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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:49

Coluche.jpg

 

 

«Si dans 10 ans on existe encore, ça voudra dire qu'on aura perdu», disait  Coluche  en 1985. Vingt-trois ans après, les Restos du cœur non seulement sont toujours là, mais fleurissent un peu partout comme, paradoxalement, la misère qui leur permet d’exister et de se développer. Chaque année, des millions de repas sont distribués par des bénévoles dévoués et sincères  à des centaines de milliers de pauvres  sans parler des milliers de bébés aidés par des « Restos et points Bébés du cœur ». Ces chiffres sont en augmentation constante. Il s’agit d’une véritable institution aimée par les grands médias et aidée par l’Etat. Mais c’est aussi et surtout le miroir d’une société qui célèbre, presque dans la joie, année après année la détresse et la souffrance humaine.

 

Des hommes et des femmes attendent sagement alignés derrière une ligne imaginaire, souvent dans le froid et sous la pluie, de recevoir leurs colis alimentaires dans l’indifférence quasi générale. Qui sont-ils ? Ce sont des femmes seules avec ou sans enfants, retraités avec pension de misère, jeunes précaires, travailleurs pauvres,  personnes en fin de droit, Rmistes,  bénéficiaires des minima sociaux,  agriculteurs, SDF, etc. etc. L’afflux massif de retraités aux Restos montre à quel point les pensions sont insuffisantes pour vivre et mourir dignement.


Des hommes et des femmes pauvres dans un pays riche ! Des hommes et des femmes broyés par la machine infernale de l’économie de marché ! Une économie qui produit sans trêve richesse pour les uns et misère pour les autres. Cette misère plonge donc ses racines dans cette recherche sans limites du profit.


De la gestion des situations provisoires, les Restos se sont transformés, sous la pression du chômage et de la précarité, en une véritable institution condamnée à durer et à se développer. Leur sort est intimement lié au capitalisme. La crise de celui-ci va leur envoyer des bataillons entiers de laissés-pour-compte : « avant même le démarrage de la campagne, les inscriptions sont en hausse de 5 à 10% par rapport à l'année dernière »(1) déclarait Olivier Berthe, président de l’association. Les Restos du cœur, comme d’ailleurs toutes les associations caritatives, ont un « bel » avenir devant eux !


Ces aspects de la charité sont souvent ignorés par les grands médias notamment la télévision. Les images qu’elle diffuse tendent à occulter les véritables causes de la misère. Par contre, les concerts, spectacles et autres show organisés en faveur des Restos, eux,  sont bien montrés. Artistes, sportifs de haut niveau, hommes et femmes politiques…bref, tout ce beau monde est  ainsi mobilisé et  projeté régulièrement sur la scène médiatique. Cette médiatisation à outrance de la charité permet de mieux exploiter la générosité des bénévoles et des citoyens et d’éviter du même coup tout travail de réflexion sur les racines politiques et économiques de la misère. Cela permet également à l’Etat de se décharger sur les associations caritatives et de remplacer les prestations fondées sur le droit par la charité et la morale avec tous ses  préjugés et toutes ses culpabilisations. L’Etat, par le biais de la loi Coluche, offre aux  généreux donateurs une réduction d’impôt égale à 75 % du montant du don. Un manque à gagner qui aurait pu contribuer par exemple à la construction des logements sociaux dont les familles et leurs enfants qui errent dans les rues par milliers ont tant besoin. Dans son projet de loi de finances pour 2009, le gouvernement prévoit une baisse de 30 % des crédits alloués à la construction des logements sociaux ; consacrant par là son désengagement de la politique du logement social au moment même où il fait beaucoup de bruit avec le droit au logement opposable.


Les riches, eux, peuvent  se donner bonne conscience à peu de frais en jetant quelques miettes aux plus démunis qui doivent de surcroît se courber pour les ramasser. Cette forme de violence  sociale, soigneusement masquée par l’idéologie dominante, reste invisible.

 

L’Histoire nous enseigne que les avancées sociales, petites et grandes, n’ont jamais été données par générosité ou par charité, mais toujours arrachées de haute lutte.

 

Mohamed Belaali    

 

(1er. décembre 2008)

 

            

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(1) http://www.france24.com/fr/20081201-lancement-campagne-restos-coeur-climat-tres-morose

 

 

 

 

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 20:29

 

Abraham Serfaty

 

Abraham_Serfaty.png

 

Le militant marxiste marocain Abraham Serfaty vient de nous quitter à l'âge de 84 ans (1926/2010).

Il est né à Casablanca dans une vieille famille juive dont les racines plongent jusqu'à Oued El Kebir en Andalousie d'où elle fut chassée en 1492.

 

Serfaty était un défenseur acharné de la cause palestinienne et un antisioniste convaincu. C'est lui qui disait «Le sionisme est avant tout une idéologie raciste. Elle est l’envers juif de l’hitlérisme [...] Elle proclame l’Etat d’Israël "Etat juif avant tout", tout comme Hitler proclamait une Allemagne aryenne».

 

Anticolonialiste, il fut arrêté et emprisonné par les autorités françaises en 1950 et assigné à résidence jusqu'en 1956 par le ministre de l'intérieur de l'époque François Mitterrand !

 

Diplômé de l'École des mines de Paris, il rentre au Maroc et occupe plusieurs responsabilités plutôt techniques que politiques dans le gouvernement du Maroc indépendant. En 1960, il devient le Directeur de l'Office chérifien des phosphates. Il est renvoyé de son poste en 1968 pour avoir soutenu publiquement les mineurs en grève à Khouribga.

 

Il quitte le parti communiste qu'il juge sectaire et réformiste et crée avec d'autres militants marocains dont le poète A.Laabi, le mouvement Ilal Amam (en Avant) en août 1970.

 

Rejetant tout compromis avec le Palais, critiquant l'ensemble de la gauche «officielle», Serfaty se trouve avec ses camarades face au régime d'Hassan II. Arrêté et torturé en janvier 1972, il est libéré sous la pression des luttes sociales qui se développaient dans tout le pays.

 

Pour échapper à la police du régime qui le poursuit à nouveau, Serfaty entre dans la clandestinité.

