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15 mai 2019 3 15 /05 /mai /2019 12:34

 

«Nous, médecins, rappelons notre attachement viscéral au secret professionnel. C’est pourquoi nous refusons le fichage des Gilets jaunes blessés arrivant aux urgences. De même que nous nous opposons à tout autre fichage des patients sans leur consentement, visant à une transmission des données en dehors de l’hôpital à des fins autres que médicales » (1). Ainsi commence le texte de cent médecins qui refusent le fichage des Gilets jaune blessés.

La bourgeoisie française non satisfaite d'avoir éborgné et mutilé des Gilets jaunes, exige maintenant qu'ils soient fichés lorsqu'ils arrivent blessés aux urgences. Ce fichage, réclamé par le pouvoir, se fait évidemment sans le consentement des patients. La bourgeoisie veut ainsi transformer la science médicale et les médecins en complices, en simples supplétifs de la police. Le secret professionnel, la déontologie et l’éthique médicale n'ont de valeur que lorsqu'ils servent ses propres intérêts. Précisons que toute transgression du secret professionnel peut entraîner des poursuites pénales ou disciplinaires. L'article R. 4127-4 du code de la santé publique dit clairement que «toute personne prise en charge par un professionnel, un établissement, un réseau de santé ou tout autre organisme participant à la prévention et aux soins a droit au respect de sa vie privée et du secret des informations la concernant». «Ce qu'on nous demande de faire est illégal, un médecin n'a pas à ficher ses patients », s'insurge un médecin urgentiste de l'AP-HP (2). Mais pour cette classe, la loi c'est toujours la loi du plus fort. Pour elle, les Gilets jaunes ne sont pas des blessés, des patients, mais des opposants qu'il faut réprimer, traquer, ficher même dans les hôpitaux. Réclamer la justice fiscale et sociale dans la France d'aujourd'hui est une revendication devenue insupportable pour la classe dirigeante. Les barrières juridiques s'effacent progressivement laissant place à un régime autoritaire ne tolérant aucune opposition, aucune contestation populaire d'envergure comme c'est le cas en ce moment avec les Gilets jaunes.

Mais le fichage des blessés « jaunes » n'est que le symptôme, parmi tant d'autres, de la société capitaliste d'aujourd'hui. Le fichage n'est pas une dérive, mais une politique volontariste d'un système qui, pour se maintenir et se perpétuer, a besoin d'étendre sa surveillance, son contrôle sur l'ensemble des citoyens notamment les plus pauvres et les plus conscients d'entre-eux. Les contrôles, facilités par les technologies du numérique, se généralisent et touchent tous les domaines.(3).

Ce fichage « jaune » dont les médias bourgeois ne parlent plus, est en soi une autre forme de violence (4) faite aux Gilets jaunes et à tous les mouvements sociaux. Le but non avoué de ce silence est de rendre toute cette violence d'Etat invisible, inexistante. On ne parle plus du fichage des blessés « jaunes » comme on ne parle plus de l'humiliation collective des jeunes de Mantes-la-Jolie, de Zineb Redouane, des yeux crevés, des mains arrachées, des centaines de signalements déposés à l'IGPN sans résultat, des mensonges répétés du pouvoir etc.etc. Dans l'immédiat, il faut créer chez les citoyens un sentiment, une impression que tous ces événements n'ont pour ainsi dire jamais existé. La bourgeoisie tentera par la suite de les effacer de la mémoire collective qui représente toujours une menace, un danger pour les régimes autoritaires. Il lui sera plus facile plus tard de réécrire sa propre vérité, légitimant et perpétuant son pouvoir.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://reporterre.net/Cent-medecins-refusent-le-fichage-des-Gilets-jaunes-blesses

(2)https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2019/04/24/fichage-des-gilets-jaunes-ce-quon-nous-demande-est-illegal-temoigne-un-urgentiste-de-lap-hp_868245

(3) Il existe d'innombrables articles sur ce sujet. Voir entre autres :

https://www.uspsy.fr/IMG/pdf/le_Fichage_des_patients_en_psychiatrie_LLPF_no195.pdf

(4).https://reporterre.net/Gilets-jaunes-La-question-de-la-violence-revele-une-crise-democratique?fbclid=IwAR2d93oMDXD6nof-yzeYSTC7TfLsqlLtTzoO6UvsBpF9yj37m_UT7j1qmTE

 

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16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 11:07

 

 

«Donne un cheval à celui qui dit la vérité; il en aura besoin pour s’enfuir».

Proverbe arabe

 

En révélant au monde entier les guerres génocidaires, les crimes, les massacres et les mensonges des pays impérialistes, Julian Assange savait qu'il mettait sa vie en danger. Il a ainsi dévoilé la nature profonde de ces pays.Toutes les guerres impérialistes par exemple ont été déclenchées sur la base de mensonges. Assange a osé dire la vérité. Or celle-ci est incompatible avec le fonctionnement même des sociétés capitalistes où le mensonge est érigé en principe sacré, en dogme. Toute profanation de cette règle constitue un sacrilège. Il faut laisser la population dans l'ignorance. Et comme disait Orwell dans 1984 «L'ignorance c'est la force» ! La propagande et l’endoctrinement permanents des citoyens remplacent l’information et le faux devient vrai. Les intérêts d'une seule classe deviennent alors ceux de toutes les classes. Les responsables de ce blasphème seront alors durement punis. Car dans cette société, les hérétiques n'ont pas leur place. Leur vérité constitue une offense, un affront et une insulte au discours mensonger dominant. Julian Assange doit être châtié, persécuté. L'obscurité du mensonge contre la lumière de la vérité. La guerre est donc déclarée contre cet homme. Il n'a aucune chance de la gagner ni même d'obtenir un procès équitable sans le soutien massif des citoyens. Pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni et tous les autres pays capitalistes, Assange est l'homme à abattre. En 2010 par exemple, il a eu le courage de montrer au monde entier, à travers des centaines de milliers de documents classifiés de l'armée américaine, la réalité de l'invasion de l'Irak : crimes de guerre, massacres, tortures... la souffrance infligée à la population irakienne, réduite à vivre dans des conditions infra-humaines, donne la mesure de la cruauté dont les pays capitalistes sont capables (1). Les documents publiés donnent l'ampleur de cette tragédie irakienne : 109 032 victimes dont 60 % de civils (2). A l'époque, les médias aux ordres parlaient des «frappes chirurgicales» ! Et quel est le crime de chacune de ces victimes ? Selon Bush et Blair, l'Irak représente un véritable danger pour le monde. Il possède les armes de destruction massive et demeure le foyer mondial du terrorisme. Il faut donc sécuriser ce pays et apporter à sa population démocratie, liberté et prospérité. Des mensonges et toujours des mensonges !

