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17 octobre 2021 7 17 /10 /octobre /2021 06:31

 

Il y a 60 ans jour pour jour, l'Etat français à travers sa police, massacrait en plein Paris des centaines de travailleurs algériens qui manifestaient dignement et pacifiquemnt contre le couvre-feu raciste qu'on leur imposait. "Il est conseillé de la façon la plus pressante aux travailleurs algériens de s'abstenir de circuler la nuit dans les rues de Paris et de la banlieue parisienne, et plus particulièrement entre 20 h 30 et 5 h 30 du matin" écrivait Maurice Papon Préfet de police de Paris. Les ouvriers algériens et leurs familles ont décidé de manifester. La police a tiré sur la foule. Beaucoup de ces travailleurs ont été brutalement jetés dans la Seine qui des jours durant a charrié leurs cadavres. Des manifestants blessés ont été emmenés sans ménagement au Palais des sports et au Stade Pierre-de-Coubertin comme au Stade de Santiago de Chili en 1973 où l'on entassait les opposants au général Pinochet.

17 octobre 1961, c'est peut-être le plus grand massacre d'ouvriers après la Commune de Paris.

Un lourd silence s'est alors abattu sur ce crime d'Etat. Livres, témoignages, films, reportages, documents historiques, dossiers de presse, accès aux archives etc. pendant des décennies ont été saisis et interdits. La mémoire du 17 octobre a été occultée. Il faut peut-être beaucoup de temps pour que la bourgeoisie française, responsable de ce massacre, ose montrer son visage hideux. Comme disait Frantz Fanon dans Les Dannés de la terre, cette bourgeoisie qui aime tant parler de l'homme, des droits de l'homme,"tout en le massacrant partout où elle le rencontre, à tous les coins de ses propres rues, à tous les coins du monde".

 

Mohamed Belaali

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9 octobre 2021 6 09 /10 /octobre /2021 05:42

 

Il y a cinquante quatre ans jour pour jour, le Che a été exécuté à la Higuera le 9 octobre 1967 par l'armée bolivienne encadrée par la CIA.

 

Pour l'impérialisme yankee, Guevara était devenu l'homme à abattre. Non seulement il représentait un danger pour les intérêts de la bourgeoisie américaine parce que la révolution a triomphé à Cuba à moins de 150 km des Etats-Unis, mais aussi et surtout parce que son combat contre l'impérialisme était total, planétaire.

 

Le Che a bien compris que l'impérialisme, stade suprême du capitalisme, était le véritable ennemi des peuples. Combattre l'impérialisme partout à travers le monde était pour lui «le plus sacré des devoirs» (1) .

 

Ernesto Che Guevara était persuadé que la défaite de l'impérialisme américain passait nécessairement par le triomphe de la révolution mondiale. La victoire ne sera jamais complète tant que d'autres peuples restent soumis à la domination impérialiste.

 

Le Che ne se contentait pas de théoriser la lutte. Il a mené personnellement, les armes à la main, des combats aussi héroïques que désespérés contre l'impérialisme et le colonialisme dans la Sierra Maestra cubaine, dans le maquis congolais ou encore dans la forêt et les montagnes boliviennes. La pratique et la théorie pour le Che étaient étroitement liées et tellement imbriquées l'une dans l'autre qu'elles ne formaient qu'un tout inséparable. Sa vie, brève mais intense, se confondait avec ses idées. Il a été jusqu'au bout de ses convictions révolutionnaires,«dans une révolution on triomphe ou on meurt (si elle est véritable)» disait-il (2).

 

Aujourd'hui l'impérialisme américain contre lequel s'est élevé le Che, les armes à la main, sème encore la terreur et la désolation à travers le monde. C'est ce même impérialisme qui menace d'attaquer le Venezuela et l'Iran comme il a attaqué hier l'Afghanistan, la Yougoslavie, l'Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen etc.

 

Le Che est mort, mais pour celles et ceux qui luttent, son souvenir restera «enfoui tel un trésor dans la partie la plus profonde, la plus secrète et la plus riche de leur être, réchauffant leur courage, attisant leur énergie» (3).

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1)«En los nuevos campos de batalla llevaré la fe que me inculcaste, el espíritu revolucionario de mi pueblo, la sensación de cumplir con el más sagrado de los deberes: luchar contra el imperialismo dondequiera que esté: esto reconforta y cura con creces cualquier desgarradura».

http://www.cuba.cu/gobierno/discursos/1965/esp/f031

(2)Pierre Kalfon « Che Ernesto Guevara, une légende du siècle » p.403.

(3)Ahmed Ben Bella premier président de l'Algérie indépendante. Le Monde diplomatique, octobre 1997.

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30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 16:37

Après leVietnam, l'Irak et la Syrie, l'impérialisme américain vient de subir à la veille du vingtième anniversaire des attentats du World Trade Center une humiliante défaite en Afghanistan. Les images des derniers GI quittant dans la précipitation l'aéroport de Kaboul font penser immédiatement au Vietnam. Les mêmes scènes de sauve-qui-peut et de chaos ressemblent étrangement à l'évacuation en catastrophe de Saïgon en avril 1975. La comparaison s'arrête là. L'Afghanistan n'est pas le Vietam et les talibans religieux n'ont rien de commun avec les communistes vietnamiens. Mais dans les deux cas il s'agit d'une défaite impérialiste avec des conséquences géostratégiques très différentes. Cette débacle vient confirmer le lent déclin de l'hégémonie des Etats-Unis dans le monde. Mais pour sauvegarder, vaille que vaille, leurs intérêts économiques et stratégiques, les Etats-Unis s'appuient non seulement sur les régimes les plus rétrogrades, les dictatures les plus féroces, mais aussi et de plus en plus sur des mouvements fondamentalistes et terroristes. En combattant partout les idées, les mouvements et les gouvernements progressites, les Etas-Unis ont ouvert la boîte de Pandore libérant ainsi des terroristes qui se répandent un peu partout à traves le monde avec toutes les conséquences dramatiques que l'on connaît.