La police arrête son fils Maurice âgé alors de 20 ans et sa sœur Éveline. Si Maurice ignorait où se cachait son père, Éveline, elle, le savait. Même sous la torture elle n'a pas parlé. Elle décéda deux ans plus tard des suites des sévices qu'elle a subis dans les centres de torture. « Tu parles ou on te tue. Ils t'ont tué Éveline. Tu n'avais pas parlé» écrivait le poète A. Laabi.

 

Arrêté plus tard avec ses camarades, torturé sauvagement, il écrit dans les Temps modernes d'avril 1986 « On doit (…) tout faire pour oublier ces heures immondes, pour retrouver une figure humaine après des mois et des mois d'avilissement physique, pour que le cœur ne tremble plus à chaque son qui rappelle cette voix basse qui me chuchotait à l'oreille «Nuhud» ( lève toi), et je savais que c'était pour la torture».

 

Entre 1974 et 1976 quasiment toute la direction du mouvement « En Avant» était arrêtée. Abdelatif Zeroual, camarade et ami de Serfaty est mort sous la torture. D'autres ont sombré dans la folie.

 

Serfaty sera libéré en 1991 grâce à une campagne de solidarité internationale.

 

En tant que militant marxiste, Serfaty était également pour l'autodétermination des peuples. Pour trouver une solution au conflit qui oppose le Front Polisario au Maroc, il proposait l'organisation d'un référendum dans cette région tourmentée.

 

Communiste, internationaliste, anticolonialiste et antisioniste, Serfaty était tout cela à la fois.

 

Son souvenir restera gravé dans la mémoire de la classe ouvrière marocaine pour laquelle il a sacrifié une grande partie de sa vie.

 

Mohamed Belaali.

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4 novembre 2010 4 04 /11 /novembre /2010 12:30

 

 

ecouter la colère

 

 

 

«Écoutez la colère du peuple» disait une pancarte brandie par un manifestant devant le Sénat. Le peuple de France est réellement en colère contre Sarkozy, son gouvernement et tout ce qu'ils représentent. Il a su créer un formidable mouvement de protestation contre toutes les humiliations qu'il subit tous les jours. Quels que soient le déroulement et l'issue de ce mouvement, il s'inscrira sans doute dans l'histoire de ce pays comme une page glorieuse et comme une belle leçon de résistance à l'arbitraire.

 

 

Il s'agit d'une véritable révolte qui dépasse largement le cadre de la «réforme» des retraites. Toutes les villes de France et parfois même les villages sont touchés par la contestation populaire. Malgré la propagande quotidienne, le mensonge, la répression, la population reste déterminée à lutter contre ce gouvernement corrompu et en déliquescence. Même les directions syndicales, moins radicales que leurs bases, ont été surprises par la vitalité de ce mouvement réellement populaire.

 

Les sacrifices consentis par la population sont à la hauteur des injustices et des souffrances qu'elle subit : arrestations en série, poursuites pénales, tracasseries judiciaires, conflits avec l'employeur, perte de salaire pendant les grèves, vacances annulées, projets différés etc. etc.

 

La lutte au jour le jour a ressuscité des valeurs de solidarité, d'entraide, de complicité et de convivialité entre les manifestants et la population : soutien moral et financier apporté aux grévistes des raffineries, paroles d'encouragement prononcées depuis leurs fenêtres ou leurs balcons par des habitants lors des manifestations ( «bon courage», «il faut continuer»...). Même les citoyens qui se sont trouvés ici ou là «bloqués» par l'action des grévistes n'hésitent pas à manifester d'une manière ou d'une autre leur solidarité avec les contestataires : sourires et coups de klaxon des automobilistes et des routiers, gestes de sympathie des voyageurs etc.

 

Cette solidarité se manifeste également entre générations à l'image du système de retraite par répartition. Lycéens et étudiants, avec une formidable énergie, apportent leur soutien à leurs parents en manifestant massivement contre cette funeste «réforme» : «Papa, maman je l'aurai votre retraite» écrivait une jeune manifestante sur sa pancarte! Il n'est pas rare non plus de voir des enseignants protéger leurs élèves devant les lycées contre les brutalités policières.

 

 

Papa--maman--je-l-aurai-votre-retraite.jpg

 


Ces valeurs de solidarité et de camaraderie s'opposent radicalement à celles de la concurrence, de la compétitivité, de la rentabilité et de l'individualisme de la classe dirigeante. Le «chacun pour soi» est remplacé ici par le «tous ensemble».

 

La démocratie qui règne dans les assemblées générales ouvrières, la grève et ses valeurs d'unité, de dévouement et de sacrifices contrastent tristement avec les décisions prises dans l'ombre par quelques uns, exécutées par le gouvernement, le parlement et propagées par les médias de la classe bourgeoise.

 

Cette résistance aux injustices et cette formidable solidarité entre manifestants et entre ces derniers et le reste de la population s'inscrivent dans la lignée des meilleures traditions de luttes de ce pays: 1848, 1871, 1968, 1995, 2003, 2006.

 

Si le Président puise sa force dans sa faiblesse, car privé de tout soutien populaire, le mouvement de contestation, lui, s'est déployé et s'est développé en s'appuyant sur de larges couches de la population.

 

Mais cette faiblesse du pouvoir politique est largement compensée par le pouvoir économique, celui de la minorité que représente la classe dirigeante qui possède les moyens matériels pour imposer sa domination. Car l'autoritarisme, la répression généralisée, la propagande intense, le mépris de la démocratie etc. du pouvoir politique actuel ne sont que l'expression de la brutalité exercée par le capital sur le travail. Sarkozy n'a été porté à la tête de l'État par cette classe minoritaire que pour servir les intérêts des plus riches.

 

 

La France est ainsi fondamentalement coupée en deux classes aux intérêts et aux objectifs diamétralement opposés. A la France des industriels, des banquiers, des marchés financiers, des compagnies d'assurances (comme Malakoff Médéric dont le patron n'est autre que le frère de Sarkozy), des agences de notation, des spéculateurs et des parasites en tout genre, s'oppose la France des ouvriers et des salariés producteurs de richesses. Et quel contraste entre cette France officielle corrompue, ennemie du progrès, destructrice des acquis sociaux et résolument tournée vers le passé et la France réelle qui se bat pour un avenir plus lumineux !

