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7 mars 2026 6 07 /03 /mars /2026 18:41

 

«Qui n'a pas vu la révolution ne peut s'en imaginer la beauté majestueuse, triomphale.»

Nadejda Kroupskaïa

 

Si la figure de Lénine est bien connue, celle de sa compagne et camarade l'est beaucoup moins. En effet, Nadejda Kroupskaïa a vécu dans l'ombre du père de la Révolution d'octobre. Mais comme disait Clara Zetkin peut-on vraiment parler de Lénine sans évoquer sa femme :«Il est impossible de parler de lui sans penser à elle. Elle était la main droite de Lénine, son meilleur secrétaire, sa compagne dévouée, la meilleure interprète de ses idées» (1).

Il est vrai que l'histoire de la Révolution russe tend à ne retenir que des figures masculines. Or ce sont les grèves des ouvrières de textile de Petrograd (Saint-Pétersbourg aujourd'hui) qui ont enclenché la première révolution le 23 février 1917 (8 mars dans le calendrier Grégorien) qui a emporté le régime despotique des Tsars. Ce sont également des femmes comme Alexandra Kollontaï, Inessa Armand, Nadejda Kroupskaïa, pour ne citer que les plus connues, qui ont contribué directement et indirectement avec Clara Zetkin à l'organisation de «La journée internationale des femmes». Le 8 mars 1921, Lénine décrète une journée internationale des femmes en souvenir des ouvrières de textile de Saint-Pétersbourg.

Il est peut-être utile d'évoquer ici, même rapidement, la contribution de cette femme discrète au triomphe de la Révolution d'Octobre et son rôle pionnier dans le domaine de la pédagogie et de l'instruction au service de tous.

Kroupskaïa n'était pas seulement l'épouse et la collaboratrice de Lénine, elle était aussi une grande pédagogue (2). Avant la Révolution, Kroupskaïa avait déjà publié une quarantaine d'ouvrages, dont le plus important, intitulé «Instruction publique et démocratie» écrit en 1915 et publié en 1917. Elle a étudié et interprété les travaux de Comenius, Rousseau, Pestalozzi, Owen ou encore Dewey sans oublier les aspects développés par Marx et Engels dans le champs de la pédagogie (3).

Après la Révolution d'Octobre, l'immense tâche de liquider l'analphabétisme dans un pays où la majorité de la population était illettrée lui revenait tout naturellement : «La tâche, en effet, était des plus ardues. Une population presque exclusivement rurale, en majorité illettrée, des dizaines de milliers de hameaux perdus, incultes : tel était le milieu qu'il fallait pénétrer, instruire» (4).

Elle s'est attaquée également à la mainmise des classes possédantes sur l'instruction et la culture en général afin de permettre à tous d'accéder au savoir. L'école pour Kroupskaïa «ne peut se contenter d’apprendre aux élèves à lire, à écrire et à compter. Ils doivent maintenant connaître les éléments scientifiques de base sans lesquels ils seraient incapables de mener une vie consciente» (5).

Aujourd'hui encore, l'Unesco (United Nations Educational Scientific and Cultural Organization) octroie chaque année le Prix Kroupskaïa à tous les pays, organisations et personnes qui se sont distingués par leur lutte contre l’analphabétisme.

Nadejda Konstantinovna Kroupskaïa est née à Saint Pétersbourg le 14 février 1869 dans une famille progressiste. Elle est décédée à Moscou le 27 février 1939. Nadejda, comme beaucoup de révolutionnaires, appartenait à la petite noblesse russe. Dès 1890, la jeune Kroupskaïa adhère au cercle marxiste de Brousnev et passe une bonne partie de ses activités militantes à

l’alphabétisation des familles ouvrières en donnant des cours du soir dans les faubourgs industriels de Saint-Pétersbourg. La misère de la condition ouvrière n'a fait que renforcer ses convictions révolutionnaires.

En 1895 Kroupskaïa rejoint l’Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière, fondée par Lénine qu'elle avait rencontré en 1894.

A la fin de 1895, Lénine est arrêté et exilé en Sibérie. Un peu plus tard, c'est au tour de Kroupskaïa d'être envoyée en exil, mais à des milliers de kilomètres de Lénine. Pour se rapprocher l'un de l'autre, ils décident de se marier. Après leur libération, le jeune couple s'exile à nouveau, mais cette fois à l'étranger. De Munich à Paris en passant par Zurich, Bruxelles et Londres, leur exil durera 17 ans.

Son dévouement a beaucoup aidé Lénine à supporter les déportations, la clandestinité et la vie pénible des révolutionnaires partout traqués par la police du Tsar, changeant sans cesse de pays, de villes et de logements. Kroupskaïa a probablement souffert davantage que Lénine des affres de l'exil. Elle menait de front plusieurs combats et plusieurs tâches. En plus de ses travaux scientifiques dans le domaine de la pédagogie qui embrassent tous les domaines de la politique éducative, elle consacrait une grande partie de son temps à la diffusion des brochures et documents du parti, combattait les ennemis de Lénine, engageait des luttes pour la cause des femmes etc. mais si «la vie n'était pas gaie» en exil, le retour du couple en Russie en avril 1917 a été triomphal : «Les masses, ouvriers, soldats, matelots, s'étaient portées au-devant de leur chef. Tout autour de nous, c'était une mer humaine qui bouillonnait. Qui n'a pas vu la révolution ne peut s'en imaginer la beauté majestueuse, triomphale» écrivait Nadejda Kroupskaïa dans «Souvenirs sur Lénine» (6).

Au crépuscule de sa vie, malade, affaibli et éloigné du pouvoir, Lénine pouvait encore et toujours compter sur sa plus fidèle camarade, Nadejda. C'est dire le rôle joué par cette femme dans la vie de Lénine et partant dans la révolution d'Octobre.

Le 21 janvier 1924, Lénine a cessé de vivre à l'âge de cinquante quatre ans après une lente agonie. On s'est empressé, contre la volonté de Kroupskaïa, d'embaumer son corps pour mieux enterrer ses idées révolutionnaires.

Après l'adieu officiel à Lénine, Nadejda Kroupskaïa prononça ces paroles : «Camarades, ouvriers et ouvrières, paysans et paysannes. Ne laissez pas votre peine se transformer en adoration extérieure de la personnalité de Vladimir Ilitch. Ne construisez pas de palais ou de monuments à son nom. A toutes ces choses, il accorda peu d'importance au cours de sa vie. Ça lui était même pénible.(...) Si vous voulez honorer la mémoire de Vladimir Ilitch, construisez des crèches, des jardins d'enfants, des maisons, des écoles, des hôpitaux, et mieux encore vivez en accord avec ses préceptes» (7). Son avertissement n'a pas été entendu.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.marxists.org/francais/zetkin/works/1924/01/zetkin_19240100.htm

(2)http://dmz-ibe2-vm.unesco.org/sites/default/files/kroupskf.pdf

(3)Sur cet aspect, voir entre autres l'étude de Jacques Berchadsky : https://www.lecture.org/revues_livres/actes_lectures/AL/AL109/AL109_p022.pdf

 

(4)https://www.marxists.org/francais/kroupskaia/works/1920/12/formation.htm

(5)https://www.monde-diplomatique.fr/mav/131/POPELARD/54348

(6)https://www.marxists.org/francais/kroupskaia/works/1924/00/emigration.htm

(7)Cité dans Tariq Ali, «Les dilemmes de Lénine», Sabine Wespieser éditeur, 2017, page 459.

 

 

 

 

 

 

 

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4 mars 2026 3 04 /03 /mars /2026 09:18

"Le plus grand pourvoyeur de violence dans le monde aujourd'hui : mon propre pays"

Martin Luther King (1)

 

Depuis son arrivée au pouvoir le 20 janvier 2025, Trump mène une politique d'une rare violence à l'intérieur comme à l'extérieur des Etats-Unis. Sa politique étrangère se résume à conquérir et à piller les richesses des peuples par la force des armes comme au vieux bon temps colonial. En ce moment même, il est en train de déchaîner sa puissance militaire contre la nation iranienne pour la forcer à se soumettre. Cette violence qui se déroule sous nos yeux aujourd'hui ne date cependant pas d'hier. Elle plonge ses racines profondes dans la longue histoire de violence de la politique américaine. Dès les premières décennies de la jeune République, la violence, sous différentes formes, était une composante centrale de la vie politique américaine. Mais derrière cette violence se cache les intérêts économiques de la classe dominante. Comme disait Engels "Toute violence politique repose primitivement sur une fonction économique" (2). La violence n'est en réalité qu'un moyen au service du profit et de l'accumulation des richesses. Cette violence des oppresseurs s'est cependant systématiquement heurtée à la résistance et aux luttes d'émancipation des opprimés.

L'Amérique est née dans la violence, a gouverné par la violence et asservi les autres peuples par la violence : génocide des populations indigènes, esclavage des noirs, spoliation d'une grande partie du territoire mexicain par la force, guerre de Sécession sans parler de toutes les innombrables guerres impérialistes du XXe siècle avec ses millions d'hommes et de femmes assassinés, mutilés, torturés. La violence, reflet de la supériorité économique des Etats-Unis, a toujours été présente à l'intérieur comme à l'extérieur de leurs frontières. La brutalité de la politique que mène aujourd'hui Trump est le prolongement, dans des conditions bien différentes, de cette violence. Il ne s'agit donc pas d'une exception, mais d'une constante dans l'histoire des Etats-Unis. Trump n'est pas tombé du ciel avec la dernière pluie. Il est, en dernière instance, le produit de la lutte des classes qui secoue la société américaine. Trump reste un produit des rapports sociaux et des circonstances propres à l'histoire de ce pays. Il ne faut pas se focaliser sur la personne de Trump même s'il a su, avec une certaine habilité, revenir au pouvoir pour la deuxième fois. Se concentrer uniquement sur sa personne et sur le présent, revient à occulter le passé sanglant de la domination des classes dirigeantes dès la naissance de la nation américaine. Comme disait Tariq Ali, il ne faut pas refouler "le souvenir de la gestation, de la naissance et des premiers actes du banditisme de l'impérialisme américain" (3). C'est ce passé, ces "premiers actes du banditisme" qui ont créé les structures et les conditions nécessaires à l'arrivée au pouvoir d'un personnage comme Trump.

La nouveauté aujourd'hui ne réside pas dans l'existence de la violence, mais dans le fait que cette politique violente est menée ouvertement, sans fard et sans masque. Elle est assumée, revendiquée. Trump l'a rendue évidente. Le discours hypocrite tenu par ses prédécesseurs sur la démocratie, le respect du droit, les valeurs universelles, le multilatéralisme, les institutions internationales, la souveraineté des Etats, a tout simplement disparu. Trump ne fait qu'accélérer et amplifier un processus mis en place bien avant lui par d'autres dirigeants américains. Il ne s'agit pas d'une rupture avec le passé mais bel et bien d'une continuité.

Cette violence qui caractérise les Etats-Unis, hier comme aujourd'hui, n'est toutefois qu'un instrument, un moyen au service des intérêts économiques des dirigeants et plus largement de la classe dominante américaine. Le général Smedley Butler (1881-1940) deux fois décoré de la médaille d'Honneur, la plus haute distinction militaire américaine, donne une description saisissante de cette symbiose entre violence et intérêts des classes dominantes : "Je suis passé par tous les grades d’officier, depuis celui de sous-lieutenant à celui de général de division. Et, au cours de cette période, j’ai passé le plus clair de mon temps comme homme de main de haut niveau au service du grand capital, de Wall Street et des banquiers. Bref, j’ai été un racketteur à la solde du capitalisme. (...) Durant toutes ces années, j’ai pratiqué un racket épatant, comme diraient les habitués du "café du coin". J’en ai été récompensé par des honneurs, des décorations, des promotions. Quand je me retourne sur mon passé, j’ai le sentiment que j’aurais pu rendre des points à Al Capone. Alors qu’il ne pouvait au mieux pratiquer son racket que dans trois quartiers, nous autres, les "marines", agissions sur trois continents."

