19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 16:04
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 18:06

 

Trafic d'influence, abus de faiblesse, favoritisme, escroquerie en bande organisée, corruption, enrichissement personnel, conflit d'intérêt, népotisme, malversation, fraudes en tout genre, achat de voix, etc. etc. Cette richesse dans le vocabulaire contraste violemment avec la misère morale et politique des dirigeants d'une République qualifiée pourtant « d'irréprochable » par les uns et « d'exemplaire » par les autres.

 

 

Le nombre d'hommes et de femmes politiques impliqués, à un degré ou à un autre, dans les affaires est impressionnant. Il est tout simplement impossible d'établir une quelconque liste exhaustive des scandales politico-financiers qui secouent régulièrement la tête de l'Etat. Sans remonter jusqu'aux diamants centrafricains de Giscard, on peut citer à titre d'exemples quelques noms de dirigeants politiques empêtrés dans des affaires récentes : André Santini, Christine Boutin , Christian Blanc, Christian Estrosi, Alain Joyandet, Alain Juppé, Eric Woerth, Jérôme Cahuzac, Patrick Balkany, Claude Guéant, Serge Dassault, Jean-Michel Baylet, Jean-Noël Guérini, Jean-François Copé, Edouard Balladur, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy etc. etc.

 

Etrange démocratie où l'ex-président de la république, Nicolas Sarkozy, concentre à lui seul une demi douzaine d'affaires entre ses mains : l'affaire Tapie, l'affaire Karachi, l'affaire Bettencourt, l'affaire libyenne, l'affaire des sondages et l'affaire des écoutes téléphoniques. Malgré tous ces scandales, Sarkozy reste insaisissable par la justice. Et même ceux qui ont été condamnés, poursuivis ou inquiétés par la justice, se font régulièrement élire ! Alain Juppé reste un exemple éloquent. Mais Juppé n'est que l'arbre qui cache la forêt. Patrick Balkany, Jean-François Copé, Jean-Pierre Bechter, Maryse Joissains , Brigitte Barèges, André Santini, Gaston Flosse, Jacques Mellick, Pierre Bedier etc. ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres. Les institutions de la République, leur fonctionnement non seulement sont complices de ces agissements, mais permettent et favorisent la multiplication des opportunités de corruption et des scandales en tout genre. Que signifie dans ces conditions État de droit, démocratie, égalité, transparence, intérêt général etc. ?

 

Quel contraste entre les valeurs proclamées par la République et les pratiques réelles de ses dirigeants ! La corruption est au cœur même de la démocratie bourgeoise. Le cas Cahuzac est exemplaire à cet égard. C'est lui qui déclarait à l'Assemblée nationale et même « les yeux dans les yeux » devant le président de la République, «Je n'ai pas, et je n'ai jamais eu un compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant» avant de reconnaître posséder un compte bancaire en Suisse et frauder le fisc quelques mois plus tard !

 

Aquilino Morelle, ce puissant conseiller de François Hollande et ami de Jospin, de Valls, de Montebourg et de bien d'autres hommes politiques se comportait selon le site Mediapart «comme un petit marquis au Palais de l’Elysée où il abuse des privilèges de la République». A. Morelle se faisait par exemple« cirer ses 30 paires de souliers de luxe faites sur-mesure dans un salon de l’hôtel Marigny ». Il utilisait les deux chauffeurs officiels et les secrétaires pour ses affaires personnelles et familiales. En bourgeois qui se respecte, non seulement il utilisait et méprisait le « petit personnel de l'Elysée », mais il « le terrorisait » selon Mediapart.

Aquilino Morelle, « farouche adversaire » de l'industrie pharmaceutique, travaillait, toujours selon le même site, «en cachette pour des laboratoires pharmaceutiques, y compris à une époque où il était censé les contrôler».

 

Jérôme Cahuzac, Aquilino Morelle, voilà les hommes avec lesquels le chef de l'Etat travaillait en étroite collaboration pour mener à bien une politique de classe dans le cadre de sa « République exemplaire » ! Cette politique n'est que le prolongement de celle imposée par Nicolas Sarkozy dans sa « République irréprochable ».

 

Que peuvent attendre encore les masses populaires de cette République corrompue dont les dirigeants possèdent de larges pouvoirs discrétionnaires qui leur procurent des privilèges matériels et symboliques pour leur propre compte ou pour celui de leur organisation politique ? Ces « bénéfices » sont en quelque sorte une récompense octroyée par la bourgeoisie à ses serviteurs zélés et dévoués.

 

Ce zèle et ce dévouement se traduisent concrètement par une politique de paupérisation systématique des classes populaires et par l'enrichissement d'une minorité de puissants. Le chômage et la précarité explosent comme les inégalités économiques et sociales. Et la destruction de l'économie de tout un pays se poursuit inlassablement. Même les retraités les plus pauvres qui survivent avec des pensions de misère doivent contribuer à cet effort gigantesque d'enrichir encore et encore industriels, banquiers et autres spéculateurs. Hollande, Valls, Montebourg et tout le Gouvernement au lieu de nationaliser les grandes entreprises (Safran, ArcelorMittal, Alstom etc. ) qui emploient des dizaines de milliers de travailleurs et préserver ainsi l'emploi, préfèrent les brader aux actionnaires dont le seul et unique objectif est de faire le maximum de profit avec le minimum de salariés possible. Et c'est Hollande lui-même qui disait « l’État n'a pas à se substituer à l'initiative privée, car ce sont les industriels qui connaissent les marchés, les clients, les technologies. Il lui revient de définir un cadre, d'accompagner et de stimuler » (1). Il aurait pu tout aussi bien dire que le gouvernement « n'est qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise toute entière » (2) confirmant ainsi, sans le vouloir, ce que Marx et Engels avaient écrit il y a longtemps !

 

 

On peut adopter les lois que l’on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l’une dans l’autre que l’on ne peut supprimer l’une sans éliminer l’autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n’est donc pas l’existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd’hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe. Le véritable scandale, c’est le capitalisme lui-même.

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.gouvernement.fr/gouvernement/34-plans-de-reconquete-pour-dessiner-la-france-industrielle-de-demain

(2) K. Marx et F. Engels dans le « Manifeste du parti communiste ». Editions en langues étrangères, Pekin, page 35.

Qu'elle est jolie la république bourgeoise ! (acte 3)

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 17:35

 

image 2


 

Président de la République, Gouvernement, préfets, maires des grandes et petites communes, journalistes, bref tout l'appareil étatique et médiatique de la bourgeoisie est mobilisé pour « lutter contre le racisme et l'antisémitisme ». Le ministre de l'intérieur Manuel Valls va jusqu'à adresser aux préfets une circulaire qui commence ainsi «  La lutte contre le racisme et l'antisémitisme est une préoccupation essentielle du Gouvernement et exige une action énergique » (1) . La France est ainsi invitée à mener ce grand combat élevé au rang des causes et des priorités nationales. Valls, qui rêve de devenir Président de la République, instrumentalise ainsi « la lutte contre le racisme et l'antisémitisme » pour plaire à la bourgeoisie et pour mieux détourner les travailleurs et les masses populaires des vrais problèmes qui les rongent au quotidien . L'agitation du gouvernement autour de ce thème n'a d'égal que son silence sur la souffrance sociale, sur le chômage et la précarité qui plongent l’individu dans l’incertitude et l’ insécurité économique la plus totale.

 

 

L'Etat, à travers le ministre de l'intérieur Manuel Valls, donne directement des ordres aux juges leur demandant « de prendre leur responsabilité », c'est à dire interdire,vaille que vaille, le spectacle de l'humoriste Dieudonné. A peine l'ordonnance du Tribunal Administratif publiée, le Conseil d'Etat a pu statuer en un temps record ! Seulement quelques heures ont séparé la décision du tribunal administratif favorable à Dieudonné et celle du Conseil d'Etat interdisant son spectacle ! Tout était planifié d'avance. Le Conseil d'Etat, pour justifier sa décision va jusqu'à inventer des expressions étranges comme «l' atteinte à la cohésion nationale » par exemple ! Comprenne qui pourra.

Depuis, toutes les décisions prises par les tribunaux administratifs et le Conseil d'Etat vont dans le même sens : le spectacle est interdit conformément à la volonté du ministre de l'intérieur Manuel Valls. Le principe de séparation des pouvoirs cher à Montesquieu, une fois encore, est démenti par les faits. L'Etat de Droit, c'est le droit au service de l'Etat. Le droit bourgeois ne peut s'élever au dessus des intérêts de la classe qui l'impose. Il est le reflet même de ces intérêts.

 

Valls et Hollande ne sont pas antiracistes , ils sont les serviteurs de la classe qui les a hissés à la tête de l'Etat. Ils ne sont là que pour consolider les privilèges de la classe dominante. Le nouveau cadeau offert au patronat dans le cadre du «pacte de responsabilité» en est une preuve supplémentaire. Car autant Valls est prompt et « énergique » à censurer et à interdire le spectacle de Dieudonné, autant il est resté muet sur les licenciements des travailleurs de Goodyear et de la Redoute pour ne citer que ces deux entreprises. Censurer une représentation est beaucoup plus facile que d'interdire les licenciements collectifs.La soumission de Valls, de Hollande et de tout le gouvernement au despotisme patronal est totale.

