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12 juin 2017 1 12 /06 /juin /2017 14:33

 

 

Ce texte a été écrit en 2010. Bien qu'il fasse appel à l'histoire, il reste d'une actualité brûlante. En 2011 dans le cadre des soulèvements populaires qui ont secoué le Maroc et tout le monde arabe et surtout depuis la mort tragique de Mohcine Fikri en octobre 2016, les portraits d'Abdelkrim étaient omniprésents dans toutes les manifestations. «Le sang d'Abdelkrim coule dans nos veines» disait un manifestant à Emzouren (1). A vrai dire le Rif, cette région du Maroc coincée entre la Méditerranée et les montagnes sauvages, s'est toujours rebellé contre les injustices et l'arbitraire des pouvoirs en place. Il faut invoquer le passé pour mieux comprendre aujourd'hui la souffrance et les revendications de la population du Rif. Comme disait Marx, «la tradition de toutes les générations mortes pèse comme un cauchemar sur le cerveau des vivants. (…) La résurrection des morts servit par conséquent à magnifier les nouvelles luttes, non à parodier les anciennes ...» (2). Mais Abdelkrim reste largement méconnu ici en Europe. C'est «le grand oublié de l'histoire».

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(1) http://bit.ly/2rmsO7n

(2) K. Marx «Le dix-huit brumaire de Louis Bonaparte». Editions Sociales pages 70, 71.

 

 

 

Abdelkrim, le grand oublié de l'histoire

 

 

Abdelkrim, cet homme qui a tant aimé les montagnes et les vallées du Rif et de tout le Maroc, lui qui s'est dressé courageusement contre le joug colonial, n'a toujours pas sa tombe dans son propre pays près d'un demi siècle après sa mort.

Aujourd'hui encore et malgré une farouche volonté du pouvoir politique pour occulter le passé, son souvenir reste gravé dans la mémoire populaire et enfoui dans le cœur du peuple marocain.

Cet homme, dont la simplicité et la modestie impressionnaient toutes celles et ceux qui l'ont connu, a pu tenir tête, dans une véritable guerre de libération, à l'Espagne et à la France. Ce précurseur et grand oublié de l'histoire, qui est-il ?

 

Abdelkrim avec quelques milliers de combattants divisés en groupes très mobiles et une maîtrise parfaite du terrain, a infligé une humiliante défaite au général espagnol Silvestre pourtant à la tête d'une armée autrement plus puissante. C'était en juillet 1921 à Anoual dans le Rif marocain. La résistance l'a emporté sur l'envahisseur. De ce point de vue, on peut dire qu'Abdelkrim était le précurseur de la guérilla moderne. Plus tard, Hô Chi Minh puis Mao le citeront en exemple.

 

Abdelkrim devient avec cette victoire le symbole de la lutte anticoloniale et donne en même temps l'espoir aux peuples qui luttent pour leur libération.

La défaite espagnole a permis au général Miguel Primo de Rivera de s'emparer du pouvoir par un coup d'État. C'était le 13 septembre 1923. Il faut préciser également que c'est durant la guerre du Rif que s'est illustré par sa cruauté un certain Francisco Franco ce qui lui a valu d'être promu général !

 

Mais Abdelkrim veut libérer tout le Maroc. Il concentre ses troupes sur la ville de Fès occupée par la France comme l'essentiel du territoire marocain. Le maréchal Lyautey, jugé hésitant face aux avancées du guérillero du Rif par le gouvernement de Paul Painlevé, est remplacé par un autre maréchal, Philippe Pétain. C'était en juillet 1925.

Abdelkrim était là encore l'un des premiers à avoir combattu le fascisme européen que représentaient Miguel Primo de Rivera, Francisco Franco et Philippe Pétain sur le sol de ce Rif où il aurait tant aimé se reposer définitivement.

 

A cette époque Abdelkrim était seul à combattre ces hommes qui seront responsables plus tard de la guerre civile(Espagne) et de la collaboration avec les nazis( France) dans leur propre pays.

 

La république du Rif était une autre création de cet homme tant méprisé par les colonialistes, impérialistes et autres fascistes. Après la victoire d'Anoual, Abdelkrim proclama la république dans un pays où les rois se succédaient les uns après les autres et ce depuis des siècles. Abdelkrim fut le premier président du Maroc moderne !

 

Le triomphe d'Abdelkrim fut aussi éphémère que sa république. Malgré un vaste mouvement de solidarité de la classe ouvrière européenne notamment française, Abdelkrim était seul avec ses combattants; seul avec ses idées qui n'étaient pas vraiment dans l'air du temps : se battre contre le colonialisme, l'impérialisme, la domination, l'exploitation etc. etc. Il rêvait d'un Maroc, d'une Algérie, d'une Tunisie et de tout le Monde arabe totalement libérés et modernisés. Il faisait exploser dans cette région du monde des projets et des idées, pour l'époque, révolutionnaires.

Contre ce rêve, ces projets et ces idées, il avait face à lui deux États dont la France, une véritable puissance coloniale, trois généraux fascistes et non des moindres, le Makhzen et même les nationalistes bourgeois marocains.

Ses compagnons, des hommes rudes et austères habitués à la vie dure de cette région du Maroc coincée entre la méditerranée et des montagnes sauvages, étaient traités par Paul Painlevé de barbares et de bien d'autres adjectifs encore "..Ces barbares! Ces populations obscures...qui diffèrent de nous, par la couleur de la peau et qui, ayant "tout à apprendre de l´Europe" n´en menacent pas moins la civilisation européenne".

«Ces barbares», avec des rêves dans la tête et les armes à la main menaçaient donc «la civilisation européenne». Il faut les écraser.

Le maréchal Pétain et le dictateur Miguel Primo de Rivera ont scellé un accord en vertu duquel les deux armées, française et espagnole, doivent s'unir contre le rebelle rifain.

Abdelkrim, malgré le courage de ses combattants, ne pouvait affronter seul deux Etats en même temps. Il décida donc de se rendre à la France. C'était en mai 1926.

 

L'envahisseur l'a emporté sur la résistance! La force brutale des armes a écrasé les idées de libération, de modernité et de prospérité que portaient Abdelkrim et ses compagnons.

Abdelkrim fut déporté à La Réunion. C'était un départ sans retour!

 

Cet exil définitif, n'a pas empêché les deux armées coalisées de se venger des populations civiles. Des armes chimiques, interdites par les conventions internationales, ont été utilisées notamment le gaz moutarde(l'ypérite). Les douars, les villages,et les souks du Rif ont été aspergés de ce gaz toxique. Des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants sont morts dans des conditions atroces. Pourtant, la protection des civils était l'une des conditions de la reddition d'Abdekrim. Sa demande n'a pas été respectée. Mais comment aurait-elle pu l'être? Les vainqueurs imposent toujours leur volonté aux vaincus. Cela rappelle étrangement, mais dans des condition très différentes, le comportement de l'armée israélienne et des phalangistes libanaises lorsqu'elles se sont vengées sur les réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila après le départ d'Arafat de Beyrouth vers Tunis. C'était en septembre 1982.

On peut légitimement s'interroger sur ce culte, poussé parfois jusqu'au fétichisme, qu'a le colonisateur ou l'occupant pour la mort et la souffrance des populations civiles.

 

Abdelkrim et sa famille passeront de longues et pénibles années d'isolement et de réclusion sur l'île de La Réunion. C'est au cours de son transfert vers la France et durant l'escale de Port-Saïd qu'Abdelkrim a «réussi à s'évader» avec l'aide de quelques nationalistes marocains, algériens et tunisiens. C'était en mai 1947.

Il s'est installé au Caire où il a repris son combat anticolonial et fondé le"Comité de libération du Maghreb arabe".

 

Fidèle à ses principes de résistant et à la mémoire de ses combattants tombés les armes à la main, Abdelkrim refusait de remettre ses pieds sur le sol marocain tant que le dernier soldat étranger n'aurait pas quitté le Maghreb.

 

 

«Je suis venu trop tôt» disait-il juste avant sa mort (2). Trop tôt pour que les idéaux, pour lesquels il a sacrifié sa vie et sa liberté, triomphent. Cétait un précurseur, un avant-gardiste et un internationaliste qui exigeait, pour son époque, presque l'impossible.

 

Abdelkrim s'est éteint au Caire le 6 février 1963 loin de son Ajdir natal.

 

Le visiteur étranger sera frappé par l'état de pauvreté dans lequel vivent aujourd'hui les habitants du Rif. Le combat de leurs ancêtres était aussi contre cette misère et pour un Maroc prospère, mais ils étaient écrasés par des ennemis beaucoup plus puissants. En partie, la France et l'Espagne coloniales sont responsables de cette situation. Mais le même visiteur remarquera également que dans beaucoup de foyers notamment les plus modestes, le portrait d'Abdelkrim est toujours accroché au mur comme pour se rappeler que son combat est toujours actuel.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

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(1) Germain Ayache, cité par Chems Eddine Chitour in « L´épopée de l´Emir Abdelkrim El Khattabi » http://www.alterinfo.net/L%C2%B4epopee-de-l%C2%B4Emir-Abdelkrim-El-Khattabi_a20679.html

(2) http://www.humanite.fr/2004-05-22_Medias_1919-1926-la-guerre-du-Rif

 

 

 

     

     

     

     

     

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    3 juin 2017 6 03 /06 /juin /2017 09:40

    «Jamais en France un prisonnier politique n’a été détenu aussi longtemps que

    Georges Ibrahim Abdallah». Jean-Louis Chalanset. *

     

    Georges Ibrahim Abdallah est un militant communiste né au Liban le 2 avril 1951 dans une famille maronite (1). Georges a grandi dans ce pays tourmenté, frontalier d'Israël. Cette proximité est source de conflits et de malheurs pour le Liban et sa population. Israël est un État créé et élevé sur les terres d'un autre peuple.Transformé en exilé et en réfugié, le peuple palestinien est réduit à errer à travers le monde et à survivre dans des camps de concentration sous des tentes. Une partie importante de ces réfugiés s'est installée sur la côte libanaise de Tyr à Beyrout après La Nakba (désastre, catastrophe) de 1948. Mais l’État hébreux ne se contente pas d'arracher le peuple palestinien à sa terre, il le poursuit partout où il peut se trouver. C'est ainsi qu'il a attaqué les camps de réfugiés en 1972 et envahi le sud Liban en 1978 ainsi que Beyrouth en 1982 (2). Ben Gourion ne disait-il pas qu’il fallait «attaquer sur tout le front et non seulement à l’intérieur de l’Etat d’Israël ou aux frontières de la Palestine, mais de rechercher l’ennemi et de l’écraser partout où il peut être» (3). Le destin de Georges Ibrahim Abdallah est intimement lié à la Palestine et aux souffrances de son peuple. Sa trajectoire politique est totalement déterminée par la tragédie du peuple palestinien.