 

Le président équatorien  Lenin Moreno, celui par qui le scandale est arrivé, disait : « J’ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que M. Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort». (3)

Moreno sait très bien que les Etats-Unis ont émis une ordonnance d'extradition de Julian Assange avec un acte d'accusation précis (4) et que son pays et le Royaume-Uni feront tout pour faciliter ce transfèrement. Une fois aux Etats-Unis, la vie de Julian Assange sera en danger ou comme disent les experts de l'ONU, l'extradition met « potentiellement sa vie en danger» (5),

Rappelons que la majorité des Etats (trente sur cinquante) appliquent encore la peine de mort et que la pratique de la torture est bien réelle. Le sort d'Assange n'aura probablement rien à envier à celui de l'autre lanceur d'alerte Chelsea Manning qui a « enduré de longues périodes d’isolement et de torture. Elle a tenté à deux reprises de se suicider en prison. Elle connaît par expérience douloureuse les innombrables façons dont le système peut vous briser psychologiquement et physiquement» (6).

 

Voilà ce que réservent les pays impérialistes à ceux et celles qui, au détriment de leur vie, osent dire la vérité aux citoyens en les informant sur les abus du pouvoir. Les pays capitalistes ne peuvent fonctionner que sur la base de mensonge et de répression dans tous les domaines.

Laissons le dernier mot à la mère de Julian Assange :«La vie de mon fils, le journaliste Julian Assange, est en danger imminent et grave. Je vous remercie tous d’entendre l’appel d’une mère qui vous demande de l’aider à le sauver (…) Parce qu’il s’agit d’une persécution politique transnationale par une superpuissance sauvage en collusion avec ses alliés, sauver Julian nécessite l’indignation des peuples du monde. (...) Tout au long de l’histoire, lorsque les abus de pouvoir sont devenus insupportables pour le peuple, celui-ci s’est uni et s’est levé pour les faire cesser» (7).

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.legrandsoir.info/Les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-Irak.html

(2)https://www.ojim.fr/portraits/julian-assange-master-hacker/

(3)https://twitter.com/Lenin/status/1116271659512684544

(4)https://www.legrandsoir.info/acte-d-accusation-contre-julian-assange.html

(5)https://news.un.org/fr/story/2019/04/1040961

(6)https://www.legrandsoir.info/chelsea-manning-et-la-nouvelle-inquisition-truthdig.html

(7)https://www.youtube.com/watch?v=5nxigIRUkcU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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7 avril 2019 7 07 /04 /avril /2019 09:07

«c'est précisément dans les républiques les plus démocratiques que règnent en réalité la terreur et la dictature de la bourgeoisie, terreur et dictature qui apparaissent ouvertement chaque fois qu'il semble aux exploiteurs que le pouvoir du capital commence à être ébranlé». Lénine (1).

 

La révolte des Gilets jaunes a révélé au monde entier le caractère de classe de la démocratie en France. Parler de la démocratie dans l'absolu, non seulement n'a pas beaucoup de sens, mais permet surtout de nier l'existence même des classes et de la lutte des classes. Dans le système capitaliste, il n'existe pas de démocratie en dehors des classes sociales. La démocratie française, comme dans tous les pays capitalistes, est une démocratie bourgeoise. Cette classe qui possède tous les pouvoirs impose à toutes les autres classes, c'est à dire à l'immense majorité des citoyens, sa propre démocratie. La résistance des Gilets jaunes au pouvoir bourgeois a mis à nue cette démocratie tant vantée.Une partie du peuple commence à se rendre compte que L’État de droit, la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, d'expression, de circulation, de manifestation, etc. ne sont que de grossiers mensonges destinés à tromper les classes populaires et à perpétuer les privilèges de la classe des possédants et des exploiteurs.

 

Le mouvement des Gilets jaunes montre d'une manière éclatante que la liberté de la presse par exemple n'existe tout simplement pas. Les moyens de communication de masse sont quasiment tous dominés par le grand capital. La bourgeoisie qui possède les moyens de production matériels, concentre également entre ses mains les moyens de production de l'information. Derrière chaque grand quotidien, chaîne de télévision, station de radio etc. se cachent un ou plusieurs milliardaires voire toute une famille de riches : le Monde pour Xavier Niel et Daniel Křetínský, TF1 pour la famille Bouygues, BFM TV pour Patrick Drahi, CNews et canal plus pour Bolloré, Le Figaro pour la famille Dassault, Europe1 pour Lagardère, etc. etc.(2).

Les chaînes et radios publiques sont, quant à elles, toutes aux ordres du pouvoir politique.

La presse et l'information dans la démocratie bourgeoise ne sont que des marchandises qui s'achètent et se vendent sur le marché comme n'importe quel article de commerce. Elles ne peuvent être achetées que par les plus riches. Économiquement, ces groupes puissants et influents, ne sont là que pour faire du profit et idéologiquement pour servir les idées de leur propre classe. La liberté de la presse dans cette démocratie c'est la liberté de corrompre les journalistes, de façonner et de fabriquer une « opinion publique » qui transpire l'idéologie dominante.

 

Lorsque les exploités relèvent la tête, ils trouvent face à eux non seulement la police et l'armée comme dans des régimes autoritaires (le peuple comme ennemi intérieur) (3), mais aussi une propagande médiatique sans bornes. Les Gilets jaunes sont ainsi traités dans les médias du capital avec une extrême violence. Le Président de la République, les ministres, anciens et nouveaux, les journalistes, mais aussi les intellectuels, les « experts »... défilent sur les plateaux de télévision et de stations de radios pour déverser sans retenue aucune leur haine de classe : une « foule haineuse », des «bœufs», des « casseurs » des « nervis », des «salopards d’extrême droite et extrême gauche», des «fascistes», des «conspirationnistes», des «antisémites» et bientôt peut-être des mangeurs d'enfants ! Certains vont même jusqu'à appeler les forces de l'ordre et l'armée à se servir des armes : «qu’ils se servent de leurs armes une bonne fois ! […] On a la quatrième armée du monde, elle est capable de mettre fin à ces saloperies» (4).

