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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 12:34

Le candidat du Cac 40 sera probablement Président de la République. Il s'agit d'un «coup d'Etat» habilement orchestré par le pouvoir financier et patronal au profit d'une minorité d'exploiteurs. Si Macron est élu, il prolongera l’œuvre de destruction et de liquidation, entamée par Sarkozy et Hollande, de ce qui reste encore des avancées sociales arrachées de haute lutte aux patrons par des générations successives de travailleurs. Macron appliquera avec zèle une politique de paupérisation systématique des classes populaires et l’enrichissement d’une minorité d'oppresseurs.

Pour produire l'illusion du changement et donner l'impression de créer quelque chose de tout à fait nouveau, Macron et son équipe doivent travestir la réalité. Les nouveaux serviteurs pour se distinguer des autres, doivent jouer une nouvelle comédie sur la scène politique française.

La classe dominante peut s’estimer heureuse ! Après le chiraquisme, le sarkozysme et le hollandisme qui l’ont comblée au- delà même de ses espérances, voilà le macronisme qui s’apprête à son tour avec un dévouement singulier à servir les mêmes maîtres. Étrange démocratie qui, avec la complicité d'une majorité, sert toujours les intérêts d'une minorité !

 

Le discours, le style, les apparences de ces serviteurs de la bourgeoisie sont différents. Mais il ne s'agit là que d'un déguisement qui reflète plus ou moins nettement le fond commun : servir la même classe sociale qui les place à tour de rôle, dans des circonstances différentes, à la tête de l’État.

Pour la classe dirigeante, Macron est l'homme de la situation d'autant plus qu'il est présenté comme un rempart contre le Front national. Il est capable de préserver les intérêts des riches tout en faisant croire aux masses populaires qu’il entreprend des réformes en leur faveur. Le sarkozysme et le hollandisme ont fait leur temps. Ils ne correspondent plus à la nouvelle réalité de la lutte des classes. Place au macronisme, aux nouveaux serviteurs de l'ordre établi.

 

Pour placer Macron à la tête de l'Etat, la classe dominante, à travers ses médias et ses instituts de sondages exerce une terrible pression sur les citoyens. Hommes et femmes politiques, journalistes, artistes, sportifs et autres intellectuels sont ainsi mobilisés pour «faire barrage» au Front national. La propagande bat son plein. Les grands médias, tous entre les mains des groupes industriels et financiers, incitent la population à voter plutôt Macron que Le Pen. Le joker Front national sera utilisé le moment venu pour servir les mêmes intérêts. Les valeurs républicaines sont brandies de manière incantatoire. Toute voix discordante qui appelle au boycott, à l'abstention et au vote blanc est suspectée, marginalisée ou tout simplement censurée. Il faut, vaille que vaille, voter Macron.

Tous les moyens, petits et grands, sont utilisés pour répandre «la vérité» de la classe dirigeante et faire élire le candidat des riches perpétuant ainsi les privilèges et les injustices de l'ordre établi.

 

Le parti d'extrême droite était présenté durant toute la campagne électorale comme un parti normal et son nationalisme xénophobe et antisémite, édulcoré, banalisé. Les sondages annonçaient Marine Le Pen présente au deuxième tour d'une manière continue. Le parti d'extrême droite bénéficiait d'une couverture médiatique impressionnante. L'hydre Front national était grassement nourri pour servir d'éventail entre les deux tours, facilitant ainsi l'élection du candidat des puissants, Emmanuel Macron. La classe dirigeante après avoir tout fait pour que Marine Le Pen soit présente au deuxième tour, «diabolise» hypocritement maintenant le Front national. La bourgeoisie dont le fascisme et le nazisme sont sortis de ses entrailles, en période de crise, feint de découvrir que le Front national peut être dangereux.

 

Macron, Le Pen sont deux têtes du même monstre, le capitalisme. Ils sont le produit authentique de la dictature du capital. Ils sont les ennemis du peuple. Les travailleurs et les salariés en général doivent s'attendre, après Chirac, Sarkozy et Hollande, à un quinquennat effroyable avec la poursuite des politiques d'austérité et de liquidation des acquis sociaux. Les conséquences seront terribles pour la population : chômage de masse, précarité, destruction des services publics, démantèlement de ce qui reste encore du droit du travail et du système de retraite par répartition basé sur la solidarité entre générations entraînant inévitablement l'augmentation du nombre de personnes cumulant vieillesse et pauvreté. Cette misère des classes populaires n'a d'égale que la richesse d'une classe de parasites dont Macron est aujourd'hui le porte parole politique. Sombre avenir pour une partie de la population de plus en plus importante.

 

Macron ou Le Pen utiliseront l'Etat et son appareil idéologique et répressif pour masquer cette cruelle réalité afin d'éviter toute révolte et toute résistance d'envergure. Macron ou Le Pen maintiendront l'état d'urgence et rétabliront le service militaire. La guerre et la négation de la vie est une caractéristique fondamentale du système qu'ils servent, le capitalisme. Ils vont contrôler, surveiller, ficher, réprimer, bref il vont terroriser les citoyens qui refusent de courber l’échine. Les richesses doivent, sous le règne de Macron ou de Le Pen, rester concentrées entre les mêmes mains.

 

Sous le régime de Macron ou de Le Pen, Les travailleurs, les salariés en général, la jeunesse et tous les progressistes doivent partout amplifier la guerre sociale. Car l'un ou l'autre, même si il y a une différence de degré et non d'essence, sont les ennemis du peuple et du progrès. Il faut éviter de reproduire l'erreur de 2002. Les partis et les organisations qui se réclament de la classe ouvrière doivent mener des luttes quotidiennes pour améliorer temporairement la situation des masses populaires sans jamais renoncer au combat politique de classe contre classe.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 avril 2017 6 08 /04 /avril /2017 13:02

Montres de luxe, costumes sur mesure payés par des richissimes amis, travail non identifiable de l'épouse et des enfants, mise en examen pour détournement de fonds publics, mensonges sur la valeur réelle du patrimoine, refus de se rendre devant les juges etc., voilà quelques unes des caractéristiques du trio préféré de la bourgeoisie française pour l'élection présidentielle. Et il ne s'agit là que de l'arbre qui cache la jungle des magouilles et des scandales financiers en tout genre d'une partie de la classe politique sans foi ni loi qui s'agrippe de toutes ses forces à ses privilèges. Macron, Le Pen et Fillon qui peuvent paraître différents dans leur style, leurs mots d'ordre et leurs discours, partagent en réalité le même fond commun, servir les puissants.

Les citoyens sont ainsi fortement incités à choisir un président de la République parmi ces personnages grotesques et corrompus. Plus les dates des élections s'approchent, plus ces «chiens de garde» du capital aboient à longueur de journée et de nuit dans les médias. La propagande et l’endoctrinement deviennent permanents, intenses, futiles et cyniques. Les moyens de communication de masse, notamment la télévision, sont ainsi utilisés massivement par la classe dominante pour tromper et anesthésier une population déjà traumatisée et démobilisée par le chômage et la précarité.

 

Marine Le Pen est assurée, selon les sondages fabriqués de toutes pièces, de participer au second tour alors que les citoyens n'ont pas encore voté. Peu importe, il faut qu'elle soit, vaille que vaille, au deuxième tour.

Son parti est présenté par les médias comme un parti normal, un parti somme toute comme tous les autres. Son nationalisme xénophobe et antisémite est édulcoré et banalisé : le musulman remplace le juif, «la race germanique» devient «français de souche», «La grande Allemagne», c'est «la grandeur de la France» et la République a pris la place du «Reich» (1). Les mots utilisés par le père comme «l'immigration massive et sauvage» ou «les chambres à gaz ne sont qu'un détail de l'histoire» sont adoucis. Marine, sa fille, parle plutôt de communautarisme, de laïcité, du terrorisme islamique etc. (2). Mais il ne s'agit là que des mots qui travestissent la réalité pour mieux masquer la vraie nature de ce parti dangereux. Si le Front national est partout dans les médias aujourd'hui, c'est que la classe dominante, en période de crise, a besoin d'instrumentaliser ce genre d'organisations pour, en dernière analyse, maintenir l’accumulation et la concentration de la richesse entre les mêmes mains. Elle a besoin d'inventer des boucs émissaires qui lui permettent d’occulter sa responsabilité dans la situation économique et sociale désastreuse que connaît la France aujourd’hui.

Pour reconquérir une «opinion publique» traumatisée par les différents plans d’austérité des gouvernements Sarkozy/Hollande et dégoûtée par le comportement d’une classe politique corrompue et totalement soumise aux intérêts d’une minorité de très riches, la bourgeoisie française invente des ennemis et montre du doigt l’Immigré, le Musulman, le Noir, le Réfugié, le Sans-papiers etc. comme responsables de tous les maux de la France. La fabrication des boucs émissaires permet également de décharger la colère populaire sur les victimes de la crise tout en épargnant ses véritables responsables.

L'hydre Front national remplit aussi une autre fonction pour la classe dominante, servir d'épouvantail pour mieux placer à la tête de l'Etat un autre président qui servira, dans des conditions plus apaisées, ses intérêts.

 

François Fillon est le candidat de cette vieille bourgeoisie française conservatrice et catholique peu attirée par l'extrême droite. Une partie des classes populaires trompée par le discours démagogique de Marine Le Pen ne se reconnaît pas dans la rhétorique du châtelain. Par contre, son combat pour des valeurs traditionnelles (contre le mariage homosexuel, contre l’interruption volontaire de grossesse et l’adoption, contre «la théorie du genre» etc.), ses convictions religieuses qu'il étale à la moindre occasion lui attirent la sympathie d'une droite réactionnaire qui aimerait faire tourner la roue de l'histoire en arrière. Manif pour tous, Sens commun et tous les réseaux de la droite catholique se mobilisent pour l'homme aux costumes à 50 000 euros.