 

L'ironie de l'histoire, ce sont quand même les américains et leurs alliés locaux comme le Pakistan et l'Arabie Saoudite qui ont créé, financé, armé et entraîné les Moudjahidins de la liberté qu'on appelle aujourd'hui les talibans ! Les Etats-Unis avaient besoin de ces combattants fanatisés pour renverser le gouvernement pro-soviétique installé à Kaboul. En effet, en juillet 1979, le président américain Jimmy Carter décide d'apporter une assistance clandestine aux opposants religieux du régime communiste afghan. En septembre 1979, le Président de la République Démocratique d'Afghanistan Mohammed Taraki pro-soviétique est renversé. L'Union soviétique intervient alors militairement en décembre de la même année pour maintenir, vaille que vaille, le gouvernement afghan sous son influence. Pour combattre les troupes soviétiques présentes sur le sol Afghan, Washington avait besoin du Pakistan : " Le Pakistan fut le préservatif dont les Américains avaient besoin pour pénétrer en Afghanistan" disait un général pakistanais à la retraite (1).

 

Rappelons pour mémoire, que c'est le Général Zia Ul-Haq qui a renversé en juillet 1977, avec le soutien décisif des américains, le gouvernement démocratiquement élu d'Ali Bhutto le père de Benazir Bhutto. Pour asseoir son pouvoir et mater toute opposition laïque, le général dictateur instrumentalise l'Islam : "Le nouveau régime avait décidé d'utiliser l'Islam comme machine de guerre". Des Madrassas (écoles coraniques) fleurissaient alors un peu partout au Pakistan avec l'aide financière saoudienne. En plus de la formation religieuse, on apprenait à ces talibans (étudiants) le maniement des armes et les techniques de la guérilla (2). Il s'agit en fait de centres d'endoctrinement gérés et contrôlés par les fameux services secrets pakistanais ISI (Inter-Services Intelligence). De ces écoles religieuses naquirent des dizaines de milliers de fanatiques prêts à tous les sacrifices. Ces étudiants en théologie sont envoyés par la suite de l'autre côté de la frontière, en Afghanistan. Les talibans sont ainsi devenus, par la grâce des dollars américains et des pétrodollars saoudiens, les "moudjahidins de la liberté" qui allaient mener le djihad (la guerre sainte) contre les "communistes" afghans et leur protecteur soviètique. Dans son interview accordée au Nouvel Observateur, le chef de la sécurité nationale de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski déclarait qu'il ne regrettait pas d'avoir utilisé les terroristes contre les soviétiques :

- "Vous ne regrettez pas non plus d’avoir favorisé l’intégrisme islamiste, d’avoir donné des armes, des conseils à de futurs terroristes?"

- Zbigniew Brzezinski : "Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide?" (3)

 

Rappelons également que pendant la guerre contre l'Union soviétique, le dictateur pakistanais

Zia-ul-Haq (1924-1988) et ses services de renseignements ont demandé à l'Arabie Saoudite de dépêcher un membre de la famille royale pour superviser la "guerre sainte". Faute de pouvoir trouver un émir, c'est Oussama Ben Laden, fondateur d'Al Qaïda, qui fut envoyé ! Al Qaïda est née de la guerre contre les soviètiques en Afghanistan.

 

L'armée soviétique a quitté définitivement l'Afghanistan en 1989. Dix ans de guerre dans ce pays ont contribué à l'effondrement de l'URSS à la grande satisfaction des Etats-Unis. C'était là justement le but principal de leurs interventions dans ce pays comme le disait clairement Zbigniew Brzezinski.

Les talibans sont entrés à Kaboul en avril 1996. Le mollah Omar (beau-père de Ben Laden) prend le pouvoir et le dernier président de la République Démocratique d'Afghanistan, le docteur Najibullah prosoviétique est pendu par les talibans en septembre de la même année. Il est clair que les talibans n'auraient jamais pu s'emparer de l'Afghanistan sans les Etats-Unis et le Pakistan.

 

De 1996 à 2001, les talibans ont installé en Afghanistan un régime de terreur où la moindre contestation était sauvagement réprimée :"Hors des rangs de l’armée, toute forme de dissidence était brutalement réprimée par une politique de terreur sans précédent dans l’histoire afghane. Le credo des talibans est une variante de l’islam de l’école deobandi (du nom de la ville de Deoband en Inde) qui est professé au Pakistan par un courant sectaire et encore plus extrémiste que le wahabbisme, puisque même le régime saoudien n’a pas privé la moitié de sa population de tout droit civique au nom du Coran" (4). Ils ont interdit aux femmes d'aller à l'école, de travailler, de faire des courses, bref elles étaient tout simplement exclues de presque toutes les activités sociales.

 

Mais ce régime n'a soulevé aucune indignation, ni aucune protestation de la part des américains ni des occidentaux en général tant qu'il servait leurs intérêts. Il faut dire que les Etats-Unis, en plus de combattre l'URSS, avaient un ambitieux projet de 10 milliards de dollars dans la région : construire un gazoduc à travers l’Afghanistan, le Turkménistan et le Pakistan. Le groupe pétrolier californien Unocal devrait superviser l'opération (5). Les talibans, de leur côté avaient leurs propres objectifs, construire une fédération islamique de Samarkand à Karachi. Ils espéraient également " avoir accès à la mer et ne font pas mystère de leur conviction que le Pakistan et son arsenal nucléaire tomberont un jour entre leurs mains" (6). Leurs relations avec les dirigeants d'Al Quaïda se sont renforcées au point qu'en 1998 Ben Laden lance une Fatwa depuis l'Afghanistan légitimant les attaques contre les intérêts et les ressortissants américains (7).

Le 11 septembre 2001, les tours du World Trade Center de New York ont été détruites par des terroristes majoritairement saoudiens comme Ben Laden, faisant près de 3 000 victimes civiles. Quelque semaines après, les Etat-Unis ont utilisé cette tragédie comme prétexte pour envahir l'Afghanistan au prix quand même de milliers de morts (8).

Le gouvernement taliban a été renversé. Un nouveau gouvernement intérimaire est installé à Kaboul sous la houlette des américains. Hamid Karzai, ancien consultant pour le compte d'Unocal lors des négociations sur le gazoduc, est désigné chef de l'exécutif. "Le comportement d'une nouvelle élite regroupée autour de Karzaï et des forces d'occupation, qui s'est spécialisée dans l'écrémage de l'aide étrangère pour créer ses propres réseaux criminels de corruption et de clientélisme, alimente également le ressentiment. Les corruptions de cette couche se développent chaque mois comme une tumeur non traitée" écrivait Tariq Ali dans " Afghanistan : le mirage de la bonne guerre " (9).