Le milliardaire Trump ne se contente pas seulement de servir sa propre classe, il exploite également sa fonction de président pour s'enrichir personnellement : "Il a consacré toute son énergie et sa créativité à l'exploitation de la présidence — à découvrir combien d'argent les particuliers, les entreprises et les autres nations sont prêts à lui verser dans l'espoir de mettre le pouvoir du gouvernement au service de leurs intérêts" écrivait le New York Times. La même source indique que Trump a amassé en une année seulement passée à la Maison-Blanche plus de 1,4 milliards de dollars. Rappelons que son administration est composée elle-même de plusieurs milliardaires dont certains font partie de la liste des donateurs de la transition présidentielle sans compter les richissimes hommes d'affaires ainsi que ses proches qui ont financé grassement sa campagne électorale. Au-delà de sa propre famille, de cercle d'amis et de donateurs, Trump est au service des intérêts économiques de la bourgeoisie qu'il représente au détriment des ouvriers américains. C'est un gouvernement de riches, par les riches et pour les riches.

Mais les luttes sociales encore très timides et multiformes commencent à s'organiser contre cette violence des riches. Les mobilisations de Minneapolis, les manifestations "No Kings", les "villes sanctuaires", la résistance des artistes, des juristes... s'inscrivent dans le cadre de cette contestation croissante et variée.

Cette situation n'est cependant pas nouvelle. Les Etats-Unis ont connu dès leur naissance des présidents très fortunés dont la mission première, même s'ils ont profité personnellement du système, était de servir leur classe sociale. Cette "mission" s'est toutefois heurtée à des résistances aussi héroïques que tragiques des esclaves, des Indiens (4), des blancs pauvres (5), des mexicains et bien d'autres encore. Les premiers présidents américains de George Washington (1789-1797) à Zachary Taylor (1849-1850) en passant par Thomas Jefferson (1801-1809), James Madison (1809-1817), James Monroe (1817-1825) et Andrew Jackson ( 1829-1837) étaient tous à la fois riches et esclavagistes. Récemment l'administration Trump a voulu effacer la vérité historique et enterrer le passé esclavagiste de son illustre prédécesseur en retirant les expositions relatives à la possession d'esclaves par le premier président des Etats-Unis George Washington sur le site de son ancienne Maison à Philadelphie. L'esclavage américain, écrivait Howard Zinn, était "le plus cruel de toute l'histoire de l'humanité" (6).

Pourtant le célèbre paragraphe de la Déclaration d'indépendance de 1776 dit clairement : "Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes : que tous les hommes sont créés égaux ; qu'ils sont dotés par leur Créateur de certains droits inaliénables ; que parmi ces droits figurent la vie, la liberté et la recherche du bonheur." Précisons que le principal auteur de cette Déclaration n'est autre que le 3e président des Etats-Unis, Thomas Jefferson qui possédait plusieurs centaines d'esclaves! Même si la nation américaine est fondée sur l'idée de liberté et d'égalité entre les hommes, cela n'a nullement empêché ses dirigeants de tirer une grande partie de leurs revenus de l'exploitation des esclaves dans des conditions infrahumaines!

Le sort des Indiens n'était pas plus enviable. Trois présidents se sont distingués par leur violence et leur cruauté envers les populations indigènes dans le but d'obtenir le contrôle total sur les ressources, les terres et l'implantation des colons américains. Il s'agit de Andrew Jackson (7e président), de Wiliam Henry Harrison (9e président) et de Zachary Taylor (12e président). On a justifié à l'époque ces massacres et ces déportations par le fait que les Etats-Unis avaient une mission divine d'étendre leur civilisation et leur démocratie sur l'ensemble du territoire nord-américain de l'océan Atlantique à l'océan Pacifique; c'est la doctrine de la "Destinée manifeste". C'est cette même doctrine que le président James K. Polck a utilisée pour justifier la conquête du territoire mexicain, en plus d'une série de mesures prises par ce président démocrate qualifiées par les historiens de manipulations et de provocations. C'était une guerre d'invasion marquée par une intense violence non seulement sur le plan des affrontements militaires et des pertes humaines, mais aussi au niveau de ses conséquences territoriales. Le Traité Guadalupe Hidalgo ratifié en 1848 a contraint le Mexique à céder 55 % de son territoire : la Californie, le Nevada, l'Utah, la majeure partie de l'Arizona et du Colorado, le Nouveau-Mexique et des parties de l'Oklahoma, du Kansas et du Wyoming. La guerre était également alimentée par un sentiment de supériorité raciale et de violentes campagnes anti-mexicaines. L'annexion massive des territoires mexicains a immédiatement posé la question du statut de l'esclavage entre le Sud esclavagiste et le Nord en pleine industrialisation. Car derrière la guerre américano-mexicaine se cachait la détermination des sudistes d'étendre l'esclavage aux nouveaux territoires alors que le Nord s'y opposait farouchement. La guerre contre le Mexique a permis d'agrandir le territoire des Etats-Unis tout en exacerbant les contradictions internes sur l'esclavage contribuant à déclencher, une dizaine d'années plus tard, la guerre de Sécession, "l'une des plus sanglantes que l'humanité eut connues jusque-là" (7).

En février 2026, la Maison-Blanche a publié une déclaration signée par Trump intitulée "notre victoire dans la guerre américano-mexicaine" donnant une présentation très contestée de cette guerre. Par cette instrumentalisation de l'histoire, Trump cherche à masquer les contradictions sociales intérieures qui déchirent la société américaine par des guerres expansionnistes extérieures.

On ne peut comprendre la violence politique menée aujourd'hui par Trump sans la situer dans son cadre historique. Elle est en quelque sorte la résurgence, dans des conditions et circonstances bien différentes, de la violence des premières décennies des Etats-Unis. Trump est le résultat nécessaire des développements des rapports sociaux antérieurs. Il est le bénéficiaire d'une longue et violente tradition de la politique américaine. Au pouvoir aujourd'hui, il cherche par sa brutalité, sa radicalité et ses outrances à perpétuer, dans un contexte nouveau, cette tradition. En dernière analyse il s'efforce, en inventant en permanence des boucs émissaires à l'intérieur et des ennemis à l'extérieur, de dissimuler la contradiction fondamentale entre riches et pauvres pour mieux servir sa propre classe, celle des possédants qui l'a hissé à la tête de l'Etat.

Mohamed Belaali

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(1)Cité par Tariq Ali in "Bush à Babylone". La fabrique éditions, 2004. Page 216.

(2)F. Engels "Le rôle de la violence dans l'histoire". Editions Sociales, 1976. page 37.

(3)Tariq Ali dans "Le Choc des intégrismes". Textuel. 2002. p 295.

(4)Hward Zinn "Une histoire populaire des Eats-Unis". Agone 2003. Chapitre 7, page 149.

(5)Ibid, chapitre 10, page 245.

(6)Op. Cit. Page 37.

(7)Op. Cit. Page 223.

 

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3 février 2026 2 03 /02 /février /2026 11:33

 

Trump et les dirigeants européens derrière lui, se déchaînent en ce moment contre l'Iran. Ils mènent une hystérique propagande contre la République islamique. Trump a même brandi à plusieurs reprises la menace d'une intervention militaire en concentrant une immense "armada" dans le golfe Persique juste en face de l'Iran. Ils veulent libérer le peuple iranien de la dictature des mollahs comme ils ont libéré le peuple afghan, yougoslave, irakien, libyen, syrien et dernièrement le peuple vénézuélien. Tout en versant des larmes de crocodile sur le peuple iranien, ils continuent à soutenir militairement, financièrement et moralement le génocide à Gaza. Trump qui est à la tête d'un Etat policier qui glisse chaque jour davantage dans le fascisme se présente comme le libérateur de tous les peuples opprimés. Lui qui méprise et terrorise sa propre population se préoccupe maintenant du sort et du bien-être du peuple iranien!

"Patriotes iraniens, continuez à manifester, prenez le contrôle de vos institutions." disait Trump en ajoutant "l'aide est en route" sans préciser laquelle. Mais les peuples vénézuélien, irakien, libyen etc. savent très bien ce que cette "aide" signifie : la mort, la désolation et l'asservissement. Que reste-t-il par exemple d'un pays comme la Libye naguère prospère et laïque après l'intervention militaire américaine ? Règlements de comptes, violence ethnique, corruption généralisée, milices surarmées formées d'anciens "rebelles" se retournant les unes contre les autres, tribus réclamant leur autonomie, pouvoir central impuissant et compagnies pétrolières étrangères pompant allègrement le pétrole du peuple libyen.Voilà à quoi ressemble la Libye d'aujourd'hui. Et que dire du kidnapping du président Nicolas Maduro et sa femme Cilia Flores pour s'emparer du pétrole du Venezuela au mépris de toutes les lois et conventions qui régissent les relations entre nations? Pour Trump, le droit c'est le droit du plus fort. Il a le sentiment d'être le maître du monde. Il n'a pas "besoin du droit international". La seule limite à son pouvoir est comme il le disait lui-même : "Ma propre morale. Ma propre conscience. C'est la seule chose qui puisse m'arrêter". Mais Trump, le nouveau César est le produit de la violence impérialiste américaine. Cette violence fait partie intégrante de l'histoire des Etats-Unis : du génocide des populations indigènes à la terreur d'Etat qui se déroule sous nos yeux aujourd'hui en passant par l'esclavage et les guerres de l'empire avec leurs millions de morts.

En réalité, derrière cette intense propagande et ces menaces directes contre la République islamique se cache, comme "un troupeau d'éléphants derrière une tige de bambou", la volonté des Etats-Unis et de ses caniches européens de mettre la main sur sa richesse pétrolière et sur son programme nucléaire.

Comme au Venezuela, Trump veut, par la violence, que les majors pétrolières américaines comme ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips et bien d'autres puissent pomper tel un vampire le pétrole iranien sans trop d'entraves. Mais pour mieux comprendre l'empressement de Trump à s'emparer du pétrole iranien, il est nécessaire d'invoquer l'histoire. Car l'agressivité des américains envers l'Iran ne date pas d'aujourd'hui. En effet, dans les années cinquante, Mohammad Mossadegh (1879-1967) élu démocratiquement au parlement iranien avait proposé la nationalisation de l'industrie pétrolière dominée par les compagnies américaines et britanniques. Cette proposition a été adoptée sous forme de loi en mars 1951. Mossadegh fut nommé premier ministre et le Chah a quitté le pays pour l'exil. Redoutant que cette décision ne s'étende à d'autres pays du Moyen-Orient, les américains et les anglais ont renversé le gouvernement Mossadegh en 1953 par un coup d'Etat organisé par la CIA et les services secrets britannique M16. C'est l'opération Ajax. La résidence du premier ministre iranien est bombardée faisant plusieurs victimes comme lors de l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse le 3 janvier 2026. Mossadegh a été arrêté, emprisonné et finalement assigné à résidence jusqu'à sa mort le 5 mars 1967. Son crime était d'avoir nationalisé le pétrole de son pays. Les Etats-Unis ont remis à nouveau le chah sur le trône et leurs compagnies pouvaient désormais exploiter à leur guise le pétrole iranien. Soutenu et protégé par les américains, le chah installe alors en Iran l'une des plus féroces dictatures au monde grâce à sa célèbre police politique, la SAVAK mise en place avec l'aide de la CIA. En éliminant toutes les alternatives progressistes et laïques, le chah a ouvert la voie à la révolution de 1979 et la prise du pouvoir par les religieux.