 

Mohamed Belaali

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 05:55

 

 

Haiti-3.jpg

 

 

«...Alors que les Haïtiens ordinaires souffrent, les riches familles de Port-au-Prince continuent de vivre dans le luxe» (1). Si les soldats américains, les forces de l'ONU et les ONG humanitaires par dizaines sont toujours présents sur le sol de ce pays meurtri, rien ou presque rien n'a été fait pour la population qui continue à vivre dans des conditions inhumaines neuf mois après le terrible séisme qui a emporté des centaines de milliers de vies humaines. L'humanitaire n'est qu'un cynique prétexte utilisé par les puissances capitalistes pour servir leurs propres intérêts.

 

 

 

Les rescapés du tremblement de terre du 12 janvier 2010 sont toujours livrés à eux-mêmes. Ils continuent à vivre dans des camps improvisés : «1,5 million de personnes vivent encore dans des abris de fortune» selon l'ONU citant des sources gouvernementales(2). Les haïtiens par milliers s'entassent dans les rues et les places publiques chassés des camps installés auparavant sur des terrains privés. Les rues sont toujours encombrées de gravats rendant la circulation quasi impossible. «Je ne vois pas de changement, il n' y a aucune évolution» disait une rescapée de Port-au-Prince (3).

 

Selon Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) enHaïti, «les hôpitaux de campagne et les cliniques mobiles ont disparu alors que paradoxalement, la situation des victimes n’a pas changé»(4).

Le Service Jésuite aux Réfugiés(SJR) déplore une situation «critique» dans les camps non officiels et dénonce la violence exercée sur les femmes lors de la distribution de l'aide humanitaire (5).

Les premières intempéries du mois de septembre 2010 ont déjà fait des victimes dans les camps, toujours provisoires, des sinistrés : «Une première évaluation a permis de dénombrer cinq morts dans les camps où sont réfugiés des dizaines de milliers de sans-abri du séisme du 12 janvier» a déclaré à l'AFP Edgard Célestin, responsable de communication de la Protection civile haïtienne.

 

Haiti.jpg

 

Des hommes, des femmes et des enfants déjà durement frappés par le séisme, se retrouvent à nouveau sans protection aucune, à la merci de vents violents etde fortes pluies.

Les grands blessés du séisme vivent dans des conditions épouvantables et leur état de santé risque de se dégrader davantage encore. Les plus pauvres, c'est à dire la majorité de la population, sont maintenant menacés de famine et de maladies mortelles.

 

Quel contraste entre le zèle déployé avec faste par les «humanitaires» les premiers jours du séisme et la sinistre situation actuelle de l'immense majorité de la population haïtienne !

Où sont passés les milliards de dollars promis au peuple haïtien ? Qui va demander des comptes sur l'utilisation des fonds réunis par toutes ces ONG grâce à leur marketing «humanitaire» et à la cynique exploitation de la générosité des citoyens ?

Quel est le résultat concret de ce show humanitaire et de ce tapage médiatique sur les sinistrés et notamment sur les plus démunis d'entre eux neuf mois après le séisme ? Nul ou quasiment nul.

 

Car l'aide humanitaire n'a pas pour objectif d'aider les hommes et les femmes dans la détresse, mais d'utiliser les drames humains pour servir les intérêts de ceux qui la manipulent. Ce sont ces mêmes impérialistes qui ont détruit, à travers leurs programmes d'ajustement structurel, les services publics pour les remplacer par la charité des ONG humanitaires. L'aide humanitaire est subordonnée aux calculs et aux stratégies des puissances impérialistes notamment des États-Unis qui l'instrumentalisent cyniquement pour leurs seuls intérêts. L'humanitaire est une forme de corruption par des aumônes plus ou moins déguisées. Il sert à maintenir dans la dépendance les dominés pour mieux les asservir. Il est au service des classes dominantes.

 

Mais les sinistrés savent en même temps que l'aide humanitaire ne leur est pas vraiment destinée puisque leur situation matérielle reste désastreuse malgré la présence massive de toute sorte d'acteurs humanitaires. Les ONG par exemple ne sont pas toujours bien vuespar la population locale qui doute de leur impartialité. Les salaires élevés des cadres de ces organisations, les 4x4 qu'ils utilisent parfois pour circuler dans les quartiers sinistrés et les hôtels de luxe qu'ils fréquentent contrastent tristement avec la situation misérable des rescapés. Leur proximité avec l'armée américaine et l'arrogance avec laquelle elles traitent parfois les sinistrés les éloignent de ceux qu'elles veulent aider. « Nous ne voulons pas de ce type d’aide humanitaire qui profite beaucoup plus aux ONG qu’à nous autres qui sommes dans les camps à l’attente de miettes qui tombent des ONG comme si nous étions des mendiants », pense l’un des déplacés (6) . Il n'est pas rare de voir sur les murs de Port-au-Prince des slogans dénonçant les USA, l'ONU, le président René Préval et les ONG. L'hostilité de de la population locale à leur égard devientde plus en plus grande. Certaines ONG, obsédées par la sécurité, contractent à des prix exorbitants une protection armée auprès des compagnies de sécurité privées pourlesquellesl'humanitaire n'est qu'un marché parmi tant d'autres (7).Tout le monde trouve son compte sauf les... sinistrés!

 

Les manifestations et les révoltes de la population sont réprimées par le pouvoir local très contesté et par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d'Haïti (Minustah) c'est à dire par ceux-là mêmes qui sont sensés«soutenir les efforts humanitaires» !(8).


L'un des objectifs des élections du 28 novembre 2010, outre de permettre de placer au pouvoir celles et ceux qui serviront le mieux les intérêts de l'impérialisme américain et de la bourgeoisie locale, est justement d'empêcher toute révolte populaire. C'est ce que craignent le plus les classes aisées et les acteurs humanitaires qui se précipitent à les organiser. Car ils sentent monter dans tout le pays la colère du peuple qui a plus besoin d'améliorer sa situation matérielle quede participer aux élections: «Le problème le plus immédiat, en dehors de la reconstruction, est l'organisation des élections présidentielles et législatives(...) Le risque d'agitation sociale existe, et le peuple haïtien peut être fier qu'il n'y ait pas eu de troubles importants jusqu'à présent, malgré la dureté et la précarité de la situation dans laquelle se trouvent tant de Haïtiens», écrit Ban Ki-moon (9).


Il faut que l'ordre règne pour que les familles aisées continuent à s'engraisser. En effet pendant que des millions de travailleurs pauvres vivent dans des conditions dramatiques « ces familles(...) font des bénéfices actuellement grâce à la dernière tragédie de leur pays»(10).

