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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 17:07

 

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La bourgeoisie française peut s'estimer heureuse ! Après le sarkozysme qui l'a comblée au- delà même de ses espérances, voilà la social-démocratie qui s'apprête à son tour avec un dévouement singulier à servir les mêmes maîtres. Certes, les pratiques dans leurs apparences, le style, les mots d'ordre et le discours de la social-démocratie diffèrent des manières du gouvernement précédent. Mais il ne s'agit là que des formes et d'un déguisement acceptable, qui reflètent plus ou moins nettement le fond commun : servir la même classe sociale, la bourgeoisie qui les place à tour de rôle à la tête de l'État.

 

 

«Le premier devoir du président de la République, c'est de rassembler» affirmait François Hollande le soir de son élection.La France a besoin«d'apaisement, de réconciliation, de rassemblement»insistait-il dans son premier discours à l'Élysée le 15 mai 2012.

 

La collaboration de classes est une constante et une caractéristique essentielle de la social-démocratie. Des figures éminentes de ce courant politique collaboraient déjà avec Nicolas Sarkozy. Michel Rocard, Jack Lang, Michel Charasse, Bernard Kouchner etc. ont tous travaillé sans état d'âme avec Sarkozy pour l'aider à appliquer une politique entièrement dédiée à la classe dominante. Il y a longtemps que les sociaux-démocrates français et européens ont abandonné la confrontation avec la bourgeoisie. Ils sont «plus à l’aise, tellement le mot révolution leur fait peur, dans la gestion de la brutalité et de la barbarie du capitalisme qu’ils considèrent comme un système naturel et donc inéluctable»(1). Depuis la fin du XIX siècle, leur histoire n'est qu'une succession de trahisons des classes populaires et d'une collaboration implacable avec les classes dominantes. De retour au pouvoir, la social-démocratie française n'est donc absolument pas prête à remettre en cause les intérêts et les privilèges de la bourgeoisie. Bien au contraire, elle tentera, au delà du discours, de les consolider.

 

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Après avoir abandonné Dominique Strauss Kahn à sa vie nocturne dissolue, la bourgeoisie a jeté son dévolu sur François Hollande. Ses médias et ses instituts de sondage lui ont apporté une aide décisive. Même Sarkozy ne comprenait pas qu'on lui préférait Hollande, lui qui avait la haute main sur cette redoutable arme que sont les médias grâce à ses amis comme Martin Bouygues (un tiers des audiences télévisuelles), Arnaud Lagardère (Europe 1, Paris Match, leJDD entre autres), Bernard Arnault (La Tribune), François Pinault (Le Point) et bien sûr Serge Dassault propriétaire du Figaro sans compter les différentes nominations et placements de ses proches un peu partout.

 

Pour la bourgeoisie, Hollande est l'homme de la situation. Il est capable de préserver les intérêts des riches tout en faisant croire aux masses populaires qu'il entreprend des réformes en leur faveur. Le sarkosysme avec sa manière directe et brutale de servir la classe dominante ne correspond plus à la nouvelle réalité de la lutte des classes. Place aux nouveaux serviteurs de l'ordre établi !

 

Pour produire l'illusion du changement et donner l'impression de créer quelque chose de tout à fait nouveau, ils doivent travestir la réalité. Leur langage, leur style, leur comportement et leurs actes doivent faire oublier le gouvernement précédent. François Hollande et ses ministres doivent se draper dans un déguisement respectable pour que la différence avec l'ancien pouvoir paraisse éclatante. Ils ont besoin pour se distinguer de l'ancien gouvernement de jouer une nouvelle comédie sur la scène politique française. Ainsi, le nouveau président et ses ministres, pour leurs déplacements, sont invités et encouragés à préférer le train à l'avion. On ne parle plus de rigueur et d'austérité, mais de croissance. La parité entre hommes et femmes au sein du gouvernement est respectée. «Un coup de pouce» au SMIC sera donné. Le «contrôle au faciès» sera combattu. «Le pouvoir sera exercé au sommet de l'État avec dignité et simplicité» et les comportements seront d'une «scrupuleuse sobriété ». Fini donc la période «bling-bling», le «Fouquet's», les fanfaronnades, les vaines agitations, les mutilations de la langue et autres vulgarités de l'ancien président. L'État non seulement «sera impartial», mais aussi «la propriété de tous les français».

Les nouveaux serviteurs ont besoin de magnifier et d'exagérer les tâches à accomplir pour mieux masquer leur véritable mission, servir les puissants.

 

Il est évidemment trop tôt pour pouvoir analyser concrètement les décisions et les réalisations du nouveau gouvernement. Mais des signes et des déclarations des nouveaux serviteurs trahissent déjà leurs discours et creusent de larges fissures sur leur masque laissant entrevoir le vrai visage de la social-démocratie. La croissance économique par exemple est le mot fétiche des nouveaux serviteurs. Ils le répètent à longueur de journée, sans jamais expliquer aux citoyens le contenu réel de cette fameuse croissance. Aucune mesure précise n'est prise concernant la hausse du pouvoir d'achat des travailleurs et des classes populaires susceptible de stimuler la consommation, élément central de la croissance économique. Silence également sur les moyens à mobiliser pour combattre réellement le chômage qui ravage la vie de larges couches de la population. Par contre, les sociaux-démocrates au pouvoir insistent déjà sur la réduction des dépenses publiques et du déficit public. Ils parlent même d'équilibre budgétaire : «nous nous tiendrons à nos engagements (...)de ramener les déficits en dessous de 3% du PIB en 2013». Une loi de programmation des finances publiques sera élaborée cet été, tracera «le cheminement contraignant» qui mènera «à l'équilibre en 2017» assurait le nouveau ministre des Finances Pierre Moscovici à Berlin le 21 mai 2012. Il va donc «falloir faire un effort, c'est certain, mais cet effort sera justement réparti» disait François Hollande le 30 mai sur le plateau de France 2.Sous la croissance l'austérité ! Les nouveaux serviteurs se préparent donc à poursuivre en douceur le travail de démolition des acquis sociaux entamé avant eux par le gouvernement précédent conformément auxseulsintérêts de la classe dominante. L'ancien pouvoir parlait de politique de rigueur, le nouveau de la croissance pour désigner en fait, à quelques inflexions près, une même politique au service de la même classe sociale, la bourgeoisie qu'ils sont tenus l'un et l'autre de servir.

 

Manuel Valls, le nouveau ministre de l'intérieur, veut quant à lui, faire mieux que Brice Hortefeux, Éric Besson et Claude Guéant réunis. Son fétichisme pour la sécurité et son mépris, qu'il affiche avec une certaine fierté pour les populations des quartiers populaires, sont sans bornes.

Rarement dans l'histoire récente de la France, on a brisé autant de familles, infligé autant de souffrances et humilié autant d'hommes, de femmes et même d' enfants sans papiers que sous le règne de Sarkozy. Rarement les travailleurs immigrés, les Roms, les musulmans etc. n'ont été la cible privilégiée des politiques xénophobes et boucs émissaires pour mieux occulter la faillite économique de la bourgeoisie, que sous le pouvoir quasi monarchique de l'ancien président. Manuel Valls s'inscrit totalement dans cette détestable politique sécuritaire qui l'a propulsé au-devant de la scène politique. Comme tout opportuniste et carriériste qui se respecte, Valls a construit toute sa carrière sur le terrain de la sécurité, de la xénophobie et de la haine des travailleurs immigrés comme les Le Pen, père et fille, et Sarkozy. Toutes les opportunités sont bonnes pour parler de l'insécurité et rendre hommage aux forces de l'ordre (2) même si la liste des hommes morts dans les commissariats, ou lors des interpellations policières est trop longue (3). Jamais Manuel Valls n'a eu la moindre pensée pour ces hommes, nombreux et anonymes, tués justement par ces forces au service de l'ordre établi. Seule compte pour lui sa carrière. Il va certainement déployer un zèle singulier, d'une manière différente que ses prédécesseurs, pour masquer la faillite économique et morale de la bourgeoisie en présentant les travailleurs immigrés, les musulmans, les sans papiers etc. comme responsables des malheurs de la France. L'agitation des sociaux-démocrates autour de l'insécurité/immigration n'a d'égale que leur silence sur le chômage et la précarité de l'emploi qui plongent l'individu dans l'incertitude et l' insécurité économique et sociale la plus totale.

 

La soumission des sociaux-démocrates aux intérêts des puissants à l'intérieur du pays, se reflète plus nettement encore dans leur politique extérieure et dans leur vision guerrière du monde.

 

Depuis 1914, la social-démocratie a participé à toutes les guerres impérialistes conformément aux intérêts exclusifs des classes dominantes.En août 1914, les sociaux démocrates allemands ont voté les crédits de guerre au Reichstag se rangeant ainsi du côté deGuillaume II, c'est à dire du côté de la bourgeoisie allemande. La Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO), l'ancêtre du Parti Socialiste, se rallie, elle aussi, à «l'effort de guerre» juste après l'assassinat de Jean Jaurès ! Les sociaux-démocrates se sont ainsi mis au service de leurs bourgeoisies respectives et ont largement contribué à dresser les ouvriers et les peuples les uns contre les autres. Rappelons tout de même que cette boucherie a fait 9 millions de morts !

«Les armes vont parler» disait François Mitterrand pour annoncer la première guerre du Golfe en 1991.

La guerre impérialiste en Yougoslavie a été menée, main dans la main, par Chirac et Jospin derrière les américains en 1999.

Les sociaux-démocrates ont soutenu sans hésitation aucune Nicolas Sarkozy pour l'intervention des forces de l'OTAN en Libye permettant, entre autres, à Total de pomper sans trop de contraintes le pétrole du peuple libyen au prix de dizaines de milliers de morts et de la destruction d'une grande partie du pays.

Deux semaines à peine après son installation au pouvoir, Hollande parle déjà d'intervention armée en Syrie encouragé par le «grand humaniste» de tous les temps, Bernard-Henri Lévy.

Le départ prévu des puissances impérialistes de l'Afghanistan est la conséquence directe de la défaite de l'OTAN face à la résistance afghane. Là encore la seule différence entre Sarkozy et Hollande est le calendrier ! Le premier prévoyait le retrait fin 2013, le second fin 2012. Sur les raisons impérialistes de l'intervention dans ce pays, les deux serviteurs de la bourgeoisie sont entièrement d'accord.

