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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 06:20

«Être radical, c'est saisir les choses à leur racine. (…)

Cette critique aboutit à l'impératif catégorique de renverser toutes les conditions sociales dans lesquelles l'homme est un être avili, asservi, abandonné, méprisable» (*).

   K. Marx

 

 

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Que faire pour sortir de la crise économique et sociale qui ravage l'Europe? La révolution!!!

Cela peut paraître anachronique voire étrange de parler aujourd'hui de la révolution. La classe dominante a réussi à faire croire, notamment à ceux qui ont objectivement intérêt à révolutionner leurs conditions d'existence, que le mot révolution appartient désormais au passé et que la fin de l'Histoire est une réalité des temps modernes. Pourtant, la révolution tant haïe par les classes dominantes, n'a jamais été aussi légitime et aussi nécessaire que maintenant. Aucun remède ni aucune thérapie ne sont en mesure de guérir une Europe atteinte d'une maladie mortelle, le capitalisme. Aucune politique économique, conjoncturelle ou structurelle, libérale ou keynésienne, n'est capable de sortir l'Europe de cette marche suicidaire vers l’abîme. Aucune institution européenne, aucun gouvernement ni aucune élection ne sont à la hauteur de la tâche à accomplir: délivrer les travailleurs et les masses populaires d'Europe de cet assujettissement aux détenteurs du capital seuls responsables de cette situation intolérable.

 

Les travailleurs d'Europe supportent et subissent quasiment seuls toutes les charges et toutes les souffrances produites par le capitalisme et ses crises à répétition. Leur situation matérielle empireà mesure que croissent les profits et les privilèges de la classe dirigeante. Leur horizon est de plus en plus sombre. La bourgeoisie ne leur offre comme perspective que la misère économique et morale engendrée par l'accumulation des plans d'austérité. Fermetures d'usines, plans sociaux, restructuration dans toutes les branches de l'économie, dépôts de bilan etc., se succèdent et se banalisent. Le chômage et la précarité de masse qui s'inscrivent désormais dans la durée, provoquent chez les salariés des ravages économiques, sociaux et psychologiques insoutenables.«La pauvreté revient en Europe»disait l'un des dirigeants du puissant groupe anglo-néerlandais de l'agroalimentaire Unilever cherchant une nouvelle stratégie de vente pour au moins maintenir leur niveau de profit (1). Au-delà de ce cynisme patronal, la paupérisation des travailleurs aujourd'hui est une réalité incontestable.Il s'agit d'une classe exploitée, paupérisée, méprisée et humiliée. L'entente des classes est une chimère, une rêverie produite et entretenue par les classes exploiteuses. Elle est contredite chaque jour par les faits. Seule l'appropriation des moyens de production par les travailleurs permettra de briser cette servitude économique, source première de leurs malheurs.

 

L' Europe est aujourd'hui à la croisée des chemins: continuer sur cette voie tracée par une minorité d'exploiteurs qui mène au chaos, à la barbarie et à la destruction de l'homme et de la nature ou, au contraire, briser et réduire en miettes l'ordre établi. Il va sans dire que la bourgeoisie, qui concentre entre ses mains tous les pouvoirs, est prête à tout pour perpétuer ses privilèges. Le cynisme et la brutalité avec lesquels elle impose aujourd'hui sa politique de misère un peu partout en Europe, montrent qu'elle n'est absolument pas prête à la concertation et au «dialogue entre partenaires sociaux». Son Traité de Stabilité, de Coopération et de Gouvernance (TSCG) qui interdit à chaque État d'avoir un déficit budgétaire structurel supérieur à 0,5 % du PIB («règle d'or»), est un exemple édifiant à cet égard. Le non respect de ce dogme entraîne ipso facto de lourdes sanctions financières. Les manifestations et les contestations de ses plans d'austérité sont souvent réprimées et même brutalement réprimées dans certains pays comme la Grèce ou l' Espagne par exemple. Et si demain la lutte des classes s'intensifie, s'aiguise et dure dans le temps, elle n'hésitera pas à recourir à la violence et à la répression sous toutes ses formes. La bourgeoisie, malgré sa force, expression de sa puissance matérielle, craint en fait le réveil des peuples qui risque de remettre en cause sa légitimité et son régime. Elle s'accrochera de toutes ses forces au système de production et d'exploitation sur lequel elle repose.

 

Toute l'histoire des classes dominantes n'a été que férocité et cruauté exercées sur les dominés pour se maintenir au pouvoir. Et à chaque fois ce pouvoir de la minorité exploiteuse a été brisé par une révolution violente. L'histoire nous apprend que le passage d'un stade de développement à un autre qui lui est supérieur s'effectue dans la violence qui est la conséquence directe de la résistance des oppresseurs : «des mers de sang à travers lesquelles l'humanité poursuit sa route sous le régime de l'esclavage, du servage et du salariat» écrivait Lénine dans L’ État et la révolution (2).

 

La marche en avant vers le socialisme ne peut résulter d'une quelconque perfection de la démocratie bourgeoise, de la conciliation des classes etc. Seule une révolution violente est en mesure de mettre un terme à la résistance de la minorité d'exploiteurs, et d'enfanter une nouvelle société, comme l'écrivait si bien Engels critiquant la vision idéaliste du professeur Eugen Dühring : « Pour M. Dühring la violence est le mal absolu, le premier acte de violence est pour lui le péché originel (…) Mais que la violence joue encore dans l'histoire un autre rôle, un rôle révolutionnaire; que, selon les paroles de Marx, elle soit l'accoucheuse de toute vieille société qui en porte une nouvelle dans ses flancs, qu'elle soit l'instrument grâce auquel le mouvement social l'emporte et met en pièces des formes politiques figées et mortes-de cela, pas un mot chez M. Dühring» (3).

 

Mais la révolution ne se décrète pas! Elle n'est pas le produit de la volonté des révolutionnaires, des idéologues ou de l'activité cérébrale des grands penseurs. Leur volonté et leur idéologie ne sont en définitive que l'expression des rapports sociaux qui les produisent. Les révolutions ne peuvent être provoquées par on ne sait quel pouvoir magique extérieur aux masses : «(...) les révolutions ne se font pas arbitrairement et par décret, mais qu'elles furent partout et toujours la conséquence nécessaire de circonstances absolument indépendantes de la volonté et de la direction de partis déterminés et de classes entières» (4).

 

Mais si la révolution ne se décrète pas, elle se prépare. Et qui sont les mieux disposés à la préparer que ceux et celles qui subissent au quotidien l'exploitation et le despotisme du capital ? Les travailleurs, et d'une manière générale les salariés, non seulement sont le produit le plus authentique de la bourgeoisie, mais possèdent les moyens et la force de paralyser le pouvoir économique et partant politique de la minorité dominante. Leur intérêt objectif est de renverser de fond en comble toutes les conditions d'existence matérielles et morales dans lesquelles ils sont asservis et méprisés.

Mais en période de chômage de masse, les travailleurs et les salariés en général livrent une concurrence fratricide sur le marché du travail qui brise leur union et les empêche de construire des organisations et des directions capables d'affronter efficacement la minorité exploiteuse. Or, l'union des travailleurs est la condition première de leur émancipation du joug du capital. Les conditions de la révolution sont donc loin d'être mûres.

 

Toutefois les mobilisations de la classe ouvrière et d'autres couches de la population en Grèce, au Portugal et en Espagne montrent que les travailleurs prennent de plus en plus conscience que la confrontation avec la bourgeoisie est inévitable. Leur combat trouve un écho favorable chez de larges franges de la population. La guerre de classe que mène sans trêve la minorité dirigeante à travers ses plans d'austérité à répétition et le chaos dans lequel elle plonge l'économie européenne, éloignent de plus en plus de citoyens de leurs gouvernants qui, désormais, ne les représentent plus. Les intérêts des gouvernements, qui ne sont en fait que des marionnettes entre les mains de la bourgeoisie, et ceux des masses populaires sont de moins en moins conciliables. La lutte des travailleurs du sud de l'Europe montre la voie à suivre. Le combat contre le capitalisme et la classe qui le porte doit s'étendre et se répandre partout en Europe. Mais pour que la révolution triomphe, l'union et la solidarité fraternelle des travailleurs d'Europe restent «un impératif catégorique».

 

 

Même si les conditions ne sont peut-être pas toutes réunies, la révolution reste l'unique solution. Sans un changement radical, point de salut ! Les obstacles immenses et innombrables qui se dressent face à ce changement ne sauraient effacer ni la légitimiténi la nécessité de la révolution. Car il n' y a pas d'autres moyens pour se débarrasser du capitalisme. Toutes les demi-mesures et toutes les réformes, si elles ont contribué à améliorer provisoirement la situation des esclaves modernes que sont les salariés, restent insuffisantes. Pire, les réformes économiques, sociales et politiques, aussi nécessaires soient-elles, ne font en dernière analyse que perpétuer l'asservissement général engendré par le système. Sans révolution, il est impossible de renverser et de bouleverser l'ordre bourgeois. Il ne s'agit pas seulement de réformer la société capitaliste pour la rendre supportable mais de l'abolir.

 

Prolétaires de toute l'Europe unissez-vous!

 

Mohamed Belaali

 

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(*) K Marx «Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel»

 

 

(1) http://www.challenges.fr/entreprise/20120827.CHA9810/quand-unilever-se-prepare-au-retour-de-la-pauvrete-en-europe.html

 

 

(2) V. Lénine, «L’ État et la révolution». Éditions en langues étrangères, Pékin 1976, page 113.

 

(3) F. Engels, «Le rôle de la violence dans l'histoire». Éditions Sociales, Paris 1976, page 38.

 

(4) F. Engels «Principes du communisme», 1847

 

http://www.marxists.org/francais/marx/47-pdc.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 07:32

 

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Les manifestations contre la dynastie des Al Saoud notamment dans les provinces orientales se poursuivent et se ressemblent. Chaque manifestation se termine par une répression sanglante. Cette violence exercée sur des manifestants pacifiques se fait à huis clos. Le silence des États-Unis, de l'Europe et de leurs médias sur ces exactions est impressionnant. Leur complicité avec ce Royaume moyenâgeux est totale. Les richesses pétrolières enfouies sous le sable de l'Arabie, le rôle de défenseur des intérêts impériaux de l'impérialisme américain font de cet État féodal un «ami» de toutes les bourgeoisies occidentales et l'ennemi de tous les travailleurs et de tous les peuples qui aspirent à se libérer du joug des régimes d'un autre âge et de leurs protecteurs impérialistes.

 

 

« Nous ne sommes pas la Tunisie, ni l’Égypte, ni ...» répètent souvent le régime saoudien et ses médias. Certes la contestation en Arabie Saoudite n'a ni l'ampleur ni la portée des soulèvements populaires en Tunisie, en Égypte, à Bahreïn ou au Yémen. Mais le peuple saoudien, comme l'ensemble des peuples arabes, aspire lui aussi à se débarrasser de la dynastie des Al Saoud et à se réapproprier sa fabuleuse richesse pétrolière. Il sait également que cette richesse est la plus convoitée et la plus protégée au monde. La famille royale qui possède tous les pouvoirs, n'est en fait qu'un instrument entre les mains de l'impérialisme américain qui l'utilise conformément à ses propres intérêts. Le pétrole reste encore une ressource économique vitale pour la bourgeoisie américaine d'autant plus que ses propres réserves ne cessent de diminuer.

