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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 09:45
Charlie Hebdo et la liberté  bourgeoise d'expression

« Les idées dominantes d'une époque

n'ont jamais été que les idées de la classe dominante»

Karl Marx

«Je continue de prendre pour modèle de référence

le «Charlie» originel : le grand Charlie Chaplin qui ne s’est jamais moqué des pauvres»

Schlomo Sand

Rarement un concept n'a été aussi glorifié et exalté que la liberté d'expression. Président de la République, Gouvernement, Parlement et médias, dans une étrange communion, l'ont célébrée avec enthousiasme et exubérance. Et pendant que la classe dirigeante prétend défendre cette précieuse liberté, ses institutions répressives traquent, interpellent, jugent, condamnent et parfois emprisonnent tous ceux et toutes celles qui expriment une pensée différente ou tout simplement profèrent des mots vite interprétés comme faisant «l'apologie du terrorisme». Un climat détestable règne aujourd'hui en France. Une forme de terrorisme intellectuel et de fascisation des esprits s'installe insidieusement au nom de la liberté d'expression.

La classe dominante, sans vraiment le vouloir, présente sa liberté d'expression comme étant celle de toutes les autres classes sociales. Lorsqu'elle évoque la liberté d'expression, c'est à sa liberté qu'elle pense. Car elle est justement l'expression de ses propres intérêts. Ce qui est permis aux uns est interdit aux autres. Autrement comment peut-on expliquer cet acharnement à vouloir taire et étouffer tout ce qui se dresse, d'une manière ou d'une autre, contre la pensée dominante (voir le sort réservé aux syndicalistes, intellectuels contestataires, journalistes, humoristes, lanceurs d'alerte etc. etc. ). Les grands médias, qui ont une influence considérable sur l'opinion publique, sont concentrés entre les mains de puissants groupes industriels et financiers qui utilisent la liberté d'expression uniquement pour servir leurs intérêts économiques et idéologiques. La liberté d'expression reste un privilège de classe.

Est libre toute expression qui sert directement ou indirectement les intérêts dominants. Est suspecte, voire parfois criminelle, toute pensée différente. Même les enfants et les adolescents n'échappent pas à cette logique de suspicion et de répression (1). Leur parole spontanée heurte la vérité officielle. Il faut la condamner. Cette répression constitue par elle-même une éclatante négation de cette fameuse liberté bourgeoise d'expression.

Les idées autres que celles du pouvoir deviennent insupportables. Seule la liberté d'expression de la classe dominante doit régner: «L’école est en première ligne aussi pour répondre à une autre question car même là où il n’y a pas eu d’incidents il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves, et nous avons tous entendu les “oui je soutiens Charlie, mais…”, Les deux poids deux mesures. Pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ? Ces questions nous sont insupportables» déclarait une éminente représentante du Gouvernement (2). Donc plus de questionnements, plus d'interrogations, plus d'esprit critique, plus rien. Place au gavage et au dressage.

Beaucoup de professeurs travaillent aujourd'hui dans des conditions difficiles sous l’œil vigilant des parents d'élèves, de l'administration, de la police et des procureurs. Aucun professeur n'est à l'abri d'accusation, de dénonciation et autre délation.

Les citoyens ne doivent plus s'interroger sur le drame de Charlie Hebdo. Plus de questions sur les racines du terrorisme, sur le rôle des États-Unis, de la France, de l'Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie dans la création de ces groupes armés qui sèment aujourd'hui la terreur un peu partout à travers la planète . Ils doivent seulement répéter ce que le pouvoir pense à leur place. C'est la seule liberté d'expression qu'on leur laisse.

Plus de questions non plus sur la société française qui produit et produira probablement encore des monstres. Car le questionnement, les interrogations et la recherche des causes complexes internes et externes du terrorisme peuvent mettre en exergue les liens étroits qui existent entre les bourgeoisies occidentales et le terrorisme. Les terroristes ne tombent pas du ciel comme la pluie. Ils sont le produit de leur société et de leurs conditions matérielles d'existence (3).

Pour la classe dirigeante, ces questions sont tout simplement «insupportables». La bourgeoisie est donc incapable de supporter une véritable liberté d'expression. Elle adopte en permanence de nouvelles lois, de plus en plus répressives, pour protéger sa propre liberté d'expression et partant ses propres intérêts. Elle s'attaque directement non seulement aux actes, mais également aux opinions (nouvel article 421- 2-5 du code pénal). Ainsi l'emploi du terme « apologie » dans la loi du 13 novembre 2014 renvoie à un discours, un écrit ou une opinion qui fait l'éloge ou qui glorifie le terrorisme. La loi confond ici opinion, aussi choquante soit-elle, et acte. Un écrit justifiant le terrorisme est assimilable à un acte terroriste. Il s'agit donc d'une pénalisation du délit d'opinion, une restriction à la liberté d'expression comme l'envisage la Cour européenne des droits de l'homme (4).

Mais au-delà de l'aspect judiciaire, c'est la dimension politique et idéologique qui intéresse la bourgeoisie. Il s'agit à travers la lutte contre le terrorisme de créer un climat, un sentiment d'union nationale permettant et facilitant non seulement de nouvelles attaques contre les libertés individuelles dont la liberté d'expression mais également l'application de politiques d'austérité qui ravagent aujourd'hui la France. Cet état d'esprit, basé sur l'exploitation de l'émotion, de la colère et de l'indignation suscitées par le drame de Charlie Hebdo, doit se prolonger le plus longtemps possible tellement il sert les intérêts de la classe dirigeante. « L’esprit du mois de janvier 2015, c’est l’unité de la République(...) Cet esprit-là, je dois le prolonger » disait le chef de l’État (5).

La liberté d'expression est une arme idéologique redoutable entre les mains de la bourgeoisie qui lui permet de mieux combattre celle des autres. Elle l'utilise pour marginaliser et réduire ses adversaires au silence tout en se présentant, paradoxalement, comme la grande protectrice de cette précieuse liberté. En définitive, la liberté d'expression est le reflet de cette lutte des classes qui déchire la société capitaliste.

Miguel Antonio

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(1) http://www.franceinfo.fr/emission/france-info-numerique/2014-2015/apologie-du-terrorisme-un-enfant-de-8-ans-convoque-par-la-police-28-01-2015-22-10

Voir également

http://www.laprovence.com/article/edition-arles/3246613/chateaurenard-ils-navaient-pas-respecte-laffiche-je-suis-charlie.html

(2) http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2015/01/14/najat-vallaud-belkacem-je-mobilise-la-communaute-educative-pour-repondre-par-des-actes-forts/

(3) Même si le profil type du terroriste ou du djihadiste n'existe pas, il n'en demeure pas moins que les raisons profondes des terroristes français sont à chercher dans les conditions mêmes qui les ont vus naître et grandir. Il ne s'agit pas ici de justifier les horreurs et les crimes commis par ces terroristes et les souffrances qu'ils ont infligé aux familles des victimes, mais seulement d'évoquer très rapidement les situations économiques et sociales que subissent une partie des jeunes des classes populaires.

Quelle a été par exemple l'enfance des frères Kouachi ? Misérable ! Absence du père et une mère qui se prostituait pour pouvoir élever ses enfants. Abandonnée à son triste sort, elle a mis un terme à sa vie. Il ne s'agit là que d'un exemple parmi tant d'autres tellement la situation faite aux enfants des travailleurs immigrés par la classe dominante est insupportable. Parqués dans des ghettos entourant les grandes métropoles industrielles, ils subissent plus que les autres catégories de la population toute sorte de violence, d'humiliation, de rejet et de mépris. Leur religion est caricaturée au sens propre et figuré par une partie des médias et par des intellectuels au service de l'ordre établi. La laïcité est souvent utilisée comme une arme contre l'Islam et les musulmans de France. Le monde politique et médiatique leur est hermétiquement fermé. La liste des jeunes, morts dans les commissariats ou lors des interpellations est, hélas, trop longue. Échec scolaire, discriminations massives à l'embauche et au logement, insultes des hommes politiques (sauvageons, voyous, racaille, Kärcher, Casseurs... ), contrôles au faciès ont convaincu ces damnés de la terre qu'ils ne font pas partie de la communauté nationale. http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf voir également : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/114000053/0000.pdf

Rejetés, frustrés et désespérés, une petite minorité de ces jeunes tombent facilement dans les griffes des recruteurs professionnels qui les arrachent littéralement à leur milieu et à leur famille. Contre les humiliations accumulées, le djihad est vécu comme une revanche violente contre une République qui les a vus naître sur son sol, mais qui les a rejetés.

La propagande intense développée par les bourgeoisies occidentales contre le régime de Bachar a largement contribué au départ de ces jeunes pour la Syrie avec la complicité de la Turquie. Le soutien indéfectible des gouvernements occidentaux à l’État d’Israël et la destruction de l'Afghanistan, de l'Irak, de la Libye et aujourd'hui de la Syrie avec l'aide des groupes terroristes qu'ils ont créés sont vus par ces jeunes non pas comme des calculs et des manœuvres de l'impérialisme pour servir ses intérêts économiques et stratégiques, mais comme une guerre de l'occident contre l'Islam et les musulmans.