Les sociaux-démocrates français entretiennent, par ailleurs, d'excellentes relations avec les plus rétrogrades des régimes et les plus dangereux pour la paix de la planète. Il serait peut-être fastidieux d'énumérer ici toutes les dictatures qu'ils ont soutenues ou qu'ils soutiennent encore. Israël arrive en tête de ces États qui menacent la paix du monde et admiré par les sociaux-démocrates. Ni l'occupation, ni les massacres à répétition, ni les condamnations de l'ONU, ni les souffrances infligées au quotidien au peuple palestinien etc. n'entament leur vénération et leur soutien inconditionnel à l'État sioniste.

Leur soutien va également aux régimes d'un autre âge comme celui de l'Arabie Saoudite, du Qatar et ceux de toutes les monarchies du Golfe. Aujourd'hui, les nouveaux serviteurs font beaucoup de bruit autour du cas de Mme.Ioulia Timochenko en boycottant l'Euro 2012 organisé en Ukraine : «aucun membre du gouvernement n'assistera aux matches en Ukraine» déclarait Valérie Fourneyron ministre de la jeunesse et du sport au journal l'Équipe (4). Cette déclaration contraste violemment avec le silence du candidat Hollande sur la Formule 1 qui s'est déroulée à Bahreïn du 20 au 22 avril 2012 (5). Ce silence, qui dure toujours, est interprété par le peuple de Bahreïn comme un soutien à la dictature des Al Khalifa.

Les sociaux-démocrates ont également des amis un peu partout comme par exemple les Bongo, père et fils, en Afrique. Laurent Fabius, qui a visité le Gabon en février 2012, disait « Nous avons parlé des relations entre le Gabon et la France qui sont des relations excellentes et j'ai dit mon souhait qu'elles se développent dans le futur» (6).

Il ne s'agit là que de quelques exemples montrant ce dévouement des sociaux-démocrates à servir les intérêts de la bourgeoisie française partout à travers le monde.

 

 

Le nouveau pouvoir se présente tel un prestidigitateur habile attirant et fixant, par un tour extraordinaire, l'attention des classes populaires sur les quelques aspects plutôt positifs de ses décisions pour mieux cacher sa véritable mission, servir la classe dominante. Les sociaux-démocrates donnent l'illusion d'être radicalement différents des gouvernements précédents, ce qui leur permet de tenir endormis les travailleurs et l'ensemble des classes populaires. Ils sont donc plus difficiles à combattre que l'ancien pouvoir. Mais les illusions vont bientôt se dissiper avec la poursuite de la rigueur même déguisée en croissance, l'arrivée des licenciements massifs d'ouvrières et d'ouvriers, la multiplication des entreprises en faillite, le despotisme de la Commission Européenne, des marchés financiers, des agences de notation etc. etc. Le nouveau gouvernement apparaîtra alors tel qu'il est réellement, c'est-à-dire un instrument au service de la classe dominante.

Toutes les forces du progrès qui se réclament des travailleurs doivent s'unir pour construire ensemble une autre alternative à la social-démocratie qui est non seulement éloignée des intérêts des classes populaires, mais constitue également un véritable obstacle sur le chemin du dépassement du capitalisme.

 

 

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://belaali.over-blog.com/article-social-democratie-et-collaboration-de-classes-50152165.html

 

(2) Manuel Valls : «Sécurité: la gauche peut tout changer», Éditions du Moment, 2011.

 

(3) http://belaali.over-blog.com/article-crimes-ordinaires-de-l-etat-fran-ais-98240680.html

 

(4) http://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Les-politiques-boycotteront-l-euro/288065

 

(5) http://belaali.over-blog.com/article-bahrein-la-formule-1-au-service-de-la-tyrannie-103865292.html

 

(6) http://www.rfi.fr/afrique/20120215-voyage-ex-premier-ministre-francais-laurent-fabius-gabon-interpelle-francafrique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 21:27

 

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Larache est une ville hors circuit touristique, renfermée sur elle-même et ouverte sur la mer. Seuls quelques monuments historiques et la tombe austère de Jean Genet attirent quelques visiteurs. La grande Place circulaire de la ville est envahie ce mardi premier mai 2012 non seulement par une lumière éclatante, mais aussi par des ouvrières et des ouvriers de tous les secteurs de l'activité économique de la commune venus célébrer ensemble la fête du travail.

 

Les femmes, constituées essentiellement de travailleuses de petites usines de textile et de conserveries, sont nettement plus nombreuses que les hommes. Elles sont accompagnées de leurs enfants à qui elles offrent, probablement plus que d'ordinaire, des friandises achetées aux marchands ambulants qui entourent toute la Place. Les marins, ces «travailleurs de la mer», qui ont mené en 2011 un dur combat des semaines durant contre leurs patrons pour améliorer leurs conditions de travail, sont bien présents. Les ouvriers agricoles, ces travailleurs de la terre, pauvrement vêtus tenaient eux-aussi à participer à cette fête du travail. Bref, toutes les branches économiques étaient représentées. La télévision et la presse nationales, elles par contre, étaient absentes. Ce petit peuple de producteurs de richesses semblait être content de se retrouver ainsi réuni sous un soleil printanier sur cette belle Place bleu et blanche le jour du premier mai.

 

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Les représentants de chaque secteur, les uns après les autres, sont montés sur une modeste estrade décorée du drapeau national et ont parlé de leurs souffrances au travail, de leurs combats et de leur espoir de voir leurs conditions d'existence s'améliorer. Soudain, la tribune s'effondre et le dernier orateur se trouve par terre sans gravité. Toute la foule éclate alors de rire ! Cet incident a permis à l'intervenant suivant de dénoncer la municipalité, responsable de l'installation, complice du régime et ennemie des travailleurs. Une petite femme d'un certain âge, casquette sur la tête, prend le micro au milieu des manifestants et d'une voix déterminée rappelle la signification du premier mai et ce qu'il représente pour les travailleurs de toute la planète. Personne ne va parler de nous, ni du combat que nous menons au jour le jour dans notre petite ville contre l'exploitation patronale disait-elle. Mais nous ne sommes pas seuls ! Nous sommes fiers d'appartenir à cette immense classe ouvrière qui, comme nous ici, célèbre aujourd'hui partout à travers le monde la fête du travail poursuit-elle. Une salve d'applaudissements éclate et les slogans contre les patrons et le régime entamés par quelques manifestants et repris en chœur fusent de toutes parts. Un drapeau d'un rouge écarlate, avec faucille et marteau, est déployé. Les marins entament alors leurs chants préférés à la gloire de leurs luttes passées et à venir. Le cortège, rejoint par les éternels « chômeurs diplômés», la trentaine pour certains bien entamée, se met en branle et les organisateurs rappellent aux marcheurs de ne pas répondre aux provocations policières.

 

Dans les rues étroites du centre ville, les slogans portés par la foule raisonnent encore plus fort. Les manifestants sont parfois salués et encouragés à travers les balcons et les terrasses des maisons par des familles entières. En haut de l'avenue Mohamed V, large artère principale de la ville, le cortège rencontre sur son passage un autre rassemblement organisé par un autre syndicat : «unité», «unité» scandent alors spontanément de chaque côté les manifestants. Le cortège poursuit sa lente progression rythmée par des chants et des slogans liés aux revendications matérielles et syndicales des ouvriers qui jaillissent des rangs serrés des marcheurs et se confondent avec les appels à la prière venus des minarets alentours créant une étrange atmosphère.

 

Vers 14h, les ouvrières et les ouvriers de Larache commencent à ranger soigneusement leurs banderoles et leur maigre matériel pour le ressortir certainement dans le cadre, cette fois, des manifestations dominicales du Mouvement du 20 février. Les femmes rentrent chez elles avec leurs enfants. Les hommes, par petits groupes, rejoignent quant à eux l'unique café ouvert ce premier mai sur la place, le «café Lixus», pour prendre ensemble un verre de thé.

 

 

Mohamed Belaali

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 16:01

 

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Dans « Répression et résistance à Bahreïn», nous avons écrit : «Le soulèvement populaire à Bahreïn est le produit de décennies d’injustices, d’oppression et d’humiliations. On peut le réprimer, voire l’écraser, mais il renaîtra, tel un phénix, de ses cendres. Car il est né et a grandi sur le sol du despotisme et de l’arbitraire» (1).Puisque cet arbitraire et ce despotisme perdurent, la résistance du peuple de Bahreïn se poursuit malgré une terrible répression. L'organisation du Grand Prix de Formule 1 dans ce petit royaume ne fait que renforcer la détermination «des révoltés de la Perle» à poursuivre le combat contre un régime suranné mais soutenu par les monarchies du Golfe et bien sûr par les États-Unis et l'Europe.

 

 

Le monument de la Perle, symbole de la résistance à la dictature des Al Khalifa, a été détruit. Il est remplacé par les chars de l'armée saoudienne qui encerclent toute la place.Les mosquées et les minarets n'ont pas échappé à cette folie destructrice. Les routes et les autoroutes de ce petit royaume sont littéralement quadrillées. Les forces antiémeutes, surarmées, sont omniprésentes et n'hésitent pas à tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques. Les commissariats de l'archipel sont transformés en centre de torture. Les tribunaux militaires jugent et condamnent des civils. Les blessés ne sont plus soignés au mépris de toutes les conventions internationales.

 

La dynastie des Al Khalifa, au pouvoir depuis plusieurs siècles, le Conseil de Coopération du Golfe(CCG) dominé par l'Arabie Saoudite, l'impérialisme américain et européen sont satisfaits. Ils pensent que les aspirations du peuple de Bahreïn à la dignité et à la démocratie sont, comme le soulèvement qui les concrétise, définitivement enterrées. La dictature, les privilèges, les intérêts des uns et des autres sont sauvés. Il faut maintenant annoncer et exposer, à la face du monde entier, que la situation est normale et que l'émirat est un pays paisible. Le spectacle du Grand Prix de Formule 1 peut alors commencer. «Je connais les gens qui y vivent, c'est très calme et paisible» disait platement Bernie Ecclestone, homme d'affaires et patron de cette fameuse course. Le sport au service du despotisme !

