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21 juin 2022 2 21 /06 /juin /2022 07:29

 

"Le premier acte historique de ces individus, par lequel ils se distinguent des animaux, n'est pas qu'ils pensent, mais qu'ils se mettent à produire leurs moyens d'existence".

 

 

 

Après la "Critique de l'économie politique" de 1859, nous publions aujourd'hui quelques passages de l'Idéologie allemande, texte rédigé par Marx et Engels entre l'automne1845 et le printemps 1846. C'est une œuvre posthume puisqu'elle n'a été publiée pour la premère fois qu'en... 1932.

 

"(...) Les prémisses dont nous partons ne sont pas des bases arbitraires, des dogmes; ce sont des bases réelles dont on ne peut faire abstraction qu'en imagination. Ce sont les individus réels, leur action et leurs conditions d'existence matérielles, celles qu'ils ont trouvées toutes prêtes, comme aussi celles qui sont nées de leur propre action. Ces bases sont donc vérifiables par voie purement empirique.

La condition première de toute histoire humaine est naturellement l'existence d'êtres humains vivants. Le premier acte historique de ces individus, par lequel ils se distinguent des animaux, n'est pas qu'ils pensent, mais qu'ils se mettent à produire leurs moyens d'existence. Le premier état de fait à constater est donc la complexion corporelle de ces individus et les rapports qu'elle leur crée avec le reste de la nature. Nous ne pouvons naturellement pas faire ici une étude approfondie de la constitution physique de l'homme elle-même, ni des conditions naturelles que les hommes ont trouvées toutes prêtes, conditions géologiques, orographiques, hydrographiques, climatiques et autres. Or cet état de choses ne conditionne pas seulement l'organisation qui émane de la nature; l'organisation primitive des hommes, leurs différences de race notamment; il conditionne également tout leur développement ou non développement ultérieur jusqu'à l'époque actuelle. Toute histoire doit partir de ces bases naturelles et de leur modification par l'action des hommes au cours de l'histoire.

On peut distinguer les hommes des animaux par la conscience, par la religion et par tout ce que l'on voudra. Eux-mêmes commencent à se distinguer des animaux dès qu'ils commencent à produire leurs moyens d'existence, pas en avant qui est la conséquence même de leur organisation corporelle. En produisant leurs moyens d'existence, les hommes produisent indirectement leur vie matérielle elle-même.

La façon dont les hommes produisent leurs moyens d'existence, dépend d'abord de la nature des moyens d'existence déjà donnés et qu'il leur faut reproduire. Il ne faut pas considérer ce mode de production de ce seul point de vue, à savoir qu'il est la reproduction de l'existence physique des individus. Il représente au contraire déjà un mode déterminé de l'activité de ces individus, une façon déterminée de manifester leur vie, un mode de vie déterminé. La façon dont les individus manifestent leur vie reflète très exactement ce qu'ils sont. Ce qu'ils sont coïncide donc avec leur production, aussi bien avec ce qu'ils produisent qu'avec la façon dont ils le produisent. Ce que sont les individus dépend donc des conditions matérielles de leur production. (,,,)

Voici donc les faits : des individus déterminés qui ont une activité productive selon un mode déterminé entrent dans des rapports sociaux et politiques déterminés. Il faut que dans chaque cas isolé, l'observation empirique montre dans les faits, et sans aucune spéculation ni mystification, le lien entre la structure sociale et politique et la production. La structure sociale et l'État résultent constamment du processus vital d'individus déterminés; mais de ces individus non point tels qu'ils peuvent s'apparaître dans leur propre représentation ou apparaître dans celle d'autrui, mais tels qu'ils sont en réalité, c'est-à-dire, tels qu'ils œuvrent et produisent matériellement; donc tels qu'ils agissent sur des bases et dans des conditions et limites matérielles déterminées et indépendantes de leur volonté. Les représentations que se font ces individus sont des idées soit sur leurs rapports avec la nature, soit sur leurs rapports entre eux, soit sur leur propre nature. Il est évident que, dans tous ces cas, ces représentations sont l'expression consciente   réelle ou imaginaire   de leurs rapports et de leur activité réels, de leur production, de leur commerce, de leur organisation politique et sociale. Il n'est possible d'émettre l'hypothèse inverse que si l'on suppose en dehors de l'esprit des individus réels, conditionnés matériellement, un autre esprit encore, un esprit particulier. Si l'expression consciente des conditions de vie réelles de ces individus est imaginaire, si, dans leurs représentations, ils mettent la réalité la tête en bas, ce phénomène est encore une conséquence de leur mode d'activité matériel borné et des rapports sociaux étriqués qui en résultent. (...)

A l'encontre de la philosophie allemande qui descend du ciel sur la terre, c'est de la terre au ciel que l'on monte ici. Autrement dit, on ne part pas de ce que les hommes disent, s'imaginent, se représentent, ni non plus de ce qu'ils sont dans les paroles, la pensée, l'imagination et la représentation d'autrui, pour aboutir ensuite aux hommes en chair et en os; non, on part des hommes dans leur activité réelle, c'est à partir de leur processus de vie réel que l'on représente aussi le développement des reflets et des échos idéologiques de ce processus vital. Et même les fantasmagories dans le cerveau humain sont des sublimations résultant nécessairement du processus de leur vie matérielle que l'on peut constater empiriquement et qui repose sur des bases matérielles. De ce fait, la morale, la religion, la métaphysique et tout le reste de l'idéologie, ainsi que les formes de conscience qui leur correspondent, perdent aussitôt toute apparence d'autonomie. Elles n'ont pas d'histoire, elles n'ont pas de développement; ce sont au contraire les hommes qui, en développant leur production matérielle et leurs rapports matériels, transforment, avec cette réalité qui leur est propre, et leur pensée et les produits de leur pensée. Ce n'est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience. Dans la première façon de considérer les choses, on part de la conscience comme étant l'individu vivant, dans la seconde façon, qui correspond à la vie réelle, on part des individus réels et vivants eux-mêmes et l'on considère la conscience uniquement comme leur conscience (...)."

