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18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 07:10

 

«L'histoire ne connaît pas encore d'exemple d'une pareille grandeur!»

K.Marx

 

 

«A l'aube du 18 mars, Paris fut réveillé par ce cri de tonnerre : vive la commune !» (1). Mais la Commune de Paris n'a vécu que 72 jours ! Pendant cette éphémère existence, la Commune n'a certes pas fait de miracles, mais elle a réalisé des avancées sociales et politiques qui font encore aujourd'hui l'admiration des peuples du monde entier. Des femmes de Montmartre, qui ont fait barrage de leurs corps pour protéger les canons de la Garde nationale, jusqu'au dernier communard tombé au Père-La chaise le fusil à la main, la Commune s'est battue héroïquement contre toutes les injustices et toutes les aliénations de l'ordre social établi. La commune fut battue mais ses principes restent éternels.

 

 

«Les prolétaires de la capitale, au milieu des défaillances et des trahisons des classes gouvernantes, ont compris que l'heure était arrivée pour eux de sauver la situation en prenant en main la direction des affaires publiques...en s'emparant du pouvoir» disait le manifeste du 18 mars du Comité central. La Commune a d'emblée supprimé deux instruments de domination de classe en abolissant la police et en remplaçant l'armée permanente par le peuple en arme. Les représentants de la Commune étaient non seulement tous élus au suffrage universel, mais surtout responsables et révocables à tout moment. Pour la Commune «les membres de l’assemblée municipale, sans cesse contrôlés, surveillés, discutés par l’opinion, sont révocables, comptables et responsables» (voir l'appel du 22 mars 1871). Quel contraste avec les hommes politiques d'aujourd'hui qui cumulent plusieurs mandats à la fois et n'ont de comptes à rendre à personne une fois élus; il s'agit d'une véritable confiscation du pouvoir ! Les citoyens n'ont aucun contrôle sur leurs représentants qui ne sont absolument pas tenus de respecter leurs promesses. Étrange démocratie où le peuple est réduit à voter à intervalles réguliers pour des «représentants» qui vont immédiatement le trahir. La Commune a instauré un traitement maximum de 6000 francs annuels pour tous les fonctionnaires du haut au bas de l'échelle y compris les juges et les magistrats c'est-à-dire l'équivalent d'un salaire d'ouvrier. Lorsque l'on pense aujourd'hui à ces hommes politiques corrompus qui confondent deniers publics et argent privé (2), on se rend vite compte combien la démocratie communale était en avance !

 

La majorité des élus de la Commune était naturellement des ouvriers à côté des autres élus du peuple. Aujourd'hui la démocratie bourgeoise ignore totalement dans sa représentation l'existence des ouvriers et des classes populaires en général alors même qu'elles représentent près de la moitié des producteurs de richesses. Qu'elle est jolie la démocratie «représentative» bourgeoise ! Mais ces ouvriers, que la bourgeoisie méprise tant, ont produit avec la Commune l'une des plus belles et des plus originales expériences politiques de l'histoire moderne.

 

La Commune a arraché l'enseignement à l'église et à l’État pour le mettre gratuitement entre les mains du peuple. Elle a banni de l'instruction publique tout «ce qui relève de la conscience individuelle de chacun». Dans «La guerre civile en France», Marx écrivait «La totalité des établissements d'instruction furent ouverts au peuple gratuitement, et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l'église et de l’État. Ainsi non seulement l'instruction était rendue accessible à tous mais la science elle-même était libérée des fers dont les préjugés de classe et le pouvoir gouvernemental l'avaient chargée».

 

Si aujourd'hui Macron et son ministre de l'intérieur Gérald Darmanin organisent la chasse policière aux étrangers, accablent de mille et une misères les travailleurs sans papiers et alimentent contre eux les préjugés les plus répugnants, les portes de la Commune, elles, étaient grandes ouvertes à des milliers de travailleurs du monde entier. Elle a même promu au rang de ministre du Travail un ouvrier hongrois et placé deux généraux polonais pour la défense de Paris dont un est mort sur les barricades. La Commune c'était la République universelle.

 

La colonne Vendôme, symbole des horreurs des guerres napoléoniennes, que le peuple de Paris ne voulait plus voir fut renversée. Ainsi le 12 avril 1871, la Commune vote le décret suivant, sur proposition de Felix Pyat : «La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : article unique - La colonne Vendôme sera démolie».

 

Au cri «A bas la peine de mort», les citoyens du 11e arrondissement au milieu de la joie populaire, ont brûlé le 6 avril 1871 la guillotine. Il a fallu plus d'un siècle pour que la bourgeoisie concède l’abolition de cette pratique barbare.

Contre la justice marchandise, la Commune a tenté d'établir une justice égale et gratuite pour tous. Eugène Protot délégué à la justice avait proposé le 23 avril 1871 que les huissiers, notaires, commissaires-priseurs et greffiers de tribunaux soient des fonctionnaires appointés (3).

 

Rappelons que toutes les mesures de la Commune sont d'autant plus remarquables qu'elles étaient prises alors que Paris était assiégé par les prussiens et par les versaillais.

 

Même si les hommes et les femmes de la Commune n'ont pas atteint leurs objectifs, la portée de leur expérience reste immense. La beauté de l’œuvre de la Commune n'a d'égal que la laideur de l'ordre bourgeois. La Commune restera à jamais gravée dans la mémoire des ouvriers et des opprimés du monde entier.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)K Marx, La guerre civile en France 1871, éditions sociales, page 59.

https://www.marxists.org/francais/ait/1871/05/km18710530c.htm

(2)http://www.belaali.com/2021/03/qu-elle-est-jolie-la-republique-bourgeoise.html

(3)https://maitron.fr/spip.php?article136007

 

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13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 10:05

A l'occasion du 150ème anniversaire de La Commune, il est peut-être utile pour celles et ceux qui veulent comprendre cet événement historique exceptionnel et pour ne pas tomber dans les dénigrements, déformations et autres mensonges des vainqueurs, de lire «La Guerre civile en France 1871» de K Marx (1) et celui de Prosper-Olivier Lissagaray « Histoire de la Commune de 1871» (2).

La signification de la Commune ainsi que les causes de sa défaite ne peuvent être comprises qu'à travers une lecture politique. Et les deux écrits brillent non seulement par leur clarté et leur force de conviction, mais aussi par leur interprétation politique de la très brève existence de la Commune.

Certes, il existe une abondante et intéressante littérature sur la Commune, mais les ouvrages de Marx et de Lissagaray restent aujourd'hui encore inégalables.