 

L'exploitation politique du sport ne date évidemment pas d'aujourd'hui. L'Italie fasciste et l'Allemagne nazie, deux faces hideuses du capitalisme, ont déjà instrumentalisé cette activité pour donner unecertaine légitimité à leur pouvoir. L'Italie mussolinienne (1934) et l'Allemagne hitlérienne (1936) avaient organisé respectivement la seconde Coupe du monde de football et les Jeux Olympiques. La FIFA, elle, avait confié l'organisation du «Mundial» de 1978 à l'Argentine de la junte militaire dirigée par le général Videla. Le grand Prix de F1 se déroulait régulièrement en Afrique du Sud en plein régime d'Apartheid. Le cas de Bahreïn s'inscrit donc dans cette «tradition» où l'activité sportive est utilisée par les pouvoirs pour asseoir leur domination de classe.

 

Pendant ce temps-là, dans l'indifférence quasi-générale, sans les médias occidentaux ni Al Jazeera, le peuple de Bahreïn poursuit son combat contre cette dictature d'un autre âge (2). Des manifestations quotidiennes sont organisées, dans des conditions difficiles, pour protester contre cette nouvelle humiliation que constitue le Grand Prix de Formule1ou comme l'appellent les bahreïnis «Formule du sang». Samedi 21 avril 2012, les manifestants ont laissé un des leurs, tué par la police du pouvoir, s'ajoutant ainsi à la liste déjà longue des martyrs du peuple de Bahreïn. Pour prévenir toute contestation lors du Grand Prix, les autorités non seulement ont quadrillé tout le pays, mais ont procédé aussi à des dizaines d'arrestations des militants du mouvement de contestation (3). Le mutisme des médias bourgeois sur cette répression et cette résistance est édifiant. Il faut que la contestation du régime en place se passe à huis clos.

 

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Le contraste entre le silence sur Bahreïn et l'hystérique propagande contre la Syrie par exemple de ces mêmes médias est éloquent. Il faut dire que les très «démocratiques» dynasties des Al Khalifa, des Al Saoud de l'Arabie Saoudite ou celle encore d' Al Thani du Qatar qui désirent ardemment installer la démocratie en Syrie, sont «nos amis»; car elles nous sont totalement soumises. Il faut donc les protéger et les mettre à l'abri des tentations et des aspirations du peuple à la liberté et à la démocratie. Le CCG, l'impérialisme américain et européen savent pertinemment que la victoire du peuple sur la dictature dans un pays (Tunisie et Égypte), suscite d'immenses espoirs et encourage les autres peuples dans le monde arabe à se soulever à leur tour contre leurs propres tyrans.

 

Pendant que les émirs de Bahreïn assistent au spectacle de Formule 1, et les médias occidentaux sont occupés à transmettre les performances des pilotes du Grand Prix, un militant des droits de l'Homme, Abdel Hadi Al Khawaja, arrêté et condamné à la perpétuité est entre la vie et la mort. Il mène une grève de la faim depuis le 8 février 2012 contre sa détention arbitraire. Sa résistance et sa détermination sont celles de tout un peuple qui se bat quasiment seul contre une tyrannie soutenue par les monarchies du Golfe et par toutes les «démocraties» capitalistes.

 

 

 

Mohamed Belaali

 

belaali.over-blog.com

 

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(1) http://belaali.over-blog.com/article-repression-et-resistance-a-bahrein-73815420.html

 

 

 

 

(2)http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Crises/Afrique-du-Nord-Moyen-Orient/Actualites/Bahrein-des-reformes-vides-de-sens-face-aux-violations-5196

 

Voir également les communiqués du Centre de Bahreïn pour les droits de l'Homme

http://www.bahrainrights.org/en/node/5192

 

 

(3) http://af.reuters.com/article/sportsNews/idAFJOE83H03K20120418

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13 avril 2012 5 13 /04 /avril /2012 20:47

 

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«Pourquoi ai-je attendu ce jour pour le dire,
vieilli, et de ma dernière encre :
La puissance atomique d'Israël menace
une paix du monde déjà fragile ? (…)

parce que je suis las de l'hypocrisie de l'Occident».

Ainsi s'exprimait Günter Grass prix Nobel de littérature dans un poème publié le 4 avril par le quotidien Süddeutsche Zeitung (1). Günter Grass n'annonce en fait rien de nouveau en affirmant courageusement que l'État sioniste d'Israël, soutenu aveuglément par l'impérialisme américain et européen, menace la paix du monde.

 

 

Dès le premier tiers du XIXe siècle, le Royaume-Uni développait déjà l'idée de créer un «foyer juif en Palestine» pour servir ses propres intérêts stratégiques(2). Le sionisme politique a grandi et prospéré sous l'aile protectrice de l'impérialisme britannique, puissance économique et coloniale de l'époque. L'antisémitisme européen, le génocide nazi, le mépris des arabes palestiniens, considérés comme des ectoplasmes par le colonisateur britannique, ont grandement contribué au développement du sionisme qui n'était, jusqu'à la déclaration Balfour (1917), qu'un mouvement politique minoritaire chez les juifs. Chaïm Weizmann, premier président de l'État d'Israël, écrivait dans ses mémoires : «Il était toujours plus facile de parler à cœur ouvert aux non-juifs qu'aux juifs occidentaux; il y avait moins de chance d'être mal compris»(3). Ce sont donc les intérêts économiques et stratégiques de l'Angleterre et, partant, de la bourgeoisie anglaise qui sont, tout du moins au début, derrière le fait colonial israélien et ce qu'il est devenu aujourd'hui c'est à dire un véritable danger non seulement pour les peuples de cette région «bourrée» de pétrole, mais pour le monde entier.

 

Israël est un État au-dessus de tous les États. Il est aussi au-dessus des lois, des conventions et de toutes les résolutions des Nations Unies. Israël a trop de pouvoir. Il ne supporte ni contradiction, ni critique. Toute contestation, toute opposition et toute dénonciation de l'entité sioniste est impitoyablement réprimée. L'antisionisme se confond désormais avec l'antisémitisme. Les listes de militants et militantes, de penseurs, de poètes, d'artistes, d'universitaires, de journalistes, d'hommes et de femmes politiques, accusés d'antisémitisme sont interminables. Günter Grass n'est ni le premier ni le dernier à être traité d'antisémite. La résistance à l'État sioniste d'Israël est systématiquement qualifiée de terrorisme. Même si la résistance à l'occupant est un droit naturel reconnu par les Nations Unis, le peuple palestinien est réduit à des «bandes de terroristes» qui menacent l'existence même d'Israël ! Cette obstination à taire toute critique de l'entité sioniste ne peut s'expliquer que par cette farouche volonté d'escamoter l'histoire de la Palestine et les crimes perpétrés par Israël avec la complicité absolue de l'impérialisme contre le peuple palestinien. Les massacres d’Israël se font «dans les murmures ou dans un silence total(...)» écrivait Jean Genet dans «Quatre heures à Chatila» (4).

 

La bourgeoisie et le sionisme politique ont ensemble enfanté un monstre qui ne cesse de grandir et menace le monde d'une guerre nucléaire dont les conséquences sont incalculables.

 

Israël, l'impérialisme américain et européen n'ont jamais accepté ni supporté la disparition de la dynastie des Pahlavi, qui était à leur service, et la naissance de la République islamique d'Iran en 1979. La dictature du Chah était l'une des plus féroces et des plus cruelles que l'impérialisme américain ait produit. La Savak, police politique du Chah, faisait régner la terreur par des pratiques d'une rare barbarie, empêchant toute velléité d'opposition au régime en place. Les compagnies américaines et britanniques notamment peuvent alors pomper à leur guise le pétrole iranien en toute quiétude.

Le fait que cette République religieuse et nationaliste refuse l'hégémonie impérialiste et nationalise ses richesses pétrolières et gazières a suffit pour placer l'Iran sur l'«Axe du Mal» parmi les «États voyous». Les Etats-Unis et Israël ne peuvent tolérer un pays comme l'Iran se développer et menacer leur hégémonie sur le Moyen-Orient, première région pétrolière du monde. Pour les dirigeants sionistes, l'Iran et son développement rapide constituent de surcroît un obstacle à la réalisation du «Grand Israël».

 

Il faut donc, vaille que vaille, détruire cette république. A la place, il faut installer un régime au service des intérêts impérialistes et sionistes. Et tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif. Embargo, sanctions en tout genre, assassinat de chercheurs scientifiques, ingérence dans les affaires politiques iraniennes etc., sont des armes que l'impérialisme et le sionisme utilisent pour mettre à genoux la République islamique d'Iran. On prépare également l'opinion publique internationale à une éventuelle agression contre l'Iran par une intense et délirante propagande. La diabolisation des dirigeants iraniens, comme on a diabolisé tous les dirigeants des pays que l'on a envahis, relève de cette intoxication et de cette gigantesque manipulation de l'opinion. Il faut créer un climat politique et psychologique propice à la guerre.

 

Mais l'État d' Israël veut aller encore plus loin. Et c'est le programme nucléaire iranien qui est cette fois visé. «L'Iran s'approche lentement mais sûrement du moment où il entrera dans une zone d'immunité» disait Ehoud Barak, ministre de la défense israélien (5). «l'Iran ne devrait jamais être autorisé à développer des armes nucléaires» insistaitNetanyahou devant l'American Israel Public Affairs Committee(AIPAC) (6).Détruire les installations nucléaires iraniennes est devenu l’obsession des dirigeants extrémistes israéliens. Benyamin Netanyahou en fait même la mission de sa vie(7).

