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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 11:23

 

Le grand Castro est parti laissant derrière lui un monde triste et laid à l'image de ceux qui le dirigent.

 

Castro a fait de la santé et de l'éducation de son peuple la priorité des priorités. Aujourd'hui ces domaines sont partout à travers le monde méprisés, abandonnés ou tout simplement livrés à la puissance de l'argent.

 

Castro et le peuple cubain se sont dressés courageusement contre leur puissant voisin les Etats-Unis qui n'ont jamais digéré la disparition de leur « Cuba des bordels » dirigé par l'un de leurs caniches, le général dictateur Batista. Ils n'ont jamais supporté le Cuba de la Résistance et de la Révolution. Cuba et son peuple doivent donc subir l'embargo le plus long et le plus violent de l'histoire moderne.

 

Les chiens de garde du capital vont aboyer tout au long de la journée, de la nuit et de la semaine contre cet homme qui leur a tenu tête jusqu'à sa mort. Comme disait Atom Araullo, «une révolution, ce n'est pas un champ de roses… une révolution, c'est un combat jusqu'à la mort entre le futur et le passé». Les puissants ne lui pardonneront jamais ce combat pour l'avenir, pour la paix, pour la solidarité entre les peuples et pour un monde meilleur débarrassé de toutes les guerres impérialistes et de toutes les tares du capitalisme.

 

La mort de Fidel est une immense perte, mais son souvenir restera enfoui dans le cœur des opprimés du monde entier.

 

Hasta la victoria siempre.

 

Mohamed Belaali

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 13:51

 

Donald Trump vient de remporter les élections présidentielles américaines. Il devient le 45 ème président des États-Unis. Cette victoire du richissime homme d'affaires n'est pas le fruit du hasard. Trump est un authentique produit de la démocratie bourgeoise. La République de Weimar la plus avancée de son temps a produit un monstre dont on dénonce encore aujourd'hui les crimes.

Trump devant le New York Stock Exchange

 

 Plus récemment, cette même démocratie a enfanté un certain George W Bush dont le monde subit toujours les terribles conséquences de son intervention militaire en Irak. Aujourd'hui elle donne naissance à Donald Trump, un personnage aussi médiocre et grotesque que dangereux. En se présentant comme l'homme providentiel, Trump a su capter les frustrations et le désespoir d'une partie de la population abandonnée par les démocrates et les mettre au service de la classe dominante dont il fait personnellement partie.

 

La longue campagne électorale menée par les deux candidats était marquée du début jusqu'à la fin par une suite ininterrompue d'invectives personnelles, de propos mensongers, démagogiques, racistes, sexistes et islamophobes pour mieux contenir la colère populaire et occulter la responsabilité de la classe dirigeante dans la situation de misère matérielle et morale que connaissent aujourd'hui de larges franges de la population américaine. Les mexicains, les noirs, les musulmans etc., ont largement remplacé, comme responsables de tous les malheurs des États-Unis, les banquiers, les hommes d'affaires, les industriels et autres spéculateurs et parasites. Les démocrates ont une grande responsabilité dans l'élection de Trump. Ce sont eux qui ont organisé une véritable confiscation des richesses produites par les travailleurs pour les mettre entre les mains des puissants.

 

L'histoire nous a toujours enseigné que durant les périodes troubles marquées par le chômage, les inégalités, les guerres sans fin etc., la classe dominante utilise, pour préserver ses intérêts, tous les moyens dont elle dispose. Les bourgeoisies américaines et européennes, nonobstant des situations différentes, n’arrivent plus à surmonter les crises à répétition de leur système. Il ne s’agit pas d’une crise conjoncturelle et passagère, mais bel et bien d’une crise structurelle dont les racines plongent jusqu’au cœur même du système. Les interventions massives des États, de la Commission européenne, des banques centrales, du Fonds monétaire international (FMI) etc. restent, pour l’instant, impuissantes face à l’ampleur du marasme économique. La croissance tant invoquée peut revenir mais pour mieux laisser place à d'autres crises plus violentes et plus générales. Les classes dirigeantes ressemblent de plus en plus à ces magiciens qui ne maîtrisent plus les forces maléfiques qu’ils ont eux-mêmes créées !

 

Le capitalisme se distingue des autres systèmes qui l'ont précédé par cette extraordinaire capacité d'adaptation à toutes les situations. Fascisme, nazisme etc. sont des mots qui désignent une seule et même réalité, la dictature du capital. Car tous ces mouvements politiques sont sortis des entrailles du capitalisme. A y regarder de plus près, ils sont tous nés dans un contexte de crises économiques et politiques majeures : guerre mondiale, révolution soviétique, déceptions de la petite bourgeoisie urbaine et rurale, marginalisation des plus démunis etc. Leur dénominateur commun reste le même : il faut que l'accumulation et la concentration des richesses restent, vaille que vaille, entre les mêmes mains.

 

Trump, véritable concentré des luttes sociales qui travaillent la société américaine, a puisé sa force essentiellement dans la faiblesse de la petite bourgeoisie écrasée par le grand capital et dans le désespoir d'une partie de la classe ouvrière blanche laminée par le chômage et la précarité. Pour les consoler et calmer leur rage et leurs frustrations, Trump leur offre, ente autres, le soutien de la race. Rappelons qu' aux États-Unis, le racisme a toujours été utilisé comme moyen au service du profit et de l'accumulation du capital. Dans le passé, le racisme a servi de justification et de légitimation de l'esclavage, main-d’œuvre servile et rentable. Car l'exploitation économique et l'oppression raciale vont de pair. Si l’esclavage a été aboli, du moins formellement, le racisme lui continue à se développer au grès des vicissitudes de l'évolution du capitalisme. Aujourd'hui, le racisme doit s’adapter à la nouvelle situation où le salarié a remplacé l'esclave. Le racisme est toujours utile pour la classe dominante ne serait-ce que pour entretenir et perpétuer, par son agitation et les préjugés raciaux qu’il propage, la division au sein de la classe ouvrière. Le travailleur noir lui doit subir, en plus de l'exploitation de classe, l'oppression de race (1). C'est dans ce sens qu'il faut comprendre la volonté de Trump de construire des murs et des clôtures ainsi que sa rhétorique antimexicains, antinoirs et antimusulmans. Il s'est entouré également pendant sa campagne et en tant que nouveau président, de personnalités racistes comme Jeff Sessions ou Stephen Bannon proches des milieux suprimatistes défenseurs acharnés de la suprématie de la race blanche même si le racisme basé sur la supériorité biologique n’a aucune base scientifique.

 

Au pouvoir,Trump reviendra peut-être sur certaines de ses promesses sans grande importance pour la classe dominante, mais appliquera probablement toutes les mesures en faveur du capital comme la baisse des impôts des plus riches (la tranche la plus élevée passera de 39,6 à 33 %), la réduction de l'impôt sur les bénéfices des sociétés (de 35 à 15 %), la dérégulation financière etc. A cet égard, l'équipe du nouveau président appelle déjà au démantèlement de la loi Dodd-Frank votée en 2010 après la crise dite des subprimes pour limiter un tant soit peu les excès des agissements bancaires.

Ce texte est «un fardeau énorme pour les banques (…) Nous devons nous en débarrasser» disait Trump. Il a même nommé pour cette mission Paul Atkins, un républicain qui milite depuis longtemps contre toute forme de régulation financière. Les marchés financiers ne se sont pas trompés. Wall street et toutes les bourses du monde ont réservé un accueil chaleureux au nouveau président. Le Dow Jones et le S&P 500 par exemple ont salué la victoire de Trump par des augmentations qu'ils n'ont pas connues depuis longtemps. Le rendement des obligations américaines à dix ans a lui aussi augmenté passant de 1,36 à 2,22 % (2). Bref, Trump n'est pas prêt à remettre en cause les intérêts et les privilèges de la classe dirigeante. Bien au contraire, il tentera, au-delà du discours, de les consolider.

 

Pour produire l’illusion du changement et donner l’impression de créer quelque chose de tout à fait nouveau, Trump doit travestir la réalité. Son langage, son style, ses outrances, son comportement et ses actes doivent faire oublier le gouvernement précédent. Trump et son équipe doivent se draper dans un déguisement nouveau pour que la différence avec l’ancien pouvoir paraisse éclatante. Ils ont besoin, pour se distinguer des démocrates, de jouer une nouvelle comédie sur la scène politique américaine. Mais il ne s’agit là que des formes et d’un déguisement qui reflètent plus ou moins nettement le fond commun : servir la même classe sociale, la bourgeoisie qui les place à tour de rôle à la tête de l’État.

