ennemi de l'homme et de la nature, de lutter contre cette idéologie de la classe dominante, portée et diffusée également par tous les opportunistes de « gauche » malheureusement.

 

La négation de la lutte des classes fait partie de ces idées répandues par la classe dirigeante. Le but ici est de remplacer ce combat politique de classe contre classe par des revendications et des actions éparpillées, isolées, corporatistes et séparées les une des autres; ce qui les rend particulièrement inefficaces. Les luttes par exemple contre les inégalités, le racisme, les discriminations, le sexisme, la destruction de notre planète, l'exclusion etc.etc. sont menées sans lien avec le capitalisme qui les produit. Celui-ci est ainsi mis à l'abri de toute critique pour mieux assurer les privilèges des puissants. Or il est illusoire de vouloir résoudre valablement ces problèmes importants sans remettre en cause le système lui-même. Car l'inégale répartition des richesses, l'écologie...sont d'abord les conséquences des rapports sociaux de classes au sein d'un système économique déterminé. Il ne faut pourtant pas être d'une grande perspicacité pour comprendre que la destruction systématique de notre planète par exemple est intimement liée à cette course effrénée au profit qui caractérise le capitalisme. On ne peut résoudre raisonnablement ces problèmes graves qu'en s'attaquant aux causes qui les engendrent et non à leurs conséquences : «plus on va parler des changements climatiques dans les médias, moins on va expliquer leurs causes et plus on va parler de leurs conséquences. Or quand on traite des causes, on peut en venir assez vite à des explications structurelles relevant de l’ordre social, et donc politique — ce qui n’est pas le cas avec les conséquences du problème (...)Tant que l’écologie ne sera pas pensée d’abord comme une lutte idéologique contre le capitalisme, elle aura toujours le souffle un peu court» (1).

 

L'invention par la bourgeoisie du concept de «développement durable» participe de cette même entreprise de manipulation des masses. Celui-ci est ainsi défini comme un développement qui permet «de répondre aux besoins du présent sans compromettre la possibilité pour les générations à venir de satisfaire les leurs» (2). Ce développement appelé aussi « soutenable » est créé  justement pour soutenir et faire durer un système, le capitalisme, premier et dernier responsable de la destruction de la nature. Grâce à sa puissance économique, la classe dominante impose sa vision écologique du monde : faire du profit tout en faisant croire qu’elle travaille à la sauvegarde des intérêts des générations actuelles et futures. Là encore les entreprises, petites et grandes, les gouvernements, les collectivités locales, les ONG, l’Union Européenne, l’ONU et ses institutions etc. tentent, chaque jour qui passe, de nous convaincre que le salut de notre planète passe par le développement durable. Séminaires, colloques, conférences, rencontres internationales, forums, expositions, bref des manifestations en tout genre et en tout lieu se multiplient à travers la planète pour promouvoir le développement durable. Le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD) qui regroupe 200 entreprises internationales participe lui aussi au « développement durable par la croissance économique, l’équilibre écologique et le progrès social » (3). Global 100, un cabinet américain de conseil en investissement spécialisé dans la gestion des risques non traditionnels, sélectionne et classe les 100 multinationales les plus engagées dans le développement durable (4). Ses rapports sont publiés à l’occasion du forum économique mondial de Davos.

 

«L'humanitaire», un autre concept à la mode, est lui aussi instrumentalisé pour mieux cacher aux citoyens le véritable responsable des malheurs des Hommes, le capitalisme. L’humanitaire ne fait que soulager, dans le meilleur des cas, momentanément la détresse humaine. Mais quelques soient sa forme et ses acteurs, il sert souvent de prétexte et de couverture à des visées hégémoniques et impérialistes. Il est au service du capital et des classes dominantes. La plupart des ONG humanitaires dépendent financièrement de leurs propres États, des instances européennes comme le service d’aide humanitaire de la Commission Européenne (DG-ECHO) ou des institutions internationales. Faire de l'humanitaire dans un système inhumain est une illusion pour ne pas dire une absurdité (5).

 

L'illusion démocratique contribue également à cette gigantesque escroquerie idéologique selon laquelle en dehors de la démocratie bourgeoise point de salut. La démocratie parlementaire est présentée par les classes dominantes comme la clef de tout changement, capable de réaliser les aspirations les plus profondes de l’immense majorité de la population. Or elle n’est en réalité qu’un paravent à la domination économique et, partant, politique. La démocratie est toujours une démocratie de classe. La démocratie dans l'absolu, la démocratie en général n'existe nulle part. Ce qui existe réellement c'est la démocratie de la classe qui domine économiquement et politiquement. Elle l'utilise comme instrument idéologique pour servir ses propres intérêts. Doit-on déduire de tout cela qu'il ne faut pas utiliser le parlementarisme bourgeois ? Absolument pas. Il faut utiliser cette forme de démocratie transitoire sans pour autant exagérer le résultat final de cette participation électorale. Car les intérêts de classes sont irréconciliables. Il ne s’agit pas seulement de réformer ou d’améliorer la société capitaliste pour la rendre supportable, mais de l’abolir.

 

Les classes dirigeantes ont intérêt à propager les idées, les conceptions et les pratiques qui servent leurs intérêts et perpétuent leurs privilèges. Elles ont réussi à faire croire, notamment à ceux qui ont objectivement intérêt à changer radicalement leurs conditions d’existence, que la révolution appartient désormais au passé et que la fin de l’Histoire est une réalité des temps modernes. Pourtant, la révolution tant haïe par ces classes, n’a jamais été aussi légitime et aussi nécessaire que maintenant. Aucun remède ni aucune thérapie ne sont en mesure de guérir notre monde de cette maladie mortelle, le capitalisme.Toutes les demi-mesures, toutes les réformes et toutes les luttes catégorielles etc. etc., si elles ont contribué à améliorer provisoirement la situation des esclaves modernes que sont les salariés, restent insuffisantes. Continuer sur la voie tracée par une minorité d'exploiteurs capitalistes ne peut mener qu' au chaos, à la barbarie et à la destruction de l’Homme et de la nature.