 

«Ce qui est vrai de ces deux Adresses, disait Engels dans son introduction, l'est aussi de celle sur La Guerre civile en France. Le 28 mai, les derniers combattants de la Commune succombaient sous le nombre sur les pentes de Belleville, et deux jours après, le 30, Marx lisait déjà devant le Conseil général ce travail où la signification historique de la Commune de Paris est marquée en quelques traits vigoureux, mais si pénétrants, et surtout si vrais, qu'on en chercherait en vain l'équivalent dans l'ensemble de l'abondante littérature écrite sur ce sujet».

 

De cette guerre civile, Marx en a tiré comme à son habitude plusieurs conclusions notamment celles concernant l’État et l'émancipation des travailleurs : «la classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre tel quel l'appareil d'État et de le faire fonctionner pour son propre compte». Un peu plus loin, il ajoute «La classe ouvrière n'espérait pas des miracles de la Commune. Elle n'a pas d'utopies toutes faites à introduire par décret du peuple. Elle sait que pour réaliser sa propre émancipation, et avec elle cette forme de vie plus haute à laquelle tend irrésistiblement la société actuelle en vertu de son propre développement économique, elle aura à passer par de longues luttes, par toute une série de processus historiques, qui transformeront complètement les circonstances elles-mêmes».

 

 

Dans sa préface à la chronique de Lissagaray (1838-1901), acteur et témoin de la Commune, Jean Maitron écrit «Ainsi donc par l'objectivité de ses témoignages, par l'intelligence de ses conclusions, l’œuvre de Lissagaray constitue encore l'indispensable introduction à toute étude de l'événement».

Lissagaray avait publié à Bruxelles juste après la semaine sanglante «Les huit journées de mai derrière les barricades». Ce récit constitue le premier témoignage de cet événement aussi héroïque que tragique.

Jenny Marx dans une lettre à  Louis Kugelmann disait «À une seule exception près, tous les livres sur la Commune qui ont paru jusqu'à présent ne valent rien. Cette unique exception à la règle générale, c'est l'ouvrage de Lissagaray que vous recevrez en même temps que cette lettre».

 

Lissagaray a repris et remanié profondément ce texte après un long travail de recherches et d'enquêtes auprès des survivants et publie en 1876 «Histoire de la Commune de 1871» à Bruxelles. Le livre fut réédité à plusieurs reprises (4).

Voici un passage du chapitre VII :

«A côté de ces mandarins de la tribune, de l'histoire, du journalisme, incapables de trouver un mot, un geste de vie, voici les fils de la masse, innommés, abondants de volonté, de sève, d'éloquence. Leur adresse d'adieu fut digne de leur avènement : « Ne perdez pas de vue que les hommes qui vous serviront le mieux sont ceux que vous choisirez parmi vous, vivant de votre propre vie, souffrant des même maux. Défiez-vous autant des ambitieux que des parvenus... Défiez-vous également des parleurs... Évitez ceux que la fortune a favorisés, car, trop rarement celui qui possède la fortune est disposé à regarder le travailleur comme un frère...Portez vos préférences sur ceux qui ne brigueront pas vos suffrages. Le véritable mérite est modeste, et c'est aux travailleurs à connaître leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter». Lissagaray reste le grand historien de la Commune.

 

«La guerre civile en France», «Histoire de la Commune de 1871», deux livres sans équivalent sur un événement révolutionnaire qui a marqué l'histoire non seulement de la France, mais celle de toute l'humanité.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.marxists.org/francais/engels/works/1891/03/fe18910318.htm

(2)http://classiques.uqac.ca/classiques/lissagaray_Prosper_Olivier/Histoire_Commune_1871/Histoire_Commune_1871.pdf

(3)https://www.marxists.org/francais/marx/works/00/kug/km_kug_18711221.htm

(4)https://maitron.fr/spip.php?article248694)

 

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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 06:31

«Qui n'a pas vu la révolution ne peut s'en imaginer la beauté majestueuse, triomphale.»

Nadejda Kroupskaïa

 

 

Si la figure de Lénine est bien connue, celle de sa compagne et camarade l'est beaucoup moins. En effet, Nadejda Kroupskaïa a vécu dans l'ombre du père de la Révolution d'octobre. Mais comme disait Clara Zetkin peut-on vraiment parler de Lénine sans évoquer sa femme :«Il est impossible de parler de lui sans penser à elle. Elle était la main droite de Lénine, son meilleur secrétaire, sa compagne dévouée, la meilleure interprète de ses idées» (1).

Il est vrai que l'histoire de la Révolution russe tend à ne retenir que des figures masculines. Or ce sont les grèves des ouvrières de textile de Petrograd (Saint-Pétersbourg aujourd'hui) qui ont enclenché la première révolution le 23 février 1917 (8 mars dans le calendrier Grégorien) qui a emporté le régime despotique des Tsars. Ce sont également des femmes comme Alexandra Kollontaï, Inessa Armand, Nadejda Kroupskaïa, pour ne citer que les plus connues, qui ont contribué directement et indirectement avec Clara Zetkin à l'organisation de «La journée internationale des femmes». Le 8 mars 1921, Lénine décrète une journée internationale des femmes en souvenir des ouvrières de textile de Saint-Pétersbourg.

Il est peut-être utile d'évoquer ici, même rapidement, la contribution de cette femme discrète au triomphe de la Révolution d'Octobre et son rôle pionnier dans le domaine de la pédagogie et de l'instruction au service de tous.

 

 

Kroupskaïa n'était pas seulement l'épouse et la collaboratrice de Lénine, elle était aussi une grande pédagogue (2). Avant la Révolution, Kroupskaïa avait déjà publié une quarantaine d'ouvrages, dont le plus important, intitulé «Instruction publique et démocratie» écrit en 1915 et publié en 1917. Elle a étudié et interprété les travaux de Comenius, Rousseau, Pestalozzi, Owen ou encore Dewey sans oublier les aspects développés par Marx et Engels dans le champs de la pédagogie (3).

 

Après la Révolution d'Octobre, l'immense tâche de liquider l'analphabétisme dans un pays où la majorité de la population était illettrée lui revenait tout naturellement : «La tâche, en effet, était des plus ardues. Une population presque exclusivement rurale, en majorité illettrée, des dizaines de milliers de hameaux perdus, incultes : tel était le milieu qu'il fallait pénétrer, instruire» (4).

 

Elle s'est attaquée également à la mainmise des classes possédantes sur l'instruction et la culture en général afin de permettre à tous d'accéder au savoir. L'école pour Kroupskaïa «ne peut se contenter d’apprendre aux élèves à lire, à écrire et à compter. Ils doivent maintenant connaître les éléments scientifiques de base sans lesquels ils seraient incapables de mener une vie consciente» (5).