Les Unes, les éditos, les chroniques, les compte-rendus, les reportages ou encore les tweets n'ont qu'un seul et même objectif, détruire le mouvement des Gilets jaunes. La minorité d'exploiteurs, à travers l'appareil répressif de l’État et la propagande des médias, ne peut supporter que des « gueux » lui tiennent tête, de surcroît sur une aussi longue durée (cinq mois déjà !). Elle tente alors par tous les moyens de terroriser les manifestants afin de les réduire au silence pour mieux perpétuer ses privilèges. Au-delà des Gilets jaunes, ce sont tous ceux et celles qui critiquent cette politique de régression sociale sans précédent et qui aspirent à plus de justice sociale et à un meilleur partage des richesses qui sont visés par cette propagande et répression aveugle.

 

Le principe sacré de la séparation des pouvoirs, cher à Montesquieu, est lui aussi chaque jour profané. Les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif ne forment en réalité qu'un seul et même pouvoir : derrière les parlementaires et les juges, il y a Macron et derrière Macron il y a la classe qui l'a hissé brutalement à la tête de l’État, la bourgeoisie. Sans remonter loin dans l'histoire de cette fable de la séparation des pouvoirs, quelques exemples liés au combat des Gilets jaunes suffisent à montrer que ce principe est un leurre. Madame Belloubet, ministre de la Justice, s'est ainsi déplacée personnellement au tribunal de Paris «pour annoncer, à la place du Procureur de la République de Paris, que deux-tiers des personnes placées en garde-à-vue seront déférées et jugées dans le cadre de la comparution immédiate». Il s'agit des personnes arrêtées durant la manifestation des Gilets jaunes pour lesquelles la ministre exige « une réponse pénale extrêmement ferme » (5).

Dans une lettre envoyée le 12 janvier 2019 aux membres du parquet, le procureur de Paris, Rémy Heitz nommé explicitement par Macron, ordonne clairement de maintenir les Gilets jaunes en garde à vue jusqu’à la fin des manifestations : «Les levées des gardes à vue doivent être privilégiées le samedi soir ou le dimanche matin afin d’éviter que les intéressés grossissent à nouveau les rangs des fauteurs de troubles» (6). Quand ce n'est pas le ministre qui parle à la place du procureur, c'est le procureur qui parle à la place des magistrats ! La justice est ainsi instrumentalisée par le pouvoir pour venir à bout du mouvement des Gilets jaunes. La justice n'est en fait qu'un moyen dont dispose le pouvoir politique pour maintenir l'ordre. Dans cette démocratie, l'ordre bourgeois prime sur la justice ! Les institutions bourgeoises, aux prérogatives déjà limitées, sont rabaissées au rang de simples instances aux ordres du Président. Macron, en tant que pouvoir exécutif devenu relativement indépendant, légifère par ordonnances et décrets, réduit le nombre de députés et limite le droit d’amendement. Sa domination sur le législatif est totale.

 

Et pendant que la classe dirigeante prétend défendre et célèbre la liberté de circuler et de manifester dans les médias, ses institutions répressives, traquent, matraquent, mutilent, interpellent, jugent, condamnent et emprisonnent des manifestants (7). Les condamnations des gilets jaunes à des peines d'emprisonnement ferme ou avec sursis atteignent des proportions inédites. Selon la ministre de la justice elle-même, il y a eu depuis le début du Mouvement (17 novembre 2018), 9000 interpellations. Sur les 2000 condamnations annoncées, «40 % sont des peines d’emprisonnement ferme et 60 % sont d’autres types de sanction, par exemple des travaux d’intérêt général, des sursis, etc.» (8). Il s'agit des chiffres qui s'arrêtent le 24 mars 2019. Depuis d'autres interpellations et d'autres condamnations sont intervenues.

Une nouvelle loi vient d'être votée par le parlement le 12 mars 2019 qui se rajoute à l'arsenal juridique répressif qui existe déjà (lois antiterroristes, état d'urgence désormais inscrit dans le droit commun...). Mais cette fois elle ne concerne pas des terroristes mais des hommes et des femmes qui ont décidé de prendre leur destin en main, les Gilets jaunes. Il s'agit de la loi «anticasseurs» imposée par le pouvoir et qui constitue une attaque sans précédent contre le droit de manifester même si son article 3 a été censuré par le conseil constitutionnel (9).

 

Partout on interdit aux Gilets jaunes de manifester. La liste des villes où les manifestations sont interdites dans les centre-villes et dans certains quartiers est longue : Paris, Nice, Toulouse, Marseille, Rouen, Metz, Poitiers, Lyon, Bordeaux, Avignon, Dijon etc.

On ne veut plus voir ces « gueux » qui défilent dans l'espace public sans pudeur et qui osent de surcroît demander à Macron de démissionner et aux riches de rendre l'ISF. Il faut les réprimer, les condamner et les emprisonner. Il faut terroriser et cacher ce petit peuple de pauvres qui fait honte à la nation. Qu'elle est belle la démocratie bourgeoise.

Cette terrible répression qui s'abat en ce moment sur les Gilets jaunes est en soi une négation éclatante de cette démocratie des riches et une confirmation par et dans les faits de la dictature du capital. Lénine disait que «La démocratie bourgeoise, tout en constituant un grand progrès historique par rapport au moyen âge, reste toujours (...)  une démocratie étroite, tronquée, fausse, hypocrite, un paradis pour les riches, un piège et un leurre pour les exploités, pour les pauvres» (10).