     

    Nationaliste et progressiste arabe, Georges Ibrahim Abdallah milite d'abord dans le Parti national social syrien (PNSS), composante importante du Mouvement national libanais dirigé par Kamal Joumblatt. Communiste, il rejoint les rangs du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) crée en 1967 par Georges Habache dont il était proche. L'accord du Caire de 1969 donnait à la Résistance palestinienne le droit d'attaquer Israël à partir du Sud-Liban. Georges Ibrahim Abdallah est d'ailleurs blessé lors de l'invasion par l'armée israélienne de cette partie du Liban en 1978 (opération Litani). En juin 1982 alors que le pays est en pleine guerre civile, Israël, avec la complicité de Washington et des phalanges chrétiennes libanaises, envahit à nouveau le Liban et assiège Beyrouth-Ouest où la résistance palestinienne et toute la gauche libanaise combattaient côte à côte leur ennemi commun Israël. Rappelons que cette violation des frontières d'un État souverain a été condamnée par l'ONU (4).

     

    Le jeudi 16 septembre 1982 les milices phalangistes pénètrent, avec l’aide de l’armée israélienne, les camps de réfugiés palestiniens Sabra et Chatila de Beyrout-Ouest. Les mots et les images ne peuvent décrire réellement ce qui s’est passé dans les deux camps durant les nuits de jeudi à vendredi et de vendredi à samedi (5). Selon les sources, le nombre de victimes civiles palestiniennes atrocement mutilées et massacrées dans ces deux camps varie entre 700 et 3500 morts. L'intervention militaire israélienne au Liban proprement dite (Paix en Galilée) a fait 20 000 morts civils libanais et palestiniens (6). Ni Israël, ni les phalanges chrétiennes responsables de cette moderne barbarie n'ont été condamnés bien évidemment.

     

    C'est dans ce contexte qu'il faut situer l'action des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL) et d'autres organisations palestiniennes qui ont décidé de frapper les intérêts sionistes et américains partout à travers le monde. Effectivement en janvier 1982 les FARL, dont la justice française soupçonne Georges Ibrahim Abdallah d'en être le dirigeant, revendiquent l'assassinat de Charles Robert Ray attaché militaire adjoint à l'ambassade américaine à Paris et membre de la CIA. En avril de la même année, elles revendiquent un deuxième attentat.Yvan Barsimantov, agent du Mossad et secrétaire adjoint à l’ambassade d’Israël à Paris, tombait lui aussi sous les balles des FARL : «Nous, Fraction Armée Révolutionnaire Libanaise, nous nous adressons à tous ceux qui condamnent la terreur et le terrorisme, à tous ceux qui militent pour l’abolition de la société d’exploitation et de guerre. Nous avons exécuté YACOV BARSIMANTOV. Nous, nous attaquons ceux qui organisent le génocide du peuple Palestinien. Nous, nous sauvegardons la vie des innocents même au péril de notre propre sécurité» (7). Selon le journal libanais Al Akhbar, l'exécution d'Yvan Barsimantov est le fait de Jacqueline Esber, alias «Camarade Rima» militante communiste des FARL décédée en novembre 2016 au Liban à l'âge de 57 ans (8).

     

    Le 24 octobre 1984, Georges Ibrahim Abdallah est arrêté pour détention de faux papiers d'identité, un passeport délivré légalement par les autorités algériennes. Selon Jacques Attali, Georges Ibrahim Abdallah « n’est inculpé que de faux et usage de faux. Il dispose d’un vrai-faux passeport algérien» (9). Aujourd'hui, 33ans après, Georges Ibrahim Abdallah est toujours en prison. Il est devenu le plus vieux prisonnier politique d'Europe. Son procès a connu de multiples rebondissements et plusieurs chefs d'accusation. Finalement la justice française le condamne en 1987 à perpétuité pour complicité dans les assassinats en 1982 de deux diplomates agents de la CIA et du Mossad.

     

     

    Dans un premier temps Georges Ibrahim Abdallah était défendu par Me. Jean-Paul Mazurier qui a publié avec Laurent Gally, journaliste à Libération, un livre où il reconnaît qu'il travaillait aussi pour les renseignements français (10) ! Toutes les demandes de libération conditionnelle formulées par Georges Ibrahim Abdallah , neuf au total, ont été rejetées alors qu'il était libérable depuis 1999 selon le code pénal français qui rend cette libération possible après quinze ans de détention. Les gouvernements américain et israélien s'opposent farouchement à sa libération. Les États-Unis par exemple, non seulement exercent une pression directe sur le gouvernement français, mais se sont constitués également partie civile dans le procès, phénomène rare dans les annales de la justice. Même l'ancien directeur de la DST Yves Bonnet, qui a participé aux négociations pour libérer Gilles Sidney Peyrolles fils de l'écrivain Gilles Perrault enlevé par les FARL au Liban en échange de la libération de Georges Ibrahim Abdallah, trouve « (...) anormal et scandaleux de maintenir encore Georges Ibrahim Abdallah en prison. Je considère qu'il avait le droit de revendiquer les actes commis par les FARL comme des actes de résistance. Après on peut ne pas être d'accord, c'est un autre débat. Mais il faut se souvenir du contexte, aussi, des massacres de Sabra et Chatila dont les coupables n'ont jamais été punis» (11). Précisons que dans cette affaire de tractations menée par Yves Bonnet, seul Gilles Sidney Peyrolles a été libéré. Georges Ibrahim Abdallah, lui, est toujours en prison. Rien ne peut se faire sans le consentement du pouvoir politique. C'est une justice totalement dépendante du gouvernement, servile serviteur des intérêts de la classe dominante. La séparation des pouvoirs, chère à Montesquieu, reste une chimère dans la démocratie bourgeoise. Le cas de Georges Ibrahim Abdallah est une preuve vivante de cette imbrication des pouvoirs judiciaire et exécutif entre les mains de la classe dominante. Le procès de Georges Ibrahim Abdallah ainsi que son destin se jouent davantage au palais de l’Élysée que dans le palais de justice. Car il ne s'agit pas d'un procès judiciaire mais politique !

     

    Georges Ibrahim Abdallah est un prisonnier politique. Il n'a jamais renié ses convictions communistes et internationalistes ni son combat contre le sionisme et l'impérialisme américain (12). Et ce sont justement ces convictions et ce combat que les États-Unis, Israël et la France s'acharnent à briser en maintenant arbitrairement 33 ans en détention un homme qui leur tient tête. Selon les mots mêmes de Georges Kiejman avocat des Etats-Unis dans ce procès, « Georges Ibrahim Abdallah, c'est quelqu'un de très digne, mais qui se présente aujourd'hui encore comme un militant prêt à reprendre le combat politique» (13). A travers Georges Ibrahim Abdallah c'est en réalité la résistance à Israël que l'on condamne. Georges Ibrahim Abdallah n'est pas condamné selon les règles du droit, il est séquestré par un État dont la soumission aux intérêts sionistes n'est plus à démontrer. Pour la bourgeoisie française et ses gouvernements successifs, le marxiste Georges Ibrahim Abdallah doit mourir en prison.

     

    Les bourgeoisies occidentales sont complices des régimes locaux d'un autre âge qui répriment, pourchassent, emprisonnent et parfois assassinent les militants progressistes et à fortiori communistes dans le monde arabe. Rappelons que ce sont ces mêmes bourgeoisies qui ont sauvé ces régimes de l'effondrement lors des soulèvements populaires de 2011.Voir fleurir des idées laïques dans cette région tourmentée du monde leur est insupportable. Mais en condamnant toutes les voies et toutes les issues progressistes, les bourgeoisies occidentales ont ouvert la boîte de Pandore libérant des monstres qui essaiment et sèment la mort un peu partout dans le monde. Elles s’accommodent davantage avec les idées réactionnaires et obscurantistes qu'avec celles du progrès et des lumières. En plantant une lame au cœur du monde arabe c'est à dire un État au dessus des autres et qui viole au quotidien le droit international, les bourgeoisies occidentales ont en même temps créé sans le vouloir la résistance laïque et progressiste non seulement en Palestine mais aussi dans tout le monde arabe. Cette situation leur est intolérable et inacceptable. Il faut donc soutenir les régimes les plus rétrogrades pour dresser un rempart conte toute résistance communiste ou tout simplement progressiste aussi minime soit-elle. Georges Ibrahim Abdallah fait partie de ces générations de militants marxistes qu'il faut partout traquer, arrêter et emprisonner même si la menace qu'elles représentent est plus que surestimée. Mais l'ennemi matérialiste fait toujours peur !

     

    Il faut sauver Georges Ibrahim Abdallah des griffes de cette classe toujours prompte à accorder son pardon à des hommes politiques qui ont servi ses intérêts. Le cas, parmi tant d'autres, de Maurice Papon est éloquent à cet égard. Rappelons pour mémoire que cet homme est responsable, avec la complicité de l’État français, du massacre de plusieurs dizaines d'algériens en octobre 1961 (14), de celui de Charonne en février 1962 et condamné en 1998 à 10 ans de réclusion criminelle pour «complicité de crimes contre l'humanité» pour avoir organisé l'arrestation et la déportation de 1560 juifs (15). Maurice Papon n'a finalement passé qu' à peine trois ans en prison. Il est mort paisiblement pendant son sommeil en 2007. Georges Ibrahim Abdallah, lui, doit rester et mourir en prison. Seule une lutte organisée et efficace peut renverser le rapport de force et le sauver de cette lente mort carcérale à laquelle l'a condamné cette classe hideuse . Il faut populariser son combat ainsi que celui des collectifs qui le soutiennent et qui se trouvent aujourd'hui aux quatre coins du monde. Il faut partout dénoncer cette injustice et exiger la libération de Georges Ibrahim Abdallah. La bourgeoisie française qui espère le voir mourir en prison, doit comprendre que «les révolutionnaires ne meurent Jamais».