Les américains n'ont en fait jamais accepté la disparition de cette dictature. La chute du régime du chah est un coup dur porté à leurs intérêts dans la région. Le fait que cette République religieuse nationalise ses richesses pétrolières et gazières a suffi pour placer l’Iran sur "l’Axe du Mal" parmi les "États voyous". Les Etats-Unis n'ont pas supporté non plus que l'Iran devienne une puissance nucléaire. D'ailleurs l'une des exigences de Trump est l'abandon par le gouvernement iranien de son programme nucléaire : " Washington fait pression pour un arrêt définitif de tout enrichissement d'uranium et la destruction de tous les stocks iraniens actuels". Ici Trump ne parle plus des manifestants, des morts, etc. Il les a déjà oubliés! Rappelons également que les Etats-Unis, en coordination avec Israël, ont déjà attaqué des sites nucléaires iraniens dans la nuit du 21 juin 2025. Car il y a trop de pétrole dans cette région explosive. Il faut que les américains puissent accéder sans trop de contraintes à cette richesse indispensable à leur économie et, partant, aux profits de leurs compagnies pétrolières. La création de l'État d'Israël dans cette région du monde répond aussi à cette impérieuse nécessité. Ce n'est pas un hasard si cet État est la seule puissance nucléaire et dont les grands médias occidentaux n'en parlent (du nucléaire israélien) pour ainsi dire jamais. C'est le gendarme des américains dans la région. Aucun autre pays du Moyen Orient ne peut développer un programme nucléaire sans qu'Israël et les Etats-Unis ne réagissent très violemment. Ainsi en 1981 Israël, qui redoutait que l'Irak ne se dote de l'arme nucléaire, a totalement détruit le réacteur Osirak. Aujourd'hui, il est insupportable pour ces deux pays que l'Iran devienne à son tour une puissance nucléaire. Détruire les installations nucléaires iraniennes est devenu l'obsession des dirigeants américains et israéliens.

Donc ce ne sont ni les manifestations contre le gouvernement iranien, ni les morts, ni la démocratie, ni les droits de l'homme qui motivent aujourd'hui cette hystérique propagande et cette menace d'une intervention militaire contre l'Iran, mais bel et bien, pour l'essentiel, sa richesse pétrolière et son programme nucléaire. Les iraniens sont capables, comme les autres peuples, de régler eux-mêmes leurs problèmes. Ils n'ont surtout pas besoin des pays impérialistes dont toute l'histoire est chargée de conquêtes coloniales, de crimes et d'asservissement des peuples.

 

Mohamed Belaali

 

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3 janvier 2026 6 03 /01 /janvier /2026 19:29

 

Les Etats-Unis agressent aujourd'hui le Venezuela comme ils ont agressé des dizaines de pays dans le passé et continueront à agresser d'autres nations dans l'avenir. Poussé par la recherche effrénée du profit, l'impérialisme américain tente par tous les moyens de soumettre les peuples de la planète. Esclavage, colonialisme, néocolonialisme etc., son histoire n'est que pillage, par la violence et la cruauté, des richesses des peuples. Vouloir installer au Venezuela par la force un gouvernement à leur botte, les Etats-Unis ne font que perpétuer cette logique hégémonique et despotique. L'impérialisme est toujours et partout l'ennemi des peuples.

"Le plus grand pourvoyeur de violence dans le monde aujourd'hui, mon propre gouvernement" disait Martin Luther King. Dans ce sens, il n'est pas inutile de rappeler quelques dates parmi les plus violentes de l'histoire des États-Unis :

  • 1945 utilisation des armes nucléaires contre les populations civiles d'Hiroshima et de Nagasaki. Bilan : 200 000 morts.

  • Guerre contre le Vietnam entre 1960 et 1975 : 2 millions de morts côté vietnamiens et 50000 soldats américains tués.

  • 1973 Coup d'Etat militaire du général Pinochet au Chili avec le soutien des Etats-Unis : le nombre de morts est estimé à 3 200 en plus des 38 000 personnes torturées.

  • Première guerre contre l'Irak (1990) : entre 50 000 et 100 000 morts irakiens.

  • 1999 guerre de l'OTAN, bras armé des Etats-Unis, contre la Yougoslavie : 100 000 morts selon l'ONU.

  • Deuxième guerre contre l'Irak (2003) : le nombre de victimes irakiennes n'est pas connu avec certitude. Les estimations vont de 100 000 à plus d'un million de morts.

  • 2015 participation avec l'Arabie Saoudite à la guerre du Yémen qui a fait 377 000 morts.

  • En 2024, les Etats-Unis avec l'aide du Royaume Uni bombardent à nouveau le Yémen. Le nombre de victimes reste inconnu.

  • Etc. Etc. 

    Par ailleurs, Trump traite le président du Venezuela Nicolas Maduro qu'il vient de kidnapper avec sa femme, de dictateur et son régime de narcotrafiquant. Là encore il faut rappeler quelques faits historiques qui ont marqué le XXe siècle. Le nombre de dictateurs installés ou soutenus par les Etats-Unis à travers la planète est impressionnant : Artur da Costa e Silva au Brésil, Juan Carlos Onganía et Videla en Argentine, le régime somoziste au Nicaragua, Maximiliano Hernández Martínez au Salvador, le régime de Fulgencio Batista à Cuba, de Marcos Pérez Jiménez au Venezuela, de Banzer en Bolivie, Soeharto en l'Indonésie, Marcos aux Philippines, Musharraf au Pakistan. Hosni Moubarak en Egypte etc. etc. Après le colonialisme européen qui a tenu dans la servitude près de la moitié de la population mondiale, les Etats-Unis sont devenus, grâce à leur supériorité économique, les nouveaux oppresseurs des peuples.

Mohamed Belaali

 

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Published by M B
3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 08:42

Le 23 septembre 2025 devant l'Assemblée générale des Nations unies, le président américain Donald Trump déclarait : "Le changement climatique est la plus grande arnaque jamais menée contre le monde" . Le lendemain, le président chinois Xi Jinping s'engageait devant la même Assemblée à : "réduire les émissions de gaz à effet de serre de 7 à 10 % d’ici 2035 ". Ainsi Trump non seulement nie jusqu'à l'existence même d'un quelconque problème lié au climat, se retire des traités et accords internationaux, mais déploie d'une manière récurrente ses efforts pour saboter les actions que pourraient entreprendre les autres pays. Il a supprimé les contraintes liées aux émissions des véhicules et à la consommation de carburant. Les grands constructeurs automobiles américains comme Ford, Stellantis ou encore General Motors ont salué cette décision. Il mène en même temps une véritable guerre contre la science et plus particulièrement contre les sciences du climat. L'administration Trump va jusqu'à interdire l'utilisation de certains mots liés au réchauffement climatique. Ce désengagement total des Etats-Unis, deuxième émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES) est lourd de conséquences pour la réalisation des objectifs mondiaux au niveau du climat et de l’environnement que la communauté internationale a déjà beaucoup de mal à respecter.

Pendant que le président américain affiche ostentatoirement son mépris pour la lutte contre le réchauffement climatique, la Chine, elle, est devenue en quelques années seulement, une véritable puissance de la transition climatique. Sur le plan énergétique par exemple, la Chine est résolument tournée vers la production, l'utilisation et l'exportation des énergies propres : "En Chine, le nombre d'éoliennes et de panneaux solaires installés l'an dernier dépasse celui du reste du monde réuni. Et cet essor des énergies propres en Chine se propage à l'international" écrit le New York Times. "La Chine se couvre de champs de panneaux solaires d’un gigantisme inédit" souligne le journal Le Monde. Selon The Guardian, la Chine est en train de réaliser ses objectifs en matière des énergies solaires et éoliennes avec cinq ans d'avance. Les véhicules électriques jouent un rôle primordial dans cette politique environnementale chinoise : "la Chine explose son record de ventes avec plus de 6 millions de véhicules vendus (...) contrairement à l'Europe et l'Amérique du Nord où les ventes de voitures à zéro émission stagnent" nous dit le journal Libération. Aujourd'hui 90 % des véhicules qui circulent en Chine sont électriques. La Chine est ainsi devenue en si peu de temps le leader incontesté des énergies renouvelables. Au moment où les Etats-Unis continuent à torpiller les efforts contre le réchauffement climatique, la Chine exporte partout son savoir-faire en matière des énergies propres. Des pays comme l'Inde, le Brésil, l'Ethiopie, le Vietnam, le Nigeria etc. utilisent de plus en plus des énergies solaires et éoliennes grâce aux exportations et aux usines installées dans ces pays par la Chine, bouleversant ainsi la politique climatique mondiale. Non seulement la Chine domine déjà la production des énergies renouvelables, mais accélère également son avance technologique sur le reste du monde : "La Chine détient près de 700 000 brevets dans le domaine des énergies propres, soit plus de la moitié du total mondial (...) Pour réduire drastiquement ses coûts de production, la Chine a automatisé ses usines, installant chaque année entre 2021 et 2023 plus de robots que le reste du monde réuni, et sept fois plus que les États-Unis" nous apprend le  New York Times.

Toutefois, la Chine reste encore très dépendante du charbon, principale source des émissions de CO2. De ce fait, elle demeure le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre. La Chine émet plus de 30 % du total des émissions mondiales. Mais grâce au développement fulgurant des énergies propres, la Chine a réussi à stabiliser ses émissions de CO2. Les observateurs estiment que ses émissions connaîtront même une baisse pour l'ensemble de 2025.

A l'opposé, la politique énergétique de l'administration Trump est résolument en faveur des énergies fossiles conformément aux intérêts des industries pétrolières et gazières. Cette politique est réduite à encourager les compagnies pétrolières et gazières à forer encore et toujours. Précisons que le secrétaire à l'Energie de Trump n'est autre que Chris Writght représentant des intérêts des producteurs d’énergies fossiles. C'est lui qui disait "nous accélérons la production de toutes les ressources de base : le charbon, le nucléaire, la géothermie et, bien sûr, le gaz naturel. À lui seul, le gaz naturel fournit plus de 40 % de l’électricité américaine et 25 % de l’énergie primaire mondiale. Il réchauffe plus de foyers américains que tout autre combustible, soutient l’industrie pétrochimique en plein essor et reste la principale source de chaleur industrielle pour la fabrication." Rappelons également que les Etats-Unis sont de loin le premier producteur mondial du pétrole et le premier exportateur de gaz naturel permettant aux Etats-Unis de réaliser ce que Trump appelle la "domination énergétique". Trump, Chris Writgh et la classe sociale qu'ils représentent n'ont aucunement envie de renoncer à leurs profits même au prix de catastrophes climatiques extrêmes qui ravagent notre planète. Car un système, le capitalisme, qui méprise l'homme ne peut respecter la nature.

Si la Chine a réussi là où les Etats-Unis et l'occident capitaliste en général ont échoué, c'est grâce à la prise de conscience par les dirigeants chinois des enjeux climatiques, des ravages écologiques durant des décennies de croissance effrénée et grâce aussi à la volonté politique du Parti communiste chinois (PCC) de hisser l'écologie au rang de priorité fondamentale du développement économique de la Chine. Le PCC va jusqu'à parler de la civilisation écologique :"Le développement d'une civilisation écologique constitue un projet à long terme dont dépendent le bonheur de la population et l'avenir de la nation chinoise. Face à une situation difficile - où les contraintes des ressources naturelles se durcissent, la pollution de l'environnement s'aggrave et l'écosystème se détériore, nous devons inculquer au peuple entier les notions d'une civilisation écologique préconisant de respecter la nature, de s'adapter à ses exigences et de la préserver." Il ne s'agit ni d'un concept abstrait ni d'un simple slogan politique. Le concept de civilisation écologique est inscrit dans la constitution de 2018 et intégré aux différents plans quinquennaux qui consacrent des sommes colossales pour atteindre des objectifs fixés d'avance en matière de lutte contre le réchauffement climatique. La Chine se distingue ainsi des Etats-Unis par sa planification quinquennale qui fixe les progrès à réaliser dans les différents secteurs. Dans un monde marqué par une grande incertitude, la planification reste un instrument efficace qui offre à la Chine une prévisibilité remarquable dans la réalisation de ses objectifs. La volonté politique est ainsi traduite par des actions concertées et planifiées. La réussite chinoise en matière écologique s'explique également par sa puissance économique et technologique. La Chine devance déjà les Etats-Unis dans 37 des 44 technologies dites "critiques" selon l'ASPI. La recherche chinoise sur l'IA a publié en 2024 plus de travaux universitaires que leurs pairs américains et européens réunis. La robotisation des entreprises chinoises connaît un développement impressionnant. La Chine à elle seule a installé plus de robots industriels dans ses usines que le reste du monde. Les Dark factories sont des usines avec très peu d'ouvriers et beaucoup de rebots pilotés par l'intelligence artificielle capables de produire jusqu4à 1200 voitures électriques par jours. En matière des technologies propres, la Chine a pris un sacré temps d'avance sur les Etats-Unis. Les entreprises chinoises comme BYD, CATL, Trina, Longi ou encore SGCC et bien d'autres sont aujourd'hui des géants du marché mondial des énergies propres. En 2025, les exportations chinoises de technologies vertes ont atteint un nouveau record alors même que leurs prix ne cessent de baisser.