 

Étrange situation ! Ce sont les pays impérialistes et leur créature le sionisme dont toute l'histoire n'est que cruauté, massacres et mépris absolu de la vie humaine qui accusent l'Iran de vouloir posséder la bombe nucléaire alors qu'ils détiennent l'essentiel de cette terrifiante arme ! Rappelons tout de même que les États-Unis ont utilisé par deux fois cette arme génocidaire contre les habitants d'Hiroshima et de Nagasaki en 1945 tuant dans des conditions atroces des dizaines de milliers d'hommes et de femmes. Aujourd'hui, ces pays possèdent des armes nucléaires autrement plus puissantes que celles qui ont dévasté les deux villes japonaises. Les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et Israël s'arrogent le droit non seulement de détenir des armes nucléaires, hors de tout contrôle, capables probablement d'anéantir toute vie sur terre, mais aussi de les utiliser contre qui ils veulent et quand ils veulent. L'impérialisme et le sionisme constituent un danger réel pour tous les peuples de la planète.

 

 

Les peuples et en particulier les travailleurs n'ont nul besoin des guerres et des bombes nucléaires. Ils ont besoin d'un monde débarrassé justement de l'impérialisme et du sionisme surarmés, ennemis du progrès et de la paix. L'impérialisme et le sionisme ont semé trop de malheurs sur cette terre en dressant les peuples les uns contre les autres. Seules l'entente et la fraternité entre les classes ouvrières du monde entier permettront de mettre un terme à l'hégémonie capitaliste et son rejeton sioniste.

 

Mohamed Belaali

 

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(1) Voir la traduction en français:

http://www.lemonde.fr/europe/article/2012/04/05/gunter-grass-ce-qui-doit-etre-dit_1681403_3214.html?ROSAE_PREVIEW

 

(2) Voir sur ce point, l'excellent livre de Lotfallah Soliman: «Pour une histoire profane de la Palestine». Éditions La Découverte, 1989.

 

(3) Weizmann Chaïm « Naissance d'Israël», Gallimard, Paris, 1957, page 183, cité par L. soliman, op.cit, page 26.

 

(4) Jean Genet, L’ennemi déclaré. Textes et entretiens. Gallimard. Page 243.

 

(5) http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/13/la-guerre-des-nerfs_1641768_3218.html

 

 

(6) http://www.juif.org/diplomatie-moyen-orient/168895,netanyahou-a-l-aipac-il-faut-stopper-un-iran-nucleaire.php

 

(7) http://www.legrandsoir.info/Une-hysterique-propagande-contre-l-Iran.html

 

 

 

 

 

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 21:16

 

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Avec ses dizaines de millions de chômeurs, de précaires, de pauvres, de sans abris etc., l' Europe s'enfonce profondément dans la misère. Les peuples d'Europe, comme des «esclaves», sont réduits à vivre au jour le jour sous la dictature brutale du capital. Leur vie et leur destin sont entre les mains des multinationales, des marchés financiers, des agences de notation, des experts de l'Union Européenne, de la BCE, du FMI qui décident à leur place. Les gouvernements leur répètent à longueur de journée et de nuit que leur prospérité, leur salut et leur bonheur résident dans les plans de rigueur et d'austérité. Et lorsqu'on leur organise des élections, les instituts de sondages et les médias se chargent de les «aider» en leur dictant leur choix. Cette «farce démocratique» se produit régulièrement et porte à la tête de l'État des partis dont la mission est d' exécuter les ordres des monopoles qui détiennent, eux, le véritable pouvoir. Parfois, la classe dominante ne juge même pas utile de procéder aux élections. Elle choisit directement ses gouvernements sans se soucier le moins du monde de l'avis des populations. Quelques jours seulement ont suffit pour remplacer Georges Papandreou et Silvio Berlusconi. A leur place, la bourgeoisie a mis des hommes qui vont servir ses intérêts d'une manière plus brutale et plus violente en appliquant sa politique de destruction de ce qui reste encore du tissu économique et social. La Grèce et l'Italie sont désormais sous tutelle de l'Union européenne. La souveraineté nationale et la démocratie sont ainsi vidées de leur contenu et transformées en mascarade grossière et ridicule.

 

En Espagne, J.L. Zapatero a ruiné son pays à coups de plans d'austérité avant de céder sa place à Mariano Rajoy. Quelques mois seulement après les élections législatives de novembre 2011, les espagnols se sont rendus compte que M. Rajoy pour lequel ils ont voté massivement applique les mêmes recettes économiques que J.L Zapatero. Plus de 100 000 chômeurs supplémentaires rien que pour le mois de février 2012, portant le nombre total d'hommes et de femmes privés d'emploi à 4,7 millions, record absolu pour l'Espagne de Zapatero et de Rajoy ! (1). Déçu, désemparé et révolté, le peuple d'Espagne est sorti massivement le 19 février 2012 et se mettra en grève générale le 29 mars pour protester contre cette politique de misère imposée par le capital par gouvernements interposés. Les régions autonomes de Valence (2) et de Galice (3) connaissent de fortes mobilisations populaires contre cette même politique misérable menée par le gouvernement régional et central. En Andalousie, durement frappée par le chômage, les ouvriers agricoles renouent avec l'occupation des terres. Depuis le 4 mars 2012, 500 journaliers agricoles occupent la Finca Somonte près de Cordoba (4). Cette occupation des terres rappelle les glorieuses luttes menées par les habitants de Marinaleda dans les années 80 (5).

 

Les Pays-Bas, présentés avec l'Allemagne comme un modèle à suivre et à qui les agences de notation ont accordé le «triple A» connaissent à leur tour une nette augmentation du chômage et une récession persistante (6). Comme les autres pays de l'Union Européenne, ils subissent de plein fouet la crise du capitalisme. La bourgeoisie hollandaise va profiter de cette situation pour tailler dans les dépenses publiques de l'Éducation et de de la Santé notamment. Elle profitera également pour «flexibiliser» un peu plus le marché du travail au grand bonheur des patrons néerlandais.

 

Les quelques différences de degré et non d'essence qui existent entre l'UMP et le PS, deux partis qui alternent au pouvoir en France depuis des décennies au mépris de ce qu'ils appellent les «petits partis», ne suffiront évidemment pas pour renverser cette tendance de fond. Bien au contraire, cette alternance, profondément ancrée dans l'Union Européenne, ne fait qu'empirer la situation économique et sociale des travailleurs. La bourgeoisie française, comme toutes les autres bourgeoisies européennes, est déterminée à venir à bout de l'ensemble des acquis sociaux arrachés de haute lutte par des générations successives.

Tout au long de la campagne électorale, la classe dirigeante française a distillé, comme un venin mortel, son discours haineux et fascisant et a créé un climat étouffant et détestable. Jamais la France n'a connu une campagne électorale aussi médiocre que dangereuse. Globalement elle a réussi relativement facilement à occulter durant toute la campagne électorale, grâce à ses médias, les malheurs qui rongent la vie des citoyens au quotidien (chômage, précarité, Santé, Éducation, logement etc.). Et quel que soit le parti qui sortira vainqueur des élections présidentielles et législatives de 2012, il aura comme tâche essentielle de poursuivre la politique d'austérité avec toutes ses conséquences dramatiques sur les couches populaires.

 

Dans toute l'Europe, avec ou sans élections, à l'Est comme à l'Ouest, c'est toujours la même politique servant les mêmes intérêts qui est poursuivie : maximisation des profits quel que soit le prix à payer par les populations.

 

Corruption, scandales financiers, affaires en tout genre se multiplient au moment même où la bourgeoisie exige des classes populaires des sacrifices de plus en plus insupportables (7). Parachutes dorés, retraites chapeau, actions gratuites, primes, bonus et autres stock-options sont allègrement octroyés aux dirigeants des grandes entreprises même lorsqu'ils procèdent aux licenciements de ceux qui ont produit ces richesses, les salariés.

 

Pour masquer sa responsabilité dans la destruction massive des économies européennes et détourner la colère et le combat des travailleurs et des salariés en général des véritables problèmes économiques sociaux et politiques, la bourgeoisie européenne fabrique des boucs émissaires. L' Étranger, le Noir, le Musulman, le Rom, le Sans Papiers etc, dont la bourgeoisie n'a plus besoin de leur force de travail, sont présentés à une population traumatisée et paupérisée par les différents plans d'austérité comme les véritables responsables des malheurs de l'Europe. La classe dirigeante tente, par cette stigmatisation généralisée, d'occulter sa faillite économique et morale. Elle mobilise alors les gouvernements, les médias, la justice etc., pour traquer ces ennemis qui «volent» l'emploi des «vrais» européens et rabaissent «la civilisation européenne». Rappelons pour mémoire que c'est au nom de cette même «civilisation» que la bourgeoisie européenne, poussée par la recherche effrénée du profit, a envahi et colonisé le monde entier au prix des pires massacres de l'histoire. Les crimes de la bourgeoisie en Europe et dans le monde, souvent au nom de cette prétendue «civilisation», sont innombrables et dépassent le cadre de cet article.

 

Mais malgré tous ces malheurs, le capital et la classe qui le porte, la bourgeoisie produisent et préparent en même temps les conditions matérielles de transformation sociale et du dépassement du capitalisme. Les travailleurs et les salariés en général n'ont absolument rien à attendre de ce système qui les opprime. Par contre, ils ont tout un monde à gagner en travaillant unis à leur propre émancipation. Rappelons que dans ce système la vie des hommes en elle-même, n'a aucune valeur !

 

L'abolition du capitalisme et la construction du socialisme restent les seules perspectives. Le socialisme, toutefois, n'est pas un dogme, un modèle, un idéal, mais un mouvement qui puise sa force dans la réalité économique, sociale et politique engendrée par le capitalisme lui-même.

La société bourgeoise actuelle a de plus en plus de mal à masquer l'opposition entre le développement prodigieux des sciences et techniques qui donne une puissance scientifique à la production jamais égalée dans l'histoire et le partage des richesses qui restent concentrées entre les mains d'une minorité: richesses fabuleuses pour une petite partie de la population d'un côté et misère sordide pour la majorité de l'autre!

 

L'exemple de la situation matérielle des couches populaires, par rapport à la minorité dominante en Grèce, en Espagne, au Portugal, et bientôt en Italie, au Royaume-Uni, en France, sans parler des pays de l'Europe de l'Est, est éloquent à cet égard. Le développement des associations caritatives comme les Restos du Cœur en France ou la distribution de la soupe populaire par les mairies et l'église en Grèce, le travail des enfants qui quittent l'école pour aider leurs parents au chômage, ne sont que quelques signes visibles de cette misère qui s'étend en Europe. Le paupérisme en Europe est une réalité que la propagande de la classe dominante a du mal à cacher.