 

Mohamed Belaali

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(*) K Marx « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel »

(1)https://www.revue-ballast.fr/jean-baptiste-comby/

(2) Définition de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement dans le Rapport Brundtland): https://www.diplomatie.gouv.fr/sites/odyssee-developpement-durable/files/5/rapport_brundtland.pdf

(3)https://www.wbcsd.org/

(4)http://www.corporateknights.com/reports/global-100/

(5)http://www.belaali.com/article-l-humanitaire-au-service-du-capital-49296435.html

 

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25 mai 2019 6 25 /05 /mai /2019 08:51

«Les ouvriers n'ont pas de patrie»

K Marx et F Engels

 

L'immigration occupe une place centrale dans l'espace politique des pays capitalistes notamment lors des campagnes électorales. Les élections européennes du mois de mai 2019 ne font pas exception à cette règle. La violence et le cynisme des déclarations des partis bourgeois de ces pays n'ont d'égal que le vide de leurs programmes. L'immigration est présentée aux électeurs comme responsable de tous les malheurs. La démagogie, le racisme, la xénophobie ...sont ainsi utilisés par la classe dominante pour stigmatiser tout ce qui ressemble de près ou de loin aux immigrés. Son discours de haine (grand remplacement, invasion, explosion, tri, quotas, contrôle, vagues successives, tolérance zéro, zéro débarquement....) propagé jour après jour par les médias lui permet non seulement d’occulter sa responsabilité et celle de son système dans la situation économique et sociale désastreuse que connaît le monde aujourd’hui, mais aussi de détourner les travailleurs et les masses populaires des vrais problèmes qui les rongent au quotidien : chômage, précarité et régression sociale généralisée. L'instrumentalisation de l'image de l'«Autre », celle de l'étranger présenté comme un danger, comme un ennemi permet également de renforcer le mythe de «l'identité nationale» et de souder ainsi les masses populaires derrière la classe des exploiteurs.

Pourtant, la bourgeoisie a bel et bien besoin de cette immigration non seulement comme bouc émissaire, comme instrument redoutable de division des ouvriers en jouant sur leurs préjugés nationaux, raciaux et religieux, mais surtout comme force de travail taillable et corvéable à merci. Il ne s'agit en fait que d'une contradiction apparente liée à l'hypocrisie et au double jeu de la classe dominante. Car le capitalisme tend toujours vers l'utilisation d'une main-d’œuvre bon marché quelque soit sa nationalité, sa religion etc. D'autant plus que les travailleurs immigrés, notamment la frange la plus vulnérable («clandestins», sans papiers, réfugiés etc.), n'ont pour ainsi dire aucun droit, alors qu'une partie des ouvriers « nationaux » sont plus ou moins corrompus par des salaires plus élevés. Les analyses de Marx non seulement restent d'une étonnante actualité, mais surtout permettent de mieux comprendre pourquoi la main-d’œuvre immigrée reste une nécessité vitale pour le capitalisme mondialisé.

 

 

L'immigration est pour la bourgeoisie une source inépuisable de profit et celui-ci ne connaît pas de frontières. Le capitalisme, dès sa naissance, ne pouvait grandir et se développer qu'en exploitant avec une grande violence les populations de tous les continents. Avec la découverte des Amériques et l'extermination des indiens, les anglais et les français ont d'abord utilisé des esclaves blancs venus d'Europe. Mais avec le développement prodigieux des plantations de riz, coton, tabac et autres canne à sucre, le travail des esclaves blancs ne suffisait plus. L'importation d'esclaves africains devenait vitale pour la survie des plantations.  L’Afrique est ainsi transformée «en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires» disait Marx (1).

Il fallait absolument fournir ces plantations en force de travail la plus servile et la plus rentable possible : «Les esclaves sont envoyés dans toutes les plantations américaines de Sa Majesté qui ne peuvent subsister sans eux» (2). Aucun planteur n'était encore prêt à embaucher des salariés. Ainsi la richesse fabuleuse accumulée par les planteurs américains était produite, sous le fouet, par des africains arrachés à leur continent par la force et la violence. Combien ont succombé à leurs souffrances dans les champs de coton, de tabac ou de canne à sucre ? Combien ont été castrés, mutilés, lynchés, brûlés vif, ou encore pendus ? Nul ne le sait avec précision.

 

L'esclavage a permis le développement des centres industriels en Angleterre, berceau du capitalisme comme Manchester, Liverpool, Glasgow... «Ce fut la traite des nègres qui jeta les fondements de la grandeur de Liverpool ; pour cette ville orthodoxe, le trafic de chair humaine constitua toute la méthode d'accumulation primitive. (…) Dans le même temps que l'industrie cotonnière introduisait en Angleterre l'esclavage des enfants, aux États-Unis elle transformait le traitement plus ou moins patriarcal des Noirs en un système d'exploitation mercantile. En somme, il fallait pour piédestal à l'esclavage dissimulé des salariés en Europe, l'esclavage sans phrase dans le Nouveau Monde» (3).

 

Mais au cours de son développement, le capitalisme tente de réduire par tous les moyens y compris par l'immigration, la demande de travail et rendre l'offre plus abondante créant ainsi non seulement des chômeurs, mais aussi une concurrence fratricide entre salariés occupants un emploi au bénéfice des patrons : «(...) le système capitaliste développe aussi les moyens de tirer plus de travail du salarié, soit en prolongeant sa journée, soit en rendant son labeur plus intense, ou encore d’augmenter en apparence le nombre des travailleurs employés en remplaçant une force supérieure et plus chère par plusieurs forces inférieures et à bon marché, l’homme par la femme, l’adulte par l’adolescent et l’enfant, un yankee par trois Chinois. Voilà autant de méthodes pour diminuer la demande de travail et en rendre l’offre surabondante, en un mot, pour fabriquer des surnuméraires» (4).

 

L'utilisation de la main-d’œuvre étrangère permet aux employeurs de grossir la masse des chômeurs créant sur le marché du travail une terrible guerre entre prolétaires nationaux et immigrés avec pour conséquence une baisse des salaires pour tous : «l’Irlande envoie son surplus de population vers le marché du travail anglais, et fait baisser ainsi les salaires, et dégrade la condition morale et matérielle de la classe ouvrière anglaise. Et le plus important de tout! Chaque centre industriel et commercial en Angleterre possède maintenant une classe ouvrière divisée en deux camps hostiles, les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais ». Cette concurrence, en plus de la baisse des salaires, donne aux ouvriers nationaux un sentiment de supériorité par rapport à la main-d’œuvre étrangère renforçant du même coup le pouvoir de domination de leurs propres exploiteurs : «L’ouvrier anglais moyen hait l’ouvrier irlandais comme un concurrent qui abaisse son niveau de vie. Par rapport au travailleur irlandais, il se sent un membre de la nation dominante, et ainsi se constitue en un instrument des aristocrates et des capitalistes de son pays contre l’Irlande, renforçant ainsi leur domination sur lui-même. Il nourrit des préjugés religieux, sociaux et nationaux contre le travailleur irlandais. Son attitude envers lui est très semblable à celle des «pauvres blancs» envers les «nègres» des anciens Etats esclavagistes des USA. L’Irlandais lui rend d’ailleurs la pareille, et avec intérêts. Il voit dans l’ouvrier anglais à la fois le complice et l’instrument stupide de la domination anglaise en Irlande»(5).