 

Rappelons qu'en mars 2003 c'est-à-dire moins de deux ans après l'invasion de l'Afghanistan, l'armée américaine a franchi les frontières irakiennes sous prétexte que Saddam Hussein possédait "des armes de destruction massive" et qu'il avait des liens avec Al Qaïda. Depuis cette invasion militaire, la population irakienne vit un long et interminable calvaire (10).

 

Pendant ce temps, les talibans se sont reconstitués au Pakistan et dans les montagnes afghanes. Ils vont se transformer progressivement en un véritable mouvement de guérilla, moderne et efficace. Les nouveaux talibans sont devenus aux yeux de la population le seul mouvement de libération. Ils étaient comme des poissons dans l'eau pour paraphraser Mao, contrairement à l'occupant américain et le gouvernement fantoche de Karzai. L'histoire nous enseigne que toutes les guerres coloniales se terminent par un échec.

 

De 2001 à 2021, l'invasion américaine de l'Afghanistan appelée Enduring Freedom (Liberté immuable) a fait des milliers et des milliers de morts, de blessés, de mutilés, de refugiés, de veuves, d'orphelins... Elle a provoqué de grands traumatismes et de souffrances humaines dans la population civile afghane (11). Dans son discours du 31 août 2021, Joe Biden a reconnu que les Etats-Unis ont dépensé 300 millions de dollars par jour pendant deux décennies pour soutenir cette guerre impérialiste (12).

L'objectif officiel de leur intervention, comme le souligne Joe Biden lui-même, était de combattre le terrorisme et de détruire Al Qaïda. Or, force est de constater que les organisations djihadistes n'ont jamais été aussi nombreuses qu'aujourd'hui ! En Afghanistan, les Etats-Unis ont combattu non pas le terrorisme, mais les gouvernements communistes et l'Union soviétique à l'aide des fanatiques religieux. Il ont finalement installé dans ce pays meurtri l'un des plus rétrogrades et des plus réactionnaires des régimes, celui des talibans.

 

L'histoire de l'impérialisme américain nous apprend que les Etats-Unis ont une longue tradition d'interventions militaires directes ou indirectes, d'ingérence politique dans les affaires des pays qui refusent de se soumettre à leur diktat et de soutien aux organisations religieuses fondamentalistes sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, de la liberté, des droits de l'homme, de la démocratie etc. Les dirigeants américains ont ainsi dressé les fanatiques religieux contre Nasser en Egypte, contre Bhutto au Pakistan, massacré des communistes avec l'aide des milices islamistes en Indonésie, imposé un terrible embargo à Cuba, renversé le premier ministre démocratiquement élu Mohamed Mossadegh en Iran, Allendé au Chili, soutenu le coup d'État du général Videla en Argentine, détruit la Yougoslavie, écrasé les régimes laïcs en Irak et en Libye...etc. Il ne s'agit là que de quelques exemples parmi tant d'autres. Pour préserver leurs intérêts économiques et géostratégiques, l'impérialisme ne recule donc devant aucun moyen y compris la guerre, les coups d'Etat ou le soutien aux groupes religieux fanatiques.

Maintenant que les talibans sont confortablement installés dans le palais présidentiel de Kaboul, vont-ils devenir des alliés des américains et collaborer avec eux contre la Chine, la Russie et l'Iran, ou au contraire, vont-ils essayer de trouver un modus vivendi avec les pays voisins et instaurer une logique de paix et de coopération dans la région ? Seul l'avenir nous le dira.

 

Mohamed Belaali

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(1)https://www.lemonde.fr/archives/article/2001/09/19/attention-au-pakistan-par-tariq-ali_222616_1819218.html)

(2)Tariq Ali, " Le choc des intégrismes". Textuel,2002.

(3)https://www.monde-diplomatique.fr/2021/09/A/63447

(4)https://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-1-page-105.html

(5)https://www.monde-diplomatique.fr/2002/01/ABRAMOVICI/8328

(6)https://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-1-page-105.html

(7)https://www.monde-diplomatique.fr/2002/01/ABRAMOVICI/8328

(8)http://www.comw.org/pda/0201strangevic.html.

(9)https://newleftreview.org/issues/ii50/articles/tariq-ali-afghanistan-mirage-of-the-good-war

(10)https://www.belaali.com/article-les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-irak-48981793.html

(11)https://apnews.com/article/middle-east-business-afghanistan-43d8f53b35e80ec18c130cd683e1a38f

(12)https://www.youtube.com/watch?v=ZwWD8xGiRVk

 

 

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11 septembre 2021 6 11 /09 /septembre /2021 06:31

Les Etats-Unis commémorent aujourd'hui la tragédie du 11 septembre 2001 qui a coûté la vie à 3000 victimes innocentes. Joe Biden va se rendre sur les trois lieux emblématiques des attaques terroristes survenues il y a vingt ans. Les médias du monde entier vont célébrer cet événement à la fois historique et médiatique. Des émissions spéciales, des reportages, des interviews, des témoignages vont alors se succéder tout au long de la journée et de la nuit. Mais ces mêmes médias vont passer sous silence ou presque un autre événement tout aussi historique et dramatique comme si les américains avaient le monopole et l'exclusivité de cette date. Il s'agit du 11 septembre 1973. S'il faut bien évidemment parler du 11 septembre 2001 et dénoncer le massacre des innocents, il faut aussi parler du 11 septembre 1973 et pointer du doigt le rôle décisif des américains dans le coup d'Etat du général Pinochet qui a installé l'une des plus féroces et des plus cruelles dictature au monde.

 

Mais on ne peut parler de la dictature de Pinochet sans évoquer le socialisme à la chilienne de Salvador Allende. Les deux hommes symbolisent deux modèles de société diamétralement opposés.

Allende était un révolutionnaire particulier. Il voulait réaliser le socialisme non pas par une révolution violente, mais d'une manière pacifique, par les urnes.

Le 3 novembre 1970, il gagne les élections et devient président de la République du Chili. Mais Salvador Allende n'est resté au pouvoir que trois ans. Il n'a pas pu réaliser "la voie chilienne vers le socialisme". En effet, le 11 septembre 1973, le général Augusto Pinochet, avec l'aide des Etats-Unis, met un terme par la violence à cette expérience du passage pacifique au socialisme. Le rêve "d'el compañero presidente" est écrasé par la force brutale de la junte militaire.