(4) http://www.vigo-avocats.com/media/article/s6/id566/cff8e3f8340f9c9dc69208fa42eae912.pdf

(5) http://www.elysee.fr/conferences-de-presse/article/5e-conference-de-presse-du-president-francois-hollande-2/

Charlie Hebdo et la liberté  bourgeoise d'expression

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 17:52
Charlie Hebdo, manipulation politique et hystérie collective

Le sept, le huit et le neuf janvier 2015 dix-sept personnes sont tombées sous les balles des fanatiques religieux. Journalistes, dessinateurs, policiers, agent de nettoyage et de simples citoyens ont été froidement et lâchement assassinés par trois hommes se réclamant du groupe terroriste Al Qaeda. Ce massacre doit être dénoncé avec force et sincérité. Le crime ne doit laisser aucun homme, aucune femme indifférent et insensible à la douleur des familles.

Alors que le sang des victimes n'a pas encore séché, une étrange atmosphère s'est abattue sur la France. Rarement récupération politique, hypocrisie et cynisme ont atteint une telle intensité. Dans les médias, l'hystérie est à son paroxysme.

Au nom de «l'unité nationale» et au nom de «la liberté d'expression», on étouffe toute velléité et toute possibilité d'exprimer librement une pensée différente. Toute voix discordante est suspectée, marginalisée et subtilement réprimée. On doit tous, sans exception, être Charlie. La raison doit entrer en sommeil. Elle se réveillera peut-être plus tard. Pour l'instant seule compte la soumission totale à l'union sacrée contre le terrorisme. Une forme lente de fascisation des esprits s'installe insidieusement.

Les hérétiques n'ont pas leur place dans ce beau concert d'unanimité. Leurs pensées en elles- mêmes constituent une offense, un affront et une insulte au discours dominant.

Qui a créé le terrorisme et les terroristes ? Qui les arme, les finance, les entraîne ? Quel est le rôle des États-Unis, de l'Arabie Saoudite, du Qatar, de la Turquie et des gouvernements européens notamment français ? Qui incitait les jeunes à partir en Syrie mener la guerre sainte contre le régime de Bachar ? Qui a créé de toute pièce les rebelles syriens, libyens et les moudjahidins de la liberté ? Beaucoup d'interrogations qui sont aujourd'hui occultées et maintenues dans l'ombre. La foule doit rester dans l'ignorance. Et comme disait Orwell dans 1984 «L'ignorance c'est la force» !

L'unité doit être complète, parfaite, totale. Les hommes, les femmes, les enfants, les jeunes et les moins jeunes doivent marcher ensemble derrière le chef de l’État. Car «nous devons être nous-mêmes conscients que notre meilleure arme, c’est notre unité, l’unité de tous nos concitoyens face à cette épreuve. Rien ne peut nous diviser, rien ne doit nous opposer, rien ne doit nous séparer» (1).

Le président de la République demande, sans exception aucune, à tous les citoyens, partis politiques, syndicats, associations etc. de descendre dans la rue pour marcher main dans la main derrière Hollande, Sarkozy, Merkel, Rajoy, Cameron, les représentants de L'union et de la Commission européenne, du secrétaire général de l'OTAN (bras armé de l'impérialisme), Netanyahou, Avigdor Lieberman (deux criminels de guerre) et bien d'autres dirigeants responsables directement ou indirectement de l'existence même du terrorisme qui a tué, à Paris, froidement et lâchement dix-sept personnes innocentes et continue à semer la mort à travers toute la planète. «Les mauvaises graines qu’ils (les dirigeants) ont semées à travers la planète ont produit une moisson abondante de groupes dont la cruauté et la barbarie s’inspirent directement de celles de leurs maîtres. L’Arabie Saoudite, modèle de démocratie et du respect des droits de l’homme et surtout de la femme, décapite au sabre et en public chaque année des dizaines d’hommes. Or l’Arabie reste le soutien financier et idéoligique (le wahhabisme) le plus décisif des nombreuses organisations djihadistes réactionnaires » (2).

L'Islam, les musulmans, les enfants des travailleurs immigrés sont montrés du doigt et présentés par une partie de la population et par les médias comme responsables de la tuerie. Des mosquées ont été taguées, des vitrines kebab soufflées par des explosions, des voitures appartenant à des familles musulmanes criblées de balles, des personnes agressées physiquement un peu partout en France et en Corse. Le racisme et la haine sont ainsi attisés par les médias, les hommes politiques, certains romanciers et les forces d'extrême droite qui exploitent jusqu’à la moelle le massacre de Charlie Hebdo. L'attentat et la gigantesque manipulation politique et médiatique qui l'ont suivi n'ont fait qu'exacerber un racisme latent, plus ou mois refoulé.

L'amalgame entre Islam et terrorisme, l'islamophobie, le racisme ambiant sont des armes efficaces utilisées par la classe dominante, à travers le pouvoir politique et médiatique, pour mieux occulter sa responsabilité dans la situation économique et sociale désastreuse que connaît la France aujourd'hui. La désignation d'un bouc émissaire permet aussi de détourner les masses populaires des vrais problèmes qui les rongent au quotidien. Dans ce sens, l'attentat contre Charlie Hebdo constitue une véritable aubaine pour le gouvernement qui poursuivra, sans risque aucun, sa politique d'austérité entièrement au service du patronat. Les terroristes, sans le vouloir, lui rendent donc un immense service .

Malheureusement Charlie Hebdo , même si cela relève de son droit et de sa liberté, a beaucoup contribué au développement de cette ambiance détestable de stigmatisation et de mépris des musulmans de France.

Depuis le 11 septembre 2001 sous la houlette de Philippe Val et Caroline Fourest notamment, Charlie Hebdo n'a cessé de déverser sa haine contre les musulmans. Il a fait de l'islamophobie l'axe central de sa ligne éditoriale. Au fil du temps, Charlie Hebdo a perdu sa fibre contestataire pour devenir un simple canard islamophobe au service de l'ordre établi.

Mohamed Belaali

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  1. http://www.elysee.fr/chronologie/#e8251,2015-01-07,allocution-du-president-de-la-republique-a-la-suite-de-l-attentat-au-siege-de-charlie-hebdo

(2) http://www.belaali.com/2014/11/le-terrorisme-produit-authentique-de-l-imperialisme.html

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 13:23
Le terrorisme, produit authentique de l'impérialisme

Taliban, Al Qaeda, Aqmi, Boko Haram, Rebelles libyens, Rebelles syriens, Daech, Al Nosra, Khorassane, ne sont que des noms, parmi tant d'autres, pour désigner des organisations et des mouvements créés, financés, entraînés et armés directement et indirectement par l'impérialisme américain et son caniche européen dans le seul et unique but de servir leurs intérêts économiques et stratégiques. En condamnant toutes les voies et toutes les issues progressistes, l'impérialisme a ouvert la boîte de Pandore libérant des monstres qui essaiment un peu partout et qui lui servent de prétexte pour d'éventuelles interventions dans les pays qui lui sont réfractaires. L'impérialisme est le père de tous les terrorismes.

La violence des groupes «terroristes» aussi barbare soit-elle, est peu de chose par rapport à la terreur que l'impérialisme exerce sur les peuples qui refusent de se soumettre à sa domination. Un pays comme l'Irak est aujourd'hui dans un état de décomposition avancé. L’intégrité du pays et son unité ne sont désormais qu'un lointain souvenir. Les guerres impérialistes dans ce pays ont laissé derrière elles des centaines de milliers de morts. C'est Madeleine Albrith qui justifiait froidement en 1996 la mort de 500 000 enfants irakiens. Le nombre de blessés et de refugiés se chiffre par million. La population est réduite à vivre dans des conditions infra-humaines. Ce que subit aujourd’hui le peuple irakien donne la mesure de la barbarie et de la cruauté dont l'impérialisme est capable (1). Toute l'histoire de l'impérialisme américain n'est qu'une suite de crimes, de guerres et de massacres perpétrés à travers toute la planète. Contre la culture de l'amnésie propagée par les médias bourgeois, citons quelques faits marquants du XXème et du XXI ème siècle: Hiroshima et Nakasaki, Corée (nord et sud), Indonésie, Viêt-nam, Afghanistan,Yougoslavie, Irak, Libye et Syrie. L'impérialisme américain a soutenu les régimes les plus rétrogrades, les dictateurs les plus féroces comme Suharto l'indonésien, Marcos le philippin, Pinochet le chilien, Videla l'argentin, Uribi le colombien, Ben Ali le tunisien, Moubarak l'égyptien etc.etc.