 

Mais le capitalisme ne disparaîtra pas de lui-même. Plus il s'enfonce dans la crise et plus il devient dangereux. On le voit en Europe avec les agissements du capital financier qui est une composante essentielle du système pris dans sa globalité. On le constate également dans le monde arabe où l'impérialisme tente de briser, directement ou indirectement, l'élan et la vitalité révolutionnaires des peuples. En Amérique latine, il utilise tous les moyens en sa disposition pour anéantir ou bloquer les expériences originales d'un certain nombre de pays qui tentent de sortir du capitalisme pour aller vers le socialisme : contrôle des ressources naturelles, nationalisation de vastes secteurs de l'économie, répartition plus équitable des richesses, accès universel à l'Éducation et à la Santé, protection de l'environnement, résistance à l'impérialisme américain etc. etc.

 

Le crépuscule du capitalisme ne signifie donc pas l'aube du socialisme. Si certains pays d'Amérique latine déploient des efforts réels pour progresser vers le socialisme du 21ème siècle, l'Europe, elle, s'enfonce dans la nuit obscure du capitalisme : privatisations de tous les secteurs de l'activité économique, asservissement total au capital, montée du néo-fascisme, guerres intérieures et extérieures, mépris absolu de la vie des hommes, etc. etc. Malheureusement, le projet du passage à la société socialiste n'est qu'un horizon lointain pour les forces du progrès en Europe. Laminée par le chômage de masse et «la guerre de tous contre tous» sur un marché du travail désormais mondialisé, la classe ouvrière en Europe peine à produire des directions syndicales et politiques capables de résister efficacement aux assauts du capitalisme. La bourgeoisie tire sa force de la faiblesse de ses ennemis de classe.

 

Pourtant, ici ou là des révoltes éclatent. Elles sont encore timides, émiettées, isolées les unes des autres, éphémères et sans projet réellement socialiste. Mais la fuite en avant de la bourgeoisie dans les politiques d'austérité va aggraver encore la situation matérielle de vastes couches de la population. Les travailleurs et l'ensemble des victimes du capitalisme en Europe doivent se préparer à de nouveaux combats s'ils ne veulent pas voir leurs conditions d'existence empirer. Les forces du progrès, dans chaque pays d'abord, doivent amplifier les mobilisations qui existent déjà avant de les étendre à toute l'Europe ensuite. La lutte contre le capitalisme vieillissant ne doit pas se limiter à une guerre d'escarmouches contre ses effets. Il faut œuvrer en même temps à sa disparition et à la construction du socialisme.

 

 

Mohamed Belaali

 

 

 

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(1) http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120302trib000685974/un-jeune-espagnol-sur-deux-au-chomage.html

 

(2) Voir le journal Le Monde du 1er mars 2012, page 2,

 

(3) http://www.elmundo.es/elmundo/2012/03/11/galicia/1331473505.html

 

(4) http://www.medelu.org/Tierra-y-libertad

 

(5) http://belaali.over-blog.com/article-un-village-andalou-55816840.html

 

(6) Le Monde du 4/5 mars 2012 page 5.

 

(7) http://belaali.over-blog.com/article-qu-elle-est-jolie-la-republique-bourgeoise-53498647.html

Voir également l'enquête Eurobaromètre de la Commission Européenne :

http://ec.europa.eu/luxembourg/news/frontpage_news/12_2012_fr.htm

 

 

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 18:29

 

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Une année déjà ! Une année chargée de luttes, de sacrifices et surtout d'espoir. Espoir de voir enfin le Maroc débarrassé du joug du Makhzen, de la torture, de la corruption, de l'ignorance et de la misère.

 

Une année de marches dans la dignité! Hommes, femmes et enfants marchent des heures durant à travers tout le Maroc, soudés et unis par cette foi inébranlable dans une société meilleure. Par ce mouvement, les masses opprimées s'opposent obstinément à un système archaïque, sclérosé et figé qui les opprime. Ni la nouvelle constitution octroyée par le Palais, ni les élections législatives organisées par le Ministère de l'intérieur, ni le départ des islamistes d'Al Adl Wal Ihsane ( Justice et bienfaisance) des rangs du Mouvement du 20 février n'ont pu arrêter ces marcheurs de la dignité. Répartition équitable des richesses, démocratie, dignité etc. exigent les contestataires.«Vive le peuple, à bas le Makhzen», «à bas la dictature»scandent à l'unisson et sans relâche les manifestants. Ce cri collectif jaillit des décennies d'esclavage social, d'humiliations et de frustrations.

 


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L'antagonisme du Mouvement du 20 février et du Makhzen reflète, en dernière analyse, l'opposition entre les oppresseurs et les opprimés. Le grand mérite du Mouvement réside dans son existence même. Il a ravivé une lutte de classes que le pouvoir croyait révolue. Jamais l'histoire récente du Maroc n'a connu une période aussi riche et aussi chargée de luttes populaires intenses même si le combat contre le Makhzen ne date pas du 20 février 2011. Le Mouvement a libéré la vitalité et la créativité des masses opprimées qui ont fait preuve d'une grande maturité politique et organisationnelle. Dans la lutte, elles ont aussi appris à relever la tête et à se dresser contre leur ennemi de classe. Les contestataires n'ont désormais plus peur d'exposer à la face du régime leurs revendications et leurs buts. Ils sont prêts à soutenir une lutte de longue halène. Ces «damnés de la terre» savent que le pouvoir ne lâchera rien sans combat et sans sacrifices. Ils sont en quelque sorte condamnés à marcher, à se battre, à offrir des martyrs, des blessés et des prisonniers. Ce sont les masses qui font l'histoire !

 

En parallèle des marches pacifiques hebdomadaires, éclatent ici où là des révoltes populaires spontanées : Taza, Salé, Al hoceima, Khouribga, Beni Mellal, etc. Les villes marocaines, phénomène nouveau, deviennent de plus en plus solidaires les unes des autres car elles subissent les mêmes problèmes de chômage, de la hausse continue du coût de la vie, de la dégradation des services publics et, d'une manière générale, de la marginalisation des classes populaires.

Des hommes et des femmes, poussés par des injustices et des humiliations insupportables, vont jusqu'à mettre le feu à leur propre corps se transformant ainsi en torches humaines. Le souvenir de Mohamed Bouazizi est toujours vivant dans la mémoire collective et individuelle. Ainsi se poursuit un combat permanent, multiformes et parfois tragique contre le despotisme et la misère malgré la répression, les intimidations et les manœuvres en tout genre du pouvoir et de ses alliés de classes.

 

 

Face au Mouvement, se dressent, en plus du Makhzen et son appareil répressif et médiatique, toute une kyrielle de partis politiques anciens et nouveaux, tous domestiqués par le Palais depuis longtemps : le Parti de l'Istiqlal (conservateur), l'Union Socialiste des Forces Populaires (social-démocrate), le Parti de la Justice et du Développement (islamiste) installé aujourd'hui au gouvernement par le Palais, le Parti du Progrès et du Socialisme (ancien parti communiste) et un ensemble de partis créé de toutes pièces par le Makhzen au gré des élections qu'il fabrique régulièrement depuis l'indépendance politique du Maroc en 1956. Contrairement à la Tunisie de Ben Ali ou à l'Égypte de Moubarak qui ont éliminé ou poussé à la clandestinité les organisations politiques (en dehors des Frères Musulmans en Égypte), le régime marocain, lui, multiplie le nombre de partis qui servent ses intérêts, consolidant ainsi son hégémonie et sa domination de classe.

 

Le Mouvement est également combattu par l'impérialisme et les monarchies pétrolières du Golfe(1). Le soutien de ces forces ennemies du progrès et de la démocratie au Makhzen est total. En France par exemple, le Maroc est présenté comme un modèle à suivre. Les aspirations du peuple marocain à la démocratie et à la modernité ne pèsent pas lourd face aux intérêts économiques de la bourgeoisie française au Maroc (2). Les médias bourgeois occidentaux, quasiment tous entre les mains d'industriels et de financiers, et Al Jazeera propriété du «grand démocrate», l'émir du Qatar, se taisent lamentablement sur les manifestations pacifiques qui se déroulent depuis plus d'un an non seulement au Maroc, mais aussi à Bahreïn, au Yémen, en Jordanie, en Arabie Saoudite etc. Le silence de ces médias sur ces luttes n'a d'égal que l'hystérique propagande contre la Syrie et l'Iran.

Le citoyen européen, américain, canadien etc. n'a droit qu'à la propagande grossière qui le rabaisse et le prive des liens de solidarité et de fraternité avec les peuples réellement en lutte contre l'absolutisme. Il risque de se trouver ainsi dans une position qui peut l'amener à soutenir les manœuvres impérialistes de son propre gouvernement.

 

Le Mouvement du 20 février doit montrer aux masses populaires que la lutte contre le Makhzen ne suffit pas si elle n'est pas accompagnée par un combat anti-impérialiste. L'impérialisme est partout l'ennemi des peuples et du progrès. Il tente d'écraser les soulèvements authentiques des peuples du monde arabe contre des régimes d'un autre âge, soit pour maintenir au pouvoir ces régimes, qui servent ses intérêts, soit pour renverser des gouvernements qui ne lui sont pas totalement soumis. Ainsi il a écrasé dans le sang la révolte du peuple de Bahreïn par l'intermédiaire d'une «grande démocratie», l'Arabie Saoudite(3). Il a détruit tout un pays, la Libye pour y installer un nouveau régime lui permettant de pomper allègrement le pétrole du peuple libyen. La Libye aujourd'hui ressemble à un vaste centre de torture que même les ONG comme Médecins sans Frontière (MSF) rechignent à devenir «l'auxiliaire des tortionnaires». «L'intervention militaire avait été conduite en 2011 au nom de la «protection des civils», mais voilà que l'image du «combat pour la liberté» mené en particulier par la France et le Royaume Uni, apparaît terni par les exactions que commettent des anciens rebelles» écrivait dans son édition du 19/20 février 2012 Le Monde, journal bourgeois par excellence et ardent défenseur de l'intervention de l'OTAN en Libye. L'impérialisme tente aujourd'hui d'envahir la Syrie, comme hier il a envahi l'Irak, pour asservir son peuple et pour mieux peut-être affaiblir demain l'Iran (4).