 

L'aide humanitaire est une forme de violence sociale invisible exercée sur les plus démunis qui doivent, de surcroît, se courber pour l'obtenir. C'est une espèce de charité laïque utilisée par les classes dominantes pour leurs seuls intérêts. L'humanitaire, comme la charité, c'est en quelque sorte la morale d'une société de classes amorale.

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1) wsws.org/articles cité in blog.emceebeulogue
(2) http://www.un.org/apps/news
(3) tahiti-infos.com/Haiti-neuf-mois-apres-le-seisme

(4) haitilibre.com/article-607-haiti-reconstruction-apres-6-mois

 

(5) http://www.reliefweb.int/rw/rwb

 

(6) http://elouidor.blog.fr

 

(7) humanitaire.blogs

 

(8) minustah.org

 

(9) un.org/apps/news

 

(10)Patrick Martin, wsws.org cité in blog.emceebeulogue

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 08:45

 

TERESA2.jpg

 

 

On vient de tuer froidement une femme de 41 ans, déficiente mentale, juste après la tombée de la nuit jeudi 23 septembre

2010.


"Il n'y a pas eu de complication", a dit le porte-parole des autorités pénitentiaires. L'injection mortelle s'est très bien passée!...

 

Les journalistes qui ont assisté à cette exécution ont dit que Teresa Lewis «semblait effrayée»!

 

Ils ont dit également que son dernier repas, était constitué de «poulet, haricots verts, gâteau au chocolat et tarte aux pommes»! Quel humanisme!


Cette exécution ne s'est pas passée en Iran, ni à Cuba, ni au Vénézuela etc. mais aux États-Unis, pays qui exporte la lumière, la civilisation, les droits de l'homme, la démocratie... à travers toute la planète.


C'est pour cela peut-être que Teresa Lewis n'a pas mérité les indignations de nos philosophes, artistes, hommes et femmes politiques.


Pas de mobilisation, pas de pétitions, pas de lettres, pas de manifestations pour Teresa Lewis.


Leur émotion et leur indignation très sincères n'ont d'égales que leur silence sur l'exécution de Teresa Lewis.

Il est vrai aussi que Teresa l'américaine n'est pas Sakineh l'iranienne.


L'universalité des émotions s'efface devant les intérêts de la bourgeoisie et de ses serviteurs.

La grandeur de nos intellectuels, artistes etc. et leur capacité à s'émouvoir sont proportionnelles à leur degré de soumission aux puissants.


Peut être pensent-ils que l'injection létale, qui a empêché les poumons de Teresa Lewis de respirer et son cœur de battre, par des américains civilisés est plus raffinée et plus moderne que "les pierres jetées"(1) par ces grands méchants iraniens, barbus cruels et barbares.

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1) La lapidation n'existe plus en Iran

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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 11:58

 

Pakistan-inondation-2.jpg

 

 

20 millions de Pakistanais, privés quasiment de tout, errent à travers un pays dévasté et ravagé par de violentes inondations. La brutale montée des eaux a déjà laissé derrière elle plusieurs centaines de victimes. La famine commence à faire son apparition et menace des millions d'êtres humains. La situation sanitaire est catastrophique. Plusieurs millions d'enfants risquent d'être emportés par des maladies mortelles selon les Nations Unis. Ban Ki-moon, en visite dans le pays, disait lui-même qu'il n'avait «jamais vu une catastrophe d’une telle ampleur». L'ampleur du désastre n'a d'égale que la profonde souffrance de la population pakistanaise livrée à elle-même. Mais si l'aide humanitaire se fait toujours attendre, le matériel militaire de l'OTAN pour la poursuite de la guerre contre les talibans en Afghanistan voisin circule, lui, normalement ! La sale guerre impérialiste passe avant l'aide humanitaire. Pire, pendant que les pakistanais affrontent, dans des conditions inhumaines, cette terrible catastrophe, l'armée américaine continue à bombarder le Nord-Ouest du pays faisant des dizaines de victimes civiles (1). Pour les États-Unis et leurs alliés, la population pakistanaise qui résiste à l'hégémonie impérialiste dans la région ne mérite aucune aide. L'humanitaire doit servir l'intérêt des puissances capitalistes.

 

 

Le grand spectacle humanitaire organisé par les pays impérialistes, leurs ONG, leurs sportifs, leurs artistes et leurs médias concernant le séisme haïtien contraste avec le silence, l'indifférence et le mépris avec lesquels la tragédie pakistanaise est traitée. C'est que le Pakistan n'est pas Haïti! Et même dans le cas de ce dernier pays, plus de neuf mois après le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, rien ou presque rien n'a été fait pour une population abandonnée à son triste sort alors que les troupes américaines et les ONG humanitaires par dizaines sont toujours présentes sur le sol haïtien. Mais au moins, on a réussi à transformer la tragédie haïtienne en un immense show humanitaire et médiatique (2).

Le drame pakistanais, lui, n'a été traité qu'avec parcimonie par les médias bourgeois. Et malgré une présence massive des grandes ONG (largement dépendantes des États occidentaux et de l'Union Européenne), l'aide humanitaire pour le Pakistan n'arrive qu'au compte-goutte. Ici nul spectacle humanitaire, nul appel aux dons lancé directement par les médias, nulle opération de relation publique des multinationales et nul battage médiatique. La souffrance du peuple pakistanais se fait dans le silence.

Ironie du sort, le Pakistan est le principal producteur mondial des tentes humanitaires. Mais les industriels américains veulent remplacer les fabricants locaux et vendre aux pakistanais des tentes beaucoup plus chères: «Aider le Pakistan, aider Haïti sont des réactions humanitaires appréciables des États-Unis, surtout s'ils adoptent la stratégie «aide des USA, made in USA» écrivent-ils(3). L'humanitaire c'est aussi du business, il s'arrête là où s'arrêtent également les intérêts des puissances impérialistes!

Il faut dire que sur l'échiquier international, le Pakistan occupe une position singulière à cause de son histoire mouvementée, de sa puissance nucléaire et de sa frontière avec l'Afghanistan.

Le Pakistan a été « Conçu à la hâte et mis au monde prématurément par une césarienne de dernière minute » disait Tarik Ali (4). Il a été également amputé du Cachemire toujours disputé par l'Inde et privé de sa partie orientale, le Bangladesh.