 

Le capitalisme en crise a produit un nouveau monstre aux États-Unis et risque d'en produire d'autres à travers le monde. L'agressivité économique et politique de Trump et de son équipe montre si besoin est que la classe dirigeante américaine, pour sauvegarder et perpétuer ses privilèges, ne reculera devant aucun moyen y compris le plus terrible et le plus abjecte, la guerre. Trump représente un véritable danger non seulement pour le peuple américain mais pour le monde entier. Il est donc urgent de construire un mouvement de résistance planétaire contre Trump, tout en s'attaquant en même temps au système, le capitalisme qui a produit un tel monstre.

 

Mohamed Belaali

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(1)https://www.legrandsoir.info/peine-de-mort-violence-policiere-et-racisme-aux-etats-unis.html

(2)(Le Monde, Economie et Entreprise du 15 novembre 2016, page 3.

(3)http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/11/14/malgre-les-previsions-les-marches-financiers-se-portent-bien-apres-l-election-de-donald-trump_5031026_3234.html#xtor=AL-32280515

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 16:26

 

L'image a fait le tour du monde : Mohcine Fikri jeune vendeur de poisson broyé par une benne à ordure pour avoir résisté à la destruction de sa marchandise son seul et unique «capital» qui lui permettait de survivre lui et sa famille. Cette image reflète la réalité de tous les prolétaires de ce pays broyés eux aussi non pas par les camions poubelle mais par l'exploitation, les humiliations, les injustices et par la misère. Des Mouhcine Fikri il y en a des millions et des millions au Maroc et dans tout le monde arabe. Cette image à elle seule représente et symbolise le drame que vit au jour le jour une grande partie du peuple marocain. Cette mort tragique est également l'expression d'un ras-le-bol, d'un refoulement par les masses opprimées de tant et tant d'injustices et d'humiliations depuis des décennies. Les ouvriers, les petits commerçants, les vendeurs de poissons, les plombiers, les peintres en bâtiment, les maçons, les carreleurs, les électriciens, les marchands ambulants de fruits et légumes, les vendeurs de toute sorte de marchandises étalées à même le sol, bref tous les opprimés de ce pays ne supportent désormais plus la «Hogra» qui est un sentiment encore plus fort que l'humiliation, c'est le fait de se sentir écrasé comme des insectes et traité comme des ordures. Les images et les photos du corps de Mouhcine Fikri broyé par une benne à ordure ont choqué tout un peuple qui n'a pas hésité à descendre immédiatement et massivement dans la rue pour manifester son indignation et sa colère. Aucun parti politique, aucune organisation ne sont derrière ce mouvement. Il s'agit d'une réaction spontanée et émotionnelle fruit de longues années d'humiliations, de souffrances accumulées et refoulées.

 

Les masses populaires savent par expérience que la plupart des partis politiques et les gouvernements ne sont que de vulgaires pantins dont le rôle essentiel est de rendre acceptable la vitrine faussement démocratique du régime. Les députés ne sont que des figurants qui jouent le spectacle de la démocratie sur la scène politique marocaine. Tous les pouvoirs sont entre les mains du roi, entouré de courtisans qui ne cherchent qu’à s’enrichir. Le gouvernement ne fait qu’exécuter les directives directement venues du Palais. Le parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement de la volonté royale. Et ce n’est pas un hasard si à chaque manifestation, les marocains réclament la dissolution du parlement et la démission du gouvernement. Les collectivités territoriales sont strictement contrôlées par le ministère de l’intérieur, lui-même dépendant du Palais. Les résultats des élections sont déterminés d’avance et habilement répartis entre les partis politiques plus au moins soumis au pouvoir. Le jeu politique au Maroc est déterminé, organisé et contrôlé par le régime. La constitution de 1996 qui donne un pouvoir absolu au roi et consacre la sacralité de sa personne n’a pas été modifiée.

 

Les politiques économiques sont souvent décidées par les instances internationales comme la Banque mondiale et le FMI à Washington, loin des besoins et des préoccupations du peuple marocain. Ces politiques s’inscrivent dans une stratégie libérale globale : privatisation, vérité des prix, protection du capital privé local et étranger et extraversion poussée de l’économie marocaine basée sur des produits à faible valeur ajoutée. Il va sans dire que les effets traumatisants des plans d’ajustement structurel de ces mêmes institutions que le Maroc applique avec zèle sont supportés par les classes populaires. La paupérisation de l’immense majorité de la population reste la conséquence tangible de ces politiques. Déjà en juin 1981 et en janvier 1984, des révoltes populaires contre l’augmentation des prix des produits de base ( farine, pain, sucre, huile gaz etc.) ont secoué la plupart des villes marocaines faisant plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés.

L’échec de ces politiques économiques est aggravé par la généralisation de la corruption qui, à l’instar des métastases, se répand dans tout le corps social. Aucun secteur de la société n’est épargné. Elle est omniprésente. C’est une habitude que l’on accomplit au quotidien. Elle est érigée en véritable institution.

 

Seul l'éphémère Mouvement du 20 février en 2011 a porté haut et fort les revendications légitimes des masses populaires. Son grand mérite résidait dans son existence même. Il a réussi à raviver une lutte de classes que le pouvoir croyait révolue. Jamais l'histoire récente du Maroc n'a connu une période aussi riche et aussi chargée de luttes populaires intenses même si le combat contre le Makhzen ne date pas du 20 février 2011. Le Mouvement a libéré la vitalité et la créativité des masses opprimées qui ont fait preuve d'une grande maturité politique et organisationnelle. Dans la lutte, elles ont aussi appris à relever la tête et à se dresser contre leur ennemi de classe.

 

Le Mouvement du 20 février a été vaincu comme tous les soulèvements populaires dans le monde arabe (excepté en Tunisie). Mais il a redonné considération, dignité et espoir à toutes celles et ceux qui, hier encore, étaient sans espoir. Les manifestations pacifiques et massives qui ont accompagné la mort tragique de Mouhcine Fikri montrent que les «damnés de la terre» au Maroc ne supportent plus d'être traités comme des ordures. Elles montrent également que le chemin vers cette forme de vie supérieure sera long et sinueux.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

 

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 11:27

 

Les Le Pen, les Sarkozy, les Fillon, les Juppé, les Hollande, les Valls, les Macron etc. sont les symptômes d'une maladie incurable, le capitalisme en crise. Ils sont le reflet et l'expression du désarroi politique et de la déroute économique et morale d'un pouvoir en déliquescence. Les scandales financiers, les passe-droits, les détournements de fonds publics et les magouilles en tout genre se multiplient dévoilant ainsi le visage hideux d'une caste politique sans foi ni loi s'agrippant de toutes ses forces à ses privilèges. Les citoyens sont ainsi réduits à choisir un président de la République parmi ces personnages médiocres et grotesques dont certains professent des idées qui ont fait des millions de morts, d'autres condamnés par la justice ou plusieurs fois mis en examen ou encore ceux qui les ont trahis et humiliés. Même dans une démocratie bourgeoise, de tels candidats ne devraient plus se présenter au suffrage du peuple.

 

Incapables d'avoir le moindre projet, la moindre vision, la moindre perspective d'avenir, les hommes politiques tournent sans cesse sur eux-mêmes et sur leur seul et unique intérêt, rester vaille que vaille au pouvoir. Ils passent le plus clair de leur temps à comploter contre les citoyens qui les ont pourtant élus. Ils psalmodient comme de funestes litanies sans fin recommencées leurs «réformes» dont la faillite n'est plus à démontrer depuis longtemps : suppression des syndicats, allègement des charges patronales, allongement du temps de travail, recul de l'âge du départ à la retraite, diminution drastique du nombre de fonctionnaires, suppression du SMIC, augmentation de la TVA, baisse des prestations sociales etc., le tout dans le cadre d'une austérité perpétuelle.Totalement étrangers à leurs concitoyens, ils restent indifférents à leurs souffrances dont ils sont largement responsables.