Cependant ses valeurs conservatrices ne correspondent pas vraiment à son programme économique ultra-libéral (3) qui plaît au patronat et à une droite plus ouverte sur les évolutions de la société (4).

Fillon et la bourgeoisie qu'il représente vivent dans un autre monde. Leur vénération pour l'argent et le profit les rend imperméables aux injustices, aux inégalités et à l’irrationalité du capitalisme qui produit en même temps richesses pour une minorité et misère pour la majorité de la population. Ils exigent des autres des sacrifices qu'ils sont incapables d'appliquer pour eux-mêmes.

Le progrès social, la sécurité sociale, les services publics etc. ne sont pour eux que des mots vides de tous sens. Fillon le janséniste aime l'argent, le luxe mais méprise les classes populaires à qui il promet une austérité thatchérienne. Manoir, montres de luxe, costards de luxe, voitures de sport, etc. sont exhibés fièrement alors qu'une frange de la population, hélas, de plus en plus grande vit dans la misère et la détresse. Quel contraste entre les valeurs proclamées par la République et les pratiques réelles de ses dirigeants !

 

 

Macron se distingue nettement des deux autres candidats préférés par la bourgeoisie surtout que Marine Le Pen et François Fillon fleurtent avec Moscou. Emmanuel, atlantiste et européiste, est paré de toutes les vertus : il est jeune, beau, intelligent, compétent, pragmatique, charismatique, moderne et tutti quanti... Mais cette richesse dans le vocabulaire contraste avec la misère morale et politique de ce pur produit du patronat, ennemi du peuple et du progrès. Derrière cette image joviale de Macron, se cache en réalité le visage hideux de la finance.

Emmanuel Macron a tout pour lui, l'argent des chefs d'entreprises et des banquiers, les médias, les instituts de sondage, les économistes, les intellectuels, les hauts fonctionnaires, les fondations, les think tank, et bien sûr les hommes notamment ceux, nombreux, qui sont à la fois «socialistes» et «macronistes» à l'image du plus célèbre d'entre-eux, Manuel Valls (5). Victor Hugo parlait de Napoléon (le petit) en ces termes: «M. Louis Bonaparte a réussi. Il a pour lui désormais l’argent, l’agio, la banque, la bourse, le comptoir, le coffre-fort, et tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte» (6).

Son programme économique ressemble, pour l'essentiel, étrangement à ce que les gouvernements successifs appliquent depuis belle lurette : baisse de l'impôt sur les sociétés (de 33,3 % à 25%), réduction des charges pour les entreprises, flexibilité accrue du marché du travail, assouplissement de la loi sur les 35 heures, réduction des dépenses publiques, suppression de 120 000 postes de fonctionnaires, suppression de l'Impôt de solidarité sur la fortune et, dans un autre domaine, davantage d'autonomie pour les établissements scolaires pour ne citer que ces quelques propositions (7).

On trouve également dans le programme de Macron cette idée intéressante, la collaboration de classe :«Concilier les attentes des salariés, des dirigeants et des actionnaires» (8). l'Etat «macronien» veut donc «concilier» les contradictions de classes pour mieux détourner les travailleurs et les salariés en général de ce combat de classe contre classe. Or les classes dans le système capitaliste sont inconciliables. L’entente des classes est une chimère, une rêverie produite et entretenue par les classes exploiteuses. Elle est contredite chaque jour par les faits.

Triste France ! Les puissants s'apprêtent à mettre à la tête d'une République affaiblie un homme qui, si par malheur est élu, prolongera l’œuvre de destruction et de liquidation entamée par Sarkozy et Hollande de ce qui reste encore des avancées sociales arrachées de haute lutte aux patrons par des générations successives de travailleurs. Macron appliquera avec zèle et dévouement une politique de paupérisation systématique des classes populaires et l’enrichissement d’une minorité de puissants. Il se présente comme un prestidigitateur habile attirant et fixant par un tour extraordinaire l’attention des classes populaires sur les quelques aspects plutôt positifs de ses promesses électorales pour mieux cacher sa véritable mission, servir la classe dominante.

 

Macron, Le Pen, Fillon trois ennemis du peuple et du progrès. Leur mission essentielle est de servir encore et toujours les puissants. Pour les plus démunis, pour les travailleurs, ils n'ont absolument rien à offrir à part les mensonges, les promesses, les illusions et la répression en cas de résistance et de révolte. La démocratie bourgeoise, même si elle reste utile pour arracher quelques avancées économiques et sociales, ne peut jamais traduire la volonté réelle et les aspirations profondes de la majorité des travailleurs et des salariés en général. Macron ne peut rien faire d'autre que d'exécuter les ordres de l'Union européenne, de la finance internationale, des multinationales, bref de ceux qui l'ont créé et propulsé sur le devant de la scène politique. Ce sont eux qui détiennent la réalité du pouvoir. Le Président, le Gouvernement et le parlement ne sont que des paravents derrière lesquels se cachent les véritables détenteurs du pouvoir. Ils ne sont que les gestionnaires des intérêts de la classe dominante. Et comme disait Marx et Engels il y a longtemps «Le gouvernement moderne n'est qu'un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise toute entière» (9).

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1)http://lmsi.net/Du-programme-electoral-du-parti

(2)Voir sur ce sujet « Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste» de Cécile Alduy et Stéphane Wahnich.

(3)https://www.fillon2017.fr/projet/

(4)http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/l-interview-eco/pierre-gattaz-medef-le-programme-de-francois-fillon-va-vers-le-plein-emploi_2097219.html

(5)Voir entre autre :

https://www.mediapart.fr/journal/france/050317/emmanuel-macron-embarrasse-par-ses-millions?page_article=1

https://www.legrandsoir.info/l-arnaque-emmanuel-macron-de-a-a-z.html

(6))Victor Hugo : « Napoléon le Petit ». Réédité chez Actes Sud (2007), par Jean-Marc Hovasse.

(7)https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme

(8)Voir objectif 3 https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/entreprises

(9)K Marx, F Engels : «Manifeste du parti communiste ».

 

 

 

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 11:07

 

Face au cauchemar que nous vivons aujourd'hui, la Révolution russe d'Octobre 1917 apparaît comme un rêve sublime. La révolution tant haïe par les classes dominantes, n’a jamais été aussi légitime et aussi nécessaire que maintenant. Aucun remède ni aucune thérapie ne sont en mesure de guérir un monde atteint d’une maladie mortelle, le capitalisme. Il n' y a pas d'autres moyens pour abolir l'ordre établi que la révolution. En quelques mois seulement la Révolution russe a changé la face du monde. En février et en octobre 1917, cent ans déjà, les ouvrières et les ouvriers de Petrograd se soulèvent contre la misère et l'humiliation. L'armée refuse de tirer. La troupe fraternise avec les ouvriers. Le Tsar abdique. Le régime despotique et multicentenaires s’effondre. Le Gouvernement bourgeois provisoire s'efface. Les Soviets composés d'ouvriers, de paysans pauvres et de soldats prennent le pouvoir. Ce qui relevait de l'impossible devient une réalité. L'ordre établi est renversé. La Révolution était là, dans les usines, dans les casernes, dans les ports, dans les quartiers, sur les places publiques des villes et des villages, dans les champs et sur le front, portant en elle les aspirations et les espoirs les plus simples et les plus grandioses de tout un peuple et de tous les travailleurs du monde.

En moins d'un demi siècle après la glorieuse Commune de Paris, les opprimés s'emparent à nouveau du pouvoir et entrent dans l'histoire. Car ce sont les masses et leurs dirigeants révolutionnaires qui font l'histoire. Dépouillées de toute leur humanité, leur intérêt objectif est de renverser de fond en comble les conditions d’existence matérielles et morales dans lesquelles elles sont asservies et méprisées. Il ne s'agit pas pour elles d'améliorer la société existante pour la rendre supportable, mais de l'abolir. Il ne s'agit pas de mettre en place une quelconque démocratie bourgeoise, mais d'installer la dictature du prolétariat.

Les masses des opprimés savent que les puissants ne renoncent jamais à leurs privilèges, qu'ils n'accordent jamais rien par générosité ou grandeur d'âme et qu'ils ne reculent devant rien pour sauver leurs intérêts et perpétuer leur système. La marche vers le socialisme ne peut résulter d’une quelconque perfection de la démocratie bourgeoise, de la conciliation des classes, des élections etc. L’entente des classes est une chimère, une rêverie produite et entretenue par les classes exploiteuses. Elle est contredite chaque jour par les faits. Seule l’appropriation des moyens de production par les travailleurs permettra de briser cette servitude économique, source première de leurs malheurs. La révolution est la seule alternative au capitalisme et à ces guerres abjectes. Il s'agit donc, sans compromis ni conciliation avec les oppresseurs, de détruire un monde injuste pour reconstruire sur ses ruines un autre plus juste et plus lumineux. Même si l'Union Soviétique n'existe plus, la Révolution d'Octobre, restera à jamais un exemple irremplaçable pour tous les peuples opprimés.