L'empire américain a dressé des fanatiques religieux contre Nasser en Egypte, contre Sukarno en Indonésie, contre Bhutto au Pakistan, contre Najibullah en Afghanistan. Le but est de contrer et d'étouffer toute pensée et tout mouvement communiste ou même nationaliste. Au Pakistan par exemple, le général dictateur Zia a renversé le gouvernement démocratiquement élu d'Ali Bhutto grâce au soutien décisif de Washington. Pour asseoir son pouvoir et mater toute opposition laïque, le dictateur instrumentalise l'Islam. «Les hommes de Zia étaient obtus, insensibles et cruels. Le nouveau régime avait décidé d'utiliser l'Islam comme machine de guerre ; ses partisans barbus, souvent incroyablement stupides, étaient opportunistes jusqu'à la moelle. Ils mêlaient la religion aux profanations les plus viles» écrivait Tariq Ali dans «Le choc des intégrismes» (2). Des Madrassas (écoles coraniques) fleurissaient alors un peu partout au Pakistan. En plus de la formation religieuse, on apprenait à ces talibans (étudiants) le maniement des armes et les techniques de la guérilla. Il s'agit en fait de centres d'endoctrinement gérés et contrôlés par les fameux services secrets pakistanais ISI (Inter-Services Intelligence). De ces écoles religieuses naquirent des dizaines de milliers de fanatiques prêts à tous les sacrifices. L'impérialisme avait besoin de Zia et de ses talibans pour renverser d'abord le gouvernement pro-soviétique, installé à Kaboul, et surtout livrer la guerre aux troupes Soviétiques présentes sur le sol Afghan ensuite. Les talibans sont ainsi devenus, par la grâce des dollars américains et des pétrodollars saoudiens les « moudjahidins de la liberté» qui allaient mener le djihad (la guerre sainte) contre les « communistes » afghans et leur protecteur soviètique. Dans son interview accordée au Nouvel Observateur, le chef de la sécurité nationale de Jimmy Carter, Zbigniew Brzezinski déclarait ceci :

- Nouvel Observateur: «Vous ne regrettez pas non plus d'avoir favorisé l'intégrisme islamiste, d'avoir donné des armes, des conseils à des futurs terroristes?»

- Zbigniew Brzezinski : «Qu’est-ce qui est le plus important au regard de l’histoire du monde ? Les talibans ou la chute de l’empire soviétique? Quelques excités islamistes ou la libération de l’Europe centrale et la fin de la guerre froide?» (3).

Rappelons que pendant la guerre contre l'Union soviétique, le dictateur Zia et ses services de renseignement ont demandé à l'Arabie Saoudite de dépêcher un membre de la famille royale pour superviser la «guerre sainte». Faute de pouvoir trouver un émir, c'est un certain Oussama Ben Laden qui fut envoyé !!

Le chaos que connaît actuellement la Libye est la conséquence directe de l'intervention militaire américaine et européenne dans ce pays (4). Les nombreuses milices islamistes qui font régner aujourd'hui la terreur dans ce pays martyr, avaient non seulement servi de troupes terrestres aux bombardements de l'OTAN , bras armé de l'impérialisme, mais également de justification et de légitimation de l'intervention impérialiste pour renverser le régime de Kadhafi. La propagande des médias américains et européens présentaient ces djihadistes comme des «rebelles» et des «révolutionnaires» prêts à se sacrifier pour la liberté et la démocratie. Il fallait donc les entraîner, les armer et les financer. Et c'est grâce à L'OTAN que ces milices sont entrées triomphalement à Tripoli. Abdelhakim Belhaj, «l'émir» du Groupe islamique combattant (GIC) lié à Al Qaeda, remerciait d'ailleurs publiquement les dirigeants américains et européens de lui avoir offert ce triomphe (5). Rappelons que les chefs de ce groupe sont tous formés par la CIA en Afghanistan pour combattre l'armée soviétique. Derna, ville libyenne sur la méditerranée, est aujourd'hui dirigée par ce que l'on appelle communément l'Etat Islamique (EI). Le contrôle de cette ville par EI est rendu possible grâce à la collaboration d'une autre milice, Ansar Al Charia, farouche opposante au régime disparu de Kadhafi.

La destruction de l’État libyen par l'OTAN et ses alliés islamistes a permis par ailleurs le pillage des arsenaux militaires par des groupes djihadistes opérant en Tunisie, en Égypte et surtout au nord Mali. La France qui est intervenue dans ce dernier pays pour mener «la guerre au terrorisme», a participé activement au renversement du régime libyen en soutenant les milices islamistes ! Les mêmes groupes armés sont traités tantôt de «terroristes», tantôt de «rebelles» en fonction des seuls intérêts de la bourgeoisie.

La Turquie, dirigée aujourd'hui par un gouvernement islamiste et conservateur, affiche ostensiblement sa volonté de renverser le régime laïc baassiste syrien. Il faut préciser que la Turquie est membre à part entière de l'OTAN et alliée de poids de l'impérialisme américain dans la région. Son soutien aux «rebelles syriens» est total. Les frontières turques sont largement ouvertes aux « rebelles » et aux mercenaires du monde entier pour mener la «guerre sainte» au régime syrien. La Turquie sert de base arrière aux islamistes de tout bord pour se soigner, se reposer et surtout pour s'entraîner. Mais cette volonté de la Turquie de renverser le régime baassiste par tous les moyens n'est rendue possible que grâce à la complicité de l'impérialisme américain et européen.

Vouloir installer par la violence des gouvernements à leur solde, l'impérialisme et ses alliés locaux n'ont pas hésité à soutenir des mouvements politiques dont l'Islam n'est qu'un voile derrière lequel se cachent les intérêts des uns et des autres. Les mauvaises graines qu'ils ont semées à travers la planète ont produit une moisson abondante de groupes dont la cruauté et la barbarie s'inspirent directement de celles de leurs maîtres. L'Arabie Saoudite, modèle de démocratie et du respect des droits de l'homme et surtout de la femme, décapite au sabre et en public chaque année des dizaines d'hommes. Or l'Arabie reste le soutien financier et idéoligique (le wahhabisme) le plus décisif des nombreuses organisations djihadistes réactionnaires qui opèrent notamment en Irak et en Syrie. Mais l'Arabie Saoudite est également pour l'impérialisme américain, en plus de ses richesses pétrolières, le rempart le plus solide contre toute idée et tout régime démocratique, progressite et laïc : «Les richesses pétrolières enfouies sous le sable de l'Arabie, le rôle de défenseur des intérêts impériaux de l'impérialisme américain font de cet État féodal un «ami» de toutes les bourgeoisies occidentales et l'ennemi de tous les travailleurs» (6). Le terrorisme est à l'image de l'impérialisme.

Mohamed Belaali

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(1) http://www.belaali.com/article-les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-irak-48981793.html

(2) Tarik Ali «Le choc des intégrismes »,Textuel,2002, page 215

(3) Le Nouvel Observateur du 15-21 janvier 1998

(4) http://www.belaali.com/article-la-libye-apres-l-intervention-imperialiste-108002868.html

(5) http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/libye-abdelhakim-belhaj-l-islamiste-qui-remercie-les-occidentaux_1027938.html

Voir également son portrait dressé par le journal Libération

http://www.liberation.fr/monde/2011/08/26/abdelhakim-belhaj-le-retour-d-al-qaeda_757094

(6) http://www.belaali.com/article-arabie-saoudite-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-sur-les-revoltes-populaires-109557989.html

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 16:04
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 18:06

 

Trafic d'influence, abus de faiblesse, favoritisme, escroquerie en bande organisée, corruption, enrichissement personnel, conflit d'intérêt, népotisme, malversation, fraudes en tout genre, achat de voix, etc. etc. Cette richesse dans le vocabulaire contraste violemment avec la misère morale et politique des dirigeants d'une République qualifiée pourtant « d'irréprochable » par les uns et « d'exemplaire » par les autres.

 

 

Le nombre d'hommes et de femmes politiques impliqués, à un degré ou à un autre, dans les affaires est impressionnant. Il est tout simplement impossible d'établir une quelconque liste exhaustive des scandales politico-financiers qui secouent régulièrement la tête de l'Etat. Sans remonter jusqu'aux diamants centrafricains de Giscard, on peut citer à titre d'exemples quelques noms de dirigeants politiques empêtrés dans des affaires récentes : André Santini, Christine Boutin , Christian Blanc, Christian Estrosi, Alain Joyandet, Alain Juppé, Eric Woerth, Jérôme Cahuzac, Patrick Balkany, Claude Guéant, Serge Dassault, Jean-Michel Baylet, Jean-Noël Guérini, Jean-François Copé, Edouard Balladur, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy etc. etc.

 

Etrange démocratie où l'ex-président de la république, Nicolas Sarkozy, concentre à lui seul une demi douzaine d'affaires entre ses mains : l'affaire Tapie, l'affaire Karachi, l'affaire Bettencourt, l'affaire libyenne, l'affaire des sondages et l'affaire des écoutes téléphoniques. Malgré tous ces scandales, Sarkozy reste insaisissable par la justice. Et même ceux qui ont été condamnés, poursuivis ou inquiétés par la justice, se font régulièrement élire ! Alain Juppé reste un exemple éloquent. Mais Juppé n'est que l'arbre qui cache la forêt. Patrick Balkany, Jean-François Copé, Jean-Pierre Bechter, Maryse Joissains , Brigitte Barèges, André Santini, Gaston Flosse, Jacques Mellick, Pierre Bedier etc. ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres. Les institutions de la République, leur fonctionnement non seulement sont complices de ces agissements, mais permettent et favorisent la multiplication des opportunités de corruption et des scandales en tout genre. Que signifie dans ces conditions État de droit, démocratie, égalité, transparence, intérêt général etc. ?

 

Quel contraste entre les valeurs proclamées par la République et les pratiques réelles de ses dirigeants ! La corruption est au cœur même de la démocratie bourgeoise. Le cas Cahuzac est exemplaire à cet égard. C'est lui qui déclarait à l'Assemblée nationale et même « les yeux dans les yeux » devant le président de la République, «Je n'ai pas, et je n'ai jamais eu un compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant» avant de reconnaître posséder un compte bancaire en Suisse et frauder le fisc quelques mois plus tard !