Le Pakistan a payé chèrement son indépendance nucléaire à cause du refus américain. Le gouvernement démocratiquement élu d'Ali Bhutto, le père de l'arme nucléaire pakistanaise, fut renversé par un coup d'État militaire dirigé par le général-dictateur Zia avec la bénédiction des États-Unis. Ali Bhutto fut jugé et exécuté en 1979.

En 1999, un nouveau coup d'État porte au pouvoir un autre général-dictateur, Pervez Mucharraf, le ferme soutien des américains dans la région (on le surnommait d’ailleurs dans le pays... Busharraf !).

Benazir Bhutto, fille d'Ali Bhutto, fut assassinée à son tour en 2007 et de lourds soupçons pèsent toujours sur Mucharraf dans cet assassinat.

Au total depuis sa création en 1947, le pays a connu pas moins de quatre coups d'État militaires. Il est inutile de préciser que la main de Washington est derrière, pour ainsi dire, tous ces événements majeurs qui ont fortement bouleversé ce pays.

Aujourd'hui, l'Afghanistan voisin est toujours occupé par les puissances impérialistes menées par les américains. La résistance afghane, de mieux en mieux organisée, de plus en plus unie, porte des coups décisifs aux armées d'occupation.

Le Pakistan entretient avec cette résistance des relations ambiguës et complexes. En tout cas, les pays occidentaux soupçonnent fortement l'armée pakistanaise et ses services secrets, les fameux Inter-Services Intelligence (ISI), de coopérer avec les talibans pakistanais et surtout afghans. En effet, le Pakistan tient à garder ses vieilles relations avec ces derniers dans le but de préserver ses intérêts stratégiques et surtout de ne pas laisser le champ libre à une autre puissance nucléaire, l'Inde son ennemi de toujours. Car les américains, tôt ou tard, seront contraints de quitter l'Afghanistan: «Si l'Amérique s'en va, le Pakistan est très inquiet d'avoir l'Inde à sa frontière Est et l'Inde en Afghanistan à sa frontière Ouest» (5). Le gouvernement pakistanais redoute que l'Inde développe, après le départ des américains, des relations privilégiées avec les talibans afghans. Rappelons tout de même que de 1947 à 1999 le Pakistan et l'Inde, deux puissances nucléaires, se sont livrés quatre guerres successives. Islamabad considère en quelque sorte l'Afghanistan comme sa chasse gardée.

Le Pakistan n'est pas prêt à abandonner ses relations, même ambiguës, avec les talibans nonobstant les pressions fortes des États-Unis.

En tout cas, les pakistanais sont présentés à l'opinion publique occidentale, comme les amis de ces grands méchants talibans barbus, cruels et primitifs.

Nous les civilisés de l'occident capitaliste, nous n'allons tout de même pas apporter notre secours aux amis de nos ennemis! Notre humanité a des limites.

Ces deux peuples (afghan et pakistanais) se retournent aujourd'hui contre nous alors que grâce à nos valeureux soldats, nous essayons de leur apporter démocratie et prospérité tout en protégeant leurs femmes.

Les quelques bombes qui tombent de part et d'autre de leur frontière commune et qui font des victimes innocentes ne sont que des erreurs, des bavures bien évidemment...

Et notre présence «là-bas», c'est pour leur bien, n'est-ce-pas ? On leur construit des écoles, des hôpitaux, des routes etc. Mais ces barbares ne comprennent rien à rien! Il ne comprennent que le langage de la force : «Nous n'avons pas le droit de renoncer à défendre nos valeurs. Nous n'avons pas le droit de laisser les barbares triompher»(6).

Mais derrière la diabolisation du pakistanais et de l'afghan, comme d'ailleurs du cubain, de l'iranien, du palestinien, du nord-coréen, de l'irakien etc. se cachent des intérêts impérialistes. Car ces mêmes «barbares» de talibans, on les appréciait bien et on les appelait même les Moudjahidines de la liberté lorsqu'ils combattaient la présence soviétique en Afghanistan (1979-1989)! Pour faire barrage à l'armée russe, les américains ont financé, entraîné et armé ces «combattants de la liberté» et le Pakistan devint leur allié privilégié dans la région.

Ainsi le civilisé d'hier est devenu lebarbare d'aujourd'hui!Seule la bourgeoisie, pour ses intérêts, est capable d'un tel exploit. Les ennemis comme les amis d'ailleurs ne sont jamais permanents; seuls les intérêts sont permanents!

 

L'humanitaire dans un ordre économique, social et politique profondément injuste qui n'accorde aucune valeur à la vie humaine, ne peut que servir les puissances capitalistes qui l'instrumentalisent cyniquement pour leurs seuls intérêts.

A bas l'humanitaire capitaliste!

Vive la solidarité entre les peuples!

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.latribune-online.com/monde/39339.html

 

(2) L'humanitaire au service du capital:le cas de Haïti

 

(3) lemonde.fr/idees/article/2010/09/06/l-aide-au-pakistan

 

(4) Tariq Ali « Le choc des intégrismes », Textuel, 2002.

 

(5) Déclaration de Tariq Fatemi, un ex-ambassadeur du Pakistan, au New York Times.

Cité in www.wsws.org

 

(6) rue89

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 07:09

 

IMG_2831.jpg

  " El Humoso"

 

«Avenida de la libertad», «calle Ernesto che Guevara», «Plaza Salvador Allende», «Paz, Pan y Trabajo», « Apaga la TV, enciende tu mente», «Una Utopia hacia la Paz» etc. ce sont là les noms de rues, de places et des slogans d'un village andalou non loin de Cordoba et de Sévilla que le visiteur étranger découvre au bout d'une route sinueuse au milieu des champs d'oliviers, de blé coupé et grillé par le soleil.

 

L'artère principale de la petite ville de près de 3 000 habitants mène tout droit à la mairie (Ayuntamiento) dirigée par Juan Manuel Sánchez Gordilloqui a gagné toutes les élections à une large majorité et ce depuis plus de trente ans.


Juan Manuel est un homme simple qui reçoit les visiteurs dans son bureau, où trône un grand portrait d'Ernesto Che Guevara, spontanément et naturellement sans rendez-vous ni protocole aucun. Il n'hésite pas à quitter son bureau pour montrer les maisons blanches situées juste en face de la mairie et construites collectivement par les habitants eux-mêmes sur des terres offertes quasi gratuitement (15,52 euros par mois) par la commune. Celle-ci met également à leur disposition l'aide d'un architecte et d'un chef de chantier. La région, elle, apporte le gros matériel de construction. Promoteurs immobiliers, spéculateurs et autres parasites n'ont pas leur place ici. Le logement cesse ainsi d'être une marchandise et devient un droit.