John Reed, journaliste, poète et révolutionnaire américain (1887/1920), décrivait ainsi les premiers moments de la prise du pouvoir après que les délégués aient voté à l'unanimité la proclamation de paix proposée par Lénine à tous les peuples belligérants : «Quelque chose s'était brusquement éveillé en tous ces hommes. L'un parlait de la révolution mondiale en marche, un autre de l'ère nouvelle de fraternité, où tous les peuples ne seront plus qu'une grande famille (…) Mus par une commune impulsion, nous nous trouvâmes soudain tous debout, joignant des voix dans l'unisson et le lent crescendo de l'Internationale. Le chant roulait puissamment à travers la salle, ébranlant les fenêtres et les portes et allant se perdre dans le calme du ciel» (1).

Mais l'Internationale n'est pas seulement un poème, un chant révolutionnaire dédié aux hommes et aux femmes de la Commune et à tous les «damnés de la terre», elle est devenue l'hymne dusocialisme international. Une IIIe. Internationale a été fondée pour que les idées et les pratiques révolutionnaires se répandent dans la classe ouvrière partout à travers le monde. Car la Révolution d'Octobre n'est qu'un prélude, un pas sur le très long et le très difficile chemin de la révolution socialiste mondiale. Au capitalisme mondialisé doit correspondre une révolution mondiale. Les frontières de la Russie sont trop étroites pour contenir cet immense soulèvement révolutionnaire. La révolution ne peut se développer et s'épanouir qu'en tant que mouvement réel planétaire. Car là où il y a exploitation de l'homme par l'homme, il y a ipso facto une guerre permanente qui oppose oppresseurs et opprimés et qui ne peut se terminer que par le renversement révolutionnaire du capitalisme. Il ne s'agit pas que de la géographie mais d'une autre frontière celle qui sépare les classes sociales. Le destin de la Révolution russe dépendait dans une large mesure du triomphe et de l'accès au pouvoir de la classe ouvrière des autres pays notamment les plus avancés : « (...) il est absolument certain que la victoire finale de notre révolution, si elle devait rester isolée, s'il n'y avait pas de mouvement révolutionnaire dans les autres pays, serait sans espoir » disait Lénine (2). La portée de la Révolution prolétarienne d'Octobre 1917 est non seulement historique, elle est aussi et surtout universelle.

C'est cette dimension planétaire de la Révolution russe, «ce foyer de contagion», que les bourgeoisies occidentales ne peuvent ni supporter ni tolérer. Elle menaçait partout l'existence même de leur système. D'autant plus que l'onde de choc de la révolution s'est rapidement propagée un peu partout à travers le monde et surtout en Europe. De l'Espagne à la Hongrie en passant par l'Allemagne, la France, l'Angleterre et l'Italie, les ouvriers commençaient à relever la tête. Car le salut de tous les ouvriers et derrière eux tous les opprimés de la terre réside dans la Révolution socialiste. Elle est le seul et l'unique moyen qui leur permet de briser les chaînes de l'esclavage moderne et de se libérer d'un système qui les opprime. Il fallait donc, vaille que vaille, détruire totalement le nouveau pouvoir ouvrier et effacer de l'histoire des hommes cette grande révolution.

Dans une sainte croisade, les puissances impérialistes, alors qu'elles s’entre-tuaient hier encore dans une terrible guerre, ont lancé leurs forces contre la jeune révolution russe. Elles ont imposé un blocus total pour affamer la population et étouffer la révolution. La contre-révolution est encouragée, soutenue, financée et armée par les puissances impérialistes. L'Armée Rouge (composée de militants, d'ouvriers, de soldat, de paysans pauvres etc.), grâce à sa discipline et à sa détermination sans faille à défendre la révolution, a pu courageusement tenir tête à ses ennemis intérieurs et extérieurs. Mais sa victoire a été éclipsée par la défaite de la classe ouvrière en Europe. Partout les soulèvements des travailleurs ont été écrasés dans le sang. Rosa Luxembourg et Karl Liebknech, figures emblématiques de la classe ouvrière allemande, sont assassinés alors que se développait dans le pays un mouvement révolutionnaire (3). «Elle avait dit aux pauvres la vérité. Et pour cela les riches l’ont assassinée» disait Bertolt Brech (4).

La défaite de la classe ouvrière allemande, c'est aussi la défaite de la révolution russe et de tous les travailleurs du monde. Isolée, encerclée par les forces impérialistes dont l'unique objectif est de détruire l’État ouvrier, la révolution s'est repliée sur elle-même, sur son territoire national abandonnant ainsi sa nature internationaliste. Mutilée et étouffée par une bureaucratie qui a remplacé le pouvoir des ouvriers et des paysans pauvres, la révolution n'a pu se consolider ni parvenir au bout de sa logique émancipatrice et libératrice.

Mais cette glorieuse révolution avait dès le départ jeté les bases d'une société plus juste et plus fraternelle. Tous les secteurs de l'industrie, de la finance sont expropriés et nationalisés. La production et la répartition des produits sont sous le contrôle quasi total des ouvriers. Les terres appartiennent désormais aux citoyens capables de les exploiter. Le salariat en tant qu'organisation économique et sociale est aboli. La paix entre les peuples remplace la guerre et le carnage impérialiste. Un slogan simple résume ces premiers objectifs de la révolution : «La paix, le pain et la terre».

La révolution a également rendu aux femmes leur dignité dans un pays arriéré et imbibé de préjugés contre les femmes. Elle a élevé l'égalité des deux sexes au rang des priorités malgré une situation économique et sociale difficile. Lénine dans un discours prononcé à la Conférence des ouvrières de Moscou soulignait l'importance de cette immense tâche : «Depuis bien longtemps, depuis des siècles, tous les mouvements émancipateurs d'Occident ont réclamé l'abolition de ces lois vétustes et l'égalité des deux sexes devant la loi. Mais pas un Etat démocratique, pas une république avancée, n'a pu opérer cette réforme, car là où existe le capitalisme, là où subsiste la propriété privée de la terre, des fabriques et des usines, là où subsiste le pouvoir du capital, l'homme conserve ses privilèges. (…) Nous pouvons le dire avec fierté et sans crainte d'exagération, il n'y a pas un seul pays au monde, en dehors de la Russie des Soviets, où la femme jouisse de tous ses droits (…). C'était là une de nos premières et plus importantes tâches» (5).

L’enthousiasme révolutionnaire a libéré la parole. Des débats passionnés sur les rapports hommes /femmes, sur la sexualité, sur la famille enflammaient la jeunesse. Les meetings politiques sur la construction du socialisme un peu partout fleurissaient. La révolution a donné un élan magnifique à la poésie, au théâtre, à la musique, aux arts, bref à tout ce qui était inaccessible aux ouvriers, aux soldats et aux paysans pauvres et d'une manière générale aux masses populaires. Le peuple s'est emparé ainsi de la culture qui était jusqu'alors réservée à une caste de privilégiés. Mais cet aspect de la révolution culturelle s'est heurté à la réalité de l'analphabétisme et de l'ignorance des masses. C'est pourquoi l'une des tâches essentielles de la révolution était de «liquider l'analphabétisme» : «Oui le ballet, le théâtre, l'opéra, les expositions de peinture et de sculptures modernes, tout cela sert pour beaucoup à l'étranger de preuve que nous, les bolcheviks, ne sommes pas du tout les terribles barbares que l'on pensait. Je ne récuse pas ce genre de manifestations de la culture sociale et ne les sous-estime pas. Mais j'avoue que dans l'âme je suis plus sensible à la création de deux ou trois écoles primaires dans des villages perdus qu'au plus magnifique objet dans une exposition » disait Lénine (6).

 

La Révolution d'Octobre 1917 a montré et montre toujours aux travailleurs et aux opprimés du monde entier la voie à suivre, celle de la révolution socialiste. Car il n' y a pas d'avenir pour l'humanité dans le capitalisme. Plus il s'enfonce dans la crise et plus il devient menaçant pour l'homme et pour la nature : guerres, terrorisme, chaos au Moyen-orient, montée du néofascisme aux États-Unis et en Europe, paupérisation planétaire des masses et enrichissement extraordinaire d'une minorité, saccage de la nature, scandales et corruption généralisés etc. etc, On est loin de la «Fin de l'histoire» de Fukuyama. Le spectre de la Révolution d'Octobre hante toujours la société bourgeoise. Mais ce système, ennemi de l'homme et de la nature, ne disparaîtra pas spontanément de lui-même. Seule la révolution est en mesure de mettre un terme à la résistance de la minorité d’exploiteurs, et d’enfanter une nouvelle société. Même si les conditions ne sont pas réunies, la révolution reste l’unique solution. Les obstacles immenses et innombrables qui se dressent face à ce changement ne sauraient effacer ni la légitimité ni la nécessité de la révolution.Toutes les demi-mesures et toutes les réformes, si elles ont contribué à améliorer provisoirement la situation des esclaves modernes que sont les salariés, restent insuffisantes. Pire, les réformes économiques, sociales et politiques, aussi nécessaires soient-elles, ne font en dernière analyse que perpétuer l’asservissement général engendré par le système. Mais la révolution ne se décrète pas, ne s'improvise pas, elle se prépare comme l'a démontré d'une manière admirable la glorieuse révolution russe. Les bolcheviks et derrière eux l'immense majorité de la population ont préparé et finalement rendu possible la victoire d'Octobre 1917. Cette victoire reste et restera comme une immense possibilité à réaliser pour les travailleurs et les opprimés de tous les pays.