     

    Mohamed Belaali

     

     

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    * http://blog.mondediplo.net/2013-10-23-Georges-Ibrahim-Abdallah-trentieme-annee-dans-les

     

     

    http://blog.mondediplo.net/2013-10-23-Georges-Ibrahim-Abdallah-trentieme-annee-dans-les

    (1)Les maronites sont des chrétiens d'orient. Ils constituent la plus importante communauté chrétienne du Liban. L’Eglise maronite naît au IVe siècle sous l’impulsion de Saint Maron.

    Voir :http://www.lesclesdumoyenorient.com/Le-Liban-chretien-Bref-historique.html

    (2)http://www.un.org/french/Depts/palestine/history4.shtml

    (3)Ben Gourion, Rebirth and destiney of Israël. Cité par Lotfallah Soliman dans « Pour une histoire profane de la Palestine ». La Découverte, p. 120.

    (4)http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=S/RES/508%281982%29

    (5)Voir Jean Genet, «Quatre heures à Chatila» dans « L’ennemi déclaré ». Textes et entretiens.
    Gallimard. Page 243.

    (6)http://www.monde-diplomatique.fr/2012/05/DA_SILVA/47661

    (7)http://liberonsgeorges.samizdat.net/non-classe/communique-execution-yacov-barsimantov-farl-fraction-armee-revolutionn-2/

    (8)http://www.al-akhbar.com/taxonomy/term/6219

    (9)Jacques Attali, Verbatim, tome l. Deuxième partie Chronique des années 1983-1986, Fayard,

    Paris, 1993, p. 1 180.

    (10)«L’Agent noir. Une Taupe dans l’Affaire Abdallah», Robert Laffont, Paris, 1986.

    http://www.ina.fr/video/CPB87005104

    (11)http://www.ladepeche.fr/article/2012/01/07/1255561-yves-bonnet-raconte-les-dessous-de-l-affaire-abdallah.html

    (12)http://liberonsgeorges.samizdat.net/category/ses-declarations/

    (13)http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/25/georges-ibrahim-abdallah-le-plus-vieux-prisonnier-politique-d-europe_3502926_3224.html

    (14)Jean-Luc Einaudi «La bataille de Paris, 17 octobre 1961». Éditions du Seuil, 1991.

    https://www.youtube.com/watch?v=0D6MAtV2jkI&feature=youtu.be

    (15)http://www.humanite.fr/bordeaux-les-oublis-de-maurice-papon-qui-deporta-1-560-juifs-dun-trait-de-plume-548186

     

     

     

     

     

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    1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 12:34

    Le candidat du Cac 40 sera probablement Président de la République. Il s'agit d'un «coup d'Etat» habilement orchestré par le pouvoir financier et patronal au profit d'une minorité d'exploiteurs. Si Macron est élu, il prolongera l’œuvre de destruction et de liquidation, entamée par Sarkozy et Hollande, de ce qui reste encore des avancées sociales arrachées de haute lutte aux patrons par des générations successives de travailleurs. Macron appliquera avec zèle une politique de paupérisation systématique des classes populaires et l’enrichissement d’une minorité d'oppresseurs.

    Pour produire l'illusion du changement et donner l'impression de créer quelque chose de tout à fait nouveau, Macron et son équipe doivent travestir la réalité. Les nouveaux serviteurs pour se distinguer des autres, doivent jouer une nouvelle comédie sur la scène politique française.

    La classe dominante peut s’estimer heureuse ! Après le chiraquisme, le sarkozysme et le hollandisme qui l’ont comblée au- delà même de ses espérances, voilà le macronisme qui s’apprête à son tour avec un dévouement singulier à servir les mêmes maîtres. Étrange démocratie qui, avec la complicité d'une majorité, sert toujours les intérêts d'une minorité !

     

    Le discours, le style, les apparences de ces serviteurs de la bourgeoisie sont différents. Mais il ne s'agit là que d'un déguisement qui reflète plus ou moins nettement le fond commun : servir la même classe sociale qui les place à tour de rôle, dans des circonstances différentes, à la tête de l’État.

    Pour la classe dirigeante, Macron est l'homme de la situation d'autant plus qu'il est présenté comme un rempart contre le Front national. Il est capable de préserver les intérêts des riches tout en faisant croire aux masses populaires qu’il entreprend des réformes en leur faveur. Le sarkozysme et le hollandisme ont fait leur temps. Ils ne correspondent plus à la nouvelle réalité de la lutte des classes. Place au macronisme, aux nouveaux serviteurs de l'ordre établi.

     

    Pour placer Macron à la tête de l'Etat, la classe dominante, à travers ses médias et ses instituts de sondages exerce une terrible pression sur les citoyens. Hommes et femmes politiques, journalistes, artistes, sportifs et autres intellectuels sont ainsi mobilisés pour «faire barrage» au Front national. La propagande bat son plein. Les grands médias, tous entre les mains des groupes industriels et financiers, incitent la population à voter plutôt Macron que Le Pen. Le joker Front national sera utilisé le moment venu pour servir les mêmes intérêts. Les valeurs républicaines sont brandies de manière incantatoire. Toute voix discordante qui appelle au boycott, à l'abstention et au vote blanc est suspectée, marginalisée ou tout simplement censurée. Il faut, vaille que vaille, voter Macron.

    Tous les moyens, petits et grands, sont utilisés pour répandre «la vérité» de la classe dirigeante et faire élire le candidat des riches perpétuant ainsi les privilèges et les injustices de l'ordre établi.

     

    Le parti d'extrême droite était présenté durant toute la campagne électorale comme un parti normal et son nationalisme xénophobe et antisémite, édulcoré, banalisé. Les sondages annonçaient Marine Le Pen présente au deuxième tour d'une manière continue. Le parti d'extrême droite bénéficiait d'une couverture médiatique impressionnante. L'hydre Front national était grassement nourri pour servir d'éventail entre les deux tours, facilitant ainsi l'élection du candidat des puissants, Emmanuel Macron. La classe dirigeante après avoir tout fait pour que Marine Le Pen soit présente au deuxième tour, «diabolise» hypocritement maintenant le Front national. La bourgeoisie dont le fascisme et le nazisme sont sortis de ses entrailles, en période de crise, feint de découvrir que le Front national peut être dangereux.

     

    Macron, Le Pen sont deux têtes du même monstre, le capitalisme. Ils sont le produit authentique de la dictature du capital. Ils sont les ennemis du peuple. Les travailleurs et les salariés en général doivent s'attendre, après Chirac, Sarkozy et Hollande, à un quinquennat effroyable avec la poursuite des politiques d'austérité et de liquidation des acquis sociaux. Les conséquences seront terribles pour la population : chômage de masse, précarité, destruction des services publics, démantèlement de ce qui reste encore du droit du travail et du système de retraite par répartition basé sur la solidarité entre générations entraînant inévitablement l'augmentation du nombre de personnes cumulant vieillesse et pauvreté. Cette misère des classes populaires n'a d'égale que la richesse d'une classe de parasites dont Macron est aujourd'hui le porte parole politique. Sombre avenir pour une partie de la population de plus en plus importante.

     

    Macron ou Le Pen utiliseront l'Etat et son appareil idéologique et répressif pour masquer cette cruelle réalité afin d'éviter toute révolte et toute résistance d'envergure. Macron ou Le Pen maintiendront l'état d'urgence et rétabliront le service militaire. La guerre et la négation de la vie est une caractéristique fondamentale du système qu'ils servent, le capitalisme. Ils vont contrôler, surveiller, ficher, réprimer, bref il vont terroriser les citoyens qui refusent de courber l’échine. Les richesses doivent, sous le règne de Macron ou de Le Pen, rester concentrées entre les mêmes mains.

     

    Sous le régime de Macron ou de Le Pen, Les travailleurs, les salariés en général, la jeunesse et tous les progressistes doivent partout amplifier la guerre sociale. Car l'un ou l'autre, même si il y a une différence de degré et non d'essence, sont les ennemis du peuple et du progrès. Il faut éviter de reproduire l'erreur de 2002. Les partis et les organisations qui se réclament de la classe ouvrière doivent mener des luttes quotidiennes pour améliorer temporairement la situation des masses populaires sans jamais renoncer au combat politique de classe contre classe.

     

    Mohamed Belaali

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 13:02

    Montres de luxe, costumes sur mesure payés par des richissimes amis, travail non identifiable de l'épouse et des enfants, mise en examen pour détournement de fonds publics, mensonges sur la valeur réelle du patrimoine, refus de se rendre devant les juges etc., voilà quelques unes des caractéristiques du trio préféré de la bourgeoisie française pour l'élection présidentielle. Et il ne s'agit là que de l'arbre qui cache la jungle des magouilles et des scandales financiers en tout genre d'une partie de la classe politique sans foi ni loi qui s'agrippe de toutes ses forces à ses privilèges. Macron, Le Pen et Fillon qui peuvent paraître différents dans leur style, leurs mots d'ordre et leurs discours, partagent en réalité le même fond commun, servir les puissants.

    Les citoyens sont ainsi fortement incités à choisir un président de la République parmi ces personnages grotesques et corrompus. Plus les dates des élections s'approchent, plus ces «chiens de garde» du capital aboient à longueur de journée et de nuit dans les médias. La propagande et l’endoctrinement deviennent permanents, intenses, futiles et cyniques. Les moyens de communication de masse, notamment la télévision, sont ainsi utilisés massivement par la classe dominante pour tromper et anesthésier une population déjà traumatisée et démobilisée par le chômage et la précarité.

     

    Marine Le Pen est assurée, selon les sondages fabriqués de toutes pièces, de participer au second tour alors que les citoyens n'ont pas encore voté. Peu importe, il faut qu'elle soit, vaille que vaille, au deuxième tour.