Ainsi la Chine est non seulement une puissance économique et technologique, mais aussi une véritable puissance écologique. Elle est aujourd'hui le leader mondial incontesté en matière de lutte contre les changements climatiques contrairement aux Etats-Unis qui remettent ouvertement en cause la réalité de ces changements et cherchent par tous les moyens à vendre au monde entier ses énergies fossiles. La Chine combine ainsi développement économique et progrès écologique. Grâce à la volonté politique du PCC, guidée par une planification centralisée efficace et soutenue par des investissements massifs, les progrès en matière de lutte contre le réchauffement climatique sont devenus réalité. Face au mépris ostentatoire des Etats-Unis pour la lutte contre le changement climatique, la Chine, elle, poursuit avec persévérance et efficacité la construction de sa civilisation écologique qui selon les dirigeants de la République populaire de Chine est au coeur de la modernisation du "socialisme aux couleurs de la Chine" : "L'une des caractéristiques clés de la modernisation socialiste de la Chine se trouve dans l'harmonie entre l'homme et la nature."

 

Mohamed Belaali

 

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5 novembre 2025 3 05 /11 /novembre /2025 08:25

 

Ce qui frappe le visiteur lorsqu'il arrive pour la première fois en Chine en plus des grandes marques occidentales présentes un peu partout dans les grandes villes, ce sont des gares modernes, des trains rapides et confortables qui partent et arrivent à l'heure, des voitures électriques un peu partout, des robots livreurs dans les hôtels, l'utilisation généralisée des paiements par QR codes etc. Ces exemples que le voyageur rencontre dès ses premiers pas en Chine, qui ne sont que quelques arbres qui cachent la forêt, montrent la volonté de ce pays de faire de l'innovation technologique un axe central de son développement. Le 4e plénum du 20e Comité central du Parti communiste chinois qui s'est tenu à Pékin du 20 au 23 octobre 2025, souligne dans son communiqué l'importance accordée à la technologie et à l'innovation dan le nouveau plan quinquennal (2026/2030) : "(...) Il faut conjuguer les efforts de tous pour faire de la Chine une vraie puissance dans les domaines de l'éducation, des ressources humaines et des sciences et technologies, améliorer l'efficience globale du système d'innovation national, renforcer la capacité d'innovation autonome sur tous les plans, se situer à la pointe du progrès technologique". Justement dans le domaine de la technologie, la Chine devance déjà les Etats-Unis dans 37 des 44 technologies dites "critiques" selon l'ASPI. La recherche chinoise sur l'IA a publié en 2024 plus de travaux universitaires que leurs pairs américains et européens réunis. La robotisation des entreprises chinoises connaît un développement impressionnant. La Chine à elle seule a installé plus de robots industriels dans ses usines que le reste du monde.

Rappelons qu'avant la Révolution chinoise de 1949, la Chine était parmi les pays les plus arriérés et les plus pauvres du monde dont l'espérance de vie était inférieure à 40 ans. Aujourd'hui c'est-à-dire 76 ans seulement après, la République populaire de Chine est devenue la deuxième puissance économique et son espérance de vie dépasse désormais celle des Etats-Unis. Pour la Banque mondiale, la Chine est déjà première puissance mondiale si l'on tient compte de son PIB mesuré en parité de pouvoir d'achat (1).

Il va sans dire que sans la révolution de 1949 menée triomphalement par le Parti communiste chinois, ce progrès fulgurant, le plus rapide de l'histoire moderne, n'aurait tout simplement pas été possible. La Chine revient donc de très loin. En effet, de 1839 à 1949, le pays avait été humilié par les puissances occidentales qui ont réussi à obtenir, entre autres, des "Concessions" sur son propre territoire. La Chine est tombée dans l’état d’une société semi-coloniale et semi-féodale. Les chinois appellent cette triste période le "Siècle des humiliations". Il fallait attendre la révolution socialiste de 1949 pour que la Chine s'émancipe de la tutelle occidentale. La révolution a mis ainsi fin à son état de désagrégation, aboli les traités inégaux imposés à la Chine par les puissances étrangères. La révolution a rendu au peuple chinois, non seulement sa dignité bafouée par des agressions impérialistes en tout genre, mais elle a jeté les fondements d'une renaissance de la nation chinoise. Dès le début, les révolutionnaires chinois ont compris que le salut de leur pays ne viendrait pas du capitalisme. Ils ont emprunté alors la longue et tortueuse route du socialisme. Car "seul le socialisme peut sauver la Chine et que seul le socialisme lui permet de se développer". La Constitution de 1954 précise dans son article 4 "La République populaire de Chine, s'appuyant sur les organes de l'État et les forces sociales, par l'industrialisation socialiste et la transformation socialiste, garantit l'élimination progressive du système d'exploitation et l'instauration d'une société socialiste." Mais il s'agit d'un socialisme singulier, original, adapté aux réalités de la Chine avec une forte présence du marché et du capital privé national et étranger dans son économie. En effet depuis 1978 des réformes importantes ont été adoptées et appliquées progressivement. C'est un changement de ligne mais pas d'orientation. Car la Chine demeure selon sa propre constitution un pays socialiste, mais un socialisme de marché : " Le secteur économique individuel, le secteur privé et les autres secteurs qui n'appartiennent pas à l'économie publique qui existent dans les limites définies par la loi, constituent une composante majeure de l'économie socialiste de marché." (article 11 de la Constitution de 1982 consolidée en 2018). Cette association de deux logiques

contradictoires, celle du marché capitaliste et celle du socialisme s'inscrit, pour les révolutionnaires chinois, dans une perspective à long terme de construction du socialisme. En attendant, cette combinaison originale, ce système hybride, s'il a permis une croissance élevée, a favorisé en même temps l'apparition d'une classe moyenne, de riches voire de très riches associés au capital étranger notamment dans les grandes villes avec toutes les conséquences qui en découlent au niveau de la répartition des richesses. Les inégalités et la pauvreté se sont accrues. La Chine est devenue l'un des pays où les inégalités de revenus sont les plus importantes au monde. Ainsi entre 1984 et 2010 son coefficient de Gini (2) qui mesure le degré d'inégalité d'un pays est passé de 27,1 à 43,7 selon la Banque mondiale. Conscients de cette situation, les dirigeants chinois ont pris des mesures concrètes pour lutter contre la pauvreté notamment dans le milieu rural. Ainsi une Agence de lutte contre la pauvreté a été créée en 1986, des fonds spéciaux de l'Etat sont alloués aux régions les plus pauvres du pays, la suppression totale des taxes agricoles en 2006, la mise en place d'une couverture médicale etc. Cette guerre contre les inégalités et la pauvreté a été menée et supervisée par le Parti communiste chinois. Le coefficient de Gini a ainsi baissé passant de 43,7 en 2010 à 36 en 2022 selon toujours la Banque mondiale. La pauvreté extrême a été totalement éradiquée en Chine : la population qui vivait avec seulement 3 dollars par jour est passée de 48,1 % en 2002 à 0 % en 2022.

L'implication de l'Etat et du Parti dans la lutte contre les inégalités et la pauvreté n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Car en Chine toutes les activités économiques et sociales jugées stratégiques comme le développement économique, le bien-être de la population, la propriété du sol, du sous-sol, les infrastructures, les grandes entreprises industrielles, les banques, la monnaie, les assurances etc. sont dirigées par l'Etat, lui-même contrôlé étroitement par un parti communiste qui se réclame toujours du marxisme-léninisme. L'Etat et le Parti sont structurés de manière à ce que le deuxième domine le premier, le politique domine l'économique. L'arrivée de Xi Jinping, qui se présente d'ailleurs comme l'héritier naturel de Mao, à la tête Parti (2012) et de l'Etat (2013) n'a fait que croître cette domination. Les entreprises privées jouent un rôle très important dans l'économie chinoise, mais elles ne décident ni de la politique ni de l'orientation du pays. Les stratégies économiques et sociales de la Chine sont définies par la direction du Parti communiste et l'Assemblée nationale populaire dans le cadre des plans quinquennaux qui existent depuis 1953. Comme le souligne la Constitution, la Chine est "un État socialiste de dictature démocratique populaire. La direction du Parti communiste chinois est la caractéristique déterminante du socialisme de style chinois. Il est interdit à toute organisation et à tout individu de porter atteinte au régime socialiste." dit l'article premier de la Constitution de 1982 consolidée en 2018.

La Chine qui se réclame toujours de Marx et de Lénine, dirigée par un puissant parti communiste, qui pratique une planification quinquennale efficace, est en passe de devenir en si peu de temps la première puissance économique du monde. La montée en puissance de la Chine contraste et fait ressortir encore davantage le déclin et la déliquescence des économies et des sociétés capitalistes.

Pendant que la République populaire de Chine poursuit avec persévérance l'édification du socialisme "de marché aux caractéristiques chinoises", l'occident capitaliste avec à sa tête les Etats-Unis, sombre lentement dans le fascisme.

 

Mohamed Belaali

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(1) Les parités de pouvoir d'achat (PPA) sont des taux de conversion monétaire qui visent à égaliser le pouvoir d'achat des différentes monnaies en éliminant les différences de niveaux de prix entre les pays. Définition de l'OCDE.

(2) Le coefficient ou indice de Gini est un indicateur synthétique permettant de rendre compte du niveau d'inégalité pour une variable et sur une population donnée. Il varie entre 0 (égalité parfaite) et 1 (inégalité extrême). Il est fréquent que le coefficient de Gini soit multiplié par 100 afin qu’il oscille entre 0 et 100. Cela permet d’en faciliter la lecture. Définition de l'INSEE.

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3 août 2025 7 03 /08 /août /2025 09:11

 

" Si je dois mourir, tu dois vivre pour raconter mon histoire" *

 

 

 

 

 "Il m'a suffit de demeurer dans le sein de mon pays

de terre, d'herbe et de fleur"  

 

 

Il est difficile par ces temps sombres d'écrire sur la poésie palestinienne. Comment en effet, face aux actes de génocide qui se déroulent sous nos yeux, continuer encore à parler de la poésie et des poètes palestiniens. Aucun autre colonialisme, car c'est de cela qu'il s'agit, n'a été aussi loin dans la barbarie que le colonialisme sioniste. Mais les poètes sont une espèce d'hommes et de femmes qui incarnent mieux que quiconque les souffrances collectives et la résistance à toutes les formes d'injustice. Ils sont les témoins éloquents à la fois de la tragédie et du combat de leur peuple. Il est peut-être plus utile encore d'évoquer dans ces moments tragiques les poètes palestiniens dont toute l'œuvre se confond avec cette terre volée et "violée" de la Palestine.

 

Aujourd'hui la poésie palestinienne est en deuil. Plusieurs poètes ont été tués, souvent avec leur famille, depuis le début du génocide israélien en octobre 2023. Mais malheureusement la longue tragédie palestinienne n'a pas commencé le 7 octobre. Contre la culture et l'organisation de l'amnésie collective, il faut rappeler que les exécutions et la répression des poètes palestiniens par l'Angleterre d'abord et Israël ensuite existaient bien avant cette date. La guerre contre les poètes et le peuple palestinien n'a pour ainsi dire jamais cessé. Fadwa Touqan, surnommée "poétesse de la Palestine" fait partie intégrante de ces poètes persécutés. Sa poésie, comme disait le Pr Francesco Gabrielli doyen des orientalistes italiens, "brûle pour sa terre usurpée, pour son peuple humilié et opprimé" (1). Mais la poésie de Fadwa se caractérise également par un combat permanent contre l'oppression patriarcale. Emancipation de la femme et résistance à l'occupant sont ainsi intimement imbriquées dans son œuvre poétique. De ce fait, Fadwa Touqan occupe une place à part dans la littérature palestinienne. "Mon histoire, c'est l'histoire de la lutte d’une graine aux prises avec la terre rocailleuse et dure. C’est l’histoire d’un combat contre la sécheresse et la roche. (...) Peu importe si nous perdons la bataille, l'essentiel est de ne pas se laisser abattre, de ne pas rendre les armes" écrivait-elle dans ses mémoires "Le cri de la pierre" (2). Face à cette double oppression, Fadwa ne pouvait brandir que les vers de sa poésie, la seule arme qu'elle possédait :

 

"Ma sœur, notre terre a un cœur palpitant,

qui ne cesse de battre, et endure

l’insupportable. Elle garde les secrets

des collines et des matrices. Cette terre qui fait pousser

l’épi et le palmier est aussi la terre

qui donne naissance au combattant pour la liberté.