 

Aujourd'hui encore, l'Unesco (United Nations Educational Scientific and Cultural Organization) octroie chaque année le Prix Kroupskaïa à tous les pays, organisations et personnes qui se sont distingués par leur lutte contre l’analphabétisme.

 

Nadejda Konstantinovna Kroupskaïa est née à Saint Pétersbourg le 14 février 1869 dans une famille progressiste. Elle est décédée à Moscou le 27 février 1939. Nadejda, comme beaucoup de révolutionnaires, appartenait à la petite noblesse russe. Dès 1890, la jeune Kroupskaïa adhère au cercle marxiste de Brousnev et passe une bonne partie de ses activités militantes à

l’alphabétisation des familles ouvrières en donnant des cours du soir dans les faubourgs industriels de Saint-Pétersbourg. La misère de la condition ouvrière n'a fait que renforcer ses convictions révolutionnaires.

En 1895 Kroupskaïa rejoint l’Union de lutte pour la libération de la classe ouvrière, fondée par Lénine qu'elle avait rencontré en 1894.

 

A la fin de 1895, Lénine est arrêté et exilé en Sibérie. Un peu plus tard, c'est au tour de Kroupskaïa d'être envoyée en exil, mais à des milliers de kilomètres de Lénine. Pour se rapprocher l'un de l'autre, ils décident de se marier. Après leur libération, le jeune couple s'exile à nouveau, mais cette fois à l'étranger. De Munich à Paris en passant par Zurich, Bruxelles et Londres, leur exil durera 17 ans.

 

Son dévouement a beaucoup aidé Lénine à supporter les déportations, la clandestinité et la vie pénible des révolutionnaires partout traqués par la police du Tsar, changeant sans cesse de pays, de villes et de logements. Kroupskaïa a probablement souffert davantage que Lénine des affres de l'exil. Elle menait de front plusieurs combats et plusieurs tâches. En plus de ses travaux scientifiques dans le domaine de la pédagogie qui embrassent tous les domaines de la politique éducative, elle consacrait une grande partie de son temps à la diffusion des brochures et documents du parti, combattait les ennemis de Lénine, engageait des luttes pour la cause des femmes etc. mais si «la vie n'était pas gaie» en exil, le retour du couple en Russie en avril 1917 a été triomphal : «Les masses, ouvriers, soldats, matelots, s'étaient portées au-devant de leur chef. Tout autour de nous, c'était une mer humaine qui bouillonnait. Qui n'a pas vu la révolution ne peut s'en imaginer la beauté majestueuse, triomphale» écrivait Nadejda Kroupskaïa dans «Souvenirs sur Lénine» (6).

 

Au crépuscule de sa vie, malade, affaibli et éloigné du pouvoir, Lénine pouvait encore et toujours compter sur sa plus fidèle camarade, Nadejda. C'est dire le rôle joué par cette femme dans la vie de Lénine et partant dans la révolution d'Octobre.

 

Le 21 janvier 1924, Lénine a cessé de vivre à l'âge de cinquante quatre ans après une lente agonie. On s'est empressé, contre la volonté de Kroupskaïa, d'embaumer son corps pour mieux enterrer ses idées révolutionnaires.

 

Après l'adieu officiel à Lénine, Nadejda Kroupskaïa prononça ces paroles : «Camarades, ouvriers et ouvrières, paysans et paysannes. Ne laissez pas votre peine se transformer en adoration extérieure de la personnalité de Vladimir Ilitch. Ne construisez pas de palais ou de monuments à son nom. A toutes ces choses, il accorda peu d'importance au cours de sa vie. Ça lui était même pénible.(...) Si vous voulez honorer la mémoire de Vladimir Ilitch, construisez des crèches, des jardins d'enfants, des maisons, des écoles, des hôpitaux, et mieux encore vivez en accord avec ses préceptes» (7). Son avertissement n'a pas été entendu.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.marxists.org/francais/zetkin/works/1924/01/zetkin_19240100.htm

(2)http://dmz-ibe2-vm.unesco.org/sites/default/files/kroupskf.pdf

(3)Sur cet aspect, voir entre autres l'étude de Jacques Berchadsky : https://www.lecture.org/revues_livres/actes_lectures/AL/AL109/AL109_p022.pdf

 

(4)https://www.marxists.org/francais/kroupskaia/works/1920/12/formation.htm

(5)https://www.monde-diplomatique.fr/mav/131/POPELARD/54348

(6)https://www.marxists.org/francais/kroupskaia/works/1924/00/emigration.htm

(7)Cité dans Tariq Ali, «Les dilemmes de Lénine», Sabine Wespieser éditeur, 2017, page 459.

 

 

 

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5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 09:25

 

Trafic d'influence, détournements de fonds publics, abus de faiblesse, favoritisme, escroquerie en bande organisée, corruption, enrichissement personnel, emplois fictifs, conflit d'intérêts, népotisme, malversation, fraudes en tout genre, etc. etc. Cette richesse dans le vocabulaire contraste tristement avec la misère morale et politique des dirigeants d'une République bourgeoise qualifiée pourtant «d'irréprochable» par les uns et « d'exemplaire» par les autres.

 

 

Un an de prison dont six mois ferme requis contre Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bygmalion. L'ancien président de la République a déjà été condamné en première instance pour «corruption et trafic d'influence» à trois ans de prison dont un ferme dans le cadre «des écoutes de Paul Bismuth».

Mais ces deux affaires ne sont que l'arbre qui cache la forêt. Le nombre d'hommes politiques impliqués, à un degré ou à un autre, dans les affaires est impressionnant. Il est tout simplement impossible d'établir une quelconque liste exhaustive des scandales politico-financiers qui secouent régulièrement tous les échelons de l'Etat. Sans remonter jusqu'aux diamants centrafricains de Giscard, on peut citer à titre d'exemples quelques noms de dirigeants politiques empêtrés, à un titre ou à un autre, dans des affaires : Alain Carignon, Alain Juppé, Jérôme Cahuzac, Bernard Tapie, Patrick Balkany, Claude Guéant, Serge Dassault,Thomas Thévenoud, François de Rugy, Richard Ferrand, Jean-Paul Delevoye, Charles Pasqua, François Léotard, François Fillon, Jacques Chirac etc. etc. Il ne s'agit là que de quelques exemples qui ne doivent pas masquer le caractère récurrent et structurel de la corruption qui règne dans les plus hautes sphères de l’État. Les institutions de cette république bourgeoise non seulement sont complices de ces agissements, mais permettent et favorisent la multiplication des opportunités de corruption et des scandales en tout genre. Car les scandales financiers, corruption, privilèges et autres affaires, sont intimement liés au fonctionnement même du système capitaliste qui les produit et reproduit de manière permanente.