 

Il est grand temps que tous les exploités et tous les pauvres se réveillent et rejoignent ceux et celles qui mènent depuis presque cinq mois maintenant un magnifique combat contre une classe sociale ultra-minoritaire mais qui possède tous les pouvoirs. Leur lutte dépasse le cadre étroit des revendications corporatistes et s'inscrit dans une perspective plus large, celle d'un combat contre les injustices de classe et la misère sociale. Le Mouvement des Gilets jaunes a réveillé de profondes espérances, mais il ne peut réussir que s'il mène une résistance collective, consciente et déterminée, une lutte politique de classe contre classe.Toutes les forces qui se réclament de la classe ouvrière, tous les progressistes, tous les citoyens appauvris, méprisés et humiliés, soyons donc tous avec le Mouvement des gilets jaunes contre les privilèges et pour l'abolition de la domination de classe. Sans cette unité, sans ce lien fraternel de solidarité, le mouvement risque d'échouer et la classe dirigeante, ennemie du progrès, poursuivra sa politique de régression et de misère sociale.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/03/19190304.htm

(2) https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/PPA#&gid=1&pid=1

(3)http://www.belaali.com/2019/02/la-revolte-des-gilets-jaunes-et-la-violence-d-etat.html

(4)https://www.dailymotion.com/video/x70bgv3

(5)http://lesaf.org/madame-belloubet-la-separation-des-pouvoirs-ca-vous-parle/

(6)https://www.mediapart.fr/journal/france/120319/gilets-jaunes-paris-le-procureur-invente-la-garde-vue-sans-motif

(7)https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=24166&LangID=F

(8)https://www.bfmtv.com/politique/gilets-jaunes-nicole-belloubet-affirme-que-2000-jugements-ont-ete-rendus-1658603.html

Voir également :

https://www.bastamag.net/Pour-quels-faits-et-a-quelles-peines-de-prison-des-centaines-de-gilets-jaunes

(9)https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2019/2019780DC.htm

(10)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1918/11/vl19181110c.htm

 

 

 

 

 

 

 

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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 09:10

«L’État est une machine qui permet aux uns de réprimer les autres». Lénine.

 

 

Selon le Ministère de l'intérieur, il y a eu depuis la révolte populaire des Gilets jaunes, 1 900 blessés, 8 400 interpellations, 1 800 condamnations, 243 signalements déposés à l'IGPN, 133 enquêtes de l'IGPN, 9 228 tirs de LBD et 1 300 blessés parmi les forces de l'ordre (1).

Derrière ces chiffres bruts se cache une réalité humaine dramatique : une femme de quatre vingts ans tuée par une grenade lacrymogène à Marseille, 20 éborgnés, 5 mains arrachées, 193 blessures à la tête, 446 signalements etc. etc. (2). D'autres victimes viendront malheureusement allonger cette liste déjà longue tant que le Mouvement des Gilets jaunes poursuit son combat et sa résistance à la politique de classe menée par Macron. Précisons d'emblée que la police n’est qu’un instrument utilisé par la classe dirigeante pour asseoir sa domination. L’ordre bourgeois ne peut se maintenir sans l'utilisation de la force. Car la bourgeoisie a toujours besoin d'un appareil répressif pour garder sa domination et perpétuer ses privilèges. Cette machine qui produit la violence au service de la classe dominante, c'est l’État. La violence est au cœur de l’État bourgeois.

 

Aucune république, aucune monarchie même la plus démocratique, ne peut se passer de la violence pour maintenir la majorité de la population dans la soumission. L'existence du suffrage universel, du gouvernement, du parlement et de toutes les institutions qui gravitent autour de l’État ne change rien au fond du problème : l’État reste ce qu'il est réellement, un appareil qui réprime par la violence toute contestation de l'ordre établi. Il ne peut en être autrement dans une société de classes où l’État possède le monopole de la violence. L’État au service du peuple, de l'ordre public, de l'intérêt général etc. ne sont que des grossiers mensonges véhiculés par la classe dirigeante pour mieux justifier ses privilèges et sa domination. La répression exercée sur les Gilets jaunes et sur le mouvement social dans sa globalité montre bien que le rôle confié par l’État à la police est celui de briser toute contestation, toute résistance, aussi minime soit-elle, à l'ordre bourgeois. L’État est donc intimement lié à la société fondée sur la lutte des classes.

 

C'est dans ce cadre général qu'il faut situer la guerre que mène aujourd'hui l’État français contre la révolte populaire des Gilets jaunes. Leur combat a mis en pleine lumière, non seulement la brutalité de l’État, mais aussi les valeurs hypocrites de la république bourgeoise : État de droit, Droit de l'homme, liberté de manifester, de circuler etc. Et lorsque le conflit s'aiguise, la classe dirigeante n'a d'autres choix que d'utiliser la violence pour perpétuer sa domination. Plus la lutte perdure et prend de l'ampleur, plus la répression devient intense et brutale.Toute l’histoire des classes dominantes n’a été que férocité et cruauté exercées sur les dominés pour se maintenir au pouvoir. Voici comment Engels décrivait cette cruauté de la bourgeoisie versaillaise lors des derniers jours de la Commune :« Ce n'est qu'après une lutte de huit jours que les derniers défenseurs de la Commune succombèrent sur les hauteurs de Belleville et de Ménilmontant, et c'est alors que le massacre des hommes, des femmes et des enfants sans défense, qui avait fait rage toute la semaine, et n'avait cessé de croître, atteignit son point culminant. Le fusil ne tuait plus assez vite, c'est par centaines que les vaincus furent exécutés à la mitrailleuse. Le Mur des fédérés, au cimetière du Père-Lachaise, où s'accomplit le dernier massacre en masse, est aujourd'hui encore debout, témoin à la fois muet et éloquent de la furie dont la classe dirigeante est capable dès que le prolétariat ose se dresser pour son droit» (3).

 

Aucune force, aucune institution ne peut arrêter ce déchaînement de violence. L’État français peut éborgner les manifestants, arracher leurs mains, défigurer leurs visages ou tout simplement les éliminer physiquement en totale impunité. La justice, l' Inspection Générale de la Police Nationale, le Conseil d’État, le Défenseur des Droits (4), Amnesty International (5), l'ONU (6), le Parlement européen (7), le Conseil de le l'Europe (8) et toutes les protestations, d'où qu'elles viennent, si elles sont utiles voire indispensables pour montrer ce visage hideux de la bourgeoisie et ouvrir les yeux de la population sur la vraie nature de l’État, demeurent insuffisantes pour arrêter cette violence de classe. Il ne faut pas se faire d'illusion sur le résultat final de ces dénonciations ; car elles s'attaquent aux conséquences et non aux racines du mal. Dans le capitalisme, la police n'est que l'un des bras armés de l’État dont la mission est d'assurer en permanence une répression de tout ce qui menace, de près ou de loin, l'ordre établi bourgeois.