Cette terre, ma sœur, est une femme" (3)

 

A une question d'une journaliste israélienne qui lui demandait si la poésie était plus forte que les chars et les Mirages, Fadwa Touqan répondit "il semblerait que oui. Les autorités m'interdisent de lire publiquement ma poésie et de la diffuser. La poésie frappe les esprits et, si je ne nie pas la force des Mirages et des chars, il est certain qu'elle possède une force morale toujours capable de soulever le peuple". Moshé Dayan, ministre israélien de la Défense, ne disait-il pas lorsqu'il avait convoqué en octobre 1968 les notables de la ville de Naplouse "(...) Il y a cette poétesse parmi vous, dont un seul poème suffit à faire naître dix vocations de résistants" (4).

 

Fadwa Touqan est née en 1917 à Naplouse, l'année de la Déclaration Balfour, dans une grande famille bourgeoise et conservatrice comme beaucoup de riches familles palestiniennes de cette époque. Elle était l'enfant non désirée, "Je suis sortie du néant pour entrer dans un monde inhospitalier. Ma mère, durant les premiers mois de sa grossesse, essaya à plusieurs reprises de se défaire de moi. Mais ses tentatives furent vaines". Elle a été retirée très tôt de l'école sous prétexte qu'un garçon de seize ans lui avait offert une fleur : "L'unique contact qui eut lieu entre lui et moi, ce fut la fleur de jasmin qu'un jour un petit garçon courut m'apporter de sa part. Quelqu'un surveillait notre manège, et me dénonça à mon frère Youssef. Il me menaça de me tuer si je franchissais le seuil de la maison. (...) C'est dans cette demeure, contre ses hauts murs, que se brisèrent mon enfance, mon adolescence et une bonne partie de ma jeunesse". Fadwa Touquan décrit cette prison familiale comme "un moule d'acier dans lequel nous enferme la famille, et qu'elle nous interdit de briser, les coutumes qu'il est difficile d'enfreindre, les traditions dépourvues de bon sens et qui emprisonnent la jeune fille dans un monde d'absurdité, je ne cessais d'aspirer à m'en échapper". Dans ces familles aisées et traditionalistes, la maison ressemblait "à une vaste volière, écrit-elle, emplie d'oiseaux domestiques. La mission de ces volatiles en cage était de couver les petits, de passer leurs vies entre les grosses marmites en cuivre, tel était l'objectif ultime, la fin de toutes les fins".

Parmi les rares occasions de sortie pour les femmes, comme elle le relatait dans son autobiographie, il y avait le hammam. "Pour moi aussi le jour du hammam était un jour de fête. La vapeur s'élevant de toutes parts, l'odeur particulière et étrange qui imprégnait les sens d'une chaleur intime, les voix joyeuses des femmes auxquelles se mêlaient les cris et les pleurs des enfants. (...) Les femmes de la classe pauvre se déplaçaient tout naturellement d'une pièce à l'autre les seins et les fesses nus. J'appréciais la spontanéité de ces femmes, plus libres et plus franches que les bourgeoises hypocrites".

Vers la fin des années 20 du siècle dernier, une organisation féminine, l'Union des femmes de Palestine, commençait timidement à organiser la lutte politique des femmes contre l'occupation britannique : "Si la participation de la femme citadine se limitait, écrivait Fadwa, aux manifestations, à l'envoi de télégrammes de protestation et à la tenue de réunions, la femme villageoise jouissait d'une plus grande et plus utile liberté de mouvement, car elle ne se couvrait pas le visage. C'est elle qui apportait les armes et la nourriture aux rebelles cachés dans les montagnes."

Plus tard, contre l'oppression israélienne cette fois, la femme palestinienne était là encore présente, mobilisée aux côtés des hommes dans le combat pour la survie : "Leur présence s'exprime par toutes sortes de combats, de sacrifices. La flamme des martyres éternelles illumine le chemin, à côté de celle des hommes morts pour leur pays". Fadwa rend hommage également aux jeunes filles tombées sous les balles de l'occupant en ces termes : "Fleurs de printemps, jeunes filles consacrées à l'amour de leur pays, elles finissent par se mêler à la terre et s'unir à son corps vert irrigué par la révolte".

Après la défaite de 1967 et l'occupation de la Cisjordanie et de Gaza, la poésie de Fadwa

devient résolument une poésie de combat et de résistance rejoignant ainsi d'autres intellectuels et poètes palestiniens de sa génération. Dans un poème qui lui a été dédié, Mahmoud Darwish écrivait :

 

"Nous, ô sœur, depuis vingt ans

Nous n'écrivons pas de poèmes mais nous combattons"

 

La censure interdisait ses poèmes et confisquait ses recueils. Elle ne pouvait lire sa poésie que dans des meetings ou soirées poétiques organisés clandestinement. Elle se heurtait souvent aux ordres militaires lui interdisant de quitter Naplouse pour se rendre à des manifestations littéraires nationalistes. Ses mouvements étaient ainsi entravés dans son propre pays. Mais malgré ces intimidations et cette répression, Fadwa a tenu bon. C'est dans ces conditions, paradoxalement, que Moshé Dayan, ministre israélien de la Défense, a souhaité rencontrer Fadwa Touqan. Elle a beaucoup hésité :"Quelle contradiction! Quel paradoxe! Moi qui représentais dans mes poèmes le refus de l'occupant et la résistance, j'irais donc voir Dayan, l'homme qui incarnait l'occupation et l'agression. Que faire? Comment me comporter?

La rencontre s'est déroulée finalement dans la maison privée du ministre à Tel-Aviv en présence de son épouse et de sa fille :

"Avant même de s'asseoir, Dayan s'adressa à moi :

-"Vous nous détestez. J'ai lu certains de vos poèmes traduits en hébreu. Ils débordent de paroles violentes, de sentiment haineux".

-Je ne vous déteste pas en tant que juif, mais en tant qu'occupant répondit Fadwa Touqan, les juifs ont droit à une existence libre et digne après ce qu'ils ont souffert en Europe. Mais pourquoi nous, les palestiniens, devrions-nous en payer le prix? Je ne peux qu'exprimer mes émotions envers ma patrie et mon peuple. Me le reprochez-vous?

-"Non je ne vous le reproche nullement, dit-il, au contraire je vous apprécie. Mais à quoi cela nous mènera-t-il?" Moshé Dayan expliquait par la suite que le président égyptien Nasser était un obstacle sur le chemin de la paix entre palestiniens et israéliens, que les dirigeants arabes n'ont pas suffisamment d'influence sur lui pour l'amener à s'asseoir à la table des négociations. Et lorsque Fadwa lui demandait alors qui pourrait intervenir? Dayan répondit "vous, faites-le!".

Effectivement Fadwa a rencontré Nasser en décembre 1968, mais elle n'a pas abordé avec lui son entretien avec Moshé Dayan. Nasser écrivait-elle "commença à m'interroger sur la situation dans notre pays. Je lui en fis un tableau complet et lui parlais de la ferveur de la population qui scandait son nom avec enthousiasme pendant les manifestations : "Nasser! Nasser!" face à la brutale armée israélienne."

Apprenant la nouvelle de cette rencontre, Moshé Dayan s'est empressé de convoquer à nouveau Fadwa pour s'enquérir du contenu de cette entrevue : "Rapportez-moi ce que vous voudrez de cette conversation et gardez le reste pour vous". Pour Fadwa, Moshé Dayan menait une politique qui consistait à "étouffer les palestiniens sous l'occupation en usant d'une main de fer dans un gant de velours".

Fadwa tenait également à évoquer dans ses mémoires, l'amitié qui la liait à un certain nombre d'israéliens et à rendre hommage à des personnalités juives importantes comme Yehudi Menuhin, David Grossman, Félicia Langer... qui ont dépensé sans compter pour défendre la cause palestinienne. Elle a publié, entre autres, une lettre que lui avait envoyée son amie la poétesse israélienne, Rachel Farhi : "Rien ne justifie qu'un enfant meurt ainsi, arbitrairement, qu'il appartienne à un camp ou à l'autre. Il n'est pas concevable que l'être humain en nous meurt deux fois. Nous, les poètes, nous n'avons pas le pouvoir de prendre des décisions et de négocier la paix, mais nous pouvons protester et combattre avec la plume et la musique de nos vers". Après sa rencontre en janvier 1972 à Naplouse avec le philosophe américain Herbert Marcuse (1898-1979), celui-ci a publié une déclaration dans le Jérusalem Post qui a soulevé la colère des israéliens : "En tant que juif qui ai souffert de la répression nazie, cela ne me réjouit pas le moins du monde qu'Israël est devenu un Etat militaire qui utilise ses acquis matériels et intellectuels à des fins guerrières. Les palestiniens ont été forcés à l'exil deux fois à cause des ambitions régionales sionistes. (...) Il semble qu'Israël soit l'enfant gâté du monde politique occidental et puisse faire ce que bon lui semble".

En 1987, une nouvelle révolte éclate contre l'occupation israélienne menée par la jeunesse palestinienne; c'est la révolte des pierres ou l'Intifada qui a duré sept ans. Une fois encore, le combat est inégal. D'un côté des jeunes armés uniquement de leur détermination et de pierres, de l'autre, des soldats avec des armes redoutablement efficaces. Des centaines de manifestants sont tombés sous les balles de l'occupant. Les autorités israéliennes ont intimé l'ordre aux familles d'enterrer les cadavres la nuit ou pendant le couvre-feu pour éviter l'embrasement de tous les territoires occupés. Fadwa a tenu à rendre hommage à ces martyrs anonymes enterrés dans le silence et l'obscurité :

 

Ils sont morts debout

Illuminant le chemin

Scintillant comme des étoiles, baisant la bouche de la vie

Regarde-les au loin, ils embrassent la mort pour notre survie

 

Fadwa Touqan s'est éteinte le 12 décembre 2003. Elle a emporté avec elle les souffrances d'enfant non désiré et opprimé et la blessure inguérissable de l'occupation. Son rêve de vivre dignement et librement sur sa terre ne s'est pas réalisé. Pire, Israël et les Etats-Unis, avec la complicité active d'une grande partie des gouvernements européens, s'acharnent aujourd'hui à vouloir exterminer le peuple palestinien.

Fadwa Touqan repose à Naplouse sa ville natale. Elle a exprimé sa volonté de mourir sur le sol de la Palestine et d'y être enterrée. C'était son souhait le plus profond et aussi son dernier acte symbolique de résistance à l'occupant :

 

"Il m'a suffit de mourir dans ses bras

d'être enterrée là

de fondre sous son limon et disparaître

de renaître d'herbe sur son sol

et de renaître fleur

que chiffonne la main d'un enfant poussée dans mon pays

Il m'a suffit de demeurer dans le sein de mon pays

de terre, d'herbe et de fleur" (5)

 

Mohamed Belaali

 

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(1)"Le cri de la pierre". Mémoires". Fadwa Touqan. Ouvrage traduit de l'arabe par Joséphine Lama et Benoît Tadié. L'Asiathèque, 2024. Page 430. Toutes les citations sont extraites du livre mémoires, "Le cri de la pierre".

(2)"Le cri de la pierre" p.11

(3) Cette terre, ma sœur, est une femme » : L'héritage de Fadwa Tuqan en tant que figure féministe - Agence Media Palestine

(4) Ibid p. 335. 

