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18 mai 2026 1 18 /05 /mai /2026 07:24

 

 

Le 28 février 2026, les Etats-Unis et Israël ont mené, au mépris de toutes les lois et conventions internationales, une guerre d'une grande violence contre l'Iran, entraînant des pertes humaines et matérielles considérables. Cette agression américano-sioniste a non seulement embrasé l'ensemble du Moyen-Orient, mais ses ravages, d'une ampleur inédite, ont affecté et continuent d'affecter de manière disproportionnée les classes populaires, en particulier les travailleurs du monde entier. Leur situation pourrait encore s'aggraver dans les jours et les semaines à venir. Parallèlement, les actionnaires des compagnies pétrolières, des grandes banques, de l'industrie de l'armement, des compagnies d'assurance maritime, pour ne citer que celles-là, ont engrangé des dividendes exceptionnels. C'est un transfert massif de richesses des uns vers les autres. La guerre est aussi une guerre des classes.

Cette agression armée contre une nation souveraine a entraîné, en quelques semaines seulement, des milliers de morts et des dizaines de milliers de blessés ainsi que de nombreux déplacés et mutilés. Dès le premier jour, une école primaire pour filles à Minab dans le sud de l'Iran a été frappée par des missiles américains faisant 175 victimes majoritairement des élèves de 7 à 12 ans. Le président américain Donald Trump, après avoir initialement nié ce massacre, s'est ensuite vanté devant les caméras du monde entier d'avoir également éliminé tous les dirigeants iraniens : "Ils sont tous morts" disait-il.

Les hommes ne sont malheureusement pas les seules victimes de cette folie meurtrière appelée "Epic Fury". Les hôpitaux, les universités, les écoles, les ponts, les sites énergétiques, les centrales électriques, les voies ferrées, les immeubles résidentiels et d'autres infrastructures civiles ont été ciblés et détruits. "Nous allons les ramener à l'âge de pierre" déclarait Trump . "Une civilisation entière va mourir ce soir" ajoutait-il encore, froidement et sans détour.

Au-delà de la personnalité pathologique de Trump, c'est la classe qui l'a porté à la tête de l'Etat qui est responsable de ces crimes de guerre. Trump n'est que le visage hideux, sans fard ni masque, de cette bourgeoisie décadente. Il incarne l'âme de cette classe sociale, sans moralité et sans cœur.

L'époque où les dirigeants américains menaient des guerres dévastatrices, envahissaient des pays entiers et pillaient les richesses des peuples au nom du droit international, des droits de l'homme, de la liberté et de la démocratie, est révolue. Ces valeurs sont désormais ensevelies, comme les enfants palestiniens, sous les décombres de Gaza. Le génocide de tout un peuple est devenu un exemple à suivre. Humilier, affamer, anéantir, ces crimes contre l'humanité sont érigés par l'Occident capitaliste en normes de stratégie politique. Les actes les plus sauvages, les plus barbares sont normalisés, banalisés. Ce qui se passe aujourd'hui en Iran, n'est en réalité que le prolongement, à une échelle bien plus vaste, des atrocités et des massacres perpétrés à Gaza.

Toutefois, cette agression américano-sioniste contre l’Iran n’a pas engendré, comme l’exigeait Trump, la reddition ou "la capitulation sans condition", mais la résistance. Malgré les lourdes pertes, les destructions et les souffrances endurées, l’Iran n’a pas hissé le drapeau blanc. La démonstration de force et la supériorité militaire des agresseurs n’ont pas suffi à mettre à genoux une nation en légitime défense. L’Iran considère en effet que le droit de défendre sa souveraineté contre une agression armée est légitime, comme le prévoit d’ailleurs l’article 51 de la Charte des Nations unies, qui consacre le droit naturel de légitime défense. Mais l'Iran n'a pas seulement résisté, il a même riposté. Il a déclenché une série d'attaques contre Israël, contre les bases américaines dans tout le Moyen-Orient ainsi que les infrastructures pétrolières et gazières des pays du Golfe alliés des Etats-Unis. Cependant la riposte de l'Iran pour défendre sa sécurité nationale, ne réside pas seulement dans l'utilisation des missiles et des drones, mais surtout dans le contrôle qu'il exerce sur le détroit d'Ormuz, point de passage maritime d'une importance géopolitique et économique capitale. Grâce à sa géographie et à ses capacités de mener des opérations de "guérilla maritime", l'Iran a su transformer le détroit en zone de tension permanente lui conférant une capacité considérable de pression sur ses agresseurs, d'autant que les Etats-Unis se sont montrés, malgré leur supériorité militaire, impuissants. Les autres alternatives à cette voie cruciale se sont révélées toutes insuffisantes. Surpris par cette nouvelle forme de résistance et par cette impasse militaire, Trump a décidé le 12 avril d'imposer un blocus naval total des ports iraniens en violation flagrante du droit international. Il a même comparé la marine américaine à des pirates en précisant que "c'est une activité très lucrative". Par ce blocage, Trump cherche à asphyxier l'économie iranienne et à pousser l'Iran à la capitulation, mais en vain. Le 3 mai 2026, Trump lance l'opération "Projet Liberté" qui vise à escorter les navires marchands à traverser le détroit. "Des pays du monde entier ont sollicité l'aide des États-Unis afin de libérer leurs navires, immobilisés dans le détroit d'Ormuz. (...)  Si, de quelque manière que ce soit, ce processus humanitaire est entravé, cette entrave devra malheureusement être traitée avec fermeté" déclarait-il sur son réseau social.

Le 4 mai, c'est-à-dire 24 heures seulement après son lancement, Trump a annoncé la suspension de son opération "Projet Liberté". Pour l'instant, ces décisions ne font que prolonger le blocus du détroit avec toutes les ravages sur l'économie mondiale.

La guerre illégale déclenchée par les Etats-Unis et Israël le 28 février 2026 contre l'Iran et le blocus maritime américain du 12 avril ont des répercussions économiques mondiales majeures."La guerre assombrit les perspectives de l’économie mondiale" écrivait le Fonds monétaire international. La guerre de Trump contre l'Iran a brutalement paralysé l'économie mondiale ajoute le New York Times. Des milliards d'êtres humains subissent au quotidien les conséquences dramatiques de cette guerre, menaçant directement leur sécurité alimentaire. Selon le Programme des Nations unies pour le développement, cette guerre pourrait plonger 32 millions de personnes dans la pauvreté dans 162 pays. Il va sans dire que se sont les classes populaires notamment les travailleurs qui subissent le plus les effets en cascades de cette guerre illégale. La flambée immédiate des prix de l'énergie et des engrais est peut-être la plus dévastatrice. Le marché pétrolier a déjà perdu un milliard de barils, selon le Financial Times. Cette perte est considérée comme la plus importante de l’histoire de ce marché, dépassant même les crises des années 1970. Par ailleurs, les installations énergétiques de production, de raffinage et d’exportation sont détruites ou endommagées, ce qui s’ajoute aux perturbations du marché pétrolier et entraîne des hausses brutales du prix des carburants et la baisse des salaires réels. Tout devient alors très cher pour les plus démunis : le transport, les vêtements, les médicaments les factures d'électricité etc. La hausse des prix des engrais qui transitent aussi par le détroit, renchérit les coûts de l'agriculture et provoque déjà une hausse des prix des denrées alimentaires. Ces augmentations, et bien d’autres, ont des conséquences dramatiques pour les petits agriculteurs, les ouvriers agricoles sans terre, les travailleurs des villes et l’ensemble des classes populaires, alors que la guerre n’en est qu’à ses débuts. Le fardeau de cette guerre injuste pèse lourdement sur les prolétaires de toutes les nations.

A l'opposé de cette détresse des classes populaires, les grandes compagnies pétrolières, elles, continuent à réaliser des profits spectaculaires grâce justement à la guerre. TotalEnergies, BP, ExxonMobil, Aramco, Chevron, Shell pour ne citer que celles-là, connaissent une période d'euphorie et de prospérité sans précédent. Selon The guardian, les 100 plus grandes compagnies ont gagné environ 30 millions de dollars de profits par heure durant le premier mois du conflit. Une partie de ces profits records est redistribuée aux actionnaires par le biais des dividendes et des rachats d'actions. Les grandes banques notamment américaines et européennes ont elles aussi tiré et continuent à tirer profit de cette agression militaire contre l'Iran. "Les grandes banques américaines engrangent près de 50 milliards de dollars de bénéfices alors que la guerre en Iran secoue les marchés" écrit The Guardian. Les banques européennes ne sont pas en reste. Deutsche Bank, Santander et UBS, entre autres, ont réalisé des profits exceptionnels en intensifiant, comme les compagnies pétrolières, leurs spéculations sur les fluctuations des prix du pétrole et sur d'autres matières premières. Les grandes banques de Wall Street ont également financé l'industrie des armes grâce aux augmentations massives des dépenses militaires. Selon le Centre d'études stratégiques et international (CSIS), la guerre a coûté :"11,3 milliards de dollars au 6e jour, 16,5 milliards de dollars au 12e jour". Pour financer ces dépenses extraordinaires, le Trésor américain émet de nouvelles obligations, considérées comme des placements sûrs. L'achat de ces titres par les banques et les investisseurs institutionnels comme BlackRock et Vanguard, leur permet, à travers des mécanismes complexes, de réaliser des bénéfices dépassant toutes les prévisions. Tous ces profits ne résultent nullement d'une quelconque amélioration de la productivité ou d'un effort d'investissement, mais uniquement de la spéculation. La guerre contre l'Iran est une véritable aubaine également pour les actionnaires de divers secteurs comme par exemple celui de la reconstruction des infrastructures, des compagnies d'assurance maritime privées ou encore celui de l'armement dont les actions ont atteint des sommets historiques.