 

Le Mouvement du 20 février doit également accorder une large place dans ses revendications à l'émancipation de la femme marocaine notamment dans le domaine économique et scolaire. Dans le Maroc d'aujourd'hui, l'accès des femmes au marché du travail reste faible (28 femmes contre 84 hommes) et plus de la moitié d'entre elles ne sait ni lire ni écrire. Leur revenu est quatre fois inférieur à celui des hommes (5). Mais sans la participation massive des travailleurs, des précaires, des chômeurs et des paysans pauvres, il sera difficile pour le Mouvement d'élever le niveau et l'intensité de la lutte des classes et, partant, d'élargir le champs de ses revendications.

 

Malgré ses faiblesses, le Mouvement du 20 février reste un événement majeur dans l'histoire des luttes de classes au Maroc. Il a pu courageusement tenir tête à tous ses ennemis, à commencer par le puissant Makhzen. Les masses populaires opprimées n'espèrent pas des miracles du Mouvement. D'autres étapes et d'autres combats l'attendent. Elles savent que la lutte sera dure et la marche vers cette forme de vie supérieure sera longue. Mais elles savent également que le processus de changement et de transformation sociale est enclenché.

Par ses manifestations hebdomadaires pacifiques, le Mouvement du 20 février a redonné considération, dignité et espoir à toutes celles et ceux qui, hier encore, étaient sans espoir.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

 

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(1) http://www.lopinion.ma/def.asp?codelangue=23&id_info=19291

http://www.aufaitmaroc.com/actualites/maroc/2011/12/20/ccg-fonds-de-developpement-de-25-milliards-de-dollars-pour-le-maroc

 

 

(2) http://www.lavieeco.com/news/economie/750-entreprises-francaises-implantees-au-maroc-et-90-milliards-de-dh-investis-17073.html

 

(3) http://belaali.over-blog.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

 

(4) http://belaali.over-blog.com/article-l-imperialisme-est-l-ennemi-des-peuples-le-cas-de-la-syrie-95898575.html

 

(5) Voir le rapport du Forum économique mondial : https://members.weforum.org/pdf/gendergap2010/Morocco.pdf

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 12:32

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 « Mon cœur abrite toute la tristesse d'une vie entière

  Mais si j'me laisse faire , c'est un aller direct au cimetière» *



Ali Ziri 69 ans, Mohamed Boukrourou  41 ans,  Abou Bakari Tandia 38ans, Pascal Taïs 32 ans,  Abdelkarim Aouad 30 ans, Wissam El-Yamni, 30 ans, Mohammed Saoud 26 ans, Abdelilah El Jabri 25 ans, Malik Oussekin 22 ans, Hakim Ajimi 22 ans, Zied et Bouna 17 et 15 ans … La liste des hommes morts dans les commissariats, ou lors des interpellations policières est longue, trop longue. Et il ne s'agit là que de quelques noms des victimes connues et répertoriées. D'autres morts viendront, hélas s'ajouter à cette interminable liste macabre. Car la police n'est qu'un instrument parmi tant d'autres que la bourgeoisie utilise pour asseoir sa domination de classe. L'ordre bourgeois, défendu par les forces de l'ordre, a constamment besoin pour se maintenir d'inventer des boucs émissaires. Chaque période, chaque crise produit ses propres victimes. Aujourd'hui en France, les enfants et les petits-enfants des travailleurs immigrés parqués dans des ghettos entourant les grandes métropoles industrielles sont l'une des cibles privilégiées de la classe dirigeante, ce qui lui permet de mieux masquer son désastre économique, social et politique.


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La brutalité exercée sur cette partie de la population fragilisée par le chômage de masse (1) n'est pas seulement le fait de la police. La propagande médiatique présente souvent les jeunes des quartiers populaires comme des «voleurs», «dealeurs», «violeurs» etc. Cette stigmatisation généralisée facilite par la suite la tâche des hommes politiques en mal de voix d'une frange de la population élevée dans la haine de l'autre. Il faut nettoyer au «Kärcher» les cités de ces «sauvageons» et de cette «racaille» qui troublent la paix des «honnêtes gens». Il faut reconquérir ces «zones de non droit».
Les tribunaux, où les verdicts sont connus d'avance, prennent la relève des hommes politiques. La présomption d'innocence est rarement respectée. Les peines d’emprisonnement ferme et les comparutions immédiates où les droits de la défense sont moins garantis, restent largement supérieures à la moyenne nationale (2). La rapidité avec laquelle les jeunes des quartiers ouvriers sont jetés en prison n'a d'égale que la lenteur des procédures impliquant des policiers. En France, il est difficile pour cette partie de la population d'obtenir la condamnation d'un policier. C'est une constante inscrite non pas dans un quelconque code, loi ou constitution, mais dans les faits. «Il vaut mieux être policier que simple citoyen. Ils sont couverts» disait Boubaker Ajimi, père d'Hakim Ajimi mort, victime des violences policières(3). Amnesty International constate les faits suivants : «Insultes racistes, recours excessif à la force, coups, homicides illégaux – telles sont les allégations de violations des droits humains commises par certains policiers français». L'organisation dénonce «un système qui favorise l'impunité des policiers accusés de ces actes» (4). Il s'agit d'une véritable justice de classe. L'indépendance de la justice est une chimère que le discours dominant a du mal à masquer.
Police, justice, médias et hommes politiques sont ainsi unis, sans jamais le reconnaître, dans leur croisade contre les jeunes des cités populaires. Ce sont eux qui attisent la haine entre citoyens pour mieux les diviser en jouant sur les préjugés nationaux, raciaux et religieux. Ce sont eux qui fabriquent des coupables en utilisant la délation rémunérée. Et ce sont toujours eux qui présentent les jeunes des cités comme responsables des malheurs de la France pour mieux masquer la faillite économique, sociale et morale de la bourgeoisie qu'ils servent.

Paupérisés, marginalisés et méprisés par une bourgeoisie qui n'a plus besoin de leur force de travail, les jeunes des cités se révoltent à intervalles réguliers. Leur rage et leur colère jaillissent, comme les flammes des voitures qu'ils brûlent, des conditions matérielles d'existence inhumaines. Leur révolte n'est pas dirigée uniquement contre les brutalités policières; elle embrasse l'ensemble des symboles et institutions de l'ordre bourgeois qui les opprime au quotidien à commencer par l'école. Celle-ci n'est que le reflet d'une société de classe. Le tri, le classement, la hiérarchisation et la sélection restent, pour l'essentiel, son mode de fonctionnement. L'école broie celles et ceux qui ne possèdent pas ou qui ne maîtrisent pas les codes culturels eux-mêmes déterminés par le milieu social malgré le courage et le dévouement de ses personnels qui travaillent dans des conditions difficiles. Même les experts d'une organisation  libérale comme l'OCDE le reconnaissent : « En France plus qu’ailleurs, la réussite dépend du milieu économique» (5).

La révolte des cités n'est pas seulement le fait des jeunes. Nombre d'adultes témoignent de leur solidarité à l'égard des émeutiers, sans parler des familles qui soutiennent leurs enfants, car elles subissent les mêmes problèmes et les mêmes humiliations.

Ces humiliés ont montré à plusieurs reprises qu'ils sont capables de se mettre en colère, de se révolter et de se dresser contre un ordre injuste contrairement à un lumpenproletariat qui se trouve souvent du côté de la classe dominante. Leur révolte est un acte social et politique dirigé contre un État policier qui opprime et punit les plus fragiles de la classe ouvrière même si l'on s'obstine à ne pas le reconnaître. Pour la classe dirigeante, il ne s'agit que de «voyous» et de bruleurs de voitures organisés en bandes qui troublent l'ordre public et qu'il faut impitoyablement réprimer. «le rétablissement de l'ordre public était un préalable(...) Nous faisons face à des individus déterminés, à des bandes structurées, à de la criminalité organisée, qui ne recule devant aucun moyen pour faire régner le désordre et la violence» déclarait Dominique de Villepin dans un ton aristocratique devant un hémicycle de l'Assemblée Nationale comble (6).

«La racaille» va alors payer cher son audace et son insolence à vouloir secouer cet ordre qui l'humilie et la méprise en permanence. Après les émeutes de 2005, la police a procédé à des milliers d'interpellations et les tribunaux ont distribué des années de prison ferme. Le gouvernement a même proclamé l'état d'urgence et le couvre-feu qui l'accompagne; décision rare dans l'histoire récente de la France. En fouillant dans son passé, la République bourgeoise a trouvé une loi, celle 1955, conçue pour imposer l'ordre colonial en Algérie. Cinquante ans après, elle l'exhume pour mater la révolte des enfants et des petits-enfants des travailleurs immigrés ! Aux problèmes sociaux et politiques, l'État français répond par des mesures guerrières !

Cet État qui mobilise des moyen répressifs extraordinaires pour briser les révoltes d'une population qui n'aspire qu'à vivre dignement, montre une grande faiblesse complice face par exemple aux marchés financiers qui détruisent l'économie de tout un peuple ! La bonne société bourgeoise qui s'indigne tant de la violence des jeunes des quartiers ouvriers s'accommode très bien de la brutalité autrement plus profonde des vautours de la finance internationale. Cette révolte a eu au moins le mérite de montrer au grand jour la lâcheté de la bourgeoisie et les valeurs hypocrites de sa République.


 
Les forces du progrès ne doivent pas abandonner les habitants des ghettos-cités aux forces obscures et réactionnaires. Les travailleurs immigrés, leurs enfants et leurs petits-enfants qui sont nés sur le sol de ce pays font partie intégrante, pour la grande majorité d'entre eux, de la classe ouvrière. Ils subissent plus que les autres les ravages du chômage, de la précarité et les affres des humiliations en tout genre. Cette insécurité et cette violence permanentes exercées sur cette fraction vulnérable et fragile de la société par une bourgeoisie arrogante et brutale, montrent à l'évidence que leur révolte est légitime. Ses morts, nombreux et anonymes, ne sont pas reconnus et encore moins décorés par la République.
Leur combat doit être celui de toutes les forces qui s'opposent à cet ordre injuste. Prolétaires, précaires et chômeurs de tous les quartiers unissez-vous contre votre ennemi commun, la bourgeoisie.