 

Quel contraste entre les valeurs proclamées par cette république bourgeoise et les pratiques réelles de ses dirigeants ! L'ancien président de la république Nicolas Sarkozy concentre à lui seul une demi douzaine d'affaires entre ses mains : l'affaire Tapie, l'affaire Karachi, l'affaire Bettencourt, l'affaire libyenne, l'affaire des sondages et l'affaire des écoutes téléphoniques pour laquelle il vient d'être condamné.

La corruption est au cœur de cette démocratie. Souvenons nous de Jérome Cahuzac lorsqu'il déclarait à l'Assemblée nationale et même « les yeux dans les yeux » devant François Hollande : «Je n'ai pas, et je n'ai jamais eu un compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant» avant de reconnaître posséder un compte bancaire en Suisse et frauder le fisc quelques mois plus tard ! Le comble, c'est que Cahuzac était ministre du Budget et se présentait de surcroît comme le grand pourfendeur de l'évasion et de la fraude fiscale !

 

Que peuvent attendre encore les masses populaires de cette République bourgeoise dont les dirigeants possèdent de larges pouvoirs discrétionnaires qui leur procurent des privilèges matériels et symboliques pour leur propre compte ou pour celui de leur organisation politique ? Ces « bénéfices » sont en quelque sorte une récompense octroyée par la bourgeoisie à ses serviteurs zélés et dévoués.

Ce zèle et ce dévouement se traduisent concrètement par des politiques de paupérisation systématique des classes populaires et par l'enrichissement d'une minorité de puissants. Le chômage et la précarité, exacerbés par la pandémie et sa gestion irresponsable par Macron, explosent comme d'ailleurs les inégalités économiques et sociales. La destruction de l'économie de tout un pays se poursuit inlassablement.

 

On peut adopter les lois que l’on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l’une dans l’autre que l’on ne peut supprimer l’une sans éliminer l’autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n’est donc pas l’existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd’hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe. Le véritable scandale, c’est le capitalisme lui-même.

 

Mohamed Belaali

 

 

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13 février 2021 6 13 /02 /février /2021 08:46

La situation sociale désastreuse que connaît la France aujourd'hui est l'expression de la déroute économique, sanitaire et morale d'un pouvoir en déliquescence. Totalement étranger à ses concitoyens, Macron reste indifférent à leurs souffrances dont il est largement responsable.

Plus la France s'enfonce dans la crise, plus la répression contre les opposants devient brutale et la propagande intense, futile et cynique. Sans projet pour le pays, Macron tourne sans cesse sur lui-même et sur son seul et unique objectif : rester «quoi qu'il en coûte» au pouvoir. Il est déjà en campagne électorale alors même qu'il n'a ni vision ni perspective d'avenir à part celle de servir encore et toujours les plus riches. Car il a pour lui les puissants, les médias, les instituts de sondage, l'armée, la police etc.Victor Hugo disait de Napoléon le petit :«M. Louis Bonaparte a réussi. Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort, et tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte» (1).

 

Macron n'invoque les valeurs de la République que pour mieux les ignorer, les mépriser, les fouler aux pieds. Sa rhétorique sur l’État de droit, la séparation des pouvoirs, la liberté d'expression, de manifestation etc. n’a de sens que dans le contexte de la propagande. En dehors de ce cadre, elle ressemble à des sons vides de tout sens. Son discours démagogique n'a d'égal que le vide de son programme politique.

 

Il invente des ennemis et montre du doigt les jeunes des quartiers populaires, les musulmans, les «séparatistes» etc. comme responsables de tous les maux et de tous les malheurs de la France. « Notre pays est malade. Il est malade d’un séparatisme dont le premier, le séparatisme islamiste, gangrène l’unité nationale» (2) disait son ministre de l'intérieur Gérald Darmanin lui-même accusé de viol par deux femmes. Cette fabrication de boucs émissaires permet aussi de décharger la colère populaire sur les victimes de la crise tout en épargnant ses véritables responsables dont il fait partie.

 

Paradoxalement, Macron puise sa force dans sa faiblesse. Il se nourrit des drames du chômage, de la précarité, de la misère et des frustrations d'une partie de la population, hélas, de plus en plus importante. Car la misère matérielle et morale, le délitement des rapports sociaux, engendrent souvent désespoir et résignation.

 

Macron est nourri par la puissance de l'argent qui le protège et le maintient à la tête de l'Etat. Elle met à sa disposition une arme redoutable : les grands médias et les instituts de sondage qui jouent un rôle déterminant dans le maintien et la reproduction de cette situation. Déjà, pour les élections présidentielles de 2022, ils donnent «Macron et Le Pen au coude-à-coude au second tour» alors même que les citoyens n'ont pas encore voté ! (3). Ainsi, les moyens de communication de masse demeurent l’instrument le plus efficace pour anesthésier une population déjà traumatisée et démobilisée par une gestion criminelle de la pandémie et par ses terribles conséquences économiques, sociales et psychologiques. Pire, les mensonges véhiculés et répétés inlassablement par les médias sont parfois acceptés et intériorisés par les plus démunis. Le contenu mensonger de cette intense propagande idéologique, bien qu'il soit contredit quotidiennement par les faits, s'efface pour ainsi dire totalement. Les dominés participent ainsi, sans vraiment le vouloir, au maintien de leur propre servitude. La propagande, la manipulation et l’endoctrinement permanents remplacent l’information, le faux devient vrai, les apparences se confondent avec la réalité et la différence entre ce qui est juste et ce qui est erroné reste difficile à établir. Les intérêts d'une classe, la bourgeoisie, deviennent ceux de toutes les classes ! Les opprimés ainsi conditionnés sont amenés à choisir «librement et démocratiquement» leurs oppresseurs.

 

La mission fondamentale de Macron est de servir les puissants. C'est sa raison d'être. Pour les plus démunis, pour les travailleurs, il n'a absolument rien à offrir à part les mensonges, les promesses, les illusions et la répression sauvage en cas de résistance et de révolte. Le Mouvement des Gilets jaunes est un exemple éloquent à cet égard.

 

La démocratie bourgeoise, même si elle reste utile pour arracher quelques avancées économiques et sociales, ne peut jamais traduire la volonté réelle et les aspirations profondes de la majorité des travailleurs et des salariés en général. Elle permet surtout de perpétuer les intérêts de la classe dominante en donnant l'illusion qu'elle est la seule et l'unique possibilité du changement.