Juan Manuel parle avec enthousiasme et fierté des nombreuses réalisations des habitants de sa commune, chiffres et graphiques à l'appui.


Le barman du café «La Oficina», qui se trouve un peu plus loin de la mairie, nuance quelque peu les propos du maire mais confirme, pour l'essentiel, les avancées sociales de la ville notamment l'octroi des terres pour celles et ceux qui ont besoin d'un logement, préoccupation première des espagnols. Il confirme également l'absence totale de la police, symbole de la répression étatique.En effet, les habitants n'éprouvent aucun besoin de recourir à ses «services». Ici les problèmes de criminalité, de délinquance, de vandalisme etc. sont absents. Ils pensent gérer et régler eux-mêmes les problèmes qui peuvent éventuellement surgir entre eux. En tout cas depuis le départ à la retraite du dernier policier, ils n'ont pas jugé utile de le remplacer.


En face de « La Oficina» se dresse un bâtiment sur lequel on peut lire «Sindicato de obreros del campo» et « Casa de cultura». Mais cette grande salle fait également office de café, bar et restaurant. C'est un lieu d'échanges, de débats, de fête et de convivialité. C'est là aussi que se retrouvent, dès l'aube, les travailleurs agricoles pour un petit déjeuner collectif avant de partir ensemble pour une journée de travail de 6h30 dans les champs d'«El Humoso» à 11 kilomètres du village.

Cette terre andalouse, travaillée collectivement aujourd'hui, est témoin d'un passé chargé de tant d'actions, d'occupations, de manifestations, de grèves, de marches et de procès devant les tribunaux. Et c'est grâce à cette lutte très dure et réellement populaire que cette terre (1 200 hectares) fut arrachée à un aristocrate de la région, le Duc de l'Infantado. Dans cette Andalousie profonde les femmes, malgré les pesanteurs sociales et les préjugés, ont joué un rôle déterminant dans ce combat pour que la terre appartienne à celles et ceux qui la travaillent.

Aujourd'hui «ces terres ne sont la propriété de personne sinon de toute la communauté de travailleurs» comme le disent les habitants du village.

 

Mais pour ces ouvriers, il ne s'agit pas seulement de récupérer les terres, mais aussi de construire «un projet collectif dont l'un des objectifs est la création d'emplois et la réalisation de la justice sociale».

 

C'est ainsi qu'est nél'ensemble des coopératives qui produisent et distribuent une série de produits agricoles de grande qualité exigeant en même temps une main-d'œuvre abondante: huile d'olive, conserves d'artichauts, de poivrons rouges, de fèves etc. Les producteurs directs de ces richesses travaillent du lundi au samedi pour une rémunération journalière de 47 euros et ce quelque soit leur poste et leur statut. Ici il n' y a ni patron, ni actionnaires, ni dividendes à distribuer. Le surplus dégagé est réinjecté dans l'entreprise commune dans l'espoir de créer davantage d'emplois et permettre ainsi à tout le monde de travailler conformément à leur projet collectif. Ils tentent de mettre l'économie au service de l'homme et non au service du profit. Le chômage, ici, est quasi inexistant alors qu'il dépasse les 25 % de la population active en Andalousie et 20 % dans toute l'Espagne!

 

A «El Humoso», les ouvrières et les ouvriers parlent avec une certaine émotion de leur coopérative, de leur travail, de leurs produits, de la solidarité et de la convivialité qui règnent entre eux. Mais, ils évoquent également leur crainte de voir leur unité se fissurer à cause de leurs ennemis qu'ils pensent nombreux dans la région voire dans toute l'Espagne. Il se dégage de leurs récits beaucoup de conviction et beaucoup d'humanité.


Manolo, un ouvrier de la coopérative, parle avec affection, comme s'il s'agissait d'une personne, de la machine à extraire de l'huile d'olive dont il s'occupe. Il n'hésite pas à expliquer son fonctionnement, l'entretien qu'elle nécessite etc. à tous les visiteurs. Il parle également avec respect de son compagnon de lutte, le maire Juan Manuel qu'il considère comme «el ultimo», le dernier, à ses yeux, de cette catégorie d'hommes capables de relever un tel défi et de confondre dans un même mouvement pensée et pratique. Manolo évoque aussi la vie d'ascète que mène l'édile du village, les arrestations et les tracasseries judiciaires qu'il a subies et l'attentat auquel il a échappé. Manolo invite avec insistance le visiteur à revenir à la coopérative au mois de décembre ou janvier pour admirer le travail d'extraction de l'huile d'olives.

Mais au village il n' y a ni hôtel, ni hostal pour un éventuel séjour. Toutefois la municipalité met gracieusement des pavillons à la disposition des visiteurs qui peuvent également, s'ils le désirent, partager le logement de quelques habitants pour une somme symbolique comme chez Antonio dans l'avenue principale de la petite ville. Antonio accueille chaleureusement ses hôtes avec qui il aime parler de l'originalité de son village et semble heureux d'y vivre: «pour l'instant, disait-il, nous vivons en harmonie ici».


Vivent également en «harmonie» avec les habitants du village, les travailleurs immigrés eux aussi embauchés à la coopérative d' «El Humoso». Selon les dires du barman du local syndical ces hommes et ces femmes font partie intégrante de la communauté des travailleurs et participent comme les autres aux décisions prises dans les assemblées générales. En effet ces fameuses assemblées se tiennent dans une grande salle attelée au local syndical où traînent à côté des chaises blanches en plastique tout sorte de vaisselle et de couverts stockés là probablement en attente d'une prochaine fête populaire. La salle est également ornée d'un immense et splendide tableau sur lequel on peut voir des hommes et des femmes en lignes serrées précédés de deux hommes et d'une femme portant un enfant dans ses bras, tous marchent vers la même direction. «Aujourd'hui à 20h30, assemblée générale au local syndical», c'est par ce message, diffusé inlassablement par une camionnette qui sillonne toutes les rues de la petite ville, que les habitants sont conviés au rassemblement pour décider de leurs affaires.


