Trump et les dirigeants européens derrière lui, se déchaînent en ce moment contre l'Iran. Ils mènent une hystérique propagande contre la République islamique. Trump a même brandi à plusieurs reprises la menace d'une intervention militaire en concentrant une immense "armada" dans le golfe Persique juste en face de l'Iran. Ils veulent libérer le peuple iranien de la dictature des mollahs comme ils ont libéré le peuple afghan, yougoslave, irakien, libyen, syrien et dernièrement le peuple vénézuélien. Tout en versant des larmes de crocodile sur le peuple iranien, ils continuent à soutenir militairement, financièrement et moralement le génocide à Gaza. Trump qui est à la tête d'un Etat policier qui glisse chaque jour davantage dans le fascisme se présente comme le libérateur de tous les peuples opprimés. Lui qui méprise et terrorise sa propre population se préoccupe maintenant du sort et du bien-être du peuple iranien!
"Patriotes iraniens, continuez à manifester, prenez le contrôle de vos institutions." disait Trump en ajoutant "l'aide est en route" sans préciser laquelle. Mais les peuples vénézuélien, irakien, libyen etc. savent très bien ce que cette "aide" signifie : la mort, la désolation et l'asservissement. Que reste-t-il par exemple d'un pays comme la Libye naguère prospère et laïque après l'intervention militaire américaine ? Règlements de comptes, violence ethnique, corruption généralisée, milices surarmées formées d'anciens "rebelles" se retournant les unes contre les autres, tribus réclamant leur autonomie, pouvoir central impuissant et compagnies pétrolières étrangères pompant allègrement le pétrole du peuple libyen.Voilà à quoi ressemble la Libye d'aujourd'hui. Et que dire du kidnapping du président Nicolas Maduro et sa femme Cilia Flores pour s'emparer du pétrole du Venezuela au mépris de toutes les lois et conventions qui régissent les relations entre nations? Pour Trump, le droit c'est le droit du plus fort. Il a le sentiment d'être le maître du monde. Il n'a pas "besoin du droit international". La seule limite à son pouvoir est comme il le disait lui-même : "Ma propre morale. Ma propre conscience. C'est la seule chose qui puisse m'arrêter". Mais Trump, le nouveau César est le produit de la violence impérialiste américaine. Cette violence fait partie intégrante de l'histoire des Etats-Unis : du génocide des populations indigènes à la terreur d'Etat qui se déroule sous nos yeux aujourd'hui en passant par l'esclavage et les guerres de l'empire avec leurs millions de morts.
En réalité, derrière cette intense propagande et ces menaces directes contre la République islamique se cache, comme "un troupeau d'éléphants derrière une tige de bambou", la volonté des Etats-Unis et de ses caniches européens de mettre la main sur sa richesse pétrolière et sur son programme nucléaire.
Comme au Venezuela, Trump veut, par la violence, que les majors pétrolières américaines comme ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips et bien d'autres puissent pomper tel un vampire le pétrole iranien sans trop d'entraves. Mais pour mieux comprendre l'empressement de Trump à s'emparer du pétrole iranien, il est nécessaire d'invoquer l'histoire. Car l'agressivité des américains envers l'Iran ne date pas d'aujourd'hui. En effet, dans les années cinquante, Mohammad Mossadegh (1879-1967) élu démocratiquement au parlement iranien avait proposé la nationalisation de l'industrie pétrolière dominée par les compagnies américaines et britanniques. Cette proposition a été adoptée sous forme de loi en mars 1951. Mossadegh fut nommé premier ministre et le Chah a quitté le pays pour l'exil. Redoutant que cette décision ne s'étende à d'autres pays du Moyen-Orient, les américains et les anglais ont renversé le gouvernement Mossadegh en 1953 par un coup d'Etat organisé par la CIA et les services secrets britannique M16. C'est l'opération Ajax. La résidence du premier ministre iranien est bombardée faisant plusieurs victimes comme lors de l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro et de son épouse le 3 janvier 2026. Mossadegh a été arrêté, emprisonné et finalement assigné à résidence jusqu'à sa mort le 5 mars 1967. Son crime était d'avoir nationalisé le pétrole de son pays. Les Etats-Unis ont remis à nouveau le chah sur le trône et leurs compagnies pouvaient désormais exploiter à leur guise le pétrole iranien. Soutenu et protégé par les américains, le chah installe alors en Iran l'une des plus féroces dictatures au monde grâce à sa célèbre police politique, la SAVAK mise en place avec l'aide de la CIA. En éliminant toutes les alternatives progressistes et laïques, le chah a ouvert la voie à la révolution de 1979 et la prise du pouvoir par les religieux.
Les américains n'ont en fait jamais accepté la disparition de cette dictature. La chute du régime du chah est un coup dur porté à leurs intérêts dans la région. Le fait que cette République religieuse nationalise ses richesses pétrolières et gazières a suffi pour placer l’Iran sur "l’Axe du Mal" parmi les "États voyous". Les Etats-Unis n'ont pas supporté non plus que l'Iran devienne une puissance nucléaire. D'ailleurs l'une des exigences de Trump est l'abandon par le gouvernement iranien de son programme nucléaire : " Washington fait pression pour un arrêt définitif de tout enrichissement d'uranium et la destruction de tous les stocks iraniens actuels". Ici Trump ne parle plus des manifestants, des morts, etc. Il les a déjà oubliés! Rappelons également que les Etats-Unis, en coordination avec Israël, ont déjà attaqué des sites nucléaires iraniens dans la nuit du 21 juin 2025. Car il y a trop de pétrole dans cette région explosive. Il faut que les américains puissent accéder sans trop de contraintes à cette richesse indispensable à leur économie et, partant, aux profits de leurs compagnies pétrolières. La création de l'État d'Israël dans cette région du monde répond aussi à cette impérieuse nécessité. Ce n'est pas un hasard si cet État est la seule puissance nucléaire et dont les grands médias occidentaux n'en parlent (du nucléaire israélien) pour ainsi dire jamais. C'est le gendarme des américains dans la région. Aucun autre pays du Moyen Orient ne peut développer un programme nucléaire sans qu'Israël et les Etats-Unis ne réagissent très violemment. Ainsi en 1981 Israël, qui redoutait que l'Irak ne se dote de l'arme nucléaire, a totalement détruit le réacteur Osirak. Aujourd'hui, il est insupportable pour ces deux pays que l'Iran devienne à son tour une puissance nucléaire. Détruire les installations nucléaires iraniennes est devenu l'obsession des dirigeants américains et israéliens.
Donc ce ne sont ni les manifestations contre le gouvernement iranien, ni les morts, ni la démocratie, ni les droits de l'homme qui motivent aujourd'hui cette hystérique propagande et cette menace d'une intervention militaire contre l'Iran, mais bel et bien, pour l'essentiel, sa richesse pétrolière et son programme nucléaire. Les iraniens sont capables, comme les autres peuples, de régler eux-mêmes leurs problèmes. Ils n'ont surtout pas besoin des pays impérialistes dont toute l'histoire est chargée de conquêtes coloniales, de crimes et d'asservissement des peuples.
Mohamed Belaali
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