 

Les compagnies pétrolières des États-Unis étaient présentes sur le sol saoudien dès 1933 avec la Standard Oil of California (Socal) qui formera un groupe avec Texas Oil Company (Texaco) et Mobil (1). A la fin de la deuxième guerre mondiale, la mainmise américaine sur le pétrole saoudien est totale avec la création d'Arabian American Oil Company (Aramco). Pour parachever leur domination et protéger les puits de pétrole saoudiens, une base de l'US Air Force est créée à Dhahran dans l'est du pays. Il est donc très difficile pour le peuple de l'Arabie Saoudite d'affronter dans ces conditions l'un des régimes les plus protégés et les plus cruels au monde.

 

Cette cruauté du régime saoudien plonge ses racines dans les sourcesmême du pouvoir des Al Saoud. Il faut revenir au XVIIIe siècle et plus exactement à l'époque de Mohammad Ibn Abdel Wahhâb (1703-1792), prêcheur fanatique, et le «mithaq» (pacte) qu'il a conclu en 1744 avec Mohammad Ibn Saoud, un émir qui rackettait ses propres sujets et ambitionnait de soumettre les autres tribus à son autorité, pour comprendre les origines despotiques du pouvoir saoudien actuel.

La violence de l'ultra-dogmatisme d' Ibn Abdel Wahhâb se manifestait non seulement dans ses discours (inégalité homme/femme, rigorisme des rapports sociaux etc.), mais surtout dans les châtiments corporels : lapidation à mort de l'adultère, amputation des voleurs, exécutions publiques, etc. Il s'agit à la fois d'une doctrine et d'une pratique. Les sanctions découlent directement des normes et préceptes avancés par Abdel Wahhâb. Cette mise en pratique des prêches et les effets des châtiments cruels ont effrayé les chefs religieux. Contraint de quitter son oasis natale, Abdel Wahhâb se réfugia dans les bras d' Ibn Saoud, émir de la province de Najd. Ensemble ils ont créé le wahhabisme. Mais Ibn Saoud a su mettre le talent, la ferveur et l'énergie d'Abdel Wahhâb au service de ses ambitions personnelles : la religion au service de la politique. Le prêcheur du désert est devenu le serviteur exclusif de l'émir et donne ainsi une justification et une couverture religieuse aux ambitions politiques de son protecteur. Le wahhabisme est la rencontre entre le fanatisme religieux et le cynisme politique.

 

La dynastie des Al Saoud qui gouverne aujourd'hui l'Arabie Saoudite est née de cette alliance confessionnelle et politique. La découverte du pétrole dans les années trente n'a fait que renforcer cette instrumentalisation de la religion. L'Islam est utilisé comme idéologie de légitimation pour perpétuer le pouvoir et les privilèges du clan des Al Saoud.

 

La religion et le pétrole sont des armes dont se sert cette monarchie d'un autre âge pour étouffer et éliminer toute contestation. Les châtiments cruels et inhumains sont régulièrement prononcés par les tribunaux saoudiens. Le nombre d'hommes et de femmes décapités dans ce pays ami des États-Unis et de l'Europe ne cesse d'augmenter (2). En Arabie Saoudite, les manifestations sont strictement interdites comme d'ailleurs les partis politiques, les syndicats et les associations. Aucune critique du roi et aucune opposition à son gouvernement ne sont tolérées dans cette monarchie absolutiste choyée et protégée par les bourgeoisies occidentales. Toute protestation et toute critique sont condamnées et considérées par le pouvoir comme contraire à L'Islam.

 

Pourtant, depuis les soulèvements populaires dans le monde arabe, l'Arabie Saoudite est le théâtre de manifestations récurrentes nonobstant l'appareil répressif sophistiqué du régime et sa cruauté. Craignant la contagion des soulèvements tunisien et égyptien à la péninsule, la caste au pouvoir a distribué sous forme d'avantages divers l'équivalent de 130 milliards de dollars pour taire la protestation et calmer la colère qui montait dans tout le pays. Mais le peuple saoudien, à l'instar des peuples arabes, aspire profondément au changement. Les manifestations, même d'une manière sporadique, se poursuivent. La répression est devenue encore plus brutale. Personne ne connaît avec précision le nombre de victimes tombées sous les balles de la police saoudienne formée et armée par les États-Unis. La tuerie se déroule à huis clos !

 

Les médias bourgeois, «profondément attachés aux droits de l'homme», se taisent lâchement sur les massacres des Al Saoud. Les assassinats des manifestants pacifiques sont occultés et souvent justifiés. Les contestataires qui défient courageusement, au prix de leur vie, l'ordre moyenâgeux saoudien, sont présentés par les gouvernements occidentaux et leurs médias comme des «terroristes» ou comme des «chiites manipulés par l'Iran». Le même discours est tenu par le régime saoudien qui parle de complot iranien qui vise à déstabiliser toute la région. «Les chiites sont des demi-juifs cachés»(3) disait Nayef ben Abdul-Aziz al Saoud, prince héritier et ministre de l'Intérieur d'Arabie Saoudite, demi-frère de l'actuel roi Abdallah, décédé le 16 juin 2012 et remplacé par le prince Salman, ministre de la Défense.

 

C'est cette même propagande et cette même complicité des bourgeoisies américaines et européennes qui ont conduit, entre autres, à l'intervention saoudienne à Bahreïn le 14 mars 2011 pour mater ces «chiites manipulés par l'Iran» et ces «demi-juifs cachés» afin de sauver une autre dynastie, celle des Al Khalifa, au pouvoir depuis des siècles(4). Ce sont donc les gouvernements et les classes dominantes américaines et européennes qui ont permis à l'Arabie Saoudite de briser le soulèvement populaire à Bahreïn et de maintenir une véritable dictature au pouvoir. Les victimes de ces interventions et ingérences étrangères sont toujours les mêmes : des hommes et des femmes qui se sont soulevés pour une société meilleure et qui ont vu leur révolte confisquée par l'impérialisme et ses auxiliaires régionaux. Dans cette guerre menée contre les aspirations à la démocratie et à la dignité des masses arabes opprimées, l'Arabie Saoudite, soutenue par les États-Unis et l'Europe, joue un rôle majeur. Elle est le rempart contre tout changement démocratique et progressiste dans le monde arabe. Elle est l'incarnation de la contre-révolution.

 

 

Par contre, en Syrie, l'occident impérialiste et ses serviteurs locaux comme l'Arabie Saoudite parlent plutôt «de combattants pour la démocratie», «des révolutionnaires», «des rebelles» pour désigner en fait des hommes armés, entraînés, dirigés et financés par les États-Unis, l'Europe, la Turquie et bien sûr «la grande démocratie» qu'est l'Arabie Saoudite ! Il faut, vaille que vaille, installer à Damas un pouvoir servile à leur botte comme en Libye.

 

Mais le pouvoir saoudien aussi puissant soit-il connaît des fissures qui ne cessent de s'élargir. La dynastie des Al Saoud est contestée dans tout le pays. Elle ne tient sa «légitimité» que de la répression et de la protection de la bourgeoisie américaine. Au sein même de la famille régnante, des rivalités entre princes, clans et autres réseaux plus ou moins formels se font jour quant à la succession du roi Abdallah (88 ans). Une crise de succession pourrait être, pour l'avenir du régime, un facteur sinon d'instabilité du moins d'incertitude. A cela s'ajoutent des problèmes d'ordre économique, conséquences d'une concentration excessive des richesses entre les mains de la famille royale et de l'élite des affaires qui lui est liée. Les politiques libérales préparées par les experts du Fonds Monétaire International et de la Banque Mondiale avec la complicité du pouvoir ont dégradé, entre autres, la situation du marché du travail notamment pour les jeunes saoudiens. En Arabie Saoudite, pays riche, les jeunes peinent à trouver du travail !

 

Le contraste est violent entre une gérontocratie qui vit dans un luxe suranné et une jeunesse frustrée à qui le pouvoir, pour la calmer, jette quelques miettes de cette fabuleuse richesse dont regorge le pays. Le Wall Street Journal, porte-parole du capital, laisse passer ces remarques:«L'âge moyen du triumvirat de princes régnants est de 83ans, alors que 60 % des Saoudiens ont moins de 18 ans. Grâce à la télévision par satellite, à Internet et aux réseaux sociaux, les jeunes sont désormais parfaitement conscients de la corruption des autorités - tout comme ils savent que 40 % des Saoudiens vivent dans la pauvreté et que près de 70 % ne peuvent se payer un logement. Ces Saoudiens vivent des vies dignes du Tiers Monde, ils souffrent d'une éducation lamentable et sont incapables de trouver du travail dans un secteur privé où 90 % des employés sont des étrangers» (5). Les hommes qui dirigent l'Arabie Saoudite ainsi que leur régime ont fait leur temps. Ils ne correspondent plus à la marche de l'histoire. S'ils sont toujours au pouvoir, c'est essentiellement grâce au soutien indéfectible des bourgeoisies américaines et européennes.

 

 

Ainsi va le monde absurde et barbare de la bourgeoisie. Elle méprise les peuples et leur volonté à disposer d'eux-mêmes. Grâce à sa puissance de feu, elle force toutes les nations qui ne peuvent se défendre à se soumettre à ses intérêts. La bourgeoisie est l'ennemie de la paix et du progrès. Elle soutient les régimes les plus rétrogrades et les plus cruels. Son «triomphe» en ex-Yougoslavie, en Irak, en Côte d'Ivoire, en Libye et peut-être demain en Syrie, c'est aussi le triomphe du despotisme, de la corruption et de la misère économique et politique. Les opprimés en Arabie Saoudite comme dans l'ensemble du monde arabe n'ont pas dit leur dernier mot malgré les avancées réelles de la contre-révolution et la prise du pouvoir par les forces réactionnaires et obscurantistes en Tunisie et en Égypte. La révolte gronde toujours. Leur espoir dans une société nouvelle est aussi grand que leur détermination à se débarrasser de leurs oppresseurs et de leurs despotes anciens et nouveaux.

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.lesclesdumoyenorient.fr/Etats-Unis-et-petrole-saoudien.html

 

(2) http://www.amnesty.org/fr/region/saudi-arabia/report-2012

 

(3) http://www.grotius.fr/wp-content/uploads/2012/02/POLE_MO_PDF_chiite_La-menace-g+%C2%AEopolitique-chiite-%C3%A1-analyse-dune-repr+%C2%AEsentation-saoudienne.pdf

 

(4) http://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

 

(5)The Wall Street Journal cité par le Courrier international du 26 août 2012 : http://www.courrierinternational.com/article/2011/02/18/attention-la-jeunesse-est-sur-facebook

 

 

 

 

 

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 19:14

 

 

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Mardi 24 juillet 2012 les ouvriers agricoles, menés par leur syndicat SOC-SAT (1), occupent la finca «Las Turquillas» au cœur de l'Andalousie à quelques kilomètres seulement de Marinaleda dans la région de Sevilla. Par cette occupation, les ouvriers ne cherchent pas à posséder cette ferme de 1200 hectares, propriété du ministère de la défense, mais seulement à la transformer en coopérative agricole permettant à des familles entières de vivre du fruit de leur travail.