Ainsi, la guerre n'est que le prolongement de la violence que les classes dominantes exercent sur les dominés. D'un côté, il y a une accumulation de misère et de souffrances pour une majorité de la population contrainte de faire des sacrifices au quotidien; de l'autre, celle de la richesse pour une minorité qui profite de la guerre. La guerre, c'est aussi la guerre des classes.

L'agression armée américano-israélienne révèle à quel point l'impérialisme et le sionisme sont un danger pour les peuples du monde entier. Leur négation absolue de la vie, leur barbarie et leur mépris pour les conventions internationales et les lois les plus élémentaires de la morale et de la justice, montrent que les valeurs de liberté, de démocratie et des droits de l'homme, dont se targue encore l'Occident capitaliste, sont foncièrement antinomiques avec l'impérialisme et le sionisme. Les classes populaires, et en particulier les travailleurs de tous les pays, n’ont pas besoin des guerres, si ce n’est de celle qu’ils devraient mener contre précisément l'impérialisme et son rejeton sioniste.

 

Mohamed Belaali

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13 mai 2026 3 13 /05 /mai /2026 12:39

En 1948, les palestiniens ont été arrachés à leur terre et contraints à l'exil et au déracinement. Le 15 mai de chaque année, ils commémorent cettte "catastrophe" pour rappeler à Israël et au monde entier qu'ils ne renonceront jamais à leur droit légitime au retour.

Qui, mieux que les poètes, pourrait ressentir cette tragédie collective ?

Avec le génocide, la poésie et les poètes palestiniens sont en deuil. Mais la poésie ne se contente pas de se lamenter sur le présent ou sur le passé. C'est une arme de combat orientée vers l'avenir. " la poésie possède une force morale toujours capable de soulever le peuple" disait la poétesse palestinienne Fadwa Touqan. Porteuse de changement et d'espoir, elle incarne la résistance. "La poésie est une arme chargée de futur" proclamait le poète espagnol Gabriel Celaya.

 

Rifaat Alareer (1979-2023)

Il a refusé de quitter sa Gaza natale pour pouvoir écrire et informer sur la réalité des souffrances des palestiniens. Il a été tué par l'armée israélienne dans la nuit du mercredi 6 au jeudi 7 décembre 2023. Sa mort restera comme un témoignage à la fois éloquent et tragique.

Voici un extrait de son dernier poème :

 

Si je dois mourir,

tu dois vivre

et raconter mon histoire

vendre mes affaires

acheter un bout de tissu

et quelques morceaux de ficelle,

(fais en sorte qu’il soit blanc avec une longue queue)

pour qu’un enfant, quelque part à Gaza

en regardant droit vers le ciel

alors qu’il attend son papa emporté dans une explosion

sans faire ses adieux à personne

ni à sa chair

ni à lui-même –

pour qu’il voie le cerf-volant, mon cerf-volant, celui que tu as fait, prendre

son envol

 

Hiba Abu Nada (1991-2023)

La jeune poétesse et romancière est morte sous les bombes israéliennes, le 20 octobre 2023 à Gaza. Elle avait 32 ans.

"Ce n’est pas qu’un passage" est l'un de ses derniers poèmes :

 

Hier, une étoile a dit  
à la petite lumière de mon cœur: 
Nous ne sommes pas que des voyageurs 
de passage. 

Ne meurs pas car sous cette lueur, 
certains vagabonds continuent 
de marcher. 

Tu as d’abord été créé par amour, 
alors ne porte rien d’autre que de l’amour 
à ceux qui tremblent. 

Ô petite lumière en moi, dis : 
Entrez dans mon cœur en paix. 
Vous tous, entrez ! 

 

Walid Daqqa (1961-2024)

L'écrivain palestinien Walid Daqqa est décédé le 7 avril 2024 en détention après avoir passé 38 ans dans les prisons israéliennes, "lieu sans portes" comme il disait. Atteint du cancer de la moelle osseuse, il a été privé de soins médicaux."Torturé, humilié, privé de visites familiales et de soins médicaux" dénonçait Amnesty international quelques semaines avant sa mort.

Voici l'un de ses poèmes écrit pour sa fille Milad :

 

 

Un lieu sans porte

Un jour où Milad venait de rentrer d’une escapade au bord de l’océan, je lui ai promis au téléphone que je l’emmènerais là-bas, la prochaine fois. Elle s’est arrêtée quelques secondes, hésitante, comme si elle ne voulait pas me choquer, avant de finalement répondre : "non, tu n’as pas de porte".

 

Longtemps, à chaque fois que Milad me demandait au téléphone "papa, où es-tu ?", j’évitais d’utiliser le mot prison. Je craignais que ce soit trop pour elle, à cet âge tendre, de commencer à vivre avec ce mot et ses lourdes implications. Déchiré, je me débattais avec cette question : devais-je dire à ma fille la vérité ? Ou devais-je lui cacher la réalité amère, empêcher les implications du mot prison de s’immiscer dans son imagination ?

 

Avec ses visites, Milad avait compris ce qu’était une prison bien avant qu’elle ne connaisse la signification du mot. Pour elle, c’était un lieu sans porte. Où son père était confiné. Qu’il était incapable de quitter. Et pour elle, s’il n’y avait pas de porte, il ne pouvait y avoir d’escapade au bord de l’océan. Pas de petit-déjeuner pris ensemble. Et pas d’opportunité pour moi de l’accompagner à la garderie qu’elle appelait affectueusement "l’école".

 

Tawfik Zayyad (1929-1994)

Il est peut-être le poète qui incarne le mieux la tragique histoire de la Palestine et de son peuple :

 

Mes bien-aimés

Avec mes paupières je bâtirai la route de votre retour

Avec mes paupières.

Je guérirai votre blessure, balaierai les épines de la route

Avec mes cils

Et de ma chair je construirai le pont du retour

 

Sa poésie se confond même avec cette terre tant aimée de la Palestine :

 

Je graverai le numéro de chaque parcelle

de notre terre violée

et l’emplacement de notre village et ses limites

et ses maisons qu’ils ont dynamitées

et mes arbres qu’ils ont déracinés

et toutes les fleurs sauvages qu’ils ont arrachées

afin de me souvenir

Je graverai inlassablement

toutes les saisons de mes douleurs

toutes les saisons de l’infortune

de la graine

à la coupole

sur l’olivier

dans la cour de ma maison

Zayyad a refusé de quitter sa Galilée. Il voulait, disait-il, garder l'ombre des orangers et des oliviers de la Palestine :

 

Ici nous resterons

Gardiens de l'ombre des orangers et des oliviers

Si nous avons soif nous presserons les pierres

Nous mangerons de la terre si nous avons faim mais nous ne partirons pas !!

Ici nous avons un passé un présent et un avenir

 

Mohamed Belaali

 

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10 mai 2026 7 10 /05 /mai /2026 06:49

 

La journaliste palestinienne de la chaîne Al Jazeera, Shireen Abu Akleh, a été assassinée par l'armée israélienne le 11 mai 2022 à Jénine en Cisjordanie occupée. La journaliste qui portait pourtant son gilet "Presse" a été abattue par une balle dans la tête. Elle était âgée de 51 ans.

Née en 1971 à Jérusalem de parents arabes chrétiens, Shireen était la journaliste la plus célèbre d'Al Jazeera. Elle "couvrait, comme disait la journaliste Nida Ibrahim, le quotidien des palestiniens". "Toujours présente sur le terrain, Shireen ne reculait jamais. Elle a couvert une multitude d’événements palestiniens historiques - la bataille de Jénine, la deuxième Intifada, les multiples raids israéliens. Elle n’a jamais reculé, elle recueillait les preuves, rassemblait les indices, dévoilait les crimes" ajoutait Dia al-Adam le présentateur de la chaîne "Palestine TV".

Elle était en quelque sorte la voix des palestiniens, la voix des sans voix.

Son cercueil avait été pris d'assaut par la police. Israël lui a refusé même ce droit élémentaire d'être enterrée dans la dignité. Et comme si cela ne suffisait pas, il a détruit la rue qui porte son nom et rasé son mémorial privant ainsi la famille et les amis de Shireen de la possibilité de lui rendre hommage sur le lieu où elle a été abattue. Le Mémorial "transmettra l'image de la vérité et celle de la souffrance pour les générations futures" disait Anton Abu Akleh, frère de la journaliste. La vie et la dignité du palestinien n'ont aucune espèce de valeur. Elles sont méprisées, niées. Le palestinien est dépouillé de son humanité. Il est déshumanisé, animalisé et bestialisé. C'est ce langage zoologique qu'utilise Israël lorsqu'il parle des palestiniens : "Nous combattons les animaux humains et agissons en conséquence" disait Yoav Galant ministre de la Défense de l'Etat sioniste.

L'assassinat de Shireen s'ajoute à la longue liste des journalistes palestiniens tués par l'armée d'occupation, sans compter les dizaines de journalistes détenus derrière les barreaux des prisons israéliennes. Rien que depuis le 7 octobre 2023, au moins 289 journalistes palestiniens ont été tués par Israël à Gaza.