 

Les hommes politiques n'invoquent les valeurs de la République que pour mieux les ignorer, les mépriser, les fouler aux pieds. « Les valeurs républicaines de «liberté, égalité, fraternité », souvent brandies de manière incantatoire, semblent sonner creux pour beaucoup de nos contemporains sur le sol national» écrivent les évêques de France dans leur adresse publiée le 13 octobre 2016. Leur rhétorique n’a de sens que dans le contexte de la propagande; en dehors de ce cadre elle ressemble à des sons vides de tout sens. Leurs discours démagogiques n'ont d'égal que le vide de leur programme politique. Ils inventent des ennemis et montrent lâchement du doigt les sans-papiers, les réfugiés, les immigrés, les musulmans, les noirs etc. comme responsables de tous les maux et de tous les malheurs de la France. La fabrication des boucs émissaires permet aussi de décharger la colère populaire sur les victimes de la crise tout en épargnant ses véritables responsables dont ils font partie.

 

Paradoxalement les hommes politiques puisent leur force dans leur faiblesse et leur impopularité. Ils se nourrissent des drames du chômage, de la précarité, des inégalités, du déclassement social, de la misère et des frustrations d'une partie de la population, hélas, de plus en plus nombreuse. Car la misère matérielle et morale, le délitement des rapports sociaux, engendrent désespoir et résignation.

 

Les hommes politiques sont nourris par la puissance de l'argent qui les protège et qui les hisse au sommet de l’État. Elle met à leur disposition tous les grands médias et tous les instituts de sondage. Plus le système s’empêtre dans ses propres contradictions et s’enfonce dans la crise, plus la propagande devient intense, futile et cynique. Ces médias et ces instituts de sondage, tous entre les mains des groupes industriels et financiers, vont jouer ici un rôle déterminant, même s' il leur arrive de se tromper, dans le maintien et la reproduction de cette situation. D'ailleurs ils ont déjà désigné le prochain président de la République alors que les citoyens n'ont pas encore voté !

 

Les moyens de communication de masse demeurent l’instrument le plus redoutable et le plus efficace pour anesthésier une population déjà traumatisée et démobilisée par le chômage et la précarité. Pire, les mensonges véhiculés par les médias sont acceptés et intériorisés par les plus démunis. Le contenu mensonger de cette intense propagande idéologique, bien qu'il soit contredit quotidiennement par les faits, s'efface pour ainsi dire totalement. Les dominés participent ainsi, sans vraiment le vouloir, au maintien de leur propre servitude. La propagande et l’endoctrinement permanents remplacent l’information, le faux devient vrai, les apparences se confondent avec la réalité et la différence entre ce qui est juste et ce qui est erroné reste difficile à établir. Les intérêts d'une classe, la bourgeoisie, deviennent ceux de toutes les classes. Les opprimés ainsi conditionnés sont conduits à choisir librement et démocratiquement leurs oppresseurs.

 

La mission essentielle de la plupart des hommes politiques est de servir encore et toujours les puissants. C'est leur raison d'être. Pour les plus démunis, pour les travailleurs, ils n'ont absolument rien à offrir à part les mensonges, les promesses, les illusions et la répression en cas de résistance et de révolte. La démocratie bourgeoise, même si elle reste utile pour arracher quelques avancées économiques et sociales, ne peut jamais traduire la volonté réelle et les aspirations profondes de la majorité des travailleurs et des salariés en général. Elle permet surtout de perpétuer les intérêts de la classe dominante en donnant l'illusion qu'elle est la seule et l'unique possibilité du changement.

 

Mais la crise du capitalisme qui produit une telle pourriture au niveau politique engendre en même temps les conditions de résistance et de lutte pour briser les chaînes de cette forme de servitude. Il est grand temps que les travailleurs et les progressistes de ce pays redressent la tête, démasquent et dénoncent partout où ils le peuvent les mensonges et la propagande de la classe dominante. Ils doivent se dresser, unis et déterminés, contre leurs ennemis de classes, la bourgeoisie et ses fidèles serviteurs les hommes politiques.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

 

 

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 11:45

 

Les massacres de milliers de personnes se poursuivent inlassablement dans l'indifférence quasi-générale depuis l'intervention militaire saoudienne au Yémen en mars 2015. Les États-Unis, la France, le Royaume Uni, les armées du Golfe et les forces égyptiennes notamment participent directement ou indirectement à cette agression armée. «Tempête décisive», nom de cette équipée, est considérée par le Royaume Wahhabite comme une simple opération de maintien de l'ordre dans un pays voisin à l'appel de son président Abd Rabbo Mansour Hadi. Dans les faits, il s'agit d'une véritable guerre qui a fait en une seule année plusieurs milliers de morts principalement des civils et détruit une partie importante de l’héritage culturel et architectural yéménite qui est en même temps patrimoine mondial de l'humanité. Ici comme ailleurs, la religion (chiites contre sunnites) est instrumentalisée pour mieux dissimuler la réalité profane, économique et politique, qui constitue la véritable base de cette terrible guerre.

 

 

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) «depuis le début du conflit il y a un an, un peu moins de 9.000 personnes ont été tuées». Le dernier communiqué de l'ONU parle d'au moins 10 000 morts (1). Mais il y a aussi des morts qui ne sont pas comptés, des morts invisibles en quelque sorte faute de soins dans les hôpitaux ravagés et détruits par les bombardements saoudiens. Aucun lieu n'est épargné par les avions de la coalition : «Elle a frappé, ajoute la même source, des marchés, des hôpitaux, des cliniques, des écoles, des usines, des fêtes de mariage et des centaines de résidences privées dans les villages et les villes, y compris la capitale Sanaa» (2). L'Arabie Saoudite utilise au Yémen des armes fabriquées et vendues par les États-Unis qui sont extrêmement dangereuses pour les civils et interdites par des traités internationaux (3). Rappelons aussi que la France est l'un des pays qui vend le plus d'armes à l'Arabie Saoudite (4).

 

Mais les hommes ne sont pas les seuls à subir la violence de la coalition. Le patrimoine culturel du Yémen est lui aussi pris pour cible. Des zones entières inscrites pourtant au patrimoine mondial de l'humanité sont ravagées par des raids aériens de la coalition (5). Les vieux quartiers de Sanaa, capitale du Yémen et plusieurs fois millénaires, n'ont pas échappé à la violence destructrice des avions américains pilotés par des saoudiens. Désormais l'ancienne ville de Sanaa et Shibam sont classées par l'UNESCO comme patrimoine mondial en péril (6). Ces destructions de l'héritage culturel du peuple yéménite et patrimoine mondial de l'humanité ressemblent étrangement aux crimes perpétrés par l'armée américaine contre l'histoire et la mémoire d'un autre pays qui a vu naître sur son sol de brillantes et splendides civilisations, il s'agit de la Mésopotamie c'est à dire l'Irak d'aujourd'hui ou tout du moins ce qu'il en reste : «C’est sur cette terre que l’écriture et le calcul, entre autres, furent inventés. Mais la Mésopotamie c’est aussi Babylone et ses jardins suspendus (septième merveille du monde), Hammourabi et son code, Nabuchodonosor II et sa conception architecturale etc. etc.» (7). L'impérialisme et ses alliés locaux non seulement sont les ennemis des peuples mais aussi de leur culture, de leur histoire et de leur mémoire.

 

Pour l'Arabie Saoudite, le Yémen n'est que le prolongement de son propre territoire. Les affaires intérieures du Yémen sont les affaires intérieures de l'Arabie Saoudite. Le Yémen doit rester un pays totalement inféodé au royaume wahhabite. On rapporte que sur son lit de mort, l'émir Abdelaziz Ibn Saoud (1880-1953), fondateur de l'Arabie «moderne» avec l'aide des britanniques, disait que «le bonheur du Royaume est dans le malheur du Yémen». Ce racontar est probablement faux, mais il n'en demeure pas moins significatif et représentatif des relations complexes et conflictuelles entre les deux pays.