 

Les militaires n'utilisent que 20 hectares seulement de la finca pour la reproduction des chevaux; le reste des terres est en friche. Dans la Comarca, le canton où se situe la ferme, le chômage atteint 40 % de la population active ! La situation n'est guère meilleure dans les autres cantons de l'Andalousie et dans toute l'Espagne. Face à cette terrible crise économique qui ravage tout le corps social espagnol, les journaliers agricoles andalous agissent et renouent avec les occupations des terres. Juste après la mort de Franco, les occupations des domaines appartenant à des familles aristocratiques espagnoles se sont multipliées. L'exemple le plus célèbre et le plus réussi reste celui de Marinaleda (2). C'est cet exemple que les occupants de la finca «las Turquillas» veulent suivre. Car il ne s'agit pas seulement d'occuper des terres, mais de construire un projet collectif viable de créations d'emplois et de justice sociale grâce aux coopératives ouvrières. L'occupation de «las Turquillas» s'inscrit donc dans la durée.


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Mais cette action et ce projet collectif ne dépendent pas seulement de la volonté des journaliers agricoles et de leur syndicat, ils dépendent également du rapport de force engagé avec le gouvernement et les militaires propriétaires de la finca. Les hommes et les femmes qui occupent en permanence la ferme sont déterminés à travailler, à irriguer et à faire fleurir cette finca andalouse. Ils sont soutenus par la plupart des habitants des communes alentours dont les maires (de Marinaleda, de Pedrera, de Lantejuela notamment) sont souvent présents à las «Turquillas». Marinaleda par exemple mobilise toute la population de la commune et met à la disposition de l'ensemble des militants et sympathisants des bus pour aller soutenir leurs camarades en lutte. Cette commune est prête également à mettre à la disposition des occupants de la finca «Las Turquillas» son savoir-faire technique et agronomique, comme elle le fait déjà avec la finca Somonté à Palma de Rio occupée elle aussi par les travailleurs agricoles du SAT depuis le 4 mars 2012. Les poivrons de Somonte par exemple seront transformés dans les coopératives industrielles de Marinaleda. L'ingénieur agronome de la commune met ses connaissances scientifiques à la disposition des ouvriers agricoles qui occupent la finca Somonte.

La réussite de l'occupation de cette ferme donne beaucoup d'espoir aux occupants de «Las Turquillas». La détermination , le soutien populaire et l'aide précieuse de la commune de Marinaleda sont des armes efficaces dont se servent les ouvriers et les ouvrières qui occupent la finca «Las Turquillas» contre le gouvernement qui, pour l'instant, ne songe pas à utiliser la force envers les occupants. Quoi qu'il en soit, les journaliers agricoles n'ont pas d'autres choix que d'occuper cette ferme s'ils ne veulent pas subir les souffrances et la misère du chômage. Et si jamais on décide de les expulser, ils reviendront autant de fois que nécessaire jusqu'à ce que le gouvernement cède cette terre aux travailleurs : «si nos expulsan, volveremos y lo haremos hasta que el gobierno ceda esas tierras a los trabajadores» (3).

 

Si le pouvoir politique ne sait que produire des chômeurs par millions, les ouvriers agricoles, eux, savent créer des emplois qui font vivre des familles entières en occupant et en travaillant la terre souvent laissée en friche ou dédiée comme ici à «Las Turquillas» à l'élevage et à la reproduction des chevaux. Fabrication du chômage et des chômeurs d'un côté, création d'emplois de l'autre !

 

Les politiques économiques poursuivies par les gouvernements espagnols successifs et la crise du capitalisme ont produit la situation désastreuse que connaît l'Espagne aujourd'hui. Mais elles ont produit en même temps des hommes et des femmes qui se battent pour vivre dignement du fruit de leur travail et non de la spéculation ou de l'exploitation du travail d'autrui. C'est le cas des journaliers agricoles andalous qui mènent un combat admirable pour que la terre serve celles et ceux qui la travaillent. Ils ne cherchent nullement à posséder la terre (au sens de propriété privée), mais seulement son utilisation : «No queremos la propiedad de la tierra, queremos su uso» disait Diego Cañamero porte-parole national du SAT le jour de l'occupation de «Las Turquillas» (4).

 

El Humoso de Marinaleda hier, Somonte et «Las Turquillas» aujourd'hui sont des exemples de combats d'ouvriers et d'ouvrières sans terre contre les injustices de classes et pour que la terre appartienne à celles et à ceux qui la travaillent. D'autres fermes seront peut-être occupées demain dans cette Andalousie ravagée par le chômage de masse. Le SOC-SAT a déjà lancé un appel à tous les travailleurs sans terre les encourageant et les incitant à mener des actions d'occupation des terres dans toute l'Andalousie. Seuls le travail et la sueur des hommes et des femmes sont capables de faire fleurir cette terre andalouse et redonner à des milliers de travailleurs espoir et dignité. Et comme l'écrivait le grand poète espagnol Miguel Hernández :

«Dites, andalous de Jaen,

qui a fait naître l'olivier ?                                

O andalous de Jaen

Ce ne fut pas le néant

Ni l'argent, ni le Seigneur,

Mais la terre silencieuse,

Le travail et la sueur».

 

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1) Sindicato de Obreros del Campo-Sindicato Andaluz de Trabajadores

 

(2) http://www.belaali.com/article-un-village-andalou-55816840.html

 

(3) http://www.sindicatoandaluz.org/?q=node/1004


(4) http://www.sindicatoandaluz.org/?q=node/1004

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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 15:49

 

Libye-4-copie-1.jpg

 

 

"Profitant des soulèvements populaires dans le monde arabe, l’impérialisme américain et son caniche européen tentent par tous les moyens d’intervenir en Libye pour installer un régime qui servira leurs intérêts (…) Le peuple libyen serait alors privé de sa révolution, de sa richesse et connaîtrait une situation aussi tragique que celle que subit actuellement le peuple irakien ou afghan par exemple" (1). Aujourd'hui cette tragédie est de plus en plus évidente. Règlements de comptes, torture, violence ethnique, corruption généralisée, milices surarmées formées d'anciens «rebelles» se retournant les unes contre les autres, tribus réclamant leur autonomie, pouvoir central impuissant et compagnies pétrolières étrangères pompant allègrement le pétrole du peuple libyen, voilà à quoi ressemble la Libye après l'intervention impérialiste.

 

 

Du 27 juin au 1er juillet 2012, des affrontements entre tribus rivales ont fait 47 morts et plus d'une centaine de blessés dans le sud-est libyen (2). Dans le sud-ouest et plus précisément dans les villes de Mizdah et Al-Chakika des combats entre les tribus de Zentan et d’Al-Machachiya ont fait 105 victimes et des centaines de blessés. En avril 2012, des groupes armés s'affrontaient près de Zouara à 80 km de Tripoli (3). Les différentes milices (plus de 100 rien qu'à Tripoli!) non contentes de s'entretuer, font régner une véritable terreur sur l'ensemble du territoire libyen. Leurs trafics notamment d'armes et d'alcool dégénèrent en règlements de comptes violents : «Chaque milice a son quartier et une véritable économie de la violence s’est mise en place. Il y a de l’alcool, des armes, des trafics des luttes d’influence. Tout cela dégénère très vite en règlements de comptes; on a tous les ingrédients d’une guerre civile larvée...» disait Patrick Haimzadeh ancien diplomate français (4). Dans son dernier rapport sur la Libye, Amnesty International constate que «un an après le soulèvement, des milices au comportement "anarchique" commettent des violations massives». Les milices de Misratah et de Zintan «ont ainsi chassé de chez eux tous les habitants de Tawargha, soit environ 30 000 personnes, et ont pillé et incendié leurs logements en représailles contre des crimes que des Tawarghas sont accusés d’avoir commis pendant le conflit. Des milliers de membres de la tribu des Mashashyas ont eux aussi été forcés à quitter leur village par des miliciens de Zintan» (5).Il ne s'agit là que de quelques exemples de ces crimes, de ces affrontements entre tribus, milices et autres seigneurs de guerre. Malgré cette «guerre de tous contre tous», la production de pétrole assurée par des compagnies étrangères, quant à elle, coule à flots. Elle a même retrouvé son niveau d'avant l'intervention impérialiste !

La violence, l'arbitraire et l'anarchie, au mauvais sens du terme, font partie intégrante du quotidien des libyens auxquels l'OTAN avait pourtant promis démocratie, liberté, respect des droits de l'Homme et tutti quanti. Non seulement le Conseil National de Transition (CNT) tolère ces crimes, mais il les encourage. Ainsi le 2 mai 2012, le CNT a voté une loi(loi 38) protégeant les responsables de ces exactions si elles ont pour but de « promouvoir ou protéger la révolution» (6).

 

L'intervention impérialiste a brisé également l'unité du peuple libyen. En mars 2012, la Cyrénaïque, un tiers du territoire, où se trouve l'essentiel des ressources pétrolières et gazières a proclamé son autonomie. Son Conseil intérimaire est dirigé par le prince Ahmed Al Zoubaïr al Senoussi petit neveu du roi Idriss Al Sanoussi.

A quelques jours des élections de l'assemblée constituante du 7 juillet 2012, des incidents violents se sont produits dans cette région de l'est libyen.

Le 1er juillet 2012, des hommes armés ont saccagé les bureaux de la commission électorale de Benghazi pour protester contre la répartition des sièges dans la future assemblée constituante qui devrait être élue le 7 juillet. Ils réclament pour la Cyrénaïque un nombre de sièges égal à celui des des deux autres régions, la Tripolitaine (ouest) et le Fezzane (sud). Le 5 juillet, c'est le dépôt contenant le matériel électoral qui a été incendié à Ajdabiya. Le 6 juillet, un fonctionnaire de la commission électorale a été abattu. Son hélicoptère, qui transportait des urnes, a été la cible des tirs d'armes légères (7). Le 7 juillet, un homme hostile aux élections a été tué dans un échange de tirs à Ajdabiya.

La Cyrénaïque comme d'ailleurs les Toubous (ethnie du sud d'origine africaine) appellent au boycott du scrutin du 7 juillet 2012.

 

Berbères, Toubous et autres Touaregs revendiquent, eux, leur spécificité culturelle et linguistique (8) et les tensions avec les tribus arabes dominantes se règlent souvent les armes à la main faisant plusieurs dizaines de morts. L'éclatement de la nation libyenne, construction récente et fragile, en entités plus ou moins indépendantes du pouvoir central et dominées par des tribuss'entretuant mutuellement est un risque réel, conséquence directe de l'intervention impérialiste.