Ces crimes resteront, comme d'ailleurs le génocide à Gaza, impunis. Israël a rejeté toutes les résolutions des Nations unies et se moque de toutes les conventions. Il ne respecte ni le droit international, ni le droit humain. C'est un Etat qui ne ressemble à aucun autre. Il est au-dessus des lois. C'est un cas unique dans l'histoire récente des relations internationales. Pourtant Israël agit en pleine lumière. Il ne cache pas ses massacres. Il les expose à la face du monde avec cette arrogance qui caractérise les colonisateurs, les oppresseurs. Cette totale impunité dont bénéficie l'entité sioniste depuis sa création en 1948 ne peut s'expliquer que par le soutien indéfectible et décisif des puissances capitalistes occidentales dont Israël est le produit le plus authentique. Elles l'ont façonné à leur image. La barbarie sioniste ne peut que ressembler à celle de ses maîtres. L'existence d'Israël sur la terre palestinienne fait partie intégrante de ce processus d'expansion européen et américain pour dominer par la violence les autres peuples de la planète. Si Israël continue à mener une guerre d'extermination des palestiniens avec le soutien inconditionnel de l'Occident capitaliste, c'est qu'il est au cœur de cet ordre colonial et néocolonial occidental.

Israël peut poursuivre sereinement l'anéantissement des palestiniens jusqu' à la réalisation du projet fondateur du sionisme, le Grand Israël : toute la Palestine pour Israël, la terre promise pour un peuple élu. C'est une promesse divine.

 

Mohamed Belaali

 

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21 avril 2026 2 21 /04 /avril /2026 07:13

Les guerres que mènent aujourd'hui les Etats-Unis un peu partout dans le monde s'inscrivent dans une stratégie géopolitique à long terme pour empêcher la Chine de devenir la première puissance mondiale. Ces interventions directes et indirectes visent en dernière analyse à contrer le développement fulgurant de la République populaire de Chine (RPC). Pour les américains, la Chine est la seule nation capable de remettre en cause leur suprématie mondiale. Ils savent que la RPC est une véritable puissance, de plus en plus hors de leur contrôle. Son poids démographique, sa puissance économique, sa suprématie technologique et son influence diplomatique grandissante à travers le monde, sont redoutés au plus haut degré par la classe dirigeante américaine. La Chine est perçue par les Etats-Unis comme une menace, un défi existentiel à leur hégémonie planétaire. L'Amérique est en train de "dévorer" un à un les alliés de la RPC. Ses interventions au Venezuela, en Iran et peut-être demain à Cuba ont pour objectif de contenir et d'affaiblir la Chine. Les visées de Trump sur le Groenland et le canal de Panama dont l'importance géopolitique est aujourd'hui renforcée s'inscrivent également dans cette stratégie de "containment" de la Chine. Du Venezuela au Groenland en passant par l'Iran, Cuba et le canal de Panama, la géopolitique des américains est guidée par une seule et même obsession, la Chine.

Le Venezuela et l'Iran constituent des partenaires stratégiques et énergétiques importants de la Chine. En s'attaquant à ces deux pays, les Etats-Unis cherchent à priver la Chine d'alliés stratégiques majeurs et des sources d'approvisionnement en hydrocarbures. La Chine a signé en 2021 avec l'Iran un accord de partenariat stratégique de 25 ans couvrant des domaines variés tels que les transports, les ports, l'énergie, l'industrie et les services, ce qui lui permet d'être présente au Moyen-Orient et de renforcer sa sécurité énergétique. Il offre à la République islamique la possibilité de contourner les sanctions économiques américaines, en lui facilitant les échanges commerciaux et financiers avec la deuxième puissance du monde notamment par le biais de paiements en yuan. Soulignons que la RPC importe massivement du pétrole iranien. Selon la société d'analyse Kpler, la Chine importe plus de 80 % du pétrole exporté par ce pays, représentant 13,4 % de toutes les importations chinoises de brut. Il va sans dire que cette coopération étroite entre les deux pays est perçue par les américains comme une menace directe pour leurs intérêts économiques et géostratégiques ainsi que pour leur leadership mondial. C'est dans ce cadre qu'il faut situer entre autres, l'intervention militaire américaine en Iran le 28 février 2026. Elle vise non seulement à neutraliser un allié clé, mais également à priver la Chine, en bloquant le détroit d'Ormuz, d'une source vitale d'hydrocarbures. En dernière instance, cette guerre contre l'Iran cherche à contrer l'ascension de la Chine comme première puissance mondiale.

La République populaire de Chine est également le principal acheteur du pétrole vénézuélien. Elle importe plus de la moitié du brut produit par ce pays, et ce malgré les sanctions américaines. Par ailleurs, la Chine est aussi le quatrième créancier du Venezuela. Les deux pays ont développé depuis Hugo Chavéz un mécanisme par lequel la Chine accorde des crédits massifs remboursés par des livraisons de pétrole. Les relations entre les deux pays se distinguent aussi par une forte convergence idéologique et diplomatique. Les Etats-Unis ne pouvaient tolérer longtemps cette alliance privilégiée entre la Chine et le Venezuela d'autant plus que la doctrine Monroe (1823) reste encore aujourd'hui au cœur de la politique étrangère américaine. Le 3 janvier 2026, les Etats-Unis ont kidnappé le président vénézuélien Nicolas Maduro et sa femme Cilia Flores dans le but de s'emparer des ressources pétrolières du pays et de contrer l'influence chinoise dans une région que les américains considèrent comme leur "arrière-cour". Après cette opération militaire, Trump tente avec le nouveau gouvernement dirigé par Delcy Rodriguez de marginaliser la présence chinoise et rétablir l'hégémonie régionale des Etats-Unis. Historiquement, Washington s'est toujours employé à empêcher qu'un pays d'Amérique latine ne devienne un pôle d'attraction pour des gouvernements hostiles, surtout s'ils nouent des alliances stratégiques avec Pékin.

C'est cette logique qui explique la volonté américaine de renverser le gouvernement de Cuba qui entretient lui aussi, en plus d'affinités idéologiques, des relations économiques et stratégiques étroites avec la Chine. Même si la rupture avec Cuba date de 1961 c'est-à-dire deux ans seulement après la révolution de 1959, les américains voient dans la présence chinoise sur l'île aujourd'hui comme une nouvelle menace à leur sécurité nationale et à leur influence en Amérique latine. Depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les Etats-Unis ont durci leur politique envers Cuba. Ils ont renforcé le blocus qui étouffe le pays depuis 1962, exercé une restriction maximale sur les approvisionnements énergétiques, bloqué des envois d'argent par la diaspora, réinscrit Cuba sur la liste des Etats soutenant le terrorisme etc. Et depuis l'enlèvement de Nicolas Maduro, Trump a également bloqué les exportations en pétrole vénézuélien et a fait pression sur le Mexique pour qu'il cesse ses livraisons de brut à Cuba.

Le Groenland est l'autre région du monde où les Etats-Unis cherchent à contrer l'ascension de la Chine comme superpuissance mondiale. Bien que la présence chinoise sur ce territoire soit limitée, elle est perçue par les américains comme une forme d'extension des Nouvelles routes de la soie polaire lancée officiellement par la Chine en 2018. C'est une stratégie, selon les Etats-Unis, qui permet à la Chine de diversifier ses routes commerciales et de sécuriser l'accès aux ressources de l'île. Le Groenland regorge en effet de minéraux stratégiques comme les terres rares essentielles pour les technologies modernes et pour l'industrie de défense. Or la Chine exerce déjà un quasi-monopole dans la production mondiale de ces minerais et contrôle 100 % des terres rares lourdes indispensables pour les technologies de pointe. Les Etats-Unis voient dans la présence chinoise au Groenland comme une menace à leur sécurité économique et militaire. Le contrôle et l'exploitation des richesses de ce territoire leur permettrait de limiter d'une part l'influence de la Chine et d'autre part leur dépendance vis-à-vis des terres rares. Dans leur lutte contre la Chine pour conserver leur leadership planétaire, le Groenland reste pour les américains un territoire stratégique crucial.

"Les Etats-Unis ne permettront pas à la Chine communiste ni à aucun autre pays de mettre en péril le fonctionnement ou l’intégrité du canal" a déclaré Pete Hegseth secrétaire à la Guerre lors d’une conférence régionale sur la sécurité à Panama. La guerre sino-américaine pour le leadership mondial s'étend aussi au canal de Panama qui relie les océans Atlantique et Pacifique et reste de ce fait un axe maritime majeur du commerce mondial. La Chine, qui a signé avec le Panama une trentaine d'accords, en est le deuxième utilisateur. Précisons que le Panama est le premier pays d'Amérique latine à avoir rejoint les Nouvelles routes de la soie. Les Etats-Unis considèrent, là encore, cette présence chinoise comme une menace pour leur sécurité nationale et pour leurs intérêts économiques. L'administration Trump a intensifié sa pression diplomatique et militaire sur le Panama allant jusqu'à menacer de reprendre le canal par la force. Le gouvernement panaméen a rapidement cédé aux exigences américaines en adoptant une série de mesures visant à marginaliser la Chine. Il a ainsi signé en 2025 un accord avec les Etats-Unis de déploiement des troupes américaines autour du canal. Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a également obtenu le retrait officiel du Panama des Nouvelles routes de la soie. Le gestionnaire d'actifs américain BlackRock a racheté, avec l'aide de l'administration Trump, l'essentiel des activités portuaires de la société chinoise CK Hutchison. Avec cette opération, la Chine se trouve de facto écartée de la gestion du canal. L'ensemble de ces mesures illustre combien les Etats-Unis pèsent sur les décisions stratégiques du Panama afin de limiter la présence de la Chine dans ce pays.