 

Précisons d'emblée que le Yémen est la seule république au milieu des monarchies pétrolières riches et puissantes. Le Yémen, appelé autrefois l'«Arabie heureuse» pour sa prospérité, est aujourd'hui l’un des pays les plus pauvres de la planète. Il est relégué, pour son Indicateur de Développement Humain (IDH), aux dernières places par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) (8). Mais le Yémen c’est aussi le détroit de Bāb al-Mandab (porte des lamentations en arabe) qui commande l’entrée à la mer Rouge et surtout le Golfe d’Aden qui sépare le continent africain du continent asiatique et constitue de ce fait une voie maritime importante pour les échanges mondiaux. Autant dire que le Yémen représente un intérêt stratégique évident pour l'Arabie Saoudite et bien sûr pour les États-Unis très présents dans la région à travers leurs bases militaires notamment. La position géostratégique et ses nombreuses potentialités ont toujours fait du Yémen un pays convoité par les puissances étrangères et déchiré par des conflits internes entre conservateurs et progressistes qui l'ont rendu instable et difficilement gouvernable. De ce fait le Yémen constitue aussi une source d'inquiétude et une menace non seulement pour le Royaume saoudien mais aussi pour les autres dynasties du Golfe qui redoutent que d'éventuelles révoltes politiques et des revendications démocratiques ne s'étendent à toute la région.

 

Sans remonter loin dans l'histoire, le premier conflit (1926-1934) entre le royaume wahhabite et le Yémen s'est soldé par l'annexion de trois provinces yéménites d'Assir, de Nejrane et de Jizane par l'Arabie Saoudite. Le Yémen n'a jamais renoncé à ses territoires conquis par son puissant voisin du nord. Il fallait attendre les accords de Djeddah de juin 2000 pour trouver un semblant de règlement à ce conflit frontalier (9).

En 1962 de jeunes officiers soutenus par Nasser renversent le roi Al-Badre et fondent la République Arabe du Yémen. L'Arabie Saoudite n'a reconnu la jeune république qu'en 1970. Elle ne pouvait supporter ni tolérer cette nouvelle situation d'autant plus que 70 000 soldats égyptiens étaient présents sur le sol yéménite et que Nasser non seulement dénonçait avec force et véhémence la dynastie des Al Saoud, fidèles serviteurs des intérêts anglais et américains dans la région (10), mais il prônait aussi un panarabisme progressiste et laïc. Royalistes soutenus par l'Arabie Saoudite et républicains armés par l’Égypte nassérienne se sont affrontés dans une terrible guerre civile. Progressistes et conservateurs ont ainsi mené une guerre ininterrompue pendant presque une décennie. La guerre a pris fin en 1970 sans réellement apaiser les tensions politiques mais la République a survécu mettant ainsi un terme définitif à un régime particulier vieux de plus de mille ans : l’imamat zaydite (11).

En 1967 le dernier soldat britannique quitte Aden et la République Populaire du Sud Yémen accède à l’indépendance mettant là encore fin à 128 ans d'occupation anglaise. En 1970, la République Populaire est devenue la République Démocratique Populaire du Yémen. Le Yémen est ainsi divisé en deux États antagonistes, l'un au nord l'autre au sud. Mais ces deux républiques sont unies par le même passé et aspirent toutes les deux à construire le même avenir. En mai 1990 les deux États fusionnent pour ne former qu'un seul, la République du Yémen dont le président est Ali Abdallah Saleh un homme aussi habile que cynique. Même si cette réunification est superficielle(en partie encouragée par l'Irak de Saddam Hussein et partage inéquitable du pouvoir entre le Nord et le Sud etc.), l'Arabie Saoudite ne pouvait accepter un Yémen uni. Dès septembre de la même année, l'Arabie Saoudite expulse 800 000 travailleurs yéménites sous prétexte que le Yémen soutient l'invasion irakienne du Koweït. Le Royaume wahhabite s'allie avec les dirigeants sudistes, pourtant se réclamant du marxisme, pour briser cette unité d'autant plus que l'on vient de découvrir des gisements pétroliers prometteurs dans le Sud. En mai 1994 une nouvelle guerre civile éclate entre le Nord et le Sud armé et financé par l'Arabie Saoudite. Ce conflit se termine par la victoire du Nord laissant derrière lui plus de 10 000 morts.

En 2011 les soulèvements populaires au Yémen comme dans tout le monde arabe contre les régimes d'un autre âge ont poussé l'Arabie Saoudite, avec l'aval des américains, à intervenir pour briser l'élan formidable des révoltes pacifiques du peuple yéménite dans toute sa diversité. Rappelons pour mémoire que ce soulèvement a réussi à renverser le président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 1978. Celui-ci s'est réfugié en Arabie Saoudite le lendemain du bombardement de son palais le 3 juin 2011 par le chef tribal Sadek al Ahmar. C’est également l’Arabie Saoudite qui a soigné dans ses hôpitaux le président gravement blessé et permis enfin son retour au Yémen le 23 septembre de la même année. Et c'est à Riyad que l'accord de transfert de pouvoir entre Saleh et son vice président Abd Rabbo Mansour Hadi a été signé en présence du Roi d'Arabie. Toujours en 2011, le peuple de Bahreïn s'est lui aussi soulevé contre la tyrannie des Al Khalifa au pouvoir depuis plus de trois siècles. La population unie a mené un magnifique combat pacifique contre le despotisme du régime en place. Prises de panique, toutes les monarchies du Golfe avec à leur tête l'Arabie Saoudite et soutenues par les États-Unis ont envahi le petit royaume. La place de la Perle, au cœur de Manama la capitale de Bahreïn et haut lieu de la révolte populaire, a été évacuée dans le sang le 16 mars 2011. Le monument de la Place a été détruit et remplacé par les chars de l'armée saoudienne (12). Aujourd'hui encore, malgré une terrible répression, le peuple de Bahreïn résiste toujours à l'oppression dans l'indifférence absolue des bourgeoisies occidentales.

 

L'écrasement de ces soulèvements populaires par la contre-révolution incarnée par l'Arabie Saoudite avec la complicité de l'impérialisme américain a créé les conditions matérielles propices au développement de l'obscurantisme, du terrorisme et de la guerre civile. C'est dans ce cadre qu'il faut situer la nouvelle guerre du Royaume wahhabite au Yémen.

 

Le triomphe de la contre-révolution a ravivé dans ce pays martyr des divisions sectaires et des rivalités tribales plus ou moins contenues jusqu'alors. Les Houthis (Al-hûthiyûn en arabe), mouvement politique de confession zaydite, un rameau du chiisme, ont toujours été marginalisés sur le plan économique, politique et religieux par Ali Abdallah Saleh. S'estimant stigmatisés et méprisés, les Houthis ont opposé une farouche résistance au pouvoir central notamment depuis la guerre de Saada en 2004 (13). Rappelons que l'ex-président Ali Abdallah Saleh a toujours instrumentalisé la religion par la confessionnalisation des conflits sociaux et politiques pour se maintenir au pouvoir.

 

Profitant du chaos qui règne au Yémen depuis l'écrasement des révoltes populaires, les Houthis s'emparent de Sanaa et obligent le président Abd Rabbo Mansour Hadi, installé au pouvoir par l'Arabie Saoudite, à démissionner mettant de facto un terme à l'accord de Riyad dont ils étaient exclus. L'Arabie et les monarchies du Golfe ne peuvent tolérer l'installation à Sanaa d'un pouvoir qu'elles accusent d'être à la solde de l'Iran. Dans la nuit du mercredi à jeudi 26 mars 2015, l'Arabie Saoudite intervient, une fois encore, au Yémen. Les Houthis sont alors décrits comme des chiites zaydites instrumentalisés par l'Iran contre les gouvernements sunnites chaféites de la région. Les houthis alliés, ironie du sort, à leur ancien ennemi de toujours Ali Abdallah Saleh, sont ainsi réduits à un simple instrument entre les mains de l'Iran. Cette manière de simplifier une réalité particulièrement complexe a été également utilisée à Bahreïn par le Royaume wahhabite pour justifier son intervention militaire dans ce petit pays et mater «ces chiites manipulés par l'Iran ». Dans cette région du monde, l'Arabie Saoudite joue le rôle de rempart contre tout changement démocratique et progressiste.

 

 

Le Royaume wahhabite se saisit ainsi de la religion pour mieux étendre son influence et sa puissance dans la région. La religion doit être au service des ambitions politiques et des intérêts économiques. L'Islam est ainsi utilisé comme couverture et comme idéologie de légitimation pour, en dernière analyse, perpétuer le pouvoir et les privilèges de la dynastie des Al Saoud.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=36847#.V02rspGLSUk

Fin août 2016, les Nations Unies ont revu à la hausse le nombre des victimes :

http://www.aljazeera.com/news/2016/08/10000-killed-yemen-conflict-160830173324902.html

(2)op.cit .