 

L'idéologie allemande

K. Marx - F. Engels

 

Source : https://www.marxists.org/francais/marx/works/1845/00/kmfe18450000c.htm

 

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9 juin 2022 4 09 /06 /juin /2022 06:51

Parmi les révolutions de l'histoire récente que l'idéologie dominante et ses médias ne veulent en aucun cas entendre parler, on peut évoquer celle de Dhofar (1964/1976). Qui se souvient encore de ce formidable soulèvement contre toutes les formes d'injustice et d'oppression dans une petite région du sud-ouest de la péninsule arabique au sud de l'actuel Oman ? Cet élan émancipateur radical a été porté par les hommes et les femmes du Front Populaire de Libération du Golfe Arabe Occupé (FPLGAO) dont le projet révolutionnaire dépassait et de loin les revendications classiques des mouvements de libération nationale. Contre cette carence de mémoire et contre l'amnésie historique encouragée par les classes dominantes, nous revenons, même très rapidement, sur cette expérience aujourd'hui oubliée, de ces hommes et de ces femmes héroïques qui les armes à la main voulaient changer le monde.

 

Les révolutionnaires dhofaris ne se sont pas contentés de mener une guerre pour l'indépendance du Dhofar. Ils ont élargi leur lutte armée à des horizons improbables dans une région où les pesanteurs économiques sociales et politiques sont d'un autre âge. Ils voulaient ainsi libérer tous les pays du Golfe (Oman, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, Koweït, Bahreïn) de l'emprise de l'impérialisme britannique et unifier ces peuples dans la République Populaire Arabe du Golfe.

Sur le plan idéologique, ils ont abandonné le nationalisme arabe traditionnel pour adopter la pensée de Marx et de Lénine (lutte des classes, internationalisme, centralisme démocratique, éducation politique des masses etc.). Ils ont aboli l'esclavage et rendu l'alphabétisation obligatoire dans toutes les zones libérées. "En quatre ans, écrit G. Troeller, avec peut-être quelque exagération, ce système a fait des Dhofaris le peuple le plus instruit de la péninsule arabique" (1).

Les révolutionnaires dhofaris ont érigé l'égalité homme/femme en priorité absolue. La cinéaste Heiny Srour qui a tourné un magnifique film documentaire sur les combattants et les combattantes du Front populaire de libération, "L'heure de la libération a sonné", disait "C'est bien la première fois dans le monde arabe qu'une force politique organisée considère que la libération de la femme est une fin en soi, […] la première fois que la pratique va aussi loin que les slogans" (2).

 

Conscient des expériences ratées des mouvements de libération, qui une fois au pouvoir renvoyaient les femmes à leur oppression, le Front populaire voulait sans attendre la victoire libérer les femmes des chaînes de l'esclavage patriarcal et les faire participer à toutes les tâches imposées par la révolution. Ils disaient "c’est ici et immédiatement qu’il faut libérer les femmes, sans attendre la victoire. C’est maintenant qu’il faut abolir la polygamie, alphabétiser massivement les femmes" (3).

Effectivement la polygamie comme la dot ont été abolies. Le droit au divorce comme celui de choisir librement son conjoint est reconnu à l'homme et à la femme. Bref, ils voulaient dans cette région du monde arabe faire éclater, bouleverser et briser toutes les oppressions, tous les archaïsmes et toutes les conditions qui humilient et rabaissent l'homme et la femme. C'était une révolution qui dépassait et de loin les objectifs d'un mouvement de libération nationale classique.

 

La révolution dhofarie a réveillé de profondes espérances dans les masses opprimées non seulement dans le Golfe, mais aussi dans tout le monde arabe. Elle constituait par contre une menace vitale pour les intérêts pétroliers de toutes les bourgeoisies du monde. Et c'est pour cela qu'elle a été écrasée par l'impérialisme anglais, le Chah d'Iran, le roi de Jordanie, le Mossad israélien etc. La région est dominée aujourd'hui par les régimes les plus réactionnaires au monde. Les idées émancipatrices portées courageusement par les hommes et les femmes du Dhofar sont remplacées par l'obscurantisme d'un autre âge. Les révolutionnaires du Dhofar ont été vaincus, mais leur combat n'a jamais été aussi actuel qu'aujourd'hui. Leur souvenir restera gravé dans la mémoire de tous les opprimés qui se battent pour une société débarrassée de toutes les tares du capitalisme.

 

Mohamed Belaali

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(1)https://www.erudit.org/fr/revues/ei/1973-v4-n1-2-ei2973/700284ar.pdf

(2)https://www.liberation.fr/cinema/2016/06/14/une-revolution-retrouvee_1459440/

(3)https://www.cnc.fr/cinema/actualites/heiny-srour---leila-et-les-loups-survole-huit-decennies-dengagement-des-femmes-du-monde-arabe_1681171#:~:text=Dans%20Le%C3%AFla%20et%20les%20loups,dans%20les%20ann%C3%A9es%201970%2D1980.

 

 

Pour celles et ceux que cette révolution intéresse, voici quelques liens utiles :

 

https://www.erudit.org/fr/revues/ei/1973-v4-n1-2-ei2973/700284ar.pdf

https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature-etrangere/warda

https://www.monde-diplomatique.fr/1970/01/VIENNOT/29398

 

 

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 06:54

 

«Toute violence politique repose primitivement sur une fonction économique»

F. Engels (1)

 

 

Aujourd'hui la peine de mort et les crimes à répétition de la police américaine contre les noirs remplacent les lynchages, les bûchers, les mutilations et autres pendaisons d'hier. Mais derrière la violence raciale se cache l'oppression de classe.

 

Aux États-Unis, 26 États sur 50 appliquent encore la peine de mort. Des centaines de personnes ont été exécutées depuis 1977 (2) . D'autres condamnés attendent dans les couloirs de la mort (Death Row) (3) et on va taire par pudeur la cruauté de ces exécutions.

 

L'arme politique que constitue la peine capitale est essentiellement utilisée contre les classes défavorisées : 95 % des personnes condamnées à mort provenaient de milieux pauvres (4).

Les privilégiés quant à eux, même en commettant les pires crimes, ont tous les moyens d'échapper à la mort.

 

Aux condamnations de classes, s'ajoutent les préjugés de race. La peine de mort constitue un indicateur essentiel du racisme anti-noir qui règne aux États-Unis. Ainsi, 34 % des condamnés sont noirs alors qu'ils ne représentent que 12 % de la population totale (5). 98 % des Procureurs, c'est à dire ceux qui décident réellement de la vie ou de la mort des accusés, sont blancs ! (6).