Ils organisent également ce qu'ils appellent les «dimanches rouges» où des volontaires se chargent gratuitement, entre autres, de nettoyer et d'embellir leur commune: entretien des allées et jardin publics, plantation d'arbres etc. La petite ville est non seulement l'une des plus sûre mais aussi la plus propre de la région!

 

Le village est relativement riche en équipements collectifs comparativement aux communes avoisinantes. Les habitants peuvent se baigner durant toute la saison estivale dans la piscine municipale pour la modique somme de trois euros. La garderie pour enfants ne leur coûte que 12 euros par mois repas compris. Le complexe sportif «Ernesto Che Guevara», bien entretenu,leur permet de pratiquer plusieurs sports comme par exemple le football, le tennis ou encore l'athlétisme.


Durant l'été, les habitants assistent régulièrement à la projection de films en plein air dans le parc naturel. Débats, conférences, films et soutien aux peuples opprimés notamment ceux qui sont injustement privés de leur territoire font partie de la vie culturelle et politique du village. Juan Manuel porte souvent d'ailleurs, ostensiblement, l'écharpe palestinienne!

 

Le sport, la culture, les fêtes etc. sont des droits ouverts à tous comme le travail et le logement. Le développement tant matériel qu'intellectuel de chaque individu reste, ici, la condition du développement de tous.

 

Allez donc à Marinaleda voir et vérifier la réalité de cette «utopie». Allez à la rencontre de ces hommes et de ces femmes admirables qui ont réussi grâce à leur travail au jour le jour et à leurs convictions à construire , dans un océan d'injustices, de malheurs et d'asservissement, une société différente. Le capitalisme par ses crises à répétition et le danger qu'il représente pour l'homme et la nature n'a pas d'avenir. L'exemple concret et réussi de Marinaleda montre qu'une autre société est possible.

 

 

Mohamed Belaali

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Le complexe sportif de Marinaleda

 

 

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Le tableau de la grande salle des assemblées générales

 

 

 

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Juan Manuel maire de Marinaleda

 

 

 

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 20:39

HORTEFEUX.jpg

 

 

 

Encore un drame. Un homme vient de décéder dans le sinistre centre de rétention de Vincennes. Et pourquoi ?

Parce que le président de la république française Mr. Sarkozy et son ministre Mr. Hortefeux l’ont décidé à travers une politique de l’immigration qui leur permet de gagner le pouvoir et de s’y maintenir.

Cette politique s’adresse à une frange de la population imbibée des idées rétrogrades et xénophobes.

Pour gagner les voix de cette partie de la population, toutes les limites ont été franchies : chasse à l’homme, rafles, interpellations au domicile des personnes en situation irrégulière (voir entre autres le cas de Patrice et Laurence), brutalité physique et violence verbale des centres de rétention, humiliations en tout genre etc.

Hortefeux, qui ne pouvait cacher sa joie devant la presse, se glorifiait de l’augmentation des « reconduites à la frontière ». Une augmentation de 80 % disait-il avec une certaine fierté.

Mais, à cause justement de cette politique, combien d’hommes et de femmes sont morts ?

Combien de familles ont été brisées ?

Hortefeux aura-t-il un jour le courage de les donner ?

Mais les chiffres, les pourcentages, aussi précis soient-ils, peuvent-ils exprimer vraiment le drame et la détresse de ces hommes et de ces femmes ?

Vers quel régime politique nos sociétés d’aujourd’hui tendent-elles ?


Mohamed Belaali

22juin 2008

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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 08:51

Reunion-GOUVERNEMENT.jpg

  L’Etat n’est qu’un comité qui gère les affaires de la bourgeoisie, cette phrase est, encore une fois, d’une actualité brûlante. Quelques exemples suffisent à le montrer.

 

 

En effet, la bourgeoisie n’a jamais été aussi gâtée que sous le règne de Sarkozy: diminution de l’impôt de solidarité sur la fortune, allègement des droits de succession et plafonnement du bouclier fiscal (voir le paquet fiscal). Reconnaissante, la bourgeoisie récompense ses fidèles représentants c’est-à-dire les députés et les sénateurs en les excluant du projet de réforme des régimes spéciaux de retraite. Il faut dire que le travail de ces messieurs est plus pénible que celui des cheminots, des agents de la RATP, des électriciens etc.

Pour protéger cette classe et lui permettre de s’enrichir en toute impunité, Sarkozy, qui est déterminé à « mettre un terme à la pénalisation à outrance » installe (par le biais de sa ministre de la justice Rachida Dati) un groupe de travail chargé de dépénaliser le droit des affaires. Curieusement l’annonce a été faite au moment même où l’affaire EADS éclate au grand jour. Toute la direction du groupe est impliquée dans ce scandale. Noël Fourgeard (co-président d’EADS) et ses enfants ont réalisé une plus-value de 6,7 millions d’euros en vendant leurs titres à temps.

Ce même Fourgeard a quitté le groupe, après avoir supprimé 10 0000 postes (power 8) et brisé la vie de milliers de familles, avec une indemnité de 8.5 millions d’euros. Lagardère, président du groupe, ami intime de Sarkozy et propriétaire de plusieurs médias influents s’est débarrassé de 7.5% du capital d’EADS avec l’aval de l’Etat. Leurs intérêts (ceux de Lagardère et de l’Etat) sont tellement liés dans le groupe qu’ils sont gérés par une société commune, la Sogeade.

Une partie des titres Lagardère (2.25%) a été cédée à la Caisse de Dépôt et de Consignation (CDC) qui est un organisme public et considéré même comme le « bras financier » de l’Etat. Il faut préciser que le groupe vit essentiellement des commandes que leur fait…l’Etat. On voit mal comment, dans ces conditions, ces « délinquants financiers » seront condamnés par la justice comme elle l’a fait avec les jeunes qui criaient dans la rue leur rage contre le Contrat Premier Emploi (l’Etat les a même exclus du décret de grâce du 14 juillet 2006).

La complicité du pouvoir économique et politique est une réalité de plus en plus évidente. L’Etat n’est, en dernière instance, qu’un organisme au service de la classe dominante comme l’avaient écrit Marx et Engels en 1848.