    Son parti est présenté par les médias comme un parti normal, un parti somme toute comme tous les autres. Son nationalisme xénophobe et antisémite est édulcoré et banalisé : le musulman remplace le juif, «la race germanique» devient «français de souche», «La grande Allemagne», c'est «la grandeur de la France» et la République a pris la place du «Reich» (1). Les mots utilisés par le père comme «l'immigration massive et sauvage» ou «les chambres à gaz ne sont qu'un détail de l'histoire» sont adoucis. Marine, sa fille, parle plutôt de communautarisme, de laïcité, du terrorisme islamique etc. (2). Mais il ne s'agit là que des mots qui travestissent la réalité pour mieux masquer la vraie nature de ce parti dangereux. Si le Front national est partout dans les médias aujourd'hui, c'est que la classe dominante, en période de crise, a besoin d'instrumentaliser ce genre d'organisations pour, en dernière analyse, maintenir l’accumulation et la concentration de la richesse entre les mêmes mains. Elle a besoin d'inventer des boucs émissaires qui lui permettent d’occulter sa responsabilité dans la situation économique et sociale désastreuse que connaît la France aujourd’hui.

    Pour reconquérir une «opinion publique» traumatisée par les différents plans d’austérité des gouvernements Sarkozy/Hollande et dégoûtée par le comportement d’une classe politique corrompue et totalement soumise aux intérêts d’une minorité de très riches, la bourgeoisie française invente des ennemis et montre du doigt l’Immigré, le Musulman, le Noir, le Réfugié, le Sans-papiers etc. comme responsables de tous les maux de la France. La fabrication des boucs émissaires permet également de décharger la colère populaire sur les victimes de la crise tout en épargnant ses véritables responsables.

    L'hydre Front national remplit aussi une autre fonction pour la classe dominante, servir d'épouvantail pour mieux placer à la tête de l'Etat un autre président qui servira, dans des conditions plus apaisées, ses intérêts.

     

    François Fillon est le candidat de cette vieille bourgeoisie française conservatrice et catholique peu attirée par l'extrême droite. Une partie des classes populaires trompée par le discours démagogique de Marine Le Pen ne se reconnaît pas dans la rhétorique du châtelain. Par contre, son combat pour des valeurs traditionnelles (contre le mariage homosexuel, contre l’interruption volontaire de grossesse et l’adoption, contre «la théorie du genre» etc.), ses convictions religieuses qu'il étale à la moindre occasion lui attirent la sympathie d'une droite réactionnaire qui aimerait faire tourner la roue de l'histoire en arrière. Manif pour tous, Sens commun et tous les réseaux de la droite catholique se mobilisent pour l'homme aux costumes à 50 000 euros.

    Cependant ses valeurs conservatrices ne correspondent pas vraiment à son programme économique ultra-libéral (3) qui plaît au patronat et à une droite plus ouverte sur les évolutions de la société (4).

    Fillon et la bourgeoisie qu'il représente vivent dans un autre monde. Leur vénération pour l'argent et le profit les rend imperméables aux injustices, aux inégalités et à l’irrationalité du capitalisme qui produit en même temps richesses pour une minorité et misère pour la majorité de la population. Ils exigent des autres des sacrifices qu'ils sont incapables d'appliquer pour eux-mêmes.

    Le progrès social, la sécurité sociale, les services publics etc. ne sont pour eux que des mots vides de tous sens. Fillon le janséniste aime l'argent, le luxe mais méprise les classes populaires à qui il promet une austérité thatchérienne. Manoir, montres de luxe, costards de luxe, voitures de sport, etc. sont exhibés fièrement alors qu'une frange de la population, hélas, de plus en plus grande vit dans la misère et la détresse. Quel contraste entre les valeurs proclamées par la République et les pratiques réelles de ses dirigeants !

     

     

    Macron se distingue nettement des deux autres candidats préférés par la bourgeoisie surtout que Marine Le Pen et François Fillon fleurtent avec Moscou. Emmanuel, atlantiste et européiste, est paré de toutes les vertus : il est jeune, beau, intelligent, compétent, pragmatique, charismatique, moderne et tutti quanti... Mais cette richesse dans le vocabulaire contraste avec la misère morale et politique de ce pur produit du patronat, ennemi du peuple et du progrès. Derrière cette image joviale de Macron, se cache en réalité le visage hideux de la finance.

    Emmanuel Macron a tout pour lui, l'argent des chefs d'entreprises et des banquiers, les médias, les instituts de sondage, les économistes, les intellectuels, les hauts fonctionnaires, les fondations, les think tank, et bien sûr les hommes notamment ceux, nombreux, qui sont à la fois «socialistes» et «macronistes» à l'image du plus célèbre d'entre-eux, Manuel Valls (5). Victor Hugo parlait de Napoléon (le petit) en ces termes: «M. Louis Bonaparte a réussi. Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort, et tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte» (6).

    Son programme économique ressemble, pour l'essentiel, étrangement à ce que les gouvernements successifs appliquent depuis belle lurette : baisse de l'impôt sur les sociétés (de 33,3 % à 25%), réduction des charges pour les entreprises, flexibilité accrue du marché du travail, assouplissement de la loi sur les 35 heures, réduction des dépenses publiques, suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, suppression de l'Impôt de solidarité sur la fortune et, dans un autre domaine, davantage d'autonomie pour les établissements scolaires pour ne citer que ces quelques propositions (7).

    On trouve également dans le programme de Macron cette idée intéressante, la collaboration de classe :«Concilier les attentes des salariés, des dirigeants et des actionnaires» (8). l'Etat «macronien» veut donc «concilier» les contradictions de classes pour mieux détourner les travailleurs et les salariés en général de ce combat de classe contre classe. Or les classes dans le système capitaliste sont inconciliables. L’entente des classes est une chimère, une rêverie produite et entretenue par les classes exploiteuses. Elle est contredite chaque jour par les faits.

    Triste France ! Les puissants s'apprêtent à mettre à la tête d'une République affaiblie un homme qui, si par malheur est élu, prolongera l’œuvre de destruction et de liquidation entamée par Sarkozy et Hollande de ce qui reste encore des avancées sociales arrachées de haute lutte aux patrons par des générations successives de travailleurs. Macron appliquera avec zèle et dévouement une politique de paupérisation systématique des classes populaires et l’enrichissement d’une minorité de puissants. Il se présente comme un prestidigitateur habile attirant et fixant par un tour extraordinaire l’attention des classes populaires sur les quelques aspects plutôt positifs de ses promesses électorales pour mieux cacher sa véritable mission, servir la classe dominante.

     

    Macron, Le Pen, Fillon trois ennemis du peuple et du progrès. Leur mission essentielle est de servir encore et toujours les puissants. Pour les plus démunis, pour les travailleurs, ils n'ont absolument rien à offrir à part les mensonges, les promesses, les illusions et la répression en cas de résistance et de révolte. La démocratie bourgeoise, même si elle reste utile pour arracher quelques avancées économiques et sociales, ne peut jamais traduire la volonté réelle et les aspirations profondes de la majorité des travailleurs et des salariés en général. Macron ne peut rien faire d'autre que d'exécuter les ordres de l'Union européenne, de la finance internationale, des multinationales, bref de ceux qui l'ont créé et propulsé sur le devant de la scène politique. Ce sont eux qui détiennent la réalité du pouvoir. Le Président, le Gouvernement et le parlement ne sont que des paravents derrière lesquels se cachent les véritables détenteurs du pouvoir. Ils ne sont que les gestionnaires des intérêts de la classe dominante. Et comme disait Marx et Engels il y a longtemps «Le gouvernement moderne n'est qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise toute entière» (9).

     

    Mohamed Belaali

     

     

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    (1)http://lmsi.net/Du-programme-electoral-du-parti

    (2)Voir sur ce sujet « Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste» de Cécile Alduy et Stéphane Wahnich.

    (3)https://www.fillon2017.fr/projet/

    (4)http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/l-interview-eco/pierre-gattaz-medef-le-programme-de-francois-fillon-va-vers-le-plein-emploi_2097219.html

    (5)Voir entre autre :

    https://www.mediapart.fr/journal/france/050317/emmanuel-macron-embarrasse-par-ses-millions?page_article=1

    https://www.legrandsoir.info/l-arnaque-emmanuel-macron-de-a-a-z.html

    (6))Victor Hugo : « Napoléon le Petit ». Réédité chez Actes Sud (2007), par Jean-Marc Hovasse.

    (7)https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme

    (8)Voir objectif 3 https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/entreprises

    (9)K Marx, F Engels : «Manifeste du parti communiste ».

     

     

     

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    2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 11:07

     

    Face au cauchemar que nous vivons aujourd'hui, la Révolution russe d'Octobre 1917 apparaît comme un rêve sublime. La révolution tant haïe par les classes dominantes, n’a jamais été aussi légitime et aussi nécessaire que maintenant. Aucun remède ni aucune thérapie ne sont en mesure de guérir un monde atteint d’une maladie mortelle, le capitalisme. Il n' y a pas d'autres moyens pour abolir l'ordre établi que la révolution. En quelques mois seulement la Révolution russe a changé la face du monde. En février et en octobre 1917, cent ans déjà, les ouvrières et les ouvriers de Petrograd se soulèvent contre la misère et l'humiliation. L'armée refuse de tirer. La troupe fraternise avec les ouvriers. Le Tsar abdique. Le régime despotique et multicentenaires s’effondre. Le Gouvernement bourgeois provisoire s'efface. Les Soviets composés d'ouvriers, de paysans pauvres et de soldats prennent le pouvoir. Ce qui relevait de l'impossible devient une réalité. L'ordre établi est renversé. La Révolution était là, dans les usines, dans les casernes, dans les ports, dans les quartiers, sur les places publiques des villes et des villages, dans les champs et sur le front, portant en elle les aspirations et les espoirs les plus simples et les plus grandioses de tout un peuple et de tous les travailleurs du monde.

    En moins d'un demi siècle après la glorieuse Commune de Paris, les opprimés s'emparent à nouveau du pouvoir et entrent dans l'histoire. Car ce sont les masses et leurs dirigeants révolutionnaires qui font l'histoire. Dépouillées de toute leur humanité, leur intérêt objectif est de renverser de fond en comble les conditions d’existence matérielles et morales dans lesquelles elles sont asservies et méprisées. Il ne s'agit pas pour elles d'améliorer la société existante pour la rendre supportable, mais de l'abolir. Il ne s'agit pas de mettre en place une quelconque démocratie bourgeoise, mais d'installer la dictature du prolétariat.