 

Les crimes perpétrés par la police contre les citoyens noirs et pauvres se succèdent et se ressemblent. Des policiers blancs asphyxient ou tirent à plusieurs reprises sur des noirs désarmés. Les policiers criminels sont très rarement condamnés (7). La condamnation à 22 ans et demi de Derek Chauvin, le policier blanc qui a assassiné George Floyd, est un fait extrêmement rare aux Etats-Unis. Et comme le disait Joe Biden lui-même : "Un tel verdict est également beaucoup trop rare pour un très grand nombre de personnes. Il semble qu'il ait fallu une convergence unique et extraordinaire de facteurs" (8). La complicité du système judiciaire américain avec l'institution policière est totale.

 

L'oppression raciale et l'oppression économique vont de pair. L'oppression raciale sert de justification et de légitimation à l'oppression économique. Pour comprendre cette relation et cette violence extrême exercée sur les noirs et les plus démunis en général, pour mieux les exploiter, il faut remonter aux XVIIème et au XVIIIème siècles avec la création des plantations coloniales qui nécessitaient une main-d’œuvre massive et servile.

 

Après l'extermination des indiens, les anglais et les français ont d'abord utilisé des esclaves blancs venus d'Europe. Mais avec le développement prodigieux des plantations de riz, coton, tabac et autres canne à sucre, le travail des esclaves blancs ne suffisait plus. L'importation d'esclaves africains devenait vitale pour la survie des plantations. L’Afrique est ainsi transformée comme disait Marx «en une sorte de garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires» (9). Il fallait absolument fournir ces plantations en force de travail la plus servile et la plus rentable possible :«Les esclaves sont envoyés dans toutes les plantations américaines de Sa Majesté qui ne peuvent subsister sans eux» (10). Aucun planteur n'était encore prêt à embaucher des salariés.

 

Ainsi la richesse fabuleuse accumulée par les planteurs américains était produite, sous le fouet, par des africains arrachés à leur continent par la force et la violence. Combien ont succombé à leurs souffrances dans les champs de coton, de tabac ou de canne à sucre ? Combien ont été castrés, mutilés, lynchés (11), brûlés vif, ou encore pendus ? Nul ne le sait avec précision.

 

A cette époque c'est à dire fin XVIIème et début du XVIIIème siècle, les esclaves blancs et noirs étaient considérés comme une main-d’œuvre servile et rentable, traités par conséquent avec la même violence. Les historiens rapportent même leurs luttes communes contre l'esclavage  : «Parce qu'ils travaillent ensemble dans les mêmes champs, les premiers américains de race noire et de race blanche, à l'exception des aristocrates, ont tissé de puissants liens de sympathie et de réciprocité. Ils se sont révoltés ensemble » (12). L'esclave noir n'était pas considéré comme un être inférieur ou supérieur à l'esclave blanc. Seules comptaient leur productivité et leur rentabilité. On ne trouve dans les écrits des trafiquants d'esclaves de cette époque aucune trace, aucun relent de racisme (13).

 

L'apparition du racisme anti-africain a commencé avec la lutte pour l'abolition de l'esclavage dans un contexte de développement du salariat en Europe et en Amérique du Nord. Pour faire face à cette menace, défendre leurs privilèges et perpétuer l'esclavage, les planteurs, les marchands d'esclaves et les esclavagistes en général ont utilisé des théories pseudo-scientifiques montrant que le noir s'approche davantage du singe que de l'homme (14). Les blancs (les européens) sont donc supérieurs aux noirs (les africains) physiquement et intellectuellement. Le racisme vient ainsi justifier et légitimer l'esclavage. Le concept économique et social de l'esclavage est devenu un concept racial. Le racisme est un produit authentique de l'esclavage.

 

Le racisme anti-noir s'est nettement développé par la suite. Il a fallu toute une guerre civile (guerre de Sécession 1861/1865), dont le rôle des anciens esclaves était décisif, pour mettre un terme au commerce des êtres humains entre l'Afrique et les États-Unis.

 

Si l'esclavage a été aboli, au moins formellement, le racisme quant à lui continue à se développer au grès des vicissitudes du développent du capitalisme. A l'esclavage succède le salariat, nouvelle forme de servitude. Le racisme doit s'adapter à son tour, sans disparaître totalement, à la nouvelle forme d'exploitation pour mieux la servir.

 

Malgré la nouvelle situation, le Sud défait, humilié et ruiné continuait pourtant à s'accrocher à ses valeurs esclavagistes et racistes. La frustration et la haine du noir devenu citoyen, ont créé un climat propice au développement d'organisations terroristes et racistes. La plus connue et la plus violente aussi est certainement le Ku Klux Klan. L'organisation jouissait à ses débuts d'une grande popularité et d'une complicité des autorités politiques (président Andrew Johnson) et judiciaires( codes noirs, lois Jim Krow). Le Klan se présentait comme le défenseur de la suprématie de la race blanche menacée par le péril noir. Sa priorité était de s'attaquer aux noirs affranchis. L'organisation ne reculait devant aucun moyen pour terroriser la population noire: lynchages, bûchers sur les places publiques , pendaisons, assassinats, mutilations, viols etc. Il est difficile de donner un nombre précis des victimes noires du Klan (15).

 

Le Ku Klux Klan a connu plusieurs vies et plusieurs versions différentes de 1865, date de sa création, à aujourd'hui sans jamais abandonner réellement sa doctrine originelle, la suprématie de la race blanche et la haine du noir même si le racisme basé sur la supériorité biologique n'a aucune base scientifique. Le Klan a mené en fait un combat d'arrière garde. Il n'a jamais compris que l'esclavage ne correspondait plus à la réalité d'un capitalisme en plein développement et que le prolétaire avait remplacé l'esclave. De surcroît le prolétaire noir est plus rentable et plus corvéable que le prolétaire blanc.

 

Mais le nouveau Klan tente de s'adapter, avec beaucoup de retard et de difficultés, à la réalité d'aujourd'hui. Car le Ku Klux Klan est toujours utile pour la classe dominante ne serait-ce que pour entretenir et perpétuer, par son agitation et les préjugés raciaux qu'il propage, la division au sein de la classe ouvrière. Le Klan a réussi à transmettre à de nombreuses organisations racistes cette culture de violence et de haine envers la population noire. C'est d'ailleurs l'une de ces organisations, le « New empire knights » se réclamant du Klan, qui a appelé à soutenir Darren Wilson le policier qui a assassiné le jeune noir Michael Brown à Ferguson le 9 août 2014. Pour cette organisation, le policier blanc « n'a fait que son boulot contre le nègre criminel» (16).