 

Aquilino Morelle, ce puissant conseiller de François Hollande et ami de Jospin, de Valls, de Montebourg et de bien d'autres hommes politiques se comportait selon le site Mediapart «comme un petit marquis au Palais de l’Elysée où il abuse des privilèges de la République». A. Morelle se faisait par exemple« cirer ses 30 paires de souliers de luxe faites sur-mesure dans un salon de l’hôtel Marigny ». Il utilisait les deux chauffeurs officiels et les secrétaires pour ses affaires personnelles et familiales. En bourgeois qui se respecte, non seulement il utilisait et méprisait le « petit personnel de l'Elysée », mais il « le terrorisait » selon Mediapart.

Aquilino Morelle, « farouche adversaire » de l'industrie pharmaceutique, travaillait, toujours selon le même site, «en cachette pour des laboratoires pharmaceutiques, y compris à une époque où il était censé les contrôler».

 

Jérôme Cahuzac, Aquilino Morelle, voilà les hommes avec lesquels le chef de l'Etat travaillait en étroite collaboration pour mener à bien une politique de classe dans le cadre de sa « République exemplaire » ! Cette politique n'est que le prolongement de celle imposée par Nicolas Sarkozy dans sa « République irréprochable ».

 

Que peuvent attendre encore les masses populaires de cette République corrompue dont les dirigeants possèdent de larges pouvoirs discrétionnaires qui leur procurent des privilèges matériels et symboliques pour leur propre compte ou pour celui de leur organisation politique ? Ces « bénéfices » sont en quelque sorte une récompense octroyée par la bourgeoisie à ses serviteurs zélés et dévoués.

 

Ce zèle et ce dévouement se traduisent concrètement par une politique de paupérisation systématique des classes populaires et par l'enrichissement d'une minorité de puissants. Le chômage et la précarité explosent comme les inégalités économiques et sociales. Et la destruction de l'économie de tout un pays se poursuit inlassablement. Même les retraités les plus pauvres qui survivent avec des pensions de misère doivent contribuer à cet effort gigantesque d'enrichir encore et encore industriels, banquiers et autres spéculateurs. Hollande, Valls, Montebourg et tout le Gouvernement au lieu de nationaliser les grandes entreprises (Safran, ArcelorMittal, Alstom etc. ) qui emploient des dizaines de milliers de travailleurs et préserver ainsi l'emploi, préfèrent les brader aux actionnaires dont le seul et unique objectif est de faire le maximum de profit avec le minimum de salariés possible. Et c'est Hollande lui-même qui disait « l’État n'a pas à se substituer à l'initiative privée, car ce sont les industriels qui connaissent les marchés, les clients, les technologies. Il lui revient de définir un cadre, d'accompagner et de stimuler » (1). Il aurait pu tout aussi bien dire que le gouvernement « n'est qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise toute entière » (2) confirmant ainsi, sans le vouloir, ce que Marx et Engels avaient écrit il y a longtemps !

 

 

On peut adopter les lois que l’on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l’une dans l’autre que l’on ne peut supprimer l’une sans éliminer l’autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n’est donc pas l’existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd’hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe. Le véritable scandale, c’est le capitalisme lui-même.

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.gouvernement.fr/gouvernement/34-plans-de-reconquete-pour-dessiner-la-france-industrielle-de-demain

(2) K. Marx et F. Engels dans le « Manifeste du parti communiste ». Editions en langues étrangères, Pekin, page 35.

Qu'elle est jolie la république bourgeoise ! (acte 3)

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21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 17:35

 

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Président de la République, Gouvernement, préfets, maires des grandes et petites communes, journalistes, bref tout l'appareil étatique et médiatique de la bourgeoisie est mobilisé pour « lutter contre le racisme et l'antisémitisme ». Le ministre de l'intérieur Manuel Valls va jusqu'à adresser aux préfets une circulaire qui commence ainsi «  La lutte contre le racisme et l'antisémitisme est une préoccupation essentielle du Gouvernement et exige une action énergique » (1) . La France est ainsi invitée à mener ce grand combat élevé au rang des causes et des priorités nationales. Valls, qui rêve de devenir Président de la République, instrumentalise ainsi « la lutte contre le racisme et l'antisémitisme » pour plaire à la bourgeoisie et pour mieux détourner les travailleurs et les masses populaires des vrais problèmes qui les rongent au quotidien . L'agitation du gouvernement autour de ce thème n'a d'égal que son silence sur la souffrance sociale, sur le chômage et la précarité qui plongent l’individu dans l’incertitude et l’ insécurité économique la plus totale.

 

 

L'Etat, à travers le ministre de l'intérieur Manuel Valls, donne directement des ordres aux juges leur demandant « de prendre leur responsabilité », c'est à dire interdire,vaille que vaille, le spectacle de l'humoriste Dieudonné. A peine l'ordonnance du Tribunal Administratif publiée, le Conseil d'Etat a pu statuer en un temps record ! Seulement quelques heures ont séparé la décision du tribunal administratif favorable à Dieudonné et celle du Conseil d'Etat interdisant son spectacle ! Tout était planifié d'avance. Le Conseil d'Etat, pour justifier sa décision va jusqu'à inventer des expressions étranges comme «l' atteinte à la cohésion nationale » par exemple ! Comprenne qui pourra.

Depuis, toutes les décisions prises par les tribunaux administratifs et le Conseil d'Etat vont dans le même sens : le spectacle est interdit conformément à la volonté du ministre de l'intérieur Manuel Valls. Le principe de séparation des pouvoirs cher à Montesquieu, une fois encore, est démenti par les faits. L'Etat de Droit, c'est le droit au service de l'Etat. Le droit bourgeois ne peut s'élever au dessus des intérêts de la classe qui l'impose. Il est le reflet même de ces intérêts.

 

Valls et Hollande ne sont pas antiracistes , ils sont les serviteurs de la classe qui les a hissés à la tête de l'Etat. Ils ne sont là que pour consolider les privilèges de la classe dominante. Le nouveau cadeau offert au patronat dans le cadre du «pacte de responsabilité» en est une preuve supplémentaire. Car autant Valls est prompt et « énergique » à censurer et à interdire le spectacle de Dieudonné, autant il est resté muet sur les licenciements des travailleurs de Goodyear et de la Redoute pour ne citer que ces deux entreprises. Censurer une représentation est beaucoup plus facile que d'interdire les licenciements collectifs.La soumission de Valls, de Hollande et de tout le gouvernement au despotisme patronal est totale.

 

Valls qui fait le fanfaron aujourd'hui en jouant les antiracistes, est d'une grande lâcheté, d'une hypocrisie et d'un opportunisme sans bornes. Comment peut-il encore oser affirmer haut et fort qu'il lutte contre « toutes les formes de racisme » lorsque, en même temps, il affiche fièrement et ostensiblement un mépris sans limites à l'égard des Roms et inflige aux sans papiers des souffrances et des humiliations insupportables ? Ses propos concernant les Roms, population sans défense, rejoignent ceux tenus par Le Pen, président d'honneur du Front National et ami de Dieudoné, pour qui « les Roms comme les oiseaux volent naturellement ». Mais Le Pen et le FN, protégés par la classe dominante et ses médias qui déversent quotidiennement des flots de propos racistes, sont des habitués de ce genre de déclarations. Ainsi ce qui est interdit pour les uns est permis pour les

autres.

 

Rappelons également que lorsque Monsieur Valls était Maire d'Evry, il trouvait qu'il y avait trop de noirs dans sa ville. Il demande alors à Christian Gravel, son directeur de cabinet: «(…) Tu me mets quelques blancs, quelques whites, quelques blancos…» !

Toute la carrière de valls est construite sur le terrain de la sécurité, de la xénophobie et de la haine des travailleurs immigrés et de leurs enfants comme les Le Pen, père et fille, et Sarkozy. Il attise la haine entre citoyens pour mieux les diviser en jouant sur les préjugés nationaux, raciaux et religieux.

 

Hollande, qui est derrière Valls dans cette affaire de censure, a choisi de lui apporter son soutien, du pays le plus démocratique et le plus respectueux des droits de l'homme et surtout ceux de la femme, l'Arabie Saoudite ! En visite dans ce pays en compagnie d'une kyrielle de patrons (Ariva,Thalès,Veolia, Vinci, BNP, Sanofi etc.), le Président de la République martèle son soutien à Valls et sa détermination à combattre le racisme, l'antisémitisme et tutti quanti. Rappelons tout de même que les travailleurs étrangers sont considérés et traités dans ce pays comme des esclaves. Cette monarchie d'un autre âge dont «  Les châtiments cruels et inhumains sont régulièrement prononcés par les tribunaux saoudiens. Le nombre d’hommes et de femmes décapités dans ce pays ami des États-Unis et de l’Europe ne cesse d’augmenter (2). En Arabie Saoudite, les manifestations sont strictement interdites comme d’ailleurs les partis politiques, les syndicats et les associations. Aucune critique du roi et aucune opposition à son gouvernement ne sont tolérées dans cette monarchie absolutiste » (3) . « La lutte contre toutes les formes de racisme » claironnée en France s'efface totalement face aux intérêts de la bourgeoisie.