Mohamed Belaali

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(1)John Reed, « Dix jours qui ébranlèrent le monde » (préface de Lénine). Editions Tribord, 2010 pages 228 et 229

(2)«Rapport politique du comité central », le 7 mars 1918 :

http://www.marxistsfr.org/francais/lenin/works/1918/03/d7c/vil19180300-02c7.htm

(3)http://www.belaali.com/article-social-democratie-et-collaboration-de-classes-50152165.html

(4)http://www.humanite.fr/la-passion-lumineuse-de-rosa-liberte-602654

(5)https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/09/vil19190923.htm

(6)cité par Claude Frioux, dans «LÉNINE, MAIAKOVSKI, LE PROLETKULT ET LA RÉVOLUTION CULTURELLE» page 102 :

http://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1976_num_24_4_2059

 

 

 

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18 décembre 2016 7 18 /12 /décembre /2016 10:41

Les pays impérialistes, petits et grands , mènent en ce moment à travers leurs médias une hystérique propagande contre la Syrie. Ils instrumentalisent cyniquement la tragédie des populations civiles pour mieux masquer leur défaite historique à Alep. En fait, ils ne pleurent pas les victimes d'Alep-Est et encore moins celles de l'Ouest ou de toute la Syrie, mais plutôt la capitulation de leurs propres créatures, les terroristes d'Al Nosra, d' Ahrar al-Cham, de Fatah Halab et une myriade de petits groupes de fanatiques appelés hypocritement rebelles syriens (1). Mais derrière cette posture humanitaire se cache une profonde et cruelle frustration : leurs rebelles syriens ont échoué à renverser par la force le régime de Bachar Al-Assad alors qu'ils ont réussi à détruire la Libye de Khadafi. Car les Etats-Unis, la Grande Bretagne, la France et leurs alliés locaux comme l'Arabie Saoudite, le Qatar ou encore la Turquie n'ont qu'un seul objectif, renverser par la violence le régime d'Assad et installer à sa place un gouvernement à leur solde pour mieux asservir le peuple syrien et servir leurs intérêts économiques et stratégiques. Comme en Afghanistan et comme en Libye, l'impérialisme et ses alliés n'hésitent pas à créer et utiliser des groupes terroristes dont l'Islam n'est qu'un voile derrière lequel se cachent les intérêts des uns et des autres (2). Mais la Syrie n'est pas la Libye. Le peuple syrien, dans toutes ses composantes ethniques et religieuses, et ses alliés ont tenu bon face aux terroristes et leurs maîtres occidentaux. Alep la martyre qui a tant donné à la civilisation humaine renaîtra de ses cendres tel un phénix plus forte et plus belle.

Depuis quand les pays occidentaux et leurs vassaux comme l'Arabie Saoudite par exemple pleurent les civils victimes des guerres ? Depuis quand les États-Unis, la France et la Grande Bretagne luttent contre les dictatures et aident les peuples à se débarrasser des despotes d'un autre âge ?

Les peuples du monde entier savent que les pays impérialistes ont soutenu des dictateurs les plus féroces.

Commençons par l’Amérique latine : Artur da Costa e Silva au Brésil, Augusto Pinochet au Chili, Juan Carlos Ongania et Videla en Argentine, le régime somoziste au Nicaragua, Maximiliano Hernández Martinez au Salvador, le régime de Fulgencio Batista à Cuba, de Marcos Pérez Jiménez au Venezuela, de Banzer en Bolivie etc.

En Asie, on peut trouver Soeharto en Indonésie, Marcos aux Philippines, Musharraf au Pakistan.

En Afrique on peut citer, entre autres, Hosni Moubarak en Egypte, Gnassingbé Eyadéma au Togo, Idriss Déby au Tchad, Denis Sassou N’Guesso au Congo, Paul Biya au Cameroun sans oublier les fidèles serviteurs de l’impérialisme français, Omar et Ali Bongo.

L’empire américain a dressé également des fanatiques religieux contre Nasser en Egypte, contre Sukarno en Indonésie, contre Bhutto au Pakistan, contre Najibullah en Afghanistan. Le but est de contrer et d’étouffer toute pensée et tout mouvement communiste ou tout simplement démocratique et progressiste.

Les américains et leur caniche européen ont, dans un passé récent, détruit la Yougoslavie (en 1991 et en 1999), envahi l’Afghanistan (2001), ravagé l’Irak (2003) et ruiné la Côte d’Ivoire (2011).Toute l'histoire de l'impérialisme n'est, en dernière analyse, que destructions, cruauté, massacres et violence extrême pour soumettre les peuples de la planète et piller leurs richesses.

 

Au moment même où ils se lamentent sur les victimes d'Alep-Est, leur allié le plus fidèle, l'Arabie Saoudite, mène une véritable guerre au Yémen qui a fait en une seule année plusieurs milliers de morts principalement des civils et détruit une partie importante de l’héritage culturel et architectural yéménite qui est en même temps patrimoine mondial de l’humanité. Les massacres de milliers de personnes se poursuivent encore aujourd'hui dans l’indifférence quasi-générale (3). Leur hystérique propagande sur la Syrie n'a d'égal que leur silence sur les massacres perpétrés par la coalition dirigée par le Royaume wahhabite.

 

Les soulèvements populaires en Tunisie, en Libye, en Égypte, au Yémen, à Bahreïn etc. ont suscité d’énormes espoirs de changement dans les masses arabes opprimées y compris en Syrie. Mais l'impérialisme ne peut supporter ni tolérer la marche des peuples vers leur émancipation et leur libération des régimes qui les oppriment et les maintiennent dans le sous développement et la misère. Les opprimés du monde arabe n'oublieront jamais le rôle contre-révolutionnaire confié par les pays impérialistes à l'Arabie Saoudite pour briser leurs soulèvements populaires et pacifiques. Les États-Unis, la Grande Bretagne et la France n'agissent qu'en vertu des intérêts de leurs bourgeoisies respectives. Les bourgeoisies américaines et européennes, inlassablement, parlent des droits de l'homme tout en massacrant un peu partout les hommes qui leur tiennent tête. Toute leur histoire n'est que mépris et négation des hommes tant qu'ils ne servent pas leurs intérêts.

 

La propagande de l'empire lui a toujours servi de prétexte et de légitimation pour s'immiscer dans les affaires des peuples. Une longue tradition de mensonges jalonne l'histoire des États-Unis et de ses alliés. Rappelons-nous du charnier de Timisoara en 1989 où, selon les journalistes occidentaux, gisaient quatre mille morts ! On a appris par la suite qu'il s'agissait d'une gigantesque manipulation pour tromper l'opinion mondiale. Des cadavres ont été exhumés à la hâte du cimetière des pauvres et montrés devant les caméras du monde entier pour simuler le génocide légitimant ainsi le nouveau régime (4). Un autre grand mensonge de l'histoire, les Armes de Destruction Massive (ADM) inventées de toutes pièces par l'administration Bush pour justifier l'intervention militaire en Irak dont nous subissons aujourd'hui encore les conséquences dramatiques (5). La liste est longue, mais

c'est le même processus qui a été utilisé en Yougoslavie contre Milosevic, en Afghanistan contre Najibullah, en Libye contre Kadhafi et aujourd'hui en Syrie contre Bachar Al-Assad.

 

Et pourtant ce sont ces mêmes pays, leurs médias et leurs intellectuels qui osent parler aujourd'hui de crimes de guerre, de barbarie, de propagande et comparent Alep à Sarajevo et à Guernica (6). C'est l'histoire du criminel qui crie halte au crime. Quel cynisme ! Quelle légitimité et quelle crédibilité peut-on encore accorder à leurs discours et à leurs jérémiades ? Aucune !

 

Cela ne signifie nullement qu'il n y a pas eu des morts, des blessés et des exactions contre les civils à Alep et dans toute la Syrie, mais la question fondamentale est de savoir qui a créé cette situation, qui est responsable de cette tragédie humaine ? Qui au départ a envahi militairement l'Irak faisant des centaines de milliers de morts innocents (7) et créant du même coup les conditions propices au développement des groupes terroristes qui seront utilisés par la suite contre le régime syrien ? Mais ce qui est vrai de l’Irak ne l’est pas moins de la Libye. Rappelons tout de même que les crimes perpétrés contre le peuple libyen ont été commis sous la bannière de la protection des civils et de l’aide humanitaire comme le précise la résolution 1973 de l’ONU : « Le Conseil de sécurité(...) se déclarant résolu à assurer la protection des civils et des secteurs où vivent des civils, et à assurer l’acheminement sans obstacle ni contretemps de l’aide humanitaire » ! (8). On connaît aujourd'hui

les conséquences de cette aide humanitaire sur le peuple libyen (9).

 

Les syriens à l'instar des autres peuples sont capables de régler eux-mêmes leurs problèmes internes. Il appartient au peuple syrien et à lui seul de décider de son destin. Il n' a surtout pas besoin des pays impérialistes dont toute l'histoire n'est qu'une suite de crimes, de conquêtes coloniales et d'asservissement des peuples.

 

Mohamed Belaali

 

 

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(1)https://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/EL_KHOURY/56922

(2)http://www.belaali.com/2014/11/le-terrorisme-produit-authentique-de-l-imperialisme.html

(3)https://legrandsoir.info/les-guerres-profanes-de-l-arabie-saoudite-au-yemen.html

(4)https://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2009-12-21-Timisoara

(5)http://www.monde-diplomatique.fr/2003/07/RAMONET/10193

(6)http://www.lorientlejour.com/article/1009409/une-guerre-des-mots-autour-dalep.html

(7) http://www.justforeignpolicy.org/iraq/iraqdeaths_fr.html

(8)http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/03/18/le-texte-de-la-resolution-sur-le-libye_1494976_3212.html

(9)http://www.belaali.com/article-la-libye-apres-l-intervention-imperialiste-108002868.html

 

 

 

 


 

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 11:23

 

Le grand Castro est parti laissant derrière lui un monde triste et laid à l'image de ceux qui le dirigent.