 

 

Le racisme, la violence et d'une manière générale l'oppression de classe et de race ne sont que des moyens au service du profit et de l'accumulation du capital. Le racisme a servi dans le passé l'esclavage, il sert aujourd'hui, sous des formes différentes, l'esclavage capitaliste, le salariat. Il est vrai aussi que cette violence revêt une dimension spécifique aux États-Unis du fait du fardeau de l'histoire. Le travailleur noir subit l'exploitation de classe mais aussi l'oppression de race. Pour les travailleurs noirs, la lutte contre le racisme est un combat quotidien, vital. Ils affrontent constamment, entre autres, les brutalités policières et la violence d'un système judiciaire qui les envoie souvent et injustement dans les couloirs de la mort. Mais la lutte des travailleurs noirs, aussi fondamentale soit-elle, ne suffit pas à les libérer des chaînes du capital. L'alliance avec les travailleurs blancs est indispensable pour améliorer leurs conditions quotidiennes d'existence et surtout pour entreprendre ensemble une lutte d'envergure pour l'abolition du salariat source de leurs division et de leur oppression.

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1)F.Engels «Le rôle de la violence dans l'histoire». Éditions Sociales, page 37.

(2)https://www.peinedemort.org/usa/executions

(3)https://deathpenaltyinfo.org/death-row/overview/demographics

Voir également : https://www.naacpldf.org/wp-content/uploads/DRUSAWinter2022.pdf

(4)https://www.acatfrance.fr/actualite/peine-de-mort-aux-etats-unis---les-pauvres-en-premiere-ligne

(5)http://www.deathpenaltyinfo.org/documents/FactSheet.pdf

(6)https://files.deathpenaltyinfo.org/legacy/files/pdf/WholivesFrench.pdf

(7)https://www.americanbar.org/groups/crsj/publications/human_rights_magazine_home/human_rights_vol36_2009/spring2009/the_right_to_life_policing_race_and_criminal_injustice/

(8)https://theconversation.com/mort-de-george-floyd-une-condamnation-historique-dans-une-societe-divisee-157164

(9)Le Capital - Livre premier. L'accumulation primitive :

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

(10)Document de la Royal African Company fondée en 1672, cité par S.U. Abramova in «Aspects idéologiques, doctrinaux, philosophiques, religieux et politiques du commerce des esclaves noirs » :

http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001236/123654fo.pdf

(11)L'origine du mot « lynchage » est controversée. Certains l'attribuent à William Lynch (1742-1820) , d'autres à Charles Lynch (1736-1796), d'autres encore citent Willy (ou Willie) Lynch auteur présumé d'un texte de 1712 où il explique comment briser la résistances des esclaves noirs. Mais dans tous les cas le terme « lynchage » désigne des exécutions sommaires et barbares se généralisant au sud des États-Unis notamment pour mieux soumettre la population noire.

(12)Lerone Bennett cité par Haïti Infos :

http://www.haitiinfos.net/2012/12/les-origines-du-racisme/

(13)S.U. Abramova, op cit. Voir également sur ce point les travaux de l'historien américain Isaac Saney

(14)Voir entre autres, les travaux de : P. Camper sur l'angle facial :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Petrus_Camper

(15)Par contre Equal Justice Initiative a publié récemment une étude sur le Lynchage aux Etats-Unis :

https://eji.org/wp-content/uploads/2019/10/lynching-in-america-3d-ed-080219.pdf

(16)http://www.usatoday.com/story/news/nation-now/2014/08/19/ku-klux-klan-ferguson-police-michael-brown/14275115/

 

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26 mai 2022 4 26 /05 /mai /2022 15:30

 

"Les idées dominantes d'une époque n'ont jamais été que les idées de la classe dominante".

K. Marx - F. Engels

 

Grands médias, programmes scolaires et universitaires, institutions religieuses, industries culturelles, techniques publicitaires..., l'idéologie dominante est partout. Envahissante, elle sature l'espace public et privé. Elle façonne et conditionne notre manière de penser et d'agir. Consciemment ou non, cette domination est acceptée et intériorisée par la majorité des citoyens souvent au nom de l'intérêt général. La soumission est même considérée comme démocratique. L'opposition est intégrée, domestiquée ou marginalisée. Les dominés participent, sans vraiment le vouloir, au maintien de leur propre servitude. Toute velléité et toute volonté de transformation radicale et qualitative de la société semblent anachroniques, surannées, dépassées.

Pourtant, nonobstant sa force et sa puissance sociale, l'idéologie de la classe dominante est contredite chaque jour par la réalité. Le capitalisme connaît une crise profonde qui menace l'existence même de l'humanité : misère sociale exacerbée, exploitation de la force de travail de plus en plus violente, menace constante d'une guerre nucléaire, épidémies à répétition, privatisation des ressources naturelles, destruction systématique de notre planète, marchandisation et déshumanisation des rapports sociaux etc.etc. Tous ces constats et bien d'autres montrent que la révolution sociale, contrairement aux affirmations de l'idéologie bourgeoise, est non seulement nécessaire, mais urgente. Mais "sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire".

Tous les faits donnent raison à la théorie révolutionnaire de Marx. Toute son œuvre reste plus que jamais indispensable pour réveiller et organiser les forces capables de faire éclater cette société et libérer les hommes de toutes les tares et de toute la laideur du capitalisme. Le combat pour l'émancipation passe, en parallèle de la lutte économique et politique, par la lutte contre cette idéologie bourgeoise.

La pensée de Marx n'est pas un dogme, loin s'en faut, mais un outil formidable de combat.

La lecture ou la relecture de Marx est indispensable non seulement pour lutter contre cette idéologie totalitaire mais aussi et surtout pour "renverser toutes les conditions sociales où l'homme est un être abaissé, asservi, abandonné, méprisable".