 

Hier comme aujourd'hui, la bourgeoisie a tout intérêt à dresser les travailleurs les uns contre les autres en jouant sur leurs préjugés respectifs pour mieux les diviser et les exploiter. Cette guerre fratricide entre travailleurs est «l'arme la plus acérée de la bourgeoisie dans sa lutte contre le prolétariat» écrivait Engels (6). Briser l'unité des travailleurs est une condition essentielle qui permet à la bourgeoisie d'affaiblir toute résistance de la part des exploités. Elle ne recule devant aucun moyen dont elle dispose pour entretenir et perpétuer cette division : racisme, xénophobie, sentiment de supériorité nationale, méfiance des étrangers etc. : « Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes. Cet antagonisme est le secret de l'impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation. C'est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste, et celle-ci en est parfaitement consciente» (7).

Le véritable problème n'est donc pas l'immigration, mais le système qui la produit, le capitalisme.

Mais ce système qui accable les travailleurs du monde entier de tant de misère, crée en même temps les conditions pour former une classe ouvrière mondiale. Les travailleurs des pays pauvres migrent vers les pays riches attirés par des salaires plus élevés. Le développement du capitalisme accentuera davantage encore cette tendance en effaçant progressivement les frontières, en brisant les préjugés nationaux créant ainsi une sorte de classe ouvrière planétaire à l'instar de la bourgeoisie. Les migrations de la main-d’œuvre vont s'amplifier et se généraliser. Les rideaux de fer, les nouveaux murs et les polices des frontières ne pourront jamais empêcher de nouveaux migrants, chassés par la misère et les guerres provoquées par le système lui-même, de venir frapper à la porte des pays riches.

 

Les prolétaires ont non seulement à mener un combat au niveau national contre leur ennemi commun, mais aussi et surtout au niveau mondial. Cet internationalisme peut constituer la base de leur unité et de leur émancipation. Mais cette unité ne peut être réalisée qu'au prix d'un long et difficile combat politique de classe contre classe. Durant toute leur vie, Marx et Engels ont insisté sur l'unité des travailleurs de tous les pays. Sans cette union, leur combat pour l'émancipation sera voué à l'échec. « L'expérience du passé nous a appris comment l'oubli de ces liens fraternels qui doivent exister entre les travailleurs des différents pays et les exciter à se soutenir les uns les autres dans toutes leurs luttes pour l'affranchissement, sera puni par la défaite commune de leurs entreprises divisées» (8). Pour s’emparer du pouvoir politique indispensable à leur émancipation, les prolétaires doivent s’organiser au niveau planétaire, même si la classe ouvrière doit d’abord lutter contre sa propre bourgeoisie, car l’internationalisation du capital conduit nécessairement à l’internalisation du travail. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre l’appel de Marx à l’union de tous les travailleurs : « PROLETAIRES DE TOUS LES PAYS, UNISSEZ-VOUS ! » (9).

 

Mohamed Belaali

 

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(1)Le Capital - Livre premier. L’accumulation primitive.

 https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

(2)Document de la Royal African Company fondée en 1672, cité par S.U. Abramova in « Aspects idéologiques, doctrinaux, philosophiques, religieux et politiques du commerce des esclaves noirs »

https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000123654

(3)https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

(4)https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-25-3.htm

(5)https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/parti/kmpc062.htm

(6)https://www.marxists.org/francais/engels/works/1845/03/fe_18450315_3.htm

(7) Ibidem

(8)https://www.marxists.org/francais/marx/works/1864/09/18640928.htm

(9)https://www.marxists.org/francais/marx/works/1847/00/kmfe18470000d.htm

 

 

 

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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 12:34

 

«Nous, médecins, rappelons notre attachement viscéral au secret professionnel. C’est pourquoi nous refusons le fichage des Gilets jaunes blessés arrivant aux urgences. De même que nous nous opposons à tout autre fichage des patients sans leur consentement, visant à une transmission des données en dehors de l’hôpital à des fins autres que médicales » (1). Ainsi commence le texte de cent médecins qui refusent le fichage des Gilets jaune blessés.

La bourgeoisie française non satisfaite d'avoir éborgné et mutilé des Gilets jaunes, exige maintenant qu'ils soient fichés lorsqu'ils arrivent blessés aux urgences. Ce fichage, réclamé par le pouvoir, se fait évidemment sans le consentement des patients. La bourgeoisie veut ainsi transformer la science médicale et les médecins en complices, en simples supplétifs de la police. Le secret professionnel, la déontologie et l’éthique médicale n'ont de valeur que lorsqu'ils servent ses propres intérêts. Précisons que toute transgression du secret professionnel peut entraîner des poursuites pénales ou disciplinaires. L'article R. 4127-4 du code de la santé publique dit clairement que «toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant». «Ce qu'on nous demande de faire est illégal, un médecin n'a pas à ficher ses patients », s'insurge un médecin urgentiste de l'AP-HP (2). Mais pour cette classe, la loi c'est toujours la loi du plus fort. Pour elle, les Gilets jaunes ne sont pas des blessés, des patients, mais des opposants qu'il faut réprimer, traquer, ficher même dans les hôpitaux. Réclamer la justice fiscale et sociale dans la France d'aujourd'hui est une revendication devenue insupportable pour la classe dirigeante. Les barrières juridiques s'effacent progressivement laissant place à un régime autoritaire ne tolérant aucune opposition, aucune contestation populaire d'envergure comme c'est le cas en ce moment avec les Gilets jaunes.

Mais le fichage des blessés « jaunes » n'est que le symptôme, parmi tant d'autres, de la société capitaliste d'aujourd'hui. Le fichage n'est pas une dérive, mais une politique volontariste d'un système qui, pour se maintenir et se perpétuer, a besoin d'étendre sa surveillance, son contrôle sur l'ensemble des citoyens notamment les plus pauvres et les plus conscients d'entre-eux. Les contrôles, facilités par les technologies du numérique, se généralisent et touchent tous les domaines.(3).

Ce fichage « jaune » dont les médias bourgeois ne parlent plus, est en soi une autre forme de violence (4) faite aux Gilets jaunes et à tous les mouvements sociaux. Le but non avoué de ce silence est de rendre toute cette violence d'Etat invisible, inexistante. On ne parle plus du fichage des blessés « jaunes » comme on ne parle plus de l'humiliation collective des jeunes de Mantes-la-Jolie, de Zineb Redouane, des yeux crevés, des mains arrachées, des centaines de signalements déposés à l'IGPN sans résultat, des mensonges répétés du pouvoir etc.etc. Dans l'immédiat, il faut créer chez les citoyens un sentiment, une impression que tous ces événements n'ont pour ainsi dire jamais existé. La bourgeoisie tentera par la suite de les effacer de la mémoire collective qui représente toujours une menace, un danger pour les régimes autoritaires. Il lui sera plus facile plus tard de réécrire sa propre vérité, légitimant et perpétuant son pouvoir.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://reporterre.net/Cent-medecins-refusent-le-fichage-des-Gilets-jaunes-blesses

(2)https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2019/04/24/fichage-des-gilets-jaunes-ce-quon-nous-demande-est-illegal-temoigne-un-urgentiste-de-lap-hp_868245

(3) Il existe d'innombrables articles sur ce sujet. Voir entre autres :

https://www.uspsy.fr/IMG/pdf/le_Fichage_des_patients_en_psychiatrie_LLPF_no195.pdf

(4).https://reporterre.net/Gilets-jaunes-La-question-de-la-violence-revele-une-crise-democratique?fbclid=IwAR2d93oMDXD6nof-yzeYSTC7TfLsqlLtTzoO6UvsBpF9yj37m_UT7j1qmTE

 

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 11:07

 

 

«Donne un cheval à celui qui dit la vérité; il en aura besoin pour s’enfuir».

