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25 novembre 2018 7 25 /11 /novembre /2018 15:58

Le mouvement qui se déroule sous nos yeux en ce moment communément appelé Gilets jaunes ne cesse de prendre de l'ampleur et montre clairement combien les citoyens, notamment les plus démunis d'entre-eux, souffrent de la politique de classe menée par Macron et son gouvernement. Cette contestation populaire est le fruit d'une politique injuste, humiliante et de souffrances accumulées et refoulées.

Le développement de ce mouvement dans toute la France voire même au-delà (1), exprime le ras le bol général d'une grande majorité de la population face à la classe au pouvoir. Le soutien massif dont il bénéficie atteste de la profondeur de ce Mouvement. Il fédère en son sein les mécontents de tout bord. C'est inévitable dans un mouvement aussi large. Comme disait Lénine parlant de l'action de masse «des éléments de la petite bourgeoisie et des ouvriers arriérés y participeront inévitablement et, tout aussi inévitablement, ils apporteront au mouvement leurs préjugés, leurs fantaisies réactionnaires, leurs faiblesses et leurs erreurs (…), sans cette participation, la lutte de masse n'est pas possible» (2).

 

Mais malgré sa popularité, ce Mouvement constitue plus un cri de colère, de désespoir, un mouvement spontané qu'une lutte consciente, organisée, avec des revendications précises. Le Mouvement, tout du moins dans sa phase actuelle, ressemble davantage à une contestation spontanée qu'à un mouvement conscient et dirigé. Tous ceux et celles qui s'autorisent à parler au nom de ce Mouvement populaire ne font partie d'aucune organisation politique ou syndicale. Certains d'entre-eux affichent même du mépris, amplifié par les médias bourgeois, pour les syndicats et les partis politiques. D'autres manifestants se déclarent apolitiques et avouent manifester pour la première fois dans leur vie.

 

Pour l'instant le Mouvement ne met en exergue que des revendications économiques (taxe sur le carburant, pouvoir d'achat, vie chère...). Les revendications politiques sont quasiment absentes. Si les revendications économiques sont justes et légitimes et il faut se battre pour les réaliser, le Mouvement ne doit pas oublier qu'il lutte contre les effets et non contre les causes de ces effets. La lutte pour des revendications immédiates, qui reste indispensable, ne supprime pas pour autant les racines qui engendrent cette situation désastreuse dans laquelle se trouve une partie de plus en plus importante de la population. Les Gilet jaunes doivent se battre contre le pouvoir politique source de leurs malheurs. Ils ne doivent pas se limiter à des revendications économiques qui même satisfaites ne suppriment absolument pas les conditions dans lesquelles les injustices de classe se reproduisent. Car derrière cette dégradation générale que subissent les classes populaires, se cache la classe des oppresseurs dont Macron n'est qu'un serviteur zélé.

Si le conflit s'aiguise, les Gilets jaunes vont voir le véritable visage de la classe dominante, ce visage hideux qu'elle dissimulait pendant les périodes « paisibles ». Ils découvriront alors que son discours sur le droit de grève, de manifestation, de libre circulation etc. n'est qu’hypocrisie et mensonge. Macron et son gouvernement n’hésiteront pas à exercer la répression la plus féroce pour briser le Mouvement. Ils prendront peut-être conscience que plus la lutte dure dans le temps et se transforme en combat politique, plus la classe au pouvoir devient brutale, arrogante et odieuse.

 

Malgré cette spontanéité et les revendications immédiates qu'ils portent, les Gilets jaunes sentent déjà la nécessité de mener une action d'envergure, une résistance collective. Ils leur manque une organisation consciente et déterminée ; une organisation capable d'unir un mouvement sans unité, de le guider pour mener un combat politique de classe contre classe. Car livré à lui-même, le Mouvement ne peut dépasser le cadre étroit des revendications économiques. Malheureusement dans le contexte politique actuel, cette organisation n'existe pas. Il faut être réaliste et faire avec ce qui existe. Alors toutes les forces qui se réclament de la classe ouvrière, tous les progressistes, tous les citoyens appauvris, méprisés et humiliés, soyons donc tous avec le Mouvement des gilets jaunes contre ce Président arrogant et la classe qui est derrière lui.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.nouvelobs.com/societe/20181122.OBS5881/belgique-espagne-les-gilets-jaunes-suscitent-des-remous-dans-plusieurs-pays-frontaliers.html

 

(2)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1916/07/19160700k.htm

 

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commentaires

antityran 24/12/2018 20:59

Régime de représentation des partis contesté et en crise:ce régime n'existe que par les médias qui en sont à la fois la source de légitimité et la caisse de résonance.BFM WC & consorts aux éditocrates grassement payés (+ 20 000 euros) et pourtant fort peu éclairés sont bien un obstacle à l'expression populaire muselée notamment depuis la négation du résultat du suffrage universel survenue en 2005.Depuis lors,face à des pouvoirs représentatifs et pourtant illégitimes les multiples composantes du peuple (au sens de gouvernés)n'ont pas d'autres solutions que de s'exprimer par d'autres canaux:réseaux sociaux,assemblées générales,référendum ou consultation populaire comme celui organisé au sein de la poste et de la sncf,actions syndicales et professionnelles,interpellations d’élus ne défendant pas l’intérêt général,boycotts.L'élargissement et la revivification d’une démocratie moribonde se feront en arrachant à ces pouvoirs déconsidérés ce qui nous est dû en application de l’article 3 de la constitution (« la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum »).Il va sans dire que ses représentants ne se limitent en rien aux membres du parlement.Cet article de la constitution est important car il fait de notre pays un pays démocratique.Il n’est en rien une monarchie,encore moins une tyrannie.Les actuels gouvernants de la France font pourtant mine d’ignorer la constitution :qu’ils se méfient quand même car il se pourrait bien que dans un avenir proche des comptes leur soient demandés.Les représentants de la nation n’ont aucune légitimité lorsqu’ils font exécuter des mesures violant la loi,les droits fondamentaux de la personne humaine comme l’intérêt supérieur de la nation : négation du résultat du scrutin de 2005,régime juridique de faveur appliqué à des responsables politiques tels que sarko,tron ou ferrand,dépenses fiscales inconsidérées en faveur des + fortunés,privilèges fiscaux pour les + fortunés,protection de l’Etat accordée à de puissantes banques privées convaincues de fraudes massives,liquidation et vente à la découpe du groupe industriel Alsthom,soutien inconditionnel de l’Etat accordé à des patrons voyous tels que bolloré,arnault ou ghosn,centaines d’adolescents et de militants politiques jetés en prison…etc.Ces multiples désordres & injustices qui ne sont pas dignes de la France et qui la ruinent doivent cesser.

La virulence et la violence d’une répression inédite prouvent amplement que les revendications populaires sont justifiées et légitimes.Il faut mettre un terme aux politiques néfastes qui étouffent la France depuis + de 10 ans et appliquer les mesures figurant au programme des gilets jaunes, d’urgence, dans l’intérêt de notre pays.