 

Nous commençons aujourd'hui par publier une partie de la "Critique de l'économie politique" de 1859 et nous poursuivrons ultérieurement par la publication d'autres textes :

 

"(...)dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rap­ports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui corres­pondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives maté­rielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur laquelle s'élève une superstructure juridique et politique et à la­quel­le correspondent des formes de conscience sociales déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie social, politique et intellectuel en général. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être; c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience. À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s'étaient mues jusqu'alors. De formes de développement des forces productives qu'ils étaient ces rapports en deviennent des entraves. Alors s'ouvre une époque de révolution sociale. Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l'énorme superstructure. Lorsqu'on considère de tels bouleversements, il faut toujours distin­guer entre le bouleversement matériel - qu'on peut constater d'une manière scientifiquement rigoureuse - des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout. Pas plus qu'on ne juge un individu sur l'idée qu'il se fait de lui-même, on ne saurait juger une telle époque de boule­ver­se­ment sur sa conscience de soi; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives socia­les et les rapports de production. Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société. C'est pourquoi l'humanité ne se pose jamais que des problèmes qu'elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir. À grands traits, les modes de production asiatique, antique, féodal et bourgeois moderne peuvent être qualifiés d'époques progressives de la formation sociale économique. Les rap­ports de production bourgeois sont la dernière forme contradictoire du processus de produc­tion sociale, contradictoire non pas dans le sens d'une contradiction individuelle, mais d'une contradiction qui naît des conditions d'existence sociale des individus; cependant les forces productives qui se développent au sein de la société bourgeoise créent en même temps les conditions matérielles pour résoudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'achè­ve donc la préhistoire de la société humaine".

 

Karl MARX.

Critique de l'économie politique

Londres, janvier 1859.
 

Source : Critique de l'Economie politique - K. Marx (Avertissement) (marxists.org)

 

Mohamed Belaali

 

 

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15 mai 2022 7 15 /05 /mai /2022 05:09

 

Je graverai le numéro de chaque parcelle

de notre terre violée

et l’emplacement de notre village et ses limites

et ses maisons qu’ils ont dynamitées

et mes arbres qu’ils ont déracinés

et toutes les fleurs sauvages qu’ils ont arrachées

afin de me souvenir.

Je graverai inlassablement

toutes les saisons de mes douleurs

toutes les saisons de l’infortune

de la graine

à la coupole

sur l’olivier

dans la cour de ma maison.

 

Tawfik Zayyad est un poète palestinien né à Nazareth en 1929 et décédé en 1974. Zayyad était à la fois maire de Nazareth, député à la Knesset (parlement israélien) et dirigeant du parti communiste d'Israël, le Rakah, qui rassemblait des militants juifs et arabes.

Internationaliste et communiste, Zayyad était profondément palestinien. Même s'il a écrit des poèmes en l'honneur des travailleurs et des poètes progressistes du monde, sa poèsie se confond avec cette terre tant aimée, cette"terre violée" de la Palestine. Zayyad ressentait, peut être plus que les autres poètes palestiniens, la tragique histoire de la Palestine et de son peuple qui lutte toujours pour sa survie. "Le drame que je vis est ma part de vos tragédies" écrivait-il dans l'un de ses poèmes :

Je vous appelle

Je serre vos mains

J’embrasse la terre sous vos pieds

Et je dis : je vous donne ma vie

Je vous offre la lumière de mes yeux

Et la chaleur de mon coeur

Le drame que je vis est ma part de vos tragédies.

Face à mes oppresseurs je me suis dressé
Orphelin, nu, déchaussé

J’ai préservé l’herbe verte sur les tombes de mes ancêtres

 

Comme d'autres palestiniens, Zayyad n'a pas quitté sa Galilée natale; il voulait disait-il garder l'ombre des orangers et des oliviers de la Palestine :

Ici nous resterons

Gardiens de l'ombre des orangers et des oliviers

Si nous avons soif nous presserons les pierres

Nous mangerons de la terre si nous avons faim mais nous ne partirons pas !!

Ici nous avons un passé un présent et un avenir

 

Mais Zayyad n'a pas oublié ceux de son peuple arrachés à leur terre (La Nakba) et contraints à l'exil et au déracinement. Le 15 mai de chaque année, les palestiniens commémorent cettte catastrophe pour rappeler à Israël et au monde entier qu'ils ne renonceront jamais à leur droit légitime au retour :

Mes bien-aimés

Avec mes paupières je bâtirai la route de votre retour

Avec mes paupières.

Je guérirai votre blessure, balaierai les épines de la route

Avec mes cils

Et de ma chair je construirai le pont du retour

 

Contre la force et la violence de l'occupant israélien, Zayyad opposait la puissance de sa poésie. Cette poésie simple, émouvante, populaire et tragique a circulé d'abord sous les tentes des camps de réfugiés, dans les prisons avant d'être lue, apprise et chantée dans toute la Palestine et dans tout le monde arabe. La poésie de Zayyad a réussi à briser le cercle étroit, confidentiel et élitiste dans lequel est confinée la poésie en général pour s'emparer des masses opprimées palestiniennes et arabes. La poésie subversive de Zayyad dérangeait. Arrêté, incarcéré et torturé, l'occupant israélien voulait étouffer la voix du poète.

 

Tawfik Zayyad est mort dans un accident de voiture dans des circonstances troubles. Il nous a laissé une moisson abondante de poèmes se transmettant de générations en générations.

Parmi ses recueils on peut citer, J'étreins vos mains, Enterrez vos morts et levez-vous, Paroles de combat, Communistes, Chants de révolte et de colère, Captifs de la liberté etc.

Son oeuvre n'a toujours pas été traduite en français. Le lecteur francophone est ainsi privé d'une poésie lumineuse à la fois authentiquement palestinienne et universelle.

 

Mohamed Belaali

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11 mai 2022 3 11 /05 /mai /2022 15:43

La journaliste palestinienne de la chaîne Al-Jazeera, Shireen Abou Aqleh, a été assassinée par l'armée israélienne aujourd'hui mercredi 11 mai 2022 à Jénine en Cisjordanie occupée. La journaliste qui portait pourtant son gilet "Presse" a été abattue par une balle dans la tête. Elle était âgée de 51 ans. Née en 1971 à Jérusalem de parents arabes chrétiens, Shireen était la journaliste la plus célèbre d'Al-Jaseera en langue arabe. Elle "couvrait comme disait la journaliste Nida Ibrahim le quotidien des palestiniens". Toujours présente sur le terrain, Shireen ne reculait jamais. "Elle a couvert une multitude d’événements palestiniens historiques - la bataille de Jénine, la deuxième Intifada, les multiples raids israéliens. Elle n’a jamais reculé, elle recueillait les preuves, rassemblait les indices, dévoilait les crimes. Ici, toutes les allées des camps de réfugiés en Palestine l’ont vue passer, tous les quartiers des villes… C’est elle qui donnait une voix aux sans-voix, qui allait voir les familles des martyrs, des blessés, des prisonniers" disait Dia al-Adam le présentateur pour la chaîne Palestine TV.