Proverbe arabe

 

En révélant au monde entier les guerres génocidaires, les crimes, les massacres et les mensonges des pays impérialistes, Julian Assange savait qu'il mettait sa vie en danger. Il a ainsi dévoilé la nature profonde de ces pays.Toutes les guerres impérialistes par exemple ont été déclenchées sur la base de mensonges. Assange a osé dire la vérité. Or celle-ci est incompatible avec le fonctionnement même des sociétés capitalistes où le mensonge est érigé en principe sacré, en dogme. Toute profanation de cette règle constitue un sacrilège. Il faut laisser la population dans l'ignorance. Et comme disait Orwell dans 1984 «L'ignorance c'est la force» ! La propagande et l’endoctrinement permanents des citoyens remplacent l’information et le faux devient vrai. Les intérêts d'une seule classe deviennent alors ceux de toutes les classes. Les responsables de ce blasphème seront alors durement punis. Car dans cette société, les hérétiques n'ont pas leur place. Leur vérité constitue une offense, un affront et une insulte au discours mensonger dominant. Julian Assange doit être châtié, persécuté. L'obscurité du mensonge contre la lumière de la vérité. La guerre est donc déclarée contre cet homme. Il n'a aucune chance de la gagner ni même d'obtenir un procès équitable sans le soutien massif des citoyens. Pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni et tous les autres pays capitalistes, Assange est l'homme à abattre. En 2010 par exemple, il a eu le courage de montrer au monde entier, à travers des centaines de milliers de documents classifiés de l'armée américaine, la réalité de l'invasion de l'Irak : crimes de guerre, massacres, tortures... la souffrance infligée à la population irakienne, réduite à vivre dans des conditions infra-humaines, donne la mesure de la cruauté dont les pays capitalistes sont capables (1). Les documents publiés donnent l'ampleur de cette tragédie irakienne : 109 032 victimes dont 60 % de civils (2). A l'époque, les médias aux ordres parlaient des «frappes chirurgicales» ! Et quel est le crime de chacune de ces victimes ? Selon Bush et Blair, l'Irak représente un véritable danger pour le monde. Il possède les armes de destruction massive et demeure le foyer mondial du terrorisme. Il faut donc sécuriser ce pays et apporter à sa population démocratie, liberté et prospérité. Des mensonges et toujours des mensonges !

 

Le président équatorien  Lenin Moreno, celui par qui le scandale est arrivé, disait : « J’ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que M. Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort». (3)

Moreno sait très bien que les Etats-Unis ont émis une ordonnance d'extradition de Julian Assange avec un acte d'accusation précis (4) et que son pays et le Royaume-Uni feront tout pour faciliter ce transfèrement. Une fois aux Etats-Unis, la vie de Julian Assange sera en danger ou comme disent les experts de l'ONU, l'extradition met « potentiellement sa vie en danger» (5),

Rappelons que la majorité des Etats (trente sur cinquante) appliquent encore la peine de mort et que la pratique de la torture est bien réelle. Le sort d'Assange n'aura probablement rien à envier à celui de l'autre lanceur d'alerte Chelsea Manning qui a « enduré de longues périodes d’isolement et de torture. Elle a tenté à deux reprises de se suicider en prison. Elle connaît par expérience douloureuse les innombrables façons dont le système peut vous briser psychologiquement et physiquement» (6).

 

Voilà ce que réservent les pays impérialistes à ceux et celles qui, au détriment de leur vie, osent dire la vérité aux citoyens en les informant sur les abus du pouvoir. Les pays capitalistes ne peuvent fonctionner que sur la base de mensonge et de répression dans tous les domaines.

Laissons le dernier mot à la mère de Julian Assange :«La vie de mon fils, le journaliste Julian Assange, est en danger imminent et grave. Je vous remercie tous d’entendre l’appel d’une mère qui vous demande de l’aider à le sauver (…) Parce qu’il s’agit d’une persécution politique transnationale par une superpuissance sauvage en collusion avec ses alliés, sauver Julian nécessite l’indignation des peuples du monde. (...) Tout au long de l’histoire, lorsque les abus de pouvoir sont devenus insupportables pour le peuple, celui-ci s’est uni et s’est levé pour les faire cesser» (7).

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.legrandsoir.info/Les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-Irak.html

(2)https://www.ojim.fr/portraits/julian-assange-master-hacker/

(3)https://twitter.com/Lenin/status/1116271659512684544

(4)https://www.legrandsoir.info/acte-d-accusation-contre-julian-assange.html

(5)https://news.un.org/fr/story/2019/04/1040961

(6)https://www.legrandsoir.info/chelsea-manning-et-la-nouvelle-inquisition-truthdig.html

(7)https://www.youtube.com/watch?v=5nxigIRUkcU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 09:07

«c'est précisément dans les républiques les plus démocratiques que règnent en réalité la terreur et la dictature de la bourgeoisie, terreur et dictature qui apparaissent ouvertement chaque fois qu'il semble aux exploiteurs que le pouvoir du capital commence à être ébranlé». Lénine (1).

 

La révolte des Gilets jaunes a révélé au monde entier le caractère de classe de la démocratie en France. Parler de la démocratie dans l'absolu, non seulement n'a pas beaucoup de sens, mais permet surtout de nier l'existence même des classes et de la lutte des classes. Dans le système capitaliste, il n'existe pas de démocratie en dehors des classes sociales. La démocratie française, comme dans tous les pays capitalistes, est une démocratie bourgeoise. Cette classe qui possède tous les pouvoirs impose à toutes les autres classes, c'est à dire à l'immense majorité des citoyens, sa propre démocratie. La résistance des Gilets jaunes au pouvoir bourgeois a mis à nue cette démocratie tant vantée.Une partie du peuple commence à se rendre compte que L’État de droit, la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, d'expression, de circulation, de manifestation, etc. ne sont que de grossiers mensonges destinés à tromper les classes populaires et à perpétuer les privilèges de la classe des possédants et des exploiteurs.