 

7 octobre 2007

 

Mohamed Belaali




 

 

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 07:31

 

 

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Les scandales financiers et les affaires de corruption qui mettent en cause la plupart des membres du gouvernement contrastent tristement avec la politique de rigueur et d'austérité sans précédent que ce même gouvernement impose aux classes populaires. Au moment où l’on exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, les représentants de la bourgeoisie, eux, se permettent de se servir abondamment dans les caisses de l’État et jouissent d'innombrables privilèges . La liste des ministres impliqués dans des affaires est longue :des 9 500 euros mensuels de Christine Boutin pour une obscure mission sur la mondialisation, aux 12 000 euros des cigares de Christian Blanc en passant par les hôtels particuliers du ministre de l'industrie Christian Estrosi ou les 116 500 euros d'Alain Joyandet pour un aller/retour à la Martinique sans parler de son permis illégal pour agrandir sa maison près de Saint-Tropez. Et on va taire par pudeur l'affaire Karachi qui a coûté la vie à 14 personnes. Il ne s'agit là bien évidemment que de quelques exemples qui ne doivent pas cacher le caractère récurrent et structurel de la corruption de la classe dirigeante. Car les scandales financiers, corruption, privilèges et autres affaires, comme celle d'Eric Worth, sont intimement liés au fonctionnement même du système capitaliste qui les produit et reproduit de manière permanente.

 

« Le gouvernement moderne n'est qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière» (1). L'État n'est donc pas au service de tous, mais sert seulement les intérêts privés de quelques uns. La police, la justice, les préfets, les députés, les ministres etc. ne sont pas les représentants de toute la société. Le président de la République n'est pas le président de tous les français. Le président gère l'Etat contre l'intérêt général au profit de l'intérêt particulier, celui de la classe dominante. Et plus il sert les intérêts de la bourgeoisie, plus il s'éloigne de ceux des classes populaires.

La corruption, elle aussi, remplace l'intérêt public par l'intérêt privé. Elle efface les frontières entre les deniers publics et les revenus privés. Les hommes et les femmes politiques sans scrupulespeuvent ainsi se servir, avec un sentiment total d'impunité, dans les caisses de l'État comme s'il s'agissait de leur propre patrimoine! La corruption nie et méprise le principe de transparence et permet à une seule et même classe sociale, par le biais de l'État, d'accéder d'une manière occulte et illégale aux ressources publiques.

Le scandale Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France, illustre d'une manière éloquente cette proximité et cette confusion des intérêts de la grande bourgeoisie et du gouvernement. Celui-ci doit être au service de celle là. L'ex- ministre du budget, Eric Woerth, est soupçonné, via sa femme qui gère les dividendes de la milliardaire, de conflit d'intérêt. Mme Bettencourt avoue de son côté posséder des comptes à l'étranger et toute une île aux Seychelles non déclarés au fisc. Elle a promis, toutefois, de régulariser cette situation. L'épouse d'Eric Worth a été obligée de quitter son poste, mais le ministre aujourd'hui du travail, lui, n'a pas démissionné. Seuls Alain Joyandet et Christian Blanc ont été obligés de quitter leurs postes.

Eric Worth est soupçonné également d'entretenir les mêmes relations avec Robert Peugeot, l'héritier de la grande famille bourgeoise du même nom. Les deux hommes se connaissent et s'apprécient mutuellement. Eric Worth a même décoré Robert Peugeot de la Légion d'honneur comme il a remis les insignes de chevalier de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre le gestionnaire de la fortune de Bettencourt ! Qu'elle est jolie la république bourgeoise !

Sarkozy voyant que les affaires prennent de l'ampleur, annonce d'une manière solennelle qu'il allait réduire le train de vie de ses ministres (mais pas ses propres privilèges), reconnaissant implicitement par là l'existence de ces affaires !

Plusieurs personnalités du monde politique et économique très proches du pouvoir comme Valérie Pécresse, François Pérol l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée et intime des grands patrons français, le multimillionnaire Stéphane Richard ami de Sarkozy ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde et Directeur Général de France Télécom seraient, à un titre ou à un autre, impliqués dans des affaires. Précisons que Stéphane Richard qui a subi un redressement fiscal en 2007 est décoré lui aussi de la Légion d'honneur.

La collusion des intérêts du capital et ceux de l'État trouve ici son expression la plus éclatante : Le pouvoir politique met l'État et notamment son appareil judiciaire à la disposition du pouvoir économique qui, en échange, finance entre autres ses campagnes électorales. Eric Worth est le trésorier de l'UMP et le financier du système Sarkozy. C'est lui qui est chargé de récolter les fonds auprès des grosses fortunes au profit du président de la République. On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi Sarkozy tient absolument à soutenir «totalement et complétement» son ministre du travail et pourquoi il désire que Liliane Bettencourt reste en France :«Je ne veux pas qu'elle foute le camp en Suisse» disait-il.

Rappelons tout de même que c'est ce même ministre qui mène, au nom du gouvernement et donc de la bourgeoisie, la bataille de la destruction du système de retraite par répartition. Lui, le bourgeois, qui vit dans l'opulence, exige des salariés de travailler toujours plus pour une pension de misère!

Et c'est ce même gouvernement qui tolère que des milliers de familles bourgeoises «très patriotes», dont il possède la liste, planquent scandaleusement leur magot à l'étranger pour échapper au fisc.

Les intérêts de l'État,donc d'une infime minorité, sont incompatibles avec ceux de l'immense majorité de la population.

Tous les gouvernements bourgeois, avec des différences de degré et non d'essence, sont corrompus. Mais sous le régime de Sarkozy, les affaires fleurissent et se banalisent plus facilement. C'est queSarkozy aime l’argent, le luxe, l'apparat, le cérémonial et n'hésite pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Sa fascination pour les riches n'a d'égale que son mépris pour les pauvres.

En avril 2007, Nicolas Sarkozy avait promis une «République irréprochable», une «démocratie moderne qui sera exemplaire au regard du monde». Aujourd'hui, sa république est corrompue, sa démocratie est totalement livrée au capital, aux parasites spéculateurs en tout genre qui la violent chaque jour. Et on va taire la réputation de la France sous le régime de Sarkozy dans le monde. Triste fin de règne !


On peut adopter les lois que l'on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l'une dans l'autre que l'on ne peut supprimer l'une sans éliminer l'autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n'est donc pas l'existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd'hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe.

In fine, le véritable scandale, c'est le capitalisme lui-même.


Mohamed Belaali


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(1) K. Marx et F. Engels «Manifeste du parti communiste». Éditions en langues étrangères. Pekin, page 35.




























 

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