 

Derrière la violence policière il y a l’État et derrière l’État il y a le capital. Il ne faut donc pas se borner à lutter seulement contre les effets du système qui produit cette violence mais à travailler en même temps au renversement du pouvoir du capital.

 

Mohamed Belaali

 

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(1) https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan

(2) https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan

(3) https://www.marxists.org/francais/engels/works/1891/03/fe18910318.htm

(4) http://www.assemblee-nationale.fr/presidence/Rapport-MO-09-01-18.pdf

(5) https://www.amnesty.fr/liberte-d-expression/actualites/usage-excessif-de-la-force-lors-des-manifestations

(6) https://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=24166&LangID=F

(7) http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//NONSGML+TA+P8-TA-2019-0127+0+DOC+PDF+V0//FR

(8)https://www.coe.int/fr/web/commissioner/-/maintaining-public-order-and-freedom-of-assembly-in-the-context-of-the-yellow-vest-movement-recommendations-by-the-council-of-europe-commissioner-for-

 

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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 15:55

Une étrange situation caractérise la scène politique française. Au moment où la lutte des classes entre opprimés et oppresseurs fait rage, les syndicats et partis politiques de gauche semblent dépassés et assistent en spectateur à ce conflit ouvert. Pour l'instant ces organisations semblent incapables d'encadrer et d'orienter ce soulèvement populaire qui manque cruellement d'une direction consciente et déterminée capable d’unir un mouvement sans unité, de le guider pour mener un combat politique de classe contre classe.

 

Le Mouvement des Gilets jaunes, qui est né et s'est développé en dehors de toute organisation politique ou syndicale, est d'abord une révolte contre la situation économique et sociale désastreuse dans laquelle se trouve une large frange de la population. C'est une révolte contre cette politique de paupérisation ultra-libérale menée tambour battant par les gouvernements successifs. C'est un rejet massif non seulement de ces politiques, mais aussi du Président de la République serviteur zélé de la classe dominante. Il est un produit authentique de la lutte des classes qui secoue la société française aujourd'hui.

 

Mais le Mouvement des Gilets jaunes constitue aussi une contestation, un refus de l'immobilisme qui caractérise la plupart des directions politiques et syndicales de gauche, excepté, il faut bien le souligner, la France Insoumise et l'Union syndicale Solidaires (1). Le reste des forces de gauche donne l'impression d'être domestiqué par le capitalisme qu'il a cessé de combattre. Son «anticapitalisme», lorsqu'il existe, reste pour le moins superficiel et inoffensif. Le silence des grandes centrales syndicales peut être interprété comme un soutien indirect au pouvoir en place alors même que celui-ci est fragilisé par le combat des Gilets jaunes. Elles sont davantage préoccupées par les élections professionnelles dans les entreprises et dans la fonction publique que par la révolte des Gilets jaunes. Leur institutionnalisation les éloigne ainsi progressivement des préoccupations sociales et politiques de ceux qui subissent au jour le jour les affres du chômage et de la précarité. Dans un communiqué signé le 6 décembre 2018 par tous les syndicats, excepté Solidaires, elles vont jusqu'à condamner la violence dans les revendications sans jamais dénoncer les violences policières exercées sur les Gilets jaunes «nos organisations dénoncent toutes formes de violence dans l’expression des revendications» et le communiqué d'ajouter «La CFDT, la CGT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’UNSA, la FSU appellent le gouvernement à garantir enfin de réelles négociations» (2).

 

La révolte des Gilets jaunes est en quelque sorte une remise en cause profonde des manières, des tactiques et des stratégies des partis politiques « spectateurs » pour affronter le pouvoir de la classe dirigeante. Dans ce sens on peut considérer le soulèvement des Gilets jaunes comme un appel urgent lancé aux partis et aux syndicats de gauche pour renouveler de fond en comble leur analyse de la situation politique, des structures du pouvoir, des rapports de force et de l'idéologie dominante intimement liée aux intérêts de la bourgeoisie. Car au fond, il ne s'agit pas seulement d'améliorer ou de gérer la brutalité et la barbarie de la société capitaliste, mais de l'abolir. Il ne s’agit pas seulement de mener un combat pour améliorer momentanément les conditions d’existence des travailleurs, des des salariés, bref de tous les exploités pour rendre la société capitaliste supportable, mais de lutter pour une nouvelle société. Car la tendance générale du capitalisme n’est pas d’améliorer les conditions de celles et ceux qui produisent la richesse, mais de les dégrader. 

L’histoire nous a toujours enseigné que la bourgeoisie ne renonce jamais à ses privilèges, qu’elle n’accorde jamais rien par générosité ou grandeur d’âme et qu’elle ne recule devant rien pour sauver ses intérêts. La guerre menée en ce moment contre les Gilet jaunes est un exemple on ne peut plus éloquent (3).

La bourgeoisie française brutalise, méprise et humilie ses propres citoyens tout en dénonçant en même temps les atteintes aux droits de l’homme ailleurs dans le monde ! Quel cynisme !

 

Si la force du Mouvement des Gilets jaunes, malgré ses défauts et ses contradictions, réside dans son existence et dans sa magnifique résistance (deux mois déjà) à la classe dirigeante, cela reste toutefois insuffisant pour permettre le bouleversement radical de la société capitaliste. Il ne peut le faire qu’en s’alliant avec la classe ouvrière, seule classe réellement révolutionnaire malgré le chômage de masse et la bureaucratie des directions des partis et syndicats qui se réclament d’elle.

 

La base des centrales syndicales et des partis politiques de gauche doit lutter contre ses propres directions pour lui imposer un plan de bataille unitaire avec les Gilets jaunes. C'est ce que font certaines Unions Départementales de la CGT qui appellent à manifester aux cotés des Gilets jaunes. C'est le cas de la CGT du Cher, de Paris, de la Charente-maritime, du Loiret, du Doubs, de Montbéliard  etc (4). « Nous ne voulons cependant en aucun cas récupérer le mouvement. Nous sommes simplement reconnaissants envers les gilets jaunes, qui sont parvenus à éveiller et mobiliser une partie de la population, et nous voulons construire un rapport de confiance» disait Jean-Philippe Gadier, de la FSU 31 qui exprime à son tour «la volonté d’une convergence entre syndicats et le mouvement des gilets jaunes» (5).