 

Mais c'est surtout Israëlque Hollande et Valls admirent le plus. Selon le Président de laRépublique « c’est sans doute au PS que l’on trouve le plus grand nombre d’amis d’Israël et du peuple juif» (4). «Je suis lié de manière éternelle à Israël» renchérit le premier flic de France lors des primaires socialistes(5). Or Israël est considéré par l'immense majorité des peuples de la planète comme l'Etat le plus raciste au monde. Ici le racisme est érigé en institution. Israël est un Etat replié sur lui-même et dirigé par un gouvernement d’extrémistes et de fanatiques.Israël est au-dessus des lois, des conventions et de toutes les résolutions des Nations Unies. Il ne supporte ni contradiction, ni critique. Toute contestation, toute opposition et toute dénonciation de l’entité sioniste sont impitoyablement réprimées. Et l’antisionisme est confondu délibérément avec l'antisémitisme.

 

Dieudonné au lieu de combattre le sionisme en tant que mouvement politique et idéologique, qui au départ était loin d'être représentatif de tous les juifs du monde, a préféré s'allier avec l'extrême droite ennemie des travailleurs et des classes populaires. Dieudonné au lieu de s'attaquer au capitalisme et à la classe qui le porte, la bourgeoisie, il a choisi de concentrer sa critique sur une communauté religieuse. Son «anti-système» est une imposture.

 

La propagande de Hollande et de Valls contre le racisme et l'antisémitisme n'est qu'une manière, parmi tant d'autres, de cacher leur véritable mission, servir les riches et les puissants.

Toute l'histoire du Parti «Socialiste» n'est que trahisons des aspirations et des intérêts des classes populaires.

 

 

 

Mohamed Belaali

 

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  1. http://www.leparisien.fr/politique/la-circulaire-anti-dieudonne-de-valls-aux-prefets-06-01-2014-3467133.php

  2. http://www.amnesty.org/fr/region/saudi-arabia/report-2012

 

(3) http://www.belaali.com/article-arabie-saoudite-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-sur-les-revoltes-populaires-109557989.html

 

  1. http://www.crif.org/fr/lecrifenaction/fran%C3%A7ois-hollande-re%C3%A7oit-le-crif

 

  1. http://jforum.fr/forum/france/article/francois-hollande-et-israel

 

 

 

 

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18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 19:52

 

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  L'Egypte du changement

 

 

                                               «Moubarak est le père de tous les Egyptiens»

                                              Mohamad Badie guide suprême des Frères musulmans (1).

 

 

 

Depuis l'arrivée de Mohamed Morsi au pouvoir en juin 2012 (2), la résistance aux Frères musulmans et aux salafistes leurs alliés se poursuit et s'amplifie. La police et les milices des Frères ne font désormais plus peur aux contestataires. Grèves, manifestations pacifiques et affrontements violents se produisent régulièrement un peu partout en Égypte. Les manifestants accusent les Frères musulmans d'avoir confisqué et trahi la révolution qu'ils n'ont, par ailleurs, jamais vraiment acceptée. Rappelons pour mémoire que la Confrérie a refusé de participer à la grande manifestation populaire du 25 janvier 2011 qui a forcé Moubarak, dix huit jours après, à quitter le pouvoir le 11 février. Entre la population et le régime, la rupture est totale. Les masses opprimées égyptiennes se sont vite rendues compte que ni l'armée, ni les Frères musulmans ne servent leurs intérêts. Bien au contraire, ces deux pouvoirs, comme celui de Moubarak et de Sadate, sont au service des classes possédantes égyptiennes et de l'impérialisme américain. En Égypte, le processus révolutionnaire est loin d'être terminé(3).

 

 

En quelques mois seulement, trois secrétaires d’État américains se sont rendus en Égypte pour apporter leur soutien à Morsi alors que celui-ci est contesté dans tout le pays (4). En mai 2013, l'Administration de Barack Obama a reconduit discrètement l'aide militaire à l’Égypte (1,3 milliard de dollars). Cette «aide» revêt aujourd'hui une importance particulière. Les américains savent que le rôle politique des militaires est déterminant. L'armée égyptienne reste pour eux le moyen le plus sûr pour sauvegarder leurs intérêts ainsi que ceux d'Israël. Rappelons que le montant de cette «aide» a nettement augmenté depuis la signature du traité de paix avec Israël en 1979 concédé par Sadate et non remis en cause par les Frères musulmans. De son côté, le Fonds monétaire international (FMI), bras financier de Washington, presse le pouvoir égyptien à accepter ses conditions comme, entre autres, la suppression des subventions aux produits de première nécessité en échange d'un prêt de 4,8 milliards de dollars. Le Qatar, satellite et sous-traitant des américains, ne cesse de déverser ses pétrodollars sur le régime des Frères pour le sauver de la colère populaire (5). L'Union Européenne n'est pas avare non plus avec la Confrérie:« L'Union européenne et des institutions financières associées ont offert un montant de plus de cinq milliards d'euros, ou plus de 6,5 milliards de dollars, en dons, prêts à taux réduit et prêts pour la période 2012-2013 afin de soutenir la transition démocratique en Egypte» affirmait le président du Conseil européen Herman Van Rompuy (6). Tous les pays impérialistes petits et grands, d'une manière ouverte ou dissimulée déploient leurs efforts pour maintenir, vaille que vaille, au pouvoir un régime contesté par une grande partie de la population.

 

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Les pays capitalistes qui ont brisé l'élan et la vitalité admirables des soulèvements populaires dans le monde arabe, soutiennent aujourd'hui par tous les moyens la confrérie des Frères musulmans ennemis du changement et du progrès. Les pays impérialistes menés par les États-Unis sont, dans une large mesure, responsables du maintien au pouvoir des tyrans arabes anciens et nouveaux. Leurs intérêts sont profondément incompatibles avec ceux des peuplesde cette région du monde qui n'aspirent qu'à se débarrasser de ces despotes d'un autre âge. Chaque révolte, chaque soulèvement réellement populaire est, directement ou indirectement, réprimé dans le sang. Le cas de Bahreïn est exemplaire à cet égard (7). Mais Bahreïn n'est que l'arbre qui cache la forêt. Combien de révoltes ont été brisées en Arabie Saoudite (8), en Jordanie, au Yémen, à Oman, au Koweït etc.? Les premières révoltes populaires et pacifiques en Libye et en Syrie ont été transformées par l'intervention impérialiste en guerre civile. Des mercenaires et des forces obscurantistes ont été armés, entraînés, financés et soutenus médiatiquement par l'occident capitaliste pour renverser les régimes en place. Les Frères musulmans, qui soutiennent les «rebelles» syriens, viennent de rompre toute relation diplomatique avec Damas. Morsi a même appelé «la communauté internationale» à mettre en place une zone d'exclusion aérienne au-dessus de la Syrie! Leurs positions se confondent ainsi avec celles des États-Unis et de ses satellites locaux comme l'Arabie saoudite, le Qatar ou encore la Turquie.

Dans le cas de la Libye, il a fallu une intervention militaire directe de l'OTAN, bras armé de l'impérialisme, pour renverser le régime de Kadhafi. «L'intervention impérialiste en Libye a fait des dizaines de milliers de victimes innocentes. Elle a détruit l'essentiel de l'infrastructure économique du pays. Elle a brisé l'unité de la nation libyenne. L'impérialisme américain et son supplétif européen ont imposé au peuple libyen par la violence un pouvoir sans légitimité aucune, mais qui leur est totalement soumis» (9).

 

Le soulèvement populaire en Égypte, s'il a écarté Moubarak du pouvoir, n'a pas réussi à renverser son régime. Les Frères musulmans ont repris tel quel l'appareil répressif d’État et le font fonctionner pour leur propre compte afin de sauvegarder les intérêts des classes dominantes et de l'impérialisme américain leur protecteur. Les structures économiques, sociales et politiques sont, à quelques inflexions près, restées les mêmes. Le régime se régénère et se reproduit avec une rhétorique différente dans une situation différente. La tête de Morsi a remplacé celle de Moubarak au sommet de l’État. Le régime continue à fonctionner avec un discours différent mais avec les mêmes pratiques et les mêmes politiques économiques de classes : misères et exploitation pour l'immense majorité de la population avec des promesses d'un monde meilleur au Paradis, richesses et pouvoir ici-bas pour une petite minorité d'exploiteurs menée par les Frères musulmans.

Les dirigeants de la Confrérie qui nient en théorie la division de la société en classes et, partant, la lutte des classes, mènent pourtant une véritable politique économique au service d'une seule et même classe sociale, la bourgeoisie. Pour la Confrérie, «Les ouvriers ne sont qu’une masse infâme utile à leur propagande religieuse. Ils partagent ce mépris pour la classe ouvrière avec leurs alliés extrémistes, les Salafistes» (10).

 

Répartition des richesses, travail pour tous, justice sociale, droits des femmes, droits des minorités religieuses, lutte contre la corruption, démocratie, dignité etc., toutes ces revendications portées par le soulèvement populaire ont été effacées par le nouveau pouvoir et remplacées par des préoccupations plus libérales que théologique. Les préoccupations matérielles de classes l'emportent largement ici sur les considérations religieuses. Pour la bourgeoisie égyptienne, l'arrivée au pouvoir des Frères musulmans est une aubaine qui lui permet d'apaiser sa conscience tourmentée et assoiffée de profit. La Confrérie lui apporte une précieuse légitimation de l'exploitation et de la détention des richesses.