Les interventions militaires des Etats-Unis au Venezuela, en Iran, et les pressions exercées sur le Groenland, Cuba et le Panama visent, indirectement, à empêcher la Chine de devenir la première puissance mondiale. Ces tentatives américaines ont toutes un point commun : priver la Chine des ressources pétrolières à bas prix, affaiblir militairement ses partenaires stratégiques et les éloigner des Nouvelles routes de la soie. Ces guerres et ces menaces sont vouées à l'échec. Cette farouche volonté américaine se heurte à la détermination implacable de la République populaire de Chine à poursuivre, vaille que vaille, l'édification du socialisme "aux couleurs de la Chine". Car seul le socialisme qui a rendu par le passé, grâce à la révolution de 1949, la dignité à la nation chinoise bafouée par des agressions impérialistes en tout genre, lui permettra dans l'avenir de se hisser au rang de la première puissance du monde.

 

Mohamed Belaali

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7 mars 2026 6 07 /03 /mars /2026 18:41

 

«Qui n'a pas vu la révolution ne peut s'en imaginer la beauté majestueuse, triomphale.»

Nadejda Kroupskaïa

 

Si la figure de Lénine est bien connue, celle de sa compagne et camarade l'est beaucoup moins. En effet, Nadejda Kroupskaïa a vécu dans l'ombre du père de la Révolution d'octobre. Mais comme disait Clara Zetkin peut-on vraiment parler de Lénine sans évoquer sa femme :«Il est impossible de parler de lui sans penser à elle. Elle était la main droite de Lénine, son meilleur secrétaire, sa compagne dévouée, la meilleure interprète de ses idées» (1).

Il est vrai que l'histoire de la Révolution russe tend à ne retenir que des figures masculines. Or ce sont les grèves des ouvrières de textile de Petrograd (Saint-Pétersbourg aujourd'hui) qui ont enclenché la première révolution le 23 février 1917 (8 mars dans le calendrier Grégorien) qui a emporté le régime despotique des Tsars. Ce sont également des femmes comme Alexandra Kollontaï, Inessa Armand, Nadejda Kroupskaïa, pour ne citer que les plus connues, qui ont contribué directement et indirectement avec Clara Zetkin à l'organisation de «La journée internationale des femmes». Le 8 mars 1921, Lénine décrète une journée internationale des femmes en souvenir des ouvrières de textile de Saint-Pétersbourg.

Il est peut-être utile d'évoquer ici, même rapidement, la contribution de cette femme discrète au triomphe de la Révolution d'Octobre et son rôle pionnier dans le domaine de la pédagogie et de l'instruction au service de tous.

Kroupskaïa n'était pas seulement l'épouse et la collaboratrice de Lénine, elle était aussi une grande pédagogue (2). Avant la Révolution, Kroupskaïa avait déjà publié une quarantaine d'ouvrages, dont le plus important, intitulé «Instruction publique et démocratie» écrit en 1915 et publié en 1917. Elle a étudié et interprété les travaux de Comenius, Rousseau, Pestalozzi, Owen ou encore Dewey sans oublier les aspects développés par Marx et Engels dans le champs de la pédagogie (3).

Après la Révolution d'Octobre, l'immense tâche de liquider l'analphabétisme dans un pays où la majorité de la population était illettrée lui revenait tout naturellement : «La tâche, en effet, était des plus ardues. Une population presque exclusivement rurale, en majorité illettrée, des dizaines de milliers de hameaux perdus, incultes : tel était le milieu qu'il fallait pénétrer, instruire» (4).

Elle s'est attaquée également à la mainmise des classes possédantes sur l'instruction et la culture en général afin de permettre à tous d'accéder au savoir. L'école pour Kroupskaïa «ne peut se contenter d’apprendre aux élèves à lire, à écrire et à compter. Ils doivent maintenant connaître les éléments scientifiques de base sans lesquels ils seraient incapables de mener une vie consciente» (5).

Aujourd'hui encore, l'Unesco (United Nations Educational Scientific and Cultural Organization) octroie chaque année le Prix Kroupskaïa à tous les pays, organisations et personnes qui se sont distingués par leur lutte contre l’analphabétisme.

Nadejda Konstantinovna Kroupskaïa est née à Saint Pétersbourg le 14 février 1869 dans une famille progressiste. Elle est décédée à Moscou le 27 février 1939. Nadejda, comme beaucoup de révolutionnaires, appartenait à la petite noblesse russe. Dès 1890, la jeune Kroupskaïa adhère au cercle marxiste de Brousnev et passe une bonne partie de ses activités militantes à

l’alphabétisation des familles ouvrières en donnant des cours du soir dans les faubourgs industriels de Saint-Pétersbourg. La misère de la condition ouvrière n'a fait que renforcer ses convictions révolutionnaires.

En 1895 Kroupskaïa rejoint l’Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière, fondée par Lénine qu'elle avait rencontré en 1894.

A la fin de 1895, Lénine est arrêté et exilé en Sibérie. Un peu plus tard, c'est au tour de Kroupskaïa d'être envoyée en exil, mais à des milliers de kilomètres de Lénine. Pour se rapprocher l'un de l'autre, ils décident de se marier. Après leur libération, le jeune couple s'exile à nouveau, mais cette fois à l'étranger. De Munich à Paris en passant par Zurich, Bruxelles et Londres, leur exil durera 17 ans.

Son dévouement a beaucoup aidé Lénine à supporter les déportations, la clandestinité et la vie pénible des révolutionnaires partout traqués par la police du Tsar, changeant sans cesse de pays, de villes et de logements. Kroupskaïa a probablement souffert davantage que Lénine des affres de l'exil. Elle menait de front plusieurs combats et plusieurs tâches. En plus de ses travaux scientifiques dans le domaine de la pédagogie qui embrassent tous les domaines de la politique éducative, elle consacrait une grande partie de son temps à la diffusion des brochures et documents du parti, combattait les ennemis de Lénine, engageait des luttes pour la cause des femmes etc. mais si «la vie n'était pas gaie» en exil, le retour du couple en Russie en avril 1917 a été triomphal : «Les masses, ouvriers, soldats, matelots, s'étaient portées au-devant de leur chef. Tout autour de nous, c'était une mer humaine qui bouillonnait. Qui n'a pas vu la révolution ne peut s'en imaginer la beauté majestueuse, triomphale» écrivait Nadejda Kroupskaïa dans «Souvenirs sur Lénine» (6).

Au crépuscule de sa vie, malade, affaibli et éloigné du pouvoir, Lénine pouvait encore et toujours compter sur sa plus fidèle camarade, Nadejda. C'est dire le rôle joué par cette femme dans la vie de Lénine et partant dans la révolution d'Octobre.

Le 21 janvier 1924, Lénine a cessé de vivre à l'âge de cinquante quatre ans après une lente agonie. On s'est empressé, contre la volonté de Kroupskaïa, d'embaumer son corps pour mieux enterrer ses idées révolutionnaires.

Après l'adieu officiel à Lénine, Nadejda Kroupskaïa prononça ces paroles : «Camarades, ouvriers et ouvrières, paysans et paysannes. Ne laissez pas votre peine se transformer en adoration extérieure de la personnalité de Vladimir Ilitch. Ne construisez pas de palais ou de monuments à son nom. A toutes ces choses, il accorda peu d'importance au cours de sa vie. Ça lui était même pénible.(...) Si vous voulez honorer la mémoire de Vladimir Ilitch, construisez des crèches, des jardins d'enfants, des maisons, des écoles, des hôpitaux, et mieux encore vivez en accord avec ses préceptes» (7). Son avertissement n'a pas été entendu.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.marxists.org/francais/zetkin/works/1924/01/zetkin_19240100.htm

(2)http://dmz-ibe2-vm.unesco.org/sites/default/files/kroupskf.pdf

(3)Sur cet aspect, voir entre autres l'étude de Jacques Berchadsky : https://www.lecture.org/revues_livres/actes_lectures/AL/AL109/AL109_p022.pdf

 

(4)https://www.marxists.org/francais/kroupskaia/works/1920/12/formation.htm

(5)https://www.monde-diplomatique.fr/mav/131/POPELARD/54348

(6)https://www.marxists.org/francais/kroupskaia/works/1924/00/emigration.htm

(7)Cité dans Tariq Ali, «Les dilemmes de Lénine», Sabine Wespieser éditeur, 2017, page 459.

 

 

 

 

 

 

 

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4 mars 2026 3 04 /03 /mars /2026 09:18

"Le plus grand pourvoyeur de violence dans le monde aujourd'hui : mon propre pays"

Martin Luther King (1)

 

Depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier 2025, Trump mène une politique d'une rare violence à l'intérieur comme à l'extérieur des Etats-Unis. Sa politique étrangère se résume à conquérir et à piller les richesses des peuples par la force des armes comme au vieux bon temps colonial. En ce moment même, il est en train de déchaîner sa puissance militaire contre la nation iranienne pour la forcer à se soumettre. Cette violence qui se déroule sous nos yeux aujourd'hui ne date cependant pas d'hier. Elle plonge ses racines profondes dans la longue histoire de violence de la politique américaine. Dès les premières décennies de la jeune République, la violence, sous différentes formes, était une composante centrale de la vie politique américaine. Mais derrière cette violence se cache les intérêts économiques de la classe dominante. Comme disait Engels "Toute violence politique repose primitivement sur une fonction économique" (2). La violence n'est en réalité qu'un moyen au service du profit et de l'accumulation des richesses. Cette violence des oppresseurs s'est cependant systématiquement heurtée à la résistance et aux luttes d'émancipation des opprimés.