 

L'autre conséquence directe de l'intervention militaire occidentale en Libye est le morcellement du Mali. Car si l'OTAN n'avait pas envahi la Libye et imposé un CNT à sa solde, jamais le Nord du Mali n'aurait pu être occupé par le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés islamistes. L'occupation de vastes territoires maliens est rendu possible grâce à la complicité des États-Unis, de la France et de leurs serviteurs locaux regroupés dans la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Les armes qui ont permis aux assaillants de s'emparer des deux tiers du territoire malien provenaient des arsenaux libyens. Le Qatar qui a participé à la guerre en Libye et qui finance avec l'Arabie Saoudite l'opposition syrienne, apporte son soutien financier, sous couvert d'aide humanitaire, aux mouvements armés qui agissent au nord du Mali. «Le gouvernement français sait qui soutient les terroristes. Il y a le Qatar par exemple qui envoie soi-disant des aides, des vivres tous les jours sur les aéroports de Gao, Tombouctou etc.» disaitSadou Diallo maire de Gao (9). Mais ce que le maire n'a pas compris, c'est que la France dont il demande l'intervention militaire, travaille main dans la main avec le Qatar sous la houlette des États-Unis qui, eux, agissent bien sûr à travers l'OTAN mais aussi à travers l'AFRICOM (Commandement militaire des États-Unis pour l'Afrique ). Ce commandement leur permet non seulement de contrer la présence chinoise en Afrique, mais aussi et surtout de s'approprier les immenses richesses minières et pétrolières du continent. C'est dans ce cadre général qu'il convient de situer l'intervention impérialiste en Libye et ses prolongements au Mali.

 

L'intervention impérialiste en Libye a fait des dizaines de milliers de victimes innocentes. Elle a détruit l'essentiel de l'infrastructure économique du pays. Elle a brisé l'unité de la nation libyenne. L'impérialisme américain et son supplétif européen ont imposé au peuple libyen par la violence un pouvoir sans légitimité aucune, mais qui leur est totalement soumis. Les bourgeoisies occidentales, à travers leurs compagnies, peuvent désormais pomper, tels des vampires, le pétrole libyen en toute quiétude. Mais ces rapaces sont insatiables. Leurs visées impérialistes portent maintenant sur le sous sol de tout le Sahel africain en exploitant les mécontentements des populations marginalisées par les régimes en place. La destruction de la Libye rappelle étrangement la destruction de l'ex-Yougoslavie, de l'Irak, de l'Afghanistan, de la Côte d'Ivoire et bien d'autres États encore. Aujourd'hui, l'impérialisme américain et européen avec l'aide de leurs alliés locaux (Arabie Saoudite, Qatar, Turquie etc.) sont en train de détruire la Syrie pour imposer, là encore, un pouvoir à leurs bottes. Toutes les nations qui n'ont pas les moyens militaires pour se défendre sont des cibles potentielles de l'impérialisme. Cette violence exercée sur des peuples sans défense est intimement liée aux fondements même du système capitaliste dont le seul et unique but est la maximisation du profit par tous les moyens. Rien n'arrêtera cette minorité d'exploiteurs d'exercer sur l'immense majorité d'exploités, à travers le monde, une répression et une cruauté sans limite pour atteindre leur objectif. La résistance et le combat pour la destruction du capitalisme doivent être planétaires.

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.belaali.com/article-l-imperialisme-est-l-ennemi-des-peuples-le-cas-de-la-libye-68565735.html

 

(2) http://www.jeuneafrique.com/Article/DEPAFP20120701101410/

 

(3)http://www.rfi.fr/afrique/20120404-libye-reprise-affrontements-entre-groupes-armes-zouara-ouest-tripoli

 

(4) http://www.bbc.co.uk/afrique/nos_emissions/2012/02/120215_invite.shtml

 

(5) http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Crises/Afrique-du-Nord-Moyen-Orient/Actualites/Libye-un-apres-le-soulevement-des-milices-commettent-des-violations-massives-4673

 

(6) http://allafrica.com/stories/201205110309.html

 

(7) http://www.humanite.fr/monde/libye-premieres-elections-sous-tension-500391

 

(8) http://www.irinnews.org/fr/Report/95542/LIBYE-Les-minorit%C3%A9s-libyennes-revendiquent-leurs-droits

 

(9) http://www.rtl.fr/actualites/culture-loisirs/international/article/sadou-diallo-maire-de-gao-au-mali-le-gouvernement-francais-sait-qui-soutient-les-terroristes-il-y-a-le-qatar-775034

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 17:07

 

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La bourgeoisie française peut s'estimer heureuse ! Après le sarkozysme qui l'a comblée au- delà même de ses espérances, voilà la social-démocratie qui s'apprête à son tour avec un dévouement singulier à servir les mêmes maîtres. Certes, les pratiques dans leurs apparences, le style, les mots d'ordre et le discours de la social-démocratie diffèrent des manières du gouvernement précédent. Mais il ne s'agit là que des formes et d'un déguisement acceptable, qui reflètent plus ou moins nettement le fond commun : servir la même classe sociale, la bourgeoisie qui les place à tour de rôle à la tête de l'État.

 

 

«Le premier devoir du président de la République, c'est de rassembler» affirmait François Hollande le soir de son élection.La France a besoin«d'apaisement, de réconciliation, de rassemblement»insistait-il dans son premier discours à l'Élysée le 15 mai 2012.

 

La collaboration de classes est une constante et une caractéristique essentielle de la social-démocratie. Des figures éminentes de ce courant politique collaboraient déjà avec Nicolas Sarkozy. Michel Rocard, Jack Lang, Michel Charasse, Bernard Kouchner etc. ont tous travaillé sans état d'âme avec Sarkozy pour l'aider à appliquer une politique entièrement dédiée à la classe dominante. Il y a longtemps que les sociaux-démocrates français et européens ont abandonné la confrontation avec la bourgeoisie. Ils sont «plus à l’aise, tellement le mot révolution leur fait peur, dans la gestion de la brutalité et de la barbarie du capitalisme qu’ils considèrent comme un système naturel et donc inéluctable»(1). Depuis la fin du XIX siècle, leur histoire n'est qu'une succession de trahisons des classes populaires et d'une collaboration implacable avec les classes dominantes. De retour au pouvoir, la social-démocratie française n'est donc absolument pas prête à remettre en cause les intérêts et les privilèges de la bourgeoisie. Bien au contraire, elle tentera, au delà du discours, de les consolider.

 

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Après avoir abandonné Dominique Strauss Kahn à sa vie nocturne dissolue, la bourgeoisie a jeté son dévolu sur François Hollande. Ses médias et ses instituts de sondage lui ont apporté une aide décisive. Même Sarkozy ne comprenait pas qu'on lui préférait Hollande, lui qui avait la haute main sur cette redoutable arme que sont les médias grâce à ses amis comme Martin Bouygues (un tiers des audiences télévisuelles), Arnaud Lagardère (Europe 1, Paris Match, leJDD entre autres), Bernard Arnault (La Tribune), François Pinault (Le Point) et bien sûr Serge Dassault propriétaire du Figaro sans compter les différentes nominations et placements de ses proches un peu partout.

 

Pour la bourgeoisie, Hollande est l'homme de la situation. Il est capable de préserver les intérêts des riches tout en faisant croire aux masses populaires qu'il entreprend des réformes en leur faveur. Le sarkosysme avec sa manière directe et brutale de servir la classe dominante ne correspond plus à la nouvelle réalité de la lutte des classes. Place aux nouveaux serviteurs de l'ordre établi !

 

Pour produire l'illusion du changement et donner l'impression de créer quelque chose de tout à fait nouveau, ils doivent travestir la réalité. Leur langage, leur style, leur comportement et leurs actes doivent faire oublier le gouvernement précédent. François Hollande et ses ministres doivent se draper dans un déguisement respectable pour que la différence avec l'ancien pouvoir paraisse éclatante. Ils ont besoin pour se distinguer de l'ancien gouvernement de jouer une nouvelle comédie sur la scène politique française. Ainsi, le nouveau président et ses ministres, pour leurs déplacements, sont invités et encouragés à préférer le train à l'avion. On ne parle plus de rigueur et d'austérité, mais de croissance. La parité entre hommes et femmes au sein du gouvernement est respectée. «Un coup de pouce» au SMIC sera donné. Le «contrôle au faciès» sera combattu. «Le pouvoir sera exercé au sommet de l'État avec dignité et simplicité» et les comportements seront d'une «scrupuleuse sobriété ». Fini donc la période «bling-bling», le «Fouquet's», les fanfaronnades, les vaines agitations, les mutilations de la langue et autres vulgarités de l'ancien président. L'État non seulement «sera impartial», mais aussi «la propriété de tous les français».

Les nouveaux serviteurs ont besoin de magnifier et d'exagérer les tâches à accomplir pour mieux masquer leur véritable mission, servir les puissants.

 

Il est évidemment trop tôt pour pouvoir analyser concrètement les décisions et les réalisations du nouveau gouvernement. Mais des signes et des déclarations des nouveaux serviteurs trahissent déjà leurs discours et creusent de larges fissures sur leur masque laissant entrevoir le vrai visage de la social-démocratie. La croissance économique par exemple est le mot fétiche des nouveaux serviteurs. Ils le répètent à longueur de journée, sans jamais expliquer aux citoyens le contenu réel de cette fameuse croissance. Aucune mesure précise n'est prise concernant la hausse du pouvoir d'achat des travailleurs et des classes populaires susceptible de stimuler la consommation, élément central de la croissance économique. Silence également sur les moyens à mobiliser pour combattre réellement le chômage qui ravage la vie de larges couches de la population. Par contre, les sociaux-démocrates au pouvoir insistent déjà sur la réduction des dépenses publiques et du déficit public. Ils parlent même d'équilibre budgétaire : «nous nous tiendrons à nos engagements (...)de ramener les déficits en dessous de 3% du PIB en 2013». Une loi de programmation des finances publiques sera élaborée cet été, tracera «le cheminement contraignant» qui mènera «à l'équilibre en 2017» assurait le nouveau ministre des Finances Pierre Moscovici à Berlin le 21 mai 2012. Il va donc «falloir faire un effort, c'est certain, mais cet effort sera justement réparti» disait François Hollande le 30 mai sur le plateau de France 2.Sous la croissance l'austérité ! Les nouveaux serviteurs se préparent donc à poursuivre en douceur le travail de démolition des acquis sociaux entamé avant eux par le gouvernement précédent conformément auxseulsintérêts de la classe dominante. L'ancien pouvoir parlait de politique de rigueur, le nouveau de la croissance pour désigner en fait, à quelques inflexions près, une même politique au service de la même classe sociale, la bourgeoisie qu'ils sont tenus l'un et l'autre de servir.

 

Manuel Valls, le nouveau ministre de l'intérieur, veut quant à lui, faire mieux que Brice Hortefeux, Éric Besson et Claude Guéant réunis. Son fétichisme pour la sécurité et son mépris, qu'il affiche avec une certaine fierté pour les populations des quartiers populaires, sont sans bornes.

Rarement dans l'histoire récente de la France, on a brisé autant de familles, infligé autant de souffrances et humilié autant d'hommes, de femmes et même d' enfants sans papiers que sous le règne de Sarkozy. Rarement les travailleurs immigrés, les Roms, les musulmans etc. n'ont été la cible privilégiée des politiques xénophobes et boucs émissaires pour mieux occulter la faillite économique de la bourgeoisie, que sous le pouvoir quasi monarchique de l'ancien président. Manuel Valls s'inscrit totalement dans cette détestable politique sécuritaire qui l'a propulsé au-devant de la scène politique. Comme tout opportuniste et carriériste qui se respecte, Valls a construit toute sa carrière sur le terrain de la sécurité, de la xénophobie et de la haine des travailleurs immigrés comme les Le Pen, père et fille, et Sarkozy. Toutes les opportunités sont bonnes pour parler de l'insécurité et rendre hommage aux forces de l'ordre (2) même si la liste des hommes morts dans les commissariats, ou lors des interpellations policières est trop longue (3). Jamais Manuel Valls n'a eu la moindre pensée pour ces hommes, nombreux et anonymes, tués justement par ces forces au service de l'ordre établi. Seule compte pour lui sa carrière. Il va certainement déployer un zèle singulier, d'une manière différente que ses prédécesseurs, pour masquer la faillite économique et morale de la bourgeoisie en présentant les travailleurs immigrés, les musulmans, les sans papiers etc. comme responsables des malheurs de la France. L'agitation des sociaux-démocrates autour de l'insécurité/immigration n'a d'égale que leur silence sur le chômage et la précarité de l'emploi qui plongent l'individu dans l'incertitude et l' insécurité économique et sociale la plus totale.