Cet assassinat s'ajoute à la longue liste des journalistes palestiniens tués par l'armée d'occupation sans compter les dizaines de journalistes détenus derrière les barreaux des prisons israéliennes.

Ce nouveau crime restera comme tous les crimes d'Israël impuni. Car Israël est un Etat au-dessus de toutes les lois. C'est un Etat qui viole tous les jours le droit international et toutes les résolutions de l'ONU. C'est un État qui défie tous les peuples et tous les autres États du monde. C'est un Etat qui tue froidement hommes et femmes, enfants et vieillards, filles et garçons. C'est un État qui pratique des crimes de guerre en toute impunité. C'est un État qui bombarde sans scrupules, écoles, hôpitaux, ambulances, maisons d'habitation, lieux de culte et centre d'information de la presse internationale.

 

Mohamed Belaali

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14 avril 2022 4 14 /04 /avril /2022 06:14

 

 

 

"Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux". Étienne de La Boétie

 

 

Le candidat des riches sera probablement président de la République pour la deuxième fois consécutive. Il s'agit d'un "coup d'Etat" habilement orchestré par le pouvoir financier et patronal au profit d'une minorité d'exploiteurs. Si Macron est élu, il prolongera l’œuvre de destruction et de liquidation, entamée par ses prédécesseurs et lui-même, de ce qui reste encore des avancées sociales arrachées de haute lutte aux patrons par des générations successives de travailleurs. Macron poursuivra avec zèle une politique de paupérisation systématique des classes populaires et l’enrichissement d’une minorité d'oppresseurs. Mais pour produire l'illusion du changement et donner l'impression de créer quelque chose de tout à fait nouveau, Macron et son équipe doivent travestir la réalité. Le nouveau Macron pour se distinguer de l'ancien doit jouer une nouvelle comédie, avec un déguisement différent, sur la scène politique française. Étrange démocratie qui avec la complicité d'une majorité sert toujours les intérêts d'une minorité !

 

Pour placer Macron à la tête de l'Etat, la classe dominante, à travers ses médias, ses instituts de sondages, ses intellectuels et ses experts, exerce une terrible pression sur les citoyens. Hommes et femmes politiques de "gauche" et de droite, grands patrons, chercheurs scientifiques, journalistes, artistes et autres sportifs sont ainsi mobilisés pour "faire barrage" à Marine Le Pen. Le joker Rassemblement national sera utilisé le moment venu pour servir les mêmes intérêts.

 

Macron a pour lui les puissants, les médias, les instituts de sondages, l'armée, la police etc.Victor Hugo disait de Napoléon le petit : " M. Louis Bonaparte a réussi. Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort, et tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte" .

 

La propagande bat son plein. Les grands médias, tous entre les mains des groupes industriels et financiers, incitent la population à voter plutôt Macron que Le Pen. Les valeurs républicaines sont brandies de manière incantatoire. Toute voix discordante qui appelle au boycott, à l'abstention et au vote blanc est suspectée, marginalisée ou tout simplement censurée. Il faut, vaille que vaille, voter Macron.Tous les moyens, petits et grands, sont utilisés pour répandre «la vérité» de la classe dominante et faire élire le candidat des riches perpétuant ainsi les privilèges et les injustices de l'ordre établi.

 

Le parti fasciste était présenté durant toute la campagne électorale avant le premier tour comme un parti "normal" et son nationalisme xénophobe et antisémite édulcoré, banalisé. Les sondages annonçaient systématiquement Marine Le Pen présente au deuxième tour. Le parti d'extrême droite bénéficiait d'une couverture médiatique impressionnante. L'hydre Rassemblement national était grassement nourri pour servir d'épouvantail entre les deux tours, facilitant ainsi l'élection du candidat des puissants, Emmanuel Macron. La classe dirigeante après avoir tout fait pour que Marine Le Pen soit présente au deuxième tour, "diabolise" hypocritement et cyniquement maintenant le Rassemblement national. La bourgeoisie dont le fascisme et le nazisme sont sortis de ses entrailles feint de découvrir que le parti de Marine Le Pen peut être dangereux.

 

Macron, Le Pen sont deux têtes du même monstre, le capitalisme. Ils sont le produit authentique de la dictature du capital. Ils sont les ennemis du peuple.

 

Slogan sur les murs de la Sorbonne occupée

 

 

Les travailleurs et tous les opprimés doivent s'attendre à un quinquennat effroyable avec la poursuite des politiques exclusivement au service des riches. Les conséquences seront terribles pour la population : chômage de masse, précarité, destruction des services publics, démantèlement de ce qui reste

 

encore du droit du travail, recul de l'âge de départ à la retraite à 64 ou 65 ans entraînant inévitablement l'augmentation du nombre de personnes cumulant vieillesse et pauvreté. Cette misère des plus démunis n'aura d'égale que la richesse d'une classe de parasites dont Macron est aujourd'hui comme hier le porte parole politique. Macron ne voit dans les classes populaires qu’une masse infâme, des êtres sans dignité, déshumanisés. Sombre avenir pour une partie de la population de plus en plus importante.

 

Macron ou Le Pen utiliseront l'Etat et son appareil idéologique et répressif pour masquer cette cruelle réalité afin d'éviter toute révolte et toute résistance d'envergure. Les richesses doivent, sous le règne de Macron ou de Le Pen, rester, vaille que vaille, concentrées entre les mêmes mains. Macron ou Le Pen maintiendront l'état d'urgence. Ils vont contrôler, surveiller, ficher, réprimer, bref il vont terroriser les citoyens qui refusent de courber l’échine. Rappelons quand même que Macron et la classe qui est derrière lui, effrayés par le Mouvement des Gilets jaunes, ont fait 2 morts, 24 éborgnés, 5 mains arrachées, 315 blessés graves à la tête, 11000 personnes placées en garde à vue et 3000 condamnations (ici). Cette violence d'Etat a été condamnée par le Défenseur des Droits , Amnesty International, l'ONU, le Parlement européen, et par le Conseil de l'Europe. Le régime de Macron et toutes les fortunes qui sont derrière lui, ne tient que par la répression, le mensonge et la propagande. Macron n'est pas un rempart contre le fascisme.