 

Castro a fait de la santé et de l'éducation de son peuple la priorité des priorités. Aujourd'hui ces domaines sont partout à travers le monde méprisés, abandonnés ou tout simplement livrés à la puissance de l'argent.

 

Castro et le peuple cubain se sont dressés courageusement contre leur puissant voisin les Etats-Unis qui n'ont jamais digéré la disparition de leur « Cuba des bordels » dirigé par l'un de leurs caniches, le général dictateur Batista. Ils n'ont jamais supporté le Cuba de la Résistance et de la Révolution. Cuba et son peuple doivent donc subir l'embargo le plus long et le plus violent de l'histoire moderne.

 

Les chiens de garde du capital vont aboyer tout au long de la journée, de la nuit et de la semaine contre cet homme qui leur a tenu tête jusqu'à sa mort. Comme disait Atom Araullo, «une révolution, ce n'est pas un champ de roses… une révolution, c'est un combat jusqu'à la mort entre le futur et le passé». Les puissants ne lui pardonneront jamais ce combat pour l'avenir, pour la paix, pour la solidarité entre les peuples et pour un monde meilleur débarrassé de toutes les guerres impérialistes et de toutes les tares du capitalisme.

 

La mort de Fidel est une immense perte, mais son souvenir restera enfoui dans le cœur des opprimés du monde entier.

 

Hasta la victoria siempre.

 

Mohamed Belaali

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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 13:51

 

Donald Trump vient de remporter les élections présidentielles américaines. Il devient le 45 ème président des États-Unis. Cette victoire du richissime homme d'affaires n'est pas le fruit du hasard. Trump est un authentique produit de la démocratie bourgeoise. La République de Weimar la plus avancée de son temps a produit un monstre dont on dénonce encore aujourd'hui les crimes.

Trump devant le New York Stock Exchange

 

 Plus récemment, cette même démocratie a enfanté un certain George W Bush dont le monde subit toujours les terribles conséquences de son intervention militaire en Irak. Aujourd'hui elle donne naissance à Donald Trump, un personnage aussi médiocre et grotesque que dangereux. En se présentant comme l'homme providentiel, Trump a su capter les frustrations et le désespoir d'une partie de la population abandonnée par les démocrates et les mettre au service de la classe dominante dont il fait personnellement partie.

 

La longue campagne électorale menée par les deux candidats était marquée du début jusqu'à la fin par une suite ininterrompue d'invectives personnelles, de propos mensongers, démagogiques, racistes, sexistes et islamophobes pour mieux contenir la colère populaire et occulter la responsabilité de la classe dirigeante dans la situation de misère matérielle et morale que connaissent aujourd'hui de larges franges de la population américaine. Les mexicains, les noirs, les musulmans etc., ont largement remplacé, comme responsables de tous les malheurs des États-Unis, les banquiers, les hommes d'affaires, les industriels et autres spéculateurs et parasites. Les démocrates ont une grande responsabilité dans l'élection de Trump. Ce sont eux qui ont organisé une véritable confiscation des richesses produites par les travailleurs pour les mettre entre les mains des puissants.

 

L'histoire nous a toujours enseigné que durant les périodes troubles marquées par le chômage, les inégalités, les guerres sans fin etc., la classe dominante utilise, pour préserver ses intérêts, tous les moyens dont elle dispose. Les bourgeoisies américaines et européennes, nonobstant des situations différentes, n’arrivent plus à surmonter les crises à répétition de leur système. Il ne s’agit pas d’une crise conjoncturelle et passagère, mais bel et bien d’une crise structurelle dont les racines plongent jusqu’au cœur même du système. Les interventions massives des États, de la Commission européenne, des banques centrales, du Fonds monétaire international (FMI) etc. restent, pour l’instant, impuissantes face à l’ampleur du marasme économique. La croissance tant invoquée peut revenir mais pour mieux laisser place à d'autres crises plus violentes et plus générales. Les classes dirigeantes ressemblent de plus en plus à ces magiciens qui ne maîtrisent plus les forces maléfiques qu’ils ont eux-mêmes créées !

 

Le capitalisme se distingue des autres systèmes qui l'ont précédé par cette extraordinaire capacité d'adaptation à toutes les situations. Fascisme, nazisme etc. sont des mots qui désignent une seule et même réalité, la dictature du capital. Car tous ces mouvements politiques sont sortis des entrailles du capitalisme. A y regarder de plus près, ils sont tous nés dans un contexte de crises économiques et politiques majeures : guerre mondiale, révolution soviétique, déceptions de la petite bourgeoisie urbaine et rurale, marginalisation des plus démunis etc. Leur dénominateur commun reste le même : il faut que l'accumulation et la concentration des richesses restent, vaille que vaille, entre les mêmes mains.

 

Trump, véritable concentré des luttes sociales qui travaillent la société américaine, a puisé sa force essentiellement dans la faiblesse de la petite bourgeoisie écrasée par le grand capital et dans le désespoir d'une partie de la classe ouvrière blanche laminée par le chômage et la précarité. Pour les consoler et calmer leur rage et leurs frustrations, Trump leur offre, ente autres, le soutien de la race. Rappelons qu' aux États-Unis, le racisme a toujours été utilisé comme moyen au service du profit et de l'accumulation du capital. Dans le passé, le racisme a servi de justification et de légitimation de l'esclavage, main-d’œuvre servile et rentable. Car l'exploitation économique et l'oppression raciale vont de pair. Si l’esclavage a été aboli, du moins formellement, le racisme lui continue à se développer au grès des vicissitudes de l'évolution du capitalisme. Aujourd'hui, le racisme doit s’adapter à la nouvelle situation où le salarié a remplacé l'esclave. Le racisme est toujours utile pour la classe dominante ne serait-ce que pour entretenir et perpétuer, par son agitation et les préjugés raciaux qu’il propage, la division au sein de la classe ouvrière. Le travailleur noir lui doit subir, en plus de l'exploitation de classe, l'oppression de race (1). C'est dans ce sens qu'il faut comprendre la volonté de Trump de construire des murs et des clôtures ainsi que sa rhétorique antimexicains, antinoirs et antimusulmans. Il s'est entouré également pendant sa campagne et en tant que nouveau président, de personnalités racistes comme Jeff Sessions ou Stephen Bannon proches des milieux suprimatistes défenseurs acharnés de la suprématie de la race blanche même si le racisme basé sur la supériorité biologique n’a aucune base scientifique.

 

Au pouvoir,Trump reviendra peut-être sur certaines de ses promesses sans grande importance pour la classe dominante, mais appliquera probablement toutes les mesures en faveur du capital comme la baisse des impôts des plus riches (la tranche la plus élevée passera de 39,6 à 33 %), la réduction de l'impôt sur les bénéfices des sociétés (de 35 à 15 %), la dérégulation financière etc. A cet égard, l'équipe du nouveau président appelle déjà au démantèlement de la loi Dodd-Frank votée en 2010 après la crise dite des subprimes pour limiter un tant soit peu les excès des agissements bancaires.

Ce texte est «un fardeau énorme pour les banques (…) Nous devons nous en débarrasser» disait Trump. Il a même nommé pour cette mission Paul Atkins, un républicain qui milite depuis longtemps contre toute forme de régulation financière. Les marchés financiers ne se sont pas trompés. Wall street et toutes les bourses du monde ont réservé un accueil chaleureux au nouveau président. Le Dow Jones et le S&P 500 par exemple ont salué la victoire de Trump par des augmentations qu'ils n'ont pas connues depuis longtemps. Le rendement des obligations américaines à dix ans a lui aussi augmenté passant de 1,36 à 2,22 % (2). Bref, Trump n'est pas prêt à remettre en cause les intérêts et les privilèges de la classe dirigeante. Bien au contraire, il tentera, au-delà du discours, de les consolider.

 

Pour produire l’illusion du changement et donner l’impression de créer quelque chose de tout à fait nouveau, Trump doit travestir la réalité. Son langage, son style, ses outrances, son comportement et ses actes doivent faire oublier le gouvernement précédent. Trump et son équipe doivent se draper dans un déguisement nouveau pour que la différence avec l’ancien pouvoir paraisse éclatante. Ils ont besoin, pour se distinguer des démocrates, de jouer une nouvelle comédie sur la scène politique américaine. Mais il ne s’agit là que des formes et d’un déguisement qui reflètent plus ou moins nettement le fond commun : servir la même classe sociale, la bourgeoisie qui les place à tour de rôle à la tête de l’État.

 

Le capitalisme en crise a produit un nouveau monstre aux États-Unis et risque d'en produire d'autres à travers le monde. L'agressivité économique et politique de Trump et de son équipe montre si besoin est que la classe dirigeante américaine, pour sauvegarder et perpétuer ses privilèges, ne reculera devant aucun moyen y compris le plus terrible et le plus abjecte, la guerre. Trump représente un véritable danger non seulement pour le peuple américain mais pour le monde entier. Il est donc urgent de construire un mouvement de résistance planétaire contre Trump, tout en s'attaquant en même temps au système, le capitalisme qui a produit un tel monstre.

 

Mohamed Belaali

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(1)https://www.legrandsoir.info/peine-de-mort-violence-policiere-et-racisme-aux-etats-unis.html

(2)(Le Monde, Economie et Entreprise du 15 novembre 2016, page 3.