 

Valls qui fait le fanfaron aujourd'hui en jouant les antiracistes, est d'une grande lâcheté, d'une hypocrisie et d'un opportunisme sans bornes. Comment peut-il encore oser affirmer haut et fort qu'il lutte contre « toutes les formes de racisme » lorsque, en même temps, il affiche fièrement et ostensiblement un mépris sans limites à l'égard des Roms et inflige aux sans papiers des souffrances et des humiliations insupportables ? Ses propos concernant les Roms, population sans défense, rejoignent ceux tenus par Le Pen, président d'honneur du Front National et ami de Dieudoné, pour qui « les Roms comme les oiseaux volent naturellement ». Mais Le Pen et le FN, protégés par la classe dominante et ses médias qui déversent quotidiennement des flots de propos racistes, sont des habitués de ce genre de déclarations. Ainsi ce qui est interdit pour les uns est permis pour les

autres.

 

Rappelons également que lorsque Monsieur Valls était Maire d'Evry, il trouvait qu'il y avait trop de noirs dans sa ville. Il demande alors à Christian Gravel, son directeur de cabinet: «(…) Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos…» !

Toute la carrière de valls est construite sur le terrain de la sécurité, de la xénophobie et de la haine des travailleurs immigrés et de leurs enfants comme les Le Pen, père et fille, et Sarkozy. Il attise la haine entre citoyens pour mieux les diviser en jouant sur les préjugés nationaux, raciaux et religieux.

 

Hollande, qui est derrière Valls dans cette affaire de censure, a choisi de lui apporter son soutien, du pays le plus démocratique et le plus respectueux des droits de l'homme et surtout ceux de la femme, l'Arabie Saoudite ! En visite dans ce pays en compagnie d'une kyrielle de patrons (Ariva,Thalès,Veolia, Vinci, BNP, Sanofi etc.), le Président de la République martèle son soutien à Valls et sa détermination à combattre le racisme, l'antisémitisme et tutti quanti. Rappelons tout de même que les travailleurs étrangers sont considérés et traités dans ce pays comme des esclaves. Cette monarchie d'un autre âge dont «  Les châtiments cruels et inhumains sont régulièrement prononcés par les tribunaux saoudiens. Le nombre d’hommes et de femmes décapités dans ce pays ami des États-Unis et de l’Europe ne cesse d’augmenter (2). En Arabie Saoudite, les manifestations sont strictement interdites comme d’ailleurs les partis politiques, les syndicats et les associations. Aucune critique du roi et aucune opposition à son gouvernement ne sont tolérées dans cette monarchie absolutiste » (3) . « La lutte contre toutes les formes de racisme » claironnée en France s'efface totalement face aux intérêts de la bourgeoisie.

 

Mais c'est surtout Israëlque Hollande et Valls admirent le plus. Selon le Président de laRépublique « c’est sans doute au PS que l’on trouve le plus grand nombre d’amis d’Israël et du peuple juif» (4). «Je suis lié de manière éternelle à Israël» renchérit le premier flic de France lors des primaires socialistes(5). Or Israël est considéré par l'immense majorité des peuples de la planète comme l'Etat le plus raciste au monde. Ici le racisme est érigé en institution. Israël est un Etat replié sur lui-même et dirigé par un gouvernement d’extrémistes et de fanatiques.Israël est au-dessus des lois, des conventions et de toutes les résolutions des Nations Unies. Il ne supporte ni contradiction, ni critique. Toute contestation, toute opposition et toute dénonciation de l’entité sioniste sont impitoyablement réprimées. Et l’antisionisme est confondu délibérément avec l'antisémitisme.

 

Dieudonné au lieu de combattre le sionisme en tant que mouvement politique et idéologique, qui au départ était loin d'être représentatif de tous les juifs du monde, a préféré s'allier avec l'extrême droite ennemie des travailleurs et des classes populaires. Dieudonné au lieu de s'attaquer au capitalisme et à la classe qui le porte, la bourgeoisie, il a choisi de concentrer sa critique sur une communauté religieuse. Son «anti-système» est une imposture.

 

La propagande de Hollande et de Valls contre le racisme et l'antisémitisme n'est qu'une manière, parmi tant d'autres, de cacher leur véritable mission, servir les riches et les puissants.

Toute l'histoire du Parti «Socialiste» n'est que trahisons des aspirations et des intérêts des classes populaires.

 

 

 

Mohamed Belaali

 

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  1. http://www.leparisien.fr/politique/la-circulaire-anti-dieudonne-de-valls-aux-prefets-06-01-2014-3467133.php

  2. http://www.amnesty.org/fr/region/saudi-arabia/report-2012

 

(3) http://www.belaali.com/article-arabie-saoudite-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-sur-les-revoltes-populaires-109557989.html

 

  1. http://www.crif.org/fr/lecrifenaction/fran%C3%A7ois-hollande-re%C3%A7oit-le-crif

 

  1. http://jforum.fr/forum/france/article/francois-hollande-et-israel

 

 

 

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 19:52

 

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  L'Egypte du changement

 

 

                                               «Moubarak est le père de tous les Egyptiens»

                                              Mohamad Badie guide suprême des Frères musulmans (1).

 

 

 

Depuis l'arrivée de Mohamed Morsi au pouvoir en juin 2012 (2), la résistance aux Frères musulmans et aux salafistes leurs alliés se poursuit et s'amplifie. La police et les milices des Frères ne font désormais plus peur aux contestataires. Grèves, manifestations pacifiques et affrontements violents se produisent régulièrement un peu partout en Égypte. Les manifestants accusent les Frères musulmans d'avoir confisqué et trahi la révolution qu'ils n'ont, par ailleurs, jamais vraiment acceptée. Rappelons pour mémoire que la Confrérie a refusé de participer à la grande manifestation populaire du 25 janvier 2011 qui a forcé Moubarak, dix huit jours après, à quitter le pouvoir le 11 février. Entre la population et le régime, la rupture est totale. Les masses opprimées égyptiennes se sont vite rendues compte que ni l'armée, ni les Frères musulmans ne servent leurs intérêts. Bien au contraire, ces deux pouvoirs, comme celui de Moubarak et de Sadate, sont au service des classes possédantes égyptiennes et de l'impérialisme américain. En Égypte, le processus révolutionnaire est loin d'être terminé(3).

 

 

En quelques mois seulement, trois secrétaires d’État américains se sont rendus en Égypte pour apporter leur soutien à Morsi alors que celui-ci est contesté dans tout le pays (4). En mai 2013, l'Administration de Barack Obama a reconduit discrètement l'aide militaire à l’Égypte (1,3 milliard de dollars). Cette «aide» revêt aujourd'hui une importance particulière. Les américains savent que le rôle politique des militaires est déterminant. L'armée égyptienne reste pour eux le moyen le plus sûr pour sauvegarder leurs intérêts ainsi que ceux d'Israël. Rappelons que le montant de cette «aide» a nettement augmenté depuis la signature du traité de paix avec Israël en 1979 concédé par Sadate et non remis en cause par les Frères musulmans. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI), bras financier de Washington, presse le pouvoir égyptien à accepter ses conditions comme, entre autres, la suppression des subventions aux produits de première nécessité en échange d'un prêt de 4,8 milliards de dollars. Le Qatar, satellite et sous-traitant des américains, ne cesse de déverser ses pétrodollars sur le régime des Frères pour le sauver de la colère populaire (5). L'Union Européenne n'est pas avare non plus avec la Confrérie:« L'Union européenne et des institutions financières associées ont offert un montant de plus de cinq milliards d'euros, ou plus de 6,5 milliards de dollars, en dons, prêts à taux réduit et prêts pour la période 2012-2013 afin de soutenir la transition démocratique en Egypte» affirmait le président du Conseil européen Herman Van Rompuy (6). Tous les pays impérialistes petits et grands, d'une manière ouverte ou dissimulée déploient leurs efforts pour maintenir, vaille que vaille, au pouvoir un régime contesté par une grande partie de la population.

 

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Les pays capitalistes qui ont brisé l'élan et la vitalité admirables des soulèvements populaires dans le monde arabe, soutiennent aujourd'hui par tous les moyens la confrérie des Frères musulmans ennemis du changement et du progrès. Les pays impérialistes menés par les États-Unis sont, dans une large mesure, responsables du maintien au pouvoir des tyrans arabes anciens et nouveaux. Leurs intérêts sont profondément incompatibles avec ceux des peuplesde cette région du monde qui n'aspirent qu'à se débarrasser de ces despotes d'un autre âge. Chaque révolte, chaque soulèvement réellement populaire est, directement ou indirectement, réprimé dans le sang. Le cas de Bahreïn est exemplaire à cet égard (7). Mais Bahreïn n'est que l'arbre qui cache la forêt. Combien de révoltes ont été brisées en Arabie Saoudite (8), en Jordanie, au Yémen, à Oman, au Koweït etc.? Les premières révoltes populaires et pacifiques en Libye et en Syrie ont été transformées par l'intervention impérialiste en guerre civile. Des mercenaires et des forces obscurantistes ont été armés, entraînés, financés et soutenus médiatiquement par l'occident capitaliste pour renverser les régimes en place. Les Frères musulmans, qui soutiennent les «rebelles» syriens, viennent de rompre toute relation diplomatique avec Damas. Morsi a même appelé «la communauté internationale» à mettre en place une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie! Leurs positions se confondent ainsi avec celles des États-Unis et de ses satellites locaux comme l'Arabie saoudite, le Qatar ou encore la Turquie.