    Les masses des opprimés savent que les puissants ne renoncent jamais à leurs privilèges, qu'ils n'accordent jamais rien par générosité ou grandeur d'âme et qu'ils ne reculent devant rien pour sauver leurs intérêts et perpétuer leur système. La marche vers le socialisme ne peut résulter d’une quelconque perfection de la démocratie bourgeoise, de la conciliation des classes, des élections etc. L’entente des classes est une chimère, une rêverie produite et entretenue par les classes exploiteuses. Elle est contredite chaque jour par les faits. Seule l’appropriation des moyens de production par les travailleurs permettra de briser cette servitude économique, source première de leurs malheurs. La révolution est la seule alternative au capitalisme et à ces guerres abjectes. Il s'agit donc, sans compromis ni conciliation avec les oppresseurs, de détruire un monde injuste pour reconstruire sur ses ruines un autre plus juste et plus lumineux. Même si l'Union Soviétique n'existe plus, la Révolution d'Octobre, restera à jamais un exemple irremplaçable pour tous les peuples opprimés.

    John Reed, journaliste, poète et révolutionnaire américain (1887/1920), décrivait ainsi les premiers moments de la prise du pouvoir après que les délégués aient voté à l'unanimité la proclamation de paix proposée par Lénine à tous les peuples belligérants : «Quelque chose s'était brusquement éveillé en tous ces hommes. L'un parlait de la révolution mondiale en marche, un autre de l'ère nouvelle de fraternité, où tous les peuples ne seront plus qu'une grande famille (…) Mus par une commune impulsion, nous nous trouvâmes soudain tous debout, joignant des voix dans l'unisson et le lent crescendo de l'Internationale. Le chant roulait puissamment à travers la salle, ébranlant les fenêtres et les portes et allant se perdre dans le calme du ciel» (1).

    Mais l'Internationale n'est pas seulement un poème, un chant révolutionnaire dédié aux hommes et aux femmes de la Commune et à tous les «damnés de la terre», elle est devenue l'hymne dusocialisme international. Une IIIe. Internationale a été fondée pour que les idées et les pratiques révolutionnaires se répandent dans la classe ouvrière partout à travers le monde. Car la Révolution d'Octobre n'est qu'un prélude, un pas sur le très long et le très difficile chemin de la révolution socialiste mondiale. Au capitalisme mondialisé doit correspondre une révolution mondiale. Les frontières de la Russie sont trop étroites pour contenir cet immense soulèvement révolutionnaire. La révolution ne peut se développer et s'épanouir qu'en tant que mouvement réel planétaire. Car là où il y a exploitation de l'homme par l'homme, il y a ipso facto une guerre permanente qui oppose oppresseurs et opprimés et qui ne peut se terminer que par le renversement révolutionnaire du capitalisme. Il ne s'agit pas que de la géographie mais d'une autre frontière celle qui sépare les classes sociales. Le destin de la Révolution russe dépendait dans une large mesure du triomphe et de l'accès au pouvoir de la classe ouvrière des autres pays notamment les plus avancés : « (...) il est absolument certain que la victoire finale de notre révolution, si elle devait rester isolée, s'il n'y avait pas de mouvement révolutionnaire dans les autres pays, serait sans espoir » disait Lénine (2). La portée de la Révolution prolétarienne d'Octobre 1917 est non seulement historique, elle est aussi et surtout universelle.

    C'est cette dimension planétaire de la Révolution russe, «ce foyer de contagion», que les bourgeoisies occidentales ne peuvent ni supporter ni tolérer. Elle menaçait partout l'existence même de leur système. D'autant plus que l'onde de choc de la révolution s'est rapidement propagée un peu partout à travers le monde et surtout en Europe. De l'Espagne à la Hongrie en passant par l'Allemagne, la France, l'Angleterre et l'Italie, les ouvriers commençaient à relever la tête. Car le salut de tous les ouvriers et derrière eux tous les opprimés de la terre réside dans la Révolution socialiste. Elle est le seul et l'unique moyen qui leur permet de briser les chaînes de l'esclavage moderne et de se libérer d'un système qui les opprime. Il fallait donc, vaille que vaille, détruire totalement le nouveau pouvoir ouvrier et effacer de l'histoire des hommes cette grande révolution.

    Dans une sainte croisade, les puissances impérialistes, alors qu'elles s’entre-tuaient hier encore dans une terrible guerre, ont lancé leurs forces contre la jeune révolution russe. Elles ont imposé un blocus total pour affamer la population et étouffer la révolution. La contre-révolution est encouragée, soutenue, financée et armée par les puissances impérialistes. L'Armée Rouge (composée de militants, d'ouvriers, de soldat, de paysans pauvres etc.), grâce à sa discipline et à sa détermination sans faille à défendre la révolution, a pu courageusement tenir tête à ses ennemis intérieurs et extérieurs. Mais sa victoire a été éclipsée par la défaite de la classe ouvrière en Europe. Partout les soulèvements des travailleurs ont été écrasés dans le sang. Rosa Luxembourg et Karl Liebknech, figures emblématiques de la classe ouvrière allemande, sont assassinés alors que se développait dans le pays un mouvement révolutionnaire (3). «Elle avait dit aux pauvres la vérité. Et pour cela les riches l’ont assassinée» disait Bertolt Brech (4).

    La défaite de la classe ouvrière allemande, c'est aussi la défaite de la révolution russe et de tous les travailleurs du monde. Isolée, encerclée par les forces impérialistes dont l'unique objectif est de détruire l’État ouvrier, la révolution s'est repliée sur elle-même, sur son territoire national abandonnant ainsi sa nature internationaliste. Mutilée et étouffée par une bureaucratie qui a remplacé le pouvoir des ouvriers et des paysans pauvres, la révolution n'a pu se consolider ni parvenir au bout de sa logique émancipatrice et libératrice.

    Mais cette glorieuse révolution avait dès le départ jeté les bases d'une société plus juste et plus fraternelle. Tous les secteurs de l'industrie, de la finance sont expropriés et nationalisés. La production et la répartition des produits sont sous le contrôle quasi total des ouvriers. Les terres appartiennent désormais aux citoyens capables de les exploiter. Le salariat en tant qu'organisation économique et sociale est aboli. La paix entre les peuples remplace la guerre et le carnage impérialiste. Un slogan simple résume ces premiers objectifs de la révolution : «La paix, le pain et la terre».

    La révolution a également rendu aux femmes leur dignité dans un pays arriéré et imbibé de préjugés contre les femmes. Elle a élevé l'égalité des deux sexes au rang des priorités malgré une situation économique et sociale difficile. Lénine dans un discours prononcé à la Conférence des ouvrières de Moscou soulignait l'importance de cette immense tâche : «Depuis bien longtemps, depuis des siècles, tous les mouvements émancipateurs d'Occident ont réclamé l'abolition de ces lois vétustes et l'égalité des deux sexes devant la loi. Mais pas un Etat démocratique, pas une république avancée, n'a pu opérer cette réforme, car là où existe le capitalisme, là où subsiste la propriété privée de la terre, des fabriques et des usines, là où subsiste le pouvoir du capital, l'homme conserve ses privilèges. (…) Nous pouvons le dire avec fierté et sans crainte d'exagération, il n'y a pas un seul pays au monde, en dehors de la Russie des Soviets, où la femme jouisse de tous ses droits (…). C'était là une de nos premières et plus importantes tâches» (5).

    L’enthousiasme révolutionnaire a libéré la parole. Des débats passionnés sur les rapports hommes /femmes, sur la sexualité, sur la famille enflammaient la jeunesse. Les meetings politiques sur la construction du socialisme un peu partout fleurissaient. La révolution a donné un élan magnifique à la poésie, au théâtre, à la musique, aux arts, bref à tout ce qui était inaccessible aux ouvriers, aux soldats et aux paysans pauvres et d'une manière générale aux masses populaires. Le peuple s'est emparé ainsi de la culture qui était jusqu'alors réservée à une caste de privilégiés. Mais cet aspect de la révolution culturelle s'est heurté à la réalité de l'analphabétisme et de l'ignorance des masses. C'est pourquoi l'une des tâches essentielles de la révolution était de «liquider l'analphabétisme» : «Oui le ballet, le théâtre, l'opéra, les expositions de peinture et de sculptures modernes, tout cela sert pour beaucoup à l'étranger de preuve que nous, les bolcheviks, ne sommes pas du tout les terribles barbares que l'on pensait. Je ne récuse pas ce genre de manifestations de la culture sociale et ne les sous-estime pas. Mais j'avoue que dans l'âme je suis plus sensible à la création de deux ou trois écoles primaires dans des villages perdus qu'au plus magnifique objet dans une exposition » disait Lénine (6).

     

    La Révolution d'Octobre 1917 a montré et montre toujours aux travailleurs et aux opprimés du monde entier la voie à suivre, celle de la révolution socialiste. Car il n' y a pas d'avenir pour l'humanité dans le capitalisme. Plus il s'enfonce dans la crise et plus il devient menaçant pour l'homme et pour la nature : guerres, terrorisme, chaos au Moyen-orient, montée du néofascisme aux États-Unis et en Europe, paupérisation planétaire des masses et enrichissement extraordinaire d'une minorité, saccage de la nature, scandales et corruption généralisés etc. etc, On est loin de la «Fin de l'histoire» de Fukuyama. Le spectre de la Révolution d'Octobre hante toujours la société bourgeoise. Mais ce système, ennemi de l'homme et de la nature, ne disparaîtra pas spontanément de lui-même. Seule la révolution est en mesure de mettre un terme à la résistance de la minorité d’exploiteurs, et d’enfanter une nouvelle société. Même si les conditions ne sont pas réunies, la révolution reste l’unique solution. Les obstacles immenses et innombrables qui se dressent face à ce changement ne sauraient effacer ni la légitimité ni la nécessité de la révolution.Toutes les demi-mesures et toutes les réformes, si elles ont contribué à améliorer provisoirement la situation des esclaves modernes que sont les salariés, restent insuffisantes. Pire, les réformes économiques, sociales et politiques, aussi nécessaires soient-elles, ne font en dernière analyse que perpétuer l’asservissement général engendré par le système. Mais la révolution ne se décrète pas, ne s'improvise pas, elle se prépare comme l'a démontré d'une manière admirable la glorieuse révolution russe. Les bolcheviks et derrière eux l'immense majorité de la population ont préparé et finalement rendu possible la victoire d'Octobre 1917. Cette victoire reste et restera comme une immense possibilité à réaliser pour les travailleurs et les opprimés de tous les pays.