Le général Pinochet prend le pouvoir. La dictature militaire remplace le socialisme démocratique. Assassinats, exécutions sans sommation, torture ... sont devenus des pratiques quotidiennes. Les prisons et les commissariats sont débordés. Le Stade national de Santiago est transformé en centre de détention de masse. On y entasse des hommes et des femmes amenés des quartiers populaires par des bus et des camions militaires des semaines durant. C'est dans ce stade également que les militaires ont fait taire définitivement le chanteur Victor Jara : "Criblé de balles, les mains non pas tranchées mais broyées" écrivait sa femme dans "Victor Jara, un chant inachevé". La dictature a laissé derrière elle des milliers de morts, de disparus, d'exilés et de torturés.

 

Sur le plan économique, aidée par les "Chicago boys" disciples de Milton Friedman, la dictature a imposé une marchandisation de toutes les dimensions de la vie : la santé, l'éducation, l'électricité, l'eau, la mer, les communications etc. sont livrées au libre jeu du marché dominé par les multinationales américaines. Dictature, marché et capitalisme vont de pair.

 

Fidèle à ses convictions, Allende a préféré mourir dignement que de se rendre à la junte militaire. Dans ses derniers moments, il s'adresse à son peuple : "Je paierai de ma vie la défense des principes qui sont chers à cette patrie (...) L’Histoire est à nous, c’est le Peuple qui la fait".

Le général Pinochet est mort paisiblement sur son lit d'hôpital militaire protégé par les Etats-Unis qui célèbrent aujourd'hui le 11 septembre...2001.

 

Mohamed Belaali

 

 

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29 août 2021 7 29 /08 /août /2021 10:28

 

Samedi après samedi, les manifestations contre le pass sanitaire se succèdent et se ressemblent. On dirait que c'est le Mouvement des Gilets jaunes qui se reproduit. Mais comme tout le monde le sait, l'histoire ne se répète pour ainsi dire jamais à l'identique. Si les ressemblances entre le mouvement actuel et celui des Gilets jaunes sont nombreuses, ils restent néanmoins profondément différents.

 

L'importance et l'originalité du Mouvement des Gilets jaunes résident d'abord dans son existence même. Il s'agit d'une immense colère contre la situation économique et sociale d'une large frange de la population. C'est une révolte contre cette politique de paupérisation ultra-libérale menée tambour battant par les gouvernements successifs. La radicalité du Mouvement n'est que le corollaire de la brutalité des politiques économiques et sociales imposées par la minorité d'exploiteurs à l'immense majorité de la population. C'est un rejet massif non seulement de ces politiques, mais aussi du président de la République serviteur zélé de la classe dominante. C'est une magnifique résistance à l'une des plus brutales et des plus féroces bourgeoisie au monde.

 

La révolte des Gilets jaunes conteste toute la politique du régime macronien alors que le mouvement anti-pass ne porte que sur un aspect de cette politique à savoir la politique sanitaire. Le combat des Gilets jaunes n'est pas seulement pour améliorer momentanément les conditions d’existence des travailleurs, des salariés, bref de tous les exploités pour rendre la société capitaliste supportable, mais de lutter pour une autre société : "Conscients que nous avons à combattre un système global, nous considérons qu'il faudra sortir du capitalisme" (1). Au-delà des revendications économiques légitimes, la lutte des Gilets jaunes est un combat politique de classe contre classse. "Macron démission" scandent les manifestants tous les samedis. Dès les premières manifestations, les Gilets jaunes sont allés crier leur colère et leur indignation sur les lieux même du pouvoir. "Emmanuel Macron oh tête de c. on vient te chercher chez toi" chantaient à pleins poumons les Gilets jaunes. Leur combat ne se limite donc pas seulement à des revendications immédiates mais s'attaque aussi aux conditions dans lesquelles les injustices de classe se reproduisent. Les Gilets jaunes ont compris que derrière cette injustice et cette dégradation générale des conditions de vie que subissent les classes populaires, se cache la classe des oppresseurs qui a hissé brutalement Macron à la tête de l'Etat. "Macron, robin des rois", "président des riches" ou encore "Rends l’ISF d’abord !" clament les Gilets jaunes.

 

Le combat des Gilets jaunes est donc à la fois économique, social et politique. Le Mouvement anti-pass, tout en s'opposant à l'autoritarisme de Macron, a mis en exergue parmi ses priorités une conception égoïste de la liberté. Point ici de justice sociale, de pauvres, de riches et de leur affrontement. "Liberté, liberté" scandent les manifestants. Il s'agit en fait de la liberté individuelle opposée à celle de la société.

Comme disait Marx c'est "la liberté de l'homme considéré comme monade isolée, repliée sur elle-même. (,,,) c'est-à-dire un individu séparé de la communauté, replié sur lui-même, uniquement préoccupé de son intérêt personnel et obéissant a son arbitraire privé.(...). Elle fait voir à chaque homme, dans un autre homme, non pas la réalisation, mais plutôt la limitation de sa liberté" (2)

Comme avec les Gilets jaunes, les directions syndicales ont assisté, encore une fois, en spectratrices au Mouvement anti-pass. Elles se sont contentées de dénoncer le pass sanitaire par des déclarations et des communiqués laissant le soin à leurs militants de participer à titre personnel aux manifestations. Toutefois, ici et là, des syndicalistes, des unions locales et des fédérations sont présents dans les manifestations avec leurs propres mots d'ordre : contre le pass sanitaire mais aussi la nécessité de la vaccination, de la levée des brevets ou encore les moyens pour l'hôpital public. Mais cela ne suffit évidemment pas à affronter l'extrême droite et les courants obscurantistes de tout genre revigorés par la crise du capitalisme et qui instrumentalisent la défiance, la peur et la colère d'une partie de la population contre la gestion irresponsable et criminelle de la pandémie par le gouvernement. A l'inverse du Mouvement des Gilets jaunes, certains leaders d'extrême droite comme François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan ou encore Florian Philippot ont rapidement et facilement pris leur place dans les manifestations actuelles.

La base des centrales syndicales doit lutter contre ses propres directions pour lui imposer un plan de bataille unitaire avec celles et ceux qui tous les samedis luttent non seulement contre le pass-sanitaire, les idées d'extrême droite, mais aussi contre la politique du pouvoir en place. Il faut que le mouvement ouvrier pèse de tout son poids et prenne la direction de ces manifestations afin de les orienter vers un combat politique et non seulement sanitaire.