Dans le cas de la Libye, il a fallu une intervention militaire directe de l'OTAN, bras armé de l'impérialisme, pour renverser le régime de Kadhafi. «L'intervention impérialiste en Libye a fait des dizaines de milliers de victimes innocentes. Elle a détruit l'essentiel de l'infrastructure économique du pays. Elle a brisé l'unité de la nation libyenne. L'impérialisme américain et son supplétif européen ont imposé au peuple libyen par la violence un pouvoir sans légitimité aucune, mais qui leur est totalement soumis» (9).

 

Le soulèvement populaire en Égypte, s'il a écarté Moubarak du pouvoir, n'a pas réussi à renverser son régime. Les Frères musulmans ont repris tel quel l'appareil répressif d’État et le font fonctionner pour leur propre compte afin de sauvegarder les intérêts des classes dominantes et de l'impérialisme américain leur protecteur. Les structures économiques, sociales et politiques sont, à quelques inflexions près, restées les mêmes. Le régime se régénère et se reproduit avec une rhétorique différente dans une situation différente. La tête de Morsi a remplacé celle de Moubarak au sommet de l’État. Le régime continue à fonctionner avec un discours différent mais avec les mêmes pratiques et les mêmes politiques économiques de classes : misères et exploitation pour l'immense majorité de la population avec des promesses d'un monde meilleur au Paradis, richesses et pouvoir ici-bas pour une petite minorité d'exploiteurs menée par les Frères musulmans.

Les dirigeants de la Confrérie qui nient en théorie la division de la société en classes et, partant, la lutte des classes, mènent pourtant une véritable politique économique au service d'une seule et même classe sociale, la bourgeoisie. Pour la Confrérie, «Les ouvriers ne sont qu’une masse infâme utile à leur propagande religieuse. Ils partagent ce mépris pour la classe ouvrière avec leurs alliés extrémistes, les Salafistes» (10).

 

Répartition des richesses, travail pour tous, justice sociale, droits des femmes, droits des minorités religieuses, lutte contre la corruption, démocratie, dignité etc., toutes ces revendications portées par le soulèvement populaire ont été effacées par le nouveau pouvoir et remplacées par des préoccupations plus libérales que théologique. Les préoccupations matérielles de classes l'emportent largement ici sur les considérations religieuses. Pour la bourgeoisie égyptienne, l'arrivée au pouvoir des Frères musulmans est une aubaine qui lui permet d'apaiser sa conscience tourmentée et assoiffée de profit. La Confrérie lui apporte une précieuse légitimation de l'exploitation et de la détention des richesses.

 

Les opprimés d’Égypte n'ont pas dit leur dernier mot. L'histoire leur a appris comment résister aux oppresseurs avant de les renverser. L'unité des travailleurs, des paysans pauvres et de tous les laissés-pour-compte est vitale pour affronter efficacement les nouveaux pharaons. Leur intérêt est de rendre la révolution permanente, jusqu'à éloigner du pouvoir les classes possédantes et leurs serviteurs, l'armée et les Frères musulmans.

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1) Mohamad Badie chef suprême des Frères musulmans http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/0/10/124/2186/Fr%C3%A8res-musulmans-Les-hommescl%C3%A9s-.aspx

 

(2) Les mouvements de contestation appellent à une grande manifestation le 30 juin 2013 date anniversaire de la prise de pouvoir par Morsi.

Par ailleurs, Morsi vient de nommer 17 gouverneurs appartenant à la Confrérie, à l'armée et aux services de Sécurité. Le nouveau gouverneur de Louxor Adel al-Khayyat appartient, lui, au Parti de la construction et du développement, la branche politique du groupe Gamaa-Al- Islamiya qui a revendiqué en 1997 l'attaque sur un site pharaonique de la région de Louxor, qui avait fait selon les sources entre 62 et 68 morts principalement des touristes.

Les Frères musulmans poursuivent ainsi leur mainmise sur tous les rouages de l’État.

 

(3) A propos des débats sur la révolution égyptienne, voir (en arabe) Atef Said :«Le libéralisme impérialiste et la révolution égyptienne»

http://www.jadaliyya.com/pages/index/11333/

 

(4) Hillary Clinton le 21 novembre 2012, John Kerry le 2 mars 2013 et le secrétaired'Etat à la Défense, Chuck Hagel le 24 avril 2013

 

(5) http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0CX4KZ20130410

 

(6) http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE90C03C20130113

 

(7) http://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

 

(8) http://www.belaali.com/article-arabie-saoudite-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-sur-les-revoltes-populaires-109557989.html

 

(9) http://www.belaali.com/article-la-libye-apres-l-intervention-imperialiste-108002868.html

 

(10) http://www.belaali.com/article-egypte-de-mohammed-ali-a-mohamed-morsi-un-combat-permanent-entre-le-passe-et-l-avenir-114107860.html

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 19:27

 

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Après la «République irréprochable» de Sarkozy, voici « la République exemplaire» deHollande. La réalité de la République, aujourd'hui comme hier, contraste tristement avec les déclarations de l'un et de l'autre président. Les scandales financiers et les affaires de corruption qui mettent en cause les membres de leurs gouvernements respectifs ont tendance à se perpétuer. Et au moment où l’on exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, de plus en plus insupportables, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, les représentants de la bourgeoisie, eux,se permettent de «planquer leur magot» dans les paradis fiscaux, se servent abondamment dans les caisses de l’État et jouissent d'innombrables privilèges. De Christine Boutin à Eric Woerth en passant par Christian Blanc, Christian Estrosi, Alain Joyandet etc., la liste des ministres du gouvernement Sarkozy impliqués dans des affaires est longue (1). Le gouvernement actuel qui n'a même pas un an d'existence est déjà secoué et ébranlé, en attendant d'autres révélations, par le séisme Cahuzac. Il ne s'agit là bien évidemment que de quelques exemples qui ne doivent pas masquer le caractère récurrent et structurel de la corruption qui règne dans les plus hautes sphères de l’État. Car les scandales financiers, corruption, privilèges et autres affaires, sont intimement liés au fonctionnement même du système capitaliste qui les produit et reproduit de manière permanente.



 

« Le gouvernement moderne n'est qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière» (2). L'État n'est donc pas au service de tous, mais sert seulement les intérêts privés de quelques uns. La police, la justice, les préfets, les députés, les ministres etc. ne sont pas les représentants de toute la société. Le président de la République n'est pas le président de tous les français. Le président gère l’État contre l'intérêt général au profit de l'intérêt particulier, celui de la classe dominante. Et plus il sert les intérêts de la bourgeoisie, plus il s'éloigne de ceux des classes populaires.

La corruption, elle aussi, remplace l'intérêt public par l'intérêt privé. Elle efface les frontières entre les deniers publics et les revenus privés. Les hommes et les femmes politiques sans scrupulespeuvent ainsi se servir, avec un sentiment d'impunité, dans les caisses de l'État comme s'il s'agissait de leur propre patrimoine! La corruption nie et méprise le principe de transparence et permet à une seule et même classe sociale, par le biais de l'État, d'accéder d'une manière occulte et illégale aux ressources publiques.

 

Le scandale Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France, illustre d'une manière éloquente cette proximité et cette confusion des intérêts de la grande bourgeoisie et du pouvoir politique. Celui-ci doit être au service de celle-là. L'ex-ministre du budget, Eric Woerth, était soupçonné, via sa femme qui gérait les dividendes de la milliardaire, de conflit d'intérêt. Mme Bettencourt a avoué de son côté posséder des comptes à l'étranger et toute une île aux Seychelles non déclarés au fisc.

La collusion des intérêts du capital et ceux de l'État trouve ici son expression la plus éclatante : Le pouvoir politique met l'État à la disposition du pouvoir économique qui, en échange, finance entre autres ses campagnes électorales. Eric Woerth était le trésorier de l'UMP et le financier du système Sarkozy. C'est lui qui était chargé de récolter les fonds auprès des grosses fortunes au profit du président de la République. On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi Sarkozy tenait absolument à soutenir «totalement et complétement» son ministre du travail et pourquoi il désirait que Liliane Bettencourt reste en France :«Je ne veux pas qu'elle foute le camp en Suisse» disait-il.

Rappelons tout de même que c'est ce même ministre qui a conduit, au nom du gouvernement, la bataille de la destruction du système de retraite par répartition. Lui, le bourgeois, qui vit dans l'opulence, exige des salariés de travailler toujours plus pour une pension de misère!

Et c'est ce même gouvernement qui a toléré que des milliers de familles bourgeoises «très patriotes», dont il possède la liste, «planquent» scandaleusement leur magot à l'étranger pour échapper au fisc. Les intérêts de l'État,donc d'une infime minorité, sont incompatibles avec ceux de l'immense majorité de la population.

 

En novembre 2010, Eric Woerth démissionne de son poste de ministre du travail après avoir perdu celui du budget. Il sera mis en examen en février 2012 pour «trafic d'influence passif et recel de financement illicite de parti politique».

 

Tous les gouvernements bourgeois, avec des différences de degré et non d'essence, sont corrompus. Mais sous le régime de Sarkozy, les affaires fleurissaient et se banalisaient plus facilement. C'est que Sarkozy aime l’argent, le luxe, l'apparat, le cérémonial et n'hésitait pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Sa fascination pour les riches n'a d'égale que son mépris pour les pauvres.