 

Le mouvement des Gilets jaunes montre d'une manière éclatante que la liberté de la presse par exemple n'existe tout simplement pas. Les moyens de communication de masse sont quasiment tous dominés par le grand capital. La bourgeoisie qui possède les moyens de production matériels, concentre également entre ses mains les moyens de production de l'information. Derrière chaque grand quotidien, chaîne de télévision, station de radio etc. se cachent un ou plusieurs milliardaires voire toute une famille de riches : le Monde pour Xavier Niel et Daniel Křetínský, TF1 pour la famille Bouygues, BFM TV pour Patrick Drahi, CNews et canal plus pour Bolloré, Le Figaro pour la famille Dassault, Europe1 pour Lagardère, etc. etc.(2).

Les chaînes et radios publiques sont, quant à elles, toutes aux ordres du pouvoir politique.

La presse et l'information dans la démocratie bourgeoise ne sont que des marchandises qui s'achètent et se vendent sur le marché comme n'importe quel article de commerce. Elles ne peuvent être achetées que par les plus riches. Économiquement, ces groupes puissants et influents, ne sont là que pour faire du profit et idéologiquement pour servir les idées de leur propre classe. La liberté de la presse dans cette démocratie c'est la liberté de corrompre les journalistes, de façonner et de fabriquer une « opinion publique » qui transpire l'idéologie dominante.

 

Lorsque les exploités relèvent la tête, ils trouvent face à eux non seulement la police et l'armée comme dans des régimes autoritaires (le peuple comme ennemi intérieur) (3), mais aussi une propagande médiatique sans bornes. Les Gilets jaunes sont ainsi traités dans les médias du capital avec une extrême violence. Le Président de la République, les ministres, anciens et nouveaux, les journalistes, mais aussi les intellectuels, les « experts »... défilent sur les plateaux de télévision et de stations de radios pour déverser sans retenue aucune leur haine de classe : une « foule haineuse », des «bœufs», des « casseurs » des « nervis », des «salopards d’extrême droite et extrême gauche», des «fascistes», des «conspirationnistes», des «antisémites» et bientôt peut-être des mangeurs d'enfants ! Certains vont même jusqu'à appeler les forces de l'ordre et l'armée à se servir des armes : «qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois ! […] On a la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies» (4).

Les Unes, les éditos, les chroniques, les compte-rendus, les reportages ou encore les tweets n'ont qu'un seul et même objectif, détruire le mouvement des Gilets jaunes. La minorité d'exploiteurs, à travers l'appareil répressif de l’État et la propagande des médias, ne peut supporter que des « gueux » lui tiennent tête, de surcroît sur une aussi longue durée (cinq mois déjà !). Elle tente alors par tous les moyens de terroriser les manifestants afin de les réduire au silence pour mieux perpétuer ses privilèges. Au-delà des Gilets jaunes, ce sont tous ceux et celles qui critiquent cette politique de régression sociale sans précédent et qui aspirent à plus de justice sociale et à un meilleur partage des richesses qui sont visés par cette propagande et répression aveugle.

 

Le principe sacré de la séparation des pouvoirs, cher à Montesquieu, est lui aussi chaque jour profané. Les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif ne forment en réalité qu'un seul et même pouvoir : derrière les parlementaires et les juges, il y a Macron et derrière Macron il y a la classe qui l'a hissé brutalement à la tête de l’État, la bourgeoisie. Sans remonter loin dans l'histoire de cette fable de la séparation des pouvoirs, quelques exemples liés au combat des Gilets jaunes suffisent à montrer que ce principe est un leurre. Madame Belloubet, ministre de la Justice, s'est ainsi déplacée personnellement au tribunal de Paris «pour annoncer, à la place du Procureur de la République de Paris, que deux-tiers des personnes placées en garde-à-vue seront déférées et jugées dans le cadre de la comparution immédiate». Il s'agit des personnes arrêtées durant la manifestation des Gilets jaunes pour lesquelles la ministre exige « une réponse pénale extrêmement ferme » (5).

Dans une lettre envoyée le 12 janvier 2019 aux membres du parquet, le procureur de Paris, Rémy Heitz nommé explicitement par Macron, ordonne clairement de maintenir les Gilets jaunes en garde à vue jusqu’à la fin des manifestations : «Les levées des gardes à vue doivent être privilégiées le samedi soir ou le dimanche matin afin d’éviter que les intéressés grossissent à nouveau les rangs des fauteurs de troubles» (6). Quand ce n'est pas le ministre qui parle à la place du procureur, c'est le procureur qui parle à la place des magistrats ! La justice est ainsi instrumentalisée par le pouvoir pour venir à bout du mouvement des Gilets jaunes. La justice n'est en fait qu'un moyen dont dispose le pouvoir politique pour maintenir l'ordre. Dans cette démocratie, l'ordre bourgeois prime sur la justice ! Les institutions bourgeoises, aux prérogatives déjà limitées, sont rabaissées au rang de simples instances aux ordres du Président. Macron, en tant que pouvoir exécutif devenu relativement indépendant, légifère par ordonnances et décrets, réduit le nombre de députés et limite le droit d’amendement. Sa domination sur le législatif est totale.

 

Et pendant que la classe dirigeante prétend défendre et célèbre la liberté de circuler et de manifester dans les médias, ses institutions répressives, traquent, matraquent, mutilent, interpellent, jugent, condamnent et emprisonnent des manifestants (7). Les condamnations des gilets jaunes à des peines d'emprisonnement ferme ou avec sursis atteignent des proportions inédites. Selon la ministre de la justice elle-même, il y a eu depuis le début du Mouvement (17 novembre 2018), 9000 interpellations. Sur les 2000 condamnations annoncées, «40 % sont des peines d’emprisonnement ferme et 60 % sont d’autres types de sanction, par exemple des travaux d’intérêt général, des sursis, etc.» (8). Il s'agit des chiffres qui s'arrêtent le 24 mars 2019. Depuis d'autres interpellations et d'autres condamnations sont intervenues.

Une nouvelle loi vient d'être votée par le parlement le 12 mars 2019 qui se rajoute à l'arsenal juridique répressif qui existe déjà (lois antiterroristes, état d'urgence désormais inscrit dans le droit commun...). Mais cette fois elle ne concerne pas des terroristes mais des hommes et des femmes qui ont décidé de prendre leur destin en main, les Gilets jaunes. Il s'agit de la loi «anticasseurs» imposée par le pouvoir et qui constitue une attaque sans précédent contre le droit de manifester même si son article 3 a été censuré par le conseil constitutionnel (9).

 

Partout on interdit aux Gilets jaunes de manifester. La liste des villes où les manifestations sont interdites dans les centre-villes et dans certains quartiers est longue : Paris, Nice, Toulouse, Marseille, Rouen, Metz, Poitiers, Lyon, Bordeaux, Avignon, Dijon etc.