 

La soumission des sociaux-démocrates aux intérêts des puissants à l'intérieur du pays, se reflète plus nettement encore dans leur politique extérieure et dans leur vision guerrière du monde.

 

Depuis 1914, la social-démocratie a participé à toutes les guerres impérialistes conformément aux intérêts exclusifs des classes dominantes.En août 1914, les sociaux démocrates allemands ont voté les crédits de guerre au Reichstag se rangeant ainsi du côté deGuillaume II, c'est à dire du côté de la bourgeoisie allemande. La Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO), l'ancêtre du Parti Socialiste, se rallie, elle aussi, à «l'effort de guerre» juste après l'assassinat de Jean Jaurès ! Les sociaux-démocrates se sont ainsi mis au service de leurs bourgeoisies respectives et ont largement contribué à dresser les ouvriers et les peuples les uns contre les autres. Rappelons tout de même que cette boucherie a fait 9 millions de morts !

«Les armes vont parler» disait François Mitterrand pour annoncer la première guerre du Golfe en 1991.

La guerre impérialiste en Yougoslavie a été menée, main dans la main, par Chirac et Jospin derrière les américains en 1999.

Les sociaux-démocrates ont soutenu sans hésitation aucune Nicolas Sarkozy pour l'intervention des forces de l'OTAN en Libye permettant, entre autres, à Total de pomper sans trop de contraintes le pétrole du peuple libyen au prix de dizaines de milliers de morts et de la destruction d'une grande partie du pays.

Deux semaines à peine après son installation au pouvoir, Hollande parle déjà d'intervention armée en Syrie encouragé par le «grand humaniste» de tous les temps, Bernard-Henri Lévy.

Le départ prévu des puissances impérialistes de l'Afghanistan est la conséquence directe de la défaite de l'OTAN face à la résistance afghane. Là encore la seule différence entre Sarkozy et Hollande est le calendrier ! Le premier prévoyait le retrait fin 2013, le second fin 2012. Sur les raisons impérialistes de l'intervention dans ce pays, les deux serviteurs de la bourgeoisie sont entièrement d'accord.

Les sociaux-démocrates français entretiennent, par ailleurs, d'excellentes relations avec les plus rétrogrades des régimes et les plus dangereux pour la paix de la planète. Il serait peut-être fastidieux d'énumérer ici toutes les dictatures qu'ils ont soutenues ou qu'ils soutiennent encore. Israël arrive en tête de ces États qui menacent la paix du monde et admiré par les sociaux-démocrates. Ni l'occupation, ni les massacres à répétition, ni les condamnations de l'ONU, ni les souffrances infligées au quotidien au peuple palestinien etc. n'entament leur vénération et leur soutien inconditionnel à l'État sioniste.

Leur soutien va également aux régimes d'un autre âge comme celui de l'Arabie Saoudite, du Qatar et ceux de toutes les monarchies du Golfe. Aujourd'hui, les nouveaux serviteurs font beaucoup de bruit autour du cas de Mme.Ioulia Timochenko en boycottant l'Euro 2012 organisé en Ukraine : «aucun membre du gouvernement n'assistera aux matches en Ukraine» déclarait Valérie Fourneyron ministre de la jeunesse et du sport au journal l'Équipe (4). Cette déclaration contraste violemment avec le silence du candidat Hollande sur la Formule 1 qui s'est déroulée à Bahreïn du 20 au 22 avril 2012 (5). Ce silence, qui dure toujours, est interprété par le peuple de Bahreïn comme un soutien à la dictature des Al Khalifa.

Les sociaux-démocrates ont également des amis un peu partout comme par exemple les Bongo, père et fils, en Afrique. Laurent Fabius, qui a visité le Gabon en février 2012, disait « Nous avons parlé des relations entre le Gabon et la France qui sont des relations excellentes et j'ai dit mon souhait qu'elles se développent dans le futur» (6).

Il ne s'agit là que de quelques exemples montrant ce dévouement des sociaux-démocrates à servir les intérêts de la bourgeoisie française partout à travers le monde.

 

 

Le nouveau pouvoir se présente tel un prestidigitateur habile attirant et fixant, par un tour extraordinaire, l'attention des classes populaires sur les quelques aspects plutôt positifs de ses décisions pour mieux cacher sa véritable mission, servir la classe dominante. Les sociaux-démocrates donnent l'illusion d'être radicalement différents des gouvernements précédents, ce qui leur permet de tenir endormis les travailleurs et l'ensemble des classes populaires. Ils sont donc plus difficiles à combattre que l'ancien pouvoir. Mais les illusions vont bientôt se dissiper avec la poursuite de la rigueur même déguisée en croissance, l'arrivée des licenciements massifs d'ouvrières et d'ouvriers, la multiplication des entreprises en faillite, le despotisme de la Commission Européenne, des marchés financiers, des agences de notation etc. etc. Le nouveau gouvernement apparaîtra alors tel qu'il est réellement, c'est-à-dire un instrument au service de la classe dominante.

Toutes les forces du progrès qui se réclament des travailleurs doivent s'unir pour construire ensemble une autre alternative à la social-démocratie qui est non seulement éloignée des intérêts des classes populaires, mais constitue également un véritable obstacle sur le chemin du dépassement du capitalisme.

 

 

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://belaali.over-blog.com/article-social-democratie-et-collaboration-de-classes-50152165.html

 

(2) Manuel Valls : «Sécurité: la gauche peut tout changer», Éditions du Moment, 2011.

 

(3) http://belaali.over-blog.com/article-crimes-ordinaires-de-l-etat-fran-ais-98240680.html

 

(4) http://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Les-politiques-boycotteront-l-euro/288065

 

(5) http://belaali.over-blog.com/article-bahrein-la-formule-1-au-service-de-la-tyrannie-103865292.html

 

(6) http://www.rfi.fr/afrique/20120215-voyage-ex-premier-ministre-francais-laurent-fabius-gabon-interpelle-francafrique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 21:27

 

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Larache est une ville hors circuit touristique, renfermée sur elle-même et ouverte sur la mer. Seuls quelques monuments historiques et la tombe austère de Jean Genet attirent quelques visiteurs. La grande Place circulaire de la ville est envahie ce mardi premier mai 2012 non seulement par une lumière éclatante, mais aussi par des ouvrières et des ouvriers de tous les secteurs de l'activité économique de la commune venus célébrer ensemble la fête du travail.

 

Les femmes, constituées essentiellement de travailleuses de petites usines de textile et de conserveries, sont nettement plus nombreuses que les hommes. Elles sont accompagnées de leurs enfants à qui elles offrent, probablement plus que d'ordinaire, des friandises achetées aux marchands ambulants qui entourent toute la Place. Les marins, ces «travailleurs de la mer», qui ont mené en 2011 un dur combat des semaines durant contre leurs patrons pour améliorer leurs conditions de travail, sont bien présents. Les ouvriers agricoles, ces travailleurs de la terre, pauvrement vêtus tenaient eux-aussi à participer à cette fête du travail. Bref, toutes les branches économiques étaient représentées. La télévision et la presse nationales, elles par contre, étaient absentes. Ce petit peuple de producteurs de richesses semblait être content de se retrouver ainsi réuni sous un soleil printanier sur cette belle Place bleu et blanche le jour du premier mai.

 

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Les représentants de chaque secteur, les uns après les autres, sont montés sur une modeste estrade décorée du drapeau national et ont parlé de leurs souffrances au travail, de leurs combats et de leur espoir de voir leurs conditions d'existence s'améliorer. Soudain, la tribune s'effondre et le dernier orateur se trouve par terre sans gravité. Toute la foule éclate alors de rire ! Cet incident a permis à l'intervenant suivant de dénoncer la municipalité, responsable de l'installation, complice du régime et ennemie des travailleurs. Une petite femme d'un certain âge, casquette sur la tête, prend le micro au milieu des manifestants et d'une voix déterminée rappelle la signification du premier mai et ce qu'il représente pour les travailleurs de toute la planète. Personne ne va parler de nous, ni du combat que nous menons au jour le jour dans notre petite ville contre l'exploitation patronale disait-elle. Mais nous ne sommes pas seuls ! Nous sommes fiers d'appartenir à cette immense classe ouvrière qui, comme nous ici, célèbre aujourd'hui partout à travers le monde la fête du travail poursuit-elle. Une salve d'applaudissements éclate et les slogans contre les patrons et le régime entamés par quelques manifestants et repris en chœur fusent de toutes parts. Un drapeau d'un rouge écarlate, avec faucille et marteau, est déployé. Les marins entament alors leurs chants préférés à la gloire de leurs luttes passées et à venir. Le cortège, rejoint par les éternels « chômeurs diplômés», la trentaine pour certains bien entamée, se met en branle et les organisateurs rappellent aux marcheurs de ne pas répondre aux provocations policières.

 

Dans les rues étroites du centre ville, les slogans portés par la foule raisonnent encore plus fort. Les manifestants sont parfois salués et encouragés à travers les balcons et les terrasses des maisons par des familles entières. En haut de l'avenue Mohamed V, large artère principale de la ville, le cortège rencontre sur son passage un autre rassemblement organisé par un autre syndicat : «unité», «unité» scandent alors spontanément de chaque côté les manifestants. Le cortège poursuit sa lente progression rythmée par des chants et des slogans liés aux revendications matérielles et syndicales des ouvriers qui jaillissent des rangs serrés des marcheurs et se confondent avec les appels à la prière venus des minarets alentours créant une étrange atmosphère.

 

Vers 14h, les ouvrières et les ouvriers de Larache commencent à ranger soigneusement leurs banderoles et leur maigre matériel pour le ressortir certainement dans le cadre, cette fois, des manifestations dominicales du Mouvement du 20 février. Les femmes rentrent chez elles avec leurs enfants. Les hommes, par petits groupes, rejoignent quant à eux l'unique café ouvert ce premier mai sur la place, le «café Lixus», pour prendre ensemble un verre de thé.

 

 

Mohamed Belaali

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 16:01

 

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Dans « Répression et résistance à Bahreïn», nous avons écrit : «Le soulèvement populaire à Bahreïn est le produit de décennies d’injustices, d’oppression et d’humiliations. On peut le réprimer, voire l’écraser, mais il renaîtra, tel un phénix, de ses cendres. Car il est né et a grandi sur le sol du despotisme et de l’arbitraire» (1).Puisque cet arbitraire et ce despotisme perdurent, la résistance du peuple de Bahreïn se poursuit malgré une terrible répression. L'organisation du Grand Prix de Formule 1 dans ce petit royaume ne fait que renforcer la détermination «des révoltés de la Perle» à poursuivre le combat contre un régime suranné mais soutenu par les monarchies du Golfe et bien sûr par les États-Unis et l'Europe.