    Mohamed Belaali

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    (1)John Reed, « Dix jours qui ébranlèrent le monde » (préface de Lénine). Editions Tribord, 2010 pages 228 et 229

    (2)«Rapport politique du comité central », le 7 mars 1918 :

    http://www.marxistsfr.org/francais/lenin/works/1918/03/d7c/vil19180300-02c7.htm

    (3)http://www.belaali.com/article-social-democratie-et-collaboration-de-classes-50152165.html

    (4)http://www.humanite.fr/la-passion-lumineuse-de-rosa-liberte-602654

    (5)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/09/vil19190923.htm

    (6)cité par Claude Frioux, dans «LÉNINE, MAIAKOVSKI, LE PROLETKULT ET LA RÉVOLUTION CULTURELLE» page 102 :

    http://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1976_num_24_4_2059

     

     

     

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    18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 10:41

    Les pays impérialistes, petits et grands , mènent en ce moment à travers leurs médias une hystérique propagande contre la Syrie. Ils instrumentalisent cyniquement la tragédie des populations civiles pour mieux masquer leur défaite historique à Alep. En fait, ils ne pleurent pas les victimes d'Alep-Est et encore moins celles de l'Ouest ou de toute la Syrie, mais plutôt la capitulation de leurs propres créatures, les terroristes d'Al Nosra, d' Ahrar al-Cham, de Fatah Halab et une myriade de petits groupes de fanatiques appelés hypocritement rebelles syriens (1). Mais derrière cette posture humanitaire se cache une profonde et cruelle frustration : leurs rebelles syriens ont échoué à renverser par la force le régime de Bachar Al-Assad alors qu'ils ont réussi à détruire la Libye de Khadafi. Car les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France et leurs alliés locaux comme l'Arabie Saoudite, le Qatar ou encore la Turquie n'ont qu'un seul objectif, renverser par la violence le régime d'Assad et installer à sa place un gouvernement à leur solde pour mieux asservir le peuple syrien et servir leurs intérêts économiques et stratégiques. Comme en Afghanistan et comme en Libye, l'impérialisme et ses alliés n'hésitent pas à créer et utiliser des groupes terroristes dont l'Islam n'est qu'un voile derrière lequel se cachent les intérêts des uns et des autres (2). Mais la Syrie n'est pas la Libye. Le peuple syrien, dans toutes ses composantes ethniques et religieuses, et ses alliés ont tenu bon face aux terroristes et leurs maîtres occidentaux. Alep la martyre qui a tant donné à la civilisation humaine renaîtra de ses cendres tel un phénix plus forte et plus belle.

    Depuis quand les pays occidentaux et leurs vassaux comme l'Arabie Saoudite par exemple pleurent les civils victimes des guerres ? Depuis quand les États-Unis, la France et la Grande Bretagne luttent contre les dictatures et aident les peuples à se débarrasser des despotes d'un autre âge ?

    Les peuples du monde entier savent que les pays impérialistes ont soutenu des dictateurs les plus féroces.

    Commençons par l’Amérique latine : Artur da Costa e Silva au Brésil, Augusto Pinochet au Chili, Juan Carlos Ongania et Videla en Argentine, le régime somoziste au Nicaragua, Maximiliano Hernández Martinez au Salvador, le régime de Fulgencio Batista à Cuba, de Marcos Pérez Jiménez au Venezuela, de Banzer en Bolivie etc.

    En Asie, on peut trouver Soeharto en Indonésie, Marcos aux Philippines, Musharraf au Pakistan.

    En Afrique on peut citer, entre autres, Hosni Moubarak en Egypte, Gnassingbé Eyadéma au Togo, Idriss Déby au Tchad, Denis Sassou N’Guesso au Congo, Paul Biya au Cameroun sans oublier les fidèles serviteurs de l’impérialisme français, Omar et Ali Bongo.

    L’empire américain a dressé également des fanatiques religieux contre Nasser en Egypte, contre Sukarno en Indonésie, contre Bhutto au Pakistan, contre Najibullah en Afghanistan. Le but est de contrer et d’étouffer toute pensée et tout mouvement communiste ou tout simplement démocratique et progressiste.

    Les américains et leur caniche européen ont, dans un passé récent, détruit la Yougoslavie (en 1991 et en 1999), envahi l’Afghanistan (2001), ravagé l’Irak (2003) et ruiné la Côte d’Ivoire (2011).Toute l'histoire de l'impérialisme n'est, en dernière analyse, que destructions, cruauté, massacres et violence extrême pour soumettre les peuples de la planète et piller leurs richesses.

     

    Au moment même où ils se lamentent sur les victimes d'Alep-Est, leur allié le plus fidèle, l'Arabie Saoudite, mène une véritable guerre au Yémen qui a fait en une seule année plusieurs milliers de morts principalement des civils et détruit une partie importante de l’héritage culturel et architectural yéménite qui est en même temps patrimoine mondial de l’humanité. Les massacres de milliers de personnes se poursuivent encore aujourd'hui dans l’indifférence quasi-générale (3). Leur hystérique propagande sur la Syrie n'a d'égal que leur silence sur les massacres perpétrés par la coalition dirigée par le Royaume wahhabite.

     

    Les soulèvements populaires en Tunisie, en Libye, en Égypte, au Yémen, à Bahreïn etc. ont suscité d’énormes espoirs de changement dans les masses arabes opprimées y compris en Syrie. Mais l'impérialisme ne peut supporter ni tolérer la marche des peuples vers leur émancipation et leur libération des régimes qui les oppriment et les maintiennent dans le sous développement et la misère. Les opprimés du monde arabe n'oublieront jamais le rôle contre-révolutionnaire confié par les pays impérialistes à l'Arabie Saoudite pour briser leurs soulèvements populaires et pacifiques. Les États-Unis, la Grande Bretagne et la France n'agissent qu'en vertu des intérêts de leurs bourgeoisies respectives. Les bourgeoisies américaines et européennes, inlassablement, parlent des droits de l'homme tout en massacrant un peu partout les hommes qui leur tiennent tête. Toute leur histoire n'est que mépris et négation des hommes tant qu'ils ne servent pas leurs intérêts.

     

    La propagande de l'empire lui a toujours servi de prétexte et de légitimation pour s'immiscer dans les affaires des peuples. Une longue tradition de mensonges jalonne l'histoire des États-Unis et de ses alliés. Rappelons-nous du charnier de Timisoara en 1989 où, selon les journalistes occidentaux, gisaient quatre mille morts ! On a appris par la suite qu'il s'agissait d'une gigantesque manipulation pour tromper l'opinion mondiale. Des cadavres ont été exhumés à la hâte du cimetière des pauvres et montrés devant les caméras du monde entier pour simuler le génocide légitimant ainsi le nouveau régime (4). Un autre grand mensonge de l'histoire, les Armes de Destruction Massive (ADM) inventées de toutes pièces par l'administration Bush pour justifier l'intervention militaire en Irak dont nous subissons aujourd'hui encore les conséquences dramatiques (5). La liste est longue, mais

    c'est le même processus qui a été utilisé en Yougoslavie contre Milosevic, en Afghanistan contre Najibullah, en Libye contre Kadhafi et aujourd'hui en Syrie contre Bachar Al-Assad.

     

    Et pourtant ce sont ces mêmes pays, leurs médias et leurs intellectuels qui osent parler aujourd'hui de crimes de guerre, de barbarie, de propagande et comparent Alep à Sarajevo et à Guernica (6). C'est l'histoire du criminel qui crie halte au crime. Quel cynisme ! Quelle légitimité et quelle crédibilité peut-on encore accorder à leurs discours et à leurs jérémiades ? Aucune !

     

    Cela ne signifie nullement qu'il n y a pas eu des morts, des blessés et des exactions contre les civils à Alep et dans toute la Syrie, mais la question fondamentale est de savoir qui a créé cette situation, qui est responsable de cette tragédie humaine ? Qui au départ a envahi militairement l'Irak faisant des centaines de milliers de morts innocents (7) et créant du même coup les conditions propices au développement des groupes terroristes qui seront utilisés par la suite contre le régime syrien ? Mais ce qui est vrai de l’Irak ne l’est pas moins de la Libye. Rappelons tout de même que les crimes perpétrés contre le peuple libyen ont été commis sous la bannière de la protection des civils et de l’aide humanitaire comme le précise la résolution 1973 de l’ONU : « Le Conseil de sécurité(...) se déclarant résolu à assurer la protection des civils et des secteurs où vivent des civils, et à assurer l’acheminement sans obstacle ni contretemps de l’aide humanitaire » ! (8). On connaît aujourd'hui

    les conséquences de cette aide humanitaire sur le peuple libyen (9).

     

    Les syriens à l'instar des autres peuples sont capables de régler eux-mêmes leurs problèmes internes. Il appartient au peuple syrien et à lui seul de décider de son destin. Il n' a surtout pas besoin des pays impérialistes dont toute l'histoire n'est qu'une suite de crimes, de conquêtes coloniales et d'asservissement des peuples.

     

    Mohamed Belaali

     

     

    -------------------------------------

    (1)https://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/EL_KHOURY/56922

    (2)http://www.belaali.com/2014/11/le-terrorisme-produit-authentique-de-l-imperialisme.html

    (3)https://legrandsoir.info/les-guerres-profanes-de-l-arabie-saoudite-au-yemen.html

    (4)https://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-12-21-Timisoara

    (5)http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193

    (6)http://www.lorientlejour.com/article/1009409/une-guerre-des-mots-autour-dalep.html

    (7) http://www.justforeignpolicy.org/iraq/iraqdeaths_fr.html

    (8)http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/03/18/le-texte-de-la-resolution-sur-le-libye_1494976_3212.html

    (9)http://www.belaali.com/article-la-libye-apres-l-intervention-imperialiste-108002868.html

     

     

     

     


     

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    26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 11:23

     

    Le grand Castro est parti laissant derrière lui un monde triste et laid à l'image de ceux qui le dirigent.