 

En avril 2007, Nicolas Sarkozy avait promis une «République irréprochable», une «démocratie moderne qui sera exemplaire au regard du monde». Dans la réalité, il a laissé derrière lui une république corrompue et une démocratie entièrement livrée au capital et aux parasites spéculateurs sans foi ni loi.

Le 21 mars 2013, Nicolas Sarkozy est mis à son tour en examen par le juge d'instruction Jean-Michel Gentil pour «abus de faiblesse» dans l'affaire Bettencourt.

 

Hollande dont l'admiration pour l'austérité et le mépris pour les classes populaires sont sans bornes a placé Jérôme Cahuzac, son homme de confiance, au cœur de sa politique économique. Cahuzac, ministre du budget, comme Woerth, est ainsi devenu le symbole de l'austérité. Il était l'incarnation, le visage hideux de la politique de rigueur chère aux sociaux-démocrates.

 

Le 2 avril 2013, Jérôme Cahuzac avoue ce qu'il niait publiquement depuis des mois y compris dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Il est mis en examen «pour blanchiment de fraude fiscale», lui, qui était pourtant chargé de lutter contre cette même fraude ! Cahuzac est à l'image du Parti Socialiste qui se réclame toujours en théorie du socialisme démocratique et mène dans la pratique des politiques libérales très éloignées des intérêts des classes populaires. Le scandale Cahuzac est le reflet de cette politique conduite par la social-démocratie au profit de la bourgeoisie dont elle sert les intérêts avec un zèle singulier. Car la collaboration de classes est une constante dans l'histoire de ce courant politique (3). Le scandale Cahuzac n'est pas une affaire de morale, mais le produit d'un système économique dont les intérêts de classes constituent son fondement matériel. La morale n'a pas d'existence propre. Elle dépend des conditions matérielles qui la produisent. Elle est l'émanation des activités économiques, des comportements matériels des hommes. Lutter contre les scandales, les affaires, les fraudes etc., en invoquant la morale est une illusion et par dessus le marché une hypocrisie. Toutes ces gesticulations autour de«la moralisation de la vie publique», de«la nécessité d’une lutte implacable contre les dérives de l’argent, de la cupidité et de la finance occulte», de«la transparence de la vie publique», de «la lutte contre la grande délinquance économique et financière» etc.(4) ne sont que des balivernes idéalistes derrière lesquelles la social-démocratie tente de dissimuler sa véritable nature, un instrument au service du capital.

 

La classe ouvrière, qui ne demande qu'à travailler pour survivre, découvre que ceux qui lui imposent toujours plus de sacrifices possèdent des patrimoines sans commune mesure avec ce que peut gagner et épargner un smicard. Combien de siècles de labeur et de souffrance au travail faut-il à un ouvrier pour atteindre le patrimoine des riches ministres du gouvernement «socialiste»?

 

 

On peut adopter les lois que l'on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l'une dans l'autre que l'on ne peut supprimer l'une sans éliminer l'autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n'est donc pas l'existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd'hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe.

Le véritable scandale, c'est le capitalisme lui-même.

 

Mohamed Belaali

 


 

 

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(1) Il s'agit, entre autres, des 9 500 euros mensuels de Christine Boutin pour une obscure mission sur la mondialisation, des 12 000 euros des cigares de Christian Blanc, les hôtels particuliers de l'ex-ministre de l'industrie Christian Estrosi ou les 116 500 euros d'Alain Joyandet pour un aller/retour à la Martinique sans parler de son permis illégal pour agrandir sa maison près de Saint-Tropez.

Rappelons pour mémoire que Jacques Chirac a été condamné par la justice à deux ans de prison avec sursis en 2011. Alain Juppé condamné lui aussi par le tribunal de grande instance de Nanterre, à dix-huit mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité, le 30 janvier 2004. Charles Pasqua condamné à plusieurs reprise dans plusieurs affaires. Jean-Marc Ayrault condamné en 1997 à six mois de prison avec sursis pour «favoritisme» et «réhabilité» en 2007, etc. etc.

 

 

(2) K. Marx et F. Engels «Manifeste du parti communiste». Éditions en langues étrangères. Pekin, page 35.

 

(3) http://www.belaali.com/article-social-democratie-et-collaboration-de-classes-50152165.html

 

 

(4) Voir la déclaration du président de la République:

http://www.elysee.fr/declarations/article/declaration-du-president-de-la-republique-4/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 18:01

 

combat-ouvrier-1-copie-1.jpg

 

Les licenciements massifs d'ouvriers et d'ouvrières se poursuivent et se ressemblent. En quelques années seulement, des centaines de milliers de travailleurs ont perdu leur emploi et se trouvent dans des situations personnelles et familiales dramatiques. Aucun secteur de l'activité économique n'est épargné. De l'automobile au pétrole en passant par le BTP, l'industrie lourde, l'industrie agroalimentaire, le textile, les télécommunications, les transports aériens etc., les entreprises ferment ou suppriment des emplois privant ainsi des hommes et des femmes de leur unique source de revenu, le travail. La liste des entreprises, petites et grandes, qui procèdent aux licenciements collectifs ne cesse de s'allonger(1). Et l'avenir reste sombre pour les salariés qui possèdent encore un emploi. La politique d'austérité menée par Sarkozy et poursuivie par Hollande ne peut qu'aboutir à ce désastre économique et social. D'autres travailleurs seront sacrifiés sur l'autel du profit. Aucune autre classe sociale ne subit autant que la classe ouvrière les conséquences de la crise du capitalisme et les politiques d'austérité qui l'accompagnent menées par les gouvernements successifs. Et pourtant, c'est bel et bien cette classe qui est à la base de toutes les richesses produites dans la société. Cette oppression qui s'exerce sur la classe ouvrière reflète et résume à elle seule les tares de la société capitaliste.

 

 

Alors que la résistance ouvrière s'organise un peu partout contre cette brutalité patronale, Hollande et son gouvernement s'inquiètent non pas pour l'avenir des ouvriers, mais des risques «d’implosions ou explosions sociales». Manuel Valls, ministre de l’intérieur, va jusqu'à menacer les ouvriers qui se battent pour sauvegarder leurs emplois : «Il n'y a pas de place pour la violence, et je lance évidemment un avertissement, la police, elle fait son travail, mais on ne peut pas admettre qu'on cherche à casser l'outil de travail» déclarait-il sur Europe1. Ce sont les patrons qui ferment les usines, détruisent les emplois et condamnent les travailleurs au chômage et à la misère et ce sont les salariés qui sont accusés de vouloir «casser l'outil de travail»!

Mais le gouvernement ne se contente pas d'accuser, il envoie ses troupes mater les salariés en lutte comme les patrons envoient leurs vigiles briser les grèves ouvrières. Face à la détresse des travailleurs, le pouvoir en place n'a rien d'autre à offrir que la répression. Ainsi lors d'une manifestation internationale devant le parlement européen à Strasbourg, la police de Hollande et de Valls n'a pas hésité à tirer des balles en caoutchouc à hauteur d'homme sur les métallos

d’ArcelorMittal. John David, un jeune travailleur belge de 25 ans a perdu définitivement l'usage de son œil. Les cars des métallos ont été arbitrairement arrêtés à la frontière et fouillés de fond en comble dans des conditions humiliantes. Ces provocations policières et cette violence gratuite à l'encontre des travailleurs montrent, si besoin est, à quel point cette classe est méprisée.

 

 

Les médias bourgeois, de leur côté, ne cessent de présenter les salariés en lutte contre les licenciements comme des «casseurs d'emplois», des «irresponsables» qui font «régner la terreur» dans les ateliers PSA à Aulnay-sous-Bois par exemple (2). Leur combat contre le despotisme patronal est déformé, dénigré et méprisé par une presse possédée et dirigée par des groupes puissants (Bouygues, Lagardère, Dassault, Arnault, Bolloré etc.). L'angoisse des salariés d'être reclassés ou précipités dans le chômage est soigneusement occultée. Les médias bourgeois connaissent très bien les traumatismes et les drames qui ravagent au quotidien la vie des chômeurs. Mais ces souffrances sont délibérément ignorées ou présentées comme étant liées à des problèmes personnels ou psychologiques. Ils savent que le chômage tue et parfois d'une manière violente et tragique. Certains chômeurs vont jusqu'à mettre le feu à leur propre corps; d'autres, plus nombreux, se suicident pour protester contre la situation inhumaine que leur impose la société bourgeoise (3). Les chômeurs n'ont plus de place dans cette société qui les méprise; ils sont déjà morts socialement. L'ouvrier doit souffrir et le chômeur mourir pour que la société bourgeoise continue à vivre.

Patrons, gouvernement et médias sont ainsi unis contre les travailleurs qui ne font que défendre dignement leurs emplois.