L'Amérique est née dans la violence, a gouverné par la violence et asservi les autres peuples par la violence : génocide des populations indigènes, esclavage des noirs, spoliation d'une grande partie du territoire mexicain par la force, guerre de Sécession sans parler de toutes les innombrables guerres impérialistes du XXe siècle avec ses millions d'hommes et de femmes assassinés, mutilés, torturés. La violence, reflet de la supériorité économique des Etats-Unis, a toujours été présente à l'intérieur comme à l'extérieur de leurs frontières. La brutalité de la politique que mène aujourd'hui Trump est le prolongement, dans des conditions bien différentes, de cette violence. Il ne s'agit donc pas d'une exception, mais d'une constante dans l'histoire des Etats-Unis. Trump n'est pas tombé du ciel avec la dernière pluie. Il est, en dernière instance, le produit de la lutte des classes qui secoue la société américaine. Trump reste un produit des rapports sociaux et des circonstances propres à l'histoire de ce pays. Il ne faut pas se focaliser sur la personne de Trump même s'il a su, avec une certaine habilité, revenir au pouvoir pour la deuxième fois. Se concentrer uniquement sur sa personne et sur le présent, revient à occulter le passé sanglant de la domination des classes dirigeantes dès la naissance de la nation américaine. Comme disait Tariq Ali, il ne faut pas refouler "le souvenir de la gestation, de la naissance et des premiers actes du banditisme de l'impérialisme américain" (3). C'est ce passé, ces "premiers actes du banditisme" qui ont créé les structures et les conditions nécessaires à l'arrivée au pouvoir d'un personnage comme Trump.

La nouveauté aujourd'hui ne réside pas dans l'existence de la violence, mais dans le fait que cette politique violente est menée ouvertement, sans fard et sans masque. Elle est assumée, revendiquée. Trump l'a rendue évidente. Le discours hypocrite tenu par ses prédécesseurs sur la démocratie, le respect du droit, les valeurs universelles, le multilatéralisme, les institutions internationales, la souveraineté des Etats, a tout simplement disparu. Trump ne fait qu'accélérer et amplifier un processus mis en place bien avant lui par d'autres dirigeants américains. Il ne s'agit pas d'une rupture avec le passé mais bel et bien d'une continuité.

Cette violence qui caractérise les Etats-Unis, hier comme aujourd'hui, n'est toutefois qu'un instrument, un moyen au service des intérêts économiques des dirigeants et plus largement de la classe dominante américaine. Le général Smedley Butler (1881-1940) deux fois décoré de la médaille d'Honneur, la plus haute distinction militaire américaine, donne une description saisissante de cette symbiose entre violence et intérêts des classes dominantes : "Je suis passé par tous les grades d’officier, depuis celui de sous-lieutenant à celui de général de division. Et, au cours de cette période, j’ai passé le plus clair de mon temps comme homme de main de haut niveau au service du grand capital, de Wall Street et des banquiers. Bref, j’ai été un racketteur à la solde du capitalisme. (...) Durant toutes ces années, j’ai pratiqué un racket épatant, comme diraient les habitués du "café du coin". J’en ai été récompensé par des honneurs, des décorations, des promotions. Quand je me retourne sur mon passé, j’ai le sentiment que j’aurais pu rendre des points à Al Capone. Alors qu’il ne pouvait au mieux pratiquer son racket que dans trois quartiers, nous autres, les "marines", agissions sur trois continents."

Le milliardaire Trump ne se contente pas seulement de servir sa propre classe, il exploite également sa fonction de président pour s'enrichir personnellement : "Il a consacré toute son énergie et sa créativité à l'exploitation de la présidence — à découvrir combien d'argent les particuliers, les entreprises et les autres nations sont prêts à lui verser dans l'espoir de mettre le pouvoir du gouvernement au service de leurs intérêts" écrivait le New York Times. La même source indique que Trump a amassé en une année seulement passée à la Maison-Blanche plus de 1,4 milliards de dollars. Rappelons que son administration est composée elle-même de plusieurs milliardaires dont certains font partie de la liste des donateurs de la transition présidentielle sans compter les richissimes hommes d'affaires ainsi que ses proches qui ont financé grassement sa campagne électorale. Au-delà de sa propre famille, de cercle d'amis et de donateurs, Trump est au service des intérêts économiques de la bourgeoisie qu'il représente au détriment des ouvriers américains. C'est un gouvernement de riches, par les riches et pour les riches.

Mais les luttes sociales encore très timides et multiformes commencent à s'organiser contre cette violence des riches. Les mobilisations de Minneapolis, les manifestations "No Kings", les "villes sanctuaires", la résistance des artistes, des juristes... s'inscrivent dans le cadre de cette contestation croissante et variée.

Cette situation n'est cependant pas nouvelle. Les Etats-Unis ont connu dès leur naissance des présidents très fortunés dont la mission première, même s'ils ont profité personnellement du système, était de servir leur classe sociale. Cette "mission" s'est toutefois heurtée à des résistances aussi héroïques que tragiques des esclaves, des Indiens (4), des blancs pauvres (5), des mexicains et bien d'autres encore. Les premiers présidents américains de George Washington (1789-1797) à Zachary Taylor (1849-1850) en passant par Thomas Jefferson (1801-1809), James Madison (1809-1817), James Monroe (1817-1825) et Andrew Jackson ( 1829-1837) étaient tous à la fois riches et esclavagistes. Récemment l'administration Trump a voulu effacer la vérité historique et enterrer le passé esclavagiste de son illustre prédécesseur en retirant les expositions relatives à la possession d'esclaves par le premier président des Etats-Unis George Washington sur le site de son ancienne Maison à Philadelphie. L'esclavage américain, écrivait Howard Zinn, était "le plus cruel de toute l'histoire de l'humanité" (6).

Pourtant le célèbre paragraphe de la Déclaration d'indépendance de 1776 dit clairement : "Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes : que tous les hommes sont créés égaux ; qu'ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables ; que parmi ces droits figurent la vie, la liberté et la recherche du bonheur." Précisons que le principal auteur de cette Déclaration n'est autre que le 3e président des Etats-Unis, Thomas Jefferson qui possédait plusieurs centaines d'esclaves! Même si la nation américaine est fondée sur l'idée de liberté et d'égalité entre les hommes, cela n'a nullement empêché ses dirigeants de tirer une grande partie de leurs revenus de l'exploitation des esclaves dans des conditions infrahumaines!

Le sort des Indiens n'était pas plus enviable. Trois présidents se sont distingués par leur violence et leur cruauté envers les populations indigènes dans le but d'obtenir le contrôle total sur les ressources, les terres et l'implantation des colons américains. Il s'agit de Andrew Jackson (7e président), de Wiliam Henry Harrison (9e président) et de Zachary Taylor (12e président). On a justifié à l'époque ces massacres et ces déportations par le fait que les Etats-Unis avaient une mission divine d'étendre leur civilisation et leur démocratie sur l'ensemble du territoire nord-américain de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique; c'est la doctrine de la "Destinée manifeste". C'est cette même doctrine que le président James K. Polck a utilisée pour justifier la conquête du territoire mexicain, en plus d'une série de mesures prises par ce président démocrate qualifiées par les historiens de manipulations et de provocations. C'était une guerre d'invasion marquée par une intense violence non seulement sur le plan des affrontements militaires et des pertes humaines, mais aussi au niveau de ses conséquences territoriales. Le Traité Guadalupe Hidalgo ratifié en 1848 a contraint le Mexique à céder 55 % de son territoire : la Californie, le Nevada, l'Utah, la majeure partie de l'Arizona et du Colorado, le Nouveau-Mexique et des parties de l'Oklahoma, du Kansas et du Wyoming. La guerre était également alimentée par un sentiment de supériorité raciale et de violentes campagnes anti-mexicaines. L'annexion massive des territoires mexicains a immédiatement posé la question du statut de l'esclavage entre le Sud esclavagiste et le Nord en pleine industrialisation. Car derrière la guerre américano-mexicaine se cachait la détermination des sudistes d'étendre l'esclavage aux nouveaux territoires alors que le Nord s'y opposait farouchement. La guerre contre le Mexique a permis d'agrandir le territoire des Etats-Unis tout en exacerbant les contradictions internes sur l'esclavage contribuant à déclencher, une dizaine d'années plus tard, la guerre de Sécession, "l'une des plus sanglantes que l'humanité eut connues jusque-là" (7).

En février 2026, la Maison-Blanche a publié une déclaration signée par Trump intitulée "notre victoire dans la guerre américano-mexicaine" donnant une présentation très contestée de cette guerre. Par cette instrumentalisation de l'histoire, Trump cherche à masquer les contradictions sociales intérieures qui déchirent la société américaine par des guerres expansionnistes extérieures.

On ne peut comprendre la violence politique menée aujourd'hui par Trump sans la situer dans son cadre historique. Elle est en quelque sorte la résurgence, dans des conditions et circonstances bien différentes, de la violence des premières décennies des Etats-Unis. Trump est le résultat nécessaire des développements des rapports sociaux antérieurs. Il est le bénéficiaire d'une longue et violente tradition de la politique américaine. Au pouvoir aujourd'hui, il cherche par sa brutalité, sa radicalité et ses outrances à perpétuer, dans un contexte nouveau, cette tradition. En dernière analyse il s'efforce, en inventant en permanence des boucs émissaires à l'intérieur et des ennemis à l'extérieur, de dissimuler la contradiction fondamentale entre riches et pauvres pour mieux servir sa propre classe, celle des possédants qui l'a hissé à la tête de l'Etat.