 

Mais la crise du capitalisme qui produit une telle pourriture au niveau politique, engendre en même temps les conditions matérielles de résistance et de lutte pour briser les chaînes de cette servitude.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)Victor Hugo « Napoléon le Petit ». Editions l'Escalier (2013), page 42.

(2)https://www.assemblee-nationale.fr/15/cri/2020-2021/20210144.asp

(3)https://www.bfmtv.com/politique/presidentielle-2022-un-sondage-donne-macron-et-le-pen-au-coude-a-coude-au-second-tour_AV-202101270527.html

 

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 07:26

 

A l'époque où le journalisme est devenu une vulgaire marchandise soumise aux vicissitudes du marché et un instrument de propagande entre les mains des puissants, il est utile de montrer à travers l'exemple de John Reed que cette profession peut être aussi un moyen au service des luttes sociales sans jamais renoncer à la vérité du terrain.

 

Le 17 octobre 1920 est décédé à Moscou, à l'âge de 33 ans, le journaliste révolutionnaire John Reed. L'auteur de l'inoubliable et magnifique des «Dix jours qui ébranlèrent le monde» est né dans une riche famille à Portland, en Oregon, le 22 octobre 1887. Son grand-père a fait fortune dans le commerce des fourrures, son père dans la vente à grande échelle de matériel agricole. Diplômé de Harvard qu'il quitte en 1910, il rejoint en 1913 The Masses, magazine progressiste à la fois politique et culturel. Il couvre alors une série de grèves ouvrières comme celle des travailleurs de la soie dans la ville de Paterson dans le New Jersey. Dans «Guerre à Paterson», il écrit : «Il y a la guerre à Paterson. Mais c'est une sorte de guerre curieuse. Toute la violence est l'œuvre d'un seul côté - les propriétaires de l'usine» (1).

 

Ses témoignages sur les combats ouvriers lui ont valu des séjours répétés dans les prisons fédérales.

Cette première rencontre avec des travailleurs en grève lui a au moins permis de comprendre que le journalisme peut être un moyen efficace au service des luttes sociales non seulement aux États-Unis mais partout à travers le monde.

 

Quelques temps après, John Reed part pour le Mexique afin de couvrir pour Metropolitan Magazine de New York la révolution mexicaine menée par PanchoVilla. Le témoignage de Reed sur ce soulèvement populaire porte sur une courte période (quatre mois). Mais c'est peut-être la période la plus intense, la plus chargée d'espoir où Pancho Villa est considéré déjà comme une légende vivante. Dans ses chroniques, Reed mêle à la fois le souci d'une information objective et sa profonde sympathie pour les insurgés mexicains. En 1914 John Reed fait paraître « Le Mexique insurgé», somme d'articles et chroniques de cette expérience mexicaine : «Il y a du souffle et du mouvement dans les vastes fresques où sont représentées les multitudes en armes, les chevauchées, les rencontres ou les batailles. On trouvera aussi dans ces pages de saisissants portraits d'humbles paysans, de combattants anonymes et, au premier plan, la fascinante figure du paladin invincible Francisco Villa» (2). Une adaptation partielle du livre de Reed est portée à l'écran en 1973 par Paul Leduc : «Reed, Mexico Insurgente» (3).

 

En juillet 1914 toujours dans Metropolitan, Reed publie une longue lettre «The Colorado War» où il décrit avec minutie la grève et le massacre de Ludlow dans le sud du Colorado. Vingt-six ouvriers et leurs familles ont été abattus à la mitrailleuse par la garde nationale et les hommes de Rockefeller. L'historien Howard Zinn dit de cette grève des mineurs qu'elle fut «l'un des plus durs et des plus violents conflits entre les travailleurs et le capital industriel de l'histoire des États-Unis» (4)

 

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate en Europe, Reed est déjà sur place. Dans son article « The Traders’ War» publié dans The Masses en septembre 1914, John Reed explique que cette boucherie reflète en réalité les rivalités commerciales entre l'Angleterre, La France et l'Allemagne : «Les capitalistes allemands veulent plus de profits. Les capitalistes anglais et français veulent tout. Cette guerre commerciale dure depuis des années» (5).

 

Mais c'est surtout sa rencontre avec la révolution d'octobre 1917 qui va révéler les qualités journalistiques de Reed. Dans son magnifique livre les «Dix jours qui ébranlèrent le monde», il décrit avec passion et enthousiasme les événements historiques qui vont changer la face du monde. Il a su capter et transmettre les revendications et les aspirations humaines les plus simples et les plus fondamentales des ouvriers, des soldats et des paysans russes : «la paix, la terre, le pain, la fraternité, tout le pouvoir aux soviets...». Voici comment Reed décrit les premiers moments de la Révolution : «Quelque chose s’était brusquement éveillé en tous ces hommes. L’un parlait de la révolution mondiale en marche, un autre de l’ère nouvelle de fraternité, où tous les peuples ne seront plus qu’une grande famille (…) Mus par une commune impulsion, nous nous trouvâmes soudain tous debout, joignant des voix dans l’unisson et le lent crescendo de l’Internationale. Un vieux soldat grisonnant sanglotait comme un enfant. Alexandra Kollontaï rentrait ses larmes. Le chant roulait puissamment à travers la salle, ébranlant les fenêtres et les portes et allant se perdre dans le calme du ciel» (6).

 

 

Son ami Albert Rhys Williams disait que «La Révolution russe s'était emparée de lui corps et âme (…) elle l'avait envoyé, comme une sorte de prophète au flambeau embrasé, dans les villes d'Amérique.» (7).

 

Reed ne se contente pas seulement de rapporter des faits au jour le jour, il prend résolument partie pour les révolutionnaires. Il est à la fois témoin consciencieux et acteur de cette immense révolution : «Au cours de la lutte, mes sympathies n'étaient pas neutres écrit-il. Mais, en retraçant l'histoire de ces grandes journées, j'ai voulu considérer les événements en chroniqueurs consciencieux, qui s'efforce de fixer la vérité» (8). L’œuvre de Reed «apporte la preuve éclatante que l'art rigoureux du journaliste s'enrichit de la passion du militant pour atteindre à une vérité profonde : on voudrait aujourd'hui le nier. Elle exalte enfin le goût de la révolte, du refus et de la lutte, que l'on déclare aujourd'hui, bêtement, enterré. Il y aura toujours des jeunes gens qui, un jour, se mettront en colère» (9).