 

Le Mouvement anti-pass ne semble pas, pour l'instant, inquièter outre mesure Macron contrairement aux Gilets jaunes qui ont osé défier son pouvoir quasi-monarchique et l'ont même, un moment, fait vaciller. Effrayés par ce soulèvement populaire, Macron et la classe dirigeante n'ont pas hésité à mener une véritable guerre contre les Gilets jaunes. Même l'armée a été appelée à la rescousse. Les Gilets jaunes sont probablement le Mouvement le plus réprimé dans l'histoire récente de la France :

  • 2 décès,

  • 24 éborgné·es,

  • 5 mains arrachées (3),

  • Des milliers de blessés,

  • Une violence judiciaire inédite. 

     

 

Le Mouvement des Gilets jaunes dépasse le cadre étroit des revendications spécifiques contrairement à celui des anti-pass. Il s'inscrit dans une perspective beaucoup plus large, celle d'un combat contre les injustices de classe et la misère sociale.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.giletsjaunes-coordination.fr/wp-content/uploads/2019/06/ada-appel-de-la-2e-assembleee-des-assembleees-des-gilets-Jaunes.pdf

(2)https://www.marxists.org/francais/marx/works/1843/00/km18430001c.htm

(3)https://www.mediapart.fr/studio/panoramique/allo-place-beauvau-cest-pour-un-bilan

voir également l'étude menée auprès des CHU de France et publiée dans la revue scientifique «The Lancet» montre une forte hausse du nombre de personnes éborgnées avec les LBD depuis la révolte des Gilets jaunes : https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(19)31807-0/fulltext 

 

 

 

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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 05:44

A l'occasion du centenaire de la bataille d'Anoual, il est peut-être utile de rappeler, très brièvement, qui était cet homme qui, dans une héroïque guerre de libération, a tenu tête à deux puissances coloniales, l'Espagne et la France. Après la victoire d'Anoual, Abdelkrim est devenu le symbole de la lutte anticoloniale donnant ainsi l'espoir à tous les peuples qui luttaient pour leur indépendance. Il était le précurseur des guerres de libération qui vont mettre plus tard un terme au colonialisme européen.

 

 

Abdelkrim, cet homme qui a tant aimé les montagnes et les vallées du Rif et de tout le Maroc, lui qui s'est dressé courageusement contre le joug colonial, n'a toujours pas sa tombe dans son propre pays plus d'un demi siècle après sa mort. Aujourd'hui encore et malgré une farouche volonté du pouvoir politique pour occulter le passé, son souvenir reste gravé dans la mémoire populaire et enfoui dans le cœur du peuple marocain. Ce n'est pas un hasard si le seul portrait brandi systématiquement par les manifestants durant les événements qui ont secoué le Rif en 2016 était celui d'Abdelkrim. Cet homme, dont la simplicité et la modestie impressionnaient toutes celles et ceux qui l'ont connu, a pu tenir tête dans une véritable guerre de libération à l'Espagne et à la France.

 

Abdelkrim avec quelques milliers de combattants divisés en groupes très mobiles et une maîtrise parfaite du terrain, a infligé une humiliante défaite au général espagnol Silvestre pourtant à la tête d'une armée autrement plus puissante. C'était en juillet 1921 à Anoual dans le Rif marocain. La résistance l'a emporté sur l'envahisseur. De ce point de vue, on peut dire qu'Abdelkrim était le précurseur de la guérilla moderne. Plus tard, Hô Chi Minh puis Mao le citeront en exemple.

Abdelkrim devient avec cette victoire le symbole de la lutte anticoloniale et donne en même temps l'espoir aux peuples qui luttent pour leur libération.

 

La défaite espagnole a permis au général Miguel Primo de Rivera de s'emparer du pouvoir par un coup d'État. C'était le 13 septembre 1923. Il faut préciser également que c'est durant la guerre du Rif que s'est illustré par sa cruauté un certain F. Franco ce qui lui a valu d'être promu général !

 

Mais Abdelkrim veut libérer tout le Maroc. Il concentre ses troupes sur la ville de Fès occupée par la France comme l'essentiel du territoire marocain. Le maréchal Lyautey, jugé hésitant face aux avancées du guérillero du Rif par le gouvernement de Paul Painlevé, est remplacé par un autre maréchal, Philippe Pétain. C'était en juillet 1925.

Abdelkrim était là encore l'un des premiers à avoir combattu le fascisme européen que représentaient Miguel Primo de Rivera, Francisco Franco et Philippe Pétain sur le sol de ce Rif où il aurait tant aimé se reposer définitivement.

 

A cette époque Abdelkrim était seul à combattre ces hommes qui seront responsables plus tard de la guerre civile(Espagne) et de la collaboration avec les nazis( France) dans leur propre pays.

 

La république du Rif était une autre création de cet homme tant méprisé par les colonialistes, impérialistes et autres fascistes. Après la victoire d'Anoual, Abdelkrim proclama la république dans un pays où les rois se succédaient les uns après les autres et ce depuis des siècles. Abdelkrim fut le premier président du Maroc moderne !

 

Le triomphe d'Abdelkrim fut aussi éphémère que sa république. Malgré un vaste mouvement de solidarité de la classe ouvrière européenne notamment française, Abdelkrim était seul avec ses combattants; seul avec ses idées qui n'étaient pas vraiment dans l'air du temps : se battre contre le colonialisme, l'impérialisme et la domination. Il rêvait d'un Maroc, d'une Algérie, d'une Tunisie et de tout le Monde arabe totalement libérés et modernisés. Il faisait "exploser" dans cette région du monde des projets et des idées, pour l'époque, révolutionnaires.

Contre ce rêve, ces projets et ces idées, il avait face à lui deux États dont la France, une véritable puissance coloniale, trois généraux fascistes et non des moindres, le Makhzen et même les nationalistes bourgeois marocains.

Ses compagnons, des hommes rudes et austères habitués à la vie dure de cette région du Maroc coincée entre la méditerranée et des montagnes sauvages, étaient traités par Paul Painlevé de barbares et de bien d'autres adjectifs encore. «Ces barbares», avec des rêves dans la tête et les armes dans la main menaçaient donc «la civilisation européenne». Il faut les écraser.