Mohamed Belaali

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*  MANU KEY, Karl et Yezy L’Escroc :  «Dans nos têtes et dans nos coeurs»

(1) http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf

(2) Voir l'intéressante étude de Fabien Jobard et Sophie Névanen «La couleur du jugement»
       http://www.cairn.info/revue-francaise-de-sociologie-2007-2-page-243.htm

(3) http://lmsi.net/Des-policiers-au-dessus-des-lois


(4) http://www.amnesty.org/fr/library/asset/EUR21/003/2009/fr/37f51e9b-e064-4f1f-8656-1683851cc215/eur210032009fra.html


(5) http://www.france24.com/fr/20101207-france-education-ocde-rapport-systeme-enseignement-baisse-niveau-scolaire-chatel-zep

(6) http://www.lemonde.fr/societe/article/2005/11/08/a-l-assemblee-m-de-villepin-justifie-l-etat-d-urgence_708050_3224.html

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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 18:48

 

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L'impérialisme américain et son caniche européen cherchent par tous les moyens à déstabiliser la Syrie pour mieux l'asservir. Après la Libye, c'est le tour de la Syrie. L'impérialisme avait déjà, dans un passé récent, détruit la Yougoslavie, envahi l'Afghanistan, ravagé l'Irak et ruiné la Côte d'Ivoire. Destructions, massacres, génocides et violence extrême sont ses caractéristiques essentielles. Poussé par la recherche effrénée du profit, l'impérialisme en tant qu'instrument du pouvoir de la bourgeoisie, tente de soumettre tous les peuples de la planète. Esclavage, colonialisme, néocolonialisme etc., son histoire n'est, en dernière analyse, que pillage, par la violence et la cruauté, des richesses des peuples. Vouloir installer en Syrie par la force un gouvernement à sa botte, l'impérialisme ne fait que perpétuer cette logique hégémonique et despotique. L'impérialisme est toujours et partout l'ennemi des peuples.


 

Dès ses origines, le parti Baath éprouvait une aversion profonde pour le marxisme et la lutte des classes qui, selon ses fondateurs, étaient étrangers aux valeurs de la nation arabe. Le communisme à leurs yeux était par essence internationaliste, incompatible avec l'union des peuples arabes. Leur foi mythique dans cette « nation arabe» et dans «le socialisme arabe» a fait du Baath, en dernière analyse, un parti plutôt nationaliste au service des intérêts de la bourgeoisie et de la classe moyenne syrienne.

En 1963, lors du sixième Congrès National, l'aile gauche du parti avait adopté des résolutions réellement progressistes. Il faut préciser que les militants qui animent cette tendance radicale du Baath ont des origines sociales populaires contrairement à la vieille garde dont les dirigeants appartiennent à la bourgeoisie citadine. La lutte des classes s'est en quelque sorte introduite, au grand dam des conservateurs, à l'intérieur même du parti !

Pour contrecarrer ces résolutions et renverser cette tendance, Michel Aflak, Salah Bitar et leurs fidèles ont pris la décision, lourde de conséquences, de recourir à l'armée. En militarisant le parti, les fondateurs ont de fait éliminé toute possibilité de régler les conflits et les divergences d'opinions par le débat et les urnes. En Irak comme en Syrie, deux pays où le Baath est arrivé au pouvoir, le parti est devenu un repère d'officiers assoiffés de pouvoir. «La renaissance arabe», «L'unité arabe» et «le socialisme arabe» ont été relégués aux calendes grecques. Leur seul et unique objectif est de se maintenir, vaille que vaille, au pouvoir.

La répression sous toutes ses formes est devenue pour ces militaires le moyen le plus efficace pour taire toute contestation et éliminer toute opposition. Les services de renseignements, les redoutables «Moukhabarat» pourchassent, torturent et éliminent impitoyablement les opposants. Le général Hafez Al Assad a pris le contrôle de la Syrie en 1970. Trente ans plus tard, il livre à son fils Bachar une Syrie «nettoyée» de toute opposition. Même les fondateurs historiques du Baath n'ont pas échappé à la répression. Michel Aflak et Salah Bitar ont été condamnés à mort par contumace avant d'être graciés. Mais Salah Bitar a été assassiné rue Hoche à paris en 1980.

Aujourd'hui encore, l'état d'urgence est toujours en vigueur et l'article 8 de la constitution donne au Baath le statut de dirigeant exclusif de l'État et de la société (1).

Mais le Baath est le produit des rapports sociaux de la société syrienne. Il appartient au peuple syrien et à lui seul, en fonction de ces mêmes rapports sociaux, de le garder ou au contraire de le renverser.

 

Les soulèvements populaires en Tunisie, en Égypte, au Yémen, à Bahreïn etc. ont suscité d'énormes espoirs de changement dans les masses arabes opprimées y compris en Syrie.

Mais l'impérialisme ne peut supporter cette marche autonome des peuples vers la démocratie et le progrès. Les maintenir dans la soumission et la misère qui bloquent leur vitalité et leur émancipation reste pour lui le meilleur moyen de les dominer pour mieux les exploiter.

L'impérialisme s'immisce directement dans les affaires des peuples en leur refusant le droit de prendre eux-mêmes en charge leur propre destin. C'est ainsi qu'il a écrasé dans le sang, par l'intermédiaire de l'Arabie Saoudite, la révolution du peuple de Bahreïn pour maintenir au pouvoir la dynastie des Al khalifa, son fidèle serviteur local. C'est toujours lui qui a financé, armé et porté au pouvoir le Conseil National de Transition (CNT) en Libye au prix de milliers de morts et de destruction de tout un pays. Et c'est encore l'impérialisme qui a manœuvré au Yémen, par le biais du Conseil de Coopération du Golfe, pour confisquer la révolution au peuple en demandant à Ali Abdallah Saleh de mettre le pouvoir entre des mains sûres avant de s'exiler en Arabie Saoudite ou aux États-Unis. L'impérialisme est la négation du Droit des nations à disposer d'elles-mêmes.

 

L'hystérique propagande menée contre la Syrie n'a d'égale que le silence sur les révoltes réellement populaires au Yémen, à Bahreïn, en Arabie Saoudite ou encore au Maroc. Combien de citoyens américains et européens savent que le peuple marocain par exemple manifeste massivement et pacifiquement tous les dimanches depuis le 20 février 2011? Cette intense propagande dans l'occident impérialiste rappelle étrangement celle qui a précédé l'invasion de l'Irak et de la Libye.

 

L'impérialisme américain avec l'aide notamment de la Grande Bretagne, de la France, de la Turquie, de l'Arabie Saoudite et du Qatar se prépare activement à intervenir militairement en Syrie pour installer un pouvoir qui servira ses intérêts comme en Afghanistan, en Irak ou encore en Libye. Déjà l'Armée Libre Syrienne (ALS), pure créature de la Turquie, revendique un certain nombre d'actions sanglantes contre l'armée régulière syrienne. L'opposition au régime de Bachar Al Assad, dominée par les Frères Musulmans est de plus en plus violente. Il s'agit d'affaiblir la Syrie avant de l'envahir comme ce fut le cas en Libye.

 

Dans le monde arabe, l'impérialisme brise l'élan des soulèvements populaires pacifiques et le remplace par la violence d'une opposition qui lui est soumise. Il écrase les aspirations et les luttes des peuples pour leur imposer des régimes qui lui sont totalement acquis. L'exemple de la Libye est édifiant à cet égard. Aujourd'hui, il tente d'envahir la Syrie pour servir ses intérêts et tenir son peuple dans l'oppression et la servitude.

 

Un régime installé à Damas par la volonté des États-Unis et de leurs satellites est la pire chose qui puisse arriver au peuple syrien, notamment pour ses classes laborieuses. Il suffit de voir dans quelle situation tragique se trouve aujourd'hui la population irakienne sans eau ni électricité pour s'en convaincre. Avant leur départ tout relatif, les américains ont laissé derrière eux, en plus d'un pouvoir corrompu et à leur solde, un pays divisé, ravagé, martyrisé et meurtri : plus d'un million de victimes et des centaines de milliers de blessés (2). Ce crime contre l'humanité «donne la mesure de la cruauté dont le capitalisme et la bourgeoisie qui le porte sont capables» (3). Et on va taire par pudeur les pratiques barbares des soldats américains sur des prisonniers irakiens sans défense notamment dans la tristement célèbre prison d'Abou Ghraib. La propagande la plus odieuse et les mensonges les plus grotesques ont été utilisés pour justifier l'invasion de l'Irak. La bourgeoisie, on le voit, ne recule devant rien pour assouvir sa soif du pétrole irakien.

Ce qui est vrai de l'Irak ne l'est pas moins de la Libye où la population survit dans des conditions dramatiques après les destructions massives de l'OTAN, bras armé de l'impérialisme. Pendant ce temps-là, les grandes compagnies pétrolières comme ENI, Total, BP, ExxonMobil, Shell etc., continuent, tels des vampires, à pomper allègrement le pétrole libyen !

Par ailleurs, l'Alliance atlantique refuse toujours de fournir le moindre chiffre sur le nombre de civils innocents tués par ses soldats. Ce silence en dit long sur les massacres perpétrés par l'OTAN et le CNT contre le peuple libyen. Rappelons tout de même que ces crimes ont été commis sous la bannière de la protection des civils et de l'aide humanitaire comme le précise la résolution 1973 de l'ONU : « Le Conseil de sécurité(...) se déclarant résolu à assurer la protection des civils et des secteurs où vivent des civils, et à assurer l'acheminement sans obstacle ni contretemps de l'aide humanitaire»!

La victoire de l'impérialisme en Syrie, est la défaite non seulement du peuple syrien mais de tous les peuples.

 

Mais ces guerres que les bourgeoisies américaines et européennesimposent aux peuples à travers le monde ne sont, en dernière analyse, que le prolongement des guerres économiques et sociales qu'elleslivrent dans leur propre paysaux travailleurs et aux salariés en général. Les plans de rigueur et d'austérité qui se succèdent aux États-Unis et en Europe constituent une véritable guerre que la bourgeoisie livre aux classes populaires. «La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens» disait Clausewitz. La guerre est directement liée à la lutte des classes.