Mohamed Belaali

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(1)Cité par Tariq Ali in "Bush à Babylone". La fabrique éditions, 2004. Page 216.

(2)F. Engels "Le rôle de la violence dans l'histoire". Editions Sociales, 1976. page 37.

(3)Tariq Ali dans "Le Choc des intégrismes". Textuel. 2002. p 295.

(4)Hward Zinn "Une histoire populaire des Eats-Unis". Agone 2003. Chapitre 7, page 149.

(5)Ibid, chapitre 10, page 245.

(6)Op. Cit. Page 37.

(7)Op. Cit. Page 223.

 

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3 février 2026 2 03 /02 /février /2026 11:33

 

Trump et les dirigeants européens derrière lui, se déchaînent en ce moment contre l'Iran. Ils mènent une hystérique propagande contre la République islamique. Trump a même brandi à plusieurs reprises la menace d'une intervention militaire en concentrant une immense "armada" dans le golfe Persique juste en face de l'Iran. Ils veulent libérer le peuple iranien de la dictature des mollahs comme ils ont libéré le peuple afghan, yougoslave, irakien, libyen, syrien et dernièrement le peuple vénézuélien. Tout en versant des larmes de crocodile sur le peuple iranien, ils continuent à soutenir militairement, financièrement et moralement le génocide à Gaza. Trump qui est à la tête d'un Etat policier qui glisse chaque jour davantage dans le fascisme se présente comme le libérateur de tous les peuples opprimés. Lui qui méprise et terrorise sa propre population se préoccupe maintenant du sort et du bien-être du peuple iranien!

"Patriotes iraniens, continuez à manifester, prenez le contrôle de vos institutions." disait Trump en ajoutant "l'aide est en route" sans préciser laquelle. Mais les peuples vénézuélien, irakien, libyen etc. savent très bien ce que cette "aide" signifie : la mort, la désolation et l'asservissement. Que reste-t-il par exemple d'un pays comme la Libye naguère prospère et laïque après l'intervention militaire américaine ? Règlements de comptes, violence ethnique, corruption généralisée, milices surarmées formées d'anciens "rebelles" se retournant les unes contre les autres, tribus réclamant leur autonomie, pouvoir central impuissant et compagnies pétrolières étrangères pompant allègrement le pétrole du peuple libyen.Voilà à quoi ressemble la Libye d'aujourd'hui. Et que dire du kidnapping du président Nicolas Maduro et sa femme Cilia Flores pour s'emparer du pétrole du Venezuela au mépris de toutes les lois et conventions qui régissent les relations entre nations? Pour Trump, le droit c'est le droit du plus fort. Il a le sentiment d'être le maître du monde. Il n'a pas "besoin du droit international". La seule limite à son pouvoir est comme il le disait lui-même : "Ma propre morale. Ma propre conscience. C'est la seule chose qui puisse m'arrêter". Mais Trump, le nouveau César est le produit de la violence impérialiste américaine. Cette violence fait partie intégrante de l'histoire des Etats-Unis : du génocide des populations indigènes à la terreur d'Etat qui se déroule sous nos yeux aujourd'hui en passant par l'esclavage et les guerres de l'empire avec leurs millions de morts.

En réalité, derrière cette intense propagande et ces menaces directes contre la République islamique se cache, comme "un troupeau d'éléphants derrière une tige de bambou", la volonté des Etats-Unis et de ses caniches européens de mettre la main sur sa richesse pétrolière et sur son programme nucléaire.

Comme au Venezuela, Trump veut, par la violence, que les majors pétrolières américaines comme ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips et bien d'autres puissent pomper tel un vampire le pétrole iranien sans trop d'entraves. Mais pour mieux comprendre l'empressement de Trump à s'emparer du pétrole iranien, il est nécessaire d'invoquer l'histoire. Car l'agressivité des américains envers l'Iran ne date pas d'aujourd'hui. En effet, dans les années cinquante, Mohammad Mossadegh (1879-1967) élu démocratiquement au parlement iranien avait proposé la nationalisation de l'industrie pétrolière dominée par les compagnies américaines et britanniques. Cette proposition a été adoptée sous forme de loi en mars 1951. Mossadegh fut nommé premier ministre et le Chah a quitté le pays pour l'exil. Redoutant que cette décision ne s'étende à d'autres pays du Moyen-Orient, les américains et les anglais ont renversé le gouvernement Mossadegh en 1953 par un coup d'Etat organisé par la CIA et les services secrets britannique M16. C'est l'opération Ajax. La résidence du premier ministre iranien est bombardée faisant plusieurs victimes comme lors de l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse le 3 janvier 2026. Mossadegh a été arrêté, emprisonné et finalement assigné à résidence jusqu'à sa mort le 5 mars 1967. Son crime était d'avoir nationalisé le pétrole de son pays. Les Etats-Unis ont remis à nouveau le chah sur le trône et leurs compagnies pouvaient désormais exploiter à leur guise le pétrole iranien. Soutenu et protégé par les américains, le chah installe alors en Iran l'une des plus féroces dictatures au monde grâce à sa célèbre police politique, la SAVAK mise en place avec l'aide de la CIA. En éliminant toutes les alternatives progressistes et laïques, le chah a ouvert la voie à la révolution de 1979 et la prise du pouvoir par les religieux.

Les américains n'ont en fait jamais accepté la disparition de cette dictature. La chute du régime du chah est un coup dur porté à leurs intérêts dans la région. Le fait que cette République religieuse nationalise ses richesses pétrolières et gazières a suffi pour placer l’Iran sur "l’Axe du Mal" parmi les "États voyous". Les Etats-Unis n'ont pas supporté non plus que l'Iran devienne une puissance nucléaire. D'ailleurs l'une des exigences de Trump est l'abandon par le gouvernement iranien de son programme nucléaire : " Washington fait pression pour un arrêt définitif de tout enrichissement d'uranium et la destruction de tous les stocks iraniens actuels". Ici Trump ne parle plus des manifestants, des morts, etc. Il les a déjà oubliés! Rappelons également que les Etats-Unis, en coordination avec Israël, ont déjà attaqué des sites nucléaires iraniens dans la nuit du 21 juin 2025. Car il y a trop de pétrole dans cette région explosive. Il faut que les américains puissent accéder sans trop de contraintes à cette richesse indispensable à leur économie et, partant, aux profits de leurs compagnies pétrolières. La création de l'État d'Israël dans cette région du monde répond aussi à cette impérieuse nécessité. Ce n'est pas un hasard si cet État est la seule puissance nucléaire et dont les grands médias occidentaux n'en parlent (du nucléaire israélien) pour ainsi dire jamais. C'est le gendarme des américains dans la région. Aucun autre pays du Moyen Orient ne peut développer un programme nucléaire sans qu'Israël et les Etats-Unis ne réagissent très violemment. Ainsi en 1981 Israël, qui redoutait que l'Irak ne se dote de l'arme nucléaire, a totalement détruit le réacteur Osirak. Aujourd'hui, il est insupportable pour ces deux pays que l'Iran devienne à son tour une puissance nucléaire. Détruire les installations nucléaires iraniennes est devenu l'obsession des dirigeants américains et israéliens.

Donc ce ne sont ni les manifestations contre le gouvernement iranien, ni les morts, ni la démocratie, ni les droits de l'homme qui motivent aujourd'hui cette hystérique propagande et cette menace d'une intervention militaire contre l'Iran, mais bel et bien, pour l'essentiel, sa richesse pétrolière et son programme nucléaire. Les iraniens sont capables, comme les autres peuples, de régler eux-mêmes leurs problèmes. Ils n'ont surtout pas besoin des pays impérialistes dont toute l'histoire est chargée de conquêtes coloniales, de crimes et d'asservissement des peuples.

 

Mohamed Belaali

 

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3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 19:29

 

Les Etats-Unis agressent aujourd'hui le Venezuela comme ils ont agressé des dizaines de pays dans le passé et continueront à agresser d'autres nations dans l'avenir. Poussé par la recherche effrénée du profit, l'impérialisme américain tente par tous les moyens de soumettre les peuples de la planète. Esclavage, colonialisme, néocolonialisme etc., son histoire n'est que pillage, par la violence et la cruauté, des richesses des peuples. Vouloir installer au Venezuela par la force un gouvernement à leur botte, les Etats-Unis ne font que perpétuer cette logique hégémonique et despotique. L'impérialisme est toujours et partout l'ennemi des peuples.

"Le plus grand pourvoyeur de violence dans le monde aujourd'hui, mon propre gouvernement" disait Martin Luther King. Dans ce sens, il n'est pas inutile de rappeler quelques dates parmi les plus violentes de l'histoire des États-Unis :

  • 1945 utilisation des armes nucléaires contre les populations civiles d'Hiroshima et de Nagasaki. Bilan : 200 000 morts.

  • Guerre contre le Vietnam entre 1960 et 1975 : 2 millions de morts côté vietnamiens et 50000 soldats américains tués.

  • 1973 Coup d'Etat militaire du général Pinochet au Chili avec le soutien des Etats-Unis : le nombre de morts est estimé à 3 200 en plus des 38 000 personnes torturées.