 

Les opprimés d’Égypte n'ont pas dit leur dernier mot. L'histoire leur a appris comment résister aux oppresseurs avant de les renverser. L'unité des travailleurs, des paysans pauvres et de tous les laissés-pour-compte est vitale pour affronter efficacement les nouveaux pharaons. Leur intérêt est de rendre la révolution permanente, jusqu'à éloigner du pouvoir les classes possédantes et leurs serviteurs, l'armée et les Frères musulmans.

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1) Mohamad Badie chef suprême des Frères musulmans http://hebdo.ahram.org.eg/NewsContent/0/10/124/2186/Fr%C3%A8res-musulmans-Les-hommescl%C3%A9s-.aspx

 

(2) Les mouvements de contestation appellent à une grande manifestation le 30 juin 2013 date anniversaire de la prise de pouvoir par Morsi.

Par ailleurs, Morsi vient de nommer 17 gouverneurs appartenant à la Confrérie, à l'armée et aux services de Sécurité. Le nouveau gouverneur de Louxor Adel al-Khayyat appartient, lui, au Parti de la construction et du développement, la branche politique du groupe Gamaa-Al- Islamiya qui a revendiqué en 1997 l'attaque sur un site pharaonique de la région de Louxor, qui avait fait selon les sources entre 62 et 68 morts principalement des touristes.

Les Frères musulmans poursuivent ainsi leur mainmise sur tous les rouages de l’État.

 

(3) A propos des débats sur la révolution égyptienne, voir (en arabe) Atef Said :«Le libéralisme impérialiste et la révolution égyptienne»

http://www.jadaliyya.com/pages/index/11333/

 

(4) Hillary Clinton le 21 novembre 2012, John Kerry le 2 mars 2013 et le secrétaired'Etat à la Défense, Chuck Hagel le 24 avril 2013

 

(5) http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N0CX4KZ20130410

 

(6) http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE90C03C20130113

 

(7) http://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

 

(8) http://www.belaali.com/article-arabie-saoudite-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-sur-les-revoltes-populaires-109557989.html

 

(9) http://www.belaali.com/article-la-libye-apres-l-intervention-imperialiste-108002868.html

 

(10) http://www.belaali.com/article-egypte-de-mohammed-ali-a-mohamed-morsi-un-combat-permanent-entre-le-passe-et-l-avenir-114107860.html

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 19:27

 

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Après la «République irréprochable» de Sarkozy, voici « la République exemplaire» deHollande. La réalité de la République, aujourd'hui comme hier, contraste tristement avec les déclarations de l'un et de l'autre président. Les scandales financiers et les affaires de corruption qui mettent en cause les membres de leurs gouvernements respectifs ont tendance à se perpétuer. Et au moment où l’on exige de la population des sacrifices de plus en plus lourds, de plus en plus insupportables, au moment où les chômeurs et les précaires se comptent par millions, les représentants de la bourgeoisie, eux,se permettent de «planquer leur magot» dans les paradis fiscaux, se servent abondamment dans les caisses de l’État et jouissent d'innombrables privilèges. De Christine Boutin à Eric Woerth en passant par Christian Blanc, Christian Estrosi, Alain Joyandet etc., la liste des ministres du gouvernement Sarkozy impliqués dans des affaires est longue (1). Le gouvernement actuel qui n'a même pas un an d'existence est déjà secoué et ébranlé, en attendant d'autres révélations, par le séisme Cahuzac. Il ne s'agit là bien évidemment que de quelques exemples qui ne doivent pas masquer le caractère récurrent et structurel de la corruption qui règne dans les plus hautes sphères de l’État. Car les scandales financiers, corruption, privilèges et autres affaires, sont intimement liés au fonctionnement même du système capitaliste qui les produit et reproduit de manière permanente.



 

« Le gouvernement moderne n'est qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière» (2). L'État n'est donc pas au service de tous, mais sert seulement les intérêts privés de quelques uns. La police, la justice, les préfets, les députés, les ministres etc. ne sont pas les représentants de toute la société. Le président de la République n'est pas le président de tous les français. Le président gère l’État contre l'intérêt général au profit de l'intérêt particulier, celui de la classe dominante. Et plus il sert les intérêts de la bourgeoisie, plus il s'éloigne de ceux des classes populaires.

La corruption, elle aussi, remplace l'intérêt public par l'intérêt privé. Elle efface les frontières entre les deniers publics et les revenus privés. Les hommes et les femmes politiques sans scrupulespeuvent ainsi se servir, avec un sentiment d'impunité, dans les caisses de l'État comme s'il s'agissait de leur propre patrimoine! La corruption nie et méprise le principe de transparence et permet à une seule et même classe sociale, par le biais de l'État, d'accéder d'une manière occulte et illégale aux ressources publiques.

 

Le scandale Liliane Bettencourt, la femme la plus riche de France, illustre d'une manière éloquente cette proximité et cette confusion des intérêts de la grande bourgeoisie et du pouvoir politique. Celui-ci doit être au service de celle-là. L'ex-ministre du budget, Eric Woerth, était soupçonné, via sa femme qui gérait les dividendes de la milliardaire, de conflit d'intérêt. Mme Bettencourt a avoué de son côté posséder des comptes à l'étranger et toute une île aux Seychelles non déclarés au fisc.

La collusion des intérêts du capital et ceux de l'État trouve ici son expression la plus éclatante : Le pouvoir politique met l'État à la disposition du pouvoir économique qui, en échange, finance entre autres ses campagnes électorales. Eric Woerth était le trésorier de l'UMP et le financier du système Sarkozy. C'est lui qui était chargé de récolter les fonds auprès des grosses fortunes au profit du président de la République. On comprend mieux, dans ces conditions, pourquoi Sarkozy tenait absolument à soutenir «totalement et complétement» son ministre du travail et pourquoi il désirait que Liliane Bettencourt reste en France :«Je ne veux pas qu'elle foute le camp en Suisse» disait-il.

Rappelons tout de même que c'est ce même ministre qui a conduit, au nom du gouvernement, la bataille de la destruction du système de retraite par répartition. Lui, le bourgeois, qui vit dans l'opulence, exige des salariés de travailler toujours plus pour une pension de misère!

Et c'est ce même gouvernement qui a toléré que des milliers de familles bourgeoises «très patriotes», dont il possède la liste, «planquent» scandaleusement leur magot à l'étranger pour échapper au fisc. Les intérêts de l'État,donc d'une infime minorité, sont incompatibles avec ceux de l'immense majorité de la population.

 

En novembre 2010, Eric Woerth démissionne de son poste de ministre du travail après avoir perdu celui du budget. Il sera mis en examen en février 2012 pour «trafic d'influence passif et recel de financement illicite de parti politique».

 

Tous les gouvernements bourgeois, avec des différences de degré et non d'essence, sont corrompus. Mais sous le régime de Sarkozy, les affaires fleurissaient et se banalisaient plus facilement. C'est que Sarkozy aime l’argent, le luxe, l'apparat, le cérémonial et n'hésitait pas à étaler ostensiblement, dans une république affaiblie, les fastes d’un pouvoir quasi monarchique. Sa fascination pour les riches n'a d'égale que son mépris pour les pauvres.

 

En avril 2007, Nicolas Sarkozy avait promis une «République irréprochable», une «démocratie moderne qui sera exemplaire au regard du monde». Dans la réalité, il a laissé derrière lui une république corrompue et une démocratie entièrement livrée au capital et aux parasites spéculateurs sans foi ni loi.

Le 21 mars 2013, Nicolas Sarkozy est mis à son tour en examen par le juge d'instruction Jean-Michel Gentil pour «abus de faiblesse» dans l'affaire Bettencourt.

 

Hollande dont l'admiration pour l'austérité et le mépris pour les classes populaires sont sans bornes a placé Jérôme Cahuzac, son homme de confiance, au cœur de sa politique économique. Cahuzac, ministre du budget, comme Woerth, est ainsi devenu le symbole de l'austérité. Il était l'incarnation, le visage hideux de la politique de rigueur chère aux sociaux-démocrates.

 

Le 2 avril 2013, Jérôme Cahuzac avoue ce qu'il niait publiquement depuis des mois y compris dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Il est mis en examen «pour blanchiment de fraude fiscale», lui, qui était pourtant chargé de lutter contre cette même fraude ! Cahuzac est à l'image du Parti Socialiste qui se réclame toujours en théorie du socialisme démocratique et mène dans la pratique des politiques libérales très éloignées des intérêts des classes populaires. Le scandale Cahuzac est le reflet de cette politique conduite par la social-démocratie au profit de la bourgeoisie dont elle sert les intérêts avec un zèle singulier. Car la collaboration de classes est une constante dans l'histoire de ce courant politique (3). Le scandale Cahuzac n'est pas une affaire de morale, mais le produit d'un système économique dont les intérêts de classes constituent son fondement matériel. La morale n'a pas d'existence propre. Elle dépend des conditions matérielles qui la produisent. Elle est l'émanation des activités économiques, des comportements matériels des hommes. Lutter contre les scandales, les affaires, les fraudes etc., en invoquant la morale est une illusion et par dessus le marché une hypocrisie. Toutes ces gesticulations autour de«la moralisation de la vie publique», de«la nécessité d’une lutte implacable contre les dérives de l’argent, de la cupidité et de la finance occulte», de«la transparence de la vie publique», de «la lutte contre la grande délinquance économique et financière» etc.(4) ne sont que des balivernes idéalistes derrière lesquelles la social-démocratie tente de dissimuler sa véritable nature, un instrument au service du capital.