(5)Traduit de l'arabe par Marianne Weiss, Al-Ahram Hebdo.

 

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26 juin 2025 4 26 /06 /juin /2025 08:34

 

 

Économique, sociale, écologique et morale, la crise du capitalisme contemporain est totale. Créé par les hommes, ce système est en train de se retourner contre eux, comme les puissances maléfiques se retournent contre leurs magiciens. Ils constatent effarés, malgré l'idéologie dominante qui tente de masquer la réalité, les ravages du capitalisme. Ils assistent impuissants à leur lente destruction ainsi que celle de leur environnement.

Faible croissance économique, effondrement des gains de productivité, explosion de la dette mondiale, inflation persistante, baisse du pouvoir d'achat, guerres commerciales, ralentissement de la demande, instabilité financière, spéculation etc, tous les indicateurs économiques importants sont au rouge (1). Il ne s'agit pas d'une simple crise cyclique passagère, mais d'une crise profonde et organique du capitalisme. Le chômage et la précarité, conséquences directes de cette crise, demeurent l'une des plus angoissantes préoccupations pour des millions d'hommes et de femmes. Ils sont une source majeure d'incertitude et de misère économique et sociale : perte de revenu, déclassement, stigmatisation (2), isolement social, désespoir, dépressions, mortalité prématurée (3), suicides etc. Ces effets dramatiques pour les travailleurs sont intimement liés à la production capitaliste. Car l'individu dans ce système est réduit à l'état de marchandise qui se vend et s'achète sur le marché. Thomas Hobbes dans son Léviathan disait "la valeur d'un homme, son estimation, est, comme pour toutes les autres choses, son prix, c'est à dire exactement ce qu'on en donne pour l'usage de sa force" (4). On peut ajouter pour l'usage de sa force de travail. Mais celle-ci, la seule qui intéresse le capitaliste, est soumise aux aléas de l'économie. On peut donc s'en passer lorsque son usage devient inutile. Le capitalisme méprise l'homme, le rabaisse à l'état d'article de commerce. Il est nié, il n'a pas de place dans ce système. Seule compte la réalisation maximale du profit. L'homme est ainsi amené, par ce processus de déshumanisation, à servir l'économie dont il n'est finalement qu'un simple rouage. Mais un système qui méprise l'homme ne peut respecter la nature.

La course effrénée au profit est en contradiction profonde avec la nature. Les problèmes écologiques sont inséparables du mode de production capitaliste. Celui-ci est basé sur l'exploitation de l'homme et de la nature : "La production capitaliste ne développe donc la technique et la combinaison du procès de production sociale qu’en épuisant en même temps les deux sources d’où jaillit toute richesse; la terre et le travailleur" (5). L'homme, par son activité, transforme les matières fournies par la nature pour les rendre utiles à son propre usage. Mais dans ce système la transformation de la nature n'a pas pour objet la satisfaction des besoins humains par la création des valeurs d'usage (valeur utile), mais la production de marchandises destinées à être échangées entre elles (valeur d'échange) pour réaliser un profit maximum. Il faut préciser que le profit est non seulement la raison d'être de ce système, mais aussi une fin en soi. Le procès de production peut donc se répéter à l'infini. Or les ressources naturelles, ou tout du moins une partie d'entre elles, sont finies. La logique du capitalisme est intrinsèquement anti-écologique. Ce n'est pas un hasard si les patrons sont systématiquement et farouchement hostiles à tout accord sur l'environnement mettant en cause, même partiellement, leurs marges bénéficiaires. Détacher ces problèmes du système qui les engendre est une absurdité. Aucune conférence, aucun accord, aucun forum, aucune convention ni aucun protocole ne peut mettre fin au "massacre" de l'environnement sans remettre en cause le système lui-même. C'est ce qui explique dans une large mesure, l'échec de tous ces engagements, de toutes ces rencontres internationales. La dernière en date est la conférence des Nations Unies sur l'océan (Unoc3) qui a réuni à Nice, du 9 au 13 juin 2025, 130 pays dont une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement (6). Eh bien tout ce beau monde, après de longues palabres, a laissé derrière lui une déclaration finale (7) qui satisfaisait les participants, mais vide de tout sens. Un échec de plus ! Il y aura d'autres conférences, d'autres accords, d'autres rencontres et...d'autres échecs. Le "développement durable" ou "soutenable" n'est, lui aussi, qu'un gadget qui permet de faire durer le système et de le soutenir. L'ancien PDG de Renault, Louis Schweitzer, ne déclarait-il pas dans le mensuel "Enjeux Les Echos" en décembre 2004, "le développement durable n'est ni une utopie ni même une contestation, mais la condition de survie de l'économie de marché". Par économie de marché il faut entendre le capitalisme. Il n'est qu'un simple slogan publicitaire rentable pour les entreprises comme d'ailleurs les labels "biodégradable" ou "écoresponsable." Pour les entreprises, l'écologie est un bon produit marketing, un marketing vert bien sûr, qui peut se révéler rentable même à court terme. Il s'agit de vendre aux consommateurs "responsables" des produits "protégeant" la nature, comme les voitures, les produits cosmétiques ou ceux de l'industrie agroalimentaire. L'écologie telle qu'elle est véhiculée par l'idéologie dominante est une immense manipulation de masse. C'est un instrument efficace au service du capital.

En crise totale, le capitalisme donne et continue à donner chaque jour de belles leçons à celles et ceux qui cherchent encore dans ce système, basé sur l'exploitation de l'homme par l'homme, une quelconque morale. Il suffit de voir, sans revenir aux guerres terribles, aux crimes innombrables et aux scandales multiples du passé, dans quel état de déconfiture et de faillite se trouvent aujourd'hui toutes les valeurs de la bourgeoisie. Tous les dirigeants de l'occident capitaliste par exemple, à un degré ou à un autre, sont impliqués dans le génocide à Gaza. Leur négation de la vie humaine est totale. Leur volonté de vouloir anéantir tout un peuple est confirmée chaque jour qui passe. Les valeurs morales dont cet occident se targue encore sont désormais enfouies sous les décombres de Gaza. Gaza la martyre montre, si besoin est, que capitalisme et génocide vont de pair. Trump, qui voulait expulser tous les palestiniens et faire de Gaza une" Riviera du Moyen-Orient", est l'incarnation parfaite de cette faillite morale du système. Cynique, opportuniste et corrompu, il a sacrifié sur l'autel du pouvoir et de l'argent, la vérité, la science et la dignité humaine. Il a systématiquement démantelé tous les garde-fous éthiques, médiatiques et légaux. Il ne s'agit pas seulement d'un trait personnel, mais le reflet d'un système en crise profonde. Car Trump, le nouveau Führer américain, n' est pas le fruit du hasard. Il est le produit authentique de la démocratie bourgeoise. En période de crise, le capitalisme ne peut produire que ce genre de despote. La République de Weimar (1918/1933) la plus avancée et la plus démocratique des républiques bourgeoises a produit en son temps un monstre dont on dénonce aujourd'hui encore les crimes et les horreurs.

La société bourgeoise actuelle, comme on le voit est bien engagée sur la voie du chaos, des guerres (Ukraine, Gaza, Liban, Syrie, Yémen, Iran...) et de la destruction de la nature. Détruire de fond en comble le capitalisme, ennemi de l'homme et de la nature, est une urgence vitale. Les obstacles immenses et innombrables qui se dressent face à la réalisation de ce changement radical ne sauraient effacer ni sa légitimité, ni sa nécessité. La révolution socialiste reste la seule et l'unique solution. Il n' y a pas d'autres moyens de se débarrasser du capitalisme. Il n' y a pas un troisième système : socialisme ou barbarie capitaliste.

 

Mohamed Belaali

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(1)https://www.contretemps.eu/la-polycrise-du-capitalisme-elements-sur-la-situation-economique/

voir également : https://www.imf.org/fr/Blogs/Articles/2024/10/15/how-high-economic-uncertainty-may-thre

(2)https://www.cepremap.fr/2025/06/le-chomage-entre-precarite-materielle-et-vulnerabilite-psychologique/aten-global-financial-stability

(3)https://www.politis.fr/articles/2024/04/assurance-chomage-etude-inserm-cest-desormais-une-certitude-le-chomage-tue/

(4)T. Hobbes «Léviathan», cité par K Marx dans "Salaire, Prix et profit" :https://www.marxists.org/francais/marx/works/1865/06/km18650626h.htm#:~:text=Il%20avait%20dit%3A,de%20toutes%20les%20autres%20marchandises.

(5)K. Marx, Le Capital. Tome 1, livre premier, section IV.

(6)Conférence sur l'océan: la troisième Conférence des Nations Unies sur l’océan débute sur l’annonce de la prochaine mise en œuvre de l’accord sur la biodiversité marine en haute mer | Couverture des réunions & communiqués de presse

(7)https://press.un.org/en/2025/sea2231.doc.htm?utm_source=chatgpt.com

 

 

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26 avril 2025 6 26 /04 /avril /2025 11:40

 

Le 1er. février 2025 c'est-à-dire quelques jours seulement après son investiture, Donald Trump a décidé de taxer les produits importés de Chine de 10%. Le 3 mars et le 2 avril, il impose de nouvelles taxes portant les droits de douane sur les importations chinoises à 54 % . Le 10 avril il décide finalement de les taxer à 145 % applicables immédiatement alors que les autres pays bénéficieront d’un délai de 90 jours et d’un tarif réciproque de 10 %. C'est sans précédent dans l'histoire récente du commerce international. Il s'agit d' une véritable guerre économique que livrent les Etats-Unis à la Chine. "La Chine est notre ennemi" disait Trump. Si les autres pays ont envoyé des délégations pour supplier Trump de revenir sur ses décisions, la Chine, elle, a riposté au coup pour coup taxant les produits américains de 125 %. Trump cherchera probablement à négocier les tarifs douaniers avec la Chine tellement les deux économies sont imbriquées l'une dans l'autre. Mais ce qui se joue entre les deux pays va bien au-delà d'un simple conflit commercial. Car les hostilités envers la Chine existent depuis la création de la République Populaire de Chine en 1949. Avec le triomphe de la révolution, les américains, rappelons-le, ont tout simplement rompu leurs relations avec la Chine de Mao Zedong. Malgré des périodes de relative "entente" et de collaboration économique, les tensions et les rivalités entre Washington et Pékin n'ont pour ainsi dire jamais cessées. Cet antagonisme constant qui caractérise les relations entre les deux puissances et qui structure désormais l'ordre mondial, s'explique par la farouche volonté des américains d'empêcher la Chine d'accéder au rang de première puissance mondiale. Pour les Etats-Unis, la Chine est la seule nation capable de remettre en cause leur hégémonie et leur suprématie. La Chine est "le seul concurrent potentiellement capable de combiner puissance économique, diplomatique, militaire et technologique pour défier de manière soutenue un système international stable et ouvert" peut-on lire dans le "Guide stratégique provisoire sur la sécurité nationale" de l'administration Biden. Les américains savent que la Chine est une puissance montante et devient surtout de plus en plus hors de leur contrôle. Son importance démographique, son potentiel économique et son influence diplomatique grandissante à travers le monde sont redoutés au plus haut degré par la classe dirigeante américaine. La menace chinoise est perçue par les Etats-Unis comme un défi existentiel à leur hégémonie. En effet, si l'Amérique reste encore la première puissance mondiale, leur leadership est remis en cause par le développement rapide de la Chine essentiellement dans les domaines technologique, monétaire et militaire. Ainsi une lutte implacable est menée sans répit par les deux superpuissances pour le contrôle des technologies les plus avancées, pour l'hégémonie monétaire et pour la suprématie militaire. Dans le domaine de l'intelligence artificielle (IA) par exemple, les démocrates comme les républicains (toujours d'accord quand il s'agit de la Chine) ainsi que les dirigeants des multinationales du numérique se réunissent régulièrement dans le cadre de la "Commission nationale de sécurité sur l'intelligence artificielle" pour fournir des éléments d'analyse au président afin de maintenir l'avance technologique américaine : "Au cours de la prochaine décennie, la Chine pourrait dépasser les Etats-Unis en tant que première puissance mondiale de l'intelligence artificielle" disait le rapport de cette commission publié récemment (1). Les Etats-Unis sont conscients que le pays qui marquera des progrès significatifs dans le domaine de l'intelligence artificIielle, occupera la position dominante dans tous les autres domaines. Car cette technologie a cette spécificité et cette capacité à impacter, à entraîner et à dynamiser l'ensemble de l'économie. L'IA, technologie d'avenir à usages multiples, est devenue un enjeu majeur dans cette guerre à la puissance que se livrent les deux pays. Pour faire face à la puissance américaine dans ce domaine, la Chine ambitionne, à travers son plan élaboré en 2017, de devenir le leader mondial de l'IA d'ici 2030. En attendant, le 20 janvier 2025, date de l'investiture de Donald Trump, l’entreprise chinoise DeepSeek a annoncé la sortie de son modèle d’intelligence artificielle DeepSeek-R1 avec une source ouverte et un budget limité, provoquant la panique sur les marchés financiers et à Wall Street. "J’espère que le lancement de DeepSeek par une société chinoise sera un avertissement pour nos industriels et leur rappellera qu’il faut rester très concentrés sur la concurrence pour gagner" alertait de son côté le président américain qui a annoncé dans la foulée le projet "Stargate" de 500 milliards de dollars d'investissements sur quatre ans pour soutenir le développement de l'IA.

