
Le 28 février 2026, les Etats-Unis et Israël ont mené, au mépris de toutes les lois et conventions internationales, une guerre d'une grande violence contre l'Iran, entraînant des pertes humaines et matérielles considérables. Cette agression américano-sioniste a non seulement embrasé l'ensemble du Moyen-Orient, mais ses ravages, d'une ampleur inédite, ont affecté et continuent d'affecter de manière disproportionnée les classes populaires, en particulier les travailleurs du monde entier. Leur situation pourrait encore s'aggraver dans les jours et les semaines à venir. Parallèlement, les actionnaires des compagnies pétrolières, des grandes banques, de l'industrie de l'armement, des compagnies d'assurance maritime, pour ne citer que celles-là, ont engrangé des dividendes exceptionnels. C'est un transfert massif de richesses des uns vers les autres. La guerre est aussi une guerre des classes.
Cette agression armée contre une nation souveraine a entraîné, en quelques semaines seulement, des milliers de morts et des dizaines de milliers de blessés ainsi que de nombreux déplacés et mutilés. Dès le premier jour, une école primaire pour filles à Minab dans le sud de l'Iran a été frappée par des missiles américains faisant 175 victimes majoritairement des élèves de 7 à 12 ans. Le président américain Donald Trump, après avoir initialement nié ce massacre, s'est ensuite vanté devant les caméras du monde entier d'avoir également éliminé tous les dirigeants iraniens : "Ils sont tous morts" disait-il.
Les hommes ne sont malheureusement pas les seules victimes de cette folie meurtrière appelée "Epic Fury". Les hôpitaux, les universités, les écoles, les ponts, les sites énergétiques, les centrales électriques, les voies ferrées, les immeubles résidentiels et d'autres infrastructures civiles ont été ciblés et détruits. "Nous allons les ramener à l'âge de pierre" déclarait Trump . "Une civilisation entière va mourir ce soir" ajoutait-il encore, froidement et sans détour.
Au-delà de la personnalité pathologique de Trump, c'est la classe qui l'a porté à la tête de l'Etat qui est responsable de ces crimes de guerre. Trump n'est que le visage hideux, sans fard ni masque, de cette bourgeoisie décadente. Il incarne l'âme de cette classe sociale, sans moralité et sans cœur.
L'époque où les dirigeants américains menaient des guerres dévastatrices, envahissaient des pays entiers et pillaient les richesses des peuples au nom du droit international, des droits de l'homme, de la liberté et de la démocratie, est révolue. Ces valeurs sont désormais ensevelies, comme les enfants palestiniens, sous les décombres de Gaza. Le génocide de tout un peuple est devenu un exemple à suivre. Humilier, affamer, anéantir, ces crimes contre l'humanité sont érigés par l'Occident capitaliste en normes de stratégie politique. Les actes les plus sauvages, les plus barbares sont normalisés, banalisés. Ce qui se passe aujourd'hui en Iran, n'est en réalité que le prolongement, à une échelle bien plus vaste, des atrocités et des massacres perpétrés à Gaza.
Toutefois, cette agression américano-sioniste contre l’Iran n’a pas engendré, comme l’exigeait Trump, la reddition ou "la capitulation sans condition", mais la résistance. Malgré les lourdes pertes, les destructions et les souffrances endurées, l’Iran n’a pas hissé le drapeau blanc. La démonstration de force et la supériorité militaire des agresseurs n’ont pas suffi à mettre à genoux une nation en légitime défense. L’Iran considère en effet que le droit de défendre sa souveraineté contre une agression armée est légitime, comme le prévoit d’ailleurs l’article 51 de la Charte des Nations unies, qui consacre le droit naturel de légitime défense. Mais l'Iran n'a pas seulement résisté, il a même riposté. Il a déclenché une série d'attaques contre Israël, contre les bases américaines dans tout le Moyen-Orient ainsi que les infrastructures pétrolières et gazières des pays du Golfe alliés des Etats-Unis. Cependant la riposte de l'Iran pour défendre sa sécurité nationale, ne réside pas seulement dans l'utilisation des missiles et des drones, mais surtout dans le contrôle qu'il exerce sur le détroit d'Ormuz, point de passage maritime d'une importance géopolitique et économique capitale. Grâce à sa géographie et à ses capacités de mener des opérations de "guérilla maritime", l'Iran a su transformer le détroit en zone de tension permanente lui conférant une capacité considérable de pression sur ses agresseurs, d'autant que les Etats-Unis se sont montrés, malgré leur supériorité militaire, impuissants. Les autres alternatives à cette voie cruciale se sont révélées toutes insuffisantes. Surpris par cette nouvelle forme de résistance et par cette impasse militaire, Trump a décidé le 12 avril d'imposer un blocus naval total des ports iraniens en violation flagrante du droit international. Il a même comparé la marine américaine à des pirates en précisant que "c'est une activité très lucrative". Par ce blocage, Trump cherche à asphyxier l'économie iranienne et à pousser l'Iran à la capitulation, mais en vain. Le 3 mai 2026, Trump lance l'opération "Projet Liberté" qui vise à escorter les navires marchands à traverser le détroit. "Des pays du monde entier ont sollicité l'aide des États-Unis afin de libérer leurs navires, immobilisés dans le détroit d'Ormuz. (...) Si, de quelque manière que ce soit, ce processus humanitaire est entravé, cette entrave devra malheureusement être traitée avec fermeté" déclarait-il sur son réseau social.