 

 

Malgré des conditions de lutte difficiles et un rapport de force largement favorable aux patrons,les travailleurs restent debout et mènent un combat formidable. Leur résistance commune contre les capitalistes et leurs représentants politiques et médiatiques forge et aiguise leur conscience de classe. Dans la lutte, les travailleurs apprennent à ne compter que sur eux-mêmes. Ils savent qu'ils sont seuls face à la bourgeoisie et les pouvoirs immenses dont elle dispose. Cette opposition irréductible entre patrons et ouvriers, entre oppresseurs et opprimés n'est que l'expression d'une lutte de classe à classe. L'histoire et l'actualité la plus immédiate enseignent aux travailleurs qu'ils forment une classe particulière non seulement exploitée, mais aussi méprisée, humiliée et réprimée par la bourgeoisie. Cette oppression montre à l'évidence que nous vivons dans une société fondée sur l'antagonisme de classes. La bourgeoisie prétend partout représenter la société toute entière, alors qu'elle ne représente en fait que ses propres intérêts comme le prouve l'existence d'une autre classe sociale asservie et dominée. Les travailleurs du monde entier n'ont rien à attendre de cette société. Leur combat quotidien contre les agressions du capital est nécessaire et indispensable. Mais il ne s'agit là que des luttes contre les effets inévitables du système qui les transforme en marchandise vendable sur le marché. Les travailleurs doivent œuvrer en même temps à la transformation radicale de la société. Dans ce combat «les prolétaires n’ y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner» écrivaient Marx et Engels dans le Manifeste du Parti Communiste.

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.collectifcontrelespatronsvoyous.com/

 

 

Voir également les études réalisées par Trendeo:

http://www.trendeo.net/publications/

 

(2) Voir entre autres:

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/20130121trib000743869/les-grevistes-de-psa-feraient-regner-la-terreur-sic-a-aulnay.html

 

http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2013/01/31/10001-20130131ARTFIG00805-les-pyromanes-de-l-industrie.php

 

 

(3) http://www.actuchomage.org/2012020719232/La-revue-de-presse/suicides-et-crise-une-realite-ignoree.html

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 13:38

 

Mali-1.jpg

 

Alors que le chômage et la précarité font ravage en France, François Hollande et son gouvernement, pour mieux masquer la faillite de leur politique économique et sociale, envoient leurs troupes au Mali ! «Nos forces armées ont apporté cet après-midi leur soutien aux unités maliennes pour lutter contre ces éléments terroristes» déclarait solennellement le président français vendredi 11 janvier 2013 (1). La droite et l'extrême droite approuvent et applaudissent. Le plan Vigipirate passe du «rouge» au «rouge renforcé». Il deviendra probablement «rouge écarlate» comme le sang qui va couler au Mali et dans la région ! Les médias bourgeois, sans relâche, propagent leur chauvinisme et distillent comme du venin leur propagande guerrière justifiant l'intervention militaire. Journalistes, hommes et femmes politiques, consultants, militaires et experts en tout genre déferlent sur les plateaux de télévision pour asséner leur «vérité», détournant ainsi l'attention des classes populaires des véritables problèmes qui les rongent au quotidien pour mieux servir les intérêts de la classe dominante.


 

Cette intervention a été décidée au moment même où la bourgeoisie française vient d'obtenir, grâce à François Hollande, tout ce qu'elle voulait en matière de licenciements, de flexibilité de l'emploi et des baisses des rémunérations des salariés (2). Pour les sociaux-démocrates au pouvoir, l’ennemi à combattre n'est pas la bourgeoisie qui fait payer aux peuples ici et en Afrique les terribles conséquences de son système de production, mais «le terrorisme». Il faut donc, vaille que vaille, battre les tambours de la guerre et mobiliser toute la nation derrière son chef, François Hollande. Peu importe le coût de cette énième guerre des sociaux-démocrates. Les politiques d'austérité, de contraintes budgétaires et des réductions des dépenses publiques sont réservées aux classes populaires. Quand on mène une guerre au service des grands groupes français, on ne compte évidemment pas .Tout le discours sur la lutte contre les déficits publics répété bêtement et inlassablement par les représentants de la classe dominante s'évapore comme par enchantement ! On trouve facilement et rapidement les fonds nécessaires pour financer cette opération qui, selon le chef de l’État, «durera le temps nécessaire».

 

La guerre est ainsi déclarée, non pas contre le despotisme des marchés financiers, contre le chômage, contre la misère, contre les injustices sociales mais contre «le terrorisme» au... Mali! C'est vraiment la préoccupation première des ouvriers, des chômeurs, des précaires, des travailleurs pauvres, des sans abris, bref de tous les laissés- pour-compte broyés par la machine capitaliste.

 

De plus en plus de citoyens rejettent la politique du gouvernement Hollande et se rendent compte qu'elle n'est, en fait, que le prolongement de celle menée par Sarkozy : une politique exclusivement au service de la classe dominante. La guerre apparaît alors comme un puissant moyen pour «fabriquer» tout du moins à court terme, un consensus permettant de perpétuer la même politique de classe. Il faut donc inventer des ennemis extérieurs pour mieux servir les intérêts des puissants à l'intérieur: «Dans ces circonstances, le rassemblement des Français est une force supplémentaire pour la réussite de notre action», disait François Hollande.

 

Sur le plan international, l'instrumentalisation de l'occupation du nord-Mali sert d'abord les intérêts des bourgeoisies des pays impérialistes (France, Grande Bretagne et bien sûr les États-Unis notamment). Rappelons que l'occupation d'une partie importante du territoire malien est la conséquence directe de l'intervention impérialiste en Libye. Sans l'intervention de l'OTAN dans ce pays, le Nord-Mali n'aurait probablement jamais été occupé parle Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés islamistes (AQMI, Ansar Dine, Mujao, BokoHaram, etc.). Cette occupation est «rendue possiblegrâce à la complicité des États-Unis, de la France et de leurs serviteurs locaux regroupés dans la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)» (3). Précisons que ces États de l'Afrique de l'Ouest sont dirigés par des despotes entièrement au service de la bourgeoisie occidentale notamment française à l'image d'Alassane Ouattara, président actuel de l'organisation, ou de Macky Sall, président du Sénégal. Ils ont soutenu l'intervention impérialiste en Libye et en Syrie comme ils participent aujourd'hui à cette nouvelle «expédition néocoloniale française». Ce sont les dirigeants de la CEDEAO qui ont imposé au Mali l'intervention française.

 

Il y a trop d'intérêts dans cette région du monde! L’Afrique est aujourd'hui l'objet de grandes convoitises. Paradoxalement, la population du Mali est classée parmi les plus pauvres de la planète par les Nations-Unies (son IDH la classe au175è rang sur 187 pays), alors que son sous-sol est l'un des plus riches du continent africain. Si l'or reste la première richesse du pays, les autres ressources, notamment pétrolières, sont aussi nombreuses que sous-exploitées. Le Niger, dont la population vit dans l'extrême pauvreté, est l'un des plus grands producteurs mondiaux de l'uranium exploité par le groupe nucléaire français Areva depuis une quarantaine d'années. En 2008, le groupe Areva s'est emparé du «droit» d'exploiter la mine géante(5000 tonnes par an) d’Imouraren dont le démarrage est prévu pour 2014. On va taire par pudeur les conditions de travail misérables dans les mines les plus dangereuses du monde contrôlées par Areva. Les révoltes ouvrières contre leurs conditions d'esclaves sont systématiquement réprimées sans jamais trouver le moindre écho dans les médias bourgeois.

 

Après la Côte d'Ivoire, la Libye, c'est le tour du Mali et peut-être demain l'Algérie qui risque d'être victime des rapaces impérialistes qui menacent en permanence la paix du monde au profit de leurs bourgeoisies respectives. Le Qatar, lui, joue le rôle du sous traitant des impérialiste. Hier en Libye, aujourd'hui au Mali et en Syrie, le Qatar continue à financer des groupes armés au bénéfices de ses maîtres impérialistes.

 

Les «terroristes» que l'on prétend combattre aujourd'hui sont le produit du capitalisme mondialisé. Les bourgeoisies occidentales, notamment américaine ont contribué largement à l'affaiblissement dans le monde arabe et musulman de toute pensée laïque et progressiste. Nombreux sont les ouvriers, paysans, intellectuels, artistes chanteurs ou de simples militants progressistes tombés sous les balles des fanatiques religieux armés et financés par des régimes réactionnaires et corrompus soutenus par les États-Unis. Rappelons pour mémoire, que les Talibans d'aujourd'hui, on les appelait hier, lorsqu'ils combattaient l'armée Soviétique en Afghanistan, les Moujahidines de la liberté (combattants de la liberté). Les politiques libérales d'ajustement structurel imposées par le FMI et la Banque mondiale, bras financier de l'impérialisme, le soutien indéfectible de ces bourgeoisies à l’État sioniste d'Israël, la guerre en Irak et ses ravages (4) pour ne citer que ces exemples, ont jeté une partie de la population arabe et musulmane dans les bras de l'islam politique. L'élan et la vitalité du soulèvement populaire dans le monde arabe ont été brisés par l'impérialisme. En Tunisie comme en Égypte, les bourgeoisies occidentales ont favorisé l'accès au pouvoir des mouvements obscurantistes et réactionnaires. A Bahreïn, l'impérialisme américain a envoyé les chars de l'Arabie Saoudite pour mater et réprimer dans le sang l'une des plus belles et des plus pacifiques révolte du monde arabe (5).