  • Première guerre contre l'Irak (1990) : entre 50 000 et 100 000 morts irakiens.

  • 1999 guerre de l'OTAN, bras armé des Etats-Unis, contre la Yougoslavie : 100 000 morts selon l'ONU.

  • Deuxième guerre contre l'Irak (2003) : le nombre de victimes irakiennes n'est pas connu avec certitude. Les estimations vont de 100 000 à plus d'un million de morts.

  • 2015 participation avec l'Arabie Saoudite à la guerre du Yémen qui a fait 377 000 morts.

  • En 2024, les Etats-Unis avec l'aide du Royaume Uni bombardent à nouveau le Yémen. Le nombre de victimes reste inconnu.

  • Etc. Etc. 

    Par ailleurs, Trump traite le président du Venezuela Nicolas Maduro qu'il vient de kidnapper avec sa femme, de dictateur et son régime de narcotrafiquant. Là encore il faut rappeler quelques faits historiques qui ont marqué le XXe siècle. Le nombre de dictateurs installés ou soutenus par les Etats-Unis à travers la planète est impressionnant : Artur da Costa e Silva au Brésil, Juan Carlos Onganía et Videla en Argentine, le régime somoziste au Nicaragua, Maximiliano Hernández Martínez au Salvador, le régime de Fulgencio Batista à Cuba, de Marcos Pérez Jiménez au Venezuela, de Banzer en Bolivie, Soeharto en l'Indonésie, Marcos aux Philippines, Musharraf au Pakistan. Hosni Moubarak en Egypte etc. etc. Après le colonialisme européen qui a tenu dans la servitude près de la moitié de la population mondiale, les Etats-Unis sont devenus, grâce à leur supériorité économique, les nouveaux oppresseurs des peuples.

Mohamed Belaali

 

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3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 08:42

Le 23 septembre 2025 devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président américain Donald Trump déclarait : "Le changement climatique est la plus grande arnaque jamais menée contre le monde" . Le lendemain, le président chinois Xi Jinping s'engageait devant la même Assemblée à : "réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7 à 10 % d’ici 2035 ". Ainsi Trump non seulement nie jusqu'à l'existence même d'un quelconque problème lié au climat, se retire des traités et accords internationaux, mais déploie d'une manière récurrente ses efforts pour saboter les actions que pourraient entreprendre les autres pays. Il a supprimé les contraintes liées aux émissions des véhicules et à la consommation de carburant. Les grands constructeurs automobiles américains comme Ford, Stellantis ou encore General Motors ont salué cette décision. Il mène en même temps une véritable guerre contre la science et plus particulièrement contre les sciences du climat. L'administration Trump va jusqu'à interdire l'utilisation de certains mots liés au réchauffement climatique. Ce désengagement total des Etats-Unis, deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES) est lourd de conséquences pour la réalisation des objectifs mondiaux au niveau du climat et de l’environnement que la communauté internationale a déjà beaucoup de mal à respecter.

Pendant que le président américain affiche ostentatoirement son mépris pour la lutte contre le réchauffement climatique, la Chine, elle, est devenue en quelques années seulement, une véritable puissance de la transition climatique. Sur le plan énergétique par exemple, la Chine est résolument tournée vers la production, l'utilisation et l'exportation des énergies propres : "En Chine, le nombre d'éoliennes et de panneaux solaires installés l'an dernier dépasse celui du reste du monde réuni. Et cet essor des énergies propres en Chine se propage à l'international" écrit le New York Times. "La Chine se couvre de champs de panneaux solaires d’un gigantisme inédit" souligne le journal Le Monde. Selon The Guardian, la Chine est en train de réaliser ses objectifs en matière des énergies solaires et éoliennes avec cinq ans d'avance. Les véhicules électriques jouent un rôle primordial dans cette politique environnementale chinoise : "la Chine explose son record de ventes avec plus de 6 millions de véhicules vendus (...) contrairement à l'Europe et l'Amérique du Nord où les ventes de voitures à zéro émission stagnent" nous dit le journal Libération. Aujourd'hui 90 % des véhicules qui circulent en Chine sont électriques. La Chine est ainsi devenue en si peu de temps le leader incontesté des énergies renouvelables. Au moment où les Etats-Unis continuent à torpiller les efforts contre le réchauffement climatique, la Chine exporte partout son savoir-faire en matière des énergies propres. Des pays comme l'Inde, le Brésil, l'Ethiopie, le Vietnam, le Nigeria etc. utilisent de plus en plus des énergies solaires et éoliennes grâce aux exportations et aux usines installées dans ces pays par la Chine, bouleversant ainsi la politique climatique mondiale. Non seulement la Chine domine déjà la production des énergies renouvelables, mais accélère également son avance technologique sur le reste du monde : "La Chine détient près de 700 000 brevets dans le domaine des énergies propres, soit plus de la moitié du total mondial (...) Pour réduire drastiquement ses coûts de production, la Chine a automatisé ses usines, installant chaque année entre 2021 et 2023 plus de robots que le reste du monde réuni, et sept fois plus que les États-Unis" nous apprend le  New York Times.

Toutefois, la Chine reste encore très dépendante du charbon, principale source des émissions de CO2. De ce fait, elle demeure le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre. La Chine émet plus de 30 % du total des émissions mondiales. Mais grâce au développement fulgurant des énergies propres, la Chine a réussi à stabiliser ses émissions de CO2. Les observateurs estiment que ses émissions connaîtront même une baisse pour l'ensemble de 2025.

A l'opposé, la politique énergétique de l'administration Trump est résolument en faveur des énergies fossiles conformément aux intérêts des industries pétrolières et gazières. Cette politique est réduite à encourager les compagnies pétrolières et gazières à forer encore et toujours. Précisons que le secrétaire à l'Energie de Trump n'est autre que Chris Writght représentant des intérêts des producteurs d’énergies fossiles. C'est lui qui disait "nous accélérons la production de toutes les ressources de base : le charbon, le nucléaire, la géothermie et, bien sûr, le gaz naturel. À lui seul, le gaz naturel fournit plus de 40 % de l’électricité américaine et 25 % de l’énergie primaire mondiale. Il réchauffe plus de foyers américains que tout autre combustible, soutient l’industrie pétrochimique en plein essor et reste la principale source de chaleur industrielle pour la fabrication." Rappelons également que les Etats-Unis sont de loin le premier producteur mondial du pétrole et le premier exportateur de gaz naturel permettant aux Etats-Unis de réaliser ce que Trump appelle la "domination énergétique". Trump, Chris Writgh et la classe sociale qu'ils représentent n'ont aucunement envie de renoncer à leurs profits même au prix de catastrophes climatiques extrêmes qui ravagent notre planète. Car un système, le capitalisme, qui méprise l'homme ne peut respecter la nature.

Si la Chine a réussi là où les Etats-Unis et l'occident capitaliste en général ont échoué, c'est grâce à la prise de conscience par les dirigeants chinois des enjeux climatiques, des ravages écologiques durant des décennies de croissance effrénée et grâce aussi à la volonté politique du Parti communiste chinois (PCC) de hisser l'écologie au rang de priorité fondamentale du développement économique de la Chine. Le PCC va jusqu'à parler de la civilisation écologique :"Le développement d'une civilisation écologique constitue un projet à long terme dont dépendent le bonheur de la population et l'avenir de la nation chinoise. Face à une situation difficile - où les contraintes des ressources naturelles se durcissent, la pollution de l'environnement s'aggrave et l'écosystème se détériore, nous devons inculquer au peuple entier les notions d'une civilisation écologique préconisant de respecter la nature, de s'adapter à ses exigences et de la préserver." Il ne s'agit ni d'un concept abstrait ni d'un simple slogan politique. Le concept de civilisation écologique est inscrit dans la constitution de 2018 et intégré aux différents plans quinquennaux qui consacrent des sommes colossales pour atteindre des objectifs fixés d'avance en matière de lutte contre le réchauffement climatique. La Chine se distingue ainsi des Etats-Unis par sa planification quinquennale qui fixe les progrès à réaliser dans les différents secteurs. Dans un monde marqué par une grande incertitude, la planification reste un instrument efficace qui offre à la Chine une prévisibilité remarquable dans la réalisation de ses objectifs. La volonté politique est ainsi traduite par des actions concertées et planifiées. La réussite chinoise en matière écologique s'explique également par sa puissance économique et technologique. La Chine devance déjà les Etats-Unis dans 37 des 44 technologies dites "critiques" selon l'ASPI. La recherche chinoise sur l'IA a publié en 2024 plus de travaux universitaires que leurs pairs américains et européens réunis. La robotisation des entreprises chinoises connaît un développement impressionnant. La Chine à elle seule a installé plus de robots industriels dans ses usines que le reste du monde. Les Dark factories sont des usines avec très peu d'ouvriers et beaucoup de rebots pilotés par l'intelligence artificielle capables de produire jusqu4à 1200 voitures électriques par jours. En matière des technologies propres, la Chine a pris un sacré temps d'avance sur les Etats-Unis. Les entreprises chinoises comme BYD, CATL, Trina, Longi ou encore SGCC et bien d'autres sont aujourd'hui des géants du marché mondial des énergies propres. En 2025, les exportations chinoises de technologies vertes ont atteint un nouveau record alors même que leurs prix ne cessent de baisser.