Le maréchal Pétain et le dictateur Miguel Primo de Rivera ont scellé un accord en vertu duquel les deux armées, française et espagnole, devaient s'unir contre le rebelle rifain.

Abdelkrim, malgré le courage de ses combattants, ne pouvait affronter seul deux Etats en même temps. Il décida donc de se rendre à la France. C'était en mai 1926.

 

L'envahisseur l'a emporté sur la résistance! La force brutale des armes a écrasé les idées de libération, de modernité et de prospérité que portaient Abdelkrim et ses compagnons.

Abdelkrim fut déporté à La Réunion. C'était un départ sans retour!

 

Cet exil définitif, n'a pas empêché les deux armées coalisées de se venger des populations civiles. Des armes chimiques, interdites par les conventions internationales, ont été utilisées notamment le gaz moutarde(l'ypérite). Les douars, les villages,et les souks du Rif ont été aspergés de ce gaz toxique. Des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants sont morts dans des conditions atroces. Pourtant, la protection des civils était l'une des conditions de la reddition d'Abdekrim. Sa demande n'a pas été respectée. Mais comment aurait-elle pu l'être? Les vainqueurs imposent toujours leur volonté aux vaincus. Cela rappelle étrangement, mais dans des condition très différentes, le comportement de l'armée israélienne et des phalangistes libanaises lorsqu'elles se sont vengées sur les réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila après le départ d'Arafat de Beyrouth vers Tunis. C'était en septembre 1982.

On peut légitimement s'interroger sur ce culte, poussé parfois jusqu'au fétichisme, qu'a le colonisateur ou l'occupant pour la mort et la souffrance des populations civiles.

 

Abdelkrim et sa famille passeront de longues et pénibles années d'isolement et de réclusion sur l'île de La Réunion. C'est au cours de son transfert vers la France et durant l'escale de Port-Saïd qu'Abdelkrim a «réussi à s'évader» avec l'aide de quelques nationalistes marocains, algériens et tunisiens. C'était en mai 1947.

Il s'est installé au Caire où il a repris son combat anticolonial et fondé le"Comité de libération du Maghreb arabe".

 

Fidèle à ses principes de résistant et à la mémoire de ses combattants tombés les armes à la main, Abdelkrim refusait de remettre ses pieds sur le sol marocain tant que le dernier soldat étranger n'aurait pas quitté le Maghreb.

 

«Je suis venu trop tôt» disait-il juste avant sa mort. Trop tôt pour que les idéaux, pour lesquels il a sacrifié sa vie et sa liberté, triomphent. Cétait un précurseur, un avant-gardiste et un internationaliste qui exigeait, pour son époque, presque l'impossible.

Le 6 février 1963, Abdelkrim, le grand Abdekrim s'est éteint au Caire loin de son si cher Ajdir natal. Nasser lui rend un hommage national en organisant des funérailles digne d'un chef d'Etat.

 

Le visiteur étranger sera frappé par l'état de pauvreté dans lequel vivent aujourd'hui les habitants du Rif. Le combat de leurs ancêtres était aussi contre cette misère et pour un Maroc prospère, mais ils étaient écrasés par des ennemis beaucoup plus puissants. En partie, la France et l'Espagne coloniales sont responsables de cette situation. Mais le même visiteur remarquera également que dans beaucoup de foyers notamment les plus modestes, le portrait d'Abdelkrim est toujours accroché au mur comme pour se rappeler que son combat est toujours actuel.

 

Mohamed Belaali

 

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3 juillet 2021 6 03 /07 /juillet /2021 06:54

 

 

Aujourd'hui, 3 juillet 2021, Julian Assange fête ses 50 ans... derrière les barreaux !

Persécuté par les États-Unis, le Royaume Uni et par tous les pays capitalistes, Julian Assange est devenu l'homme à abattre. Car Assange a osé dire la vérité. Or celle-ci est incompatible avec le fonctionnement même des sociétés capitalistes. 

 

En révélant au monde entier les guerres génocidaires, les crimes, les massacres et les mensonges des pays impérialistes, Julian Assange savait qu'il mettait sa vie en danger. Il a ainsi dévoilé la nature profonde de ces pays.Toutes les guerres impérialistes par exemple ont été déclenchées sur la base de mensonges. Assange a osé dire la vérité. Or celle-ci est incompatible avec le fonctionnement même des sociétés capitalistes où le mensonge est érigé en principe sacré, en dogme. Toute profanation de cette règle constitue un sacrilège. Il faut laisser la population dans l'ignorance. Et comme disait Orwell dans 1984 «L'ignorance c'est la force» ! La propagande et l’endoctrinement permanents des citoyens remplacent l’information et le faux devient vrai. Les intérêts d'une seule classe deviennent alors ceux de toutes les classes. Les responsables de ce blasphème seront alors durement punis. Car dans cette société, les hérétiques n'ont pas leur place. Leur vérité constitue une offense, un affront et une insulte au discours mensonger dominant. Julian Assange doit être châtié, persécuté. L'obscurité du mensonge contre la lumière de la vérité. La guerre est donc déclarée contre cet homme. Il n'a aucune chance de la gagner ni même d'obtenir un procès équitable sans le soutien massif des citoyens. Pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni et tous les autres pays capitalistes, Assange est l'homme à abattre. En 2010 par exemple, il a eu le courage de montrer au monde entier, à travers des centaines de milliers de documents classifiés de l'armée américaine, la réalité de l'invasion de l'Irak : crimes de guerre, massacres, tortures... la souffrance infligée à la population irakienne, réduite à vivre dans des conditions infra-humaines, donne la mesure de la cruauté dont les pays capitalistes sont capables (1). Les documents publiés donnent l'ampleur de cette tragédie irakienne : 109 032 victimes dont 60 % de civils (2). A l'époque, les médias aux ordres parlaient des «frappes chirurgicales» ! Et quel est le crime de chacune de ces victimes ? Selon Bush et Blair, l'Irak représente un véritable danger pour le monde. Il possède les armes de destruction massive et demeure le foyer mondial du terrorisme. Il faut donc sécuriser ce pays et apporter à sa population démocratie, liberté et prospérité. Des mensonges et toujours des mensonges !