Les initiatives à la base se multiplient et le boycott du « grand débat national» se généralise. Il faut partout amplifier ces initiatives unitaires. Le combat contre la bourgeoisie doit être mené partout, dans la rue, sur les ronds-points, dans les usines et sur tous les lieux de travail. La situation politique n'a jamais été aussi propice pour mener une offensive unitaire d'envergure contre la classe des exploiteurs.

 

Les forces de gauche qui se réclament de la classe ouvrière ainsi que leurs militants doivent toujours avoir présent à l'esprit, comme disait Lénine, l'exemple du «tribun populaire sachant réagir contre toute manifestation d'arbitraire et d'oppression, où qu'elle se produise, quelle que soit la classe ou la couche sociale qui ait à en souffrir, sachant coordonner tous ces faits en un tableau d'ensemble de la violence policière et de l'exploitation capitaliste, sachant profiter de la moindre occasion pour exposer devant tous ses convictions socialistes et ses revendications démocratiques, pour expliquer à tous et à chacun la valeur universelle de la lutte émancipatrice du prolétariat». (6)

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://solidaires.org/Manifester-en-masse-pour-faire-ceder-le-gouvernement(1)

(2)https://www.force-ouvriere.fr/IMG/pdf/cp_-_force_ouvriere_-_declaration_des_os_6_decembre_2018_.pdf

(3)http://www.belaali.com/2018/12/la-guerre-contre-le-peuple.html

(4)http://www.ud18.cgt.fr/

(5)  https://actu.fr/occitanie/toulouse_31555/toulouse-syndicats-appellent-manifester-gilets-jaunes-samedi-lors-venue-macron_20781738.html

(6)V.Lénine, « Que faire». Editions sociales, éditions du progrès, page 135.

 

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7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 20:14

 

Bonne année à tous les gilets jaunes, femmes, hommes et enfants.

Poursuivons le combat contre les injustices, le mépris et les humiliations.

«Ils étaient grands parce que nous étions à genoux».

Maintenant que nous avons relevé la tête, ils nous paraissent moins grands, ils ont même peur et nous livrent une véritable guerre.

Ce sont des oppresseurs et nous sommes les opprimés.

Mais nous sommes l'avenir et ils sont le passé.

 

Mohamed Belaali

 

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9 décembre 2018 7 09 /12 /décembre /2018 17:34

Blindés, canons à eau, police montée, voltigeurs, CRS en surnombre et surarmés, arrestations arbitraires, préventives et humiliantes (1), des blessés et des gardés à vue par centaines, des visages défigurés, des bras arrachés, violation du droit de circuler et de manifester, les leaders du Mouvement persécutés, stations de métro fermées, lynchage médiatique etc. etc. (2) : voilà un aperçu très rapide des moyens déployés par la classe dirigeante lorsque le peuple ose relever la tête. Si le combat des Gilets jaunes perdure et devient une lutte politique de classe contre classe, la bourgeoisie n'hésitera pas à faire appel à l'armée. Toute son histoire n'est que haine et violence envers le peuple et plus particulièrement envers les travailleurs (1831, 1934, 1848, 1871, 1906 etc.etc.). Les morts de ces révoltes hantent toujours la bourgeoisie française. Et comme disait Jules Guesde «Notre bourgeoisie est la plus dure et la plus impitoyable de toutes les bourgeoisies» (3).

La classe au pouvoir n'a absolument rien à offrir aux plus démunis à part le mépris, les mensonges, les illusions, les promesses et surtout la répression féroce en cas de révolte et de résistance. Comment peut-on qualifier alors un régime qui méprise son peuple et humilie sa jeunesse ?

Macron et son gouvernement n'ont pas encore compris qu'il s'agit d'un large mouvement populaire avec toutes ses contradictions, ses faiblesses mais aussi avec toute sa grandeur. Il ne s'agit pas de manifestations habituelles pour satisfaire telles ou telles revendications corporatistes, mais d'une révolte et d'un soulèvement populaire contre les injustices économiques et sociales. Le Mouvement des Gilets jaunes, s' il met en exergue des revendications économiques, il est aussi et en même temps, à l'instar des peuples arabes du Maroc au Yémen en 2011, une révolte contre la « Hogra », ce mépris profond des classes dirigeantes.

 

La guerre ouverte et sans répit que mène aujourd'hui Macron, comme hier Sarkozy et Hollande, contre l'immense majorité de la population a au moins le mérite de démystifier l’État, la démocratie, la liberté de la presse, la séparation des pouvoirs, les droits de l’homme et bien d’autres concepts de l’idéologie bourgeoise dont la fonction principale est de masquer la violence des rapports sociaux de domination.

 

Dès que les opprimés contestent un tant soit peu l'ordre établi, la classe au pouvoir montre son vrai visage «ce visage hideux qu'elle dissimulait pendant les périodes « paisibles », son discours sur le droit de grève, de manifestation, de libre circulation etc. n'est qu’hypocrisie et mensonge. Macron et son gouvernement n’hésiteront pas à exercer la répression la plus féroce pour briser le Mouvement. Ils (les Gilets jaunes) prendront peut-être conscience que plus la lutte dure dans le temps et se transforme en combat politique, plus la classe au pouvoir devient brutale, arrogante et odieuse» (4). Ainsi une petite minorité mais possédant tous les pouvoirs, notamment l'appareil étatique et médiatique, impose par la force à la grande majorité de la population sa propre volonté.

 

La bourgeoisie qui crée les conditions matérielles et symboliques de la révolte et de la résistance, utilise en même temps la répression et la violence contre les révoltés et les résistants. La brutalité économique exercée par la classe dirigeante sur une grande partie de la population reste anonyme, muette, silencieuse et invisible. La misère et les souffrances du peuple sont niées et occultées. Jean Jaurès disait : «(...) tandis que l’acte de violence de l’ouvrier apparaît toujours, est toujours défini, toujours aisément frappé, la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes, elle se dérobe, elle s’évanouit dans une sorte d’obscurité» (5).