(3)https://www.hrw.org/fr/news/2016/05/06/yemen-recours-par-larabie-saoudite-des-armes-sous-munitions-de-fabrication

(4)https://www.mediapart.fr/journal/international/240416/ventes-darmes-lobsession-saoudienne-de-la-france

voir aussi :

http://controlarms.org/fr/2016/02/26/les-etats-doivent-cesser-de-vendre-a-larabie-saoudite-des-armes-destinees-a-etre-utilisees-dans-le-cadre-du-conflit-au-yemen/

(5)http://www.lorientlejour.com/article/940026/operation-detruire-lheritage-culturel-du-moyen-orient-.html

La ville Saada, fief des Houthis, a été déclarée cible militaire par le porte parole de la coalition.

Voir Targiting Saada :

https://www.hrw.org/report/2015/06/30/targeting-saada/unlawful-coalition-airstrikes-saada-city-yemen

(6)http://fr.unesco.org/news/vieille-ville-sana-ancienne-ville-shibam-son-mur-enceinte-yemen-ajoutees-liste-du-patrimoine

(7)http://www.belaali.com/article-les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-irak-48981793.html

(8)http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr_2015_statistical_annex.pdf

(9)https://www.senat.fr/ga/ga35/ga35_mono.html

(10)https://www.youtube.com/watch?v=voUNkFuhg1E

(11)https://transcontinentales.revues.org/411

(12)http://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

Voir également «Répression et résistance à Bahreïn»:

http://www.legrandsoir.info/Repression-et-resistance-a-Bahrein.html

(13)https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2010-3-page-137.htm#no274

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 09:04

Ce texte a été écrit en janvier 2012. Bien qu'il soit dépassé sur certains points, il reste quant au fond dramatiquement actuel. Depuis cette date, de nombreuses victimes des violences policières sont venues allonger une liste déjà trop longue (1). Adama Traoré, jeune homme de 24 printemps, mort comme beaucoup d'autres lors de son interpellation ne sera, malheureusement, pas le dernier à mourir entre les mains de la police.

 

L’État français, surtout depuis l'instauration de l'état d'urgence et la montée de l'islamophobie (l'interdiction du burkini est un exemple parmi tant d'autres) (2), est loin de vouloir arrêter ces assassinats. Rien que depuis janvier 2016 huit personnes sont déjà mortes suite à une action des forces de l'ordre (3). Car la mission essentielle de la police est le maintien de l'ordre politique établi et non la sécurité publique. L’État n'est pas au-dessus des classes, il en est même le produit. La police, entre autres, est le bras armé de l’État qui permet à une classe de réprimer une autre. La répression exercée sur les jeunes des cités populaires et sur le mouvement social dans sa globalité montre bien que le rôle confié par la bourgeoisie à la police est de briser toute contestation, toute résistance à l'ordre établi aussi minime soit-elle. Ce mépris de la vie des jeunes des cités populaires par l’État risque de produire à son tour une autre haine en poussant une minorité d'entre-eux dans les bras du terrorisme. la situation faite aux enfants des travailleurs immigrés par la classe dominante est insupportable. Parqués dans des ghettos entourant les grandes métropoles industrielles, ils subissent plus que les autres catégories de la population toute sorte de violence, d’humiliation, de rejet et de mépris (4). Contre les humiliations accumulées, le racisme et l'islamophobie, le djihad peut être vécu, par une petite minorité, comme une revanche violente contre une République qui les a vus naître sur son sol, mais qui les a rejetés. Pour les jeunes des banlieues la lutte contre toute sorte de brimades et de brutalités est un combat quotidien. Ils affrontent constamment un système judiciaire qui les condamne promptement et injustement à de lourdes peines de prison et une police dont la violence les conduit souvent à la mort. Mais le combat des enfants et petits enfants des travailleurs immigrés ne suffit pas à les libérer des griffes du capital. Ils doivent lutter main dans la main avec tous les travailleurs et tous les progressistes pour améliorer leurs conditions quotidiennes d'existence et mener ensemble un combat d'envergure contre leur ennemi commun source de leur division et de leur oppression.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)http://www.bastamag.net/Homicides-accidents-malaises-legitime-defense-50-ans-de-morts-par-la-police%20

Voir également :

http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/123663553

(2)http://www.belaali.com/2016/08/burkini-islamophobie-et-fascisation-des-esprits.html

(3)https://www.mediapart.fr/journal/france/110816/avant-adama-traore-ces-etranges-malaises-entre-les-mains-de-la-police

(4)http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf

Voir également :

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/11...

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http://www.belaali.com/article-crimes-ordinaires-de-l-etat-fran-ais-98240680.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 août 2016 6 27 /08 /août /2016 13:28
Burkini, islamophobie et fascisation des esprits

Quatre policiers armés forcent une femme musulmane à se dévêtir en public sur une plage de Nice parce qu’elle porte un foulard et une tunique à manches longues. Car dans la France d'aujourd'hui «l’accès aux plages et à la baignade est interdit à toute personne n’ayant pas une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et de la laïcité, respectant les règles d’hygiène et de sécurité des baignades» (1). Ces arrêtés municipaux qui fleurissent un peu partout sont confortés par les tribunaux administratifs et soutenus par le premier ministre Manuel Vals, « Je soutiens ceux qui ont pris des arrêtés, s’ils sont motivés par la volonté d’encourager le vivre ensemble» (2). Pour Laurence Rossignol, ministre des droits des femmes, le burkini doit être combattu sans arrières pensées politiques : «Pour combattre cet archaïsme, il faut des personnalités politiques de sang-froid, et sans arrière-pensée» (3). JP Chevènement, qui va probablement présider la Fondation pour les œuvres de l'Islam, après avoir traité les jeunes des cités populaires de sauvageons, demande aujourd'hui aux musulmans de France d'être discrets : «Le conseil que je donne dans cette période difficile est celui de discrétion» (4). François Hollande offre ainsi la présidence de cette fondation à un homme qui méprise les musulmans ! Et on va taire par pudeur toutes les déclarations répugnantes de nombreuses autres personnalités et des racistes déguisés en laïcs. Heureusement que le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative, a suspendu l'arrêté «anti-burkini» pris le 5 août dernier par le maire de Villeneuve-Loubet. Mais le premier ministre et les maires qui ont signé ces arrêtés s'entêtent et continuent leur croisade contre les femmes musulmanes à travers le burkini.

Pour les hommes et les femmes politiques, le vivre ensemble et la discrétion signifient certainement exclure une partie de la population notamment la fraction la plus vulnérable, les femmes musulmanes. Elles doivent être, au nom de la laïcité et de la libération des femmes, pourchassées, humiliées, stigmatisées et livrées à la vindicte populaire. Attroupements, insultes, brimades accompagnent les verbalisations : «Rentrez chez vous ! Madame, la loi c’est la loi, on en a marre de ces histoires, ici, on est catholiques !» (5) .

Mais derrière toute cette agitation et cette excitation se cache une réalité que la classe dominante tente d'occulter. En temps de crise économique, la bourgeoisie a toujours besoin d'inventer, de fabriquer des boucs émissaires. Les musulmans remplacent aujourd'hui en quelque sorte, dans des conditions très différentes et toute proportion gardée, les juifs d'hier. La brutalité, la haine, le racisme, la misogynie, la xénophobie, l'islamophobie etc. sont des éléments essentiels que la classe dominante instrumentalise pour maintenir, vaille que vaille, l’accumulation et la concentration de la richesse entre les mêmes mains. Il ne s'agit pas d'un problème religieux ou ethnique, mais d'un problème social et politique. La bourgeoisie n'attaque pas l'Islam en tant que tel, mais l'utilise comme elle utilise le terrorisme, qu' elle a par ailleurs largement contribué à créer, pour mieux masquer sa propre responsabilité et celle de son système en général dans la situation économique et sociale désastreuse dans laquelle se trouve la France aujourd'hui. Il suffit de voir les relations privilégiées qu'entretient la bourgeoisie française avec des pays comme l'Arabie Saoudite pour s'en convaincre. Rappelons que ce pays a une vision ultra-dogmatique, rétrograde et violente de l'Islam (le Wahhabisme) et où les droits des femmes sont tout simplement inexistants (6).