 

Dans la préface du livre de Reed, Lénine écrivait : «Après avoir lu avec un immense intérêt et la même attention jusqu'au bout le livre de John Reed, Dix jours qui ébranlèrent le monde, je recommande du fond du cœur cette œuvre aux ouvriers de tous les pays. Je voudrais que ce livre soit répandu à des millions d'exemplaires et traduit dans toutes les langues, car il donne un tableau exact et extraordinairement vivant d'événements qui ont une si grande importance pour comprendre ce qu'est la révolution prolétarienne, ce qu'est la dictature du prolétariat» (10).

 

La vie de Reed et les « Dix jours qui ébranlèrent le monde » sont portés à l'écran en 1981 par Warren Beatty. « Reds », ce passionnant film avec Diane Keaton et Jack Nicholson, entre autres, a largement contribué à faire connaître au grand public le journaliste et révolutionnaire John Reed.

 

Le 17 octobre 1920, John reed le journaliste, le révolutionnaire et l'internationaliste s'est éteint à l'hôpital Marinski de Moscou emporté à l'âge de 33 ans par le typhus. Il repose à coté d'autres révolutionnaires sur la Place Rouge contre le mur du Kremlin. Sur sa tombe on peut lire « John Reed, délégué à la IIIe Internationale, 1920 ».

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.marxists.org/archive/reed/1913/masses06.htm

(2)https://www.persee.fr/docAsPDF/carav_00080152_1975_num_25_1_1998_t1_0197_0000_3.pdf

(3)https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Reed,_Mexico_insurgente

(4)Howard Zinn, « Une histoire populaire des États-Unis », Agone, 2002, p. 403

(5)https://www.marxists.org/archive/reed/ttw.htm

(6) «Dix jours qui ébranlèrent le monde. Éditions Tribord, 2010, pages 228/229

(7)Biographie de John Reed. Éditions Tribord, op cit page 19/20.

(8) John Reed, «Les dix jours qui ébranlèrent le monde», page 33

(9)http://www.jprissoan-histoirepolitique.com/articles/histoire-d-ailleurs/russie---urss/johnreeddixjoursquiebranlerentlemondeunebiographie

(10)John Reed, « Dix jours qui ébranlèrent le monde », page 25.

 

 

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 10:24

 

Une fois encore, le concept libéral de l'égalité des chances est démenti dans les faits. Ainsi, les classes préparatoires qui accueillent essentiellement les élèves issus des milieux favorisés restent ouvertes en ces temps de coronavirus alors que les universités, elles, sont fermées. Dans les classes préparatoires, les enfants des familles aisées sont autorisés à suivre leurs cours en présentiel contrairement aux étudiants de l’université. Les premiers sont privilégiés, les seconds sacrifiés (1).

 

«En prépa, même nos étudiants les plus fragiles ont la chance d’être remarquablement suivis, toutes les conditions sont réunies pour qu’ils résistent au cataclysme social que représente cette période, tandis que les universités sont totalement laissées à l’abandon» souligne un professeur de prépa littéraire d’un grand lycée  parisien (2).

 

Et quand une étudiante interpelle le Président sur sa détresse, Macron lui répond :

« Il va falloir encore tenir » (3). Les uns doivent « tenir » et souffrir en silence et dans l'isolement pendant que les autres préparent dans des conditions confortables leurs concours.

 

Egalité et chance sont deux mots antinomiques : « Là où il y a égalité, par définition il n’y a pas besoin de chance. Le mot chance ne renvoie-t-il pas au monde de la loterie, un monde où quelques-uns gagnent... et où la plupart perdent ? » (4).

 

L'égalité des chances qui n'existe pas dans la réalité permet à ceux qui l'utilisent de légitimer les inégalités et de dissimuler leur caractère social et politique.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.franceculture.fr/societe/covid-19-la-detresse-croissante-des-etudiants

(2)http://demain-lecole.over-blog.com/2020/12/ces-facs-qui-restent-fermees-et-ces-prepas-qui-peuvent-accueillir-leurs-eleves.rupture-d-egalite.html

(3)https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/il-va-falloir-encore-tenir-repond-macron-a-une-etudiante-en-detresse-7119568

(4)https://www.inegalites.fr/L-arnaque-de-l-egalite-des-chances

 

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13 janvier 2021 3 13 /01 /janvier /2021 10:21

 

« L’histoire a voulu qu’ils partent le même jour », c’est l’hommage du ministère des Affaires Étrangères de Cuba à la mort de Maradona, ce mercredi 25 novembre 2020, quatre ans jour pour jour après celle de Castro. Hé oui ! Même si vous n’aimez pas le football, ce n’est pas une raison pour ne pas avoir de l’affection pour Maradona…

 

Avec notre spectacle Futsal et mains propres, nous nous sommes intéressés au football et aux liens qui pouvaient exister entre le foot et la politique… Maradona, à la fois Dieu du foot, socialiste, anti-impérialiste et anti-colonialiste convaincu, est un peu la synthèse de tout cela.

 

Exemple mythique : dans le documentaire d’Emir Kusturica, « Maradona par Kusturica », il raconte cette force qui porte les joueurs de son équipe lors de ce fameux match Argentine-Angleterre du 22 juin 1986. Quatre ans après la Guerre des Malouine où le peuple argentin a été pris entre la dictature et une puissance coloniale, ils avaient une terrible envie de rendre hommage aux morts et de donner un peu de réconfort à leur famille : « Nous les joueurs, on représentait nos morts. Notre objectif à nous c’était d’entrer sur le terrain et de jouer au ballon tout en ayant conscience que si on sortait l’Angleterre, on gagnait la guerre du football. Voilà où on a puisé notre énergie. » Alors contre toute attente, il marque deux buts extraordinaires, mythiques, et élimine l’Angleterre en quart de finale de la Coupe du Monde.

 

Ces convictions, il les a mises en pratique dans le milieu du football où il a lutté sans relâche contre la corruption au sein de la Fédération Internationale (FIFA) qu’il comparait à une mafia. Il s’est battu pour syndiquer les autres joueurs et, à la fin des années 90, avec d’autres stars, il crée l’Association Internationale des Joueurs de Football Professionnels pour défendre leurs droits.

 

En tant que socialiste et anti-impérialiste, paré des tatouages du Che et de Castro, Maradona a été un partisan engagé de la révolution bolivarienne du Venezuela, de celle de Cuba et des mouvements sociaux progressistes à travers l’Amérique Latine, ne perdant jamais l’espoir que les pauvres et les opprimés s’émancipent. Il était un ami proche et un partisan d’Hugo Chavez, d’Evo Morales et de Fidel Castro, ainsi que d’autres dirigeants socialistes. Il a dit un jour : « Je crois en Hugo Chávez. Je suis chaviste. Tout ce que lui et Fidel font, de mon point de vue, c’est ce qu’il y a de mieux ».