 

La classe ouvrière, qui ne demande qu'à travailler pour survivre, découvre que ceux qui lui imposent toujours plus de sacrifices possèdent des patrimoines sans commune mesure avec ce que peut gagner et épargner un smicard. Combien de siècles de labeur et de souffrance au travail faut-il à un ouvrier pour atteindre le patrimoine des riches ministres du gouvernement «socialiste»?

 

 

On peut adopter les lois que l'on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l'une dans l'autre que l'on ne peut supprimer l'une sans éliminer l'autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre la corruption ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie dissimule ses forfaits. Le problème n'est donc pas l'existence de la corruption, des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd'hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe.

Le véritable scandale, c'est le capitalisme lui-même.

 

Mohamed Belaali

 


 

 

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(1) Il s'agit, entre autres, des 9 500 euros mensuels de Christine Boutin pour une obscure mission sur la mondialisation, des 12 000 euros des cigares de Christian Blanc, les hôtels particuliers de l'ex-ministre de l'industrie Christian Estrosi ou les 116 500 euros d'Alain Joyandet pour un aller/retour à la Martinique sans parler de son permis illégal pour agrandir sa maison près de Saint-Tropez.

Rappelons pour mémoire que Jacques Chirac a été condamné par la justice à deux ans de prison avec sursis en 2011. Alain Juppé condamné lui aussi par le tribunal de grande instance de Nanterre, à dix-huit mois de prison avec sursis et dix ans d'inéligibilité, le 30 janvier 2004. Charles Pasqua condamné à plusieurs reprise dans plusieurs affaires. Jean-Marc Ayrault condamné en 1997 à six mois de prison avec sursis pour «favoritisme» et «réhabilité» en 2007, etc. etc.

 

 

(2) K. Marx et F. Engels «Manifeste du parti communiste». Éditions en langues étrangères. Pekin, page 35.

 

(3) http://www.belaali.com/article-social-democratie-et-collaboration-de-classes-50152165.html

 

 

(4) Voir la déclaration du président de la République:

http://www.elysee.fr/declarations/article/declaration-du-president-de-la-republique-4/

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 18:01

 

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Les licenciements massifs d'ouvriers et d'ouvrières se poursuivent et se ressemblent. En quelques années seulement, des centaines de milliers de travailleurs ont perdu leur emploi et se trouvent dans des situations personnelles et familiales dramatiques. Aucun secteur de l'activité économique n'est épargné. De l'automobile au pétrole en passant par le BTP, l'industrie lourde, l'industrie agroalimentaire, le textile, les télécommunications, les transports aériens etc., les entreprises ferment ou suppriment des emplois privant ainsi des hommes et des femmes de leur unique source de revenu, le travail. La liste des entreprises, petites et grandes, qui procèdent aux licenciements collectifs ne cesse de s'allonger(1). Et l'avenir reste sombre pour les salariés qui possèdent encore un emploi. La politique d'austérité menée par Sarkozy et poursuivie par Hollande ne peut qu'aboutir à ce désastre économique et social. D'autres travailleurs seront sacrifiés sur l'autel du profit. Aucune autre classe sociale ne subit autant que la classe ouvrière les conséquences de la crise du capitalisme et les politiques d'austérité qui l'accompagnent menées par les gouvernements successifs. Et pourtant, c'est bel et bien cette classe qui est à la base de toutes les richesses produites dans la société. Cette oppression qui s'exerce sur la classe ouvrière reflète et résume à elle seule les tares de la société capitaliste.

 

 

Alors que la résistance ouvrière s'organise un peu partout contre cette brutalité patronale, Hollande et son gouvernement s'inquiètent non pas pour l'avenir des ouvriers, mais des risques «d’implosions ou explosions sociales». Manuel Valls, ministre de l’intérieur, va jusqu'à menacer les ouvriers qui se battent pour sauvegarder leurs emplois : «Il n'y a pas de place pour la violence, et je lance évidemment un avertissement, la police, elle fait son travail, mais on ne peut pas admettre qu'on cherche à casser l'outil de travail» déclarait-il sur Europe1. Ce sont les patrons qui ferment les usines, détruisent les emplois et condamnent les travailleurs au chômage et à la misère et ce sont les salariés qui sont accusés de vouloir «casser l'outil de travail»!

Mais le gouvernement ne se contente pas d'accuser, il envoie ses troupes mater les salariés en lutte comme les patrons envoient leurs vigiles briser les grèves ouvrières. Face à la détresse des travailleurs, le pouvoir en place n'a rien d'autre à offrir que la répression. Ainsi lors d'une manifestation internationale devant le parlement européen à Strasbourg, la police de Hollande et de Valls n'a pas hésité à tirer des balles en caoutchouc à hauteur d'homme sur les métallos

d’ArcelorMittal. John David, un jeune travailleur belge de 25 ans a perdu définitivement l'usage de son œil. Les cars des métallos ont été arbitrairement arrêtés à la frontière et fouillés de fond en comble dans des conditions humiliantes. Ces provocations policières et cette violence gratuite à l'encontre des travailleurs montrent, si besoin est, à quel point cette classe est méprisée.

 

 

Les médias bourgeois, de leur côté, ne cessent de présenter les salariés en lutte contre les licenciements comme des «casseurs d'emplois», des «irresponsables» qui font «régner la terreur» dans les ateliers PSA à Aulnay-sous-Bois par exemple (2). Leur combat contre le despotisme patronal est déformé, dénigré et méprisé par une presse possédée et dirigée par des groupes puissants (Bouygues, Lagardère, Dassault, Arnault, Bolloré etc.). L'angoisse des salariés d'être reclassés ou précipités dans le chômage est soigneusement occultée. Les médias bourgeois connaissent très bien les traumatismes et les drames qui ravagent au quotidien la vie des chômeurs. Mais ces souffrances sont délibérément ignorées ou présentées comme étant liées à des problèmes personnels ou psychologiques. Ils savent que le chômage tue et parfois d'une manière violente et tragique. Certains chômeurs vont jusqu'à mettre le feu à leur propre corps; d'autres, plus nombreux, se suicident pour protester contre la situation inhumaine que leur impose la société bourgeoise (3). Les chômeurs n'ont plus de place dans cette société qui les méprise; ils sont déjà morts socialement. L'ouvrier doit souffrir et le chômeur mourir pour que la société bourgeoise continue à vivre.

Patrons, gouvernement et médias sont ainsi unis contre les travailleurs qui ne font que défendre dignement leurs emplois.

 

 

Malgré des conditions de lutte difficiles et un rapport de force largement favorable aux patrons,les travailleurs restent debout et mènent un combat formidable. Leur résistance commune contre les capitalistes et leurs représentants politiques et médiatiques forge et aiguise leur conscience de classe. Dans la lutte, les travailleurs apprennent à ne compter que sur eux-mêmes. Ils savent qu'ils sont seuls face à la bourgeoisie et les pouvoirs immenses dont elle dispose. Cette opposition irréductible entre patrons et ouvriers, entre oppresseurs et opprimés n'est que l'expression d'une lutte de classe à classe. L'histoire et l'actualité la plus immédiate enseignent aux travailleurs qu'ils forment une classe particulière non seulement exploitée, mais aussi méprisée, humiliée et réprimée par la bourgeoisie. Cette oppression montre à l'évidence que nous vivons dans une société fondée sur l'antagonisme de classes. La bourgeoisie prétend partout représenter la société toute entière, alors qu'elle ne représente en fait que ses propres intérêts comme le prouve l'existence d'une autre classe sociale asservie et dominée. Les travailleurs du monde entier n'ont rien à attendre de cette société. Leur combat quotidien contre les agressions du capital est nécessaire et indispensable. Mais il ne s'agit là que des luttes contre les effets inévitables du système qui les transforme en marchandise vendable sur le marché. Les travailleurs doivent œuvrer en même temps à la transformation radicale de la société. Dans ce combat «les prolétaires n’ y ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner» écrivaient Marx et Engels dans le Manifeste du Parti Communiste.

 

 

Mohamed Belaali

 

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(1) http://www.collectifcontrelespatronsvoyous.com/

 

 

Voir également les études réalisées par Trendeo:

http://www.trendeo.net/publications/

 

(2) Voir entre autres:

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/automobile/20130121trib000743869/les-grevistes-de-psa-feraient-regner-la-terreur-sic-a-aulnay.html

 

http://www.lefigaro.fr/mon-figaro/2013/01/31/10001-20130131ARTFIG00805-les-pyromanes-de-l-industrie.php

 

 

(3) http://www.actuchomage.org/2012020719232/La-revue-de-presse/suicides-et-crise-une-realite-ignoree.html

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 13:38

 

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Alors que le chômage et la précarité font ravage en France, François Hollande et son gouvernement, pour mieux masquer la faillite de leur politique économique et sociale, envoient leurs troupes au Mali ! «Nos forces armées ont apporté cet après-midi leur soutien aux unités maliennes pour lutter contre ces éléments terroristes» déclarait solennellement le président français vendredi 11 janvier 2013 (1). La droite et l'extrême droite approuvent et applaudissent. Le plan Vigipirate passe du «rouge» au «rouge renforcé». Il deviendra probablement «rouge écarlate» comme le sang qui va couler au Mali et dans la région ! Les médias bourgeois, sans relâche, propagent leur chauvinisme et distillent comme du venin leur propagande guerrière justifiant l'intervention militaire. Journalistes, hommes et femmes politiques, consultants, militaires et experts en tout genre déferlent sur les plateaux de télévision pour asséner leur «vérité», détournant ainsi l'attention des classes populaires des véritables problèmes qui les rongent au quotidien pour mieux servir les intérêts de la classe dominante.