(3)http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/11/14/malgre-les-previsions-les-marches-financiers-se-portent-bien-apres-l-election-de-donald-trump_5031026_3234.html#xtor=AL-32280515

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 16:26

 

L'image a fait le tour du monde : Mohcine Fikri jeune vendeur de poisson broyé par une benne à ordure pour avoir résisté à la destruction de sa marchandise son seul et unique «capital» qui lui permettait de survivre lui et sa famille. Cette image reflète la réalité de tous les prolétaires de ce pays broyés eux aussi non pas par les camions poubelle mais par l'exploitation, les humiliations, les injustices et par la misère. Des Mouhcine Fikri il y en a des millions et des millions au Maroc et dans tout le monde arabe. Cette image à elle seule représente et symbolise le drame que vit au jour le jour une grande partie du peuple marocain. Cette mort tragique est également l'expression d'un ras-le-bol, d'un refoulement par les masses opprimées de tant et tant d'injustices et d'humiliations depuis des décennies. Les ouvriers, les petits commerçants, les vendeurs de poissons, les plombiers, les peintres en bâtiment, les maçons, les carreleurs, les électriciens, les marchands ambulants de fruits et légumes, les vendeurs de toute sorte de marchandises étalées à même le sol, bref tous les opprimés de ce pays ne supportent désormais plus la «Hogra» qui est un sentiment encore plus fort que l'humiliation, c'est le fait de se sentir écrasé comme des insectes et traité comme des ordures. Les images et les photos du corps de Mouhcine Fikri broyé par une benne à ordure ont choqué tout un peuple qui n'a pas hésité à descendre immédiatement et massivement dans la rue pour manifester son indignation et sa colère. Aucun parti politique, aucune organisation ne sont derrière ce mouvement. Il s'agit d'une réaction spontanée et émotionnelle fruit de longues années d'humiliations, de souffrances accumulées et refoulées.

 

Les masses populaires savent par expérience que la plupart des partis politiques et les gouvernements ne sont que de vulgaires pantins dont le rôle essentiel est de rendre acceptable la vitrine faussement démocratique du régime. Les députés ne sont que des figurants qui jouent le spectacle de la démocratie sur la scène politique marocaine. Tous les pouvoirs sont entre les mains du roi, entouré de courtisans qui ne cherchent qu’à s’enrichir. Le gouvernement ne fait qu’exécuter les directives directement venues du Palais. Le parlement n’est qu’une chambre d’enregistrement de la volonté royale. Et ce n’est pas un hasard si à chaque manifestation, les marocains réclament la dissolution du parlement et la démission du gouvernement. Les collectivités territoriales sont strictement contrôlées par le ministère de l’intérieur, lui-même dépendant du Palais. Les résultats des élections sont déterminés d’avance et habilement répartis entre les partis politiques plus au moins soumis au pouvoir. Le jeu politique au Maroc est déterminé, organisé et contrôlé par le régime. La constitution de 1996 qui donne un pouvoir absolu au roi et consacre la sacralité de sa personne n’a pas été modifiée.

 

Les politiques économiques sont souvent décidées par les instances internationales comme la Banque mondiale et le FMI à Washington, loin des besoins et des préoccupations du peuple marocain. Ces politiques s’inscrivent dans une stratégie libérale globale : privatisation, vérité des prix, protection du capital privé local et étranger et extraversion poussée de l’économie marocaine basée sur des produits à faible valeur ajoutée. Il va sans dire que les effets traumatisants des plans d’ajustement structurel de ces mêmes institutions que le Maroc applique avec zèle sont supportés par les classes populaires. La paupérisation de l’immense majorité de la population reste la conséquence tangible de ces politiques. Déjà en juin 1981 et en janvier 1984, des révoltes populaires contre l’augmentation des prix des produits de base ( farine, pain, sucre, huile gaz etc.) ont secoué la plupart des villes marocaines faisant plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés.

L’échec de ces politiques économiques est aggravé par la généralisation de la corruption qui, à l’instar des métastases, se répand dans tout le corps social. Aucun secteur de la société n’est épargné. Elle est omniprésente. C’est une habitude que l’on accomplit au quotidien. Elle est érigée en véritable institution.

Seul l'éphémère Mouvement du 20 février en 2011 a porté haut et fort les revendications légitimes des masses populaires. Son grand mérite résidait dans son existence même. Il a réussi à raviver une lutte de classes que le pouvoir croyait révolue. Jamais l'histoire récente du Maroc n'a connu une période aussi riche et aussi chargée de luttes populaires intenses même si le combat contre le Makhzen ne date pas du 20 février 2011. Le Mouvement a libéré la vitalité et la créativité des masses opprimées qui ont fait preuve d'une grande maturité politique et organisationnelle. Dans la lutte, elles ont aussi appris à relever la tête et à se dresser contre leur ennemi de classe.

 

Le Mouvement du 20 février a été vaincu comme tous les soulèvements populaires dans le monde arabe (excepté en Tunisie). Mais il a redonné considération, dignité et espoir à toutes celles et ceux qui, hier encore, étaient sans espoir. Les manifestations pacifiques et massives qui ont accompagné la mort tragique de Mouhcine Fikri montrent que les «damnés de la terre» au Maroc ne supportent plus d'être traités comme des ordures. Elles montrent également que le chemin vers cette forme de vie supérieure sera long et sinueux.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

 

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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 11:27

 

Les Le Pen, les Sarkozy, les Fillon, les Juppé, les Hollande, les Valls, les Macron etc. sont les symptômes d'une maladie incurable, le capitalisme en crise. Ils sont le reflet et l'expression du désarroi politique et de la déroute économique et morale d'un pouvoir en déliquescence. Les scandales financiers, les passe-droits, les détournements de fonds publics et les magouilles en tout genre se multiplient dévoilant ainsi le visage hideux d'une caste politique sans foi ni loi s'agrippant de toutes ses forces à ses privilèges. Les citoyens sont ainsi réduits à choisir un président de la République parmi ces personnages médiocres et grotesques dont certains professent des idées qui ont fait des millions de morts, d'autres condamnés par la justice ou plusieurs fois mis en examen ou encore ceux qui les ont trahis et humiliés. Même dans une démocratie bourgeoise, de tels candidats ne devraient plus se présenter au suffrage du peuple.

 

Incapables d'avoir le moindre projet, la moindre vision, la moindre perspective d'avenir, les hommes politiques tournent sans cesse sur eux-mêmes et sur leur seul et unique intérêt, rester vaille que vaille au pouvoir. Ils passent le plus clair de leur temps à comploter contre les citoyens qui les ont pourtant élus. Ils psalmodient comme de funestes litanies sans fin recommencées leurs «réformes» dont la faillite n'est plus à démontrer depuis longtemps : suppression des syndicats, allègement des charges patronales, allongement du temps de travail, recul de l'âge du départ à la retraite, diminution drastique du nombre de fonctionnaires, suppression du SMIC, augmentation de la TVA, baisse des prestations sociales etc., le tout dans le cadre d'une austérité perpétuelle.Totalement étrangers à leurs concitoyens, ils restent indifférents à leurs souffrances dont ils sont largement responsables.

 

Les hommes politiques n'invoquent les valeurs de la République que pour mieux les ignorer, les mépriser, les fouler aux pieds. « Les valeurs républicaines de «liberté, égalité, fraternité », souvent brandies de manière incantatoire, semblent sonner creux pour beaucoup de nos contemporains sur le sol national» écrivent les évêques de France dans leur adresse publiée le 13 octobre 2016. Leur rhétorique n’a de sens que dans le contexte de la propagande; en dehors de ce cadre elle ressemble à des sons vides de tout sens. Leurs discours démagogiques n'ont d'égal que le vide de leur programme politique. Ils inventent des ennemis et montrent lâchement du doigt les sans-papiers, les réfugiés, les immigrés, les musulmans, les noirs etc. comme responsables de tous les maux et de tous les malheurs de la France. La fabrication des boucs émissaires permet aussi de décharger la colère populaire sur les victimes de la crise tout en épargnant ses véritables responsables dont ils font partie.

 

Paradoxalement les hommes politiques puisent leur force dans leur faiblesse et leur impopularité. Ils se nourrissent des drames du chômage, de la précarité, des inégalités, du déclassement social, de la misère et des frustrations d'une partie de la population, hélas, de plus en plus nombreuse. Car la misère matérielle et morale, le délitement des rapports sociaux, engendrent désespoir et résignation.

 

Les hommes politiques sont nourris par la puissance de l'argent qui les protège et qui les hisse au sommet de l’État. Elle met à leur disposition tous les grands médias et tous les instituts de sondage. Plus le système s’empêtre dans ses propres contradictions et s’enfonce dans la crise, plus la propagande devient intense, futile et cynique. Ces médias et ces instituts de sondage, tous entre les mains des groupes industriels et financiers, vont jouer ici un rôle déterminant, même s' il leur arrive de se tromper, dans le maintien et la reproduction de cette situation. D'ailleurs ils ont déjà désigné le prochain président de la République alors que les citoyens n'ont pas encore voté !

 

Les moyens de communication de masse demeurent l’instrument le plus redoutable et le plus efficace pour anesthésier une population déjà traumatisée et démobilisée par le chômage et la précarité. Pire, les mensonges véhiculés par les médias sont acceptés et intériorisés par les plus démunis. Le contenu mensonger de cette intense propagande idéologique, bien qu'il soit contredit quotidiennement par les faits, s'efface pour ainsi dire totalement. Les dominés participent ainsi, sans vraiment le vouloir, au maintien de leur propre servitude. La propagande et l’endoctrinement permanents remplacent l’information, le faux devient vrai, les apparences se confondent avec la réalité et la différence entre ce qui est juste et ce qui est erroné reste difficile à établir. Les intérêts d'une classe, la bourgeoisie, deviennent ceux de toutes les classes. Les opprimés ainsi conditionnés sont conduits à choisir librement et démocratiquement leurs oppresseurs.