Par ailleurs, la Chine dispose d'une longueur d'avance sur les Etats-Unis dans le domaine de la construction automobile. En effet, comme l'écrit le New York Times, la Chine possède "une armée de robots alimentés par l'intelligence artificielle qui ont révolutionné la fabrication".

Dans le domaine des télécoms, les Etats-Unis ont tout simplement banni sur leur sol une demi-douzaine d'entreprises chinoises dont Huawei qui se distingue par son savoir-faire en avance sur celui des américains notamment dans la technologie 5G.

Il serait toutefois réducteur de penser que la volonté des américains d'empêcher la Chine de devenir la première puissance mondiale se limite au domaine de la technologie et de l'intelligence artificielle. La nouvelle guerre froide entre les deux pays ambrasse tous les domaines. Ainsi, l'hégémonie monétaire américaine, sa domination de l'économie mondiale par le dollar sont également contestées par la République Populaire. Pour l'instant le système monétaire international organisé autour du dollar n'est pas menacé. Mais les Etats-Unis redoutent que leur monnaie ne soit, à moyen terme, évincée par la monnaie chinoise comme le dollar avait évincé la livre britannique. Ils constatent déjà que la Chine utilise de plus en plus sa propre monnaie au lieu du dollar dans ses échanges avec le reste du monde. En 2023, le renminbi représentait 48,4 % dans le règlement du commerce extérieur de la Chine. Précisons que la République Populaire est le premier exportateur mondial et le principal partenaire commercial de près de 80 pays contre seulement une trentaine pour les Etats-Unis (2). L'Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et l'Irak acceptent désormais d'être payés en yuans, l'autre nom de la monnaie chinoise, pour le pétrole et le gaz. On parle de plus en plus des pétroyuans comme alternative aux pétrodollars. Même l'utilisation du dollar par le gouvernement américain comme arme contre les pays, les banques et les entreprises qui sont réfractaires à sa politique hégémonique, bénéficie au renminbi chinois. Les Etats-Unis possèdent en effet un pouvoir extraordinaire qui leur permet de sanctionner à l'extérieur de leur territoire tous les utilisateurs de leur monnaie. Cette extraterritorialité du dollar est source de vulnérabilité et porte gravement atteinte à la souveraineté des pays concernés. La Russie, l'Iran, la Turquie, le Venezuela, l'Afrique du Sud, le Pakistan, le Brésil, entre autres pays touchés par les sanctions américaines, cherchent des alternatives au dollar pour contourner cet abus de la part des Etats-Unis. La dédollarisation et l'utilisation du renminbi chinois sont des options qui leur permettent d'échapper au moins partiellement à cette dépendance au dollar. Précisons aussi que 20% des échanges de la France avec la Chine se font avec le yuan. Par ailleurs, les sanctions financières américaines et européennes après l'invasion de l'Ukraine ont permis à la Russie d'accélérer l'utilisation du yuan dans ses échanges extérieurs. 53 % des transactions de la Russie sous sanctions occidentales avec le monde extérieur ont été libellées en renminbi. Toutefois malgré l'importance des transactions internationales en renminbi, le dollar reste largement la monnaie dominante dans les échanges mondiaux. Mais La dynamique de l'internationalisation du yuan est en marche. C'est un processus irrésistible qui aboutira probablement non pas au remplacement d'une monnaie hégémonique par une autre, mais par la mise en place d'un nouvel ordre monétaire multipolaire.

Les américains s'inquiètent également de la montée en puissance militaire de la Chine qu'ils considèrent comme un défi majeur à leur hégémonie. Même si les Etats-Unis restent la première puissance militaire mondiale avec un budget trois fois supérieur à celui de la Chine, ses 750 bases militaires à l'étranger et ses 5000 ogives nucléaires, ils redoutent quand même la menace militaire chinoise. Ils savent que seule la Chine est capable de leur contester leur supériorité militaire.

L'amiral Phil Davidson écrivait en 2018 "Le futur m'inquiète de plus en plus. La Chine a connu une modernisation militaire rapide; nul ne peut plus garantir que les Etats-Unis gagneraient un futur conflit avec la Chine" (3). Un rapport des services de renseignement américains publié le 25 mars 2025, affirme clairement que " La Chine présente la menace militaire la plus complète et la plus forte pour la sécurité nationale". Il est vrai que l'expansion des capacités militaires chinoises sont impressionnantes. La construction navale chinoise est environ 200 fois plus grande que celle des États-Unis." " La Chine développe son arsenal nucléaire plus rapidement que n’importe quel autre pays" nous dit le SIPRI. Cette dynamique extraordinaire des capacités militaires chinoises est perçue comme une menace directe pour la sécurité américaine. Dans ces conditions, les Etats-Unis sont de plus en plus attirés par le recours à la force. On peut supposer que les machines de guerre américaines et chinoises sont amenées à se développer à l'avenir menaçant ainsi la paix mondiale.

 

Les américains, en fait, n'ont jamais supporté la révolution chinoise de 1949 perçue comme un danger existentiel pour leur suprématie. Depuis cette date, les affrontements, ouverts ou dissimulés, entre les deux puissances n'ont jamais cessé. Ils se manifestent par des guerres commerciales totales, des luttes sans répit pour le contrôle et la maîtrise des nouvelles technologies et par une course effrénée aux armements. Les américains sont déterminés à maintenir, vaille que vaille, leur hégémonie sur l'ensemble de la planète. la Chine, persuadée de la supériorité de son modèle économique et politique, est convaincue de pouvoir renverser l'ordre international dominé par les Etats-Unis. Les américains se rendent compte de plus en plus que la Chine, cette "Grande Muraille", est en train de modifier en sa faveur les rapports de force. Cette situation pousse les Etats-Unis à concentrer leurs efforts militaires sur la Chine. Le niveau de leurs dépenses militaires est impressionnant. Ces dépenses sont d'autant plus importantes que les Etats-Unis ont mis fin à leur présence, très coûteuse, en Afghanistan, en Irak, en Syrie et leur probable désengagement de l'Ukraine. Sachant que la Chine est hautement militarisée, une confrontation directe entre les deux puissances nucléaires pourrait entraîner des conséquences incontrôlables et catastrophiques non seulement pour les deux pays, mais aussi pour le reste du monde. Si un conflit armé est peu probable grâce à ce que les stratèges militaires appellent "l'équilibre de la terreur", le statu quo reste de moins en moins tenable pour les Etats-Unis.

Mohamed Belaal

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(1)Benjamin Bürbaumer "Chine/Etats-Unis, le capitalisme contre la mondialisation." La Découverte, pag 147.

(2)Benjamin Bürbaumer "Chine/Etats-Unis, le capitalisme contre la mondialisation."

(3) Op,cit. p. 284.

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17 avril 2025 4 17 /04 /avril /2025 07:34

Quel est le pays qui envoie depuis plus d'un demi-siècle non pas des troupes armées, mais des dizaines de milliers de médecins dans les coins les plus reculés et les plus inhospitaliers du monde  pour affronter toutes sortes de catastrophes sanitaires ? Les États-Unis, la France, le Royaume Uni ? Non. Il s'agit de Cuba ! un petit pays d'un peu plus de 11 millions d'habitants, sous embargo américain depuis 1962, qui ne possède ni armes biologiques, ni armes chimiques et encore moins des armes nucléaires. Mais Cuba possède l'un des systèmes de santé le plus efficace au monde. Son savoir-faire médical est reconnu même par ses ennemis (1). En 2015, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a même félicité Cuba pour avoir été le premier pays à éliminer la transmission du VIH et de la syphilis congénitale, de la mère à l’enfant (2). Ce savoir-faire médical, Cuba le partage avec tous les pays qui en font la demande. Cuba ne largue donc pas de bombes, n'envoie pas de troupes, mais des milliers de médecins, d'infirmiers, des brigades en blouse blanche à travers la planète pour sauver des vies humaines. C'est une expérience médicale et humaine unique dans les relations internationales. Mais Trump ne peut supporter qu'un tout petit pays comme Cuba puisse rayonner dans le monde à travers ses professionnels de santé largement salués par toutes les nations qui les ont accueillis. Ainsi le 25 février 2025, le secrétaire d'État américain Marco Rubio lui-même d'origine cubaine et farouche opposant au gouvernement de La Havane, a annoncé le durcissement des restrictions de visas pour les responsables liés aux brigades médicales cubaines dans le monde. Précisons que Trump, lui, prévoit de ne plus soutenir les programmes de vaccination à travers le monde.

Il est utile voire nécessaire de tracer, même rapidement, l'histoire de ces missions médicales pour comprendre pourquoi Trump s'attaque à ce formidable combat des médecins cubains pour la vie.

 

Le 22 mars 2020, une équipe de 52 médecins et infirmiers cubains est arrivée à Milan pour lutter avec leurs confrères italiens contre les ravages du coronavirus. Certains membres de cette équipe ont déjà combattu l'épidémie d'Ebola en Afrique. Le groupe "a été choisi pour son expertise dans les crises internationales, comme les tremblements de terre, les tsunamis et l’épidémie de fièvre hémorragique au Libéria" (3). Cuba répond ainsi présent à l'appel des autorités italiennes, appel ignoré par la France, l'Allemagne et par toute l'Union Européenne (4).

La France a fait appel à son tour à Cuba pour lutter contre le Covid-19 dans les départements d'outre-mer : "Le gouvernement français accepte finalement, en pleine crise du Covid-19, d’accueillir des médecins cubains sur son sol. La Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et Saint-Pierre-et-Miquelon sont concernés" (5).

Cuba a envoyé ainsi plus de 1000 médecins et autres personnels soignants dans plusieurs pays en Amérique latine, dans les Caraïbes et en Afrique pour combattre le terrible coronavirus (6) : "Cuba a tendu la main de nombreuses fois, mais jamais autant en si peu de temps", disait le ministre cubain de la Santé, José Angel Portal (7).

Mais l'aide médicale cubaine ne date pas d'aujourd'hui avec la pandémie du coronavirus. C'est une longue tradition intimement liée à sa révolution de 1959 et à sa conception internationaliste et humaniste des relations entre les peuples. Les leaders et le peuple cubain ont fait de la santé (le Che était médecin et internationaliste) et de l'éducation leurs grandes priorités. Aujourd'hui selon la banque mondiale, Cuba est le pays au monde qui compte le plus de médecins par habitant : 8.2 médecins pour 1000 habitants loin devant la Norvège 4.6, l'Allemagne 4.2, la France 3.2 ou encore les États-Unis 2.6 (8).