On ne veut plus voir ces « gueux » qui défilent dans l'espace public sans pudeur et qui osent de surcroît demander à Macron de démissionner et aux riches de rendre l'ISF. Il faut les réprimer, les condamner et les emprisonner. Il faut terroriser et cacher ce petit peuple de pauvres qui fait honte à la nation. Qu'elle est belle la démocratie bourgeoise.

Cette terrible répression qui s'abat en ce moment sur les Gilets jaunes est en soi une négation éclatante de cette démocratie des riches et une confirmation par et dans les faits de la dictature du capital. Lénine disait que «La démocratie bourgeoise, tout en constituant un grand progrès historique par rapport au moyen âge, reste toujours (...)  une démocratie étroite, tronquée, fausse, hypocrite, un paradis pour les riches, un piège et un leurre pour les exploités, pour les pauvres» (10).

 

Il est grand temps que tous les exploités et tous les pauvres se réveillent et rejoignent ceux et celles qui mènent depuis presque cinq mois maintenant un magnifique combat contre une classe sociale ultra-minoritaire mais qui possède tous les pouvoirs. Leur lutte dépasse le cadre étroit des revendications corporatistes et s'inscrit dans une perspective plus large, celle d'un combat contre les injustices de classe et la misère sociale. Le Mouvement des Gilets jaunes a réveillé de profondes espérances, mais il ne peut réussir que s'il mène une résistance collective, consciente et déterminée, une lutte politique de classe contre classe.Toutes les forces qui se réclament de la classe ouvrière, tous les progressistes, tous les citoyens appauvris, méprisés et humiliés, soyons donc tous avec le Mouvement des gilets jaunes contre les privilèges et pour l'abolition de la domination de classe. Sans cette unité, sans ce lien fraternel de solidarité, le mouvement risque d'échouer et la classe dirigeante, ennemie du progrès, poursuivra sa politique de régression et de misère sociale.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/03/19190304.htm

(2) https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA#&gid=1&pid=1

(3)http://www.belaali.com/2019/02/la-revolte-des-gilets-jaunes-et-la-violence-d-etat.html

(4)https://www.dailymotion.com/video/x70bgv3

(5)http://lesaf.org/madame-belloubet-la-separation-des-pouvoirs-ca-vous-parle/

(6)https://www.mediapart.fr/journal/france/120319/gilets-jaunes-paris-le-procureur-invente-la-garde-vue-sans-motif

(7)https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=24166&LangID=F

(8)https://www.bfmtv.com/politique/gilets-jaunes-nicole-belloubet-affirme-que-2000-jugements-ont-ete-rendus-1658603.html

Voir également :

https://www.bastamag.net/Pour-quels-faits-et-a-quelles-peines-de-prison-des-centaines-de-gilets-jaunes

(9)https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2019/2019780DC.htm

(10)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/11/vl19181110c.htm

 

 

 

 

 

 

 

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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 09:10

«L’État est une machine qui permet aux uns de réprimer les autres». Lénine.

 

 

Selon le Ministère de l'intérieur, il y a eu depuis la révolte populaire des Gilets jaunes, 1 900 blessés, 8 400 interpellations, 1 800 condamnations, 243 signalements déposés à l'IGPN, 133 enquêtes de l'IGPN, 9 228 tirs de LBD et 1 300 blessés parmi les forces de l'ordre (1).

Derrière ces chiffres bruts se cache une réalité humaine dramatique : une femme de quatre vingts ans tuée par une grenade lacrymogène à Marseille, 20 éborgnés, 5 mains arrachées, 193 blessures à la tête, 446 signalements etc. etc. (2). D'autres victimes viendront malheureusement allonger cette liste déjà longue tant que le Mouvement des Gilets jaunes poursuit son combat et sa résistance à la politique de classe menée par Macron. Précisons d'emblée que la police n’est qu’un instrument utilisé par la classe dirigeante pour asseoir sa domination. L’ordre bourgeois ne peut se maintenir sans l'utilisation de la force. Car la bourgeoisie a toujours besoin d'un appareil répressif pour garder sa domination et perpétuer ses privilèges. Cette machine qui produit la violence au service de la classe dominante, c'est l’État. La violence est au cœur de l’État bourgeois.

 

Aucune république, aucune monarchie même la plus démocratique, ne peut se passer de la violence pour maintenir la majorité de la population dans la soumission. L'existence du suffrage universel, du gouvernement, du parlement et de toutes les institutions qui gravitent autour de l’État ne change rien au fond du problème : l’État reste ce qu'il est réellement, un appareil qui réprime par la violence toute contestation de l'ordre établi. Il ne peut en être autrement dans une société de classes où l’État possède le monopole de la violence. L’État au service du peuple, de l'ordre public, de l'intérêt général etc. ne sont que des grossiers mensonges véhiculés par la classe dirigeante pour mieux justifier ses privilèges et sa domination. La répression exercée sur les Gilets jaunes et sur le mouvement social dans sa globalité montre bien que le rôle confié par l’État à la police est celui de briser toute contestation, toute résistance, aussi minime soit-elle, à l'ordre bourgeois. L’État est donc intimement lié à la société fondée sur la lutte des classes.

 

C'est dans ce cadre général qu'il faut situer la guerre que mène aujourd'hui l’État français contre la révolte populaire des Gilets jaunes. Leur combat a mis en pleine lumière, non seulement la brutalité de l’État, mais aussi les valeurs hypocrites de la république bourgeoise : État de droit, Droit de l'homme, liberté de manifester, de circuler etc. Et lorsque le conflit s'aiguise, la classe dirigeante n'a d'autres choix que d'utiliser la violence pour perpétuer sa domination. Plus la lutte perdure et prend de l'ampleur, plus la répression devient intense et brutale.Toute l’histoire des classes dominantes n’a été que férocité et cruauté exercées sur les dominés pour se maintenir au pouvoir. Voici comment Engels décrivait cette cruauté de la bourgeoisie versaillaise lors des derniers jours de la Commune :« Ce n'est qu'après une lutte de huit jours que les derniers défenseurs de la Commune succombèrent sur les hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, et c'est alors que le massacre des hommes, des femmes et des enfants sans défense, qui avait fait rage toute la semaine, et n'avait cessé de croître, atteignit son point culminant. Le fusil ne tuait plus assez vite, c'est par centaines que les vaincus furent exécutés à la mitrailleuse. Le Mur des fédérés, au cimetière du Père-Lachaise, où s'accomplit le dernier massacre en masse, est aujourd'hui encore debout, témoin à la fois muet et éloquent de la furie dont la classe dirigeante est capable dès que le prolétariat ose se dresser pour son droit» (3).