 

Cette intervention a été décidée au moment même où la bourgeoisie française vient d'obtenir, grâce à François Hollande, tout ce qu'elle voulait en matière de licenciements, de flexibilité de l'emploi et des baisses des rémunérations des salariés (2). Pour les sociaux-démocrates au pouvoir, l’ennemi à combattre n'est pas la bourgeoisie qui fait payer aux peuples ici et en Afrique les terribles conséquences de son système de production, mais «le terrorisme». Il faut donc, vaille que vaille, battre les tambours de la guerre et mobiliser toute la nation derrière son chef, François Hollande. Peu importe le coût de cette énième guerre des sociaux-démocrates. Les politiques d'austérité, de contraintes budgétaires et des réductions des dépenses publiques sont réservées aux classes populaires. Quand on mène une guerre au service des grands groupes français, on ne compte évidemment pas .Tout le discours sur la lutte contre les déficits publics répété bêtement et inlassablement par les représentants de la classe dominante s'évapore comme par enchantement ! On trouve facilement et rapidement les fonds nécessaires pour financer cette opération qui, selon le chef de l’État, «durera le temps nécessaire».

 

La guerre est ainsi déclarée, non pas contre le despotisme des marchés financiers, contre le chômage, contre la misère, contre les injustices sociales mais contre «le terrorisme» au... Mali! C'est vraiment la préoccupation première des ouvriers, des chômeurs, des précaires, des travailleurs pauvres, des sans abris, bref de tous les laissés- pour-compte broyés par la machine capitaliste.

 

De plus en plus de citoyens rejettent la politique du gouvernement Hollande et se rendent compte qu'elle n'est, en fait, que le prolongement de celle menée par Sarkozy : une politique exclusivement au service de la classe dominante. La guerre apparaît alors comme un puissant moyen pour «fabriquer» tout du moins à court terme, un consensus permettant de perpétuer la même politique de classe. Il faut donc inventer des ennemis extérieurs pour mieux servir les intérêts des puissants à l'intérieur: «Dans ces circonstances, le rassemblement des Français est une force supplémentaire pour la réussite de notre action», disait François Hollande.

 

Sur le plan international, l'instrumentalisation de l'occupation du nord-Mali sert d'abord les intérêts des bourgeoisies des pays impérialistes (France, Grande Bretagne et bien sûr les États-Unis notamment). Rappelons que l'occupation d'une partie importante du territoire malien est la conséquence directe de l'intervention impérialiste en Libye. Sans l'intervention de l'OTAN dans ce pays, le Nord-Mali n'aurait probablement jamais été occupé parle Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et ses alliés islamistes (AQMI, Ansar Dine, Mujao, BokoHaram, etc.). Cette occupation est «rendue possiblegrâce à la complicité des États-Unis, de la France et de leurs serviteurs locaux regroupés dans la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)» (3). Précisons que ces États de l'Afrique de l'Ouest sont dirigés par des despotes entièrement au service de la bourgeoisie occidentale notamment française à l'image d'Alassane Ouattara, président actuel de l'organisation, ou de Macky Sall, président du Sénégal. Ils ont soutenu l'intervention impérialiste en Libye et en Syrie comme ils participent aujourd'hui à cette nouvelle «expédition néocoloniale française». Ce sont les dirigeants de la CEDEAO qui ont imposé au Mali l'intervention française.

 

Il y a trop d'intérêts dans cette région du monde! L’Afrique est aujourd'hui l'objet de grandes convoitises. Paradoxalement, la population du Mali est classée parmi les plus pauvres de la planète par les Nations-Unies (son IDH la classe au175è rang sur 187 pays), alors que son sous-sol est l'un des plus riches du continent africain. Si l'or reste la première richesse du pays, les autres ressources, notamment pétrolières, sont aussi nombreuses que sous-exploitées. Le Niger, dont la population vit dans l'extrême pauvreté, est l'un des plus grands producteurs mondiaux de l'uranium exploité par le groupe nucléaire français Areva depuis une quarantaine d'années. En 2008, le groupe Areva s'est emparé du «droit» d'exploiter la mine géante(5000 tonnes par an) d’Imouraren dont le démarrage est prévu pour 2014. On va taire par pudeur les conditions de travail misérables dans les mines les plus dangereuses du monde contrôlées par Areva. Les révoltes ouvrières contre leurs conditions d'esclaves sont systématiquement réprimées sans jamais trouver le moindre écho dans les médias bourgeois.

 

Après la Côte d'Ivoire, la Libye, c'est le tour du Mali et peut-être demain l'Algérie qui risque d'être victime des rapaces impérialistes qui menacent en permanence la paix du monde au profit de leurs bourgeoisies respectives. Le Qatar, lui, joue le rôle du sous traitant des impérialiste. Hier en Libye, aujourd'hui au Mali et en Syrie, le Qatar continue à financer des groupes armés au bénéfices de ses maîtres impérialistes.

 

Les «terroristes» que l'on prétend combattre aujourd'hui sont le produit du capitalisme mondialisé. Les bourgeoisies occidentales, notamment américaine ont contribué largement à l'affaiblissement dans le monde arabe et musulman de toute pensée laïque et progressiste. Nombreux sont les ouvriers, paysans, intellectuels, artistes chanteurs ou de simples militants progressistes tombés sous les balles des fanatiques religieux armés et financés par des régimes réactionnaires et corrompus soutenus par les États-Unis. Rappelons pour mémoire, que les Talibans d'aujourd'hui, on les appelait hier, lorsqu'ils combattaient l'armée Soviétique en Afghanistan, les Moujahidines de la liberté (combattants de la liberté). Les politiques libérales d'ajustement structurel imposées par le FMI et la Banque mondiale, bras financier de l'impérialisme, le soutien indéfectible de ces bourgeoisies à l’État sioniste d'Israël, la guerre en Irak et ses ravages (4) pour ne citer que ces exemples, ont jeté une partie de la population arabe et musulmane dans les bras de l'islam politique. L'élan et la vitalité du soulèvement populaire dans le monde arabe ont été brisés par l'impérialisme. En Tunisie comme en Égypte, les bourgeoisies occidentales ont favorisé l'accès au pouvoir des mouvements obscurantistes et réactionnaires. A Bahreïn, l'impérialisme américain a envoyé les chars de l'Arabie Saoudite pour mater et réprimer dans le sang l'une des plus belles et des plus pacifiques révolte du monde arabe (5).

 

 

 

La social-démocratie européenne, main dans la main avec l'impérialisme, a toujours mené des guerres, «tantôt ouvertes, tantôt dissimulées» contre les peuples de la planète pour servir les intérêts exclusifs de la bourgeoisie. Entre autres exemples, ils ont déclenché l'une des plus meurtrières guerre de l’histoire en 1914. Ce sont eux qui ont assassiné Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht, figures emblématiques de la classe ouvrière allemande en 1919. «Les armes vont parler» disait François Mitterrand pour annoncer la première guerre du Golfe en 1991. Ce sont encore eux qui ont brisé l'unité des peuples de la Yougoslavie. «Le président de la République, en accord avec le gouvernement, a décidé la participation des forces françaises aux actions militaires, devenues inévitables, qui vont être engagées dans le cadre de l’Alliance atlantique» disait un communiqué conjoint du président J.Chirac et du premier ministre L. Jospin. Le 25 septembre 2012 aux Nations Unies, F. Hollande déclarait devant l'Assemblée générale «La première des urgences s’appelle la Syrie», l'autre urgence « qui doit nous mobiliser cette semaine, est le Sahel(...) Oui, il faut que le Mali retrouve l’intégrité de son territoire et que le terrorisme soit écarté de cette zone du Sahel» (6). Le 11 janvier 2013, le même François Hollande envoie, au nom de la France, l'armée au Mali. Pour servir l'intérêt des puissants, les sociaux-démocrates ne reculent devant aucun moyen, y compris le plus abject, la guerre. A l'intérieur comme à l'extérieur, ils sont les ennemis des travailleurs. A ces guerres impérialistes au service des classes dominantes, les ouvriers et l'ensemble des classes populaires du monde entier doivent opposer la guerre civile contre leur propre bourgeoisie et leurs alliés sociaux-démocrates.

 

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1) http://www.elysee.fr/declarations/article/declaration-du-president-de-la-republique-sur-la-situation-au-mali-4/

 

(2) http://www.humanite.fr/sites/default/files/pdf/2013/securisation_de_lemploi_10-01-2013_v_definitif_bis.pdf

 

(3) http://www.belaali.com/article-la-libye-apres-l-intervention-imperialiste-108002868.html

 

(4) http://www.belaali.com/article-les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-irak-48981793.html

 

(5) http://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

 

(6) http://www.belaali.com/article-les-premieres-urgences-de-fran-ois-hollande-111993802.html

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