Le 4 mai, c'est-à-dire 24 heures seulement après son lancement, Trump a annoncé la suspension de son opération "Projet Liberté". Pour l'instant, ces décisions ne font que prolonger le blocus du détroit avec toutes les ravages sur l'économie mondiale.
La guerre illégale déclenchée par les Etats-Unis et Israël le 28 février 2026 contre l'Iran et le blocus maritime américain du 12 avril ont des répercussions économiques mondiales majeures."La guerre assombrit les perspectives de l’économie mondiale" écrivait le Fonds monétaire international. La guerre de Trump contre l'Iran a brutalement paralysé l'économie mondiale ajoute le New York Times. Des milliards d'êtres humains subissent au quotidien les conséquences dramatiques de cette guerre, menaçant directement leur sécurité alimentaire. Selon le Programme des Nations unies pour le développement, cette guerre pourrait plonger 32 millions de personnes dans la pauvreté dans 162 pays. Il va sans dire que se sont les classes populaires notamment les travailleurs qui subissent le plus les effets en cascades de cette guerre illégale. La flambée immédiate des prix de l'énergie et des engrais est peut-être la plus dévastatrice. Le marché pétrolier a déjà perdu un milliard de barils, selon le Financial Times. Cette perte est considérée comme la plus importante de l’histoire de ce marché, dépassant même les crises des années 1970. Par ailleurs, les installations énergétiques de production, de raffinage et d’exportation sont détruites ou endommagées, ce qui s’ajoute aux perturbations du marché pétrolier et entraîne des hausses brutales du prix des carburants et la baisse des salaires réels. Tout devient alors très cher pour les plus démunis : le transport, les vêtements, les médicaments les factures d'électricité etc. La hausse des prix des engrais qui transitent aussi par le détroit, renchérit les coûts de l'agriculture et provoque déjà une hausse des prix des denrées alimentaires. Ces augmentations, et bien d’autres, ont des conséquences dramatiques pour les petits agriculteurs, les ouvriers agricoles sans terre, les travailleurs des villes et l’ensemble des classes populaires, alors que la guerre n’en est qu’à ses débuts. Le fardeau de cette guerre injuste pèse lourdement sur les prolétaires de toutes les nations.
A l'opposé de cette détresse des classes populaires, les grandes compagnies pétrolières, elles, continuent à réaliser des profits spectaculaires grâce justement à la guerre. TotalEnergies, BP, ExxonMobil, Aramco, Chevron, Shell pour ne citer que celles-là, connaissent une période d'euphorie et de prospérité sans précédent. Selon The guardian, les 100 plus grandes compagnies ont gagné environ 30 millions de dollars de profits par heure durant le premier mois du conflit. Une partie de ces profits records est redistribuée aux actionnaires par le biais des dividendes et des rachats d'actions. Les grandes banques notamment américaines et européennes ont elles aussi tiré et continuent à tirer profit de cette agression militaire contre l'Iran. "Les grandes banques américaines engrangent près de 50 milliards de dollars de bénéfices alors que la guerre en Iran secoue les marchés" écrit The Guardian. Les banques européennes ne sont pas en reste. Deutsche Bank, Santander et UBS, entre autres, ont réalisé des profits exceptionnels en intensifiant, comme les compagnies pétrolières, leurs spéculations sur les fluctuations des prix du pétrole et sur d'autres matières premières. Les grandes banques de Wall Street ont également financé l'industrie des armes grâce aux augmentations massives des dépenses militaires. Selon le Centre d'études stratégiques et international (CSIS), la guerre a coûté :"11,3 milliards de dollars au 6e jour, 16,5 milliards de dollars au 12e jour". Pour financer ces dépenses extraordinaires, le Trésor américain émet de nouvelles obligations, considérées comme des placements sûrs. L'achat de ces titres par les banques et les investisseurs institutionnels comme BlackRock et Vanguard, leur permet, à travers des mécanismes complexes, de réaliser des bénéfices dépassant toutes les prévisions. Tous ces profits ne résultent nullement d'une quelconque amélioration de la productivité ou d'un effort d'investissement, mais uniquement de la spéculation. La guerre contre l'Iran est une véritable aubaine également pour les actionnaires de divers secteurs comme par exemple celui de la reconstruction des infrastructures, des compagnies d'assurance maritime privées ou encore celui de l'armement dont les actions ont atteint des sommets historiques.
Ainsi, la guerre n'est que le prolongement de la violence que les classes dominantes exercent sur les dominés. D'un côté, il y a une accumulation de misère et de souffrances pour une majorité de la population contrainte de faire des sacrifices au quotidien; de l'autre, celle de la richesse pour une minorité qui profite de la guerre. La guerre, c'est aussi la guerre des classes.
L'agression armée américano-israélienne révèle à quel point l'impérialisme et le sionisme sont un danger pour les peuples du monde entier. Leur négation absolue de la vie, leur barbarie et leur mépris pour les conventions internationales et les lois les plus élémentaires de la morale et de la justice, montrent que les valeurs de liberté, de démocratie et des droits de l'homme, dont se targue encore l'Occident capitaliste, sont foncièrement antinomiques avec l'impérialisme et le sionisme. Les classes populaires, et en particulier les travailleurs de tous les pays, n’ont pas besoin des guerres, si ce n’est de celle qu’ils devraient mener contre précisément l'impérialisme et son rejeton sioniste.
Mohamed Belaali
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