La première brigade en blouse blanche, composée de 58 médecins et infirmiers, a été envoyée en Algérie en 1963 juste après l' indépendance. A cette époque, Cuba elle-même connaissait une situation sanitaire difficile après le départ de l'essentiel de ses médecins vers l'étranger notamment aux États-Unis pour ne pas perdre leur niveau et leur mode de vie. Mais la situation algérienne était encore pire. "C’était comme un mendiant offrant de l’aide, mais nous savions que le peuple algérien en avait encore plus besoin que nous, et ils le méritaient" disait M. José Ramon Machado Ventura, ministre de la Santé cubain (9). Aujourd'hui encore, les médecins cubains constituent le plus grand contingent étranger en Algérie (10).

Depuis cette date, les missions médicales cubaines déployées à travers le monde se sont succédées sans interruption malgré l'embargo américain. Du Chili au Pakistan, de Haïti au Portugal, du Brésil au Liberia, du Venezuela à l'Italie, de Gaza à Katmandou...les médecins cubains sont partout présents pour combattre des maladies aussi meurtrières que le Covid-19, l'Ebola, le Choléra, lutter contre la cécité, soigner les victimes des tremblements de terre ou tout simplement les populations les plus vulnérables.

Jusqu'en 2005, des dizaines de milliers de brigades médicales ont sillonné le monde à l'appel d'une centaine de gouvernements : "De 1963 à la fin de 2005, plus de 100 000 médecins et techniciens de la santé sont intervenus dans 97 pays, surtout en Afrique et en Amérique latine. En mars 2006, 25 000 professionnels se trouvaient répartis dans 68 nations. Un déploiement que même l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne peut assurer" (11).

Depuis la première mission et jusqu'en 2014, près de 132 000 soignants cubains

parcourent la planète partageant avec de nombreux pays leur savoir faire médical (12).

Aujourd'hui, le nombre de médecins cubains envoyés dans les différentes régions du monde varie selon les sources. Il doit s'élever probablement à plusieurs centaines de milliers.

Précisons que l'aide médicale cubaine est offerte gratuitement par solidarité à tous les pays pauvres et à tous les pays ravagés par les guerres, catastrophes naturelles ou sanitaires. Par exemple, l'équipe « Henry Reeve » envoyée en Italie reste une mission de solidarité. Par contre, dans le cadre des accords bi ou multilatéraux, Cuba reçoit des compensations financières pour ses services de soins. Ces compensations viennent consolider et développer le système de santé cubain ainsi que les programmes de coopération médicale dont bénéficient de nombreux pays. Ces entrées de devises très précieuses pour Cuba, qui étouffe sous l'embargo américain, servent également aux importations et au remboursement de sa dette. Selon la Direction générale du Trésor français, le montant global de ces services médicaux payants, s'élevait en 2018 à 6,4 milliards de dollars loin devant les recettes touristiques (13).

Mais Cuba ne se contente pas seulement d'envoyer ses médecins et infirmiers à travers la planète, elle accueille et forme aussi dans ses universités des étudiants venus du monde entier. Ainsi pour l'année universitaire 2016/2017, Cuba a formé près de 15 000 docteurs et techniciens de la santé dont 920 venus de 79 pays différents (14).

A la suite de l'Ouragan Mitch en 1998 qui a fait au moins 25 000 morts en Amérique centrale (15),

l'idée a germé de former à Cuba, en parallèle des équipes envoyées dans cette région dévastée par les cyclones, des médecins capables de retourner dans leurs propres pays pour faire face eux-mêmes

à ce type de catastrophes. Car les médecins cubains ont constaté que les infrastructures médicales des pays qu'ils sont venus aider étaient quasi-inexistantes et le personnel soignant, malgré son dévouement, était en nombre très insuffisant pour pouvoir affronter le désastre laissé par l’ouragan. Ainsi est née l’École Latino-américaine de Médecine ( ELAM) inaugurée en novembre 1999. Ses premiers étudiants et étudiantes d'origine modeste étaient venus principalement des pays d'Amérique centrale dont les populations souffraient régulièrement de différents fléaux. Il s'agit de "Former des médecins prêts à se rendre là où l'on a le plus besoin d'eux et à y rester aussi longtemps que ce sera nécessaire, telle est la raison d'être de notre école depuis sa fondation" disait le Dr Midalys Castilla, vice-rectrice de l'université (16).

L'ELAM est considérée comme l'une des plus grandes université de médecine au monde. "Les frais de scolarité, l'hébergement et la pension sont gratuits, et une petite allocation est fournie aux étudiants" (17). En 2019, vingt ans après ses premiers cours, cette école a formé 29749 médecins de 115 pays différents (18).

Mais les États-Unis ne peuvent accepter ni tolérer qu'un petit pays comme Cuba puisse envoyer des médecins partout à travers le monde pour sauver des vies humaines, alors qu'ils se distinguent plutôt, en tant que première puissance, par les ravages de leurs interventions militaires.

En fait, les américains, en dehors de la parenthèse Obama, n'ont jamais accepté la révolution cubaine. Les attaques contre les médecins cubains sont d'abord et avant tout des attaques contre cette révolution. L'espoir d'une "normalisation" des relations entre les deux pays s'est, hélas, éloigné encore un peu plus depuis l'arrivée de Trump au pouvoir en 2017. L'embargo, le plus long et le plus violent de l'histoire, a été renforcé (19).

Les missions médicales cubaines ne sont, pour l'administration Trump, qu'une forme de travail forcé, de l'esclavage en somme. Dans une lettre publiée le 7 mai 2019, les sénateurs étasuniens Marco Rubio, Rick Scott et Bob Menéndez ont écrit à Mike Pompeo, le secrétaire d’État «pour exhorter le Département d'État à prendre davantage de mesures pour lutter contre le déploiement par le régime cubain de médecins et de personnel médical dans des conditions qui représentent le travail forcé» (20).

Le 20 juin 2019, les États-Unis ont ajouté Cuba à leur liste noire des pays «qui n’agissent pas suffisamment pour combattre les trafics d’êtres humains». Car Cuba "n’a rien fait pour limiter le travail forcé dans les missions médicales à l’étranger, alors que, selon des allégations persistantes, des responsables cubains ont menacé et forcé certains participants à rester au sein du programme" (21).

La campagne menée par l'administration Trump contre Cuba et ses médecins a trouvé un écho favorable chez les dirigeants des pays comme le Brésil, la Bolivie, le Salvador ou encore l'Equateur dont la proximité idéologique avec le président américain est connue de tous. En effet, Jair Bolsonaro, le président brésilien classé à l'extrême droite sur l'échiquier politique (22),

a tout fait pour mettre un terme au programme de coopération médicale "Plus de médecins" signé en 2013 avec Cuba (23). Les 10500 médecins cubains qui ont quitté le Brésil travaillaient essentiellement "dans les zones les plus vulnérables du pays, les terres indigènes, les périphéries, le Sertao [partie désertique du Nordeste]" (24).

Encouragés par l'administration américaine, la Bolivie, le Salvador et l’Équateur ont également annulé leur coopération médicale avec Cuba. Les plus pauvres et les indigènes de ces pays sont les premières victimes de cette décision politique. Mais forte de ses expériences et de son savoir-faire médical, Cuba espère renforcer ses brigades en blouse blanche dans d'autres pays comme la Chine, l'Afrique du Sud, le Vietnam, l'Arabie Saoudite etc. (25). Même l'extrémiste Bolsonaro, confronté au Covid-19, demandait à Cuba de lui renvoyer les médecins qu'il avait expulsé !(26)

Ainsi, une petite nation comme Cuba s'illustre au niveau mondial par sa coopération médicale et sa capacité à faire face aux tremblements de terre, aux ouragans, à l'épidémie de choléra, au virus Ebola ou encore au Covid-19 à travers la planète y compris dans les pays riches. Ce formidable combat pour la vie, contraste violemment avec la conception des relations internationales de certaines puissances comme les Etats-Unis qui sèment la mort un peu partout à travers le monde avec leurs interventions militaires. A cet égard, les notions de puissance, de développement, de civilisation même, méritent peut-être plus de réflexions.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/10/17/97001-20141017FILWWW00274-ebola-john-kerry-remercie-cuba.php

Voir également l'article de New york Times :

https://www.nytimes.com/2014/10/20/opinion/cubas-impressive-role-on-ebola.html

Pour des articles de fond, voir :

https://link.springer.com/article/10.1007/s12611-012-0213-5

(2)https://www.who.int/fr/news/item/30-06-2015-who-validates-elimination-of-mother-to-child-transmission-of-hiv-and-syphilis-in-cuba

(3)https://information.tv5monde.com/info/coronavirus-en-italie-des-medecins-cubains-ayant-combattu-ebola-en-renfort-352763

(4)https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-comment-l-italie-s-est-sentie-abandonnee-par-la-france-et-l-ue-face-a-sa-penurie-de-masques_3887289.html

 

Voir également la Vidéo : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-l-italie-appelle-au-secours_3861973.html

(5)http://www.rfi.fr/fr/france/20200331-coronavirus-la-france-accepte-m%C3%A9decins-cubains-d%C3%A9partements-doutre-mer

(6)https://www.courrierinternational.com/article/diplomatie-coronavirus-cuba-expedie-ses-medecins-aux-quatre-coins-du-monde

(7)https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/coronavirus-apres-l-italie-des-medecins-cubains-envoyes-en-andorre-cca9a1b50327579f99f634f53d5a8477

(8)https://donnees.banquemondiale.org/indicateur/SH.MED.PHYS.ZS?end=2018&start=2018&view=bar

(9)Cté par John M. Kirk dans «Le secret de l’internationalisme médical cubain». Le Grand soir https://www.legrandsoir.info/le-secret-de-l-internationalisme-medical-cubain-temas.html

(10)https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/pourquoi-les-medecins-cubains-optent-pour-la-chaleur-du-sahara-algerien

(11)https://www.monde-diplomatique.fr/2006/08/CALVO_OSPINA/13777

(12)https://www.lequotidiendumedecin.fr/archives/25-000-medecins-cubains-expatries-travers-le-monde

(13)https://www.tresor.economie.gouv.fr/Articles/2020/04/16/cuba-l-exportation-de-services-medicaux-la-principale-rentree-de-devises-de-cuba-en-peril

(14)http://www.radiohc.cu/fr/noticias/salud/136198-14-685-medecins-et-techniciens-de-la-sante-sont-diplomes-cette-annee-a-cuba

(15)https://www.liberation.fr/planete/1998/11/05/le-bilan-dantesque-du-cyclone-mitch-au-moins-25-000-morts-et-disparus-dans-la-catastrophe_252671

(16)https://www.who.int/bulletin/volumes/88/5/10-010510/fr/

(17)https://en.wikipedia.org/wiki/ELAM_(Latin_American_School_of_Medicine)_Cuba

(18)http://fr.granma.cu/cuba/2019-11-14/lelam-20-ans-de-fidelite-a-la-pensee-humaniste-de-fidel

(19)https://cu.usembassy.gov/ambassador-bolton-bay-of-pigs-veterans-association-brigade-2506/

(20)https://translate.google.com/translate?hl=fr&sl=en&u=https://www.rubio.senate.gov/public/index.cfm/2019/5/rubio-menendez-scott-urge-administration-to-support-victims-of-cuban-regime-s-exploitation&prev=search

(21)https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/21/les-etats-unis-ajoutent-l-arabie-saoudite-et-cuba-a-leur-liste-noire-sur-le-trafic-d-etres-humains_5479885_3210.html

(22)http://www.leparisien.fr/international/bresil-le-president-d-extreme-droite-jair-bolsonaro-investi-01-01-2019-7979358.php

(23)uhttps://observers.france24.com/fr/20181123-bresil-bolsonaro-depart-medecins-cubains-santen

(24)https://www.lemonde.fr/international/article/2019/05/17/les-consequences-du-depart-des-medecins-cubains-du-bresil-sont-gravissimes_5463430_3210.html

(25)https://www.sciencesetavenir.fr/sante/le-retour-au-bercail-des-medecins-cubains-un-coup-dur-pour-l-ile_139624

(26)https://www.monde-diplomatique.fr/2006/08/CALVO_OSPINA/13777

 

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Published by M B