 

L'ordre bourgeois doit, vaille que vaille, régner. Le pouvoir patronal doit rester sans partage. Malheur à ceux et celles qui crient à l'injustice, à l'exploitation, aux humiliations etc. A La moindre révolte, la démocratie bourgeoise devient ce qu'elle est réellement, une dictature, celle du capital. Et comme disait Marx : «  Pour qu'une classe soit par excellence la classe de l'émancipation, il faut inversement qu'une autre classe soit ouvertement la classe de l'asservissement» (6).

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.youtube.com/watch?v=mehkGLrpER8

(2)https://www.interieur.gouv.fr/Actualites/L-actu-du-Ministere/Un-dispositif-de-grande-envergure-pour-les-manifestations-du-8-decembre

(3) Cité par Tariq Ali dans Les dilemmes de Lénine, page 167.

(4)http://www.belaali.com/2018/11/gilets-jaunes-transformer-la-contestation-spontanee-en-lutte-consciente.html

(5)Jean Jaurès, discours devant la Chambre des députés, séance du 19 juin 1906

https://www.humanite.fr/air-france-jean-jaures-le-patronat-na-pas-besoin-lui-pour-exercer-une-action-violente-de-gestes

(6)https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430000.htm

 

 

 

 

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5 décembre 2018 3 05 /12 /décembre /2018 11:57

Lorsque le conflit prend de l'ampleur et s'aiguise, les classes dirigeantes tentent par tous les moyens d'étouffer la voix du peuple. Plus la bourgeoisie s’empêtre dans ses propres contradictions et s’enfonce dans la crise, plus la propagande devient intense, violente et cynique.

Et lorsque les médias bourgeois évoquent le peuple et parlent à sa place, c'est pour le stigmatiser, le mépriser et surtout pour mieux occulter ses souffrances, ses luttes et ses espoirs.

Face à cette domination médiatique, le peuple, pour se défendre, s'exprime comme il peut, là où il peut avec les moyens qui lui sont propres. Les citoyens s'emparent alors de cette parole qui leur a été confisquée et refusée par le pouvoir et ses médias. Il s'agit d'une parole qui échappe au contrôle, une parole libre et porteuse d'espoir : la parole du peuple contre la parole officielle et médiatique.

 

Avec leur imagination et leur intuition, les opprimés brandissent à la face des oppresseurs des formules linguistiques simples, frappantes et parfois poétiques. Ces phrases lapidaires et anonymes ont parfois une portée incitative puissante. Elles sont de surcroît facile à mémoriser :

 

«Macron démission»

«Macron, robin des rois»

«BFM Macron»

«WC-News»

«La rue on la traverse pas, on la prend»

«La rue est à nous»

«La rue était noire de jaune»

«Débranche ta télé et enfile ton gilet»

«Macron, tu fais faner les fleurs»

«ils éborgnent ceux qui ouvrent les yeux»

 

Les slogans constituent à la fois un moyen d'expression et un mode d'action à la portée de tous les citoyens. Écrits à la hâte sur des pancartes en carton, tagués sur les panneaux publicitaires et sur les murs ou tout simplement portés sur les gilets, les slogans attirent l'attention. En plus de leur simplicité, ils ont une grande force de propagation ce qui leur permet de se glisser dans les médias dominants échappant ainsi à la censure. Ces slogans expriment la colère d'un peuple méprisé et humilié par un pouvoir tout puissant et arrogant :

 

«Gilets jaunes, colère noire»

«On est plus chauds que les lacrymos»

«Le tabac tue, la Bac aussi !»

«Regarde ta Rolex c'est l'heure de la révolte»

«Un peuple debout ne rompt point»

«On va toujours trop loin pour ceux qui vont nulle part.»

«Ils veulent nous enterrer. Mais ils ne savent pas que nous sommes des graines»

«Macron nous pisse dessus...Les médias nous disent qu'il pleut»

 

 

 

 

 

 

 

 

Lorsque Macron explique au peuple, qui ne comprend pas toujours la subtilité de sa politique, que la prospérité passe nécessairement par l'enrichissement des riches et que les pauvres et même les classes moyennes doivent encore et toujours fournir des efforts, les Gilets jaunes lui répondent :

 

«Petit monarque Macro dessert l’étau on étouffe»

«Macron, rends-nous notre pognon »

«J'accuse ce système qui engraisse les riches et affame les pauvres».

 

L' opulence qui jaillira un jour des fontaines des premiers de cordée, le peuple l'attend toujours :

 

«Manu c'est à partir de quand que ça ruisselle ?»

 

Quant à l'écologie, Macron prétend s'occuper de «la fin du monde et de la fin du mois» à travers le « Haut conseil pour le climat», le moratoire, d'interminables concertations et de commissions etc. :

 

«Manu tu pollues notre quotidien »

 

Pour l'instant la classe dominante ne recule devant rien pour défendre ses intérêts et pour écraser le Mouvement. Elle fait feu de tout bois. Président de la République, Gouvernement, députés, sénateurs, intellectuels, journalistes, experts en tout genre , CRS, tribunaux... sont mobilisés pour venir à bout de ce mouvement populaire. Mais les Gilets jaunes tiennent bon :

 

«On est là, on est là

ça vous plaît peut être pas, mais on est là

contre tout votre sale business

pour le partage des richesses

ça vous plaît peut être pas, mais on est là»

 

«Les Gilets jaunes triompheront»

 

 

Mohamed Belaali

 

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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 15:58

Le mouvement qui se déroule sous nos yeux en ce moment communément appelé Gilets jaunes ne cesse de prendre de l'ampleur et montre clairement combien les citoyens, notamment les plus démunis d'entre-eux, souffrent de la politique de classe menée par Macron et son gouvernement. Cette contestation populaire est le fruit d'une politique injuste, humiliante et de souffrances accumulées et refoulées.

Le développement de ce mouvement dans toute la France voire même au-delà (1), exprime le ras le bol général d'une grande majorité de la population face à la classe au pouvoir. Le soutien massif dont il bénéficie atteste de la profondeur de ce Mouvement. Il fédère en son sein les mécontents de tout bord. C'est inévitable dans un mouvement aussi large. Comme disait Lénine parlant de l'action de masse «des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs (…), sans cette participation, la lutte de masse n'est pas possible» (2).