 

 

 

La social-démocratie européenne, main dans la main avec l'impérialisme, a toujours mené des guerres, «tantôt ouvertes, tantôt dissimulées» contre les peuples de la planète pour servir les intérêts exclusifs de la bourgeoisie. Entre autres exemples, ils ont déclenché l'une des plus meurtrières guerre de l’histoire en 1914. Ce sont eux qui ont assassiné Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, figures emblématiques de la classe ouvrière allemande en 1919. «Les armes vont parler» disait François Mitterrand pour annoncer la première guerre du Golfe en 1991. Ce sont encore eux qui ont brisé l'unité des peuples de la Yougoslavie. «Le président de la République, en accord avec le gouvernement, a décidé la participation des forces françaises aux actions militaires, devenues inévitables, qui vont être engagées dans le cadre de l’Alliance atlantique» disait un communiqué conjoint du président J.Chirac et du premier ministre L. Jospin. Le 25 septembre 2012 aux Nations Unies, F. Hollande déclarait devant l'Assemblée générale «La première des urgences s’appelle la Syrie», l'autre urgence « qui doit nous mobiliser cette semaine, est le Sahel(...) Oui, il faut que le Mali retrouve l’intégrité de son territoire et que le terrorisme soit écarté de cette zone du Sahel» (6). Le 11 janvier 2013, le même François Hollande envoie, au nom de la France, l'armée au Mali. Pour servir l'intérêt des puissants, les sociaux-démocrates ne reculent devant aucun moyen, y compris le plus abject, la guerre. A l'intérieur comme à l'extérieur, ils sont les ennemis des travailleurs. A ces guerres impérialistes au service des classes dominantes, les ouvriers et l'ensemble des classes populaires du monde entier doivent opposer la guerre civile contre leur propre bourgeoisie et leurs alliés sociaux-démocrates.

 

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1) http://www.elysee.fr/declarations/article/declaration-du-president-de-la-republique-sur-la-situation-au-mali-4/

 

(2) http://www.humanite.fr/sites/default/files/pdf/2013/securisation_de_lemploi_10-01-2013_v_definitif_bis.pdf

 

(3) http://www.belaali.com/article-la-libye-apres-l-intervention-imperialiste-108002868.html

 

(4) http://www.belaali.com/article-les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-irak-48981793.html

 

(5) http://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

 

(6) http://www.belaali.com/article-les-premieres-urgences-de-fran-ois-hollande-111993802.html

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 10:30

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L'image de Mohamed Morsi fuyant le 4 décembre 2012 la foule qui encercle le Palais présidentiel, reflète l'état de tension qui règne en Égypte aujourd'hui entre les Frères Musulmans au pouvoir, leurs alliés Salafistes et le reste de la population. « Morsi dégage», «Le peuple veut la chute du régime» scandait la foule nombreuse pour être canalisée par les forces de l'ordre. Ce sont les mêmes slogans qui ont précipité la chute de Moubarak. Mais il s'agit là des mots d'ordre du passé et l'histoire ne se répète jamais à l'identique. L'Égypte d'aujourd'hui n'est pas celle des grands soulèvements de janvier/février 2011. La lutte des classes qui déchire ce pays se déroule dans des conditions et circonstances différentes. Les opposants au nouveau pouvoir invoquent le passé pour construire l'avenir ! Marx écrivait dans «Le dix-huit brumaire de Louis Bonaparte» que «les hommes (…) même quand ils semblent occupés à se transformer, eux et les choses, à créer quelque chose de tout à fait nouveau, c'est précisément à ces époques de crise révolutionnaire qu'ils appellent craintivement les esprits du passé à leur rescousse, qu'ils leurs empruntent leurs noms, leurs mots d'ordre, leurs costumes, pour jouer une nouvelle scène de l'histoire» (1).

 

 

L’Égypte est à nouveau face à l'histoire. Une nouvelle phase de la lutte pour le pouvoir se déroule sous nos yeux entre les différentes classes sociales. De Mohammed Ali jusqu'à Mohamed Morsi en passant par l'occupation britannique, Nasser, la chute de Moubarak, l'histoire de cette vieille nation n'est qu'une succession de luttes et de combats entre les oppresseurs et les opprimés, entre les conservateurs et les progressistes, entre le passé et l'avenir : l'empire britannique contre Mohammed Ali et son projet de modernisation, les puissances occidentales et Israël contre Nasser qui menaçait leurs intérêts dans la région, Sadate et Moubarak, agents de la bourgeoisie et de l'impérialisme américain, contre les intérêts de leur propre peuple. Depuis le début du XIXe siècle, l'Égypte tente de relever la tête et à chaque fois les classes dominantes locales en étroite collaboration avec les bourgeoisies occidentales font avorter ce grand projet de développement industriel et économique cher à Mohammed Ali et à Nasser.

 

L'étincelle tunisienne qui a embrasé le monde arabe n'a pas épargné le plus grand d'entre-eux, l’Égypteavec la chute de Moubarak. C' était une nouvelle occasion pour lÉgypte de sortir du sous développement et de la misère. Le soulèvement populaire était porteur d'espoir non seulement pour les masses égyptiennes mais aussi pour tous les opprimés dans le monde arabe. Mais l'impérialisme américain et la bourgeoisie égyptienne ne peuvent tolérer ni accepter une telle perspective potentiellement révolutionnaire. C'est dans ce cadre général qu'il faut situer l'accession au pouvoir des Frères musulmans. Rappelons pour mémoire que les Frères étaient les derniers à rejoindre la Place Tahrir et les premiers à la quitter tellement leur crainte d'un changement réellement révolutionnaire était forte. Les Frères musulmans ont refusé de participer à la première manifestation contre le régime le 25 janvier 2011, laissant les jeunes révolutionnaires seuls face à l'appareil répressif de Moubarak qui a fait plusieurs victimes parmi les contestataires. Et pourtant ce sont eux qui sont aujourd'hui au pouvoir comme d'ailleurs en Tunisie avec Annahda!

 

Le nouveau pouvoir n'est que le prolongement, dans des conditions différentes, de l'ancien instauré par Sadate après la mort de Nasser en 1970 et développé par Moubarak. C'est le changement dans la continuité ! Les États-Unis soutiennent aujourd'hui Morsi comme ils ont soutenu dans le passé Sadate et Moubarak. Pour eux, le nouveau pouvoir égyptien constitue le meilleur rempart contre un changement radical qui risque d'emporter leurs intérêts dans la région. D'autant plus que les Frères musulmans n'ont jamais contesté ni remis en cause les fondements du capitalisme, à savoir la propriété privée des moyens de production, l'exploitation patronale, le profit, la libre entreprise, les lois du marché, etc. Bien au contraire, face aux grèves ouvrières et luttes paysannes, ils se trouvaient souvent du côté du pouvoir. Morsi et son gouvernement ne cessent d'accuser les syndicats indépendants de bloquer l'économie égyptienne par leurs grèves à répétition. Les revendications ouvrières sont absentes des programmes et des traditions des Frères musulmans. L'instauration d'un salaire minimum qui représentait l'une des revendications essentielles des ouvriers avant et après la chute du despote est renvoyée aux calendes grecques; alors que les soldats et les policiers ont vu, eux, leur salaire augmenter de 50 %. Les ouvriers ne sont, pour les dirigeants bourgeois de la Confrérie, qu'une masse infâme utile à leur propagande religieuse. Ils partagent ce mépris pour la classe ouvrière avec leurs alliés extrémistes, les Salafistes.

La Confrérie possède et gère des hôpitaux, des entreprises, des banques, des supermarchés, des écoles, etc. D'ailleurs depuis le 5 décembre 2012, une campagne de boycott de produits et magasins des Frères est lancée par l'opposition dans tout le pays (2). Derrière le masque de l'Islam, se cache en fait une idéologie profane, conservatrice et réactionnaire.

Leur programme économique ne peut que s'inscrire dans le cadre libéral supervisé et contrôlé par les bourgeoisies occidentales à travers leurs institutions comme le FMI,la Banque mondiale, etc. etfinancé en partie par les monarchies du Golfe. Nonobstant leur rhétorique religieuse, leur discours sur la répartition équitable des richesse et la lutte contre la corruption, les pratiques de la Confrérie dans le domaine économique sont clairement au service des classes dominantes dont elle fait partie intégrante.

 

La manière et la rapidité avec lesquelles Mohamed Morsi gouverne, montrent que les classes dominantes menées par la Confrérie ont hâte, afin de consolider leur pouvoir, de mettre un terme à la situation de contestation quasi-permanente qui règne aujourd'hui en Égypte. Elles trahissent en même temps le caractère de classe de ce processus contre-révolutionnaire soutenu et encouragé par les États-Unis.

Président depuis seulement juin 2012, Morsi se trouve aujourd'hui avec la totalité des pouvoirs entre ses mains. Dès le mois de novembre, il a décidé de rendre l'ensemble de ses décisions définitif et au-dessus de tout contrôle. Il a révoqué dans la foulée le Procureur général et enlevé au pouvoir judiciaire toute possibilité de dissoudre l'assemblée constituante dominée par les Frères musulmans. La constitution, tant décriée, a été adoptée dans des conditions pour le moins contestables. Morsi et sa Confrérie se trouvent de fait détenteurs de la totalité des pouvoirs.

Ce coup d’État des Frères musulmans sur les institutions du pays a été facilitégrâce à la bénédiction de Washington. Morsi a pris son décret, le mettant au-dessus des lois, le 22 novembre 2012 immédiatement après avoir reçu au Caire Hillary Clinton pour mettre un terme à la nouvelle agression israélienne contre Gaza, c'est à dire le 21 novembre! Les États-Unis, comme Israël d'ailleurs, n'ont cessé de couvrir d'éloges un président égyptien docile et résolument pro-impérialiste. Après avoir porté à bout de bras les régimes détestables de Sadate et de Moubarak, la bourgeoisie américaine apporte aujourd'hui son soutien à celui des Frères musulmans et leurs alliés salafistes. Les aspirations à la démocratie, à la dignité et au développement économique et social des peuples ne pèsent pas lourd devant les intérêts de cette puissante minorité de riches. En Égypte comme ailleurs, l'impérialisme est l'ennemi du progrès et de la démocratie. Il est toujours et partout l'ennemi des peuples.


