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16 octobre 2026 5 16 /10 /octobre /2026 08:33

Le 17 octobre 1961 l'Etat français, par l'intermédiaire de sa police, massacrait en plein Paris des dizaines de travailleurs algériens qui manifestaient dignement et pacifiquement contre le couvre-feu raciste qui leur a été imposé. Une folie coloniale de plus :"Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne" écrivait Maurice Papon préfet de police de Paris. Les ouvriers algériens et leurs familles ont décidé, dans un acte de dignité et de résistance, de manifester, vaille que vaille, dans la capitale coloniale. C'était leur manière de contribuer à l'édification de la nouvelle nation algérienne.

La police a tiré sur la foule faisant des dizaines de morts. Des manifestants ont été jetés dans la Seine, qui a charrié leurs cadavres pendant des jours. Quant aux blessés, ils ont été conduits sans ménagement au Palais des sports et au Stade Pierre-de-Coubertin transformés en lieux d'internement, comme au Stade de Santiago de Chili en 1973, où l'on entassait les opposants au général Pinochet.

Le 17 octobre 1961 constitue peut-être le plus grand massacre d'ouvriers après la Commune de Paris.

Un lourd silence s'est alors abattu sur ce crime d'Etat. Pendant des décennies, livres, témoignages, films, reportages, documents historiques, dossiers de presse et archives ont été censurés, saisis et interdits. La radio et la télévision ont été bridées. La mémoire du 17 octobre a été occultée pour mieux refouler l'ensemble des crimes coloniaux.

Maurice Papon, collaborateur du régime de Vichy et décoré de la Légion d'honneur en juillet 1961,

n’a jamais été jugé ni condamné pour sa responsabilité dans le massacre du 17 octobre 1961.

Il est mort paisiblement dans une clinique à Pontault-Combault, en Seine-et-Marne. Il a été enterré avec sa Légion d’honneur.

Il faudra peut-être encore beaucoup de temps pour que la bourgeoisie française, responsable de ce massacre, ose regarder en face son propre visage hideux. Comme l'écrivait Frantz Fanon dans Les damnés de la terre, cette bourgeoisie qui aime tant parler de l'homme et des droits de l'homme "tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde".

 

Mohamed Belaali

 

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Published by M B