 

Sous le régime de Macron ou de Le Pen, Les travailleurs, les salariés en général, la jeunesse et tous les opprimés doivent partout amplifier la guerre sociale. Car l'un ou l'autre, même s'il y a une différence de degré et non d'essence, sont les ennemis du peuple et du progrès. Ils n'ont d'autres choix que de mener des luttes quotidiennes pour améliorer temporairement leur situation sans jamais renoncer au combat politique de classe contre classe.

 

 

Mohamed Belaali

 

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8 avril 2022 5 08 /04 /avril /2022 06:05

 

Après l'invasion militaire et l'occupation des terres palestiniennes, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Union Européenne, le Canda, le Japon, l'Australie etc. se déchaînent en ce moment contre Israël.

En réaction à cette invasion, les pays occidentaux ont promis aux palestiniens de mettre immédiatement un terme au soutien financier, militaire et politique à l'Etat hébreux.

Le mépris et l'arrogance de cet Etat pour les résolutions des Nations Unies ne seront désormais plus tolérés.

Les réfugiés palestiniens qui fuient l'occupation ont reçu un immense élan de solidarité et sont accueillis à bras ouverts par tous les pays voisins et même par l'Europe.

"Stand up for Palestine", une campagne mondiale de collecte de fonds sur les réseaux sociaux réunira les grandes stars internationales pour soutenir les efforts humanitaires en faveur des palestiniens.

Des sanctions sont adoptées dans tous les domaines y compris dans le sport. Israël est déjà exclu du système financier international SWIFT. Les avoirs étrangers de la Banque Centrale israélienne sont gelés. Des centaines de marques et enseignes occidentales ont quitté Israël. D'autres mesures encore plus radicales sont en préparation.

Plusieurs pays ont annoncé l'expulsion d'ambassadeurs et diplomates de l'Etat hébreux. Des biens mobiliers et immobiliers des riches israéliens sont gelés à travers le monde. Des œuvres d'art des musées israéliens sont saisies en Finlande. Les espaces aériens sont fermés aux compagnies et aux avions israéliens.

Joe Biden, Boris Johnson, Ursula von der Leyen, Olaf Scholz, Justin Trudeau, Emmanuel Macron ... ont appelé à boycotter les exportations israéliennes tant qu'Israël ne se retire pas des territoires occupés.

La communauté internationale condamne dans les termes les plus forts les atrocités commises par les forces armées israéliennes dans plusieurs villes palestiniennes occupées. Israël est accusé de crimes de guerre contre le peuple palestinien. Le président américain exige un "procès de guerre". La Cour pénale internationale a ouvert une enquête et la Cour internationale de justice a ordonné l’arrêt immédiat des bombardements sur Gaza. Désormais les attaques contre les centres de presse, les hôpitaux et le personnel soignant à Gaza ne seront dorénavant plus considérées comme des erreurs ou des dommages collatéraux. L'utilisation du phosphore blanc, de l'Uranium Appauvri et des bombes à fragmentation contre les civils palestiniens et toutes les armes prohibées par les conventions internationales est interdite. Les Etats-Unis et leurs alliés de l'OTAN, dans un communiqué publié par tous les médias occidentaux, ont exigé d'Israël la levée immédiate du blocus militaire contre Gaza.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Union Européenne, le Canada, le Japon, l'Australie etc. sont déterminés à imposer ces mesures afin que les deux peuples, palestinien et israélien, puissent vivre ensemble en paix comme ils l'ont déjà prouvé durant leur histoire commune. Car cette région du monde, comme disait le poète Mahmoud Darwish, souffre depuis très longtemps "d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix".

 

Mohamed Belaali

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4 avril 2022 1 04 /04 /avril /2022 09:40

Profitant des soulèvements populaires dans le monde arabe en 2011, l’impérialisme américain et son caniche européen ont envahi la Libye. Le peuple libyen a été privé de sa révolution, de sa richesse et connaît une situation aussi tragique que celle que subit aujourd'hui le peuple irakien par exemple.

Cette intervention militaire a brisé également cet immense espoir, soulevé par la révolution tunisienne et égyptienne dans les masses arabes opprimées, pour une société meilleure débarrassée de la domination impérialiste et de ses serviteurs locaux.

Le régime de Kadhafi a été remplacé, au prix de milliers de morts, de destruction de l'infrastructure économique et de l'unité du peuple libyen, par des milices islamistes qui jusqu' à aujourd'hui encore continuent à s'affronter.

Le pays est ainsi ravagé par une guerre interminable entre milices rivales, alimentée par des puissances étrangères qui ne cherchent qu' à défendre leurs intérêts géopolitiques et piller les richesses du peuple libyen.

La violence, l'arbitraire et l'anarchie, au mauvais sens du terme, font partie intégrante du quotidien des libyens auxquels l'OTAN avait pourtant promis démocratie, liberté, respect des droits de l'Homme et prospérité. Aujourd'hui la situation économique d'une bonne partie de la population est désastreuse : Selon LVSL "En 2017, 60% de la population libyenne souffrait de malnutrition. 1,3 million de Libyens étaient en attente d’une aide humanitaire d’urgence, sur une population totale de 6,4 millions d’habitants. Cette situation catastrophique fait suite à l’intervention éclair de 2011 conduite par l’OTAN". Rappelons que la Libye avant l'intervention impérialiste était le pays le plus prospère de tout le continent africain.

Les minorités non-arabes, Berbères,Toubous et autres Touaregs revendiquent leurs spécificités culturelles et linguistiques. Les tensions avec les tribus arabes dominantes se règlent souvent les armes à la main faisant plusieurs dizaines de morts. Une des conséquences directes de cette intervention impérialiste est l'éclatement de la nation libyenne, construction récente et fragile, en entités plus ou moins indépendantes du pouvoir central et dominées par des tribus s'entretuant mutuellement.

L'unité et la souveraineté de la Libye ne sont désormais qu'un lointain souvenir. Aujourd'hui, l’État libyen ou tout du moins ce qu'il en reste est ainsi livré en proie à une féroce meute de hyènes.

Il faut dire que la Libye possède des ressources pétrolères, gazières et minières parmi les plus importantes au monde. Désormais les multinationales pétrolières peuvent pomper tels des vampires le pétrole libyen en toute quiètude.