 

Guerres de classes à l'intérieur, guerres impérialistes à l'extérieur, voilà ce que l'histoire nous enseigne sur cette classe sociale, la bourgeoisie, dont la seule et unique raison d'être est la maximisation du profit par tous les moyens y compris par le plus abject, la guerre sous toutes ses formes. D'une manière générale, les guerres intérieures et extérieures sont intimement liées à l'exploitation des uns par les autres. «Abolissez l'exploitation de l'homme par l'homme, et vous abolirez l'exploitation d'une nation par une autre nation» écrivaient Marx et Engels dans le Manifeste (3).

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1) «The leading party in the society and the state is the Socialist Arab Ba'ath Party. It leads a patriotic and progressive front seeking to unify the resources of the people's masses and place them at the service of the Arab nation's goals».

http://www.mideastinfo.com/documents/Syria_Constitution.htm

 

(2) http://www.justforeignpolicy.org/iraq/iraqdeaths_fr.html

 

 

(3) Voir, entre autres, «Les ravages de la guerre impérialiste en Irak»

http://belaali.over-blog.com/article-les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-irak-48981793.html

 

(4) K. Marx et F. Engels dans le «Manifeste du parti communiste», page 56. Éditions de Pékin.

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 20:21

 

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Socrates Brasileiro Sampaio de Sousa Vieira de Oliveira vient de nous quitter à l'âge de 57 ans. Socrates était un talentueux et élégant joueur de football. Il était également médecin diplômé de la prestigieuse faculté de San Paulo. Mais il était avant tout un militant. Jusqu'à sa mort, il n'a jamais renié ses convictions progressistes. Il a toujours dénoncé le «foot-business» et l'utilisation par la classe dominante de ce sport populaire pour servir ses intérêts économiques et idéologiques.

 

Contrairement à la plupart des footballeurs brésiliens, Socrates n'a pas courbé l'échine face à la dictature militaire (1964-1985) qui sévissait au Brésil. Bien au contraire, en utilisant son talent de grand joueur, il a fondé au sein de son équipe Corinthians de San Paolo la «Démocratie Corinthiane». Ce système qui permettait aux joueurs de prendre totalement en charge le destin de leur club, était une expérience audacieuse comparativement à la gestion en vigueur dans tous les autres clubs du monde basée uniquement et strictement sur la réalisation du profit. C'était également une manière de dénoncer le contrôle et la mainmise de la dictature non seulement sur le football, sport populaire par excellence au Brésil, mais aussi sur tout un peuple. Ce fait unique dans l'histoire récente du football, dominée par la corruption, le dopage et les scandales en tout genre, était un acte politique courageux, d'autant plus que cette terrible dictature, soutenue par les États-Unis, ne tolérait aucune contestation aussi symbolique soit-elle.

Socrates et ses camarades transformaient les stades en lieux de contestation de la dictature. Nulle publicité idiote payée par telle ou telle marque sur leurs maillots, mais seulement des slogans politiques contre la junte militaire.

S'il est difficile de déterminer la part de cette équipe courageuse dans le renversement de la dictature, on peut néanmoins dire qu'elle y a largement contribué en utilisant la magie du football.

«Quand Lula est arrivé au pouvoir, il y a eu une liste de ‘ministrables’ qui a circulé, et j’étais dedans, mais j’ai pris les devants, et j’ai dit ‘non’. Je ne crois pas trop à la politique institutionnelle»(1) confessait Socrates. Il avait une autre conception du combat politique.

 

Puisse le combat de Socrates servir d'exemple aux nouvelles générations de sportifs pour débarrasser le sport non pas d' une quelconque dictature militaire, mais d'une autre dictature beaucoup plus dangereuse, celle de l'argent.

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1) http://www.sofoot.com/la-mort-de-socrates-150501.html

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 18:06

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Le mercredi 23 novembre 2011, Ali Abdallah Saleh a signé «l'accord de transfert de pouvoir» à Riyad en présence du Roi d'Arabie Saoudite. Cet accord, élaboré par le Conseil de Coopération du Golf (CCG), prévoit la passation du pouvoir à son vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi. Durant une période transitoire de trois mois, Ali Abdallah Saleh restera président «à titre honorifique». Ce plan prévoit également et surtout l'immunité du despote et de ses proches.Les révolutionnaires du Yémen rejettent cet arrangement. Ils luttent non seulement pour renvoyer Ali Abdallah Saleh à la poubelle de l'histoire, à côté de Ben Ali et de Moubarak, mais aussi afin qu'il soit jugé pour les innombrables crimes qu'il a commis contre des manifestants pacifiques. Au Yémen, la révolution continue.

 

 

 

Les États-Unis ont applaudi l'accord et «félicitent le gouvernement yéménite et l'opposition de s'être mis d'accord pour une transition pacifique et ordonnée du pouvoir», a déclaré Mark Toner, porte- parole du département d'État. Le plan a été salué également parBan Ki-moon et Catherine Ashton.

En revanche, le peuple du Yémen, lui, est sorti massivement dès le jeudi 24 novembre dans tout le pays pour dire non à cet «accord» préparé par le CCG dominé par l'Arabie Saoudite, fer de lance de la contre-révolution dans le monde arabe. Rien que pour cette journée, cinq manifestants sont tombés sous les balles des hommes d'Ali Saleh et viennent ainsi s'ajouter à l'interminable liste des martyrs de la révolution. Les jeunes révolutionnaires exigent la traduction devant la justice du dictateur et de ses hommes : «Nous ne quitterons pas la place du Changement jusqu'à la réalisation de tous nos objectifs, et surtout la traduction en justice de Saleh et du régime» (1).

 

Le vendredi 25, baptisé «notre révolution continue», des manifestations impressionnantes ont secoué tout le pays, d'Aden à Sanaa en passant par Hodeida et bien sûr Taëz où la révolution a débuté fin janvier 2011. Depuis cette date, le peuple du Yémen n'a cessé pacifiquement de lutter contre le régime despotique d'Ali Abdallah Saleh dans l'indifférence quasi générale des grands médias occidentaux.

 

 

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«Liberté», «Libération»( Tahrir en arabe) ou encore «Changement» sont des noms qui fleurissent sur les murs des rues et des places des villages et des villes du Yémen. Cette magnifique et discrète révolution refuse d'oublier ses morts.«Le sang des martyrs est dans nos âmes»disent les révolutionnaires. Non seulement leurs portraits sont accrochés un peu partout, mais ils sont gravés dans la mémoire collective de ce peuple courageux. C'est peut-être pour cette raison que les révolutionnaires yéménites rejettent cet accord «fabriqué» par les pires ennemis de la démocratie et du progrès, les monarchies réactionnaires du Golfe. Le peuple du Yémen qui se bat depuis de nombreux mois, «poitrine nue» comme on dit en arabe, pour une société meilleure, se souvient que ce sont ces mêmes monarchies d'un autre âge qui ont envoyé leurs chars, sous le regard complice des bourgeoisies occidentales, pour écraser dans le sang la révolution à Bahreïn (2).

 

L'accord qui prévoit le départ du despote constitue déjà un grand pas vers l'effondrement du régime. Les révolutionnaires ne veulent pas s'arrêter à mi-chemin. Par leurs manifestations quotidiennes, ils veulent pousser leur révolution jusqu'à son terme : renverser un régime devenu un véritable obstacle sur le chemin de la démocratie et du progrès.

 

Mais les ennemis de cette formidable révolution sont nombreux et puissants. Les monarchies du Golfe, regroupées au sein du CCG, n'accepteront jamais l'installation à leur porte d'un Yémen démocratique. Cela risque de constituer un exemple à suivre pour les peuples de la région, opprimés par les dynasties d'Al Saoud, d'Al Khalifa, d'Al Sabbah etc., d'autant plus que des manifestations importantes se déroulent régulièrement notamment à Qatif dans l'Est d' Arabie pour dénoncer le régime saoudien (3).C'est ce qui explique, entre autres, cette ingérence directe de l'Arabie Saoudite dans les affaires intérieures du Yémen. Rappelons pour mémoire que c'est l'Arabie Saoudite qui a soigné Ali Saleh avant de l'envoyer au Yémen pour briser la révolution. Et c'est toujours l'Arabie Saoudite, face à la résistance du peuple du Yémen, qui a «convoqué» le même Ali Saleh à Riyad pour signer «l'accord de transfert de pouvoir» dont la cérémonie a été présidée par le roi Abdallah lui-même et par le prince héritier Nayef. C'est dire la crainte que suscite le soulèvement populaire au Yémen.

Mais c'est surtout l'impérialisme américain, en collaboration directe avec les monarchies pétrolières, qui représente le véritable danger qui guette la révolution. Il suffit de regarder la position géostratégique du Yémen pour comprendre l'intérêt que portent les États-Unis pour ce pays : Golfe d'Aden, Bāb al-Mandab, sa proximité de l'un des plus grands producteurs et exportateurs de pétrole au monde, l'Arabie Saoudite.

 

Les américains et les saoudiens qui n'ont pas réussi à briser la révolution yéménite, tentent aujourd'hui de sauver le régime et leurs intérêts en mettant le pouvoir entre des mains sûres quitteà «sacrifier» Ali Saleh en lui proposant unexil doré en Arabie et des soins aux États-Unis.

 

La révolution yéménite a traversé des étapes marquées par des flux et des reflux incessants. Mais elle se poursuit et se déploie au gré des vicissitudes d'ombres et de lumières sans jamais renoncer à son but : renverser le régime d'Ali Adallah Saleh et mettre le peuple du Yémen sur le chemin de la démocratie et du progrès.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

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(1) http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/11/23/le-president-saleh-se-rend-a-ryad-pour-signer-l-accord-de-transfert-du-pouvoir-au-yemen_1607820_3218.html

 

(2) http://belaali.over-blog.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

 

(3) http://observers.france24.com/fr/content/20111124-qatif-tanks-roulent-manifestants-chiites-funerailles-blindes-morts-arabie-saoudite-achoura

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