 

La mission essentielle de la plupart des hommes politiques est de servir encore et toujours les puissants. C'est leur raison d'être. Pour les plus démunis, pour les travailleurs, ils n'ont absolument rien à offrir à part les mensonges, les promesses, les illusions et la répression en cas de résistance et de révolte. La démocratie bourgeoise, même si elle reste utile pour arracher quelques avancées économiques et sociales, ne peut jamais traduire la volonté réelle et les aspirations profondes de la majorité des travailleurs et des salariés en général. Elle permet surtout de perpétuer les intérêts de la classe dominante en donnant l'illusion qu'elle est la seule et l'unique possibilité du changement.

 

Mais la crise du capitalisme qui produit une telle pourriture au niveau politique engendre en même temps les conditions de résistance et de lutte pour briser les chaînes de cette forme de servitude. Il est grand temps que les travailleurs et les progressistes de ce pays redressent la tête, démasquent et dénoncent partout où ils le peuvent les mensonges et la propagande de la classe dominante. Ils doivent se dresser, unis et déterminés, contre leurs ennemis de classes, la bourgeoisie et ses fidèles serviteurs les hommes politiques.

 

Mohamed Belaali

 

 

 

 

 

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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 11:45

 

Les massacres de milliers de personnes se poursuivent inlassablement dans l'indifférence quasi-générale depuis l'intervention militaire saoudienne au Yémen en mars 2015. Les États-Unis, la France, le Royaume Uni, les armées du Golfe et les forces égyptiennes notamment participent directement ou indirectement à cette agression armée. «Tempête décisive», nom de cette équipée, est considérée par le Royaume Wahhabite comme une simple opération de maintien de l'ordre dans un pays voisin à l'appel de son président Abd Rabbo Mansour Hadi. Dans les faits, il s'agit d'une véritable guerre qui a fait en une seule année plusieurs milliers de morts principalement des civils et détruit une partie importante de l’héritage culturel et architectural yéménite qui est en même temps patrimoine mondial de l'humanité. Ici comme ailleurs, la religion (chiites contre sunnites) est instrumentalisée pour mieux dissimuler la réalité profane, économique et politique, qui constitue la véritable base de cette terrible guerre.

 

 

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) «depuis le début du conflit il y a un an, un peu moins de 9.000 personnes ont été tuées». Le dernier communiqué de l'ONU parle d'au moins 10 000 morts (1). Mais il y a aussi des morts qui ne sont pas comptés, des morts invisibles en quelque sorte faute de soins dans les hôpitaux ravagés et détruits par les bombardements saoudiens. Aucun lieu n'est épargné par les avions de la coalition : «Elle a frappé, ajoute la même source, des marchés, des hôpitaux, des cliniques, des écoles, des usines, des fêtes de mariage et des centaines de résidences privées dans les villages et les villes, y compris la capitale Sanaa» (2). L'Arabie Saoudite utilise au Yémen des armes fabriquées et vendues par les États-Unis qui sont extrêmement dangereuses pour les civils et interdites par des traités internationaux (3). Rappelons aussi que la France est l'un des pays qui vend le plus d'armes à l'Arabie Saoudite (4).

 

Mais les hommes ne sont pas les seuls à subir la violence de la coalition. Le patrimoine culturel du Yémen est lui aussi pris pour cible. Des zones entières inscrites pourtant au patrimoine mondial de l'humanité sont ravagées par des raids aériens de la coalition (5). Les vieux quartiers de Sanaa, capitale du Yémen et plusieurs fois millénaires, n'ont pas échappé à la violence destructrice des avions américains pilotés par des saoudiens. Désormais l'ancienne ville de Sanaa et Shibam sont classées par l'UNESCO comme patrimoine mondial en péril (6). Ces destructions de l'héritage culturel du peuple yéménite et patrimoine mondial de l'humanité ressemblent étrangement aux crimes perpétrés par l'armée américaine contre l'histoire et la mémoire d'un autre pays qui a vu naître sur son sol de brillantes et splendides civilisations, il s'agit de la Mésopotamie c'est à dire l'Irak d'aujourd'hui ou tout du moins ce qu'il en reste : «C’est sur cette terre que l’écriture et le calcul, entre autres, furent inventés. Mais la Mésopotamie c’est aussi Babylone et ses jardins suspendus (septième merveille du monde), Hammourabi et son code, Nabuchodonosor II et sa conception architecturale etc. etc.» (7). L'impérialisme et ses alliés locaux non seulement sont les ennemis des peuples mais aussi de leur culture, de leur histoire et de leur mémoire.

 

Pour l'Arabie Saoudite, le Yémen n'est que le prolongement de son propre territoire. Les affaires intérieures du Yémen sont les affaires intérieures de l'Arabie Saoudite. Le Yémen doit rester un pays totalement inféodé au royaume wahhabite. On rapporte que sur son lit de mort, l'émir Abdelaziz Ibn Saoud (1880-1953), fondateur de l'Arabie «moderne» avec l'aide des britanniques, disait que «le bonheur du Royaume est dans le malheur du Yémen». Ce racontar est probablement faux, mais il n'en demeure pas moins significatif et représentatif des relations complexes et conflictuelles entre les deux pays.

 

Précisons d'emblée que le Yémen est la seule république au milieu des monarchies pétrolières riches et puissantes. Le Yémen, appelé autrefois l'«Arabie heureuse» pour sa prospérité, est aujourd'hui l’un des pays les plus pauvres de la planète. Il est relégué, pour son Indicateur de Développement Humain (IDH), aux dernières places par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) (8). Mais le Yémen c’est aussi le détroit de Bāb al-Mandab (porte des lamentations en arabe) qui commande l’entrée à la mer Rouge et surtout le Golfe d’Aden qui sépare le continent africain du continent asiatique et constitue de ce fait une voie maritime importante pour les échanges mondiaux. Autant dire que le Yémen représente un intérêt stratégique évident pour l'Arabie Saoudite et bien sûr pour les États-Unis très présents dans la région à travers leurs bases militaires notamment. La position géostratégique et ses nombreuses potentialités ont toujours fait du Yémen un pays convoité par les puissances étrangères et déchiré par des conflits internes entre conservateurs et progressistes qui l'ont rendu instable et difficilement gouvernable. De ce fait le Yémen constitue aussi une source d'inquiétude et une menace non seulement pour le Royaume saoudien mais aussi pour les autres dynasties du Golfe qui redoutent que d'éventuelles révoltes politiques et des revendications démocratiques ne s'étendent à toute la région.

 

Sans remonter loin dans l'histoire, le premier conflit (1926-1934) entre le royaume wahhabite et le Yémen s'est soldé par l'annexion de trois provinces yéménites d'Assir, de Nejrane et de Jizane par l'Arabie Saoudite. Le Yémen n'a jamais renoncé à ses territoires conquis par son puissant voisin du nord. Il fallait attendre les accords de Djeddah de juin 2000 pour trouver un semblant de règlement à ce conflit frontalier (9).

En 1962 de jeunes officiers soutenus par Nasser renversent le roi Al-Badre et fondent la République Arabe du Yémen. L'Arabie Saoudite n'a reconnu la jeune république qu'en 1970. Elle ne pouvait supporter ni tolérer cette nouvelle situation d'autant plus que 70 000 soldats égyptiens étaient présents sur le sol yéménite et que Nasser non seulement dénonçait avec force et véhémence la dynastie des Al Saoud, fidèles serviteurs des intérêts anglais et américains dans la région (10), mais il prônait aussi un panarabisme progressiste et laïc. Royalistes soutenus par l'Arabie Saoudite et républicains armés par l’Égypte nassérienne se sont affrontés dans une terrible guerre civile. Progressistes et conservateurs ont ainsi mené une guerre ininterrompue pendant presque une décennie. La guerre a pris fin en 1970 sans réellement apaiser les tensions politiques mais la République a survécu mettant ainsi un terme définitif à un régime particulier vieux de plus de mille ans : l’imamat zaydite (11).

En 1967 le dernier soldat britannique quitte Aden et la République Populaire du Sud Yémen accède à l’indépendance mettant là encore fin à 128 ans d'occupation anglaise. En 1970, la République Populaire est devenue la République Démocratique Populaire du Yémen. Le Yémen est ainsi divisé en deux États antagonistes, l'un au nord l'autre au sud. Mais ces deux républiques sont unies par le même passé et aspirent toutes les deux à construire le même avenir. En mai 1990 les deux États fusionnent pour ne former qu'un seul, la République du Yémen dont le président est Ali Abdallah Saleh un homme aussi habile que cynique. Même si cette réunification est superficielle(en partie encouragée par l'Irak de Saddam Hussein et partage inéquitable du pouvoir entre le Nord et le Sud etc.), l'Arabie Saoudite ne pouvait accepter un Yémen uni. Dès septembre de la même année, l'Arabie Saoudite expulse 800 000 travailleurs yéménites sous prétexte que le Yémen soutient l'invasion irakienne du Koweït. Le Royaume wahhabite s'allie avec les dirigeants sudistes, pourtant se réclamant du marxisme, pour briser cette unité d'autant plus que l'on vient de découvrir des gisements pétroliers prometteurs dans le Sud. En mai 1994 une nouvelle guerre civile éclate entre le Nord et le Sud armé et financé par l'Arabie Saoudite. Ce conflit se termine par la victoire du Nord laissant derrière lui plus de 10 000 morts.