Cette manipulation des esprits permet également à la classe dominante de détourner la colère des travailleurs et des masses populaires des vrais combats et des vrais problèmes : chômage de masse, précarité, démantèlement du droit du travail, destruction des services publics, suppression progressive des prestations sociales etc. Et comme disait Lénine «La bourgeoisie réactionnaire s'est partout appliquée, à attiser les haines religieuses, pour attirer dans cette direction l'attention des masses et les détourner des questions politiques et économiques véritablement importantes et capitales» (7). En montrant du doigt non pas le capitalisme évidemment qui est en train de détruire l'homme et la nature mais les musulmans, la bourgeoisie déforme la réalité, la travestit. Elle se présente tel un prestidigitateur habile attirant l'attention de la population par un tour extraordinaire sur le burkini, le voile, les jupes longues, la viande hallal, le menu de substitution dans les cantines scolaires etc. pour mieux dissimuler ses véritables objectifs, perpétuer ses privilèges. La rhétorique anti-islamique se substitue par ailleurs largement au vide des programmes des gouvernements successifs et de la plupart des partis politiques fidèles serviteurs des puissants.

Une partie de la population, malheureusement de plus en plus importante, éduquée et élevée dans la haine de «l'Autre » succombe facilement à ce discours démagogique. Apeurée et traumatisée par des décennies d'austérité, elle se jette dans les bras d’un pouvoir qu’elle croit protecteur notamment en période de crise économique. Il faut dire qu' à longueur d'année et surtout en période électorale on lui ressasse inlassablement, à travers les médias, les mêmes mots et les mêmes images : Islamophobie, Immigration, Insécurité, Terrorisme, Identité nationale, Réfugiés … Ces thèmes creux seront probablement les questions centrales de la campagne électorale pour la prochaine présidentielle.

Aujourd'hui, le capitalisme en crise produit et continuera à produire des «valeurs» de haine, de xénophobie, d’islamophobie etc. C'est à ce système qu'il faut s'attaquer et à la classe qui le porte et non aux femmes, aux travailleurs immigrés, aux réfugiés quelque soit leur confession.

Mohamed Belaali

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(1)http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/08/11/le-maire-de-cannes-interdit-les-vetements-religieux-a-la-plage_4981587_3224.html

(2)http://www.laprovence.com/article/politique/4078328/valls-sur-le-burkini-une-vision-archaique-de-la-place-de-la-femme-dans-lespace-public.html

(3)http://www.europe1.fr/politique/laurence-rossignol-denonce-le-burkini-profondement-archaique-2820898#xtor=CS1-16

(4)http://www.leparisien.fr/politique/je-ne-me-deroberai-pas-15-08-2016-6041519.php

(5)http://www.francetvinfo.fr/societe/religion/laicite/polemique-sur-le-burkini/une-femme-verbalisee-sur-une-plage-de-cannes-parce-qu-elle-portait-un-voile_1766809.html

(6)http://www.belaali.com/article-arabie-saoudite-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-sur-les-revoltes-populaires-109557989.html

(7) Socialisme et religion, « Novaïa Jizn » n° 28, 3 décembre 1905.

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 18:33
Brexit :  «Quittons cette Europe dont les tares ont atteint des dimensions effrayantes»

Quel plaisir de voir les chiens de garde du capital (médias, Banque centrale européenne, FMI, Banque mondiale, Commission européenne etc. etc.) aboyer et se lamenter à longueur de jour et de nuit depuis ce fameux vendredi 24 juin 2016. Le peuple anglais vient de leur infliger une sacrée raclée. Ils sont furieux et inconsolables. Quel pitoyable spectacle donnent-ils lorsque leurs intérêts de classe sont menacés. Autour d'eux, tout n'est qu'agitation et affolement. Le choix de ces vilains britanniques «est un véritable big bang contraire à l’avis de presque tous les experts, à la raison économique et au souhait des autres Européens. L’incroyable s’est produit. Les Britanniques veulent quitter l’Union européenne (UE)» (1). La valeur de la livre sterling chute, le Royaume-Uni perd son triple A, les marchés financiers sont désorientés, les bourses dégringolent, les actions des banques et des compagnies d'assurance s'effondrent. La panique s'est emparée de la City. Les traders ne dorment plus. «Le quartier d'affaires londonien est groggy, choqué, anéanti, après les résultats du vote qui scellent la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne» (2). La Banque d'Angleterre va injecter des milliards de livres pour consoler les marchés financiers. La Banque centrale suisse va elle aussi intervenir sur les marchés de change pour stabiliser le franc suisse. L'Association bancaire internationale demande aux responsables politiques de clarifier la situation.

Les journalistes, les experts, les politologues et les sociologues déferlent sur les plateaux de télévision exprimant sans retenue leur haine et leur mépris pour la volonté du peuple anglais. Pour tout ce beau monde, l'avenir du Royaume-Unis est sombre. « Tout cela va avoir de sales conséquences» (3), «les agriculteurs britanniques devront dire adieu à une enveloppe de 4 milliards d'euros d'aide» (4); bref en dehors de l'Union européenne point de salut !

Les hommes politiques regrettent une décision douloureuse car «les Britanniques par référendum ont décidé de quitter l’Union européenne. C’est un choix douloureux et je le regrette profondément» déclarait François Hollande (5). Jean-Claude Junker président de la Commission européenne, Martin Schulz président du parlement européen, Donald Tusk président du Conseil européen, eux aussi, regrettent cette décision douloureuse (6). Ils savent qu'il leur sera difficile, pour l'instant, de faire voter à nouveau les anglais comme ils l'ont fait dans le passé avec les autres peuples. Mais ils peuvent très bien bloquer le processus de sortie.Tant que les mécanismes de l'article 50 du traité de Lisbonne ne sont pas enclenchés, le Royaume-Uni reste membre de l'Union. Précisons que ce fameux article 50 est rédigé de manière telle que toute sortie volontaire d'un État membre devient difficile. Ainsi tout est fait pour que la volonté des peuples qui désirent quitter l'Union européenne soit contournée ou ignorée. Toute l'histoire de l'Union n'est que mépris et trahison des volontés des peuples. «Les Irlandais devront revoter» déclarait avec force Nicolas Sarkozy le 15 juillet 2008 après le rejet par le peuple irlandais du Traité de Lisbonne qui reprenait l’essentiel d’un autre traité rejeté lui aussi par les français et les néerlandais en 2005. On consulte les peuples non pas pour qu'ils expriment leur propre volonté mais celle des gouvernements. La démocratie bourgeoise n'est qu'un concept creux sans contenu réel. Les gouvernements sont là pour servir les intérêts de la classe qu'ils représentent. Les classes dominantes l'utilisent comme instrument idéologique au service exclusif de leurs intérêts. L'Union européenne et toutes les institutions qui gravitent autour d'elle sont un exemple éloquent de ce déni de démocratie. L'Union européenne a systématiquement rejeté avec force et mépris la volonté des peuples exprimée démocratiquement à plusieurs reprises. Les peuples danois, français, néerlandais et irlandais ont rejeté par référendum le traité de Maastricht, le projet de traité constitutionnel et le traité de Lisbonne en 1992, en 2005 et en 2008. Mais cette volonté populaire a tout simplement été ignorée. Sa réaction épidermique et agressive contre les résultats du référendum du 5 juillet 2015, où le peuple grec a rejeté par une majorité écrasante (61,31 %) les nouvelles mesures d'austérité, montre combien il lui est insupportable d’accepter le moindre processus permettant aux peuples de s'exprimer. Tous les référendums ont été perdus par l'Union européenne. Dès qu'elle donne la parole aux peuples, la réponse est invariablement la même : NON!

Bertolt Brecht disait dans un de ses poèmes :

«(…)Le peuple, par sa faute, a perdu
La confiance du gouvernement

E ce n’est qu’en travaillant doublement
Qu’il pourra la regagner.
Ne serait-il pas plus simple
Pour le gouvernement
De dissoudre le peuple
Et d’en élire un
autre ?» (7)

L'Union invoque le rôle des partis racistes et xénophobes dans le triomphe du « out » britannique. Belle manière pour occulter sa propre responsabilité dans cette débâcle. Elle oublie un peu vite que ces courants politiques sont, non seulement au Royaume-Uni, mais dans toute l'Union européenne ses propre créatures. Impuissantes à surmonter les crises à répétition du capitalisme, les bourgeoisies européennes ont instrumentalisé ces forces du passé, qui veulent faire tourner la roue de l'histoire en arrière, pour maintenir vaille que vaille l’accumulation et la concentration de la richesse entre les mêmes mains. Démagogie, racisme, xénophobie, islamophobie et identité nationale sont les ingrédients essentiels utilisés par les classes dominantes pour mieux détourner les classes populaires des vrais problèmes qui les rongent au quotidien : chômage de masse, précarité, destruction des services publics, suppression progressive des libertés privées et publiques etc. Ces thèses nauséabondes remplacent en quelque sorte le vide des programmes des gouvernements et des partis qui les soutiennent. Leur fuite en avant dans les politiques ultra-libérales d’austérité ne fera qu’aggraver la situation économique et sociale d’une Europe déjà ravagée par le chômage et la pauvreté. L'Union européenne ressemble à ces magiciens qui ne maîtrisent plus les forces maléfiques qu’ils ont eux mêmes créées !