 

 

Le monument de la Perle, symbole de la résistance à la dictature des Al Khalifa, a été détruit. Il est remplacé par les chars de l'armée saoudienne qui encerclent toute la place.Les mosquées et les minarets n'ont pas échappé à cette folie destructrice. Les routes et les autoroutes de ce petit royaume sont littéralement quadrillées. Les forces antiémeutes, surarmées, sont omniprésentes et n'hésitent pas à tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques. Les commissariats de l'archipel sont transformés en centre de torture. Les tribunaux militaires jugent et condamnent des civils. Les blessés ne sont plus soignés au mépris de toutes les conventions internationales.

 

La dynastie des Al Khalifa, au pouvoir depuis plusieurs siècles, le Conseil de Coopération du Golfe(CCG) dominé par l'Arabie Saoudite, l'impérialisme américain et européen sont satisfaits. Ils pensent que les aspirations du peuple de Bahreïn à la dignité et à la démocratie sont, comme le soulèvement qui les concrétise, définitivement enterrées. La dictature, les privilèges, les intérêts des uns et des autres sont sauvés. Il faut maintenant annoncer et exposer, à la face du monde entier, que la situation est normale et que l'émirat est un pays paisible. Le spectacle du Grand Prix de Formule 1 peut alors commencer. «Je connais les gens qui y vivent, c'est très calme et paisible» disait platement Bernie Ecclestone, homme d'affaires et patron de cette fameuse course. Le sport au service du despotisme !

 

L'exploitation politique du sport ne date évidemment pas d'aujourd'hui. L'Italie fasciste et l'Allemagne nazie, deux faces hideuses du capitalisme, ont déjà instrumentalisé cette activité pour donner unecertaine légitimité à leur pouvoir. L'Italie mussolinienne (1934) et l'Allemagne hitlérienne (1936) avaient organisé respectivement la seconde Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques. La FIFA, elle, avait confié l'organisation du «Mundial» de 1978 à l'Argentine de la junte militaire dirigée par le général Videla. Le grand Prix de F1 se déroulait régulièrement en Afrique du Sud en plein régime d'Apartheid. Le cas de Bahreïn s'inscrit donc dans cette «tradition» où l'activité sportive est utilisée par les pouvoirs pour asseoir leur domination de classe.

 

Pendant ce temps-là, dans l'indifférence quasi-générale, sans les médias occidentaux ni Al Jazeera, le peuple de Bahreïn poursuit son combat contre cette dictature d'un autre âge (2). Des manifestations quotidiennes sont organisées, dans des conditions difficiles, pour protester contre cette nouvelle humiliation que constitue le Grand Prix de Formule1ou comme l'appellent les bahreïnis «Formule du sang». Samedi 21 avril 2012, les manifestants ont laissé un des leurs, tué par la police du pouvoir, s'ajoutant ainsi à la liste déjà longue des martyrs du peuple de Bahreïn. Pour prévenir toute contestation lors du Grand Prix, les autorités non seulement ont quadrillé tout le pays, mais ont procédé aussi à des dizaines d'arrestations des militants du mouvement de contestation (3). Le mutisme des médias bourgeois sur cette répression et cette résistance est édifiant. Il faut que la contestation du régime en place se passe à huis clos.

 

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Le contraste entre le silence sur Bahreïn et l'hystérique propagande contre la Syrie par exemple de ces mêmes médias est éloquent. Il faut dire que les très «démocratiques» dynasties des Al Khalifa, des Al Saoud de l'Arabie Saoudite ou celle encore d' Al Thani du Qatar qui désirent ardemment installer la démocratie en Syrie, sont «nos amis»; car elles nous sont totalement soumises. Il faut donc les protéger et les mettre à l'abri des tentations et des aspirations du peuple à la liberté et à la démocratie. Le CCG, l'impérialisme américain et européen savent pertinemment que la victoire du peuple sur la dictature dans un pays (Tunisie et Égypte), suscite d'immenses espoirs et encourage les autres peuples dans le monde arabe à se soulever à leur tour contre leurs propres tyrans.

 

Pendant que les émirs de Bahreïn assistent au spectacle de Formule 1, et les médias occidentaux sont occupés à transmettre les performances des pilotes du Grand Prix, un militant des droits de l'Homme, Abdel Hadi Al Khawaja, arrêté et condamné à la perpétuité est entre la vie et la mort. Il mène une grève de la faim depuis le 8 février 2012 contre sa détention arbitraire. Sa résistance et sa détermination sont celles de tout un peuple qui se bat quasiment seul contre une tyrannie soutenue par les monarchies du Golfe et par toutes les «démocraties» capitalistes.

 

 

 

Mohamed Belaali

 

belaali.over-blog.com

 

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(1) http://belaali.over-blog.com/article-repression-et-resistance-a-bahrein-73815420.html

 

 

 

 

(2)http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Crises/Afrique-du-Nord-Moyen-Orient/Actualites/Bahrein-des-reformes-vides-de-sens-face-aux-violations-5196

 

Voir également les communiqués du Centre de Bahreïn pour les droits de l'Homme

http://www.bahrainrights.org/en/node/5192

 

 

(3) http://af.reuters.com/article/sportsNews/idAFJOE83H03K20120418

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 20:47

 

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«Pourquoi ai-je attendu ce jour pour le dire,
vieilli, et de ma dernière encre :
La puissance atomique d'Israël menace
une paix du monde déjà fragile ? (…)

parce que je suis las de l'hypocrisie de l'Occident».

Ainsi s'exprimait Günter Grass prix Nobel de littérature dans un poème publié le 4 avril par le quotidien Süddeutsche Zeitung (1). Günter Grass n'annonce en fait rien de nouveau en affirmant courageusement que l'État sioniste d'Israël, soutenu aveuglément par l'impérialisme américain et européen, menace la paix du monde.

 

 

Dès le premier tiers du XIXe siècle, le Royaume-Uni développait déjà l'idée de créer un «foyer juif en Palestine» pour servir ses propres intérêts stratégiques(2). Le sionisme politique a grandi et prospéré sous l'aile protectrice de l'impérialisme britannique, puissance économique et coloniale de l'époque. L'antisémitisme européen, le génocide nazi, le mépris des arabes palestiniens, considérés comme des ectoplasmes par le colonisateur britannique, ont grandement contribué au développement du sionisme qui n'était, jusqu'à la déclaration Balfour (1917), qu'un mouvement politique minoritaire chez les juifs. Chaïm Weizmann, premier président de l'État d'Israël, écrivait dans ses mémoires : «Il était toujours plus facile de parler à cœur ouvert aux non-juifs qu'aux juifs occidentaux; il y avait moins de chance d'être mal compris»(3). Ce sont donc les intérêts économiques et stratégiques de l'Angleterre et, partant, de la bourgeoisie anglaise qui sont, tout du moins au début, derrière le fait colonial israélien et ce qu'il est devenu aujourd'hui c'est à dire un véritable danger non seulement pour les peuples de cette région «bourrée» de pétrole, mais pour le monde entier.

 

Israël est un État au-dessus de tous les États. Il est aussi au-dessus des lois, des conventions et de toutes les résolutions des Nations Unies. Israël a trop de pouvoir. Il ne supporte ni contradiction, ni critique. Toute contestation, toute opposition et toute dénonciation de l'entité sioniste est impitoyablement réprimée. L'antisionisme se confond désormais avec l'antisémitisme. Les listes de militants et militantes, de penseurs, de poètes, d'artistes, d'universitaires, de journalistes, d'hommes et de femmes politiques, accusés d'antisémitisme sont interminables. Günter Grass n'est ni le premier ni le dernier à être traité d'antisémite. La résistance à l'État sioniste d'Israël est systématiquement qualifiée de terrorisme. Même si la résistance à l'occupant est un droit naturel reconnu par les Nations Unis, le peuple palestinien est réduit à des «bandes de terroristes» qui menacent l'existence même d'Israël ! Cette obstination à taire toute critique de l'entité sioniste ne peut s'expliquer que par cette farouche volonté d'escamoter l'histoire de la Palestine et les crimes perpétrés par Israël avec la complicité absolue de l'impérialisme contre le peuple palestinien. Les massacres d’Israël se font «dans les murmures ou dans un silence total(...)» écrivait Jean Genet dans «Quatre heures à Chatila» (4).

 

La bourgeoisie et le sionisme politique ont ensemble enfanté un monstre qui ne cesse de grandir et menace le monde d'une guerre nucléaire dont les conséquences sont incalculables.

 

Israël, l'impérialisme américain et européen n'ont jamais accepté ni supporté la disparition de la dynastie des Pahlavi, qui était à leur service, et la naissance de la République islamique d'Iran en 1979. La dictature du Chah était l'une des plus féroces et des plus cruelles que l'impérialisme américain ait produit. La Savak, police politique du Chah, faisait régner la terreur par des pratiques d'une rare barbarie, empêchant toute velléité d'opposition au régime en place. Les compagnies américaines et britanniques notamment peuvent alors pomper à leur guise le pétrole iranien en toute quiétude.

Le fait que cette République religieuse et nationaliste refuse l'hégémonie impérialiste et nationalise ses richesses pétrolières et gazières a suffit pour placer l'Iran sur l'«Axe du Mal» parmi les «États voyous». Les Etats-Unis et Israël ne peuvent tolérer un pays comme l'Iran se développer et menacer leur hégémonie sur le Moyen-Orient, première région pétrolière du monde. Pour les dirigeants sionistes, l'Iran et son développement rapide constituent de surcroît un obstacle à la réalisation du «Grand Israël».

 

Il faut donc, vaille que vaille, détruire cette république. A la place, il faut installer un régime au service des intérêts impérialistes et sionistes. Et tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif. Embargo, sanctions en tout genre, assassinat de chercheurs scientifiques, ingérence dans les affaires politiques iraniennes etc., sont des armes que l'impérialisme et le sionisme utilisent pour mettre à genoux la République islamique d'Iran. On prépare également l'opinion publique internationale à une éventuelle agression contre l'Iran par une intense et délirante propagande. La diabolisation des dirigeants iraniens, comme on a diabolisé tous les dirigeants des pays que l'on a envahis, relève de cette intoxication et de cette gigantesque manipulation de l'opinion. Il faut créer un climat politique et psychologique propice à la guerre.

 

Mais l'État d' Israël veut aller encore plus loin. Et c'est le programme nucléaire iranien qui est cette fois visé. «L'Iran s'approche lentement mais sûrement du moment où il entrera dans une zone d'immunité» disait Ehoud Barak, ministre de la défense israélien (5). «l'Iran ne devrait jamais être autorisé à développer des armes nucléaires» insistaitNetanyahou devant l'American Israel Public Affairs Committee(AIPAC) (6).Détruire les installations nucléaires iraniennes est devenu l’obsession des dirigeants extrémistes israéliens. Benyamin Netanyahou en fait même la mission de sa vie(7).