 

«Il faut que les gens sachent que nous disons la vérité, que nous voulons l’égalité et que nous ne voulons pas que le drapeau yankee flotte sur nous. » Il a aussi défié ouvertement l’impérialisme et le colonialisme, notamment en 2005 en participant, aux côtés de 150 personnalités dont Hugo Chavez et le futur président bolivien Evo Morales, au contre-sommet de Mar del Plata où il a appelé la foule à « virer » Bush d’Argentine.

 

Fervent défenseur de la cause palestinienne, il a déclaré « dans mon cœur je suis palestinien » et « je suis un défenseur du peuple palestinien, je le respecte et je sympathise avec lui, je soutiens la Palestine sans crainte ».

 

Vénéré comme un dieu en Argentine et en Italie, il n’a jamais oublié d’où il venait.

Alors, comme disent les anti-impérialistes d’Amérique : « Rest in power ».

 

Compagnie Jolie Môme

 

Sources : Redfish, Lapresse.ca et l’Huma

 

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7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 08:15

Dès son élection en 2017, Macron annonçait clairement dans son discours au Congrès qu'il était déterminé à incarner le rôle d'un président qui va user de tous les pouvoirs que lui confère la Constitution (1). Précisons que celle-ci, qui porte encore dans ses entrailles les stigmates de l'Ancien régime, attribue au président de la République des pouvoirs très étendus (2). Et si de surcroît le président dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale, ses pouvoirs deviennent tout simplement exorbitants. Sur le plan pratique et politique, le président de la République possède quasiment tous les pouvoirs. Il concentre ainsi entre ses mains non seulement le pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, mais aussi l'appareil répressif de l’État (armée, police, tribunaux, prison etc.). Sur le plan idéologique, malgré leur apparente autonomie, il détient également les grands médias, les instituts de sondage, le système scolaire etc. Car il est le représentant d'une classe sociale, la bourgeoisie, dont le président n'est en réalité qu'un servile serviteur. Sa mission fondamentale est d'assurer l'ordre de cette classe et faire prospérer ses affaires économiques « quoi qu'il en coûte».

 

Pour servir ses maîtres, Macron va user et abuser de tous ces pouvoirs. Immédiatement après son intronisation, il lance des attaques rapides, brutales et historiques contre tous les progrès sociaux et politiques arrachés de haute lutte par des générations successives. Il faut dire aussi que ces progrès étaient déjà bien malmenés par les gouvernements précédents. Mais pour Macron et les siens, il faut aller au bout de ce qui reste encore des services publics, de la protection sociale, des minima sociaux, du droit du travail, de la sécurité de l'emploi etc.

Sur le plan des libertés individuelles et collectives, Macron installe, à travers la législation et la technologie la plus sophistiquée, la surveillance et le contrôle généralisés de la population par la police. Jamais celle-ci n'a été aussi bien dotée en moyens technologiques modernes que sous Macron : reconnaissance faciale, vocale et d’odeur, algorithmes prédictifs, drones, vidéosurveillance, caméras-piétons, "Mobil'IT", analyse automatisée des réseaux sociaux etc (3).

La rationalité technologique au service de la répression ! En s'appropriant la technologie, le régime de Macron s'organise pour dominer toujours plus efficacement.

Le 2 décembre 2020, trois décrets renforçant le Code de la sécurité intérieure sur le traitement des données ont été publiés. Ils étendent considérablement les possibilités de fichage des opposants politiques et de leurs proches (4). La répression et la domination envahissent ainsi toutes les sphères de l'existence privée et publique.

Et lorsque les conflits sociaux éclatent et s'aiguisent, Macron n'hésite pas à recourir à l'appareil répressif de l’État. Et plus la contestation est profonde et menace l'ordre établi, plus la violence devient intense et brutale. Le Mouvement des Gilets jaunes est un exemple éloquent à cet égard. Il faut terroriser les contestataires par des châtiments corporels d'un autre âge : mains arrachées, yeux crevés, visages défigurés, crânes fracassés etc (5). L'ordre bourgeois doit régner !

 

Mais cela ne suffit pas. Il faut en plus de cette répression sauvage et de ce processus destructeur du progrès social et des libertés fondamentales toujours en cours, enrichir encore et encore cette classe qui a porté brutalement Macron au pouvoir. Un véritable hold-up va être organisé sur la richesse de la nation. L'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) est supprimé et remplacé par un simple impôt sur la fortune immobilière (IFI). Celui-ci, contrairement à l'ISF, ne prend pas en compte les  placements financiers, l'épargne et les autres valeurs mobilières (6).

Un autre cadeau de Macron aux plus riches est l'instauration de la « Flat Tax », impôt forfaitaire de 30% sur les revenus du capital : «Les 1% les plus aisés concentreront 44% du gain permis par la mise en place d'une flat tax sur les placements financiers, selon les estimations du gouvernement transmises au rapporteur de la Commission des finances du Sénat. À cela, il faut ajouter les 3,6 milliards d'euros d'économie que cette frange de la population réalisera grâce à la fin de l'ISF» (7).

L'impôt sur les bénéfices des entreprises va passer de 33 % à seulement 25 % en 2022.

La proposition de loi relative à la sécurité globale prévoit dans son titre II le renforcement du rôle du «secteur de la sécurité privée» ouvrant ainsi la voie à la privatisation et à la marchandisation de la police (8). C'est un énorme cadeau offert par Macron aux patrons des entreprises de sécurité privées.

 

D'autres décisions encore plus violentes pour les plus démunis viendront allonger cette liste de mesures en faveur des puissants. On ne peut rien donner aux uns sans prendre aux autres. La misère sociale et ses terribles conséquences sur les masses des travailleurs ne feront que croître. Que faire ?

 

Dans la France d'aujourd'hui, la prise de pouvoir par la révolution est écartée. Les grands partis de gauche et les syndicats préfèrent se plier aux règles du jeu parlementaire. Ils témoignent de l'ampleur de l'intégration capitaliste. Ils sont réduits à gérer conjointement avec le pouvoir un capitalisme qui les a totalement domestiqués alors même que la situation des masses des travailleurs ne cesse de se dégrader. Le Mouvement des Gilets jaunes est aussi, dans une certaine mesure, une révolte contre cette attitude des directions des partis et des syndicats. Dès le début de cette immense colère populaire, ces directions lui ont honteusement tourné le dos. Mais le Mouvement malgré sa grandeur n'a jamais réussi réellement à se structurer, même s'il a senti la nécessité de s'organiser (Assemblée des assemblées), pour pouvoir mener une véritable lutte politique. L'exemple des Gilets jaunes comme d'ailleurs celui de mai 1968, entre autres, montrent bien que sans une direction vraiment révolutionnaire déterminée à assumer une lutte de classe contre classe, aucun changement radical capable de renverser toutes les conditions sociales n'est possible. Les réformes économiques, sociales et politiques, aussi nécessaires soient-elles, ne font en dernière analyse que perpétuer l'asservissement général engendré par le système.