 

Aucune force, aucune institution ne peut arrêter ce déchaînement de violence. L’État français peut éborgner les manifestants, arracher leurs mains, défigurer leurs visages ou tout simplement les éliminer physiquement en totale impunité. La justice, l' Inspection Générale de la Police Nationale, le Conseil d’État, le Défenseur des Droits (4), Amnesty International (5), l'ONU (6), le Parlement européen (7), le Conseil de le l'Europe (8) et toutes les protestations, d'où qu'elles viennent, si elles sont utiles voire indispensables pour montrer ce visage hideux de la bourgeoisie et ouvrir les yeux de la population sur la vraie nature de l’État, demeurent insuffisantes pour arrêter cette violence de classe. Il ne faut pas se faire d'illusion sur le résultat final de ces dénonciations ; car elles s'attaquent aux conséquences et non aux racines du mal. Dans le capitalisme, la police n'est que l'un des bras armés de l’État dont la mission est d'assurer en permanence une répression de tout ce qui menace, de près ou de loin, l'ordre établi bourgeois.

 

Derrière la violence policière il y a l’État et derrière l’État il y a le capital. Il ne faut donc pas se borner à lutter seulement contre les effets du système qui produit cette violence mais à travailler en même temps au renversement du pouvoir du capital.

 

Mohamed Belaali

 

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(1) https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan

(2) https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan

(3) https://www.marxists.org/francais/engels/works/1891/03/fe18910318.htm

(4) http://www.assemblee-nationale.fr/presidence/Rapport-MO-09-01-18.pdf

(5) https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/usage-excessif-de-la-force-lors-des-manifestations

(6) https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=24166&LangID=F

(7) http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//NONSGML+TA+P8-TA-2019-0127+0+DOC+PDF+V0//FR

(8)https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/maintaining-public-order-and-freedom-of-assembly-in-the-context-of-the-yellow-vest-movement-recommendations-by-the-council-of-europe-commissioner-for-

 

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 15:55

Une étrange situation caractérise la scène politique française. Au moment où la lutte des classes entre opprimés et oppresseurs fait rage, les syndicats et partis politiques de gauche semblent dépassés et assistent en spectateur à ce conflit ouvert. Pour l'instant ces organisations semblent incapables d'encadrer et d'orienter ce soulèvement populaire qui manque cruellement d'une direction consciente et déterminée capable d’unir un mouvement sans unité, de le guider pour mener un combat politique de classe contre classe.

 

Le Mouvement des Gilets jaunes, qui est né et s'est développé en dehors de toute organisation politique ou syndicale, est d'abord une révolte contre la situation économique et sociale désastreuse dans laquelle se trouve une large frange de la population. C'est une révolte contre cette politique de paupérisation ultra-libérale menée tambour battant par les gouvernements successifs. C'est un rejet massif non seulement de ces politiques, mais aussi du Président de la République serviteur zélé de la classe dominante. Il est un produit authentique de la lutte des classes qui secoue la société française aujourd'hui.

 

Mais le Mouvement des Gilets jaunes constitue aussi une contestation, un refus de l'immobilisme qui caractérise la plupart des directions politiques et syndicales de gauche, excepté, il faut bien le souligner, la France Insoumise et l'Union syndicale Solidaires (1). Le reste des forces de gauche donne l'impression d'être domestiqué par le capitalisme qu'il a cessé de combattre. Son «anticapitalisme», lorsqu'il existe, reste pour le moins superficiel et inoffensif. Le silence des grandes centrales syndicales peut être interprété comme un soutien indirect au pouvoir en place alors même que celui-ci est fragilisé par le combat des Gilets jaunes. Elles sont davantage préoccupées par les élections professionnelles dans les entreprises et dans la fonction publique que par la révolte des Gilets jaunes. Leur institutionnalisation les éloigne ainsi progressivement des préoccupations sociales et politiques de ceux qui subissent au jour le jour les affres du chômage et de la précarité. Dans un communiqué signé le 6 décembre 2018 par tous les syndicats, excepté Solidaires, elles vont jusqu'à condamner la violence dans les revendications sans jamais dénoncer les violences policières exercées sur les Gilets jaunes «nos organisations dénoncent toutes formes de violence dans l’expression des revendications» et le communiqué d'ajouter «La CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU appellent le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations» (2).

 

La révolte des Gilets jaunes est en quelque sorte une remise en cause profonde des manières, des tactiques et des stratégies des partis politiques « spectateurs » pour affronter le pouvoir de la classe dirigeante. Dans ce sens on peut considérer le soulèvement des Gilets jaunes comme un appel urgent lancé aux partis et aux syndicats de gauche pour renouveler de fond en comble leur analyse de la situation politique, des structures du pouvoir, des rapports de force et de l'idéologie dominante intimement liée aux intérêts de la bourgeoisie. Car au fond, il ne s'agit pas seulement d'améliorer ou de gérer la brutalité et la barbarie de la société capitaliste, mais de l'abolir. Il ne s’agit pas seulement de mener un combat pour améliorer momentanément les conditions d’existence des travailleurs, des des salariés, bref de tous les exploités pour rendre la société capitaliste supportable, mais de lutter pour une nouvelle société. Car la tendance générale du capitalisme n’est pas d’améliorer les conditions de celles et ceux qui produisent la richesse, mais de les dégrader. 

L’histoire nous a toujours enseigné que la bourgeoisie ne renonce jamais à ses privilèges, qu’elle n’accorde jamais rien par générosité ou grandeur d’âme et qu’elle ne recule devant rien pour sauver ses intérêts. La guerre menée en ce moment contre les Gilet jaunes est un exemple on ne peut plus éloquent (3).

La bourgeoisie française brutalise, méprise et humilie ses propres citoyens tout en dénonçant en même temps les atteintes aux droits de l’homme ailleurs dans le monde ! Quel cynisme !

 

Si la force du Mouvement des Gilets jaunes, malgré ses défauts et ses contradictions, réside dans son existence et dans sa magnifique résistance (deux mois déjà) à la classe dirigeante, cela reste toutefois insuffisant pour permettre le bouleversement radical de la société capitaliste. Il ne peut le faire qu’en s’alliant avec la classe ouvrière, seule classe réellement révolutionnaire malgré le chômage de masse et la bureaucratie des directions des partis et syndicats qui se réclament d’elle.

 

La base des centrales syndicales et des partis politiques de gauche doit lutter contre ses propres directions pour lui imposer un plan de bataille unitaire avec les Gilets jaunes. C'est ce que font certaines Unions Départementales de la CGT qui appellent à manifester aux cotés des Gilets jaunes. C'est le cas de la CGT du Cher, de Paris, de la Charente-maritime, du Loiret, du Doubs, de Montbéliard  etc (4). « Nous ne voulons cependant en aucun cas récupérer le mouvement. Nous sommes simplement reconnaissants envers les gilets jaunes, qui sont parvenus à éveiller et mobiliser une partie de la population, et nous voulons construire un rapport de confiance» disait Jean-Philippe Gadier, de la FSU 31 qui exprime à son tour «la volonté d’une convergence entre syndicats et le mouvement des gilets jaunes» (5).