 

Les révolutionnaires d’Égypte doivent donc affronter, dans des conditions nouvelles, non seulement les nouveaux pharaons déguisés en musulmans, mais aussi leurs alliés intérieurs et extérieurs . Ce bloc réactionnaire cherche à faire tourner en arrière les roues de l'histoire en empêchant l’Égypte d'avancer sur la voie du progrès et de la prospérité. L'histoire de la nation égyptienne, tout du moins depuis Mohammed Ali, est un combat permanent contre l'impérialisme et ses alliés locaux avec des périodes de flux et de reflux, des avancées et des échecs. La tâche des révolutionnaires est de poursuivre ce formidable mouvement d'émancipation en s'appuyant sur la résistance ouvrière et paysanne, deux classes victimes plus que toutes les autres classes sociales de l'exploitation patronale et des grands propriétaires terriens. Ces classes opprimées et méprisées par l'ancien et le nouveau pouvoir constituent pourtant les deux seuls piliers solides d'un pont vers l'avenir et vers une société nouvelle.

 

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1) K Marx «le dix-huit brumaire de Louis Bonaparte». Éditions Sociales, page 69.

 

(2) http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/0/7/133/1285/Campagnes-antifr%C3%A8res-Le-boycott,-arme-politique.aspx

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 20:22

 

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« En 2012, ici, à Toulouse, un meurtrier, alimenté par la haine, a massacré trois petits enfants juifs» disait Netanyahou, lors de la cérémonie d’hommage aux victimes de Mohamed Merah, à l’école Ozar Hatorah, le 1er novembre 2012 (1). «Nous vivons un moment exceptionnel parce qu'ici s'est produite une tragédie, elle-même, exceptionnelle» lui répond François hollande (2). Étrange cérémonie! Le même Netanyahou, qui exploite le drame de Toulouse pour gagner les législatives anticipées de janvier 2013, massacre quasiment tous les jours femmes, enfants et vieillards palestiniens. Il est à la tête d'un État qui depuis sa création en 1947 s'est spécialisé dans les expulsions, les meurtres et les massacres des palestiniens comme le montre, une fois encore, la nouvelle offensive sur Gaza qui a fait des dizaines de morts et des centaines de blessés parmi la population civile . Depuis la Nakba (catastrophe), la vie au quotidien de ce peuple est faite de drames, de malheurs et de résistance. Si l'assassinat de «trois petits enfants juifs» à Toulouse est qualifié par François Hollande de tragédie exceptionnelle, comment peut-on alors nommer la réalité palestinienne?

 

 

Le cynisme des deux hommes n'a pas de bornes. Leur calcul politique se fait sur les cadavres des victimes innocentes à Toulouse comme à Gaza. L'un veut gagner les élections législatives anticipées du 22 janvier 2013 et entraîner la France dans un un conflit avec l'Iran, l'autre veut plaire à un lobby sioniste extrêmement puissant et influent. Dans son recueillement à l’école Ozar Hatorah de Toulouse, Netanyahou pensait probablement davantage au 22 janvier qu'aux «trois petits enfants juifs». La cérémonie de commémoration est ainsi transformée en meeting politique.Une fois qu'il a harangué la foule, il s'est mis à chanter «Am Israël Haï» (Le peuple d’Israël est vivant!). Les victimes n'étaient qu'un prétexte. Le mépris des vies humaines est une constante chez les dirigeants israéliens. Toute l'histoire de l’État sioniste n'est qu'une longue, très longue suite de massacres des populations civiles palestiniennes qui constituent pour Israël un obstacle vivant à la réalisation du rêve sioniste du Grand Israël. Contre l'oubli et pour comprendre le nouveau massacre perpétré par l'entité sioniste à Gaza, il est peut-être utile de rappeler les tueries les plus connues et reconnues sans verser, par pudeur, dans une comptabilité macabre des chiffres des victimes.

 

A l'aube du 9 avril 1948, les forces combinées de l'Irgoun et de Lehi-Stern, dirigées par deux futurs premiers ministres Begin et Shamir, ont massacré, selon les sources, entre 250 et 347 villageois palestiniens de Deir-Yassine . Arie Yitzahi, historien pourtant officiel, écrira plus tard en 1972« si nous regroupons les faits, nous réalisons que dans une très large mesure, la bataille [de Deir-Yassine] obéissait au schéma habituel d'occupation des villages arabes en 1948. (…) Au cours de ces opérations, de nombreux vieillards, femmes et enfants étaient abattus dès qu'il y avait une résistance» (3).

Sabra et Chatila sont déjà entrés dans l'histoire et reflètent comme un miroir le visage hideux du sionisme et de tout ce qu'il représente. «La solitude des morts, dans le camp de Chatila était encore plus sensible parce qu'ils avaient des gestes et des poses dont ils ne s'étaient pas occupés. Morts n'importe comment. Morts laissés à l'abandon. Cependant, dans le camp, autour de nous toutes les affections, les tendresses, les amours flottaient, à la recherche des palestiniens qui n'y répondraient plus» écrivait Jean Genet dans «Quatre heures à Chatila».

«Rempart» (Jénine), «Plomb durci», «Pilier de défense» ne sont que des noms qu'Israël donne à des massacres commis à intervalles réguliers. Mais plus important encore que les tueries elles-mêmes, ce sont les répercussions du soutien indéfectible des bourgeoisies occidentales à l’État hébreux. Cette complicité sans faille est un puissant encouragement qui a permis aux dirigeants israéliens de commettre leurs forfaits sans scrupules et sans impunité aucune. De nouveaux carnages viendront s'ajouter aux anciens.


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Dès le début de la nouvelle offensive israélienne sur Gaza, Barack Obama s'est empressé, comme d'habitude, pour apporter le soutien total des États-Unis à Israël. Alors que Gaza était sous les bombes, François Hollande, lui, a préféré, apporter directement son soutien en téléphonant à son ami, l'extrémiste Netanyahou : «je lui ai dit que nous étions conscients de l'exigence pour Israël de sa propre sécurité mais qu'il y avait aussi à éviter justement de tomber dans des provocations qui pourraient dégénérer. Nous continuerons d'utiliser toute notre influence pour éviter une escalade ». Si la position de Barack Obama est directe, brutale et somme toute franche, celle de François Hollande est hypocrite, lâche et cynique. Elle ne dénonce nullement le massacrede la population civile palestinienne. La tuerie devient un acte de légitime défense. Seule compte la sécurité de l'agresseur. Hollande qui est prêt à livrer la guerre en Syrie pour «sauver des vies humaines», se taitlâchement sur les assassinats et les mutilations des hommes, des femmes et des enfants de Gaza !

 

La social-démocratie, et en particulier le Parti Socialiste français, n'a jamais eu le courage de regarder en face le problème israélo-palestinien. La négation de l'existence et des souffrances du peuple palestinien rend les dirigeants de ce parti incapables d'apporter une réelle contribution à l'édification de la paix entre les deux peuples dans cette région tourmentée.

 

De Léon Blum à François Hollande en passant par François Mitterrand, l'alignement des dirigeants «socialistes» sur le sionisme est total. Selon F. Hollande«C’est sans doute au PS que l’on trouve le plus grand nombre d’amis d’Israël et du peuple juif» (5). Manuel Valls va encore plus loin en déclarant lors des primaires socialistes «Je suis lié de manière éternelle à Israël» (6). Mais c'est Pierre Moscovici qui résume relativement bien les convictions de nombreux dirigeants du parti: «Si j’ai adhéré au Parti socialiste, en tant que juif, français et socialiste, c’est aussi en pensant à Léon Blum. Il faut réfléchir et essayer de savoir pourquoi il se serait battu aujourd’hui. Or, cet homme s’est battu pour la République, pour la gauche et le socialisme, ainsi que, sur la fin de sa vie, pour le sionisme, porteur à son sens d’une paix pour le Proche-Orient» (7).En guise de la paix, ce sont les expulsions, les assassinats ciblés, les tueries, les «check points»,le mur, les destructions massives d'hôpitaux, d'écoles, de mosquées, d'infrastructures civiles etc. qui rythment la vie quotidienne des palestiniens. Voilà de quoi est porteur le sionisme! Car sa nature et son projet sont radicalement incompatibles avec la paix. Réaliser le «Grand Israël» suppose la négation totale du peuple palestinien.


 

Hollande n'a jamais brillé par son courage. S'il a fait le fanfaron à l'Onu le 25 septembre 2012 en déclarant «que l’urgence aujourd’hui est l’intervention militaire en Syrie et au Sahel!»(4), alors que le chômage et ses conséquences ravagent la France, il a rapidement courbé l'échine devant les dirigeants israéliens extrémistes qui n'ont aucun respect ni pour la vie humaine ni pour les lois et les conventions internationales. Les résolutions des Nations-Unies sont systématiquement violées par l’État hébreux. Israël est la négation même du Droit international. En France, François Hollande et son parti, multiplient les cadeaux aux patrons et paupérisent les travailleurs et les classes populaires. Un pouvoir qui méprise tant sa propre population ne peut respecter la résistance et le combat des peuples qui souffrent des injustices. Il ne peut être que du côté des puissants, des oppresseurs à l'intérieur comme à l'extérieur.