L'Union européenne et toutes ses institutions ne sont pas réformables. Les politiques économiques, dont l'austérité n'est qu'une dimension parmi d'autres, sont intimement liées à la nature de classe de l'Union. Les intérêts des oppresseurs et ceux des opprimés sont irrémédiablement antagonistes. C'est une illusion de croire que l'Europe, telle qu'elle est construite, va se métamorphoser par on ne sait quel miracle en une Europe démocratique, sociale, solidaire, écologique et tutti quanti. Cette idée de vouloir réformer l'Europe de l'intérieur est non seulement erronée mais dangereuse. Rester dans l'Union et la zone euro pour les réformer de l'intérieur ne peut que prolonger encore la souffrance que connaissent aujourd'hui des millions de travailleurs européens et consolider un peu plus la dictature du capital. Il faut donc rompre définitivement avec cette hideuse Europe qui a transformé les travailleurs en véritables esclaves travaillant sans relâche sous les ordres des créanciers, spéculateurs, usuriers et autres parasites du monde entier.

Il faut se saisir du «Brexit» comme d'une opportunité pour mobiliser les travailleurs et les progressistes de toute l'Europe afin de commencer l'édification d'une autre Europe, celle du progrès, de la prospérité et de la paix entre les peuples. Il faut briser cette construction méprisante et arrogante qui nous condamne à l'austérité perpétuelle. Il faut quitter cette Europe dont les tares ont atteint des dimensions effrayantes. Il est urgent de changer de bord, de sortir au plus vite de cette longue nuit et marcher vers un jour nouveau, vers une Europe nouvelle.

Mohamed Belaali

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(1)http://www.courrierinternational.com/article/vu-dallemagne-brexit-un-desastre-pour-angela-merkel

(2)http://tempsreel.nouvelobs.com/brexit/20160624.OBS3292/un-suicide-economique-apres-le-brexit-la-city-se-reveille-en-panique.html

(3)http://www.liberation.fr/planete/2016/06/24/brexit-tout-cela-va-avoir-de-sales-consequences_1461959

(4)http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2016/06/25/20002-20160625ARTFIG00015-sept-consequences-economiques-a-retenir-sur-le-brexit.php

(5)http://www.elysee.fr/declarations/article/declaration-a-la-suite-du-referendum-britannique/

(6)http://europa.eu/rapid/press-release_STATEMENT-16-2329_fr.htm

(7) Bertolt Brecht «La solution».

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27 mai 2016 5 27 /05 /mai /2016 17:29
Le véritable scandale, c'est le capitalisme

«Le gouvernement moderne n'est qu'un comité qui gère les affaires communes

de la classe bourgeoise toute entière».

K. Marx

F. Engels

«Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux».

Étienne de La Boétie

Le scandale des «Panama papers» qui vient d'éclater à la face du monde n'est que l'arbre qui cache la jungle capitaliste. Fraudes fiscales, blanchiment d'argent noir, sociétés écrans, détournement de fonds, paradis fiscaux, corruption généralisée etc. montrent à la fois le degré de pourriture atteint par ce système et la décadence morale des sociétés capitalistes.

La collusion quasi organique du monde politique avec celui des affaires est une caractéristique fondamentale du capitalisme. Leurs liens sont tellement intimes qu'il devient difficile de les distinguer. Les hommes politiques et le milieu des affaires voire parfois le milieu tout court se nourrissent les uns des autres. Les premiers gèrent et couvrent les affaires des seconds. Dans ces scandales à répétition, on trouve à côté des grandes entreprises, des banques, des institutions sportives, des célébrités, des milliardaires, des rois, des chefs d'Etat, des premiers ministres, des ministres et bien d'autres responsables politiques. Toute cette classe de fraudeurs, pur produit du système, s'acharne par tous les moyens à piller les richesses produites par les travailleurs dont elle ne voit en eux que des êtres méprisés et méprisables.

Le capitalisme mondialisé a généralisé et universalisé la corruption et les scandales. Il a multiplié les montages financiers frauduleux, les paradis fiscaux et judiciaires, les trusts (fiducies), les fondations etc. Aucun domaine de la vie économique, politique, sportive et artistique n'échappe à la corruption et aux manipulations frauduleuses en tout genre. Les sommes astronomiques concernées sont difficilement imaginables par les citoyens (1). La corruption, les affaires, la fraude fiscale et les détournements des fonds publics sont des phénomènes intrinsèques au capitalisme qui les produit sans cesse.

Le pouvoir politique encourage le système, lui offre des opportunités à travers des politiques de dérégulation, de privatisation et par l'absence totale de sanctions. Il l'incite à poursuivre sur la voie des pratiques frauduleuses, de l'escroquerie et de la criminalité financière. Les gouvernements ne sont là que pour servir les intérêts de cette classe ou plus précisément cette couche de parasites qui ne produit aucune richesse et ne vit que des dividendes, des intérêts, des commissions, de la spéculation, bref de l'argent produit lui même par de l'argent. «Le propre du capitalisme, écrivait Lénine, est de séparer la propriété du capital de son application à la production, de séparer le rentier, qui ne vit que du revenu qu'il tire du capital-argent. La suprématie du capital financier sur toutes les formes du capital signifie l'hégénmonie du rentier et de l'oligarchie financière» (2).

C'est dans ce cadre qu'il faut comprendre les agissements du pouvoir politique totalement soumis à cette oligarchie financière. Le gouvernement français par exemple, a retiré en 2012 le Panama de la liste noire des paradis fiscaux. La Société Générale, le Crédit Agricole, la BNP Paribas et le Crédit mutuel sont parmi les plus gros clients de Mossack Fonseca. Toutes sont impliquées, à travers des centaines de filiales, dans le blanchissement d'argent sale et la fraude fiscale (3). Comme réponse à ces scandales, le ministre des finances et des comptes publics s'est contenté de publier un simple communiqué d'une platitude affligeante « il ne serait pas tolérable que des banques puissent permettre des opérations de fraude, d’évasion fiscale ou de blanchiment» (4). Pourtant le gouvernement français savait depuis longtemps que les grandes banques françaises utilisaient des structures offshore, par centaines, spécialisées dans la criminalité financière et que les dirigeants de ces banques n'avaient jamais été inquiétés. A chaque nouveau scandale, les hommes politiques feignent l'indignation et promettent de mettre un terme à l'évasion fiscale et de châtier sévèrement les responsables fraudeurs : «Il n’y a plus de paradis fiscaux. Les paradis fiscaux, le secret bancaire, c’est fini» proclamait avec force Nicolas Sarkozy en 2009. La commission des finances du Sénat qui a auditionné le11 mai 2016 Frédéric Oudéa, patron de la Société Générale, ne trouvait aucune raison valable de poursuivre le dirigeant de la banque !

Le gouvernement britannique dirigé par David Cameron a organisé le 12 mai 2016 à Londres un sommet international pour lutter contre la corruption ! Rappelons tout de même que sur les 214 488 sociétés offshore administrées par le cabinet panaméen Mossack Fonseca, plus de la moitié sont domiciliées dans les îles britanniques. David Cameron lui-même ainsi que sa famille sont impliqués dans le scandale des fraudes fiscales des Panama papers. Le premier ministre britannique a tenté dans un premier temps de nier l'évidence en affirmant qu' il ne possédait «aucune action, aucun trust offshore, aucun fonds offshore, rien de tout cela» (5), avant de tout avouer.

Les vingt gouvernements les plus riches de la planète (groupe G20) qui représentent l'essentiel des richesses produites dans le monde, se sont réunis à Londres en avril 2009, à Saint-Pétersbourg en septembre 2013, se sont engagés fermement à lutter contre les paradis fiscaux et le secret bancaire. Force est de constater que la criminalité financière sous toutes ses formes n'a jamais été aussi florissante qu'aujourd'hui.