Les initiatives à la base se multiplient et le boycott du « grand débat national» se généralise. Il faut partout amplifier ces initiatives unitaires. Le combat contre la bourgeoisie doit être mené partout, dans la rue, sur les ronds-points, dans les usines et sur tous les lieux de travail. La situation politique n'a jamais été aussi propice pour mener une offensive unitaire d'envergure contre la classe des exploiteurs.

 

Les forces de gauche qui se réclament de la classe ouvrière ainsi que leurs militants doivent toujours avoir présent à l'esprit, comme disait Lénine, l'exemple du «tribun populaire sachant réagir contre toute manifestation d'arbitraire et d'oppression, où qu'elle se produise, quelle que soit la classe ou la couche sociale qui ait à en souffrir, sachant coordonner tous ces faits en un tableau d'ensemble de la violence policière et de l'exploitation capitaliste, sachant profiter de la moindre occasion pour exposer devant tous ses convictions socialistes et ses revendications démocratiques, pour expliquer à tous et à chacun la valeur universelle de la lutte émancipatrice du prolétariat». (6)

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://solidaires.org/Manifester-en-masse-pour-faire-ceder-le-gouvernement(1)

(2)https://www.force-ouvriere.fr/IMG/pdf/cp_-_force_ouvriere_-_declaration_des_os_6_decembre_2018_.pdf

(3)http://www.belaali.com/2018/12/la-guerre-contre-le-peuple.html

(4)http://www.ud18.cgt.fr/

(5)  https://actu.fr/occitanie/toulouse_31555/toulouse-syndicats-appellent-manifester-gilets-jaunes-samedi-lors-venue-macron_20781738.html

(6)V.Lénine, « Que faire». Editions sociales, éditions du progrès, page 135.

 

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 20:14

 

Bonne année à tous les gilets jaunes, femmes, hommes et enfants.

Poursuivons le combat contre les injustices, le mépris et les humiliations.

«Ils étaient grands parce que nous étions à genoux».

Maintenant que nous avons relevé la tête, ils nous paraissent moins grands, ils ont même peur et nous livrent une véritable guerre.

Ce sont des oppresseurs et nous sommes les opprimés.

Mais nous sommes l'avenir et ils sont le passé.

 

Mohamed Belaali

 

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9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 17:34

Blindés, canons à eau, police montée, voltigeurs, CRS en surnombre et surarmés, arrestations arbitraires, préventives et humiliantes (1), des blessés et des gardés à vue par centaines, des visages défigurés, des bras arrachés, violation du droit de circuler et de manifester, les leaders du Mouvement persécutés, stations de métro fermées, lynchage médiatique etc. etc. (2) : voilà un aperçu très rapide des moyens déployés par la classe dirigeante lorsque le peuple ose relever la tête. Si le combat des Gilets jaunes perdure et devient une lutte politique de classe contre classe, la bourgeoisie n'hésitera pas à faire appel à l'armée. Toute son histoire n'est que haine et violence envers le peuple et plus particulièrement envers les travailleurs (1831, 1934, 1848, 1871, 1906 etc.etc.). Les morts de ces révoltes hantent toujours la bourgeoisie française. Et comme disait Jules Guesde «Notre bourgeoisie est la plus dure et la plus impitoyable de toutes les bourgeoisies» (3).

La classe au pouvoir n'a absolument rien à offrir aux plus démunis à part le mépris, les mensonges, les illusions, les promesses et surtout la répression féroce en cas de révolte et de résistance. Comment peut-on qualifier alors un régime qui méprise son peuple et humilie sa jeunesse ?

Macron et son gouvernement n'ont pas encore compris qu'il s'agit d'un large mouvement populaire avec toutes ses contradictions, ses faiblesses mais aussi avec toute sa grandeur. Il ne s'agit pas de manifestations habituelles pour satisfaire telles ou telles revendications corporatistes, mais d'une révolte et d'un soulèvement populaire contre les injustices économiques et sociales. Le Mouvement des Gilets jaunes, s' il met en exergue des revendications économiques, il est aussi et en même temps, à l'instar des peuples arabes du Maroc au Yémen en 2011, une révolte contre la « Hogra », ce mépris profond des classes dirigeantes.

 

La guerre ouverte et sans répit que mène aujourd'hui Macron, comme hier Sarkozy et Hollande, contre l'immense majorité de la population a au moins le mérite de démystifier l’État, la démocratie, la liberté de la presse, la séparation des pouvoirs, les droits de l’homme et bien d’autres concepts de l’idéologie bourgeoise dont la fonction principale est de masquer la violence des rapports sociaux de domination.

 

Dès que les opprimés contestent un tant soit peu l'ordre établi, la classe au pouvoir montre son vrai visage «ce visage hideux qu'elle dissimulait pendant les périodes « paisibles », son discours sur le droit de grève, de manifestation, de libre circulation etc. n'est qu’hypocrisie et mensonge. Macron et son gouvernement n’hésiteront pas à exercer la répression la plus féroce pour briser le Mouvement. Ils (les Gilets jaunes) prendront peut-être conscience que plus la lutte dure dans le temps et se transforme en combat politique, plus la classe au pouvoir devient brutale, arrogante et odieuse» (4). Ainsi une petite minorité mais possédant tous les pouvoirs, notamment l'appareil étatique et médiatique, impose par la force à la grande majorité de la population sa propre volonté.

 

La bourgeoisie qui crée les conditions matérielles et symboliques de la révolte et de la résistance, utilise en même temps la répression et la violence contre les révoltés et les résistants. La brutalité économique exercée par la classe dirigeante sur une grande partie de la population reste anonyme, muette, silencieuse et invisible. La misère et les souffrances du peuple sont niées et occultées. Jean Jaurès disait : «(...) tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité» (5).

 

L'ordre bourgeois doit, vaille que vaille, régner. Le pouvoir patronal doit rester sans partage. Malheur à ceux et celles qui crient à l'injustice, à l'exploitation, aux humiliations etc. A La moindre révolte, la démocratie bourgeoise devient ce qu'elle est réellement, une dictature, celle du capital. Et comme disait Marx : «  Pour qu'une classe soit par excellence la classe de l'émancipation, il faut inversement qu'une autre classe soit ouvertement la classe de l'asservissement» (6).

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.youtube.com/watch?v=mehkGLrpER8

(2)https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Un-dispositif-de-grande-envergure-pour-les-manifestations-du-8-decembre

(3) Cité par Tariq Ali dans Les dilemmes de Lénine, page 167.

(4)http://www.belaali.com/2018/11/gilets-jaunes-transformer-la-contestation-spontanee-en-lutte-consciente.html

(5)Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906

https://www.humanite.fr/air-france-jean-jaures-le-patronat-na-pas-besoin-lui-pour-exercer-une-action-violente-de-gestes

(6)https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm

 

 

 

 

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