     

    Castro a fait de la santé et de l'éducation de son peuple la priorité des priorités. Aujourd'hui ces domaines sont partout à travers le monde méprisés, abandonnés ou tout simplement livrés à la puissance de l'argent.

     

    Castro et le peuple cubain se sont dressés courageusement contre leur puissant voisin les Etats-Unis qui n'ont jamais digéré la disparition de leur « Cuba des bordels » dirigé par l'un de leurs caniches, le général dictateur Batista. Ils n'ont jamais supporté le Cuba de la Résistance et de la Révolution. Cuba et son peuple doivent donc subir l'embargo le plus long et le plus violent de l'histoire moderne.

     

    Les chiens de garde du capital vont aboyer tout au long de la journée, de la nuit et de la semaine contre cet homme qui leur a tenu tête jusqu'à sa mort. Comme disait Atom Araullo, «une révolution, ce n'est pas un champ de roses… une révolution, c'est un combat jusqu'à la mort entre le futur et le passé». Les puissants ne lui pardonneront jamais ce combat pour l'avenir, pour la paix, pour la solidarité entre les peuples et pour un monde meilleur débarrassé de toutes les guerres impérialistes et de toutes les tares du capitalisme.

     

    La mort de Fidel est une immense perte, mais son souvenir restera enfoui dans le cœur des opprimés du monde entier.

     

    Hasta la victoria siempre.

     

    Mohamed Belaali

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    20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 13:51

     

    Donald Trump vient de remporter les élections présidentielles américaines. Il devient le 45 ème président des États-Unis. Cette victoire du richissime homme d'affaires n'est pas le fruit du hasard. Trump est un authentique produit de la démocratie bourgeoise. La République de Weimar la plus avancée de son temps a produit un monstre dont on dénonce encore aujourd'hui les crimes.

    Trump devant le New York Stock Exchange

     

     Plus récemment, cette même démocratie a enfanté un certain George W Bush dont le monde subit toujours les terribles conséquences de son intervention militaire en Irak. Aujourd'hui elle donne naissance à Donald Trump, un personnage aussi médiocre et grotesque que dangereux. En se présentant comme l'homme providentiel, Trump a su capter les frustrations et le désespoir d'une partie de la population abandonnée par les démocrates et les mettre au service de la classe dominante dont il fait personnellement partie.

     

    La longue campagne électorale menée par les deux candidats était marquée du début jusqu'à la fin par une suite ininterrompue d'invectives personnelles, de propos mensongers, démagogiques, racistes, sexistes et islamophobes pour mieux contenir la colère populaire et occulter la responsabilité de la classe dirigeante dans la situation de misère matérielle et morale que connaissent aujourd'hui de larges franges de la population américaine. Les mexicains, les noirs, les musulmans etc., ont largement remplacé, comme responsables de tous les malheurs des États-Unis, les banquiers, les hommes d'affaires, les industriels et autres spéculateurs et parasites. Les démocrates ont une grande responsabilité dans l'élection de Trump. Ce sont eux qui ont organisé une véritable confiscation des richesses produites par les travailleurs pour les mettre entre les mains des puissants.

     

    L'histoire nous a toujours enseigné que durant les périodes troubles marquées par le chômage, les inégalités, les guerres sans fin etc., la classe dominante utilise, pour préserver ses intérêts, tous les moyens dont elle dispose. Les bourgeoisies américaines et européennes, nonobstant des situations différentes, n’arrivent plus à surmonter les crises à répétition de leur système. Il ne s’agit pas d’une crise conjoncturelle et passagère, mais bel et bien d’une crise structurelle dont les racines plongent jusqu’au cœur même du système. Les interventions massives des États, de la Commission européenne, des banques centrales, du Fonds monétaire international (FMI) etc. restent, pour l’instant, impuissantes face à l’ampleur du marasme économique. La croissance tant invoquée peut revenir mais pour mieux laisser place à d'autres crises plus violentes et plus générales. Les classes dirigeantes ressemblent de plus en plus à ces magiciens qui ne maîtrisent plus les forces maléfiques qu’ils ont eux-mêmes créées !

     

    Le capitalisme se distingue des autres systèmes qui l'ont précédé par cette extraordinaire capacité d'adaptation à toutes les situations. Fascisme, nazisme etc. sont des mots qui désignent une seule et même réalité, la dictature du capital. Car tous ces mouvements politiques sont sortis des entrailles du capitalisme. A y regarder de plus près, ils sont tous nés dans un contexte de crises économiques et politiques majeures : guerre mondiale, révolution soviétique, déceptions de la petite bourgeoisie urbaine et rurale, marginalisation des plus démunis etc. Leur dénominateur commun reste le même : il faut que l'accumulation et la concentration des richesses restent, vaille que vaille, entre les mêmes mains.

     

    Trump, véritable concentré des luttes sociales qui travaillent la société américaine, a puisé sa force essentiellement dans la faiblesse de la petite bourgeoisie écrasée par le grand capital et dans le désespoir d'une partie de la classe ouvrière blanche laminée par le chômage et la précarité. Pour les consoler et calmer leur rage et leurs frustrations, Trump leur offre, ente autres, le soutien de la race. Rappelons qu' aux États-Unis, le racisme a toujours été utilisé comme moyen au service du profit et de l'accumulation du capital. Dans le passé, le racisme a servi de justification et de légitimation de l'esclavage, main-d’œuvre servile et rentable. Car l'exploitation économique et l'oppression raciale vont de pair. Si l’esclavage a été aboli, du moins formellement, le racisme lui continue à se développer au grès des vicissitudes de l'évolution du capitalisme. Aujourd'hui, le racisme doit s’adapter à la nouvelle situation où le salarié a remplacé l'esclave. Le racisme est toujours utile pour la classe dominante ne serait-ce que pour entretenir et perpétuer, par son agitation et les préjugés raciaux qu’il propage, la division au sein de la classe ouvrière. Le travailleur noir lui doit subir, en plus de l'exploitation de classe, l'oppression de race (1). C'est dans ce sens qu'il faut comprendre la volonté de Trump de construire des murs et des clôtures ainsi que sa rhétorique antimexicains, antinoirs et antimusulmans. Il s'est entouré également pendant sa campagne et en tant que nouveau président, de personnalités racistes comme Jeff Sessions ou Stephen Bannon proches des milieux suprimatistes défenseurs acharnés de la suprématie de la race blanche même si le racisme basé sur la supériorité biologique n’a aucune base scientifique.

     

    Au pouvoir,Trump reviendra peut-être sur certaines de ses promesses sans grande importance pour la classe dominante, mais appliquera probablement toutes les mesures en faveur du capital comme la baisse des impôts des plus riches (la tranche la plus élevée passera de 39,6 à 33 %), la réduction de l'impôt sur les bénéfices des sociétés (de 35 à 15 %), la dérégulation financière etc. A cet égard, l'équipe du nouveau président appelle déjà au démantèlement de la loi Dodd-Frank votée en 2010 après la crise dite des subprimes pour limiter un tant soit peu les excès des agissements bancaires.

    Ce texte est «un fardeau énorme pour les banques (…) Nous devons nous en débarrasser» disait Trump. Il a même nommé pour cette mission Paul Atkins, un républicain qui milite depuis longtemps contre toute forme de régulation financière. Les marchés financiers ne se sont pas trompés. Wall street et toutes les bourses du monde ont réservé un accueil chaleureux au nouveau président. Le Dow Jones et le S&P 500 par exemple ont salué la victoire de Trump par des augmentations qu'ils n'ont pas connues depuis longtemps. Le rendement des obligations américaines à dix ans a lui aussi augmenté passant de 1,36 à 2,22 % (2). Bref, Trump n'est pas prêt à remettre en cause les intérêts et les privilèges de la classe dirigeante. Bien au contraire, il tentera, au-delà du discours, de les consolider.

     

    Pour produire l’illusion du changement et donner l’impression de créer quelque chose de tout à fait nouveau, Trump doit travestir la réalité. Son langage, son style, ses outrances, son comportement et ses actes doivent faire oublier le gouvernement précédent. Trump et son équipe doivent se draper dans un déguisement nouveau pour que la différence avec l’ancien pouvoir paraisse éclatante. Ils ont besoin, pour se distinguer des démocrates, de jouer une nouvelle comédie sur la scène politique américaine. Mais il ne s’agit là que des formes et d’un déguisement qui reflètent plus ou moins nettement le fond commun : servir la même classe sociale, la bourgeoisie qui les place à tour de rôle à la tête de l’État.

     

    Le capitalisme en crise a produit un nouveau monstre aux États-Unis et risque d'en produire d'autres à travers le monde. L'agressivité économique et politique de Trump et de son équipe montre si besoin est que la classe dirigeante américaine, pour sauvegarder et perpétuer ses privilèges, ne reculera devant aucun moyen y compris le plus terrible et le plus abjecte, la guerre. Trump représente un véritable danger non seulement pour le peuple américain mais pour le monde entier. Il est donc urgent de construire un mouvement de résistance planétaire contre Trump, tout en s'attaquant en même temps au système, le capitalisme qui a produit un tel monstre.

     

    Mohamed Belaali

    ------------------------

    (1)https://www.legrandsoir.info/peine-de-mort-violence-policiere-et-racisme-aux-etats-unis.html

    (2)(Le Monde, Economie et Entreprise du 15 novembre 2016, page 3.