 

Étrange situation ! Ce sont les pays impérialistes et leur créature le sionisme dont toute l'histoire n'est que cruauté, massacres et mépris absolu de la vie humaine qui accusent l'Iran de vouloir posséder la bombe nucléaire alors qu'ils détiennent l'essentiel de cette terrifiante arme ! Rappelons tout de même que les États-Unis ont utilisé par deux fois cette arme génocidaire contre les habitants d'Hiroshima et de Nagasaki en 1945 tuant dans des conditions atroces des dizaines de milliers d'hommes et de femmes. Aujourd'hui, ces pays possèdent des armes nucléaires autrement plus puissantes que celles qui ont dévasté les deux villes japonaises. Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et Israël s'arrogent le droit non seulement de détenir des armes nucléaires, hors de tout contrôle, capables probablement d'anéantir toute vie sur terre, mais aussi de les utiliser contre qui ils veulent et quand ils veulent. L'impérialisme et le sionisme constituent un danger réel pour tous les peuples de la planète.

 

 

Les peuples et en particulier les travailleurs n'ont nul besoin des guerres et des bombes nucléaires. Ils ont besoin d'un monde débarrassé justement de l'impérialisme et du sionisme surarmés, ennemis du progrès et de la paix. L'impérialisme et le sionisme ont semé trop de malheurs sur cette terre en dressant les peuples les uns contre les autres. Seules l'entente et la fraternité entre les classes ouvrières du monde entier permettront de mettre un terme à l'hégémonie capitaliste et son rejeton sioniste.

 

Mohamed Belaali

 

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(1) Voir la traduction en français:

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/04/05/gunter-grass-ce-qui-doit-etre-dit_1681403_3214.html?ROSAE_PREVIEW

 

(2) Voir sur ce point, l'excellent livre de Lotfallah Soliman: «Pour une histoire profane de la Palestine». Éditions La Découverte, 1989.

 

(3) Weizmann Chaïm « Naissance d'Israël», Gallimard, Paris, 1957, page 183, cité par L. soliman, op.cit, page 26.

 

(4) Jean Genet, L’ennemi déclaré. Textes et entretiens. Gallimard. Page 243.

 

(5) http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/13/la-guerre-des-nerfs_1641768_3218.html

 

 

(6) http://www.juif.org/diplomatie-moyen-orient/168895,netanyahou-a-l-aipac-il-faut-stopper-un-iran-nucleaire.php

 

(7) http://www.legrandsoir.info/Une-hysterique-propagande-contre-l-Iran.html

 

 

 

 

 

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 21:16

 

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Avec ses dizaines de millions de chômeurs, de précaires, de pauvres, de sans abris etc., l' Europe s'enfonce profondément dans la misère. Les peuples d'Europe, comme des «esclaves», sont réduits à vivre au jour le jour sous la dictature brutale du capital. Leur vie et leur destin sont entre les mains des multinationales, des marchés financiers, des agences de notation, des experts de l'Union Européenne, de la BCE, du FMI qui décident à leur place. Les gouvernements leur répètent à longueur de journée et de nuit que leur prospérité, leur salut et leur bonheur résident dans les plans de rigueur et d'austérité. Et lorsqu'on leur organise des élections, les instituts de sondages et les médias se chargent de les «aider» en leur dictant leur choix. Cette «farce démocratique» se produit régulièrement et porte à la tête de l'État des partis dont la mission est d' exécuter les ordres des monopoles qui détiennent, eux, le véritable pouvoir. Parfois, la classe dominante ne juge même pas utile de procéder aux élections. Elle choisit directement ses gouvernements sans se soucier le moins du monde de l'avis des populations. Quelques jours seulement ont suffit pour remplacer Georges Papandreou et Silvio Berlusconi. A leur place, la bourgeoisie a mis des hommes qui vont servir ses intérêts d'une manière plus brutale et plus violente en appliquant sa politique de destruction de ce qui reste encore du tissu économique et social. La Grèce et l'Italie sont désormais sous tutelle de l'Union européenne. La souveraineté nationale et la démocratie sont ainsi vidées de leur contenu et transformées en mascarade grossière et ridicule.

 

En Espagne, J.L. Zapatero a ruiné son pays à coups de plans d'austérité avant de céder sa place à Mariano Rajoy. Quelques mois seulement après les élections législatives de novembre 2011, les espagnols se sont rendus compte que M. Rajoy pour lequel ils ont voté massivement applique les mêmes recettes économiques que J.L Zapatero. Plus de 100 000 chômeurs supplémentaires rien que pour le mois de février 2012, portant le nombre total d'hommes et de femmes privés d'emploi à 4,7 millions, record absolu pour l'Espagne de Zapatero et de Rajoy ! (1). Déçu, désemparé et révolté, le peuple d'Espagne est sorti massivement le 19 février 2012 et se mettra en grève générale le 29 mars pour protester contre cette politique de misère imposée par le capital par gouvernements interposés. Les régions autonomes de Valence (2) et de Galice (3) connaissent de fortes mobilisations populaires contre cette même politique misérable menée par le gouvernement régional et central. En Andalousie, durement frappée par le chômage, les ouvriers agricoles renouent avec l'occupation des terres. Depuis le 4 mars 2012, 500 journaliers agricoles occupent la Finca Somonte près de Cordoba (4). Cette occupation des terres rappelle les glorieuses luttes menées par les habitants de Marinaleda dans les années 80 (5).

 

Les Pays-Bas, présentés avec l'Allemagne comme un modèle à suivre et à qui les agences de notation ont accordé le «triple A» connaissent à leur tour une nette augmentation du chômage et une récession persistante (6). Comme les autres pays de l'Union Européenne, ils subissent de plein fouet la crise du capitalisme. La bourgeoisie hollandaise va profiter de cette situation pour tailler dans les dépenses publiques de l'Éducation et de de la Santé notamment. Elle profitera également pour «flexibiliser» un peu plus le marché du travail au grand bonheur des patrons néerlandais.

 

Les quelques différences de degré et non d'essence qui existent entre l'UMP et le PS, deux partis qui alternent au pouvoir en France depuis des décennies au mépris de ce qu'ils appellent les «petits partis», ne suffiront évidemment pas pour renverser cette tendance de fond. Bien au contraire, cette alternance, profondément ancrée dans l'Union Européenne, ne fait qu'empirer la situation économique et sociale des travailleurs. La bourgeoisie française, comme toutes les autres bourgeoisies européennes, est déterminée à venir à bout de l'ensemble des acquis sociaux arrachés de haute lutte par des générations successives.

Tout au long de la campagne électorale, la classe dirigeante française a distillé, comme un venin mortel, son discours haineux et fascisant et a créé un climat étouffant et détestable. Jamais la France n'a connu une campagne électorale aussi médiocre que dangereuse. Globalement elle a réussi relativement facilement à occulter durant toute la campagne électorale, grâce à ses médias, les malheurs qui rongent la vie des citoyens au quotidien (chômage, précarité, Santé, Éducation, logement etc.). Et quel que soit le parti qui sortira vainqueur des élections présidentielles et législatives de 2012, il aura comme tâche essentielle de poursuivre la politique d'austérité avec toutes ses conséquences dramatiques sur les couches populaires.

 

Dans toute l'Europe, avec ou sans élections, à l'Est comme à l'Ouest, c'est toujours la même politique servant les mêmes intérêts qui est poursuivie : maximisation des profits quel que soit le prix à payer par les populations.

 

Corruption, scandales financiers, affaires en tout genre se multiplient au moment même où la bourgeoisie exige des classes populaires des sacrifices de plus en plus insupportables (7). Parachutes dorés, retraites chapeau, actions gratuites, primes, bonus et autres stock-options sont allègrement octroyés aux dirigeants des grandes entreprises même lorsqu'ils procèdent aux licenciements de ceux qui ont produit ces richesses, les salariés.

 

Pour masquer sa responsabilité dans la destruction massive des économies européennes et détourner la colère et le combat des travailleurs et des salariés en général des véritables problèmes économiques sociaux et politiques, la bourgeoisie européenne fabrique des boucs émissaires. L' Étranger, le Noir, le Musulman, le Rom, le Sans Papiers etc, dont la bourgeoisie n'a plus besoin de leur force de travail, sont présentés à une population traumatisée et paupérisée par les différents plans d'austérité comme les véritables responsables des malheurs de l'Europe. La classe dirigeante tente, par cette stigmatisation généralisée, d'occulter sa faillite économique et morale. Elle mobilise alors les gouvernements, les médias, la justice etc., pour traquer ces ennemis qui «volent» l'emploi des «vrais» européens et rabaissent «la civilisation européenne». Rappelons pour mémoire que c'est au nom de cette même «civilisation» que la bourgeoisie européenne, poussée par la recherche effrénée du profit, a envahi et colonisé le monde entier au prix des pires massacres de l'histoire. Les crimes de la bourgeoisie en Europe et dans le monde, souvent au nom de cette prétendue «civilisation», sont innombrables et dépassent le cadre de cet article.

 

Mais malgré tous ces malheurs, le capital et la classe qui le porte, la bourgeoisie produisent et préparent en même temps les conditions matérielles de transformation sociale et du dépassement du capitalisme. Les travailleurs et les salariés en général n'ont absolument rien à attendre de ce système qui les opprime. Par contre, ils ont tout un monde à gagner en travaillant unis à leur propre émancipation. Rappelons que dans ce système la vie des hommes en elle-même, n'a aucune valeur !

 

L'abolition du capitalisme et la construction du socialisme restent les seules perspectives. Le socialisme, toutefois, n'est pas un dogme, un modèle, un idéal, mais un mouvement qui puise sa force dans la réalité économique, sociale et politique engendrée par le capitalisme lui-même.

La société bourgeoise actuelle a de plus en plus de mal à masquer l'opposition entre le développement prodigieux des sciences et techniques qui donne une puissance scientifique à la production jamais égalée dans l'histoire et le partage des richesses qui restent concentrées entre les mains d'une minorité: richesses fabuleuses pour une petite partie de la population d'un côté et misère sordide pour la majorité de l'autre!

 

L'exemple de la situation matérielle des couches populaires, par rapport à la minorité dominante en Grèce, en Espagne, au Portugal, et bientôt en Italie, au Royaume-Uni, en France, sans parler des pays de l'Europe de l'Est, est éloquent à cet égard. Le développement des associations caritatives comme les Restos du Cœur en France ou la distribution de la soupe populaire par les mairies et l'église en Grèce, le travail des enfants qui quittent l'école pour aider leurs parents au chômage, ne sont que quelques signes visibles de cette misère qui s'étend en Europe. Le paupérisme en Europe est une réalité que la propagande de la classe dominante a du mal à cacher.

 

Mais le capitalisme ne disparaîtra pas de lui-même. Plus il s'enfonce dans la crise et plus il devient dangereux. On le voit en Europe avec les agissements du capital financier qui est une composante essentielle du système pris dans sa globalité. On le constate également dans le monde arabe où l'impérialisme tente de briser, directement ou indirectement, l'élan et la vitalité révolutionnaires des peuples. En Amérique latine, il utilise tous les moyens en sa disposition pour anéantir ou bloquer les expériences originales d'un certain nombre de pays qui tentent de sortir du capitalisme pour aller vers le socialisme : contrôle des ressources naturelles, nationalisation de vastes secteurs de l'économie, répartition plus équitable des richesses, accès universel à l'Éducation et à la Santé, protection de l'environnement, résistance à l'impérialisme américain etc. etc.