En 2011 les soulèvements populaires au Yémen comme dans tout le monde arabe contre les régimes d'un autre âge ont poussé l'Arabie Saoudite, avec l'aval des américains, à intervenir pour briser l'élan formidable des révoltes pacifiques du peuple yéménite dans toute sa diversité. Rappelons pour mémoire que ce soulèvement a réussi à renverser le président Ali Abdallah Saleh au pouvoir depuis 1978. Celui-ci s'est réfugié en Arabie Saoudite le lendemain du bombardement de son palais le 3 juin 2011 par le chef tribal Sadek al Ahmar. C’est également l’Arabie Saoudite qui a soigné dans ses hôpitaux le président gravement blessé et permis enfin son retour au Yémen le 23 septembre de la même année. Et c'est à Riyad que l'accord de transfert de pouvoir entre Saleh et son vice président Abd Rabbo Mansour Hadi a été signé en présence du Roi d'Arabie. Toujours en 2011, le peuple de Bahreïn s'est lui aussi soulevé contre la tyrannie des Al Khalifa au pouvoir depuis plus de trois siècles. La population unie a mené un magnifique combat pacifique contre le despotisme du régime en place. Prises de panique, toutes les monarchies du Golfe avec à leur tête l'Arabie Saoudite et soutenues par les États-Unis ont envahi le petit royaume. La place de la Perle, au cœur de Manama la capitale de Bahreïn et haut lieu de la révolte populaire, a été évacuée dans le sang le 16 mars 2011. Le monument de la Place a été détruit et remplacé par les chars de l'armée saoudienne (12). Aujourd'hui encore, malgré une terrible répression, le peuple de Bahreïn résiste toujours à l'oppression dans l'indifférence absolue des bourgeoisies occidentales.

 

L'écrasement de ces soulèvements populaires par la contre-révolution incarnée par l'Arabie Saoudite avec la complicité de l'impérialisme américain a créé les conditions matérielles propices au développement de l'obscurantisme, du terrorisme et de la guerre civile. C'est dans ce cadre qu'il faut situer la nouvelle guerre du Royaume wahhabite au Yémen.

 

Le triomphe de la contre-révolution a ravivé dans ce pays martyr des divisions sectaires et des rivalités tribales plus ou moins contenues jusqu'alors. Les Houthis (Al-hûthiyûn en arabe), mouvement politique de confession zaydite, un rameau du chiisme, ont toujours été marginalisés sur le plan économique, politique et religieux par Ali Abdallah Saleh. S'estimant stigmatisés et méprisés, les Houthis ont opposé une farouche résistance au pouvoir central notamment depuis la guerre de Saada en 2004 (13). Rappelons que l'ex-président Ali Abdallah Saleh a toujours instrumentalisé la religion par la confessionnalisation des conflits sociaux et politiques pour se maintenir au pouvoir.

 

Profitant du chaos qui règne au Yémen depuis l'écrasement des révoltes populaires, les Houthis s'emparent de Sanaa et obligent le président Abd Rabbo Mansour Hadi, installé au pouvoir par l'Arabie Saoudite, à démissionner mettant de facto un terme à l'accord de Riyad dont ils étaient exclus. L'Arabie et les monarchies du Golfe ne peuvent tolérer l'installation à Sanaa d'un pouvoir qu'elles accusent d'être à la solde de l'Iran. Dans la nuit du mercredi à jeudi 26 mars 2015, l'Arabie Saoudite intervient, une fois encore, au Yémen. Les Houthis sont alors décrits comme des chiites zaydites instrumentalisés par l'Iran contre les gouvernements sunnites chaféites de la région. Les houthis alliés, ironie du sort, à leur ancien ennemi de toujours Ali Abdallah Saleh, sont ainsi réduits à un simple instrument entre les mains de l'Iran. Cette manière de simplifier une réalité particulièrement complexe a été également utilisée à Bahreïn par le Royaume wahhabite pour justifier son intervention militaire dans ce petit pays et mater «ces chiites manipulés par l'Iran ». Dans cette région du monde, l'Arabie Saoudite joue le rôle de rempart contre tout changement démocratique et progressiste.

 

 

Le Royaume wahhabite se saisit ainsi de la religion pour mieux étendre son influence et sa puissance dans la région. La religion doit être au service des ambitions politiques et des intérêts économiques. L'Islam est ainsi utilisé comme couverture et comme idéologie de légitimation pour, en dernière analyse, perpétuer le pouvoir et les privilèges de la dynastie des Al Saoud.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=36847#.V02rspGLSUk

Fin août 2016, les Nations Unies ont revu à la hausse le nombre des victimes :

http://www.aljazeera.com/news/2016/08/10000-killed-yemen-conflict-160830173324902.html

(2)op.cit .

(3)https://www.hrw.org/fr/news/2016/05/06/yemen-recours-par-larabie-saoudite-des-armes-sous-munitions-de-fabrication

(4)https://www.mediapart.fr/journal/international/240416/ventes-darmes-lobsession-saoudienne-de-la-france

voir aussi :

http://controlarms.org/fr/2016/02/26/les-etats-doivent-cesser-de-vendre-a-larabie-saoudite-des-armes-destinees-a-etre-utilisees-dans-le-cadre-du-conflit-au-yemen/

(5)http://www.lorientlejour.com/article/940026/operation-detruire-lheritage-culturel-du-moyen-orient-.html

La ville Saada, fief des Houthis, a été déclarée cible militaire par le porte parole de la coalition.

Voir Targiting Saada :

https://www.hrw.org/report/2015/06/30/targeting-saada/unlawful-coalition-airstrikes-saada-city-yemen

(6)http://fr.unesco.org/news/vieille-ville-sana-ancienne-ville-shibam-son-mur-enceinte-yemen-ajoutees-liste-du-patrimoine

(7)http://www.belaali.com/article-les-ravages-de-la-guerre-imperialiste-en-irak-48981793.html

(8)http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr_2015_statistical_annex.pdf

(9)https://www.senat.fr/ga/ga35/ga35_mono.html

(10)https://www.youtube.com/watch?v=voUNkFuhg1E

(11)https://transcontinentales.revues.org/411

(12)http://www.belaali.com/article-l-intervention-saoudienne-a-bahrein-et-le-silence-complice-des-bourgeoisies-occidentales-69874090.html

Voir également «Répression et résistance à Bahreïn»:

http://www.legrandsoir.info/Repression-et-resistance-a-Bahrein.html

(13)https://www.cairn.info/revue-critique-internationale-2010-3-page-137.htm#no274

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3 septembre 2016 6 03 /09 /septembre /2016 09:04

Ce texte a été écrit en janvier 2012. Bien qu'il soit dépassé sur certains points, il reste quant au fond dramatiquement actuel. Depuis cette date, de nombreuses victimes des violences policières sont venues allonger une liste déjà trop longue (1). Adama Traoré, jeune homme de 24 printemps, mort comme beaucoup d'autres lors de son interpellation ne sera, malheureusement, pas le dernier à mourir entre les mains de la police.

 

L’État français, surtout depuis l'instauration de l'état d'urgence et la montée de l'islamophobie (l'interdiction du burkini est un exemple parmi tant d'autres) (2), est loin de vouloir arrêter ces assassinats. Rien que depuis janvier 2016 huit personnes sont déjà mortes suite à une action des forces de l'ordre (3). Car la mission essentielle de la police est le maintien de l'ordre politique établi et non la sécurité publique. L’État n'est pas au-dessus des classes, il en est même le produit. La police, entre autres, est le bras armé de l’État qui permet à une classe de réprimer une autre. La répression exercée sur les jeunes des cités populaires et sur le mouvement social dans sa globalité montre bien que le rôle confié par la bourgeoisie à la police est de briser toute contestation, toute résistance à l'ordre établi aussi minime soit-elle. Ce mépris de la vie des jeunes des cités populaires par l’État risque de produire à son tour une autre haine en poussant une minorité d'entre-eux dans les bras du terrorisme. la situation faite aux enfants des travailleurs immigrés par la classe dominante est insupportable. Parqués dans des ghettos entourant les grandes métropoles industrielles, ils subissent plus que les autres catégories de la population toute sorte de violence, d’humiliation, de rejet et de mépris (4). Contre les humiliations accumulées, le racisme et l'islamophobie, le djihad peut être vécu, par une petite minorité, comme une revanche violente contre une République qui les a vus naître sur son sol, mais qui les a rejetés. Pour les jeunes des banlieues la lutte contre toute sorte de brimades et de brutalités est un combat quotidien. Ils affrontent constamment un système judiciaire qui les condamne promptement et injustement à de lourdes peines de prison et une police dont la violence les conduit souvent à la mort. Mais le combat des enfants et petits enfants des travailleurs immigrés ne suffit pas à les libérer des griffes du capital. Ils doivent lutter main dans la main avec tous les travailleurs et tous les progressistes pour améliorer leurs conditions quotidiennes d'existence et mener ensemble un combat d'envergure contre leur ennemi commun source de leur division et de leur oppression.

 

Mohamed Belaali

 

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(1)http://www.bastamag.net/Homicides-accidents-malaises-legitime-defense-50-ans-de-morts-par-la-police%20

Voir également :

http://www.urgence-notre-police-assassine.fr/123663553

(2)http://www.belaali.com/2016/08/burkini-islamophobie-et-fascisation-des-esprits.html

(3)https://www.mediapart.fr/journal/france/110816/avant-adama-traore-ces-etranges-malaises-entre-les-mains-de-la-police

(4)http://www.ville.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_onzus_2011.pdf

Voir également :

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/11...

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http://www.belaali.com/article-crimes-ordinaires-de-l-etat-fran-ais-98240680.html

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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