 

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1) http://jssnews.com/2012/11/02/disc-neta-toul/

 

 

(2) http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2012/intervention-de-m-le-president-de-la-republique.14191.html

 

 

(3) Il s'agit d'un article publié le 14 avril 1972 dans le Yediot Aharonot. Voir L. Soliman «Pour une histoire profane de la Palestine». La Découverte, page 126.

 

(4) http://www.belaali.com/

 

(5) http://www.crif.org/fr/lecrifenaction/fran%C3%A7ois-hollande-re%C3%A7oit-le-crif

 

(6) http://jforum.fr/forum/france/article/francois-hollande-et-israel

 

(7) Ibid.

 

 

 

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1 novembre 2012 4 01 /11 /novembre /2012 13:50

 

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«Nous devons agir. Agir ensemble et agir vite, car il y a urgence. La première des urgences s'appelle la Syrie». L'autre priorité qui préoccupe le guerrier Hollande est le Sahel africain: «La dernière urgence, et c’est peut-être la première qui doit nous mobiliser cette semaine, est le Sahel(...) Oui, il faut que le Mali retrouve l’intégrité de son territoire et que leterrorisme soit écarté de cette zone du Sahel», disait le président belliqueux devant l'Assemblée générale des Nations

Unies le 25 septembre 2012 (1). Alors que le chômage, la précarité et la misère matérielle et morale qui en découlefont ravage en France, François Hollande déclare solennellement à New York que l'urgence aujourd'hui est l'intervention militaire en Syrie et au Sahel ! Guerre économique et sociale à l'intérieur et menaces de guerre à l'extérieur sont deux faces d'une seule et même politique. Ce fétichisme de la guerre va de pair avec le mépris de la social-démocratie pour les intérêts des classes populaires. La fabrication des ennemis à combattre, à l'intérieur comme à l'extérieur, permet aux sociaux-démocrates au pouvoir de mieux servir les intérêts de la classe dominante.

 

 

 

Les guerres extérieures désirées par le président Hollande, ne sont en fait que le prolongement de la guerre économique et sociale livrée sans trêve à l'intérieur par les sociaux-démocrates aux travailleurs et aux salariés en général. Pendant que François Hollande déclarait la guerre à la Syrie et poussait à l'intervention militaire au Mali, les députés, eux, se préparaient dans l'ombre à ratifier cette terrible arme économique que constitue le Traité européen de stabilité, de coordination et de gouvernance (TSCG). La quasi-simultanéité des déclarations guerrières de François Hollande aux Nations Unies et le vote du budget européen montrent que les deux dimensions de cette politique belliqueuse sont intimement liées. Les menaces de guerre proférées par François Hollande n'ont de sens que par rapport à la guerre de classes que la social-démocratie mène contre de larges couches de la population. Cet activisme guerrier à l’extérieur s'accompagne par une croisade à l'intérieur contre les intérêts des classes populaires. Son agressivité à l'égard des autres peuples n'est que l'expression de la violence économique qu'elle exerce à l'intérieur sur les travailleurs. Car la social-démocratie reste un rouage essentiel de l'exploitation capitaliste et un instrument redoutable de l'impérialisme. Elle est, à l'intérieur comme à l'extérieur, au service des classes dominantes.

 

Avec ces menaces guerrières à l'extérieur, les sociaux-démocrates tentent d'avoir la paix intérieure pour mieux mener à bien leur politique de misère contre les classes populaires. La fabrication des ennemis extérieurs leur permet de détourner la lutte des travailleurs contre les véritables responsables de la situation économique désastreuse pour la diriger et la concentrer sur des ennemis inventés de toutes pièces. Pour la social-démocratie au pouvoir, l'ennemi n'est pas le chômage, la précarité et la misère matérielle et morale qui rongent au quotidien la vie de millions d'hommes et de femmes en France, mais les «terroristes» qui occupent le Nord-Mali et le régime syrien. D'un côté, de véritables problèmes que l'on peut mesurer et quantifier, de l'autre, des ennemis créés et présentés comme dangereux et hostiles à l'intérêt de la nation, de la démocratie, des droits de l'homme etc. Alors que la France n'a pas véritablement d'ennemis, la bourgeoisie française et la social-démocratie qui sert ses intérêts inventent en permanence des ennemis à combattre. Derrière cette construction de l'ennemi, qui change selon les circonstances et le rapport de force, se cache la volonté du pouvoir de soumettre et de rassembler autour de sa politique ceux-là mêmes qui en sont les victimes, les classes populaires. Servir les oppresseurs nécessite le consentement et la soumission des opprimés.

 

Mais comme l'ennemi extérieur ne suffit pas, le gouvernement Hollande, comme celui de Nicolas Sarkozy avant lui, invente des ennemis intérieurs. «Je veux ainsi affirmer la détermination du gouvernement à lutter contre le terrorisme, de le faire tant à l’intérieur de notre pays qu’à l’extérieur de nos frontières» déclarait Jean-Marc Ayrault premier ministre (2). Car «La France doit être rassemblée, elle doit être rassemblée pour venir à bout de tous ceux qui croient pouvoir, par la violence, remettre en cause l’unité de la Nation» (3). Le mot «rassemblée»est utilisé deux fois dans la même phrase! Rassembler la France autour de la politique d'austérité qui ravage la vie d'une partie de la population de plus en plus grande reste l'objectif à atteindre. Pour les sociaux-démocrates, ce qui est bon pour les puissants doit l'être également pour toute la population. Les intérêts des uns ne peuvent que coïncider avec les intérêts des autres. Les conflits de classes n'existent pas !

Les politiques d'austérité imposées par la bourgeoisie et appliquées avec un zèle singulier par le gouvernement en place, qui détruisent progressivement les droits et les acquis sociaux arrachés de haute lutte par la classe laborieuse au prix d'énormes sacrifices, sont bonnes pour l'ensemble de la population. Il y a longtemps que les sociaux-démocrates ont abandonné le marxisme et la lutte des classes. Ils sont par contre subjugués par le capitalisme, et les guerres impérialistes. La trahison des intérêts des travailleurs et la collaboration de classes sont une constante dans l'histoire de la social-démocratie (4).

Il faut donc, vaille que vaille, rassembler toute la nation autour du gouvernement et de sa politique.

C'est dans ce cadre qu'il faut situer cette «mobilisation la plus totale de l’État pour lutter contre toutes les menaces terroristes» comme le déclarait François Hollande lui-même (5). Car pour rassembler une population de plus en plus traumatisée par les effets des plans d'austérité à répétition, il faut lui trouver un ennemi ou des ennemis intérieurs qui puissent l'occuper et la détourner de ses véritables préoccupations. La théâtralisation et la médiatisation à outrance des opérations policières de «lutte contre le terrorisme» montrent que le pouvoir tente de convaincre la population que l'urgence du moment est la guerre contre «le terrorisme» (bien entendu «islamiste»). Les interventions, interpellations et autres perquisitions se font le plus souvent sous les projecteurs des caméras et les flashs des photographes. Les membres du gouvernement, du ministre de l'intérieur jusqu'au président de la République, prennent la relève et commentent à chaud les tenants et aboutissants du dossier et assurent la population de leur détermination totale à combattre «le terrorisme».

 

Par contre le gouvernement est beaucoup plus discret sur les opérations de licenciements massifs opérés par les patrons des grandes et petites entreprises un peu partout en France et dans tous les secteurs de l'activité économique. Le sort des victimes de ce «terrorisme économique» n'intéresse pas vraiment les sociaux-démocrates au pouvoir. La « mobilisation la plus totale de l’État» est réservée à la lutte contre «le terrorisme» à l'intérieur comme à l'extérieur mais en aucun cas contre le chômage et la misère. Pire, la politique d'austérité menée avec beaucoup de cynisme par François Hollande et son gouvernement produit chaque jour qui passe de nouvelles victimes qui iront grossir les rangs des millions d'autres chômeurs. Les sociaux-démocrates sont ainsi très éloignés des préoccupations et des souffrances des classes populaires dont ils prétendent pourtant servir les intérêts.

 

 

Leur mépris des masses et leur vénération des puissants ont fait des sociaux-démocrates un instrument redoutable du capital. Par leur opportunisme et leur trahison des intérêts des travailleurs et de l'ensemble des classes populaires, les sociaux-démocrates perpétuent les injustices et les privilèges de ceux qui ont déjà tous les pouvoirs. Leur engagement total aux côtés de la classe dominante dans son offensive contre toutes les avancées sociales montre qu'ils sont résolument pour l'ordre établi avec toutes ses tares et tous ses dangers pour l'homme et la nature. Conservateurs, ils constituent un véritable obstacle à la transformation radicale de la société et au dépassement du capitalisme.

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2012/discours-du-president-de-la-republique-a.13974.html

 

(2) http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/interventions/10_09_declaration_de_jean-marc_ayrault_premier_ministre_a_lissue_de_lentretien_avec_christiane_taubira_et_manuel_valls.pdf

 

(3) ibid.

 

(4) Voir sur ce sujet « Social-démocratie et collaboration de classes»: http://www.belaali.com/article-social-democratie-et-collaboration-de-classes-50152165.html

 

(5) http://www.elysee.fr/president/les-actualites/toutes-les-actualites/declaration-a-la-presse-de-m-le-president-de-la.14030.html

 

 

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