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1)https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2017/07/03/discours-du-president-de-la-republique-devant-le-parlement-reuni-en-congres

(2)https://www.conseil-constitutionnel.fr/le-bloc-de-constitutionnalite/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur#titre3

(3)https://www.laquadrature.net/2020/11/19/la-technopolice-moteur-de-la-securite-globale

(4) https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042607323

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042607387

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042607266

 

(5)http://www.belaali.com/2019/11/gilets-jaunes-une-annee-de-combat-et-d-espoir.html

(6)https://www.journaldunet.fr/patrimoine/guide-des-finances-personnelles/1194867-ifi-2021-calcul-seuil-bareme-de-l-impot-sur-la-fortune-immobiliere/

(7)https://www.latribune.fr/vos-finances/impots/fiscalite/flat-tax-ifi-jackpot-pour-les-1-les-plus-riches-755922.html#:~:text=Le%20rapport%20pr%C3%A9cise%20que%20les,euros%20par%20an%20par%20m%C3%A9nage.

(8)https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/textes/l15b3452_proposition-loi.pdf

 

 

 

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4 janvier 2021 1 04 /01 /janvier /2021 12:41

 

 

Julian Assange ne sera pas extradé vers les Etats-Unis où il encourt la peine de mort

 

 

 

«Donne un cheval à celui qui dit la vérité; il en aura besoin pour s’enfuir».

Proverbe arabe

 

 

En révélant au monde entier les guerres génocidaires, les crimes, les massacres et les mensonges des pays impérialistes, Julian Assange savait qu'il mettait sa vie en danger. Il a ainsi dévoilé la nature profonde de ces pays.Toutes les guerres impérialistes par exemple ont été déclenchées sur la base de mensonges. Assange a osé dire la vérité. Or celle-ci est incompatible avec le fonctionnement même des sociétés capitalistes où le mensonge est érigé en principe sacré, en dogme. Toute profanation de cette règle constitue un sacrilège. Il faut laisser la population dans l'ignorance. Et comme disait Orwell dans 1984 «L'ignorance c'est la force» ! La propagande et l’endoctrinement permanents des citoyens remplacent l’information et le faux devient vrai. Les intérêts d'une seule classe deviennent alors ceux de toutes les classes. Les responsables de ce blasphème seront alors durement punis. Car dans cette société, les hérétiques n'ont pas leur place. Leur vérité constitue une offense, un affront et une insulte au discours mensonger dominant. Julian Assange doit être châtié, persécuté. L'obscurité du mensonge contre la lumière de la vérité. La guerre est donc déclarée contre cet homme. Il n'a aucune chance de la gagner ni même d'obtenir un procès équitable sans le soutien massif des citoyens. Pour les Etats-Unis, le Royaume-Uni et tous les autres pays capitalistes, Assange est l'homme à abattre. En 2010 par exemple, il a eu le courage de montrer au monde entier, à travers des centaines de milliers de documents classifiés de l'armée américaine, la réalité de l'invasion de l'Irak : crimes de guerre, massacres, tortures... la souffrance infligée à la population irakienne, réduite à vivre dans des conditions infra-humaines, donne la mesure de la cruauté dont les pays capitalistes sont capables (1). Les documents publiés donnent l'ampleur de cette tragédie irakienne : 109 032 victimes dont 60 % de civils (2). A l'époque, les médias aux ordres parlaient des «frappes chirurgicales» ! Et quel est le crime de chacune de ces victimes ? Selon Bush et Blair, l'Irak représente un véritable danger pour le monde. Il possède les armes de destruction massive et demeure le foyer mondial du terrorisme. Il faut donc sécuriser ce pays et apporter à sa population démocratie, liberté et prospérité. Des mensonges et toujours des mensonges !

 

Le président équatorien  Lenin Moreno, celui par qui le scandale est arrivé, disait : « J’ai demandé à la Grande-Bretagne la garantie que M. Assange ne serait pas extradé vers un pays où il pourrait être torturé ou condamné à mort». (3)

Moreno sait très bien que les Etats-Unis ont émis une ordonnance d'extradition de Julian Assange avec un acte d'accusation précis (4) et que son pays et le Royaume-Uni feront tout pour faciliter ce transfèrement. Une fois aux Etats-Unis, la vie de Julian Assange sera en danger ou comme disent les experts de l'ONU, l'extradition met « potentiellement sa vie en danger» (5),

Rappelons que la majorité des Etats (trente sur cinquante) appliquent encore la peine de mort et que la pratique de la torture est bien réelle. Le sort d'Assange n'aura probablement rien à envier à celui de l'autre lanceur d'alerte Chelsea Manning qui a « enduré de longues périodes d’isolement et de torture. Elle a tenté à deux reprises de se suicider en prison. Elle connaît par expérience douloureuse les innombrables façons dont le système peut vous briser psychologiquement et physiquement» (6).

 

Voilà ce que réservent les pays impérialistes à ceux et celles qui, au détriment de leur vie, osent dire la vérité aux citoyens en les informant sur les abus du pouvoir. Les pays capitalistes ne peuvent fonctionner que sur la base de mensonge et de répression dans tous les domaines.

Laissons le dernier mot à la mère de Julian Assange :«La vie de mon fils, le journaliste Julian Assange, est en danger imminent et grave. Je vous remercie tous d’entendre l’appel d’une mère qui vous demande de l’aider à le sauver (…) Parce qu’il s’agit d’une persécution politique transnationale par une superpuissance sauvage en collusion avec ses alliés, sauver Julian nécessite l’indignation des peuples du monde. (...) Tout au long de l’histoire, lorsque les abus de pouvoir sont devenus insupportables pour le peuple, celui-ci s’est uni et s’est levé pour les faire cesser» (7).

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1)https://www.legrandsoir.info/Les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-Irak.html

(2)https://www.ojim.fr/portraits/julian-assange-master-hacker/

(3)https://twitter.com/Lenin/status/1116271659512684544

(4)https://www.legrandsoir.info/acte-d-accusation-contre-julian-assange.html

(5)https://news.un.org/fr/story/2019/04/1040961

(6)https://www.legrandsoir.info/chelsea-manning-et-la-nouvelle-inquisition-truthdig.html

(7)https://www.youtube.com/watch?v=5nxigIRUkcU

 

 

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