L'intervention de l'OTAN en libye a rendu de surcoît la situation au nord Mali et la région du lac Tchad notamment plus instable et les conflits plus violents. L'impérialisme non seulement détruit le pays agressé, mais déstabilise également toute la région en dressant les unes contre les autres pour mieux les dominer, les communautés aux langues, religions et cultures différentes.

On ne peut parler de la Libye sans évoquer le sort cruel réservé aux travailleurs immigrés notamment africains. Le dernier rapport des Nations Unies publié en mars 2022 constate que la torture est une pratique systématique et généralisée et que "les personnes emprisonnées en Libye sont couramment détenues arbitrairement pendant des périodes prolongées. Elles seraient systématiquement torturées, violées ou menacées de viol, y compris sur des membres féminins de leur famille, et parfois tuées".

 

 

L'intervention impérialiste en Libye a fait des dizaines de milliers de victimes innocentes. Elle a détruit l'essentiel de l'infrastructure économique du pays. Elle a brisé l'unité de la nation libyenne. Les bourgeoisies américaines et européennes parlent inlassablement des Droits de l'homme, mais massacrent un peu partout les hommes qui leur tiennent tête.Toute leur histoire n'est que mépris et négation de l'homme. Privé de sa richesse, de son intégrité et de sa souveraineté, l'avenir pour le peuple libyen reste sombre. L'histoire nous a toujours enseigné que l'impérialisme est partout l'ennemi des peuples.

 

Mohamed Belaali

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24 mars 2022 4 24 /03 /mars /2022 06:59

Le 12 mars 2022, l'Arabie Saoudite a exécuté 81 détenus dans l'indifférence quasi-générale. Les gouvernements et les médias bourgeois, «profondément attachés aux droits de l'homme» se taisent lâchement sur cette cruauté et sur cette tuerie collective des Al Saoud alors que d'habitude ils réagissent promptement avec force et véhémence lorsqu'il s'agit des pays comme la Russie, la Chine, le Venezuela, Cuba etc. Leurs protestations et dénonciations sont comme toujours à géométrie variable. Leur hypocrisie et leur cynisme sont sans limites. Leur complicité avec ce royaume moyenâgeux est totale. Grâce à sa richesse pétrolière et son rôle de défenseur des intérêts impérialistes dans le monde arabe, le Royaume Wahhabite est l'un des régimes les plus protégés et les plus cruels au monde.

 

Pour comprendre cette cruauté du régime saoudien actuel, il faut revenir au XVIIIe siècle et plus exactement à l'époque de Mohammad Ibn Abdel Wahhâb (1703-1792) prêcheur fanatique, et le «mithaq» (pacte) qu'il a conclu en 1744 avec Mohammad Ibn Saoud, un émir qui rackettait ses propres sujets et ambitionnait de soumettre les autres tribus à son autorité. La violence de l'ultra-dogmatisme d' Ibn Abdel Wahhâb se manifestait non seulement dans ses discours (inégalité homme/femme, rigorisme des rapports sociaux etc.), mais surtout dans les châtiments corporels : lapidation à mort de l'adultère, amputation des voleurs, exécutions publiques, etc. Il s'agit à la fois d'une doctrine et d'une pratique.

Cette mise en pratique des prêches et les effets des châtiments cruels ont effrayé les chefs religieux. Contraint de quitter son oasis natale, Abdel Wahhâb se réfugia dans les bras d' Ibn Saoud, émir de la province de Najd. Ensemble ils ont créé le wahhabisme. Mais Ibn Saoud a su mettre le talent, la ferveur et l'énergie d'Abdel Wahhâb au service de ses ambitions personnelles : la religion au service de la politique. Le prêcheur du désert est devenu le serviteur exclusif de l'émir et donne ainsi une justification et une couverture religieuse aux ambitions politiques de son protecteur. Le wahhabisme est la rencontre entre le fanatisme religieux et le cynisme politique.

La dynastie des Al Saoud qui gouverne aujourd'hui l'Arabie Saoudite est née de cette alliance confessionnelle et politique. La découverte du pétrole dans les années trente n'a fait que renforcer cette instrumentalisation de la religion. L'Islam est utilisé comme idéologie de légitimation pour perpétuer le pouvoir et les privilèges du clan des Al Saoud.

La religion et le pétrole sont des armes dont se sert cette monarchie d'un autre âge pour étouffer et éliminer toute contestation. Les châtiments cruels et inhumains sont régulièrement prononcés par les tribunaux saoudiens.

En Arabie Saoudite, les manifestations sont strictement interdites comme d'ailleurs les partis politiques, les syndicats et les associations. Aucune critique du roi et aucune opposition à son gouvernement ne sont tolérées dans cette monarchie absolutiste choyée et protégée par les bourgeoisies occidentales. Toute protestation et toute critique sont condamnées et considérées par le pouvoir comme contraire à L'Islam.

C'est cette même propagande et cette même complicité des bourgeoisies américaines et européennes qui ont conduit à l'intervention militaire saoudienne à Bahreïn le 14 mars 2011 afin de sauver une autre dynastie, celle des Al Khalifa, au pouvoir depuis des siècles (1). Ce sont ces mêmes bourgeoisies qui soutiennent directement ou indirectement la guerre que mène aujourd'hui encore l'Arabie Saoudite au Yémen. Rappelons que cette terrible guerre menée par l'Arabie avec l'aide des Etats-Unis, de l'Europe et leurs alliés locaux a fait près de 400 000 victimes directes ou indirectes selon l'ONU (2). Mais les hommes ne sont pas les seuls à subir la violence de la coalition. Le patrimoine culturel du Yémen est lui aussi pris pour cible. Des zones entières inscrites pourtant au patrimoine mondial de l'humanité sont ravagées par des raids aériens de la coalition (3).

 

Les bourgeoisies américaines et européennes se taisent honteusement sur tous les crimes commis par un régime d'un autre âge. Car elles ont encore besoin du pétrole saoudien. L'Arabie Saoudite constitue de surcroît pour les gouvernements impérialistes américains et européens un rempart contre tout changement démocratique et progressiste dans le monde arabe, changement qui risque de se retourner contre leurs intérêts.

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html.

(2)https://information.tv5monde.com/info/pourquoi-le-yemen-s-enfonce-dans-la-guerre-et-la-famine-433903

(3)https://www.lorientlejour.com/article/940026/operation-detruire-lheritage-culturel-du-moyen1)-orient-.html

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