    (3)http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/11/14/malgre-les-previsions-les-marches-financiers-se-portent-bien-apres-l-election-de-donald-trump_5031026_3234.html#xtor=AL-32280515

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    1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 16:26

     

    L'image a fait le tour du monde : Mohcine Fikri jeune vendeur de poisson broyé par une benne à ordure pour avoir résisté à la destruction de sa marchandise son seul et unique «capital» qui lui permettait de survivre lui et sa famille. Cette image reflète la réalité de tous les prolétaires de ce pays broyés eux aussi non pas par les camions poubelle mais par l'exploitation, les humiliations, les injustices et par la misère. Des Mouhcine Fikri il y en a des millions et des millions au Maroc et dans tout le monde arabe. Cette image à elle seule représente et symbolise le drame que vit au jour le jour une grande partie du peuple marocain. Cette mort tragique est également l'expression d'un ras-le-bol, d'un refoulement par les masses opprimées de tant et tant d'injustices et d'humiliations depuis des décennies. Les ouvriers, les petits commerçants, les vendeurs de poissons, les plombiers, les peintres en bâtiment, les maçons, les carreleurs, les électriciens, les marchands ambulants de fruits et légumes, les vendeurs de toute sorte de marchandises étalées à même le sol, bref tous les opprimés de ce pays ne supportent désormais plus la «Hogra» qui est un sentiment encore plus fort que l'humiliation, c'est le fait de se sentir écrasé comme des insectes et traité comme des ordures. Les images et les photos du corps de Mouhcine Fikri broyé par une benne à ordure ont choqué tout un peuple qui n'a pas hésité à descendre immédiatement et massivement dans la rue pour manifester son indignation et sa colère. Aucun parti politique, aucune organisation ne sont derrière ce mouvement. Il s'agit d'une réaction spontanée et émotionnelle fruit de longues années d'humiliations, de souffrances accumulées et refoulées.

     

    Les masses populaires savent par expérience que la plupart des partis politiques et les gouvernements ne sont que de vulgaires pantins dont le rôle essentiel est de rendre acceptable la vitrine faussement démocratique du régime. Les députés ne sont que des figurants qui jouent le spectacle de la démocratie sur la scène politique marocaine. Tous les pouvoirs sont entre les mains du roi, entouré de courtisans qui ne cherchent qu’à s’enrichir. Le gouvernement ne fait qu’exécuter les directives directement venues du Palais. Le parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement de la volonté royale. Et ce n’est pas un hasard si à chaque manifestation, les marocains réclament la dissolution du parlement et la démission du gouvernement. Les collectivités territoriales sont strictement contrôlées par le ministère de l’intérieur, lui-même dépendant du Palais. Les résultats des élections sont déterminés d’avance et habilement répartis entre les partis politiques plus au moins soumis au pouvoir. Le jeu politique au Maroc est déterminé, organisé et contrôlé par le régime. La constitution de 1996 qui donne un pouvoir absolu au roi et consacre la sacralité de sa personne n’a pas été modifiée.

     

    Les politiques économiques sont souvent décidées par les instances internationales comme la Banque mondiale et le FMI à Washington, loin des besoins et des préoccupations du peuple marocain. Ces politiques s’inscrivent dans une stratégie libérale globale : privatisation, vérité des prix, protection du capital privé local et étranger et extraversion poussée de l’économie marocaine basée sur des produits à faible valeur ajoutée. Il va sans dire que les effets traumatisants des plans d’ajustement structurel de ces mêmes institutions que le Maroc applique avec zèle sont supportés par les classes populaires. La paupérisation de l’immense majorité de la population reste la conséquence tangible de ces politiques. Déjà en juin 1981 et en janvier 1984, des révoltes populaires contre l’augmentation des prix des produits de base ( farine, pain, sucre, huile gaz etc.) ont secoué la plupart des villes marocaines faisant plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés.

    L’échec de ces politiques économiques est aggravé par la généralisation de la corruption qui, à l’instar des métastases, se répand dans tout le corps social. Aucun secteur de la société n’est épargné. Elle est omniprésente. C’est une habitude que l’on accomplit au quotidien. Elle est érigée en véritable institution.

    Seul l'éphémère Mouvement du 20 février en 2011 a porté haut et fort les revendications légitimes des masses populaires. Son grand mérite résidait dans son existence même. Il a réussi à raviver une lutte de classes que le pouvoir croyait révolue. Jamais l'histoire récente du Maroc n'a connu une période aussi riche et aussi chargée de luttes populaires intenses même si le combat contre le Makhzen ne date pas du 20 février 2011. Le Mouvement a libéré la vitalité et la créativité des masses opprimées qui ont fait preuve d'une grande maturité politique et organisationnelle. Dans la lutte, elles ont aussi appris à relever la tête et à se dresser contre leur ennemi de classe.

     

    Le Mouvement du 20 février a été vaincu comme tous les soulèvements populaires dans le monde arabe (excepté en Tunisie). Mais il a redonné considération, dignité et espoir à toutes celles et ceux qui, hier encore, étaient sans espoir. Les manifestations pacifiques et massives qui ont accompagné la mort tragique de Mouhcine Fikri montrent que les «damnés de la terre» au Maroc ne supportent plus d'être traités comme des ordures. Elles montrent également que le chemin vers cette forme de vie supérieure sera long et sinueux.

     

    Mohamed Belaali

     

     

     

     

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    23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 11:27

     

    Les Le Pen, les Sarkozy, les Fillon, les Juppé, les Hollande, les Valls, les Macron etc. sont les symptômes d'une maladie incurable, le capitalisme en crise. Ils sont le reflet et l'expression du désarroi politique et de la déroute économique et morale d'un pouvoir en déliquescence. Les scandales financiers, les passe-droits, les détournements de fonds publics et les magouilles en tout genre se multiplient dévoilant ainsi le visage hideux d'une caste politique sans foi ni loi s'agrippant de toutes ses forces à ses privilèges. Les citoyens sont ainsi réduits à choisir un président de la République parmi ces personnages médiocres et grotesques dont certains professent des idées qui ont fait des millions de morts, d'autres condamnés par la justice ou plusieurs fois mis en examen ou encore ceux qui les ont trahis et humiliés. Même dans une démocratie bourgeoise, de tels candidats ne devraient plus se présenter au suffrage du peuple.

     

    Incapables d'avoir le moindre projet, la moindre vision, la moindre perspective d'avenir, les hommes politiques tournent sans cesse sur eux-mêmes et sur leur seul et unique intérêt, rester vaille que vaille au pouvoir. Ils passent le plus clair de leur temps à comploter contre les citoyens qui les ont pourtant élus. Ils psalmodient comme de funestes litanies sans fin recommencées leurs «réformes» dont la faillite n'est plus à démontrer depuis longtemps : suppression des syndicats, allègement des charges patronales, allongement du temps de travail, recul de l'âge du départ à la retraite, diminution drastique du nombre de fonctionnaires, suppression du SMIC, augmentation de la TVA, baisse des prestations sociales etc., le tout dans le cadre d'une austérité perpétuelle.Totalement étrangers à leurs concitoyens, ils restent indifférents à leurs souffrances dont ils sont largement responsables.

     

    Les hommes politiques n'invoquent les valeurs de la République que pour mieux les ignorer, les mépriser, les fouler aux pieds. « Les valeurs républicaines de «liberté, égalité, fraternité », souvent brandies de manière incantatoire, semblent sonner creux pour beaucoup de nos contemporains sur le sol national» écrivent les évêques de France dans leur adresse publiée le 13 octobre 2016. Leur rhétorique n’a de sens que dans le contexte de la propagande; en dehors de ce cadre elle ressemble à des sons vides de tout sens. Leurs discours démagogiques n'ont d'égal que le vide de leur programme politique. Ils inventent des ennemis et montrent lâchement du doigt les sans-papiers, les réfugiés, les immigrés, les musulmans, les noirs etc. comme responsables de tous les maux et de tous les malheurs de la France. La fabrication des boucs émissaires permet aussi de décharger la colère populaire sur les victimes de la crise tout en épargnant ses véritables responsables dont ils font partie.

     

    Paradoxalement les hommes politiques puisent leur force dans leur faiblesse et leur impopularité. Ils se nourrissent des drames du chômage, de la précarité, des inégalités, du déclassement social, de la misère et des frustrations d'une partie de la population, hélas, de plus en plus nombreuse. Car la misère matérielle et morale, le délitement des rapports sociaux, engendrent désespoir et résignation.

     

    Les hommes politiques sont nourris par la puissance de l'argent qui les protège et qui les hisse au sommet de l’État. Elle met à leur disposition tous les grands médias et tous les instituts de sondage. Plus le système s’empêtre dans ses propres contradictions et s’enfonce dans la crise, plus la propagande devient intense, futile et cynique. Ces médias et ces instituts de sondage, tous entre les mains des groupes industriels et financiers, vont jouer ici un rôle déterminant, même s' il leur arrive de se tromper, dans le maintien et la reproduction de cette situation. D'ailleurs ils ont déjà désigné le prochain président de la République alors que les citoyens n'ont pas encore voté !

     

    Les moyens de communication de masse demeurent l’instrument le plus redoutable et le plus efficace pour anesthésier une population déjà traumatisée et démobilisée par le chômage et la précarité. Pire, les mensonges véhiculés par les médias sont acceptés et intériorisés par les plus démunis. Le contenu mensonger de cette intense propagande idéologique, bien qu'il soit contredit quotidiennement par les faits, s'efface pour ainsi dire totalement. Les dominés participent ainsi, sans vraiment le vouloir, au maintien de leur propre servitude. La propagande et l’endoctrinement permanents remplacent l’information, le faux devient vrai, les apparences se confondent avec la réalité et la différence entre ce qui est juste et ce qui est erroné reste difficile à établir. Les intérêts d'une classe, la bourgeoisie, deviennent ceux de toutes les classes. Les opprimés ainsi conditionnés sont conduits à choisir librement et démocratiquement leurs oppresseurs.

     

    La mission essentielle de la plupart des hommes politiques est de servir encore et toujours les puissants. C'est leur raison d'être. Pour les plus démunis, pour les travailleurs, ils n'ont absolument rien à offrir à part les mensonges, les promesses, les illusions et la répression en cas de résistance et de révolte. La démocratie bourgeoise, même si elle reste utile pour arracher quelques avancées économiques et sociales, ne peut jamais traduire la volonté réelle et les aspirations profondes de la majorité des travailleurs et des salariés en général. Elle permet surtout de perpétuer les intérêts de la classe dominante en donnant l'illusion qu'elle est la seule et l'unique possibilité du changement.

     

    Mais la crise du capitalisme qui produit une telle pourriture au niveau politique engendre en même temps les conditions de résistance et de lutte pour briser les chaînes de cette forme de servitude. Il est grand temps que les travailleurs et les progressistes de ce pays redressent la tête, démasquent et dénoncent partout où ils le peuvent les mensonges et la propagande de la classe dominante. Ils doivent se dresser, unis et déterminés, contre leurs ennemis de classes, la bourgeoisie et ses fidèles serviteurs les hommes politiques.

     

    Mohamed Belaali

     

     

     

     

     

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