 

Le président équatorien  Lenin Moreno, celui par qui le scandale est arrivé, disait : « J’ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que M. Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort». (3)

Moreno sait très bien que les Etats-Unis ont émis une ordonnance d'extradition de Julian Assange avec un acte d'accusation précis (4) et que son pays et le Royaume-Uni feront tout pour faciliter ce transfèrement. Une fois aux Etats-Unis, la vie de Julian Assange sera en danger ou comme disent les experts de l'ONU, l'extradition met « potentiellement sa vie en danger» (5),

Rappelons que la majorité des Etats (trente sur cinquante) appliquent encore la peine de mort et que la pratique de la torture est bien réelle. Le sort d'Assange n'aura probablement rien à envier à celui de l'autre lanceur d'alerte Chelsea Manning qui a « enduré de longues périodes d’isolement et de torture. Elle a tenté à deux reprises de se suicider en prison. Elle connaît par expérience douloureuse les innombrables façons dont le système peut vous briser psychologiquement et physiquement» (6).

 

Voilà ce que réservent les pays impérialistes à ceux et celles qui, au détriment de leur vie, osent dire la vérité aux citoyens en les informant sur les abus du pouvoir. Les pays capitalistes ne peuvent fonctionner que sur la base de mensonge et de répression dans tous les domaines.

Laissons le dernier mot à la mère de Julian Assange :«La vie de mon fils, le journaliste Julian Assange, est en danger imminent et grave. Je vous remercie tous d’entendre l’appel d’une mère qui vous demande de l’aider à le sauver (…) Parce qu’il s’agit d’une persécution politique transnationale par une superpuissance sauvage en collusion avec ses alliés, sauver Julian nécessite l’indignation des peuples du monde. (...) Tout au long de l’histoire, lorsque les abus de pouvoir sont devenus insupportables pour le peuple, celui-ci s’est uni et s’est levé pour les faire cesser» (7).

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.legrandsoir.info/Les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-Irak.html

(2)https://www.ojim.fr/portraits/julian-assange-master-hacker/

(3)https://twitter.com/Lenin/status/1116271659512684544

(4)https://www.legrandsoir.info/acte-d-accusation-contre-julian-assange.html

(5)https://news.un.org/fr/story/2019/04/1040961

(6)https://www.legrandsoir.info/chelsea-manning-et-la-nouvelle-inquisition-truthdig.html

(7)https://www.youtube.com/watch?v=5nxigIRUkcU

 

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9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 14:26

Jean Castex : " la démocratie ne peut en aucun cas être la violence". 

 

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25 mai 2021 2 25 /05 /mai /2021 10:36

 

Derrière la tragédie commencée en 1948 et qui se poursuit encore aujourd'hui sous nos yeux, se cache un État. Un État qui ne ressemble à aucun autre. Un État fondé sur une immense injustice. Face à lui, un peuple qui subit chaque jour les pires persécutions et les pires humiliations. Mais ce peuple, toujours debout, est atteint «d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix».

 

 

 

Un État

 

Il s'agit d'un État au-dessus de toutes les lois.

Un État qui viole tous les jours le droit international et toutes les résolutions de l'ONU.

Un État qui tue froidement hommes et femmes, enfants et vieillards, filles et garçons.

Un État où le racisme est érigé en institution.

Un État qui défie tous les peuples et tous les autres États du monde.

Un État dirigé par un gouvernement d'extrémistes et de fanatiques.

Un État, qui au nom du droit à l'existence d'un peuple, est déterminé à exterminer un autre peuple. Un État qui dresse un mur de quelques 700 Kilomètres de longueur et de plusieurs mètres de hauteur et fait construire par gouvernement interposé, un autre mur souterrain entièrement en acier de 20 à 30 mètres de profondeur pour assiéger et étouffer toute une population.

Un État qui sème des checkpoints un peu partout pour briser tout mouvement libre de l'autre peuple.

Un État qui fait inlassablement la guerre au nom de la paix.

Un État qui bombarde sans scrupules, écoles, hôpitaux, ambulances, maisons d'habitation, lieux de culte et centre d'information de la presse internationale.

Un État qui pratique des crimes de guerre en toute impunité.

Un État sans véritable opposition interne ni réelle pression externe.

 

Un peuple

 

Face à cet État oppresseur, se dresse un peuple opprimé.

Un peuple qui a été arraché à sa terre comme on a arraché ses vignes, ses oliviers, ses citronniers et ses orangers.

Un peuple dont on a effacé jusqu'aux noms de ses villages détruits et sur leurs ruines on a élevé kibboutz et colonies.

Un peuple qui, transformé en exilé et en réfugié, est réduit à errer à travers le monde.

Un peuple qui continue à payer de son sang et de sa chaire la complaisance, l'hypocrisie et la lâcheté des régimes arabes et de ce que l'on appelle encore la communauté internationale.

Un peuple dont le nom évoque irrésistiblement les massacres parmi les plus cruels et les plus horribles qu'aient connu le XX et ce début du XXI siècle.

 

Mais ce peuple est toujours là comme la terre sur laquelle il a grandi. Un de ses poètes, disait : «Nous sommes les gardiens de l’ombre du figuier et de l’olivier/ Si nous avons soif nous presserons les pierres/ Nous mangerons la terre si nous avons faim,/ mais nous ne partirons pas».

 

Un espoir

 

Mais aujourd'hui à l'intérieur même de cet État, quelques bourgeons ici et là éclatent. Ils fleuriront peut-être demain sur l'ensemble de cette terre martyre : religieux ouverts, pacifistes humanistes, journalistes, intellectuels et universitaires courageux s'opposent à la barbarie de leur propre État.

Des citoyens de plus en plus nombreux, de toutes nationalités, de toutes professions et de toutes confessions, boycottent les activités économiques et culturelles de ce régime d'apartheid.

Des fissures fines et minuscules encore apparaissent sur le visage hideux de cet État. Il faut les élargir pour que cette terre tant aimée et tant disputée devienne ce qu'elle a toujours été, une terre de paix.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

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13 mai 2021 4 13 /05 /mai /2021 09:26

Les morts, les blessés de Jérusalem-Est et les raids sur Gaza ne doivent pas faire oublier les massacres et les souffrances qu’Israël inflige aux palestiniens depuis sa création.