 

Le crépuscule du capitalisme ne signifie donc pas l'aube du socialisme. Si certains pays d'Amérique latine déploient des efforts réels pour progresser vers le socialisme du 21ème siècle, l'Europe, elle, s'enfonce dans la nuit obscure du capitalisme : privatisations de tous les secteurs de l'activité économique, asservissement total au capital, montée du néo-fascisme, guerres intérieures et extérieures, mépris absolu de la vie des hommes, etc. etc. Malheureusement, le projet du passage à la société socialiste n'est qu'un horizon lointain pour les forces du progrès en Europe. Laminée par le chômage de masse et «la guerre de tous contre tous» sur un marché du travail désormais mondialisé, la classe ouvrière en Europe peine à produire des directions syndicales et politiques capables de résister efficacement aux assauts du capitalisme. La bourgeoisie tire sa force de la faiblesse de ses ennemis de classe.

 

Pourtant, ici ou là des révoltes éclatent. Elles sont encore timides, émiettées, isolées les unes des autres, éphémères et sans projet réellement socialiste. Mais la fuite en avant de la bourgeoisie dans les politiques d'austérité va aggraver encore la situation matérielle de vastes couches de la population. Les travailleurs et l'ensemble des victimes du capitalisme en Europe doivent se préparer à de nouveaux combats s'ils ne veulent pas voir leurs conditions d'existence empirer. Les forces du progrès, dans chaque pays d'abord, doivent amplifier les mobilisations qui existent déjà avant de les étendre à toute l'Europe ensuite. La lutte contre le capitalisme vieillissant ne doit pas se limiter à une guerre d'escarmouches contre ses effets. Il faut œuvrer en même temps à sa disparition et à la construction du socialisme.

 

 

Mohamed Belaali

 

 

 

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(1) http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120302trib000685974/un-jeune-espagnol-sur-deux-au-chomage.html

 

(2) Voir le journal Le Monde du 1er mars 2012, page 2,

 

(3) http://www.elmundo.es/elmundo/2012/03/11/galicia/1331473505.html

 

(4) http://www.medelu.org/Tierra-y-libertad

 

(5) http://belaali.over-blog.com/article-un-village-andalou-55816840.html

 

(6) Le Monde du 4/5 mars 2012 page 5.

 

(7) http://belaali.over-blog.com/article-qu-elle-est-jolie-la-republique-bourgeoise-53498647.html

Voir également l'enquête Eurobaromètre de la Commission Européenne :

http://ec.europa.eu/luxembourg/news/frontpage_news/12_2012_fr.htm

 

 

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 18:29

 

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Une année déjà ! Une année chargée de luttes, de sacrifices et surtout d'espoir. Espoir de voir enfin le Maroc débarrassé du joug du Makhzen, de la torture, de la corruption, de l'ignorance et de la misère.

 

Une année de marches dans la dignité! Hommes, femmes et enfants marchent des heures durant à travers tout le Maroc, soudés et unis par cette foi inébranlable dans une société meilleure. Par ce mouvement, les masses opprimées s'opposent obstinément à un système archaïque, sclérosé et figé qui les opprime. Ni la nouvelle constitution octroyée par le Palais, ni les élections législatives organisées par le Ministère de l'intérieur, ni le départ des islamistes d'Al Adl Wal Ihsane ( Justice et bienfaisance) des rangs du Mouvement du 20 février n'ont pu arrêter ces marcheurs de la dignité. Répartition équitable des richesses, démocratie, dignité etc. exigent les contestataires.«Vive le peuple, à bas le Makhzen», «à bas la dictature»scandent à l'unisson et sans relâche les manifestants. Ce cri collectif jaillit des décennies d'esclavage social, d'humiliations et de frustrations.

 


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L'antagonisme du Mouvement du 20 février et du Makhzen reflète, en dernière analyse, l'opposition entre les oppresseurs et les opprimés. Le grand mérite du Mouvement réside dans son existence même. Il a ravivé une lutte de classes que le pouvoir croyait révolue. Jamais l'histoire récente du Maroc n'a connu une période aussi riche et aussi chargée de luttes populaires intenses même si le combat contre le Makhzen ne date pas du 20 février 2011. Le Mouvement a libéré la vitalité et la créativité des masses opprimées qui ont fait preuve d'une grande maturité politique et organisationnelle. Dans la lutte, elles ont aussi appris à relever la tête et à se dresser contre leur ennemi de classe. Les contestataires n'ont désormais plus peur d'exposer à la face du régime leurs revendications et leurs buts. Ils sont prêts à soutenir une lutte de longue halène. Ces «damnés de la terre» savent que le pouvoir ne lâchera rien sans combat et sans sacrifices. Ils sont en quelque sorte condamnés à marcher, à se battre, à offrir des martyrs, des blessés et des prisonniers. Ce sont les masses qui font l'histoire !

 

En parallèle des marches pacifiques hebdomadaires, éclatent ici où là des révoltes populaires spontanées : Taza, Salé, Al hoceima, Khouribga, Beni Mellal, etc. Les villes marocaines, phénomène nouveau, deviennent de plus en plus solidaires les unes des autres car elles subissent les mêmes problèmes de chômage, de la hausse continue du coût de la vie, de la dégradation des services publics et, d'une manière générale, de la marginalisation des classes populaires.

Des hommes et des femmes, poussés par des injustices et des humiliations insupportables, vont jusqu'à mettre le feu à leur propre corps se transformant ainsi en torches humaines. Le souvenir de Mohamed Bouazizi est toujours vivant dans la mémoire collective et individuelle. Ainsi se poursuit un combat permanent, multiformes et parfois tragique contre le despotisme et la misère malgré la répression, les intimidations et les manœuvres en tout genre du pouvoir et de ses alliés de classes.

 

 

Face au Mouvement, se dressent, en plus du Makhzen et son appareil répressif et médiatique, toute une kyrielle de partis politiques anciens et nouveaux, tous domestiqués par le Palais depuis longtemps : le Parti de l'Istiqlal (conservateur), l'Union Socialiste des Forces Populaires (social-démocrate), le Parti de la Justice et du Développement (islamiste) installé aujourd'hui au gouvernement par le Palais, le Parti du Progrès et du Socialisme (ancien parti communiste) et un ensemble de partis créé de toutes pièces par le Makhzen au gré des élections qu'il fabrique régulièrement depuis l'indépendance politique du Maroc en 1956. Contrairement à la Tunisie de Ben Ali ou à l'Égypte de Moubarak qui ont éliminé ou poussé à la clandestinité les organisations politiques (en dehors des Frères Musulmans en Égypte), le régime marocain, lui, multiplie le nombre de partis qui servent ses intérêts, consolidant ainsi son hégémonie et sa domination de classe.

 

Le Mouvement est également combattu par l'impérialisme et les monarchies pétrolières du Golfe(1). Le soutien de ces forces ennemies du progrès et de la démocratie au Makhzen est total. En France par exemple, le Maroc est présenté comme un modèle à suivre. Les aspirations du peuple marocain à la démocratie et à la modernité ne pèsent pas lourd face aux intérêts économiques de la bourgeoisie française au Maroc (2). Les médias bourgeois occidentaux, quasiment tous entre les mains d'industriels et de financiers, et Al Jazeera propriété du «grand démocrate», l'émir du Qatar, se taisent lamentablement sur les manifestations pacifiques qui se déroulent depuis plus d'un an non seulement au Maroc, mais aussi à Bahreïn, au Yémen, en Jordanie, en Arabie Saoudite etc. Le silence de ces médias sur ces luttes n'a d'égal que l'hystérique propagande contre la Syrie et l'Iran.

Le citoyen européen, américain, canadien etc. n'a droit qu'à la propagande grossière qui le rabaisse et le prive des liens de solidarité et de fraternité avec les peuples réellement en lutte contre l'absolutisme. Il risque de se trouver ainsi dans une position qui peut l'amener à soutenir les manœuvres impérialistes de son propre gouvernement.

 

Le Mouvement du 20 février doit montrer aux masses populaires que la lutte contre le Makhzen ne suffit pas si elle n'est pas accompagnée par un combat anti-impérialiste. L'impérialisme est partout l'ennemi des peuples et du progrès. Il tente d'écraser les soulèvements authentiques des peuples du monde arabe contre des régimes d'un autre âge, soit pour maintenir au pouvoir ces régimes, qui servent ses intérêts, soit pour renverser des gouvernements qui ne lui sont pas totalement soumis. Ainsi il a écrasé dans le sang la révolte du peuple de Bahreïn par l'intermédiaire d'une «grande démocratie», l'Arabie Saoudite(3). Il a détruit tout un pays, la Libye pour y installer un nouveau régime lui permettant de pomper allègrement le pétrole du peuple libyen. La Libye aujourd'hui ressemble à un vaste centre de torture que même les ONG comme Médecins sans Frontière (MSF) rechignent à devenir «l'auxiliaire des tortionnaires». «L'intervention militaire avait été conduite en 2011 au nom de la «protection des civils», mais voilà que l'image du «combat pour la liberté» mené en particulier par la France et le Royaume Uni, apparaît terni par les exactions que commettent des anciens rebelles» écrivait dans son édition du 19/20 février 2012 Le Monde, journal bourgeois par excellence et ardent défenseur de l'intervention de l'OTAN en Libye. L'impérialisme tente aujourd'hui d'envahir la Syrie, comme hier il a envahi l'Irak, pour asservir son peuple et pour mieux peut-être affaiblir demain l'Iran (4).

 

Le Mouvement du 20 février doit également accorder une large place dans ses revendications à l'émancipation de la femme marocaine notamment dans le domaine économique et scolaire. Dans le Maroc d'aujourd'hui, l'accès des femmes au marché du travail reste faible (28 femmes contre 84 hommes) et plus de la moitié d'entre elles ne sait ni lire ni écrire. Leur revenu est quatre fois inférieur à celui des hommes (5). Mais sans la participation massive des travailleurs, des précaires, des chômeurs et des paysans pauvres, il sera difficile pour le Mouvement d'élever le niveau et l'intensité de la lutte des classes et, partant, d'élargir le champs de ses revendications.

 

Malgré ses faiblesses, le Mouvement du 20 février reste un événement majeur dans l'histoire des luttes de classes au Maroc. Il a pu courageusement tenir tête à tous ses ennemis, à commencer par le puissant Makhzen. Les masses populaires opprimées n'espèrent pas des miracles du Mouvement. D'autres étapes et d'autres combats l'attendent. Elles savent que la lutte sera dure et la marche vers cette forme de vie supérieure sera longue. Mais elles savent également que le processus de changement et de transformation sociale est enclenché.

Par ses manifestations hebdomadaires pacifiques, le Mouvement du 20 février a redonné considération, dignité et espoir à toutes celles et ceux qui, hier encore, étaient sans espoir.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

 

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(1) http://www.lopinion.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=19291

http://www.aufaitmaroc.com/actualites/maroc/2011/12/20/ccg-fonds-de-developpement-de-25-milliards-de-dollars-pour-le-maroc

 

 

(2) http://www.lavieeco.com/news/economie/750-entreprises-francaises-implantees-au-maroc-et-90-milliards-de-dh-investis-17073.html

 

(3) http://belaali.over-blog.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

 

(4) http://belaali.over-blog.com/article-l-imperialisme-est-l-ennemi-des-peuples-le-cas-de-la-syrie-95898575.html

 

(5) Voir le rapport du Forum économique mondial : https://members.weforum.org/pdf/gendergap2010/Morocco.pdf

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