 

Mais malgré sa popularité, ce Mouvement constitue plus un cri de colère, de désespoir, un mouvement spontané qu'une lutte consciente, organisée, avec des revendications précises. Le Mouvement, tout du moins dans sa phase actuelle, ressemble davantage à une contestation spontanée qu'à un mouvement conscient et dirigé. Tous ceux et celles qui s'autorisent à parler au nom de ce Mouvement populaire ne font partie d'aucune organisation politique ou syndicale. Certains d'entre-eux affichent même du mépris, amplifié par les médias bourgeois, pour les syndicats et les partis politiques. D'autres manifestants se déclarent apolitiques et avouent manifester pour la première fois dans leur vie.

 

Pour l'instant le Mouvement ne met en exergue que des revendications économiques (taxe sur le carburant, pouvoir d'achat, vie chère...). Les revendications politiques sont quasiment absentes. Si les revendications économiques sont justes et légitimes et il faut se battre pour les réaliser, le Mouvement ne doit pas oublier qu'il lutte contre les effets et non contre les causes de ces effets. La lutte pour des revendications immédiates, qui reste indispensable, ne supprime pas pour autant les racines qui engendrent cette situation désastreuse dans laquelle se trouve une partie de plus en plus importante de la population. Les Gilet jaunes doivent se battre contre le pouvoir politique source de leurs malheurs. Ils ne doivent pas se limiter à des revendications économiques qui même satisfaites ne suppriment absolument pas les conditions dans lesquelles les injustices de classe se reproduisent. Car derrière cette dégradation générale que subissent les classes populaires, se cache la classe des oppresseurs dont Macron n'est qu'un serviteur zélé.

Si le conflit s'aiguise, les Gilets jaunes vont voir le véritable visage de la classe dominante, ce visage hideux qu'elle dissimulait pendant les périodes « paisibles ». Ils découvriront alors que son discours sur le droit de grève, de manifestation, de libre circulation etc. n'est qu’hypocrisie et mensonge. Macron et son gouvernement n’hésiteront pas à exercer la répression la plus féroce pour briser le Mouvement. Ils prendront peut-être conscience que plus la lutte dure dans le temps et se transforme en combat politique, plus la classe au pouvoir devient brutale, arrogante et odieuse.

 

Malgré cette spontanéité et les revendications immédiates qu'ils portent, les Gilets jaunes sentent déjà la nécessité de mener une action d'envergure, une résistance collective. Ils leur manque une organisation consciente et déterminée ; une organisation capable d'unir un mouvement sans unité, de le guider pour mener un combat politique de classe contre classe. Car livré à lui-même, le Mouvement ne peut dépasser le cadre étroit des revendications économiques. Malheureusement dans le contexte politique actuel, cette organisation n'existe pas. Il faut être réaliste et faire avec ce qui existe. Alors toutes les forces qui se réclament de la classe ouvrière, tous les progressistes, tous les citoyens appauvris, méprisés et humiliés, soyons donc tous avec le Mouvement des gilets jaunes contre ce Président arrogant et la classe qui est derrière lui.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.nouvelobs.com/societe/20181122.OBS5881/belgique-espagne-les-gilets-jaunes-suscitent-des-remous-dans-plusieurs-pays-frontaliers.html

 

(2)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/07/19160700k.htm

 

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 09:19

 

Macron est fatigué. Il a trop servi les riches. Il avait besoin de se reposer et de reprendre des forces. Le Président a fait le pont de la Toussaint «comme des millions de Français» nous disent les médias et le porte-parole du gouvernement (1). Après tout, Macron est un citoyen comme les autres, à ce petit détail près : pour se détendre, afin de mieux servir encore et toujours les puissants, il a choisi une demeure très luxueuse du XVIIème siècle classée Relais & Château. Le couple Macron n'était évidement pas seul à occuper cette bâtisse bourgeoise. Il y avait aussi sa petite suite (gardes du corps, chargés de presse...). L'année précédente, pour fêter ses quarante ans, Macron avait choisi le château de Chambord, symbole du despotisme et de la puissance royale. Il avait même rencontré les présidents des fédérations de chasse. Macron avait déclaré alors qu'il était favorable à la réouverture des « chasses présidentielles », celles de Francois1er (2). Il s'agit d' une pratique cruelle et d'une survivance monarchique.

On va taire par pudeur ce «pognon de dingue» payé par les contribuables pour satisfaire les caprices de Brigitte macron. Cette folie quasi dynastique des Macron n'a d'égale que le mépris ostentatoire qu'ils affichent pour les classes populaires. Car au moment où l’on exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, Macron n’hésite pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Il aime l’argent, le luxe, l’apparat, le cérémonial... Son arrogance, son sentiment de puissance et sa fascination pour les riches l'aveuglent au point qu'il ne voit les plus démunis, «les gens qui ne sont rien», que comme des êtres sans dignité, déshumanisés. Marx dans une lettre à Ruge, écrivait «La seule idée du despotisme, c'est le mépris de l'homme, l'homme vidé de son humanité, et cette idée a sur beaucoup d'autres l'avantage de correspondre en même temps à un état de fait» (3).

Macron explique aux masses populaires, qui ne comprennent pas toujours, les subtilités et les vertus de sa politique. La prospérité, explique-t-il, passe nécessairement par l'enrichissement des riches. C'est très simple et de surcroît il n' y a aucune autre alternative. C'est une loi naturelle comme la fougère qui pousse dans les bois. Les pauvres et même les classes moyennes doivent encore et toujours fournir des efforts. Car les milliardaires sont insatiables. Ils se nourrissent, à l’instar des vampires, du sang du peuple. Plus ils en pompent, et mieux ils se portent !

Mais cette prospérité tant promise, les classes populaires l'attendent toujours. Et en attendant cette opulence qui viendrait un jour de la générosité des « premiers de cordée», les citoyens doivent subir les conséquences d'une dégradation sociale généralisée. Et l'avenir reste sombre. Macron et ceux qui l'ont hissé à la tête de l’État ne voient dans les masses populaires notamment les travailleurs qu'une masse infâme qui n’existe que pour produire sans trêve, quand ils en ont besoin, du profit.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)http://www.rfi.fr/france/20181030-france-emmanuel-macron-elysee-11-novembre-repos

(2)https://www.20minutes.fr/politique/2220187-20180214-pourquoi-emmanuel-macron-fait-cour-chasseurs

(3)1843. Annales, 1844. MEW, I, page 339, cité dans « K Marx, sociologie critique » M Rubel, page 87.

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