Ainsi la Chine est non seulement une puissance économique et technologique, mais aussi une véritable puissance écologique. Elle est aujourd'hui le leader mondial incontesté en matière de lutte contre les changements climatiques contrairement aux Etats-Unis qui remettent ouvertement en cause la réalité de ces changements et cherchent par tous les moyens à vendre au monde entier ses énergies fossiles. La Chine combine ainsi développement économique et progrès écologique. Grâce à la volonté politique du PCC, guidée par une planification centralisée efficace et soutenue par des investissements massifs, les progrès en matière de lutte contre le réchauffement climatique sont devenus réalité. Face au mépris ostentatoire des Etats-Unis pour la lutte contre le changement climatique, la Chine, elle, poursuit avec persévérance et efficacité la construction de sa civilisation écologique qui selon les dirigeants de la République populaire de Chine est au coeur de la modernisation du "socialisme aux couleurs de la Chine" : "L'une des caractéristiques clés de la modernisation socialiste de la Chine se trouve dans l'harmonie entre l'homme et la nature."

 

Mohamed Belaali

 

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Published by M B
5 novembre 2025 3 05 /11 /novembre /2025 08:25

 

Ce qui frappe le visiteur lorsqu'il arrive pour la première fois en Chine en plus des grandes marques occidentales présentes un peu partout dans les grandes villes, ce sont des gares modernes, des trains rapides et confortables qui partent et arrivent à l'heure, des voitures électriques un peu partout, des robots livreurs dans les hôtels, l'utilisation généralisée des paiements par QR codes etc. Ces exemples que le voyageur rencontre dès ses premiers pas en Chine, qui ne sont que quelques arbres qui cachent la forêt, montrent la volonté de ce pays de faire de l'innovation technologique un axe central de son développement. Le 4e plénum du 20e Comité central du Parti communiste chinois qui s'est tenu à Pékin du 20 au 23 octobre 2025, souligne dans son communiqué l'importance accordée à la technologie et à l'innovation dan le nouveau plan quinquennal (2026/2030) : "(...) Il faut conjuguer les efforts de tous pour faire de la Chine une vraie puissance dans les domaines de l'éducation, des ressources humaines et des sciences et technologies, améliorer l'efficience globale du système d'innovation national, renforcer la capacité d'innovation autonome sur tous les plans, se situer à la pointe du progrès technologique". Justement dans le domaine de la technologie, la Chine devance déjà les Etats-Unis dans 37 des 44 technologies dites "critiques" selon l'ASPI. La recherche chinoise sur l'IA a publié en 2024 plus de travaux universitaires que leurs pairs américains et européens réunis. La robotisation des entreprises chinoises connaît un développement impressionnant. La Chine à elle seule a installé plus de robots industriels dans ses usines que le reste du monde.

Rappelons qu'avant la Révolution chinoise de 1949, la Chine était parmi les pays les plus arriérés et les plus pauvres du monde dont l'espérance de vie était inférieure à 40 ans. Aujourd'hui c'est-à-dire 76 ans seulement après, la République populaire de Chine est devenue la deuxième puissance économique et son espérance de vie dépasse désormais celle des Etats-Unis. Pour la Banque mondiale, la Chine est déjà première puissance mondiale si l'on tient compte de son PIB mesuré en parité de pouvoir d'achat (1).

Il va sans dire que sans la révolution de 1949 menée triomphalement par le Parti communiste chinois, ce progrès fulgurant, le plus rapide de l'histoire moderne, n'aurait tout simplement pas été possible. La Chine revient donc de très loin. En effet, de 1839 à 1949, le pays avait été humilié par les puissances occidentales qui ont réussi à obtenir, entre autres, des "Concessions" sur son propre territoire. La Chine est tombée dans l’état d’une société semi-coloniale et semi-féodale. Les chinois appellent cette triste période le "Siècle des humiliations". Il fallait attendre la révolution socialiste de 1949 pour que la Chine s'émancipe de la tutelle occidentale. La révolution a mis ainsi fin à son état de désagrégation, aboli les traités inégaux imposés à la Chine par les puissances étrangères. La révolution a rendu au peuple chinois, non seulement sa dignité bafouée par des agressions impérialistes en tout genre, mais elle a jeté les fondements d'une renaissance de la nation chinoise. Dès le début, les révolutionnaires chinois ont compris que le salut de leur pays ne viendrait pas du capitalisme. Ils ont emprunté alors la longue et tortueuse route du socialisme. Car "seul le socialisme peut sauver la Chine et que seul le socialisme lui permet de se développer". La Constitution de 1954 précise dans son article 4 "La République populaire de Chine, s'appuyant sur les organes de l'État et les forces sociales, par l'industrialisation socialiste et la transformation socialiste, garantit l'élimination progressive du système d'exploitation et l'instauration d'une société socialiste." Mais il s'agit d'un socialisme singulier, original, adapté aux réalités de la Chine avec une forte présence du marché et du capital privé national et étranger dans son économie. En effet depuis 1978 des réformes importantes ont été adoptées et appliquées progressivement. C'est un changement de ligne mais pas d'orientation. Car la Chine demeure selon sa propre constitution un pays socialiste, mais un socialisme de marché : " Le secteur économique individuel, le secteur privé et les autres secteurs qui n'appartiennent pas à l'économie publique qui existent dans les limites définies par la loi, constituent une composante majeure de l'économie socialiste de marché." (article 11 de la Constitution de 1982 consolidée en 2018). Cette association de deux logiques

contradictoires, celle du marché capitaliste et celle du socialisme s'inscrit, pour les révolutionnaires chinois, dans une perspective à long terme de construction du socialisme. En attendant, cette combinaison originale, ce système hybride, s'il a permis une croissance élevée, a favorisé en même temps l'apparition d'une classe moyenne, de riches voire de très riches associés au capital étranger notamment dans les grandes villes avec toutes les conséquences qui en découlent au niveau de la répartition des richesses. Les inégalités et la pauvreté se sont accrues. La Chine est devenue l'un des pays où les inégalités de revenus sont les plus importantes au monde. Ainsi entre 1984 et 2010 son coefficient de Gini (2) qui mesure le degré d'inégalité d'un pays est passé de 27,1 à 43,7 selon la Banque mondiale. Conscients de cette situation, les dirigeants chinois ont pris des mesures concrètes pour lutter contre la pauvreté notamment dans le milieu rural. Ainsi une Agence de lutte contre la pauvreté a été créée en 1986, des fonds spéciaux de l'Etat sont alloués aux régions les plus pauvres du pays, la suppression totale des taxes agricoles en 2006, la mise en place d'une couverture médicale etc. Cette guerre contre les inégalités et la pauvreté a été menée et supervisée par le Parti communiste chinois. Le coefficient de Gini a ainsi baissé passant de 43,7 en 2010 à 36 en 2022 selon toujours la Banque mondiale. La pauvreté extrême a été totalement éradiquée en Chine : la population qui vivait avec seulement 3 dollars par jour est passée de 48,1 % en 2002 à 0 % en 2022.

L'implication de l'Etat et du Parti dans la lutte contre les inégalités et la pauvreté n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Car en Chine toutes les activités économiques et sociales jugées stratégiques comme le développement économique, le bien-être de la population, la propriété du sol, du sous-sol, les infrastructures, les grandes entreprises industrielles, les banques, la monnaie, les assurances etc. sont dirigées par l'Etat, lui-même contrôlé étroitement par un parti communiste qui se réclame toujours du marxisme-léninisme. L'Etat et le Parti sont structurés de manière à ce que le deuxième domine le premier, le politique domine l'économique. L'arrivée de Xi Jinping, qui se présente d'ailleurs comme l'héritier naturel de Mao, à la tête Parti (2012) et de l'Etat (2013) n'a fait que croître cette domination. Les entreprises privées jouent un rôle très important dans l'économie chinoise, mais elles ne décident ni de la politique ni de l'orientation du pays. Les stratégies économiques et sociales de la Chine sont définies par la direction du Parti communiste et l'Assemblée nationale populaire dans le cadre des plans quinquennaux qui existent depuis 1953. Comme le souligne la Constitution, la Chine est "un État socialiste de dictature démocratique populaire. La direction du Parti communiste chinois est la caractéristique déterminante du socialisme de style chinois. Il est interdit à toute organisation et à tout individu de porter atteinte au régime socialiste." dit l'article premier de la Constitution de 1982 consolidée en 2018.

La Chine qui se réclame toujours de Marx et de Lénine, dirigée par un puissant parti communiste, qui pratique une planification quinquennale efficace, est en passe de devenir en si peu de temps la première puissance économique du monde. La montée en puissance de la Chine contraste et fait ressortir encore davantage le déclin et la déliquescence des économies et des sociétés capitalistes.

Pendant que la République populaire de Chine poursuit avec persévérance l'édification du socialisme "de marché aux caractéristiques chinoises", l'occident capitaliste avec à sa tête les Etats-Unis, sombre lentement dans le fascisme.

 

Mohamed Belaali

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(1) Les parités de pouvoir d'achat (PPA) sont des taux de conversion monétaire qui visent à égaliser le pouvoir d'achat des différentes monnaies en éliminant les différences de niveaux de prix entre les pays. Définition de l'OCDE.

(2) Le coefficient ou indice de Gini est un indicateur synthétique permettant de rendre compte du niveau d'inégalité pour une variable et sur une population donnée. Il varie entre 0 (égalité parfaite) et 1 (inégalité extrême). Il est fréquent que le coefficient de Gini soit multiplié par 100 afin qu’il oscille entre 0 et 100. Cela permet d’en faciliter la lecture. Définition de l'INSEE.

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