Les Etats-Unis qui dénoncent la criminalité financière et les privilèges exorbitants accordés à leurs multinationales à travers le monde, abritent eux-mêmes sur leur propre territoire des paradis fiscaux considérés comme les plus opaques (6) et les plus favorables aux grandes entreprises et aux milliardaires du monde entier. Le Dakota du Sud, le Nevada, leWyoming mais surtout le Delawar sont de véritables édens fiscaux sur terre. Même Donald Trump et Hillary Clinton, favoris des primaires, y possèdent des sociétés à côté d'Apple, d'American Airlines, de Coca-Cola et de biens d'autres multinationales (7). La fusion ici entre le pouvoir économique et le pouvoir politique est totale.

Invoquer, dans le cadre du capitalisme, la morale, l'éthique, la bonne volonté, la bonne gouvernance est une véritable chimère. Mobiliser les pouvoirs économiques et politiques nationaux et internationaux contre les scandales financiers est une hypocrisie pour ne pas dire une absurdité. Ces pouvoirs sont eux-mêmes les organisateurs et les bénéficiaires. Rien ne sert de gémir sur les scandales financiers, tant qu'on laisse dans l'ombre les racines qui les produisent. Ces gérémiades ne font que perpétuer un système qui se nourrit et se développe de ces scandales.

On peut adopter les lois que l’on veut contre la corruption, les affaires et les privilèges, contre le secret bancaire et la fraude fiscale, mener toutes les enquêtes possibles, on peut même diminuer et limiter leur importance, mais on ne peut pas les éliminer. Car leur existence et celle du capitalisme sont tellement imbriquées l’une dans l’autre que l’on ne peut supprimer l’une sans éliminer l’autre. Les lois et les mesures prises pour lutter contre les scandales en tout genre ne sont que des paravents derrière lesquels la bourgeoisie sous toutes ses formes dissimule ses forfaits. Le problème n’est donc pas l’existence des scandales financiers, des affaires et autres privilèges, mais celle du capitalisme qui les engendre. Il y a eu dans le passé des scandales, il y a aujourd’hui des scandales et il y aura dans l’avenir d’autres scandales tant que ce système existe. Le véritable scandale, c’est le capitalisme lui-même.

Mohamed Belaali

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(1)https://www.theguardian.com/business/2012/jul/21/global-elite-tax-offshore-economy

Voir également les données de Tax Justice Network :

http://www.taxjustice.net/cms/upload/pdf/Price_of_Offshore_Revisited_120722.pdf

(2) «Limpérialisme, stade suprême du capitalisme», page 68 . Editions en langues étrangères, Pekin.

(3) http://www.lemonde.fr/panama-papers/article/2016/05/11/panama-papers-le-business-offshore-du-credit-agricole-et-de-la-bnp_4917399_4890278.html

(4) http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/20924.pdf

(5) http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20160412.OBS8308/comment-david-cameron-tente-de-glisser-les-panama-papers-sous-le-tapis.html

(6) http://ccfd-terresolidaire.org/IMG/pdf/ccfd-rapport-g20-2011-net.pdf

(7) https://www.theguardian.com/business/2016/apr/25/delaware-tax-loophole-1209-north-orange-trump-clinton?CMP=fb_gu

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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 06:34
Hommage à la glorieuse Commune de Paris

«A l'aube du 18 mars, Paris fut réveillé par ce cri de tonnerre : vive la commune !» (1). Mais la Commune de Paris n'a vécu que 72 jours ! Pendant cette éphémère période, la Commune n'a pas fait de miracles, mais elle a réalisé des avancées sociales et politiques qui font encore aujourd'hui l'admiration des peuples du monde entier. Des femmes de Montmartre, qui ont fait barrage de leurs corps pour protéger les canons de la garde nationale, jusqu'au dernier communard tombé au Père-La chaise le fusil à la main, la Commune s'est battue héroïquement contre toutes les injustices et toutes les aliénations de l'ordre social établi. La commune fut battue mais ses principes restent éternels.

«Les prolétaires de la capitale, au milieu des défaillances et des trahisons des classes gouvernantes, ont compris que l'heure était arrivée pour eux de sauver la situation en prenant en main la direction des affaires publiques...en s'emparant du pouvoir» disait le manifeste du 18 mars du Comité central.

La Commune a d'emblée supprimé deux instruments de domination de classe en abolissant la police et en remplaçant l'armée permanente par le le peuple en arme.

Les représentants de la Commune étaient non seulement tous élus au suffrage universel, mais surtout responsables et révocables à tout moment. Pour la Commune «les membres de l’assemblée municipale, sans cesse contrôlés, surveillés, discutés par l’opinion, sont révocables, comptables et responsables» (voir l'appel du 22 mars 1871). Quel contraste avec les hommes politiques d'aujourd'hui qui cumulent plusieurs mandats à la fois et n'ont de compte à rendre à personne une fois élus; il s'agit d'une véritable confiscation du pouvoir ! Les citoyens n'ont aucun contrôle sur leurs représentants qui ne sont absolument pas tenus de respecter leurs promesses. Dans cette démocratie, le peuple est réduit à voter à intervalles réguliers pour des «représentants» qui vont le trahir.

La Commune a instauré un traitement maximum de 6000 francs annuels pour tous les fonctionnaires du haut au bas de l'échelle y compris les juges et les magistrats c'est-à-dire l'équivalent d'un salaire d'ouvrier. Lorsque l'on pense aujourd'hui à ces hommes politiques corrompus qui confondent deniers publics et argent privé, on se rend vite compte combien la démocratie communale était en avance.

La majorité des élus de la Commune était naturellement des ouvriers à côté des autres élus du peuple. Or l'assemblée nationale issue des élections de 2012 ne compte dans ses rangs aucun ouvrier alors même qu'ils représentent plus de 20 % de la population active; qu'elle est jolie la démocratie représentative bourgeoise ! Mais ces ouvriers, que la bourgeoisie méprise tant, ont produit l'une des plus belles et des plus originales expériences politiques de l'Histoire moderne.

La Commune a arraché l'enseignement à l'église et à l’État pour le mettre gratuitement entre les mains du peuple. Elle a banni de l'instruction publique tout «ce qui relève de la conscience individuelle de chacun». Dans «La guerre civile en France», Marx écrivait «La totalité des établissements d'instruction furent ouverts au peuple gratuitement, et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l'église et de l’État. Ainsi non seulement l'instruction était rendue accessible à tous mais la science elle-même était libérée des fers dont les préjugés de classe et le pouvoir gouvernemental l'avaient chargée».

Si aujourd'hui la bourgeoisie française organise la chasse policière aux étrangers et alimente contre eux les préjugés les plus répugnants, les portes de la Commune,elles, étaient grandes ouvertes à des milliers de travailleurs du monde entier. Elle a même promu au rang de ministre du Travail un ouvrier hongrois et placé deux généraux polonais pour la défense de Paris dont un est mort sur les barricades. La Commune c'était la République universelle.

La colonne Vendôme, symbole des horreurs des guerres napoléoniennes, que le peuple de Paris ne voulait plus voir, fut renversée. Le 12 avril 1871, la Commune vote le décret suivant, sur proposition de Felix Pyat : «La Commune de Paris, considérant que la colonne impériale de la place Vendôme est un monument de barbarie, un symbole de force brute et de fausse gloire, une affirmation du militarisme, une négation du droit international, une insulte permanente des vainqueurs aux vaincus, un attentat perpétuel à l’un des trois grands principes de la République française, la fraternité, décrète : article unique - La colonne Vendôme sera démolie».

Au cri «A bas la peine de mort», les communards, au milieu de la joie populaire, ont brûlé la guillotine. Il a fallu plus d'un siècle pour que la bourgeoisie concède l’abolition de cette pratique barbare. Rappelons que ces mesures sont d'autant plus remarquables qu'elles étaient prises alors que Paris était assiégé par les prussiens et par les versaillais.

Même si les hommes et les femmes de la Commune n'ont pas atteint leurs objectifs, la portée de leur expérience reste immense. La beauté de l’œuvre de la Commune n'a d'égal que la laideur de l'ordre bourgeois. La Commune restera à jamais gravée dans la mémoire des ouvriers et des opprimés du monde entier.

Mohamed Belaali

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(1) K Marx, La guerre civile en France 1871, éditions sociales

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