 

En 1948, Albert Einstein, Hannah Arendt et plusieurs personnalités juives dénonçaient déjà Menahem Begin et le massacre du village palestinien de Deir Yassin dans une lettre publiée par New York Times :

« Les aveux publics du parti de Begin ne sont aucunement un guide quant à son caractère réel. Aujourd'hui, ils parlent de liberté, de démocratie et d'anti-impérialisme, alors que jusqu'à récemment ils prêchaient ouvertement la doctrine de l'Etat fasciste (...) Un exemple choquant est leur comportement dans le village arabe de Deir Yassin. Ce village, à l'écart des routes principales et entouré de terres juives, n'avait pris aucune part à la guerre, et avait même combattu les bandes arabes qui voulaient utiliser le village comme base. Le 9 avril (THE NEW YORK TIMES), des bandes terroristes ont attaqué ce village pacifique, qui n'était pas un objectif militaire dans les combats, ont tué la plupart de ses habitants 240 hommes, femmes et enfants et en ont gardé quelques-uns en vie pour défiler en captifs à travers les rues de Jérusalem (...) C'est dans ses actions que le parti terroriste trahit son caractère réel; à partir de ses actions passées, nous pouvons juger de ce que l'on peut attendre de lui dans le futur » (1) .

 

Effectivement en juin 1982, Menahem Begin, devenu premier ministre, et son ministre de la défense Ariel Sharon envahissent le Liban. Le jeudi 16 septembre les milices phalangistes pénètrent, avec l’aide de l’armée israélienne, les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila. Les mots et les images auront certainement du mal à décrire ce qui s’est passé dans les deux camps durant les nuits de jeudi à vendredi et du vendredi à samedi.

Pourtant, un homme, poète et écrivain, a su rendre compte avec une grande précision des détails de ce que les kataëbes chrétiennes protégées par Tsahal ont laissé derrière elles : «la femme palestinienne était probablement âgée car elle avait des cheveux gris. Elle était étendue sur le dos, déposée ou laissée là sur des moellons, des briques, des barres de fer tordues, sans confort. D'abord j'ai été étonné par une étrange torsade de corde et d'étoffe qui allait d'un poignet à l'autre, tenant ainsi les deux bras écartés horizontaux, comme crucifiés. Le visage noir et gonflé, tourné vers le ciel, montrait une bouche ouverte, noire de mouches, avec des dents qui me semblèrent très blanches, visage qui paraissait, sans qu'un muscle ne bougeât, soit grimacer soit sourire ou hurler d'un hurlement silencieux et ininterrompu. Ses bas étaient en laine noire, la robe à fleurs roses et grises, légèrement retroussée ou trop courte, je ne sais pas, laissait voir le haut des mollets noirs et gonflés, toujours avec de délicates teintes mauves auxquelles répondaient un mauve et un violet semblable aux joues. Étaient-ce des ecchymoses ou le naturel effet du pourrissement au soleil ?». Voilà ce que Jean Genet écrivait dans « Quatre heures à Chatila » (2) .

Menahem Begin déclarait à la Knesset « A Chatila, à Sabra, des non-juifs ont massacré des non-juifs, en quoi cela nous concerne-t-il ?» (3)

M. Begin a raison. Israël n’est jamais concerné ni inquiété. C’est un Etat au-dessus de toutes les lois, conventions et autres résolutions. Ici seul le « droit » du plus fort s’applique.

 

Israël a tant de pouvoir qu'il peut commettre et faire passer tous ses massacres pour de la légitime défense ! Il a le soutien des Etats-Unis, de l’Europe et de tous les régimes arabes. Cela fait beaucoup pour le peuple palestinien qui est toujours sans Etat ni véritable territoire. Ce pouvoir, dans lequel s’enfonce Israël, risque de se retourner contre lui et l’engloutir.

 

Aujourd’hui encore, l’Etat d’Israël s’enlise dans la même logique, celle du crime et démontre à nouveau son mépris absolu pour la vie humaine : « Je suis écœurée par cette énième démonstration de barbarie et de violence de la part d’Israël, cette démonstration de mépris total pour la vie humaine, pour la dignité de la personne, pour le respect des droits les plus élémentaires des peuples. » écrivait Ishtar Cohen (4) .

 

Aujourd'hui, Benyamin Netanyahou poursuit « l’œuvre » accomplie hier par Menahem Begin et Ariel Sharon : tuer le plus de palestiniens possible qui représentent, pour eux, l’obstacle vivant au Grand Israël. Mais depuis 1948 la résistance palestinienne est toujours là comme la terre sur laquelle elle a grandi.

D’autres dirigeants israéliens viendront commettre à leur tour les massacres nécessaires au nom de ce « grand rêve ».

 

Israël poursuit donc et poursuivra méthodiquement et froidement son « œuvre». Ses crimes sont plus ou moins acceptés, plus ou moins justifiés, mais rarement dénoncés par les grands médias occidentaux. Les massacres d’Israël se font « dans les murmures ou dans le silence total ».

Les gouvernements successifs d’Israël, et ce depuis sa création, ont élevé les israéliens dans le mépris et la haine du palestinien.

 

Pourtant, les deux peuples ont vécu ensemble en paix des siècles durant. Leur amour pour cette terre de Palestine n’a d’équivalent que leur haine réciproque. Leurs proclamations d’indépendance montrent d’ailleurs, une étrange ressemblance :

« Eretz- Israël est le lieu où naquit le peuple juif. C’est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C’est là qu’il réalisa son indépendance et créa une culture d’une portée à la fois nationale et universelle. » (Proclamation d’indépendance de l’Etat d’Israël, 15 mai 1948).

La déclaration des palestiniens commence ainsi : « Terre des messages divins révélés à l’humanité, la Palestine est le pays natal du peuple arabe palestinien. C’est là qu’il a grandi qu’il s’est développé et s’est épanoui » (Déclaration d’indépendance de l’Etat palestinien, 15 novembre 1988).

Le poète palestinien Mahmoud Darwish écrivait «  Nous souffrons d’un mal incurable qui s’appelle l’espoir. Espoir que nos poètes verront la beauté de la couleur rouge dans les roses plutôt que dans le sang. Espoir que cette terre retrouvera son nom original : terre d’amour et de paix ».

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.marxists.org/reference/archive/einstein/1948/12/02.htm

(2)Jean Genet, « L’ennemi déclaré ». Textes et entretiens. Gallimard. Page 243

(3)Ibid

(4) https://cybersolidaires.typepad.com/francophonie/2008/12/le-sang-de-gaza-est-entr%C3%A9-dans-ma-maison.html

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